Bonjour à tous! Voici enfin toutes les réponses à vos questions! La boucle est bouclée et ce chapitre marque le début de la fin!

J'espère que vous n'êtes pas déçu par la tournure des évènements et que vous prenez toujours du plaisir à découvrir ces suites malgré la noirceur des derniers chapitres.

Ce chapitre a été assez intense à écrire, je vous laisse le découvrir. N'oublions pas qu'après la pluie vient le soleil ;)


Lexa suivait Hanna d'un pas peu assuré. Il était difficile de savoir comment agir face a celle qu'elle aimait du plus profond de son cœur. Son souffle était court, sa vision embuée, sa peau frissonnait et son cœur accélérait son battement à chaque pas qui la rapprochait des escaliers. Bien qu'elle soit à l'étage, elle avait entendu Marc redescendre et indiquer à la nouvelle arrivante que les deux femmes ne tarderaient pas à les rejoindre. Clarke n'avait pas répondu à haute voix, laissant Lexa imaginer un signe de tête ou un sourire gêné.

Enfin il était temps de descendre les marches et d'affronter le retour au présent. Un parfum fruité lui chatouilla les narines, une odeur qu'elle avait tant sentit, toujours ce même parfum sucré. Lexa ne contrôla pas ses paupières qui se fermèrent une fraction de seconde pour profiter de ce souvenir agréable. Puis, elle la vit enfin. Dressée timidement dans l'entrée, un sac à ses pieds, les yeux fuyants et les mains tremblantes.

Hanna l'accueillit en la serrant dans ses bras et en lui disant qu'elle était heureuse de la voir. Clarke lui sourit et s'excusa de faire apparition ainsi, sans avoir prévenu mais la femme la rassura, elle était la bienvenue ici.

Un silence accompagna l'arrivée de Lexa. Hanna lui caressa le dos et la poussa gentiment en direction de la nouvelle venue.

- Je vous laisse vous retrouver. Marc et moi allons préparer le dîner.

Hanna attira son mari dans la cuisine, laissant le couple se regarder pour la première fois depuis des semaines.

Lexa était frappée par l'apparence de Clarke. Était-elle déjà aussi faible avant son départ? ou ce dernier se trouvait être la conséquence de cette fébrilité?

Clarke remit une mèche de cheveux derrière son oreille et leva les yeux pour les plonger dans ceux de Lexa. Il n'y avait pas une once de colère dans son regard, mais la peur de ces retrouvailles scintillait.

Lexa s'approcha encore un peu avant de trouver sa voix.

- Bonjour Clarke.

Son ton était doux, presque apaisant, il avait tellement manqué à la blonde.

- Je sais que j'aurai dû appeler. Mais les choses se sont passées si vite. Je t'avais promis de te laisser du temps... je ne suis pas très douée avec les promesses.

Lexa sourit malgré elle avant d'indiquer à Clarke de la suivre dans la salle à manger. Elle ne savait pas réellement comment agir face a cette arrivée, il y avait tellement de choses qu'elle souhaitait dire mais rien n'arrivait à sortir, comme si elle n'était pas encore prête à cela.

L'ambiance du repas était particulière. Il y avait comme une lourdeur dans l'air. Les sujets abordés n'étaient pas naturels, et une ombre passait sur leur visages. Clarke et Lexa n'ouvrirent que très peu la bouche. La blonde s'excusa encore et encore de sa présence, comme si elle regrettait d'être ici et de s'imposer parmi eux. Lexa de son côté semblait dans ses pensées, elle regardait sa compagne lorsque cette dernière tournait la tête et arrêtait avant de se faire remarquer. Un petit jeu attendrissant aux yeux d'Hanna qui tentait tant bien que mal d'animer le repas avec diverses anecdotes.

Maddie prit soudain la parole, elle qui avait fixé Clarke une bonne partie du repas sans pour autant faire de commentaire. La petite fille sourit et s'adressa a la blonde, la bouche encore pleine de macaronis au fromage.

- Lexa avait raison. Tu es vraiment jolie.

Des rires s'élevèrent enfin, comme si cette lourdeur s'en allait petit a petit. Clarke lui sourit et sentit son cœur s'emballer lorsqu'elle aperçu les joue rosées de la femme qu'elle aimait. Elle avait l'impression de redevenir adolescente.

Ne sachant pas quoi répondre à cela, Clarke ne murmura qu'un simple merci. Maddie, confiante, continua de papoter joyeusement, racontant sa journée et ses exploits, contente de l'attention qui lui était donné.

A la fin du repas, Clarke aida Hanna a ranger pendant que les enfants et Lexa faisaient une partie de jeux vidéo. La brune se mêlait bien à cette famille soudée, acceptant gentiment d'en faire parti un peu plus chaque jour.

Clarke aimait voir cela, la tendresse dans ses yeux lorsqu'elle parlait a Maddie et Liam, son intérêt pour leur journée, l'envie qu'elle avait de passer du temps avec eux. Cela faisait longtemps que la blonde ne l'avait pas vue ainsi.

Alors qu'elle essuyait une casserole qu'Hanna lui avait tendue, Clarke observait silencieusement la scène devant ces yeux. Lexa, une manette dans les mains, poussait joyeusement Liam afin de le déconcentrer, Maddie l'encourageait en criant, debout sur le canapé. Lorsque la ligne d'arrivée s'afficha sur l'écran, Liam exulta en lançant sa manette devant lui avant de réaliser quelques pas de danse. Lexa joua la mauvaise perdante, l'accusant de triche, mais le sourire sur son visage la trahissait.

Bien que la scène soit joyeuse, Clarke ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de tristesse. Lexa avait du s'exiler pour enfin sourire, comme si de chez-elles, cela avait été impossible.

Hanna le remarqua et se voulu rassurante.

- Elle a pris conscience de certaine chose. Ce n'est pas facile, mais elle réapprend a vivre doucement.

- Ce n'est plus la même personne qu'il y a une semaine, c'est incroyable.

- Elle essaye vraiment de se soigner. Elle est décidée à changer. On avance, petit a petit elle s'ouvre. On a du reprendre du début, avant que les choses n'explose. Elle a pu se replonger dans les bons souvenirs, repenser a tout ce qui la rendait heureuse a l'époque. C'est une très bonne chose que tu soies là pour elle, la prochaine séance risque d'être difficile, elle va avoir besoin de toi.

- On a vu le résultat dernière fois.

Clarke ne ce voulait pas si froide, et pourtant sa culpabilité l'empêchait de faire autrement.

- Ne soies pas si dure avec toi, tu as fait ce que tu pouvais, et Lexa le voit enfin, avant, elle n'arrivait pas comprendre que tu la pousses à avancer, elle ne voyait pas à quel point son attitude était toxique.

- On était toxique pour elle nous aussi.

- Non, et ce n'est pas ce qu'elle pense, je te le promets Clarke.

Hanna laissa les enfants jouer encore une bonne demi-heure avec Lexa. On était vendredi après tout, il fallait bien se détendre un peu avant le week-end, Clarke ne s'imposa pas, elle restait presque invisible dans un coin du salon, les yeux rivé sur sa compagne comme pour la surveiller, la protéger du moindre problème.

Il était un peu plus de 22 heures lorsqu'Hanna demanda aux enfants de monter se coucher. Bien qu'ils ronchonnent Liam et Maddie se mirent en route après un au revoir à Clarke et Lexa. Maddie serra chaque femme dans ses bras et embrassa aussi fort que possible Lexa qui lui promis de lui lire une histoire le lendemain. Hanna souleva sa fille dans ses bras et l'entraîna dans sa chambre, laissant une nouvelle fois le couple seul.

Lexa se racla la gorge et s'approcha de Clarke sans oser relever la tête.

- On devrait aller au lit, la journée a été chargée .

- Tu as raison. Répondit Clarke en sortant son téléphone. J'ai vu un motel pas loin d'ici, je vais les appeler et on...

- Ne dis pas n'importe quoi Clarke. Il est hors de question que tu dorme ailleurs.

- Je me suis déjà imposée, je ne vais pas en plus dormir ici.

- Ne sois pas idiote.

Ce fut la dernière chose que Lexa souffla avant de saisir la main de la blonde. Ce contact électrifia Clarke. Cela faisait si longtemps que leur corps ne s'était pas touché d'une quelconque manière. La brune l'attira a l'étage, jusque dans sa propre chambre. Clarke découvrait ce refuge, cette chambre d'amis qui avait accueilli sa fiancée. La valise posée au pied du lit n'avait pas été défaite, et cette chambre ne semblait pas habitée, comme si Lexa n'y passait presque pas de temps. La brune déposa le sac de Clarke à côté du fauteuil sans un mot, ni le moindre bruit, dos à la femme qui partageait sa vie, elle commença a se déshabiller afin de pouvoir se mettre en pyjama. Clarke la regardait faire, bien que cette pudeur soit nouvelle - Lexa ne s'était jamais cachée pour se changer- Clarke appréciait que la brune ne soit pas allée dans la salle de bain pour le faire. Timidement, elle fit de même et se prépara à aller au lit.

Les choses étaient si bizarres, comme si elles étaient redevenues des étrangères, Clarke avait l'impression de faire connaissance avec cette grande brune ténébreuse.

Lexa n'enfila pas de sweet-shirt cette fois, elle n'en éprouvait pas le besoin, après tout elle était arrivée au point où elle révélait toutes ses blessures, pas seulement à Hanna, mais également à elle-même, il fallait faire preuve de courage et affronter son propre regard.

Clarke ne pu s'empêcher d'observer ces marques encore rouges et brunes sur les avant bras de sa compagne, il était difficile de faire autrement, mais par respect et peut être par crainte, elle fini par détourner les yeux et se concentrer sur autre chose.

Les deux femmes prirent place l'une a côté de l'autre dans ce grand lit. La situation était si étrange et pourtant familière.

Clarke était presque assise, le dos collé contre la tête de lit, elle gardait une distance non négligeable avec Lexa qui lui tournait le dos, couchée au plus près du bord, la respiration saccadée par l'angoisse.

Délicatement, la peintre s'allongea sur le côté et passa une main moite sur le ventre de Lexa qui ne réagit pas. Elle colla leur deux corps avant de libérer le cou de la cheffe d'entreprise pour y déposer ses lèvres. Un contact affectueux qui ne dura qu'une seconde.

- Je t'aime. Soupira-t-elle dans la nuit sans attendre de réponse.

Le soleil lui brûla le visage, la poussant à se réveiller. Cela faisait bien longtemps que Lexa n'avait pas dormi ainsi. Elle prit quelque minutes pour immerger, se souvenir de la veille, de cette nuit dans les bras de Clarke. Elle sentait encore ce bras protecteur autour de sa taille et entendait la respiration profonde de la blonde qui dormait encore a poing fermé.

Il lui fallut du courage pour s'extirper des draps et forcer son corps a quitter ce coquons chaud. Elle avait encore du travail, une épreuve a surmonter avec Hanna, son récit n'était pas terminé. Sans un bruit, Lexa s'habilla et se prépara à affronter cette journée, elle lança un regard à Clarke qui n'avait pas été perturbée par son départ du lit, resserrant l'oreiller près d'elle, la peintre ne bougeait plus.

Lexa ne pu s'empêcher de lui déposer un baiser sur le front, les picotements qui réchauffèrent son cœur la firent sourire.

- Je t'aime aussi.

Ces mots prononcés d'un souffle lui firent du bien avant qu'elle ne quitte la chambre doucement.

Comme par habitude, elle descendit dans la cuisine, prit son petit déjeuner en solitaire sur la terrasse, profitant que les enfants dorment encore pour être au calme. Elle prenait son temps aujourd'hui, sans se presser, sans trop réfléchir. Elle ne voulait pas penser a la séance qui suivrait, ni à tout ce qu'elle avait encore à accomplir.

Une vingtaine de minute plus tard, elle décida de rejoindre le bureau d'Hanna. D'une main ferme, elle frappa contre le bois de la porte et attendit que sa tante ouvre. Cette dernière l'accueillit de son plus beau sourire et la fit entrer.

- J'espère qu'il n'est pas trop tôt. S'excusa Lexa, on est samedi, tu as peut être envie de faire autre chose. On n'a jamais parlé de ...

- Lexa. La coupa Hanna. Je suis là pour toi je te l'ai dit, ma famille avant tout. Si tu es là, si tu es prête, je t'écoute.

Lexa ne répondit pas, elle avança à sa place, anxieuse, elle s'assit et joua nerveusement avec ses mains. Elle ne savait pas comment gérer cette séance bien qu'elle doive franchir le pas.

Hanna s'empara de son cahier et attendit. Les minutes défilaient, elle voyait Lexa combattre les larmes et la panique sans savoir débuter son récit.

- Tu aimerais peut être que l'on parle d'autre chose? Tenta-t-elle

Mais sa patiente répondit négativement. Il fallait passer au choses sérieuses.

- Je ne sais pas si c'était prémédité... je...

Elle bégayait, se perdait, c'était trop dur. Lexa recommença tellement de fois ses explications sans pouvoir arriver à ce moment, elle était perdue et commençait à s'agiter. C'était une frustration extrême que de ne pas venir à bout de cette histoire. Et les paroles réconfortantes de sa tante n'y faisaient rien. Il y avait comme un blocage, un mur qu'elle ne pouvait briser.

Cela faisait une quarantaine de minutes depuis le début de leur entretien mais cela ne les menait nul part. Hanna se leva doucement, elle caressa la joue de sa nièce tendrement avant de prendre la parole.

- Tu n'as pas à traverser cette épreuve seule Lexa.

- Non ne vas pas la chercher, je ne pourrait pas...

- Elle était présente ce soir là, vous avez été traumatisées toutes les deux, je suis sûr qu'ensemble vous pourrez l'affronter.

Malgré les réticence de Lexa, Hanna s'en alla. Elle ouvrit d'abord la porte de la chambre d'amis et remarqua que personne ne s'y trouvait. Clarke avait dû descendre, c'était une bonne chose au moins elle ne l'a réveillerait pas.

Comme elle l'imaginait, la blonde était dans la cuisine, une mine douce sur son visage, elle dessinait avec Maddie, les rires de la petite fille chantaient dans la grande pièce. Clarke remarqua la présence de la psychologue et décala Maddie de ses genoux afin de pouvoir se lever.

- J'étais inquiète en ne voyant pas Lexa à mon réveil, Maddie m'a dit qu'elle passait toutes ses journées avec toi, dans ton bureau.

- On parle énormément oui, Lexa à besoin de raconter son histoire, de vider sa tête et de comprendre ce qui la amenée ici.

- Je ne sais pas comment te remercier...

- En venant avec moi.

Clarke fut surprise de cette requête et s'arrêta pour laisser le temps à Hanna de développer.

- On est dans une impasse. Lexa a déjà fait tellement d'effort pour me raconter son histoire, mais elle a besoin de toi pour ce chapitre. Elle n'y arrivera pas seule.

- Il faut parler de la mort de Gustus?

- De ce qui s'est passé après cela.

Clarke déglutit difficilement, sera-t-elle capable de lui venir en aide?

- Je ne pense pas y arriver...

- Tu as été là à chaque seconde, même si elle ne voyait pas il y a encore deux ou trois jours, tu lui as tout donné et tu l'as soutenue comme personne ne l'aurait fait. Tu es son roc Clarke.

Il n'en fallut pas plus pour la convaincre. Non sans peur, la blonde accepta de la suivre et de conter ensemble, ce qui restera la pire nuit de leur vie.

ce soir là

L'idée d'inviter Anya et Raven était stupide. Clarke ne faisait que de se le répéter. Mais pourquoi avait elle fait cette proposition alors que Lexa n'était qu'une ombre qu'elle voyait de moins en moins souvent. La plupart du temps elle entendait la porte d'entrée s'ouvrir alors qu'elle était déjà couchée. Le réveil affichait souvent les heures du petit matin. Lexa ne prenait même pas la peine de la rejoindre, elle s'affalait sur le canapé et dormait quelques heures jusqu'au réveil de Clarke. C'est à ce moment là qu'elles se croisaient. Dans un silence distant que Clarke n'essayait plus de briser, elle déjeunaient et s'en allaient au travail. Il n'y avait plus de contact, et tellement peu de regard.

Ce n'est pas dans une telle ambiance que l'on invitait des gens, se montrer ainsi était un supplice et pourtant, comme une idiote, Clarke avait convié sa belle -œur et sa femme à un repas dans leur maison.

Evidemment, Lexa n'avait pas encore fait son apparition, peut être ne croisera-t-elle même pas leur invitées.

Raven entra après avoir sonné, elle avait pris l'habitude de ne plus attendre qu'on lui ouvre, elle passait tellement de temps ici qu'elle s'y sentait presque chez-elle maintenant. Arrivée dans la cuisine, elle déposa un grand sac sur le comptoir et prit Clarke dans ses bras. La mine de la blonde montrait sa peine et son ancienne colocataire avait du mal a la voir ainsi.

- Anya est clouée au lit! Mais je ne voulais pas annuler.

- Tu aurais dû rester à ses côtés, tu aurais certainement passé une meilleure soirée.

La réflexion faisait écho à son état et Raven la serra un peu plus fort. Elle avait beau aimer Lexa comme une sœur, elle n'arrivait plus à la comprendre. Comme elle le faisait si bien en temps normal, elle tenta de changer de sujet.

- J'ai ramené chinois, un peu de tout mais surtout tes nouilles sautées préférées !

- Tu es la meilleure tu le sais ça ?

Les deux amies se sourirent et entamèrent une discussion, loin des problèmes du quotidien, une envie de s'évader et de se vider la tête.

aujourd'hui

- C'est là que je suis rentrée.

Lexa avait dit cela à voix basse. Clarke assise à ses côtés venait de terminer le récit du début de soirée, sans oser relever les yeux. Elle se sentait honteuse. Mais en entendant la voix de Lexa, elle ne pu contenir sa main qui se glissa dans celle de sa fiancée.

- C'est là que Lexa est rentrée. Répéta-t-elle.

- Tu aimerais prendre le relais Lexa? Demanda Hanna.

La brune hocha la tête négativement, la psychologue se tourna alors vers Clarke une nouvelle fois.

- Tu te sens capable de continuer ?

- Oui, je peux le faire.

Lexa resserra leur emprise, comme un remerciement, comme un encouragement.

Cette nuit là

Lexa passa le pas de la porte. Pour une fois, elle rentrait tôt, elle n'avait pas eu envie de travailler, elle souhaitait rentrer: se poser devant la télévision et ne penser à rien, avec un peu de chance, Clarke n'essayerait pas de lui faire la conversation. Mais voilà qu'elle entendait les rires de Raven, sa soirée tranquille tombait a l'eau. Un instant elle hésita à repartir, peut être que personne ne l'avait entendue, c'était sans compter sur Wheeler qui vint l'accueillir de façon vocal. Elle n'avait plus de sortie de secours, elle devait affronter cette soirée.

Froide et sans émotion, elle rejoignit la cuisine. Raven la salua suivie timidement par Clarke, elle répondit à peine et se servit une bière avant de s'asseoir dans le canapé. Clarke, pour la première fois depuis longtemps, sentait ses nerfs s'élever, comme une bouilloire elle frémissait d'énervement. Elle ne demandait pas grand chose, un simple regard, un peu d'amour, un contact, mais même face aux autres, Lexa ne pouvait pas donner le change.

- Tu rentres tôt. Dit la blonde. Ca fait plaisir.

- Oui... je n'étais pas au courant que tu avais invité des gens.

"Des gens" Raven aurait pu s'offusquer, elle était quand même un peu plus que cela.

- Ca fait plus de trois jours qu'on ne s'est pas parlé, ce n'est donc pas facile de t'informer.

- Et parfois le silence me manque.

La remarque avait été murmurée mais elle transperça le cœur de Clarke qui retint ses larmes difficilement. S'en était trop, elle ne méritait pas cela.

- Ah bon? Répondit-elle la gorge nouée. Et bien pourquoi tu n'installerais pas un lit de camps a Polis comme ca tu n'aurais plus a rentrer ici, au moins tu n'aurais plus a me voir ou a me parler puisque c'est tellement insupportable pour toi.

- Et voilà. S'énerva Lexa. On ne peut jamais passer une soirée tranquille ici.

- Ton père aurait honte de voir a quel point tu es devenue égoïste.

En disant cela, Clarke posa sa main sur sa bouche, elle savait que ces mots étaient de trop, elle ne les pensait même pas. C'était simplement une accumulation de peine et de colère . De se sentir délaissée et impuissante, de ne plus savoir quelle était sa place

Mais le mal était fait. Elle le voyait dans les yeux de Lexa qui se leva d'un bon. Elle perdait complètement son sang froid face a l'évocation de son père, d'un geste, elle lança sa bière à travers la pièce, cette dernière manqua de peu Clarke qui sursauta. Jamais Lexa n'avait été violente, cette femme devant elle ne pouvait pas être la femme d'affaire douce et généreuse qui avait pris son cœur. De façon protectrice, Raven se leva et accouru près de Clarke. Lexa hurlait en ravageant le salon.

- Comment ose-tu parler en son nom? Tu ne le connaissais même pas!

Encore des bruit de verre, un vase magnifique était brisé lui aussi. Triste et perdue, Clarke tenta de la ramener a la raison:

- Je t'en supplie Lexa. Pleura Clarke de l'autre côté du salon.

- Pourquoi j'arrêterais? Hein Clarke, dis-moi? Lexa hurlait, les yeux aussi noir que la nuit. Parce que ce que tu vois ne te plaît pas? Parce que dans ta vie tout doit toujours se passer comme TOI tu le veux? Tu veux ta vie parfaite, ta maison parfaite, ta femme parfaite mais tu n'en as rien à faire de savoir si le monde autour de toi ne te suit pas! On ne peut pas tous passer à autre chose aussi rapidement que toi!

- Lexa tu vas trop loin. S'interposa Raven à côté de Clarke. Elle tenait son amie par la taille.

- Evidemment! Lexa riait nerveusement. Evidemment, c'est moi qui vais trop loin! Clarke on lui pardonne tout! On comprend qu'elle veuille avancer dans sa vie, qu'elle passe à autre chose. Et puis "enfin Lexa, le temps est passé! Tu devrais faire de même, occupe-toi autrement!"

- Tu sais que ce n'est pas ce que je pense . Ce n'était qu'un murmure dans la bouche de Clarke.

- Tu me le reproche sans cesse Clarke! Alors ne viens pas me dire que tu ne le pense pas!

- Je ne comprends pas la personne que tu es en train de devenir Lexa, vraiment, je ne te comprends plus.

- Alors qu'est-ce que tu attends pour partir? Je ne te retiens pas, vas t'en! Vas trouvez ta vie parfaite ailleurs.

- Lex arrête. Tenta encore Raven

- Non, intervint Clarke cette fois-ci. Elle a raison. On ferait mieux de s'en aller.

Raven chercha une dernière fois à s'interposer mais la blonde tournait déjà les talons. Elle regarda Lexa sans savoir quoi faire pour sauver la situation. Voir ainsi les deux femmes se déchirer était si dur. Clarke attrapa ses clés et son sac et revint dans la pièce en fixant sa compagne.

- Quand tu auras retrouvé tes esprits et que tu auras réalisé la stupidité de ton comportement tu sauras où me trouver, mais en attendant je refuse de te voir comme cela une seconde de plus.

Aujourd'hui

Cela faisait si mal de se replonger dans cette dispute. Clarke ne pouvait retenir ses sanglots tandis que Lexa tenait toujours sa main, incapable de relever la tête.

- Il y avait un trop plein des deux côtés, il fallait que le vase déborde ce soir là. Expliqua Hanna doucement.

- Si je n'étais pas partie...

- Si tu n'étais pas partie, j'aurai trouvé un autre moment pour te pousser a bout. J'avais atteins le point de non retour.

- Lexa, raconte-nous ce qui est arrivé après le départ de Clarke.

La brune respira de toute ses force et tenta de prendre le contrôle de ses émotions avant de prendre la parole.

Ce soir là

Il s'était peut être passé 10 minutes depuis que Clarke avait claqué la porte d'entrée. Dix minutes pour déverser sa haine, retourner le salon, hurler avant que ses nerfs ne lâchent. Lexa était a présent assise au milieu de ce champs de bataille, vidée, incapable de pleurer. Ses états étaient partagé entre la tristesse, la peur et la honte. Elle prenait conscience de la ruine qu'était devenue sa vie. Elle entrainait tout le monde avec elle sans réussir à faire quoique ce soit pour empêcher cela.

C'était si dure, impossible à accepter pour elle. Elle ne pouvait pas continuer ainsi.

Comme si quelqu'un avait pris possession de son corps, elle se releva, le regard absent, les émotions bien loin. Elle monta à l'étage et pénétra dans cette chambre qu'elle n'utilisait plus depuis de nombreuses semaines. Ses yeux tombèrent rapidement sur son oreiller. Là, Clarke y avait déposé une photo encadrée qui trônait en temps normal sur sa table de nuit. Lexa prit une minute pour l'observer, se souvenir de cette soirée d'anniversaire en son honneur qu'avait organisé la blonde. Une fête simple, entre amis dans un restaurant qu'elle affectionnait tout particulièrement. Harper avait pris ce cliché au cours du repas, alors qu'aucune des deux femmes ne faisaient attention au monde qui les entourait, elle étaient perdue dans le regard de l'autre, souriant tendrement face a cette amour si grand.

Lexa reposa le cadre sur la table de nuit de Clarke avant de s'installer au bureau, une seule larme perla sur sa joue alors qu'elle écrivait sur une feuille de papier. Une larme qui termina sa course comme un point final apposé sur cette lettre.

La brune ne prit pas la peine de se relire, elle se releva et caressa la tête de Wheeler avant d'y déposer un baiser. Elle s'enferma dans la salle de bain attenante, le Golden aboyant comme s'il savait ce qui se préparait.

Dos contre la porte, Lexa prit une inspiration. La peur s'en allait progressivement, emprisonné par son objectif qu'elle se sentait obligée de réaliser jusqu'au bout. Elle y avait renoncé trop de fois en 28 ans d'existence. Aujourd'hui tout cela s'arrêtait.

La jeune femme femme ouvrit le dernier tiroirs du meuble vasque et y retira les différentes affaires entreposées afin de soulever un fond de carton qu'elle avait déposé méticuleusement il y a plusieurs semaines. Enfin elle accédait au blister qu'elle avait caché. Un sachet de 3 lames de rasoir acheté en cachette. Ce n'était pas la première fois que Lexa avait pensé à cela, déjà adolescente elle y avait réfléchi sans pour autant aller au bout de ses projets. Mais cette fois ci, tout était différent.

Comme si elle avait répété ce geste des centaines de fois, elle ouvrit le plastique et saisit entre ses deux doigts une lame tranchante. Lexa remarqua que sa main tremblait et essaya de déglutir pour se ressaisir, c'était maintenant, il ne fallait pas reculer. Bien qu'elle se sente déjà partie, elle devait reprendre le dessus.

Ses oreilles bourdonnaient, elle n'arrivait pas à se concentrer. Comme pour atténuer les aboiements de Wheeler et ses pensées bien trop bruyantes, elle laissa couler l'eau du robinet et fixa un instant cette cascade couler sur la céramique.

Il s'était peut être écouler une seconde, ou peut être une heure, le temps était si relatif maintenant. Sans remord, sans crainte, Lexa se regarda une dernière fois dans la glace, regarder ce visage horrible pour marquer un point à cette histoire sordide.

Lorsque la lame déchira la peau de son avant bras, un cris s'extirpa de sa gorge. Elle n'avait pas imaginé cette douleur qui lui rappelait qu'elle était encore en vie. Il lui fallut un tel courage pour répéter cette action trois autres fois.

Son souffle était court, sa poitrine se soulevait emprise de spasmes qui mêlaient son angoisse à ses larme. Elle avait mal, si mal et s'effondra sur le sol, le sang recouvrait le carrelage blanc et elle attendit, encore et encore sentant son corps se refroidir, son cœur s'apaiser et sa tête tourner. Doucement, elle ferma les yeux, le visage de Clarke lui apparu. Enfin elle était sereine.


Clarke regardait par la vitre de la voiture, le paysage défilait devant ses yeux. Au loin, les lumières de New York illuminaient le ciel, c'était une belle nuit d'été. Pourtant son cœur était lourd, elle ne cessait de repenser à cette scène qui s'était jouée: les cris de Lexa, cette bière qui la frôla, cette peine encore et toujours. Elle était entrain de perdre la femme qu'elle aimait par dessus tout et elle n'arrivait pas à contrer cela. Et si elle était restée ? Si elle avait pris Lexa contre elle, qu'elle lui avait simplement montré son amour, qu'elle avait été plus patiente?

Elle tourna les yeux vers Raven qui n'avait pas ouvert la bouche, concentrée sur la route. Son amie semblait elle aussi perdu dans ses pensées, cherchant un moyen de régler les choses .

- Ramène-moi à la maison Raven s'il te plaît.

- Mais... on est bientôt arrivées. Et tu l'as dit toi-même il faut qu'elle comprenne...

- Pas comme ça. Coupa Clarke. Je ne peux pas la laisser dans cet état.

Il n'en fallut pas plus. Raven S'exécuta. Dès qu'elle le pu, elle fit demi-tour et traversa à nouveau le tunnel Lincoln.

Clarke avait un pressentiment, un poids qui ne l'a quittait pas et qui l'empêchait de respirer. Et si Lexa était partie? Si elle l'avait laissée?

La maison était allumée lorsque Clarke et Raven arrivèrent, le salon était toujours sans dessus-dessous. Clarke appela sa compagne mais aucune réponse ne lui parvint. Sa crainte était réelle, Lexa n'était plus là.

Wheeler arriva en courant à ses côtés, il semblait paniqué, aboyait et trottinait sur place. Quelque chose s'était passé, c'était une évidence. Clarke le suivit à l'étage et jusqu'à sa chambre, là où elle trouva la porte de la salle de bain fermée à clé.

- Raven! Cria-t-elle la gorge serrée.

La jeune femme arriva en courant, elle essaya d'ouvrir à son tour la porte sans y arriver. Elle poussa Clarke sur le côté et tenta désespérément de défoncer la porte. Rien n'y faisait. Raven était poussée par l'adrénaline, elle agissait comme un soldat en mission, gardant son calme et son pragmatisme. Elle chercha dans ses poches et en sorti un vieux trombone qu'elle gardait attaché à son trousseau de clé. D'une main experte, elle crocheta la serrure et ouvrit la porte.

- Ne regarde pas Clarke! Prévenu-t-elle le cœur en mille morceau.

Le sang jonchait le sol sous une Lexa inconsciente. Malgré l'avertissement de Raven, Clarke ne pu s'empêcher de regarder la scène sans pour autant réussir à s'approcher. C'était une vision d'horreur un cauchemar, elle sentait tout son être se briser.

Raven ne se laissait pas dépasser, il fallait agir au plus vite. D'une main elle appela les urgences, de l'autre, elle souleva la tête de Lexa, l'appelant, essayant de la ramener a la vie.

Elle ne remarqua pas Clarke s'effondrer à terre, les larmes se mélangeant au sang. Elle n'entendit pas les supplications de son amie, ni même les sirènes qui s'élevaient dans la nuit. Elle fixait Lexa, cette mine blanche, ces yeux fermé et cet air si triste qui ne l'avait pas quitté depuis plus de deux mois.


Clarke s'asseya dans le canapé de la maison de Lincoln et Octavia. Ses traits tirés montraient toute la peine qu'elle éprouvait à cet instant. Il était plus de cinq heures du matin et Octavia avait du user de tous les subterfuges pour la faire enfin quitter l'hôpital. L'état de Lexa était stable et les médecins interdisaient tout contact, telle était la procédure lors des tentatives de suicide. Clarke, pourtant, n'avait pas voulu quitter la salle d'attente. Si elle devait rester ici des jours, elle le ferait. Elle ne pouvait pas se résoudre à laisser Lexa ici, sans elle.

Épuisée et à bout de nerfs, elle avait fini par laisser sa meilleure amie la ramener chez-elle, Anya et Raven lui avait juré de ne pas partir de l'hôpital avant son retour, lui laissant ainsi un peu de temps pour se reposer et prendre un douche.

Octavia déposa une couette et un oreiller sur le canapé avant de lui caresser l'épaule, elle était là pour elle, elle ferait tout son possible pour l'apaiser.

- Repose-toi un moment, je suis à l'étage avec Lincoln, s'il y a quoique ce soit tu nous appelles.

Clarke ne répondit pas, elle se contenta d'hocher la tête fébrilement. Elle vivait un enfer et la seule personne capable de l'apaiser était étendue dans un lit d'hôpital, les veines ouvertes. Des larmes la quittèrent encore et elle utilisa toutes ses forces restantes pour se calmer.

En silence, elle retira de la poche de son jean un bout de papier froissé. Raven le lui avait donné avant son départ de l'hôpital.

- Je ne sais pas si je devrai te la donner. Avait bégayer son amie. Mais elle t'est adressée.

Sur la feuille, l'écriture de Lexa. Des lettres arrondie, une calligraphie parfaite que Clarke aimait tellement.

Un soupire, puis ses yeux se posèrent sur la lettre.

Clarke,

Je t'écris ces quelques mots comme un aurevoir. A l'heure qu'il est, tu dois me trouver lâche, j'imagine ta déception et ta colère. Tu te dis certainement que je n'étais pas assez forte pour tout cela, et rien que l'idée de t'avoir déçu me désole .

Je n'étais pas assez bien pour toi, pas assez bien pour ce monde. J'ai cherché le bonheur sans jamais réussir à l'obtenir complètement. A plusieurs reprise, je l'ai touché, j'ai même cru il y a quelque temps qu'il m'avait été donné. Mais comme toujours, il m'échappe. Je suis cette incapable qui ne sait pas m'occuper de ce cadeau précieux.

Tu ne mérite pas cette ombre dans ta vie. Tu es un soleil, tu illumines tout sur ton passage. Je suis, de mon côté, une lune, j'aime l'obscurité et je ne m'ouvre que rarement. Nous n'étions pas faites pour exister ensemble. La vie n'est pas une perpétuelle éclipse.

Mon geste n'est pas irréfléchi, je savais que je quitterai ce monde ainsi. Cela fait trop longtemps que je me bats avec ces démons. Certains appelleront ça une dépression, d'autres des troubles mentaux, moi je le vois comme un virus qui ne m'a jamais laissé en paix.

Ce soir je décide d'arrêter de me battre, de ne plus aller à l'encontre de mon destin.

Je t'aime Clarke, merci pour ces moments, merci d'avoir illuminé ma vie, et pardon de ne pas avoir pu faire de même pour toi.

Ta Lexa qui ne cessera de t'aimer.