Princess Princess

Chapitre 14: Le rassemblement des princesses

Le concert avait été une véritable réussite. Le public était hystérique. Shûichi n'en pouvait plus tellement il était euphorique. C'était son premier concert. C'était une réussite. Eiri l'attira contre lui.

-Bravo, lui murmura-t-il à l'oreille. Tu as été génial.

Ces simples mots lui firent au moins autant plaisir que la foule qui l'acclamait. De plus, voir Eiri en imper et lunettes noires augmentait son excitation. Soudain, Eiri le relâcha. Shûichi voulut d'abord se raccrocher à lui mais il aperçut des élèves de sa classe. Du lycée, même. Il y en avait beaucoup. Shûichi les distinguait à leurs t-shirts roses du fan club des princesses. Ils s'approchèrent de lui. Shûichi reconnut celui qui tenait le haut parleur lors de son retour de France.

-Vous avez été super, princesse Shôjo-manga! Dit-il.

Shûichi lui fit son plus beau sourire de princesse.

-Merci à vous tous d'être venus, dit-il.

-Par contre, vous étiez très masculin sur scène, princesse, sans vouloir vous vexer, fit remarquer un autre élève.

Shûichi sourit de plus belle. Cette remarque, loin de le vexer, lui faisait plaisir. Après tout, au fond, il avait beau s'habiller en fille lors de certaines occasions et sortir avec un garçon, il restait un mec. Tout ce qu'il y avait de plus masculin.

-Je ne me vexe pas, dit-il au garçon. Au contraire.

Eiri, qui se tenait toujours à ses côtés, lui fit un clin d'oeil. Il se pencha près de lui pour lui murmurer à l'oreille:

- Masculin ou pas, je t'aime comme tu es.

Shûichi rougit de plaisir. Il n'était jamais plus heureux que quand Eiri lui disait qu'il l'aimait.

-Moi aussi, chuchota-t-il à l'adresse d'Eiri.

Aucune chance que les autres élèves les aient entendus.

Lorsqu'ils s'éloignèrent, quelqu'un d'autre s'approcha d'eux. Shûichi reconnut immédiatement Taki Aizawa. Il n'était pas accompagné de ses deux acolytes, cette fois ci. Eiri serra les poings mais Shûichi l'arrêta d'un geste. Taki ne semblait pas hostile. Son visage était ouvert, souriant.

-Salut, dit Shûichi. Qu'est ce que tu fais là?

-Je n'aurais manqué le concert de mes rivaux pour rien au monde, répondit Aizawa.

Shûichi sourit.

-Et ça t'a plu?

Aizawa acquiesça d'un signe de tête.

-C'était chouette, dit-il. Bad Luck et toi, vous avez de l'avenir dans la musique.

-Je suis d'accord, dit une voix derrière eux.

Shûichi se retourna. C'était Seguchi. Aizawa pâlit en le voyant.

-Félicitations, Shindô-san. Bad Luck et vous, vous avez été remarquables. Continuez ainsi.

Il reporta son attention sur Aizawa, qui ne semblait pas très rassuré. À la grande surprise de Shûichi, il lui adressa un sourire.

-Bonjour, Aizawa-san. Comment allez vous?

Aizawa le fixa un instant, bouche bée, l'air un peu stupide.

-Heu...je vais bien, merci, finit-il par dire.

Seguchi adressa un sourire à Eiri et donna une tape amicale sur l'épaule de Shûichi.

-Amuse toi bien, mon petit Eiri, dit-il affectueusement. Vous aussi, Shindô-san. Moi, je vais rentrer, ma femme m'attend. Veux tu que je lui passe le bonjour, Eiri?

Eiri haussa les épaules.

-Ouais, si tu veux, dit-il.

Seguchi prit congé d'eux. Aizawa sembla se détendre.

-Il n'a plus l'air de t'en vouloir, fit remarquer Shûichi. Avec un peu de chance, peut-être décidera-t-il un jour de reformer les Ask?

Aizawa eut un sourire désabusé.

-Je n'y compte pas trop, après ce que j'ai fait. Je suis désolé, au fait.

Shûichi lui donna une tape amicale;

-Je le sais, dit-il en souriant. Et qu'est ce que tu fais, maintenant?

-J'ai repris mes études, dit Taki. Je me suis inscrit au conservatoire de musique et j'ai un petit boulot de serveur à côté.

-C'est super! S'exclama Shûichi. As tu gardé contact avec les autres membres d'Ask?

-Bien sûr, dit Aizawa. D'ailleurs, je dois y aller, ils m'attendent dehors.

-D'accord! Salut, fit Shûichi.

Lorsque Aizawa se fut éloigné d'eux, Eiri desserra les poings.

-Tu n'es pas rancunier, fit-il remarquer à Shûichi.

Ce dernier haussa les épaules.

-Il avait l'air sincère, dit-il. Et puis, il a assez payé, tu ne crois pas?

Eiri lui sourit avec douceur, une lueur de tendresse dans ses yeux ambrés.

-C'est ce que j'aime, chez toi, dit-il affectueusement. Tu pardonnes facilement.

Shûichi inspira profondément pour conserver son sang froid. Lorsqu'Eiri le regardait ainsi, il avait du mal à résister à l'envie de l'embrasser.

-On y va? Lui proposa Eiri.

-D'accord, accepta Shûichi.

Ils sortirent sur le parking, où était garée la voiture d'Eiri. Eiri banda les yeux de Shûichi.

-J'ai une surprise pour toi, lui murmura-t-il à l'oreille.

Shûichi, aveugle et confiant, monta dans la voiture. Il trouvait cela très excitant.

Le trajet dura une dizaine de minutes. Ensuite, Eiri prit la main de Shûichi, le fit se lever et le guida dans l'obscurité. Ils pénétrèrent dans un bâtiment et prirent ce qui ressemblait, d'après Shûichi, à un ascenseur. Après, Eiri le fit s'asseoir. Il lui enleva son bandeau. Shûichi regarda autour de lui avec émerveillement. Il était dans un restaurant, aux murs rose pâle et aux fraises dessinés dessus. Les verres aussi étaient en forme de fraises. Un magnifique lustre dont les pampilles étaient rose foncé et en forme de fraises scintillait au dessus de leur tête.

-Reconnais tu cet endroit? Lui demanda Eiri en souriant.

-C'est Tagada Paradise! S'exclama Shûichi d'une voix rauque. J'ai toujours rêvé d'y aller!

-Hé bien maintenant, c'est fait.

-Merci, Eiri! S'exclama Shûichi en se jetant à son cou. Ici, ils ne connaissaient personne. Ils n'avaient donc pas à se cacher.

Ils commandèrent le menu. Pour la première fois, Shûichi mangea un repas entièrement sucré.

En entrée, il prit des sushis à la fraise, c'est à dire des boulettes de riz superposées de saumon parfumé à la fraise, tandis qu'Eiri prenait une salade de fraise parsemée de feuilles de menthe. En plat de résistance, Shûichi prit des strawberries spaghettis, des spaghettis roses et parsemées de morceaux de fraise. Quand à Eiri, il prit un Tagada Burger, un hamburger composé de tranches de brioches, de couches de crème chantilly et de fraises tagada, accompagné de frites sucrées. Enfin, en dessert, Shûichi prit un Tagada raft(1), une gaufre géante recouverte de chantilly et sur laquelle étaient disposées de boules de glace vanille- fraise et parsemée de fraises Tagada. Un délice. Quant à Eiri, il prit des Bonbons profiteroles, des boules de glace à la vanille recouvertes d'une épaisse couche de sucre rose. Shûichi eut l'autorisation d'y goûter. En contrepartie, il donna un morceau de gaufre à Eiri.

-Je ne mangerai pas ça tous les jours, dit Eiri lorsqu'ils eurent fini. C'est vraiment pour te faire plaisir.

-Et c'est réussi! Dit Shûichi en déposant un baiser furtif sur ses lèvres.

Eiri le regarda tendrement.

-Vois le comme une belle preuve d'amour, dit-il avec assurance.

-Bien sûr, répondit Shûichi avant de l'embrasser à nouveau, plus longuement cette fois ci.

Après ce repas unique, ils burent un milkshake Tagada avec une brochette de réglisse et de tagada et ils s'en allèrent.

Le lendemain, Shûichi fut convoqué au siège de l'association des élèves. Lorsqu'il entra dans la salle, accompagné de Suguru et Shaolan, il eut la surprise de voir qu'il y avait de nombreuses personnes. Ils étaient tous très beaux et la majorité d'entre eux avaient la beauté féminine des princesses. L'un d'entre eux était très mince, avec des cheveux noirs et des lunettes. Il avait des yeux vairons, un oeil bleu et un oeil doré. Un autre était très grand, élancé, avec des yeux bleus et de longs cheveux blonds mi-longs. Il était souriant. Manifestement, il était étranger. Il y avait aussi Arisada, celui qui avait joué la méchante sorcière dans la pièce de théâtre la belle au bois dormant.

-Hé, ce ne serait pas le chanteur de Bad Luck? S'exclama le blond souriant.

-Oui, c'est bien moi, dit Shûichi, flatté.

-J'ai été à votre concert, hier! Vous avez été super!

-Merci, dirent Shûichi et Suguru.

Le blond se retourna vers Suguru.

-Tu fais aussi partie du groupe? Lui demanda-t-il.

Suguru fit la moue, manifestement vexé qu'il ne l'ait pas reconnu.

-Oui, je suis le claviériste, dit-il.

Le blond lui sourit.

-Désolé, je ne t'avais pas reconnu, s'excusa-t-il en riant. Tu es plutôt discret, comme garçon!

Suguru consentit à sourire.

-C'est vrai, admit-il.

Le blond lui adressa un clin d'oeil.

-En tout cas, tu es beaucoup plus mignon quand tu souris, le complimenta-t-il.

Ils furent interrompus par Tôru et Yûjirô.

-Un peu de silence, s'il vous plaît!dit Tôru.

-Asseyez vous, les nouveaux, ajouta Yûjirô à l'adresse de Shûichi, Shaolan et Suguru. Le blond et le garçon aux yeux vairons, qui étaient visiblement amis, s'assirent à côté d'eux.

Tôru, Yûjirô et Mikoto s'affairèrent à mettre un vidéo-projecteur en marche. Quand ils y parvinrent, ils éteignirent la lumière et l'inscription Rassemblement des princesses s'afficha en lettres rose foncé sur fond rose pâle sur le tableau. Shûichi cligna des yeux, intrigué. Que cela pouvait-il bien signifier? Tous les garçons présents étaient eux aussi des princesses? Ce ne serait pas surprenant, vu leur physique. Toutefois, d'après ce que Shûichi savait, il n'y avait que le lycée Fujimori qui perpétuait la tradition des princesses et les personnes présentes semblaient un peu âgées pour aller au lycée. Elles semblaient plus provenir de la fac. Tôru prit la parole.

-Bonjour à tous et merci d'être venus aujourd'hui. Chaque année, au lycée Fujimori, a lieu un rassemblement des princesses et des ex princesses.

C'était donc ça, songea Shûichi. Yûjirô cliqua sur son ordinateur et l'écran changea. Il représentait une jeune fille en kimono rose. Ou plutôt, un garçon. En dessous, la légende indiquait: La toute première princesse du lycée Fujimori, 1981.

-Nous allons faire un bref historique de la naissance et de l'évolution des princesses, annonça Tôru. Les princesses existent depuis les années quatre vingt. Elles ont changé de nom plusieurs fois. Au départ, elles portaient le nom de Demoiselles et vers le début des années quatre vingt dix, elles ont changé de nom pour se renommer Anges gardiens. Elles étaient pourvues d'ailes, comme vous pourrez le voir sur l'image suivante.

Mikoto cliqua à nouveau sur l'ordinateur et l'image d'une princesse vêtue d'une longue robe blanche et affublée d'une paire d'ailes dans le dos apparut.

-Elle est ravissante, chuchota Suguru.

Shûichi acquiesça.

-Les anges gardiens avaient pour rôle de veiller sur les élèves et de maintenir la paix dans le lycée, poursuivit Yûjirô. C'est toujours un peu le cas, d'ailleurs. En 1995, les anges gardiens changent de nom pour s'appeler princesses, qualificatif plus féminin et romantique. Vous avez des questions?

Le blond leva la main.

-Qui a créé les princesses? Demanda-t-il.

Tôru et Yûjirô lui sourirent.

-Très bonne question, dit Tôru. Nous n'en sommes pas sûrs mais il semblerait que c'est Ren Machino, directeur du lycée en 1981 qui a créé le concept. D'autres questions?

La salle resta silencieuse. Tôru et Yûjirô continuèrent leur exposé sur l'évolution des princesses. Shûichi avait du mal à suivre. Non pas que ce soit inintéressant, au contraire. Mais la veille, il était rentré tard avec Eiri. Il avait donc sommeil. Heureusement, lorsque l'exposé fut terminé, Tôru,Yûjirô et Mikoto leur accordèrent une pause.

Shûichi se précipita vers le distributeur pour prendre un chocolat chaud. Alors qu'il s'apprêtait à introduire la monnaie, Yûjirô l'arrêta d'un geste.

-Je te l'offre, dit-il avec un sourire bienveillant. Pour te remercier de la performance que tu nous a offerte hier soir.

-Vous étiez là? S'étonna Shûichi.

-Bien sûr que nous étions là! S'esclaffa Yûjirô. Nous t'avons trouvé super! Hiro, Suguru et Maiko n'étaient pas mal non plus!

Shûichi sourit.

-Je suis content que cela vous ait plu! Dit-il modestement.

-Continuez comme ça, les Bad Luck, dit-il en s'apprêtant à lui ébouriffer les cheveux. Il stoppa son geste, sans doute conscient que cela le décoifferait, et la coiffure n'était pas un vain mot pour Yûjirô. Il se contenta donc d'une tape amicale sur son épaule. Shûichi lui sourit à nouveau. Yûjirô pouvait se montrer sévère, voire tyrannique et arrogant, surtout avec le pauvre Mikoto mais il était également bienveillant et protecteur envers Shûichi. Il ne regrettait pas d'avoir fait sa connaissance. Shûichi dégusta son chocolat au lait. Il était chaud et sucré. Ensuite, il alla au distributeur de friandises, là où se trouvait déjà Suguru, ce qui n'était pas étonnant. Il sélectionna un kinder bueno et un paquet de bonbons, qu'il récupéra avant de laisser place à Shûichi.

-Salut, dit Suguru. C'était passionnant, cet exposé sur les princesses, n'est ce pas?

-Oui, mais j'avais du mal à lutter contre le sommeil, répondit Shûichi en baillant. Il sélectionna des pockys à la fraise.

-Je te comprends. Moi aussi, j'avais sommeil, avec le concert d'hier soir, approuva Suguru.

Shûichi récupéra son paquet de pockys et alla voir Eiri, qui fumait une cigarette non loin de là. Eiri esquissa un sourire en voyant Shûichi.

-Salut toi! Tu ne penses qu'à manger, à ce que je vois. Ce n'est pas pour rien que je t'ai emmené au Tagada Paradise, hier soir!

Shûichi sourit et commença a manger un de ses pockys. Il savoura le goût sucré de la fraise mêlé à celui du chocolat.

-Merci encore, dit-il à Eiri.

S'ils n'avaient pas été dans un lieu public, il l'aurait embrassé.

-Méfie toi, tu risques de grossir, à t'empiffrer ainsi, l'avertit Eiri, moqueur.

Shûichi fronça les sourcils.

-Je peux manger tout ce que je veux, je ne grossis pas, dit-il. D'ailleurs, c'est toujours mieux que de s'empoisonner les poumons!

Eiri leva les yeux au ciel. Shûichi le regarda avec inquiétude.

-Je suis sérieux, Eiri, dit-il. Je m'inquiète pour ta santé.

Eiri écarquilla les yeux de surprise, puis sourit, visiblement touché.

-C'est gentil de t'inquiéter pour moi, dit-il. Mais il n'y a pas de raison.

-Bien sûr que si! Insista Shûichi. Tu devrais vraiment arrêter!

Eiri le toisa.

- Si j'arrête, qu'est ce que j'aurais en échange?

-Moi, répondit Shûichi. Je n'ai rien d'autre à te donner. Je suis déjà à toi mais si tu arrêtes de fumer, je le serai pour toujours.

Eiri écrasa sa cigarette contre le mur.

-Ca me paraît correct, dit-il. Ok, j'arrête dès maintenant. Tiens, je te l'offre en guise de preuve.

Il sortit de sous son pull un pendentif Vivienne Westwood(2), une longue chaîne au bout de laquelle il y avait une boule entourée d'un cercle et surmontée d'une croix,qu'il mit autour du cou de Shûichi.

-Il est magnifique, dit Shûichi dans un souffle. Merci beaucoup.

-C'est mon briquet, dit Eiri. Tout comme mon coeur, il t'appartient désormais.

Shûichi porta ses doigts au briquet. Il était argenté et de petites pierres rouges y étaient incrustées.

-Alors je le garderai précieusement, dit-il.

Il prit congé d'Eiri et retourna dans la salle du siège de l'association des élèves. Il s'assit à côté de Shaolan et Suguru. Il jeta un oeil aux autres personnes présentes. Il était impressionné par leur beauté. Il grignota quelques pockys à la fraise et en proposa à Shaolan qui refusa poliment. Tôru, Yujirô et Mikoto rentrèrent dans la salle.

-Bien, fit Tôru. Maintenant, chaque ancienne princesse va se présenter, puis ce sera au tour des princesses actuelles.

Le jeune homme aux longs cheveux blonds et aux grands yeux bleus fut le premier à se présenter.

-Je m'appelle Fye D Flowright. Je suis le prince du pays de Célès, une contrée lointaine.

Shûichi et les autres se lancèrent des regards intrigués. Le pays de Célès? Shûichi n'en avait jamais entendu parler. Les autres non plus, apparemment. En tout cas, le fait que ce beau jeune homme à la chevelure dorée soit un prince et vienne d'un pays mystérieux donnait envie de rêver.

-J'ai vingt-deux ans, dit-il. Je suis arrivé au Japon à l'âge de 15 ans et j'ai fait mes études au lycée Fujimori. C'est là que j'ai découvert le système de princesses. J'ai trouvé l'idée très originale. On m'a proposé d'être une princesse et j'ai immédiatement accepté, sans la moindre hésitation. Ce fut un honneur pour moi d'être une princesse. On me surnommait la princesse des neiges, car le pays d'où je viens est couvert de glace.

-Avez vous des questions à poser à Fye? Demanda Yûjirô.

Shûichi leva la main. Fye reporta son attention sur lui.

-Est ce que tu as un métier et si oui, lequel?

Fye lui sourit.

-Je suis magicien.

-C'est vrai? S'enthousiasma Shûichi. Peux tu nous montrer un tour de magie?

-Bien sûr, répondit le prince. Il enleva sa chemise et leur tourna le dos. Il avait un tatouage impressionnant.

-Fermez les yeux et mon tatouage aura disparu quand vous les aurez ouverts.

Shûichi et les autres fermèrent les yeux.

-Vous pouvez les rouvrir, annonça Fye.

Shûichi rouvrit les yeux. En effet, le tatouage avait disparu. C'était magique. C'était de la vraie magie. Fye remit sa chemise sous les applaudissements. Ensuite, il alla se rasseoir à côté de Shûichi.

-Merci, lui dit-il à voix basse. Tu m'a donné l'occasion de faire une démonstration de mes talents.

-C'est moi qui te remercie, répondit Shûichi avec un sourire.

Ce fut au tour du garçon aux yeux vairons de se présenter.

-Je m'appelle Kimihiro Watanuki, dit-il. Comme mon nom l'indique, je suis né un premier avril. J'ai fait mes études avec Fye et je suis médium.

D'abord le magicien, ensuite le médium. Shûichi était impressionné. Il lui demanderait de lui lire son avenir plus tard. Parmi les princesses qui se présentaient, il y en avait une qui avait fait l'école du cirque, une qui lisait dans les pensées et une qui communiquait avec les morts. Décidément, il y avait toutes sortes de princesses.

(1)raft: radeau

(2)Ceux et celles qui ont lu Nana reconnaîtront le briquet que Shin prête à Reira.