On remercie encore ma Bêta, Socks, pour ce chapitre corrigé à la vitesse de l'éclair !

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Harry préféra être ponctuel le lendemain matin et, avant d'arriver, il envoya son Patronus pour s'annoncer. Il ne tenait certainement pas à interrompre quelque chose ou à tomber sur une scène qu'il aurait préféré oublier. Lorsqu'il avait reçu le message d'Hermione, Ginny et lui étaient en plein repas et il avait piqué un fard monstrueux lorsqu'il avait entendu la voix gémissante de son amie le convoquer pour le lendemain matin. Si, un instant, il avait voulu jouer l'autruche sur l'origine de ces halètements, le hoquet de Ginny suivi de son subit rougissement ne lui avait plus laissé de doutes. Un silence de plomb avait suivi la disparition du Patronus, rapidement interrompu par la voix de son épouse:

- Eh ben merde… Je m'en doutais mais là…

- Tu crois qu'il l'a fait exprès…? lui demanda Harry en espérant ne pas entendre ce qu'il savait qu'il allait entendre.

- Tu veux dire qu'ils l'ont fait exprès ? De sa part à lui, oui ! Sans aucun doute ! Quant à Hermione, je pense juste qu'elle l'a suivi et si j'en crois ce que je viens d'entendre, qu'elle ne passe pas de mauvais moments en sa compagnie…

Ginny tourna un instant sa fourchette dans son gratin, l'air grave.

- Tu sais Harry, je m'en veux. Je veux dire, à Noël, je ne voulais pas l'attaquer comme cela… C'est juste que c'était… soudain. Je m'en veux parce que j'ai habituellement plus de jugeote. Je me suis comportée comme tous ces crétins. Tu vois, pour le coup, j'étais bien la sœur de Ron, ajouta-t-elle, l'air amer.

Harry la laissa parler. Il était conscient que cette reconnaissance devait être faite, aussi bien pour elle que pour lui, mais aussi pour le couple dont ils percevaient de plus en plus l'évidence et la puissance.

- Je regrette. J'aimerais lui demander pardon. Non, leur demander pardon.

- Je comprends. Nous avons agi comme des imbéciles, toi comme moi, sans parler de Ron. Plus ça va, plus je me demande si ces deux-là n'en n'ont pas encore beaucoup à nous montrer. Je crains qu'ils n'aient pas fini de nous étonner, si tu veux mon avis.

- Hermione a toujours été atypique, son rapprochement avec Snape n'aurait pas dû nous étonner tant que ça.

- Tu sais que c'est en partie à cause de lui qu'elle s'est séparée de Ron ? lança Harry.

- J'ai cru comprendre, oui. Il lui reprochait son implication dans son procès en réhabilitation.

- Il a été odieux, Ginny… Odieux. Avec le recul, je me demande comment j'ai pu le laisser aller jusque là…

- A ce point, Harry ?

- A ce point. Et non, crois-moi, tu ne veux pas savoir. Si ta mère savait, elle le tuerait de ses propres mains…

Ginny se mordit la lèvre. Oui, ils avaient fait fausse route et c'était un doux euphémisme. Qui étaient-ils pour juger du rapprochement de certains, de leur relation ? Étaient-ils donc meilleurs que leurs ennemis à cet instant ? Elle en doutait.

- Harry ?

- Hmmm ?

- Je peux te demander quelque chose ?

- Dis-moi, je verrai ce que je peux faire.

- Demain, lorsque tu les verras, demande pardon à Hermione de ma part, s'il te plaît. Dis-lui que je voudrais la voir, si elle accepte.

- J'essaierai, Ginny. En revanche, je ne suis pas certain de la réaction de Snape.

- C'est bien pour cela que je t'ai demandé de parler à Hermione, pas à lui.

- Alors c'est d'accord.

C'est ainsi que le Sauveur du monde Sorcier se retrouvait au petit matin, planté devant la gargouille du bureau directorial qui le regardait d'un œil torve. Au bout de quelques instants, elle pivota pour le laisser entrer et il poussa un instant plus tard la porte qu'il avait tant de fois franchie sous la direction de Dumbledore.

Immédiatement, il sentit une atmosphère étrange, comme une gêne qui pesait sur les personnes présentes. Un coup d'œil lui apprit que celle-ci venait essentiellement des tableaux qui jetaient un regard outré ou amusé sur le Directeur des lieux, confortablement assis dans son fauteuil, un petit sourire satisfait aux lèvres.

Hermione était là, debout devant une fenêtre, non loin du bureau de son amant et elle le regardait approcher avec une lueur d'appréhension dans le regard. Revoir son amie lui rappela la voix de son Patronus de la veille et il piqua un fard monumental qui provoqua le ricanement du maître des lieux.

- Un problème, Potter…?

Hermione jeta un regard noir au sorcier qui ne fit qu'accentuer son rictus et sa voix grave et chaude emplit à nouveau le silence.

- Je vois que vous avez reçu le message de ma… compagne, laissa tomber Snape en insistant sur le dernier mot.

- Je ne serais pas là si je ne l'avais pas reçu, répliqua l'homme en tentant malgré tout de garder une expression neutre.

- Severus… je t'en prie.

La voix d'Hermione alluma une lueur dans les yeux de son amant qui, toutefois, cessa d'asticoter sa Némésis préférée.

- Trêve de plaisanterie, Potter. Hermione a une proposition à vous faire.

- Nous proposons Drago comme nouveau Ministre de la Magie.

- Drago…?

Harry était surpris et allait, comme à son habitude, se laisser emporter pour dire le fond de sa pensée lorsque son amie lui coupa l'herbe sous le pied.

- Non Harry ! Tu me laisses parler d'abord, tu cries ensuite ! Non négociable !

Severus lui jeta un regard en coin et la laissa mener les négociations. Après tout, il n'avait jamais réussi à manœuvrer un Potter.

- Euh…oui.

Un ricanement retentit.

- Quelle éloquence… murmura le Serpentard, pas assez bas toutefois pour ne pas être entendu.

- Severus ! le gronda Hermione. Je te prierai de cesser tes enfantillages !

Harry la regarda, bouche bée tandis que Severus arborait un regard des plus noirs qui ne sembla faire ni chaud ni froid à la sorcière.

Débarrassée des commentaires de son sarcastique amant, Hermione put exposer leur plan à Harry sans être interrompue. Quelques instants plus tard, Harry réfléchissait longuement pour arriver au même résultat qu'elle.

- Je ne vois que cela. Vous avez raison, tous les deux, précisa-t-il en regardant son ancien professeur qui renifla d'un air dédaigneux. Drago sera parfait. Donc, vous attendez de moi que je soutienne sa candidature ? Quand doit avoir lieu sa nomination ?

- Demain, au plus tard. Amélia Bones ne pourra tenir l'intérim plus longtemps avec l'enquête sur l'assassinat du Premier Ministre, précisa Hermione.

- Je vois. Je vais donc passer au Magenmagot immédiatement en sortant d'ici et Drago peut être assuré de sa place d'ici ce soir.

- Je vous remercie de votre soutien, Potter.

La voix, pour une fois dénuée de sarcasme du Directeur résonna étrangement et lorsque Harry leva les yeux vers lui, ce fut pour le voir l'observant avec attention, sa main longue et pâle caressant doucement son menton.

- J'ai toujours eu confiance dans le jugement d'Hermione, professeur.

Un ricanement méprisant retentit.

- Toujours, vraiment Potter ? Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire…

- Inutile, Monsieur. Je reconnais mes torts, ainsi que mon épouse. De fait, nous vous présentons nos excuses à tous les deux et vous demandons de les accepter.

- Je note que vous me présentez vos excuses mais je ne les accepterai que lorsque vous m'aurez prouvé que vous en valez la peine, Monsieur Potter. En attendant, pour votre gouverne, sachez que mon nom est Lord Prince…

Harry le regarda avec un respect nouveau. Encore une fois, l'homme savait exactement quand et comment avancer ses pions. Son titre lui ouvrait les portes du Magenmagot et lui permettait un droit de regard sur la nomination du nouveau Ministre, tout en l'assurant d'une place de choix dans l'aristocratie sorcière. Ceci couplé à son poste de Directeur de Poudlard, reconnu par la magie du château elle-même le rendait presque invincible. A côté de la sienne, la position qu'avait occupée Dumbledore semblait précaire.

- Très bien Lord Prince. La Maison Potter vous présente ses respects, le salua-t-il en utilisant la formule consacrée.

Un silence se fit. L'avenir entre deux des Familles les plus influentes du monde sorcier allaient se jouer dans les secondes qui allaient suivre. Tout dépendait de la réponse de Severus Prince, qui laissa un sourire satisfait étirer lentement ses lèvres.

Il se tourna vers Hermione et son regard noir croisa brièvement les orbes ambrés qui lui faisaient à cette heure une demande silencieuse. Severus ferma les yeux et inspira. Pour elle, il le ferait. Pour elle et ce qu'elle voulait, ce qu'elle représentait pour lui aujourd'hui.

Plantant son regard fier et altier dans les yeux émeraudes qui attendaient son bon vouloir, le nouveau Lord laissa tomber les mots qui clôturait le rituel.

- La Maison Prince accepte vos respects. Que la Magie guide nos pas.

Hermione soupira de soulagement. S'il avait simplement accepté les respects que lui présentait Harry, leurs maisons auraient pu devenir rivales. L'appel à la Magie pour guider leurs pas étaient un symbole de volonté sinon d'alliance, du moins de non-agression. On était loin de la paix mais, au moins, ils n'étaient pas en guerre.

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Depuis quelques jours, quelque part à l'ouest de Sydney, un petit pavillon était le théâtre d'étranges phénomènes. Cela avait commencé par l'arrivée d'hommes étrangement vêtus qui avaient tourné dans le quartier en jetant des regards assassins à ceux qu'ils croisaient. On avait pu les voir s'approcher du pavillon et agiter un morceau de bois et repartir aussi vite qu'ils étaient venus. Depuis, on ne les avait plus revus mais une série de disparitions avait frappé la région. Cela avait commencé par le facteur, dont on avait retrouvé la voiture immobile devant ce même pavillon, sans nulle trace de l'homme. Puis un livreur, dont la voiture avait également été abandonnée au même endroit, le moteur tournant encore. Vint ensuite une voisine, qui avait pour habitude de rendre visite aux habitants du lieux pour un thé convivial le mardi après-midi. Elle ne revint jamais chez elle.

De tous ces gens, on ne retrouva jamais rien.

Comme s'ils s'étaient volatilisés.

De même que les policiers envoyés sur place pour enquêter.

Le quartier se vida en moins d'un mois et des scellés furent posés à distance respectable de la maison maudite qui dévorait ses visiteurs.

Seule la plaque resta visible

Docteur Wendell et Monica Wilkins