Titre : Hôtel Némésis : Entre l'enfer et le paradis, il n'y a qu'un pas !

Auteur : Jes Cullen-Malfoy

Couple : Harry/Draco

Rated : M (pour lemon et violence). Langage pouvant être qualifié de cru pour certaines personnes ainsi que des propos et actes dégradants vécus par les personnages, pouvant choquer les lecteurs les plus sensibles.

Genre : Hurt/Comfort (Blessé/réconfort**) + Tragedy (pas Drame, mais bien tragédie) et un peu de Romance d'un certain point de vue

Situation temporelle : Se passe pendant juillet-août 1998

Thème à suivre : Hôtel Némésis = Harry enfin majeur et tout juste quittant sa 7ème année à Poudlard, décide de partir en vacance pour tout oublier. Il se décide pour un pays étranger et un hôtel de luxe pour tout avoir sous la main. A son arrivée, il croise une personne qu'il n'avait pas vue depuis la bataille finale (1 an plutôt) et cette personne n'est autre que Draco.

Béta correctrice : Vivi64


Autres données : Les jours seront divisés en périodes pour mieux situer les événements :

- La matinée : de 8h00 à 11h00

- L'avant-midi : de 11h00 à 12h00

- L'après-midi : de 12h00 à 17H00

- La soirée : de 17h00 à 24h00

- La nuit : de 00h00 à 8h00


Jour 25

POV Harry (L'après-midi)

Je me réveillai à cause de la chaleur étouffante qu'il y avait dans la chambre et un coup d'œil au réveil m'apprit qu'il était 12h23. Je me plaçai sur le dos et ouvrai les yeux. Je voyais flou mais je pouvais voir la lumière pénétrer dans la chambre telle une envahisseuse. Je tendis mon bras sur ma droite et trouvai facilement mes lunettes. Une fois posées, je pus voir à nouveau normalement. Je tournai ma tête sur ma droite et je vis qu'il était déjà réveillé.

- Bonjour, croassai-je.

- Bonjour.

Je me tournai vers lui et il en fit de même. Son souffle mentholé me frappait le visage de plein fouet et comme à chaque réveil, je me sentais mal à l'aise. J'étais sûr et certain qu'il se lavait les dents dès qu'il se réveillait et qu'il revenait ensuite ici, dans mon lit.

- A la douche, dis-je en me levant rapidement.

J'avais certainement, moi, comme tous les matins, une haleine de chacal et je ne voulais pas la lui infliger.

Il ne dit rien et resta dans le lit. Je dois dire que j'avais l'impression quelquefois qu'il ne faisait rien tant que je ne lui avais pas dit qu'il pouvait, mais je voulais me laver en toute tranquillité le matin, alors je ne dis rien d'autre.

OoOoOoOoOoO

Une serviette enroulée autour de mes hanches, une qui me servait pour sécher mes cheveux, une bouche fraîche et mes lentilles mises, je pénétrai de nouveau dans ma chambre. Comme je le pensais, il avait ses cheveux humides, signe d'une douche récente. Il profitait du fait que je sois sous la mienne pour prendre la sienne.

Seulement, au lieu de s'habiller, il était toujours de retour nu dans mon lit. A disposition. Et je me sentais encore plus minable, sentiment tellement présent sur cette île, car je serais un monstre d'en profiter mais en même temps, mon sexe réveillé dû à la serviette ne se dressait encore plus qu'à cette vue enchanteresse.

Les rayons du soleil éclairaient sa peau, ses cheveux blonds brillaient comme jamais sous cette luminosité et moi, je n'étais qu'un jeune homme de 18 ans devant un homme qui me procurait mille plaisirs.

Comme chaque matin, je fis tomber ma serviette au sol, balançai l'autre et m'avançai tel un félin sur sa proie. Il me sourit mais je n'étais pas dupe. Il était faux, comme tout le reste entre nous. Une façade entre deux ennemis, entre deux Némésis. Mais là, je voulais tellement le voir me sourire, m'écarter ses jambes par envie et pas par obligation, mais que ce soit l'un ou l'autre je me plaçais quand même entre elles.

- Je ne t'aurais jamais cru aussi gourmand, me dit-il.

- Je ne me serais jamais cru capable de tomber amoureux de toi, répliquai-je.

Une fois cette phrase dite, je m'en rendis compte. Je l'avais dit. Je n'aurais pas dû, jamais ! Je n'osais même plus le regarder. Je tremblais et là, nu, sur lui, je me sentais vulnérable.

Un silence pesant s'installa, je pouvais sentir son ventre monter et descendre sous le mien, son souffle rapide heurter ma mâchoire. Je serrai les dents, car là, je voulais mourir sur place. Je voulais disparaître.

Je ne m'étais rendu compte de mes sentiments envers lui que cette nuit, je n'avais même pas encore totalement accepté ce fait étrange et me voilà en train de le lui avouer, comme ça !

Je fus soulagé de sentir que mon sexe était de nouveau au repos et prenant mon courage à deux mains, je me relevai, sans toutefois le regarder, et lançai avec une voix normale :

- Habille-toi, on part en balade.

Sans un regard envers lui, je pris un pantalon noir en tissu léger, une chemise de même couleur, un boxer bleu nuit et des sandales en cuir de dragon. Je m'enfermai dans la salle de bains et une fois là, je lâchai le tout et me passai la tête sous l'eau froide.

POV Draco (Jour 25, après-midi)

Le bruit de la porte de la salle de bains sonna en moi comme jamais il ne l'avait fait. Je me levai du lit comme s'il allait m'avaler et courus dans ma chambre. Je ne savais pas pourquoi mais j'en ressentais le besoin.

Jamais un truc pareil ne m'était arrivé. Je m'appuyai contre la porte que je venais de fermer et sa dernière phrase résonna en moi. Pourquoi avait-il dit ça ? Etait-ce vrai ?

Puis je secouai la tête face à cette question. Même si cela était vrai, cela ne changeait rien ! J'étais son escorte, il était mon client et il repartirait à la fin de son séjour dans un monde qui ne m'était plus ouvert.

Je décidai pour mon bien mental et pour la bonne continuité de ses vacances qu'il n'avait rien dit. De toute manière, vu sa réaction, il préférait aussi que je fasse comme si il n'avait pas dit qu'il était amoureux de moi.

Content de cette décision, j'enfilai un pantalon blanc et une chemise beige en tissu fin. La chaleur était déjà présente et je ne voulais pas mourir de chaud. Je fis un détour ensuite par la salle d'eau et peignai mes cheveux déjà pratiquement secs.

Je jetai un regard dans le miroir et la vue de mes joues rouges me fit grimacer. Certainement la chaleur !

Par contre, j'étais heureux de me voir en bonne santé, aucune trace de violence sur mon visage. J'étais de nouveau beau et mon cœur rata un battement. Car beau, je l'étais. Et c'était ça mon plus gros problème. Ma pâleur de peau plaisait, ma couleur de cheveux était unique dans le monde moldu et cela fascinait les clients… même mes yeux orage faisaient que l'on aimait mon corps. J'aurais tant voulu être horrible, immonde, gros et boutonneux pour éviter de vivre tout ce qu'il m'était arrivé depuis ma fuite du monde sorcier. Mais non, j'étais beau et cela resterait comme ça car maintenant je ne pouvais plus me permettre de prendre du poids.

Entre les clients, je devais suivre les entraînements donnés par Marc niveau musculation et une nutrition pour perdre quelques rondeurs que j'aurais pu avoir en mangeant tout ce qu'un client me demanderait.

- Drake ?

- Oui, j'arrive, criai-je en me rendant dans le salon.

Je le vis, il était là et il regardait clairement le sol. Je ne savais pas quoi dire alors je ne dis rien. Quand il remarqua ma présence, il prit le chemin de la porte et le silence resta de maître jusqu'à l'accueil, où il se rendait à chaque fois pour connaître les activités du jour.

Aujourd'hui, c'était le cheval sur la plage. Quand je vis ses yeux si verts s'illuminer, je stoppai son refus car si j'en croyais ce qu'il disait il ne savait pas en faire. Je le tirai derrière moi en me disant que moi oui, j'avais eu des leçons dans mon enfance et j'en pratiquais assez souvent avec les autres clients.

POV Harry (Jour 25, après-midi)

J'étais heureux qu'il fasse comme si je n'avais rien dit mais je l'étais moins au fait qu'il me tire comme ça derrière lui. Mais, ayant sa main dans la mienne, je me tus et profitai. Il m'amena dans un complexe entre l'hôtel et la plage et petit à petit, je me rendis compte que c'était des étables. Je freinai alors et retirai ma main de la sienne :

- Non, je ne sais pas en faire Drake !

- T'inquiète, on peut en faire à deux et moi, je sais, me coupa-t-il en reprenant ma main et en me tirant vers les box.

OoOoOoOoOoOoO

- Lâche ! Me souffla-t-il au creux de l'oreille.

Je l'écoutai et étendis mes bras sur les côtés. Le vent me décoiffait, l'air marin était plus fort mais cette sensation de liberté, l'eau qui nous mouillait, sentir les mouvements du cheval, était fabuleux. Je baissai la tête et regardai une fois de plus ses mains blanches tenir les rênes du cheval nommé « Gladia » et quand ce dernier se mit au trop, je me tins de nouveau à la poignée au-devant de la selle.

- Alors ?

- Génial, dis-je le sourire aux lèvres.

- J'en suis content.

Il guida l'animal vers un bâtiment plus loin. Quand nous fûmes arrivés, il descendit et m'aida à en faire de même. Je le regardai ensuite enlever la selle et le harnais du cheval avant de le mener dans un box.

- C'est un point parmi cinq sur l'île pour y faire reposer les chevaux, entendis-je Malfoy me crier.

- Ah…

- On pourrait marcher un peu pendant quelques minutes. On vient tout de même de faire plus de quinze kilomètres sur son dos à deux, me dit-il en repassant la porte.

- Ok !

Je ne répondais plus que par monosyllabe et je me sentais comme une fille à son premier rendez-vous. Sauf que là, je n'étais ni une fille, ni à un rendez-vous. Regardant autour de moi, faisant tout pour éviter de poser mes yeux sur lui, je vis qu'il n'y avait que le sable et la mer. J'enlevai alors mes sandales et les déposai au coin du mur.

Sans rien dire, je marchais pieds nus dans ce sable si chaud. Il s'immisçait entre mes orteils, me chatouillait les plantes des pieds. Un instant, j'oubliai tout et fermai les yeux. L'odeur de la mer, les rayons du soleil, le petit vent rempli de sable qui me balayait tel une caresse, tout ça était reposant.

- Le bonheur, dis-je avant d'avancer pour pénétrer dans l'eau.

Mon bas de pantalon se mouilla mais il sécherait rapidement avec la chaleur. Je sentis tout à coup une main prendre la mienne et sans nous concerter, nous nous mîmes à marcher le long des vagues, étant parfois plus aspergés par certaines d'entre elles.

Tout le long de notre promenade, aucun mot ne fut prononcé et cela était reposant, agréable. Sentir sa présence, sa main me suffisait. Tout simplement.

OoOoOoOoOoO

(Jour 25, la soirée)

Nous étions revenus à l'hôtel quand le soleil avait commencé à décliner et là nous étions assis dans le sable à une centaine de mètres du bâtiment. Il faisait presque nuit et j'avais peur de me retrouver dans la chambre avec lui.

Le sentir derrière moi tout le long de notre promenade à cheval avait réveillé en moi ce désir si dévastateur et je devais me retenir de ne pas le prendre là, à même le sable. Mais je me retenais car de un, le sable ne devait pas être super agréable pour du sexe, et de deux, j'avais une peur bleue de lui faire l'amour car c'est bien ce que je ferais avec lui. Je voulais partager quelque chose que je n'avais encore jamais partagé, ou peut-être avec Ginny, avant vraiment de passer à l'acte. Car j'avais aimé Ginny… peut-être pas comme elle, mais ce jour-là, le jour où nous nous étions unis charnellement, nous nous étions aimés, caressés, admirés.

Seul le moment fatidique avait été un échec total et je m'étais ennuyé, sentis de trop dans son corps, sa poitrine contre mon torse. Mais le lien que nous avions eus avec les yeux, voir en eux son plaisir monter, m'avait fait basculer dans un monde parfait. L'espace d'une seconde.

- Tu veux aller au club ce soir ? Entendis-je.

- Non…

Je ramenai mes jambes contre mon torse et regardai la mer étinceler des étoiles reflétées.

- Draco… tu as su comment que tu aimais les hommes ? Demandai-je.

- Je…

Je tournai la tête vers lui et vis qu'il regardait le ciel.

- Je pense que je n'ai jamais su. On ne m'a rien demandé en vendant mon corps. Et je ne prends pas de plaisir…

-…

- Et à Poudlard… je ne m'étais intéressé à personne. Je ne connais pas ma sexualité. Et…

- Et … dis-je, avide de connaitre ses pensées.

- Et je ne pense pas prendre un jour un réel plaisir en couchant.

- Pourquoi ? Interrogeai-je.

Il se redressa et ancra ses yeux brillant dans les miens.

- Parce que je suis une pute Potter… comment pourrais-je aimer ce qui me fait souffrir intérieurement.

Sa voix était froide mais résignée. Une boule dans ma gorge se fit sentir et d'une voix cassée, je lui demandai enfin ce qui me trottait dans la tête depuis quelques temps :

- Mais pourquoi tu continues ? Avec l'argent que tu te fais, tu pourrais quitter tout ça.

- Je ne touche rien Potter… on me retient par la force, nous sommes tous mal traités, le boss ne nous donne rien et les quelques cadeaux que nous recevons, nous devons en informer Marc, le baraqué.

- Quoi…

Il se leva et vint s'accroupir devant moi.

- Je suis prisonnier Harry… peut-être plus libre qu'à Azkaban mais prisonnier quand même.

- Mais je pensais que tu… je ne savais pas que…

- Mais tu n'y peux rien et tu m'aides déjà beaucoup en me laissant derrière toi en partant.

-…

- Maintenant, on va oublier toute cette journée et les conneries que l'on s'est dites, on va dans la chambre et on va baiser comme des fous !

Il n'avait mis aucun entrain en le disant mais incapable de réfléchir, je me levai et pris la direction de la suite.

OoOoOoOoOoOoO

Le jet d'eau était relaxant et après une journée à me balader à dos de cheval, me laver me faisait un bien fou. La mousse qui dévalait mon torse était caressante, mes muscles qui se détendaient sous l'eau me rendaient plus serein. Egoïstement, quand j'avais pénétré la suite, j'avais occulté toute cette journée de ma tête pour ne penser à rien d'autre qu'à lui et son corps. Corps que je voulais posséder au plus vite mais qui resterait loin de moi.

Je ne pouvais décemment pas lui faire subir ça après ce qu'il m'avait avoué sur la plage. Et cela resterait comme ça. Il me fallait juste trouver un moyen de rester loin de son corps.

Quand ma douche fut finie, j'enfilai un caleçon, vu la chaleur de la suite, je ne supportais rien d'autre. Une fois dans la chambre, je pris une chemise et l'enfilai en la laissant ouverte et partis à sa recherche. Il était sur le balcon, debout, accoudé à la rambarde. Je restai dans l'ombre du salon pour m'abreuver de son corps. Ses longues jambes, ses hanches si étroites, un vrai appel à la tentation. Son fessier digne d'un joueur de Quidditch même si je savais qu'il ne pratiquait plus. Mais bien vite, il sentit mon regard sur lui et il revint à l'intérieur.

- Que veux-tu faire ? Me demanda-t-il en prenant une poire dans la corbeille à fruits.

Il me fit ensuite un geste pour me demander si j'en voulais une. Je fis non de la tête et regardai autour de moi. Je ne voulais vraiment pas sortir et boire. Si je faisais cela, je ne pourrais pas me retenir alors je décidai de regarder simplement un film. J'avais toujours eu envie d'en voir un chez les Dursley mais je n'avais jamais pu. Là, c'était une occasion rêvée. Mon esprit serait accaparé par les images et ne serait plus uniquement utilisé pour ne penser qu'à lui, mon ancienne Némésis.

- Pourquoi pas regarder la télévision ? Dis-je en prenant place dans le divan quatre places et en feuilletant le petit livret avec le catalogue des films.

- C'est toi qui vois, me dit-il en prenant place au bout du canapé.

Je fis oui de la tête et choisis après dix bonnes minutes de réflexion un film d'action assez comique. Je ne voulais pas voir à l'écran une histoire d'amour, ni un drame, j'en avais vécu assez le long de ma scolarité à Poudlard.

- Une comédie d'action, dis-je en saisissant la télécommande et en composant le code du film.

Le film commença immédiatement et je vis Draco s'installer plus confortablement, s'appuyant sur l'accoudoir. Nous ne nous touchions pas car j'étais à l'autre extrémité mais cela était suffisant. Il était assez près pour me rendre simplement heureux mais assez loin pour ne pas réveiller une partie de mon corps bien précise.

Bientôt, j'entendis son rire emplir la pièce et je me disais que ce film était fait pour lui. Son rire était beau, cristallin et voir sa pomme d'Adam bouger me remplit de frisson.

Mais il était vrai que ces Korben Dallas* et Ruby Rhod* étaient très plaisants à voir. (*Le Cinquième élément, film d'action sorti en 1997).

OoOoOoOoOoOoO

La diva* chantait admirablement bien et j'étais dans un autre monde. Mon regard était à présent sur lui, le voyant regarder la télévision avec un air heureux. Il n'avait pas cessé de rire et là, je voulais tellement lui faire l'amour, cette chanson était si belle, si intense. Mon corps pivota vers lui, comme un appel silencieux mais je ne ferais rien. Je ne pouvais pas lui faire ça.

Mais encore une fois, il sentit mon regard sur lui. Il tourna la tête et le magnifique sourire qui embellissait son visage se fana. Il avala et tout en fixant son regard au mien, il me lança comme une supplique. Je ne pus que lui envoyer un maigre sourire et cela dut être ce qu'il attendait car il reporta son regard sur l'écran.

J'en fis de même mais voyant que cela avait totalement changé et qu'à présent, je voyais cette Leeloo*se faire attaquer par ces monstres hideux, ne voulant plus voir la fin du film, étant trop chamboulé pour faire autre chose, je me levai. J'entendis le tissu du cuir bouger sur ma droite et vis qu'il se levait aussi, un air triste sur le visage.

- Reste et regarde la fin, dis-je en lui déposant un baiser sur le front.

Je ne savais pas pourquoi j'avais fait ça et je suspendis mon geste juste après. Il avait le regard fixé sur l'écran et le cœur lourd, les mains tremblantes, je pris le chemin de mon lit où je m'enfouis sous les couvertures, encore habillé.

Je ne me comprenais plus. Pourquoi avais-je ces gestes envers lui ? Comment était-ce possible de changer du tout au tout ? Il y avait encore quelques jours, je lui vouais des sentiments peu glorieux, je le détestais, le méprisais, mais là, je l'aimais, Merlin que je l'aimais. Moi Harry James Potter, j'aimais Draco Lucius Malfoy. Ou plutôt, Harry aimait Drake. Cet homme brisé, mais qui était si fort mentalement.

OoOoOoOoOoO

(Jour 25 à 26, la nuit)

Je savais que le film était fini depuis longtemps maintenant, mais il n'était toujours pas revenu et son odeur me manquait, sa présence près de moi me manquait. Son corps contre le mien me manquait.

Je me plaçai sur le dos et petit à petit, tout ce qui me retenait ici s'effondra. Je voulais qu'il vienne, ou plutôt je voulais être avec lui, peu importe où. Je jetai un œil au réveil et vis qu'il était déjà presque minuit. Cela faisait presque deux bonnes heures que j'étais venu dans la chambre.

J'entendais le doux ronronnement de la climatisation, je sentais la sueur prendre possession de mon corps au fur et à mesure que je me battais avec moi-même pour rester dans ce lit. Mais j'étais faible, tout simplement.

Je me levai alors, posant mes pieds sur cette moquette fraîche et avançai prudemment en dehors de la pièce baignée de noir. Le salon était silencieux, le balcon était vide donc il ne me restait plus que sa chambre.

Les seules fois où j'y avais mis les pieds étaient pour le battre et repenser à ma violence envers lui me fit serrer les poings. Je m'en voulais tellement de lui avoir fait endurer ça, cette souffrance physique mais aussi mentale. Je ne méritais que ce que j'avais semé. Il ne m'aimerait jamais et cela était normal. Comment pouvait-on aimer un homme qui vous avait frappé sans remords, avec sadisme ?

J'étais dorénavant devant sa porte et en retenant ma respiration, je l'ouvris. Il était là, en simple sous-vêtement, étendu sur son lit. Dans ce silence, je me rendis compte que je n'entendais aucun bourdonnement d'une quelconque climatisation et j'eus un élan de pitié pour lui, dû au fait qu'il devait supporter toute cette chaleur. Puis, la vision de cette chambre si… minuscule, si repoussante que j'avais aperçue quand je l'avais suivi me fit voir la réalité. Cet être qui n'avait rien demandé payait trop cher toutes ses erreurs.

Me sentant comme tous ces hommes qui avaient profité de lui sans aucun état d'âme, je refermai la porte et retournai dans ma chambre.

POV Draco (Jour 25 à 26, La nuit)

J'avais un sommeil léger depuis très longtemps, alors j'avais très clairement entendu ma porte s'ouvrir puis se refermer. Je m'attendais presque à sentir mon matelas s'affaisser sous son poids, à sentir son souffle contre ma peau, à sentir son corps se poser au-dessus du mien, mais rien de tout cela n'arriva alors j'ouvris les yeux et seul l'obscurité de ma chambre était là.

Pourquoi n'était-il pas resté et n'avait-il pas fait ce qu'il désirait ? Je n'aurais pas dit non, comme à chaque fois, et j'aurais fait mon travail : le combler sexuellement.

Je m'assis sur mon lit et passai ma main dans mes cheveux. Je ne comprenais plus rien. Mon monde était en train de changer sans que je ne m'en rende compte et cela me perturbait. Il m'avait d'abord traité comme un elfe de maison, voire même pire, ensuite, il m'avait traité comme j'en avais l'habitude : une pute. Mais depuis quelques jours, ces derniers jours, il était bizarre.

Ce qu'il m'avait dit ce matin était un mensonge, ça je le savais. Qui pouvais aimer une personne comme moi, surtout avec mon passé ? Notre passé en commun. Non, définitivement non ! Potter était amoureux de mon corps, de mon cul et de ma docilité mais pas de moi. De toute manière, il n'y avait plus de moi. Juste Drake, l'escorte la plus…

Je secouai la tête et regardai par la fenêtre. Le ciel était tout noir, peu d'étoiles étaient présentes et cela n'augurait rien de bon. Demain, le temps allait se dégrader et la pluie allait certainement être de mise. Pourtant, je me souvins du ciel à notre retour et des étoiles, il y en avait. La météo avait-elle changé à ce point ?

Quoiqu'il en soit, je ne pouvais pas rester ici. S'il était venu dans ma chambre c'est que j'aurais dû aller le rejoindre après le film, mais je n'avais pas eu envie d'y aller, pas envie qu'il soit en moi. J'avais ri comme rarement devant ce film. Je n'avais pas eu beaucoup l'occasion d'en regarder dans ma vie et là, sur ce divan, sans être baisé, je m'étais senti normal. Plus moldu que sorcier mais normal. Et je n'avais pas voulu m'enlever cette illusion en retournant faire mon travail. Mais je le devais.

Depuis qu'il avait quitté ma chambre, une petite partie de moi, infime, voulait faire son boulot de peur d'avoir des répercutions douloureuses par la suite. Je me levai donc du lit devenu moite dû à la chaleur suffocante, je passai par la salle de bains pour me rafraîchir en passant un linge humide sur ma peau et après un dernier regard dans le miroir qui me renvoyait une autre image de moi, je pris le chemin de sa chambre.

POV Harry (Jour 25 à 26, la nuit)

J'étais là, dans mon lit, le nez enfoui dans son oreiller. Je me droguais de son odeur. Je ne comprenais plus rien. J'étais perdu. Je me rendais bien compte que je l'aimais… comme j'avais aimé Ginny, mais c'était différent. J'avais envie de son corps, de sa présence, de ses sourires. J'étais vraiment amoureux. Pas de fraternité, pas d'amitié. Juste de l'amour.

Mes yeux s'embuèrent car aimer à sens unique était douloureux. Être constamment partagé par l'envie de le posséder encore ou le laisser tranquille. L'envie de l'aimer comme je le voulais ou l'ignorer. Mais je devais le respecter… je ne pouvais plus profiter de lui comme si c'était ma pute. Certes il l'était dans un sens, mais plus pour moi. Il était juste lui. Un amant torride, mais distant. Une présence rassurante mais étouffante par certains côtés.

Le bruit de ma porte me sortit de mes pensées et je fixai le noir pour l'apercevoir là, devant moi. Il ferma la porte doucement, ne faisant presque pas de bruit et s'avança vers moi. Je lâchai son oreiller et me plaçai à genoux au bord du lit.

Il m'y rejoint et sans pouvoir refuser, il posa sa bouche sur la mienne. Je pourrais vous dire que mon cœur s'était affolé, que mon cerveau était déconnecté, mais je ne pouvais que penser à cette bouche contre la mienne. Plus rien n'avait d'importance. Mais quand nous dûmes nous éloigner pour reprendre notre souffle, je m'écartai plus de lui et pris le courage de lui dire :

- Tu devrais retourner dans ta chambre Draco.

Il écarquilla les yeux mais ne dit rien. Certainement à l'emploi de son prénom. Il se déplaça pour être de nouveau près de moi et mon souffle se stoppa :

- Tu en as envie… alors pourquoi ne pas le faire ?

Je pouvais voir qu'il ne comprenait vraiment pas et je décidais de lui dire la vérité :

- Je ne peux plus profiter de toi alors que je sais maintenant que tu n'en as pas envie…

- Les autres ne seront pas si compréhensifs Potter.

Harry… pourrait-il juste m'appeler Harry et pas ce Potter qui me ramenait inévitablement à Poudlard, dans les couloirs sombres peuplés d'élèves regroupés autour de nous dans l'attente d'une bagarre ?

Je ne savais pas comment mais je me retrouvai allongé avec une bouche sur mon torse. Je me sentis faible mais comment refuser ça ?

Quand sa bouche descendit trop bas, que mon sexe, honteux que j'étais, réagissait trop vite à lui, je me raidis et le repoussai. Je ne voulais pas qu'il fasse ça… je voulais lui faire moi-même, je voulais me mettre au même niveau. Je voulais lui faire connaître le plaisir, lui faire connaitre la douceur, la passion, l'amour… je voulais qu'il me connaisse par mes gestes, qu'il comprenne ce que je ne voulais plus lui dire.

Il ne protesta pas quand je le plaçai sur le dos, il ne dit rien non plus quand je descendis son boxer, il écarta même les jambes, croyant certainement que j'allais le pénétrer violemment comme la première fois. Mais rien de tout cela n'était au programme.

Quand le tissu frôla ses chevilles, je déposai ma bouche sur cette partie sensible et en une seconde, je pus voir que son regard était sur moi. J'ancrai mes yeux aux siens et remontai mes lèvres sur la peau couverte de poils blonds de sa jambe. Je pouvais sentir son tibia tellement il était maigre mais en même temps, mes mains soutenait son mollet qui n'avait rien à envier au mien, musclé.

Je pouvais clairement entendre que son souffle s'était accéléré et quand ma bouche atteignit ses cuisses, je fus déçu qu'il regarde à nouveau son plafond. J'aurais tout donné pour que Merlin exauce mon vœu en cet instant : être ce plafond.

Bien trop vite, mon regard fut devant un sexe à moitié en érection et je ne pus que déglutir. Je m'étais fait prendre en bouche un nombre incalculable de fois depuis mon arrivée mais je ne l'avais encore jamais fait moi-même. Et là, voir ce sexe prendre de l'ampleur devant moi me rendait fébrile. Je ne savais pas sucer, je ne savais pas comment m'y prendre. La seule chose que je pouvais faire était de reproduire chaque geste qu'il m'avait fait. Ceux là même qui m'avaient fait grimper aux sommets maintes et maintes fois.

POV Draco (Jour 25 à 26, la nuit)

Je m'étais déjà fait sucer mais brutalement, dans le but de me faire mal. Et sentir son souffle là, si rapide, me faisait peur. Allait-il me mordre, attendre que je sois totalement « excité » pour me remettre à ma place, me rappeler que je ne pouvais pas ressentir ce plaisir ?

Mais quand je sentis le bout de ses doigts monter et descendre sur ma peau, tourner autour de mon gland, je laissai échapper un petit cri. Non de douleur, mais de surprise. J'avais l'impression qu'il me caressait. Je n'avais jamais été caressé comme ça. Juste pour faire monter plus vite mon sexe quand un client était impatient, ou quand le Boss voulait nous punir. Là, il nous mettait un anneau pour ne pas que nous puissions jouir et faisait tout ce qui était en son pouvoir pour nous faire souffrir. Je n'avais eu affaire à cette punition que deux fois et cela me suffisait.

- C'est la dernière fois que je te touche Draco… je te le promets.

Je n'eus pas le temps d'analyser sa phrase que je sentis ses lèvres sur mon sexe. Je me cambrai dû à cette sensation qui avait pris possession de mon corps et tentai tant bien que mal de garder les yeux ouverts, fixés sur le plafond. Je ne voulais pas faire ça, je ne voulais pas perdre le peu qu'il me restait. Je voulais garder cette frontière, celle qui me permettait de survivre. Mais Potter était fin maître dans la destruction mentale. Il m'avait déjà assez détruit depuis son arrivée et là, il scellait le tout, me démontrant que je prenais plaisir à me vendre, me démontrant que j'étais une sous-merde. Rien que ça. Je crispai les mâchoires et simulai à la perfection le plaisir. Je bougeais des hanches, mais pas trop pour ne pas lui faire ce qu'il ne m'avait jamais fait. Je laissai même un « Potter » étranglé sortir et après des efforts plus que difficiles à fournir, la peur nouant mon ventre quand je sentis le début d'un débandage, je me vidai dans sa bouche.

Je le haïssais tellement en ce moment, j'aurais tant voulu quitter cette chambre, oublier que l'espace d'une seconde, j'avais ressenti autre chose que du dégoût pour moi.

Son corps se posa plus fortement sur le mien et sa bouche souillée par moi remonta sur mon torse. Quand elle arriva trop vite sur la mienne, je me forçai à être doux alors que j'avais envie de le mordre jusqu'au sang, je me fis impatient aussi. Après ce qu'il venait de me faire, je ne pouvais qu'en vouloir plus, vouloir qu'il me baise et c'est ce qu'il allait faire. Rapidement, cela serait parfait.

Sa bouche quitta la mienne, laissant ma langue en paix. Il ancra son regard dans le mien et me murmura :

- J'aimerais que tu me regardes Draco… que tu ne voies que moi pour ce qui va suivre.

Son regard était troublé, suppliant. Je ne pus qu'hocher la tête et quand il me présenta sa main, je compris. Ce salaud voulait me baiser en se réjouissant de mon regard vide, en se délectant du mal qu'il me faisait.

POV Harry (Jour 25 à 26, la nuit)

Quand il suça mes doigts, mon sexe devint fou d'impatience. Il le voulait autant que moi. Ressentait-il ce que je ressentais pour lui ? Je n'en savais rien mais cette langue qui s'enroulait autour de mes phalanges me rendit fou après quelques secondes. Je retirai donc ma main et la portai à ses fesses.

- Et le…

Je l'embrassai, stoppant sa question. Je ne voulais pas de barrière entre nous, je ne voulais pas de cette saloperie de sécurité. Je voulais être en lui, rien qu'en lui. C'était la dernière fois que je le toucherais alors je voulais le ressentir entièrement.

- Oublie… je ne veux que toi.

Quand mon premier doigt le pénétra, il regardait encore ce maudit plafond alors je me laissai tomber sur lui, pour lui rappeler que j'existais. Il ancra enfin son regard gris au mien et je pus commencer à bouger en lui. Il écarta plus les jambes, m'invitant de lui-même et je ne pus empêcher un sourire de bonheur d'orner mon visage. Un bref instant, je crus apercevoir de la haine dans son regard mais bien vite, il se lécha les lèvres, me perdant dans cette vue de pure luxure. Je ne pus m'empêcher de les laper, tout en le pénétrant d'un second doigt.

Mon corps se couvrait de sueur, mon front devenait moite, sa peau était humide et ses cuisses étaient glissantes mais je m'en foutais. Seul sa langue et sa chaleur accueillante comptaient.

Puis tout s'enchaîna, je fus en lui, entièrement, et le sentir se décontracter me rendait ému. Je plaçai alors mes bras autour de son visage et sans le lâcher des yeux, je commençai à bouger en lui, doucement, lentement, pour bien profiter de lui au maximum.

Le plaisir était intense, comme jamais il ne l'avait été. Sentir ses chairs autour de moi, sentir cette chaleur si source de plaisir. Je devais afficher un sourire idiot mais je ne pouvais m'en empêcher. Je lui faisais l'amour, il me faisait l'amour. Ses hanches qui rejoignaient les miennes, le voir se mordre les lèvres pour retenir les cris de plaisir me rendait fou.

Fou de lui, avide de son corps. Je devins soudain plus fougueux, allant plus vite, plus loin. Tapant de plus en plus sa prostate. Je voyais ses yeux s'embuer de larmes, certainement dû au plaisir montant en lui pour la première fois, je le voyais contracter sa mâchoire à l'approche de la libération.

Ne voulant que le combler, je m'acharnais à donner de rapides coups de reins en plein dans cette glande et après quelques minutes de ce traitement, je vins poser mon front contre le sien et je pus sentir cette pression autour de mon sexe, celle qui m'informait qu'il allait jouir.

Merlin que je l'aimais encore plus en cet instant, mon cœur battait la chamade et j'attendais avec impatience de sentir son sperme exploser sur moi. Je voulais plus que tout le voir jouir, monter là où il n'avait pas mis les pieds depuis longtemps.


Merci d'avoir lu ce chapitre...

Laissez-moi une p'tite review avec votre avis. Cela fait toujours plaisir même si la fiction est déjà finie.

Jes Cullen-Malfoy

(^-^)

Chapitre 7 republié corrigé le 18 mars 2012