Chapitre 3
Je voulais bien me changer mais Alice avait oublié que je n'avais pas d'autres vêtements que ceux que je portais en cet instant.
J'allai quand même dans la villa en passant par le salon.
- Bella. Tiens, Alice m'a ordonné de te donner ça. M'interpella Esmé.
Je me tournai vers elle, pris ce qu'elle me tendait et la remerciai.
- Où puis-je me changer par contre? Me renseignai-je.
- Tu peux aller dans ma chambre. Carlisle travaille donc pas de problème. Me sourit-elle, comprenant que je ne voulais pas me changer devant qui que ce soit.
- Merci.
J'allai donc dans la chambre de Carlisle et Esmé, puis enfilai le legging noir et le long pull gris sans col qui me couvrait jusqu'à mi-cuisse qu'Alice avait prévus pour moi. J'enroulai l'écharpe noire qui servirait d'accessoire pour berner les humains. Dans l'État de Washington, aujourd'hui, il ne faisait ni beau ni chaud donc nous devions faire semblant d'avoir froid, malgré que nous ne pouvions plus ressentir le froid mordant typique de cet état.
J'arrivais seulement au niveau du garage quand les filles me rejoignirent. Alice sautait dans tout les sens tellement elle était super excitée de faire du shopping avec moi, que l'on était obligé d'emmener de force quand j'étais la fragile humaine d'Edward.
- En voiture, les filles! S'exclama-t-elle.
Elle s'assit en face du volant dans sa Porsche jaune et Rosalie prit place à côté. Je m'installai donc à l'arrière de la voiture.
Le trajet fut rapide comme nous roulions au dessus des limites de vitesse autorisées.
Arrivées au centre commercial de Seattle, Alice nous entraîna dans les magasins de lingeries. Malgré que j'aimais suivre la mode maintenant, les lingeries fines et moi faisions toujours deux. Si j'avais pu rougir, je serais rouge tomate sur tout le visage et le cou, c'est pour dire à quel point je n'étais pas à l'aise dans ce genre de magasins. De plus, je ne voyais pas l'intérêt de choisir de la dentelle, ou je ne sais autres frivolités, pour nos sous-vêtements puisque nous étions les seules à savoir ce qu'il y avait dessous nos vêtements.
Quand je leur dis ce que j'en pensais, elles parurent offusquées. Ainsi, elles me tirèrent dans une cabine d'essayage en m'apportant toutes sortes de sous-vêtements: shorty, slips, soutien gorge, et de tout types de matières, du coton à la dentelle.
Elles me forcèrent à tout essayer et à leur montrer les résultats.
Tout m'allait « à la perfection » selon leurs mots donc je dus tout prendre, cadeau d'Alice. Je m'opposai mais elle avait déjà réglé les achats.
Nous sortîmes du magasin, Alice et Rose deux sacs à la main, et moi quatre, pour vous dire qu'elles avaient fait des folies me concernant contrairement pour elles.
Ensuite, nous allâmes faire tout les autres magasins mis à notre disposition dans le centre commercial.
Nous finîmes dans un institut de beauté où nous choisîmes de faire une séance de massage.
Elle durait plus d'une heure trente donc nous en profitâmes pour parler.
- Je ne te détestais pas quand tu étais humaine. C'était ce que tu étais et ce que tu voulais devenir qui me dérangeaient. Ce que malencontreusement tu es maintenant. Si j'avais eu le choix, je serais restée humaine et aurais eu beaucoup d'enfants. J'imagine que ça a dû être difficile pour toi d'être transformée par un vampire que tu ne connais même pas et de vivre seule pendant tout ce temps. Rompit le silence Rosalie, tout bas.
Ce qu'elle venait de me dire me touchait beaucoup. Je ne me serais jamais attendue à l'entendre me parler de cette façon, comme si elle était gênée de s'intéresser de mon cas. Je décidai de la rassurer:
- En fait, la solitude ne me gêne pas. Rappelle-toi, quand j'étais humaine, je n'aimais pas attirer l'attention sur moi. Bon, pour passer inaperçue ce n'est plus possible à cause de ma beauté vampirique qui fascine les humains. Mais je me trouve toujours banale à vos côtés. Confessai-je.
- Bella! Tu dis n'importe quoi! Je suis sûre que tu n'as pas laissé indifférent Jasper hier! Intervint Alice en se redressant sur ses coudes, interrompant la masseuse.
- Alice! Me révoltai-je. C'est toi qui dis n'importe quoi!
- Alice a raison. Intervint Rosalie. Je l'ai croisé dans les escaliers quand il descendait « pour sortir » à ce qu'il m'a dit. Il avait les yeux noircis, de désir je suppose.
- C'est peut-être pour ça que je l'ai trouvé pensif sur les marches du perron. Marmonnai-je pour moi-même.
- Tu vois, on a raison! Dirent-elles en cœur, m'ayant entendu à cause de l'ouïe fine que nous, les vampires, possédons.
- Pfou...Vous ne m'avez pas manquée. Dis-je, espiègle.
- Nous aussi on t'aime. Rentrèrent-elles dans mon jeu.
Je souris.
Nous atteignîmes la villa au coucher du soleil.
Rosalie n'était plus distante avec moi.
Le trajet retour s'était passé dans une atmosphère détendue. Nous avions toutes les trois chantées à tue-tête tout au long du trajet. Nous nous étions tues instinctivement au début du chemin de terre menant à la villa pour ne pas que les garçons nous entendent. Ils seraient bien capables de se moquer de nous.
Nous sortîmes les sacs contenant tout nos achats du coffre.
Les filles montèrent leur sacs dans leur chambres.
Quant à moi, je ne savais pas où les poser puisque je n'avais pas de chambre attribuée.
Sentant ma gêne, Jasper intervint:
- Tu peux les déposer dans ma chambre, si tu veux.
- T'es sûr?
- Oui, oui, va. Insista-t-il.
- OK. Merci.
Je montai donc mes affaires dans la chambre de Jasper.
Quand j'étais humaine, je n'y avais jamais mis les pieds, mais là, en deux jours, j'y étais entrée trois fois: une fois pour me reposer, une autre fois pour me changer avant d'aller chasser, et maintenant.
Je repensai à ce que m'avait dit les filles pendant le massage. Peut-être qu'elles avaient vu juste. Jasper avait peut-être des sentiments forts pour moi.
Je me remémorai aussi la posture dans laquelle Alice nous avez trouvés hier, face à face, nos yeux noyés dans ceux de l'autre. J'avais été à l'aise, malgré que je ne portais que mes sous-vêtements.
Enfin passons!
Je descendais les escaliers maintenant que j'avais déposé mes emplettes au pied de son lit.
Je traversai le salon sans faire attention aux personnes qui y étaient.
- Bella! M'appela une voix que je ne pris pas le temps d'identifier.
Je continuai mon chemin jusqu'à la porte d'entrée, mais au moment que je m'apprêtais à l'ouvrir, quelqu'un m'en empêcha en agrippant mon poignet droit qui était à deux doigts de tourner la poignée.
- Quoi? Criai-je.
- Tu ne veux pas rester avec nous?
- Non, Jasper. J'ai besoin d'être seule. M'adoucis-je.
Il s'effaça alors pour me laisser sortir.
Je courus jusqu'au bord du ruisseau et m'assis sur un rocher qui le bordait.
Je fixai pendant un long moment les reflets de la lune sur l'eau qui me berçait avec ses mélodieux clapotis.
Au bout d'un certain temps, je relevai les yeux pour observer la faune de la forêt qui se trouvait en face de mon emplacement, sur l'autre rive. Avec ma vue aiguisée de vampire, je pouvais détecter des ours, des cerfs, des biches, des petits écureuils grimpant aux arbres et des oiseaux qui chantaient en sourdine comme s'ils se sentaient menacés par ma présence à peu de distance de leur perchoir. Je voyais toutes ces espèces animales alors qu'elles se trouvaient dans les profondeurs de la forêt pour la plupart.
J'entendais aussi les battements de leur cœur. Leur sang, en ce moment, ne m'attirait pas, car je n'avais pas soif. Je me contentais de profiter du paysage qui m'entourait et que j'avais connu en tant qu'humaine quand je venais chez les Cullen.
Je ne vous cache pas que je regardais surtout Edward à l'époque. Mais bon, maintenant, c'est du passé!
Pendant que le soleil se levait derrière le brouillard et les gros nuages chargés de pluie, je me remémorai la journée passée avec les filles.
Si j'avais bien compris, Rosalie ne m'avait jamais détestée. En réalité, elle m'avait rejetée car je lui lançais à la figure la vie qu'elle avait toujours voulue avoir. C'était pour ça qu'elle avait dit « non » quand je leur avais demandé s'ils voulaient de moi en tant que vampire.
C'est bizarre, mais je me rappelle de ce jour comme si c'était hier.
Par contre, je ne me rappelle pas la raison de son refus dans sa famille. M'avait-elle déjà expliqué le pourquoi?
De plus,, je ne me rappelle pas de mon accident de voiture, ni de mes parents.
Je ne me souviens que ce qui a un lien avec les Cullen.
J'ai des trous de mémoire. Je sais que j'étais humaine quand je sortais avec Edward. Mais c'est tout ce que je me rappelle de cette période de ma vie. Il faudrait que j'en parle avec Carlisle. Il pourrait me dire si c'est normal.
Alors je me levai, décidée.
Carlisle était dans son bureau, selon Esmé.
Je frappai à la porte du bureau.
- Entrez!
- Carlisle. Le saluai-je.
- Bella. Que me vaut ta visite à mon bureau?
- J'aurais une question a te poser.
- Assis-toi d'abord.
Je m'assis sur dans un fauteuil, face à lui. J'inspirai pour prendre de l'assurance.
- Vas-y, je t'écoute. M'encouragea-t-il.
- Je... Euh,je me demandais si c'était normal de ne pas me souvenir tout ce que j'ai vécu avant ma transformation. Lâchai-je, gênée.
- C'est tout à fait normal de ne pas se souvenir de tout.
- Ce que je veux dire, c'est que je ne me souviens pas du tout de mes parents, des amis que j'ai pu avoir, où j'habitais. Tout ça. Expliquai-je.
Carlisle resta un moment pensif avant de me répondre:
- Je n'ai jamais entendu ce genre de « problème ». imita-t-il les guillemets. Je ne trouve pas d'autres mots qui pourraient décrire cette situation. Dans la famille, nous nous rappelons tous de nos parents, d'où l'on vient, dans quel contexte nous avons été transformé. Exceptée Alice.
- Alice?
- Oui. Elle non plus ne se rappelle pas de sa vie d'humaine. Elle a appris, après ta confrontation avec James qui t'avait parlé d'elle, que ses parents l'avaient envoyée dans un hôpital psychiatrique, à cause des visions qu'elle avait déjà à l'époque, et qu'elle avait une sœur.
- Je me rappelle de James mais pas qu'Alice ait fait des recherches sur sa vie antérieure, suite à ce qu'il m'a dit sur elle. Je n'ai pas retenu qu'il m'ait parlée d'Alice. C'est bizarre. Je me revoie bien haleter de souffrance à cause de mon tibias fracturé par James, puis l'arrivée d'Edward et la vôtre. Baissai-je la tête, honteuse de ne pas m'en souvenir.
- Tu n'as pas à être gênée. Ce n'est pas de ta faute. Mais explique-moi, comment ce fait-il que tu te souviennes de nous alors?
- C'est...C'est quand j'ai bu le sang de ma première victime, un cerf. J'ai eu des sortes de flashs vous concernant tous. Tout ce que j'ai vécu avec vous tous est dans ma mémoire, enfin c'est ce que je pensais jusqu'au moment où tu m'as appris qu'Alice avait fait des recherches sur son passé. Je ne savais pas que je l'avais un peu aidée suite à ce que m'avait dit James.
- D'accord. Veux-tu que je te montre la maison où résidait ton père et où tu as résidé à partir de tes 17 ans?
- Oui, merci Carlisle.
Nous sortîmes de son bureau à vitesse humaine, et nous allâmes dans sa Mercedes noire aux vitres teintées.
Nous n'avions croisé personne dans la villa. Peut-être étaient-ils partis chasser?
Peu de temps après, nous étions garés devant une petite maison blanche qui semblait à l'abandon.
Je me tournai vers Carlisle pour avoir des explications.
- C'est ici que tu as vécu quand tu es venue à Forks, après avoir quitté Phœnix, lieu de résidence de ta mère, Renée.
- Pourquoi est-elle dans cette état? Personne ne s'en occupe? Demandai-je, abasourdie.
- Ton père, Charlie Swan et Shérif de Forks, a quitté cette maison pour vivre chez Sue Clearwater, à la Push. Mon père s'appelait donc Charlie. Cette maison regorgeait trop de souvenirs pour lui donc ça lui était pénible d'y rester vivre. Avant que l'on ne parte, pour sauver les apparences, chacun notre tour nous nous occupions de la maison. Pour Edward, c'était un lieu sacré, où tout dans cette maison le ramenait à toi. Depuis que nous sommes partis, car les humains se posaient des questions à notre sujet, personne n'a dû s'en occuper.
- Ça fait longtemps que vous êtes revenus?
- Six mois.
- Mais c'est pas un peu risqué par rapport aux soupçons que peuvent avoir les gens?
- Je travaille à l'hôpital de Seattle et les autres ne se montrent pas. Personne ne sait que nous sommes revenus.
- Ah, d'accord. Alors heureusement qu'il n'y a pas de voisins dans le coin. J'imagine que je peux m'en approcher?
- Tu peux. Veux-tu que je t'accompagne?
- Non, ça devrait allez, merci.
Je sortis de l'habitacle et me dirigeai vers la maison.
Elle sentait la moisissure, l'humidité et la rouille. Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas dû être aérée et nettoyée.
Toutes les ouvertures étaient condamnées par des planches en bois. Je décidai de passer par derrière. J'arrachai les planches qui bloquaient une ouverture, puis entrai pour voir l'intérieur.
Je me trouvais dans une pièce de taille moyenne, au rez-de-chaussée. Ça devait être le salon car il restait le mobilier recouvert de draps blancs. Je les soulevai et remis à leur place après avoir vu ce qui se cachait dessous. Ainsi, il y avait un canapé, une table basse en bois et un grand meuble. Rien de m'était familier et pourtant je savais que ça aurait dû être le cas si je n'avais pas ces blancs dans ma mémoire.
Je passai à la pièce suivante, plus petite. Il devait s'agir de la cuisine car la cuisinière était toujours là. C'était la seule chose qui restait dans cette pièce.
Je gravis ensuite les escaliers qui grinçaient sous mes pieds, malgré le poids de plume que possèdent tout les vampires.
J'atteignis un minuscule couloir où donnaient trois portes.
Je poussai celle de gauche. Les murs étaient recouverts d'une tapisserie déchirée et d'un jaune délavé . Une forme sous un drap blanc ressemblait à un lit et occupait la majorité de la pièce.
J'ouvris la porte d'à côté, qui se trouvait en face des escaliers. Les murs étaient carrelés et le mobilier se composait d'un lavabo et d'une baignoire. C'était donc une salle de bain.
Si ma réflexion était juste, je devrais tomber sur une seconde chambre derrière la porte droite du couloir en arrivant des escaliers.
Je poussai la dernière porte donnant sur le couloir. C'était une chambre aux murs bleus, donc celle de mon père. L'autre étant ainsi la mienne.
Je décidai d'y retourner.
Je soulevai le drap recouvrant mon ancien lit.
Le couvre-lit était d'un joli violet non abîmé par les années passées.
Je m'assis délicatement dessus, de peur que les lattes cèdent sous mon poids, aussi légère que je puisse être.
Une fois sûre qu'il ne craquerait pas sous mon poids, je m'allongeai.
Je fermai les yeux, me remémorant ce que j'avais vécu ici avec Edward, étant les seuls souvenirs que j'avais de ce lieu.
Quand j'ouvris les yeux, il devait faire nuit puisque plus aucune clarté passée dans les fentes des planches.
Depuis combien de temps suis-je là?
Je me levai et sortis de la maison par l'ouverture que j'avais faite dans le salon en enlevant une planche en bois.
Je ne m'étais pas trompée: il faisait bel et bine nuit.
Je me dirigeai pour rejoindre Carlisle dans sa voiture.
Mais quand j'arrivai à l'endroit où elle était censée être, personne.
Il a dû partir pour ne pas attirer l'attention, malgré qu'il n'y ait personne dans les parages. A moins que quelqu'un soit passé par là à un moment donné?
Bon, bah il ne me reste plus qu'à rentrer à pied.
C'était pas un problème puisqu'étant vampire je ne pouvais pas être épuisée par une longue marche ou course.
J'allai donc dans les bois pour ne pas me faire remarquer puisque je risquerais de tomber sur des gens qui me connaissaient. Ils risqueraient de prendre peur en croyant voir un fantôme, une revenante comme j'étais censée être morte.
Fin chapitre 3
