Princess Princess
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas
UA : Shûichi Shindô fait ses études dans un lycée aux mœurs assez spéciales… x over Princess Princess
Note à l'intention de Kikau, que je n'ai pas pu contacter en privé: Ta remarque m'a beaucoup peinée, je suis désolée que le chapitre 10 ne t'ait pas plu, c'est vrai qu'il est bizarre mais en le relisant je ne le trouvais pas si mal. De plus, n'oublions pas que Gravitation, ça part dans tous les sens! En tout cas, j'espère que cela ne t'empêchera pas de lire et apprécier la suite!
Chapitre 11 : Une nuit sans lune
Contrairement à Sakura qui avait eu la chance d'oublier son séjour en enfer, Eiri s'en souvenait. C'était très douloureux, pour lui. Il faisait souvent des cauchemars. Shûichi, qui avait pris l'habitude de dormir avec lui, l'entendait souvent hurler dans son sommeil. Il réveillait alors Eiri et lui caressait les cheveux en le berçant d'une voix douce pour le rassurer. Ensuite, il se blottissait contre lui et Eiri enfouissait son nez dans sa chevelure, tout en s'agrippant à lui. Peu à peu, il se rendormait. Paisiblement.
-Tu es mon ange gardien, murmura Eiri un soir, alors que Shûichi le berçait. Je ne sais pas ce que je ferai sans toi.
-Moi non plus, dit Shûichi, touché.
-Moi, je le sais. Tu n'aurais pas ces cernes sous tes jolis yeux, car tu ne serais pas réveillé par mes hurlements et tu dormirais pendant des nuits entières. Tu te trouverais une jolie petite amie…
Shûichi le fusilla du regard.
-C'est avec toi que je veux être ! Dit-il.
Eiri eut un sourire dés abusé.
-Je le sais. Mais dis-moi, qu'est ce que tu aimes, chez moi ? Mon physique ? Il est vrai que je suis diaboliquement beau mais c'est tout ce que j'ai pour moi.
-Ne dis pas ça, Eiri, dit Shûichi, peiné.
Eiri sourit de plus belle.
-C'est vrai. En plus de mon physique avantageux, je suis intelligent et talentueux. Mais j'ai un caractère impossible : je suis méchant, sarcastique et asocial.
Shûichi secoua négativement la tête.
-C'est faux. Tu es doux, sensible et tu écris des histoires merveilleuses. C'est un atout inestimable.
Eiri resta un instant songeur. Puis son sourire ressurgit.
-Tu as peut-être raison. Et toi, m'autoriseras tu à me dire ce que j'aime chez toi ?
Shûichi sourit.
-Bien sûr, dit-il.
Eiri prit une mèche de cheveux de Shûichi et la huma.
- Tu es drôle, courageux et franc. Et tu as des yeux magnifiques. Pour couronner le tout, tu sens très bon.
Shûichi rougit de plaisir. Il recommença à chanter Moonlight Densetsu, sa berceuse, d'une voix douce et basse. Il chanta jusqu'à ce qu'Eiri s'endorme. Il contempla quelques instants le visage d'Eiri endormi. Un visage d'ange. Un visage d'enfant innocent et vulnérable. Ce qu'il était parfois, la nuit. Shûichi ne l'aurait jamais cru au premier abord.
Shûichi se blottit contre son amant. Il huma son parfum, mélange de citron et de cannelle. Puis il s'endormit à son tour.
XXX
Eiri poussa un grognement lorsque son réveil sonna. Il ouvrit les yeux et fusilla son réveil du regard, un œuf muni de paires d'ailes que lui avait offert Tôma pour fêter son arrivée ici.
-Ferme-la, dit-il en l'éteignant et le mélodieux carillon qui lui servait de sonnerie cessa. C'était un son très joli mais Eiri détestait ce qu'il signifiait. Il signifiait qu'il devait se lever.
Shûichi poussa un adorable gémissement et entrouvrit un œil. Eiri se pencha vers lui et lui baisa l'oreille.
-Rendors-toi, murmura-t-il. Tu commences à dix heures, c'est bien cela ?
Shûichi hocha silencieusement la tête.
-Je vais mettre le réveil à sonner à neuf heures. Si je peux, je repasserai te voir. Si j'ai le temps.
Shûichi poussa un petit gémissement en guise de réponse. Eiri déposa un baiser sur l'une de ses joues rondes et douces. Il régla le réveil, piqua une tête sous la douche, s'habilla et quitta sa chambre.
Il se rendit à la cantine, où il avait l'habitude de prendre son petit déjeuner en compagnie d'Hiro et Tatsuha. Les deux garçons déjeunaient à leur table habituelle.
Il s'apprêta à s'asseoir mais Hiro l'arrêta d'un geste.
-C'est la place de Yoshiki-chan. Assieds-toi plutôt ici, dit-il en tirant une chaise.
-Yoshiki-chan ? Répéta Eiri, ahuri. Tu as réussi à ramener une fille ici ? Chapeau !
-C'est la nouvelle assistante du prof d'anglais, expliqua Hiro. Elle est cool, elle veut bien que je l'appelle par son prénom. Attends un peu de la voir…tiens, la voilà !
Une jeune femme s'approcha d'eux. Eiri en resta bouche bée. Elle était assez grande pour être mannequin, mince et dotée d'une poitrine généreuse, ce qui était rare chez les japonaises. Une épaisse chevelure blond platine lui retombait sur les épaules.
Eiri songea qu'Hiro avait dégoté le gros lot. S'il ne s'était pas entiché de Shûichi, il aurait tenté de l'accrocher à son tableau de chasse. La jeune femme lui adressa un sourire radieux.
-Salut!Je m'appelle Yoshiki. Et toi, tu es...
-Yuki, répondit Eiri. Eiri Yuki.
-Enchantée, Yuki-kun! Mon frère aussi s'appelait Yuki.
-S'appelait? Répéta Eiri. Tu veux dire qu'il est...
-Qu'il n'est plus de ce monde, oui, affirma Yoshiki avec un sourire un peu triste.
-Je suis désolé, dit Eiri.
Yoshiki sourit de plus belle.
-Il n'y a pas de mal! Assura-t-elle.
Eiri fronça les sourcils. Cette jolie jeune fille prétendait que son frère dénommé Yuki était mort. En outre, à la regarder de plus près, elle lui ressemblait. Non, le monde ne pouvait pas être aussi petit. Eiri se leva. Penser à lui lui avait coupé l'appétit.
-Tu t'en vas? S'étonna Hiro.
-Je n'ai plus faim, dit Eiri.
-Mais tu n'as rien mangé! Fit remarquer Tatsuha.
Yoshiki se leva à son tour et posa sa main sur le bras d'Eiri.
-Est ce à cause de moi? S'enquit-elle. Aurais-je dit ou fait quelque chose qui t'as déplu? Si c'est le cas, j'en suis désolée!
Eiri parvint à lui sourire.
-Bien sur que non. Tu n'as rien fait de mal. De plus, j'ai été enchanté de faire ta connaissance. À plus.
En prenant congé d'Hiro, Tatsuha et Yoshiki, Eiri se félicita intérieurement. Il était devenu plus sociable. C'était un réel progrès, pour lui.
XXX
Le doux carillon qui servait de sonnerie de réveil se fit entendre. Shûichi ouvrit les yeux et regarda le joli réveil ailé. Il était neuf heures. Shûichi, qui avait encore sommeil, décida de refermer les yeux pendant cinq minutes, en prenant garde à ne pas se rendormir. En effet, cela lui était déjà arrivé quelques fois.
Il entendit la porte s'ouvrir. Des bruits de pas se rapprochèrent de lui, puis on l'embrassa sur la joue. Shûichi sourit, les yeux toujours fermés. Il avait reconnu l'odeur de citron et de canelle qui émanait d'Eiri.
-Réveille toi, honey, murmura sa voix familière.
Shûichi ouvrit les yeux, repoussa les draps et s'étira. Eiri lui sourit tendrement.
-Tu es beau quand tu t'étires, le complimenta-t-il.
-C'est vrai? S'étonna Shûichi. Il bailla.
-Oui. On dirait un chaton. Un chaton rose.
-Tu crois que ça existe?s'esclaffa Shûichi.
-Pourquoi pas? J'ai bien croisé une dame qui promenait un chien rose, une fois.
-C'est vrai? S'étonna Shûichi, riant à moitié.
-Ouais. En plus, j'ai trouvé le produit qui sert à teindre les chiens au supermarché et il était précisé que ce n'était pas testé sur les animaux. Contradictoire, non?
Shûichi éclata de rire.
-Bon, je vais prendre une douche! Décida-t-il.
Il se leva, embrassa Eiri sur la joue et se rendit dans la salle de bain. Là, il quitta ses vêtements et entra dans la douche. Il se lava les cheveux avec du shampoing à la fraise, son arôme favori. L'eau chaude le détendit; Néanmoins, le fait de savoir qu'Eiri était dans la pièce à côté alors qu'il était nu le rendait un peu nerveux. Toutes les fois où il avait dormi avec lui, Eiri n'avait encore jamais tenté quoi que ce soit. Toutefois, il lisait du désir dans ses yeux dorés. Peut-être qu'un jour allait-il passer à la casserole. Il désirait également Eiri mais il n'était pas prêt. Surtout avec un homme pour partenaire. Il se demandait comment cela se passerait. Pour le moment, il préférait ne pas y penser. Il était très bien avec Eiri.
Lorsqu'il sortit, Eiri était parti. Il lui avait laissé une note sur le bureau.
Je suis parti travailler. On se reverra à midi. Je t'aime.
Shûichi faillit sauter au plafond. C'était la première fois qu'Eiri lui disait qu'il l'aimait. Il aurait préféré l'entendre de sa bouche mais écrit noir sur blanc, c'était déjà pas mal. Shûichi prit le papier, le regarda comme s'il s'agissait d'une relique et le mit dans sa poche. Ensuite, il prit ses affaires et alla prendre son petit déjeuner en compagnie de Shaolan et Suguru.
-Salut les gars! Vous avez bien dormi?
Shaolan et Suguru acquiescèrent d'un signe de tête.
-Il paraît que K a une nouvelle assistante, dit Suguru.
-C'est vrai? Je suis curieux de voir à quoi elle ressemble, répondit Shûichi.
-Tu vas bientôt la voir, on a anglais cet après midi, rappela Suguru.
-Ah oui, c'est vrai, se souvint Shûichi. Dis moi, Shaolan, comment va Sakura?
-Elle a l'air d'aller très bien, répondit Shaolan. Elle ne se souvient pas du tout de son séjour en enfer.
-Ce qui est une bonne chose, fit remarquer justement Suguru.
-Tant mieux, alors, dit Shûichi. Et si non, cela avance entre vous deux?
Shaolan devint rouge comme une pivoine.
-Heu...on est juste amis, tu sais, balbutia-t-il, embarrassé.
Suguru gloussa.
-Ah oui? Mais tu n'aimerais pas que ça aille plus loin?dit-il.
-C'est vrai, ça, qu'est ce que tu attends pour faire ta déclaration? Renchérit Shûichi. Tu as vraiment l'air amoureux d'elle, et elle semble très éprise de toi elle aussi!
-Tu crois? S'étonna Shaolan.
-Ca se voit autant que la trompe au milieu du visage de trompette, dit Shûichi. Alors fonce, d'accord?
-Heu...d'accord, dit Shaolan.
Lorsqu'ils eurent fini de manger leurs croissants et leurs chocolats chauds, à l'exception de Shûichi, qui pour changer avait pris un lait fraise, ils se rendirent à la salle de musique, où ils avaient cours de chant avec Ryûichi Sakuma. Ce dernier les fit travailler toute la matinée sur la chanson with or without you de U2.
Ensuite, le midi, ils déjeunèrent avec Eiri, Hiro et Tatsuha. Ce dernier se mit à côté de Shaolan, qui ne cessait de le regarder d'un air méfiant.
-Pourquoi Yoshiki ne mange-t-elle pas avec nous? S'enquit Tatsuha.
-Elle n'a pas le temps, dit Hiro. Elle mange son bentô dans la salle des professeurs.
-C'est qui, Yoshiki? Demanda Shûichi.
-C'est l'assistante de K, expliqua Hiro;
-Hiro a flashé sur elle, précisa Tatsuha. Ils accrochent bien, tous les deux.
-Tu es jaloux? Persifla Hiro. Pourtant, tu as Maiko, non?
Hiro regarda Shûichi d'un air embarrassé, comme s'il en avait trop dit.
-Ne t'avise pas de tromper ma soeur ou de lui faire du mal! Dit Shûichi à Tatsuha, menaçant.
L'espace d'un instant, Tatsuha blêmit. Puis il retrouva sa bonne humeur.
-Tu sais que tu ressembles beaucoup plus à un mec lorsque tu es énervé?Observa-t-il.
-Je ne suis pas énervé, soupira Shûichi. Je tiens à ma soeur, alors je veux juste que tu prennes bien soin d'elle!
Tatsuha lui sourit.
-Ne t'inquiète pas pour cela. Mais de toute façon, on n'est pas encore vraiment ensemble,dit-il avec une pointe de regret dans la voix.
-Ah bon? S'étonna Shûichi. Vous en êtes où, alors, tous les deux?
-C'est en bonne voie, répondit Tatsuha.
Après le déjeuner, Shûichi se rendit en cours d'anglais, accompagné de Shaolan et Suguru. K, son revolver à la main, l'accueillit chaleureusement.
-Hi, Shûichi, my friend! How are you today?
-I'm fine, répondit Shûichi en souriant. Il s'était habitué au revolver de l'américain et comme il apprenait bien ses leçons, en compagnie de Shaolan et Suguru, il ne risquait rien. K ne lui faisait plus peur. Au contraire, il l'appréciait beaucoup et K le lui rendait bien.
Alors que Shûichi s'installait, une jeune femme fit son entrée dans la salle. Elle était très grande, blonde, avait de chaleureux yeux marrons et une poitrine généreuse. Si Shûichi ne filait pas déjà le parfait amour avec Eiri, il aurait craqué pour elle. Même si elle devait faire au moins deux têtes de plus que lui. D'ailleurs, beaucoup d'élèves la regardaient d'un oeil appréciateur.
-Je vous présente Yoshiki Kitazawa, qui sera mon assistante cette année, déclara K. Elle vient des Etats Unis, comme moi. Elle assurera les cours le vendredi matin, à ma place, un jour sur deux. Nous allons consacrer ce cours aux présentations. Vous allez chacun vous présenter à elle, en anglais bien sûr, et dire quels sont vos hobbies, le type de musique que vous écoutez, vos acteurs et chanteurs préférés et ce que vous voulez faire comme métier plus tard, pour ceux qui le savent. Ensuite, Yoshiki se présentera à vous et vous pourrez lui poser toutes les questions que vous souhaitez, toujours en anglais bien entendu.
Shûichi se présenta le premier. Il dit, dans un anglais parfait, que son hobby était de jouer dans un groupe et que c'était plus qu'un hobby car il voulait en faire son métier. Yoshiki parut impressionnée. Il dit aussi que son acteur préféré était Johnny Depp et que son chanteur préféré était Ryûichi Sakuma. Yoshiki lui dit qu'elle aimait aussi ce chanteur.
À la fin du cours, Yoshiki interpella Shûichi.
-Hé, Shûichi! Monsieur Seguchi et K m'ont beaucoup parlé de toi, dit-elle dans un japonais parfait. J'aimerais bien te connaître un peu mieux. Cela te dirait d'aller prendre un verre? Tu as fini ta journée, non?
-D'accord, accepta Shûichi.
Peu après, ils se rendaient au café Cat'eyes. C'était un café assez spacieux, décoré de chats noirs. Shûichi commanda un lait grenadine, une boisson délicieusement sucrée, ainsi qu'une Cat-glace vanille fraise. Yoshiki prit un jus de fruits tropical et un pain au chocolat.
-Tu parles drôlement bien le japonais, Yoshiki, la complimenta Shûichi.
-C'est normal, gloussa-t-elle. Je suis japonaise! Cela ne se voit pas?
Shûichi observa la jeune fille. En effet, elle avait les yeux en amande.
-Heu, si. Mais comme tu as vécu en Amérique...
-J'y suis née, confirma Yoshiki. Mais mon grand frère parlait souvent japonais, avec moi. Il tenait à ce que je connaisse ma langue maternelle.
-Et où est-il en ce moment? Aux USA? Demanda Shûichi.
-Il est mort, dit Yoshiki d'une voix empreinte de tristesse.
-Oh, je suis désolé, dit Shûichi.
Yoshiki lui fit un beau sourire;
-Tu n'y est pour rien, dit-elle avec douceur. Et cela fait longtemps maintenant...environ six ans. Mais changeons de sujet. Monsieur Seguchi m'a parlé de ce système de princesses. Tu en fais partie?
Shûichi acquiesça d'un signe de tête.
-Cela ne m'étonne pas, tu es tellement mignon, gloussa Yoshiki. Je trouve cela super, en tout cas!
-Ah oui? Seguchi t'a-t-il dit qu'il avait lui même été une princesse?
Yoshiki écarquilla les yeux d'étonnement. Son sourire s'élargit.
-Non, il ne me l'a pas dit. J'aurais bien aimé voir de quoi il avait l'air.
-Moi je l'ai vu, révéla Shûichi. Cela lui arrive encore de s'habiller en princesse, par nostalgie, je crois.
-C'est vrai?Je voudrais bien voir ça! Gloussa Yoshiki. D'ailleurs, moi aussi, j'aurais bien aimé être une princesse.
-Mais tu es une fille! Fit remarquer Shûichi.
Yoshiki esquissa un sourire énigmatique.
-Pas exactement, dit-elle.
Shûichi faillit en avaler son lait-grenadine de travers.
-Comment ça? Dit-il, abasourdi.
Yoshiki sourit de plus belle.
-Pour t'avouer la vérité, je suis un transsexuel. Je me suis fait opérer pour devenir une femme.
Shûichi en resta sans voix. Yoshiki, devant sa réaction, éclata de rire.
-Je suis flattée que cela te surprenne, dit-elle, ravie.
-Un peu que je suis surpris! S'exclama Shûichi. Cela ne se voit pas du tout! En plus, tu es canon!
Yoshiki semblait aux anges.
-Merci, Shûichi. Et dis moi, tu as une petite amie?
Shûichi se sentit rougir.
- J'ai l'impression que oui! Gloussa Yoshiki.
-Pas exactement, répondit Shûichi.
Yoshiki le considéra un instant avec des yeux surpris.
-Tu veux dire que c'est un petit ami? Il faut dire que tu es aussi fin et mignon qu'une fille!
Shûichi acquiesça, les joues brûlantes.
-Et c'est qui, si ce n'est pas indiscret? Hiro? Il a l'air hétéro mais j'ai remarqué que tu étais très proche de lui.
Shûichi secoua la tête.
-Non, ce n'est pas lui, dit-il.
Il hésitait à dévoiler la vérité à Yoshiki. Après tout, il la connaissait à peine. Si elle vendait la mèche, Eiri aurait sûrement de gros ennuis. Pourtant, il était tenté de le lui dire. Il se sentait en confiance, avec elle. Yoshiki sembla lire dans ses pensées.
-Ne t'inquiète pas, je suis très discrète, promit-elle. Mais tu n'es pas obligé de me le dire si tu ne le veux pas.
-C'est Eiri, dit alors Shûichi. Eiri Yuki. Normalement, je n'ai pas le droit d'être avec lui, car je suis mineur et lui surveillant, en plus d'être majeur. Mais on s'aime vraiment.
Yoshiki lui sourit.
-Alors vous avez raison d'être ensemble, dit-elle tendrement. Mais dis moi, Yuki est son vrai nom de famille?
Shûichi secoua négativement la tête.
-Non. Son vrai nom est Uesugi.
Il regretta à moitié cet aveu. Peut-être qu'Eiri lui en voudrait de donner son vrai nom à une inconnue.
Yoshiki resta un instant silencieuse. Elle semblait réfléchir.
-Pourrais tu me présenter à lui? Finit-elle par dire.
Shûichi hésita. D'une part, parce que Yoshiki était très jolie et Eiri était un grand séducteur avant d'être avec lui et d'autre part, parce qu'il ne savait pas si Eiri apprécierait. Cependant, il n'osait pas refuser.
-D'accord! Dit-il.
Lorsque Shûichi eut fini de déguster sa glace et Yoshiki son pain au chocolat, ils payèrent les consommations et reprirent le chemin du dortoir. Une fois arrivés, Shûichi frappa à la porte d'Eiri. Celui ci ouvrit. Il était en caleçon, torse nuit et les cheveux en bataille. Manifestement, il venait de faire une sieste. Et il était terriblement sexy. Shûichi sentit ses joues s'embraser. Eiri s'en aperçut et lui adressa un sourire séducteur. Puis il vit Yoshiki. Pendant un court instant, ses traits se figèrent. Ensuite, il sourit à nouveau.
-Salut Shûichi. Tu as fait connaissance avec Yoshiki, à ce que je vois?
-Oui, dit Shûichi. Elle voulait te parler.
-Entrez, dit Eiri. Il s'écarta pour les laisser passer et enfila un jean et une chemise blanche. Shûichi le trouvait diablement sexy avec cette chemise entrouverte.
Il s'assit sur le lit et fit signe à Yoshiki et Shûichi d'en faire autant.
-Je t'écoute, dit-il alors qu'ils étaient tous installés. Shûichi devina que quelque chose n'allait pas. Il y avait quelque chose...d'étrange, dans la manière dont Eiri regardait Yoshiki. De la peur. Ou de la méfiance. Ou de l'hostilité.
-Je m'appelle Yoshiki Kitazawa, dit-elle. Mon frère s'appelait Yuki, comme je te l'ai déjà dit.
Sur ces mots, elle rassembla ses cheveux en arrière avec ses doigts, laissant quelques mèches lui tomber devant les yeux. Eiri se leva. Shûichi frissonna. Ses traits reflétaient une colère froide.
-Va t'en, s'il te plaît.
-Eiri, je t'en prie, le supplia Yoshiki. Je tenais à te dire que je ne t'en voulais pas du tout. Mon frère n'a eu que ce qu'il méritait.
-Va t'en! Répéta Eiri, criant presque.
Yoshiki s'en alla, non sans avoir lancé à Eiri un regard empli de compassion. Lorsqu'elle ferma la porte derrière elle, Eiri attrapa les poignets de Shûichi avec violence.
-Eiri, qu'est ce qui te prend? S'exclama Shûichi.
-Pourquoi l'as tu amenée ici?demanda-t-il avec colère.
Shûichi frissonna. Il y avait quelque chose d'effrayant dans le regard d'Eiri.
-Eiri, tu me fais mal! Gémit-il. Je ne pouvais pas deviner que tu avais un problème avec Yoshiki!
Eiri sembla réaliser qu'il s'était emporté. Il relâcha Shûichi.
-Excuse moi, bébé, dit-il d'une voix douce et triste. Je ne veux pas te faire de mal.
-Je sais, dit Shûichi en prenant son visage entre ses mains. Il l'embrassa tendrement. Eiri lui rendit son baiser. Il se recula légèrement en regardant Shûichi avec amour, puis il s'allongea sur le lit. Il tapota le matelas.
-Viens, dit-il à Shûichi.
Shûichi s'allongea près de lui. Il passa sa main dans ses cheveux dorés. Ils étaient étonnamment doux. Eiri fit de même avec les cheveux de Shûichi. Le contact de ses doigts sur son cuir chevelu lui donna des frissons de plaisir.
-Je n'ai pas de problème avec Yoshiki, dit Eiri avec douceur. C'est avec son grand frère que j'ai un problème.
-C'est ce que j'avais cru comprendre, dit Shûichi. Mais pourquoi l'as tu chassée si elle n'y est pour rien?
-Je n'aurais pas dû, reconnut Eiri. Je m'excuserai auprès d'elle plus tard. Veux tu que je te raconte ce qui m'est arrivé?
Shûichi acquiesça. La curiosité le rongeait.
-C'est une longue histoire, le prévint Eiri.
-J'ai tout mon temps, répondit Shûichi.
Il s'étira de tout son long. Eiri le regarda avec amusement et se leva. Il fouilla dans son bureau et revint peu de temps après avec une photo. Elle représentait un homme qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à Yoshiki, avec les cheveux châtains et un adolescent blond aux grands yeux dorés. Shûichi eut un choc. Il semblait si innocent. On aurait dit un ange.
-Voici l'homme que j'ai tué, dit Eiri d'une voix douce. Il dévisagea Shûichi avec un regard brûlant. Shûichi était sous le choc. L'homme qu'il aimait avait tué quelqu'un.
-Veux tu rester avec un meurtrier? Reprit Eiri. Je comprendrais que tu me quittes.
-Jamais, dit Shûichi sincèrement. Je suis à toi, je ne peux t'échapper.
Eiri lui sourit.
-Tant mieux, dit-il. Car je ne supporterais pas que tu t'éloignes de moi.
-Moi non plus, dit Shûichi.
Ils s'embrassèrent longuement. Lorsqu'ils interrompirent leur baiser, Eiri commença son récit.
-Je n'ai pas eu une enfance facile. Mon père détestait mes cheveux blonds et mon teint pâle. Alors, Seguchi, le mari de ma soeur, qui m'aimait plus que si j'avais été son propre fils, m'a emmené en Amérique à l'âge de douze ans. Jugeant que j'étais trop précieux pour aller à l'école-Eiri eut un sourire amusé en disant cela- il a engagé un précepteur, pour moi. Il s'appelait Yuki Kitazawa. Il était très doux et gentil avec moi. Je l'aimais énormément. Maintenant, je peux le dire, j'étais amoureux de lui. Il voulait que je sois écrivain. Ce que je suis devenu, d'ailleurs, en quelque sorte.
J'ai vécu heureux avec Tôma et lui comme professeur pendant quatre ans. Mais un jour, j'ai décidé de lui dire ce que je ressentais. « Professeur, je vous aime », lui ai-je dit. Il m'a regardé avec un sourire étrange, m'a caressé les cheveux et m'a dit: « Je vais te présenter à des amis à moi. On va bien s'amuser. » J'ai trouvé cela étrange. Cela aurait dû m'alerter. Au lieu de cela, je me réjouissais qu'il ait réagi positivement à ma déclaration. Le soir, il a demandé à Tôma s'il pouvait me donner cours chez lui,car il avait quelque chose à me montrer sur son vidéo-projecteur. Ce n'était qu'un prétexte, bien entendu. Je suis allé chez lui. Là, il a fermé la porte à clef, éteint la lumière et ils m'ont...violé.
Il marqua une pause. Shûichi était horrifié. Eiri s'en aperçut. Il lui adressa un sourire amer.
-Le viol en lui même ne m'a pas traumatisé. Ce qui m'a le plus énervé, c'est que l'un de ses amis lui a proposé dix dollars pour passer avant lui et il lui a dit « vas y ». C'est ce qui m'a fait péter les plombs.
Il fit une nouvelle pause. Il attira Shûichi contre lui et lui caressa les cheveux, comme pour l'apaiser. Shûichi était glacé d'horreur.
-Après cela, je me suis juré de ne plus tomber amoureux d'un garçon. Mais je t'ai rencontré. Et tu es si différent de lui...
Il se leva et alla chercher un roman. Twilight. Même Shûichi en avait entendu parler. Il ouvrit le livre vers la fin et cita:
- « Avant toi, ma vie était une nuit sans lune. Très noire, même s'il y avait des étoiles-des points de lumière et de raison...Et puis, tout à coup, tu as traversé mon ciel comme un météore. Tout brûlait, tout brillait, tout était beau. »
Il se tut, observa Shûichi avec un regard brûlant.
-Je t'aime, lui dit-il.
-Moi aussi, dit Shûichi avant de l'embrasser.
