Bonjour les gens, voici le dernier chapitre en date qui se passe dans un lieu un peu spécial puisque, même si je vous charge de la découvrir par vous-mêmes, il s'agit d'un univers qui m'est propre. A moi, copyrighté, pas touche, tout ça tout ça.
Les personnages que sont Candice, Hildegarde et Valief qui, lui apparaîtra un peu plus tard dans l'histoire, sont aussi mes petits n'enfants chéris adorés. Sinon, les personnages et l'univers global de Naruto restent sans concession à maître Kishimoto, grand bien lui en fasse.
Enfin, voilà.
Bonne lecture.
L'ambiance du bar est feutrée, mystérieuse. On baigne dans les vapeurs de jasmin et de lilas dès qu'on franchit le seuil de la porte. Les tentures de velours pourpres accrochés au mur assombrissent la salle encore plus qu'elle ne l'est déjà. Et ce ne sont pas les quelques lanternes flottantes dont la flamme faiblit plus qu'elle n'éclaire qui donnent beaucoup plus de lumière. Nous baignons dans une fumée blanchâtre, semblable à du brouillard.
Je n'avais jamais vu d'endroit aussi étrange. On se croirait passé dans un autre monde. L'établissement est bondé et une dizaine de serveurs glissent gracieusement entre les tables, leur plateau à la main. Pourtant, tout est silencieux, on entend pas un mot, pas d'autre son que quelques respirations saccadées. Tenten et Shino, assis face à Neji et moi, semblent connaître ce drôle de bar par cœur et ont l'air d'y être très à l'aise, ce qui ne m'étonne pas tant que ça de la part de Shino.
-C'est le Café des Secrets, explique Tenten devant notre mutisme. Tout ce qui est dit ici restera ici. C'est l'endroit le plus sûr que nous puissions trouver, seuls nous avons la clef à Konoha.
Je regarde aux alentours. Si les serveurs sont les seuls autres à avoir accès à cet endroit, comment se fait-il qu'il y ait tant d'autres clients? Je me demande d'ailleurs quel genre de personnes vient ici. Il faut vraiment en avoir besoin, j'imagine. A travers la brume parfumée, je distingue quelques visages. Des gens étranges à côté des quels notre banalité à l'air de faire tache. Je suis certain que si Neji ou moi nous transformions dans la minute, personne ne s'en étonnerai et ils continueraient de discuter comme si de rien n'était. Ils ont tous l'ais dans un autre monde, comme si rien ne comptait plus à leurs yeux que cette conversation, que les gens autour de leur table. Soudain, surgit de nulle part une serveuse avec, sur son plateau, quatre tasses de thé fumant. Elle porte un grand habit mauve et un masque vénitien décoré de plumes et des pierres de cette même couleur. Elle pose les tasses et s'éloigne, sans souffler un seul mot.
-Ce n'est pas un endroit ordinaire, n'est-ce pas? devine Neji en regardant autour de lui
-Eh bien, hésite Tenten, je ne sais pas si Candice apprécierait que je vous en parle mais disons qu'on est plus vraiment à Konoha. Ni même dans le monde des shinobis. Mais ce n'est pas ce qui nous importe pour l'instant.
C'est vrai qu'en entrant ici, j'ai tellement été absorbé par l'atmosphère que j'en ai complètement oublié ce pourquoi on était là. Neji n'a pas l'air beaucoup plus rassuré. Il pose sa main sur la mienne et entrelace nos doigts entre eux. Je sais bien qu'il fait ça sans arrière pensée, je le fais aussi quand je m'ennuie ou que je n'arrive pas à m'endormir mais là, ça me mets mal à l'aise. Pas parce que, cette fois, il y a des gens qui peuvent nous voir mais seulement parce que je sens que notre relation change, devient moins innocente, moins évidente. Je viens de comprendre ce que ce simple geste impliquait. Ou alors, c'est juste moi qui change. Enfin, c'est plutôt lui qui n'est plus le même à mes yeux. Mais je devrais peut-être arrêter de penser à ça puisque c'est comme si je le lui hurlait à l'oreille.
-Je vois que vous en êtes déjà loin, commente Tenten. Dire que ça ne fait qu'à peine un mois et demi...
-Ah mais non, pas du tout! nous écrions-nous. C'est pas ce que vous croyez, vraiment! On vous jure!
Elle échange un regard amusé avec Shino.
-Ce n'est pas ce qu'elle voulait dire, fait Shino de sa voix morne. Elle parlait du Lien Éternel.
Je cherche dans mes souvenirs. J'ai lu quelque chose à propos de ça dans le livre de Shisui. Le Lien Eternel est la façon de désigner la relation entre le Loup et l'Oiseau. Ce n'est apparemment pas dû à un effet de la malédiction. C'est juste parce que, vu la relation que sont obligés d'entretenir les deux élus, ils sont souvent prédisposés naturellement à être attirés l'un vers l'autre. Ce qui est drôlement flippant, quand on y pense. Mais, bref. Tout ça ne nous renseigne pas sur cette histoire de Chevaliers. Je n'ai encore qu'à moitié confiance en ces deux-là. Et l'image de Shino vêtu d'une armure médiévale, lance à la main est déjà suffisamment perturbante telle quelle, pas la peine d'en rajouter.
-Je crois qu'ils ne vont pas tarder à s'expliquer... assure Neji
-Mais arrête de... je commence.
-Ça se lit sur ta figure, en fait. On a l'impression que tu te mets en mode « pause » quand tu réfléchis. Enfin bref, si on pouvait avoir des explications...
-Bien, dit Tenten en se calant dans la banquette. Par où commencer? J'imagine que vous voulez tout d'abord savoir qui nous sommes dans toute cette histoire. Comme vous, nous avons été choisi à la naissance pour être vos chevaliers. Rien à voir, évidemment, avec des histoires de demoiselles en détresse et tout ça. Nous devons vous mener à l'une ou l'autre de vos missions.
-Et bien sûr, tu vas nous faire croire que nos deux coéquipiers sont justement des gens en rapport avec la malédiction, ironise Neji. Comme par hasard, un coup du sort, il faut croire...
-Je n'ai jamais dit qu'on avait été placés dans les mêmes équipes par le plus grand des hasards, réplique Tenten. D'ailleurs, pourquoi crois-tu qu'Hinata, ta cousine, je le rappelle, fait partie de l'équipe 8? A ton avis?
Pour qu'on puisse se connaître, je répond mentalement. Je n'avais jamais remarqué que, sans Hinata, nous ne nous serions jamais adressé la parole, ni même un regard. Sans elle, il serait mort dans cette bulle. Et on ne serait pas là, en ce moment.
-Enfin bref, continue Tenten. Vous avez peut-être eu connaissance de ce que vous devez faire... Pour les Kurohakai...
-Reformer la dynastie ou la séparer encore... récite Neji à voix basse.
-Exactement. Sauf que vous n'avez pas vraiment le choix dans votre cas. Je veux dire, pour reformer une famille, y a pas trente-six solutions. Et ça m'étonnerais que vous puissiez donner un héritier. Je ne vous empêche pas d'essayer, bien au contraire mais ça ne marchera pas, je pense...
Je me tourne vers Neji et le vois passer du beige pâle au rouge écrevisse. Tenten a l'air particulièrement amusée de la situation et nous fixe tour à tour. Mon rêve d'il y a quelques heures me revient en tête. Je sens à nouveau la douceur de ses lèvres sur ma bouche et celle de ses mains sur mes hanches. Non, Kiba, ce n'était qu'un rêve, un fichu rêve sans aucun sens. Tu n'es pas du tout en train de penser à Neji Hyuga dans une position suggestive!
Je secoue la tête pour essayer de chasser ces pensées. Manquerait plus qu'elles soient interceptées.
-Bref, poursuit Shino qui trouve sans doute que tout ceci a trop duré. Vous n'avez pas le choix, Tenten vous l'a fait comprendre. Vous devez donc perdre vos pouvoirs, si vous voulez que tout revienne à la normale.
Perdre nos pouvoirs? Si seulement c'était aussi facile. Mais s'il le dit, c'est qu'il sait de quoi il parle. Ce n'est pas vraiment le genre à parler pour ne rien dire. Ce n'est même pas le genre à beaucoup parler, de toute façon. Et puis, on a pas vraiment le choix. Dans l'état actuel des choses, on ne peut pas donner d'héritier aux Kurohakai et je crois qu'il est hors de question que l'un de nous change de sexe. Remarque, je me demande comment je serais en fille. Je ressemblerais sans doute à ma sœur, avec de longs cheveux lisses et une poitrine énorme. Non, je ne pourrais jamais trimbaler des trucs pareils. Mais bref, finies les digressions. Une femme aux longs cheveux blonds et bouclés et à l'air fatigué s'est approchée de notre table. Elle n'est pas masquée comme les autres serveurs, pourtant, elle dégage la même aura déroutante.
-Bonjour, nous salue-t-elle. Cet endroit est à votre goût, j'ose l'espérer. Il y avait bien longtemps que nous n'avions eu personne du monde des shinobis à nous fréquenter. Vous êtes pourtant des gens charmants.
-Bonjour, Candice, répond Tenten sur le même ton. Voici les deux élus, Neji et Kiba.
-Oh, deux garçons? Voilà qui est rare.
-J'imagine que tu n'est pas là uniquement pour nous saluer, suppose Shino.
-Ha ha, toujours aussi perspicace, jeune homme. Non, en effet. L'Orateur a parlé de vous tout à l'heure. Il faut que je vous dise que c'est arrivé, l'un d'entre eux a été vu. Il ne m'en a pas dit plus.
J'écoute attentivement leur conversation sans en comprendre un traître mot. Il me semble qu'il s'agit d'un homme qui aurait vu ou entendu quelque chose et qu'on se demande s'il faut vraiment lui faire confiance. Mais j'avoue ne pas bien saisir ce qu'il a à voir avec nous. Candice replace une mèche de cheveux derrière son oreille et se tourne vers Neji et moi.
-Bien, vous deux... Vous aller sans doute avoir des ennuis, vous savez. Enfin, je ne suis pas une experte en la matière mais je me souviens bien ce que Shisui m'avait dit à l'époque. J'espère de tout cœur que vous vous en sortirez sans encombre.
Pardon? Elle a parlé à mon grand-oncle « à l'époque ». Si on suppose que son pouvoir c'est déclaré un peu avant qu'il écrive son journal, il avait une quinzaine d'années. Seize ans, pour être précis. Et d'après les archives du village, il est mort l'année même, ce qui fait soixante dix-neuf ans aujourd'hui. Pourtant, elle n'a pas l'air d'avoir beaucoup plus de trente ans. Quel âge elle peut bien avoir?
-J'imagine que le temps n'a pas vraiment cours, ici, constate Neji. Ça ne serait pas étonnant.
C'est vrai que ça ne serait pas la seule chose bizarre qu'on ait vu. Et puis, qu'importe, après tout. Ce n'est pas vraiment vital bien que ça soit intrigant.
-En voilà un autre qui ne manque pas d'esprit, s'esclaffe Candice. En effet, voilà cinq cent quatre-vingt deux ans, deux mois, seize jours et trois heures qu'aucune seconde ne s'est plus écoulée. Si on se réfère à votre temps, bien sûr.
Eh bien, comme si on avait besoin de ça, en plus. Comme si ça n'était pas déjà assez bizarre. Il faut qu'en plus, on se retrouve dans un endroit hors du temps. Il y a vraiment des moments où le destin doit s'ennuyer pour créer des trucs pareils.
-Je peux vous dépêcher un de mes employés si vous voulez... Hildegarde!
Une seconde plus tard, apparaît la serveuse à la robe violette. Elle se démasque, je sens la main de Neji se crisper, ce qui me rappelle soudain qu'elle est là, sur la mienne. Je lève les yeux sur la fille qui elle n'en a pas. Là où devrait se trouver ses yeux, il n'y a que de la peau pâle et parcourue de vaisseaux bleuâtres.
-Hidegarde est une personne de confiance. Elle pourra faire le relais entre ici et le village. J'ai cru entendre que vous projetiez de perdre vos pouvoirs. Elle pourra aussi vous accompagner. C'est une bonne combattante et elle est très douée pour à peu près tout.
-Je crois que ça ira, refuse poliment Tenten. Par contre, il nous serait précieux d'avoir de l'aide de la part de l'Orateur. Voire de Valief, s'il est d'accord.
-Valief est injoignable pour le moment. Il a encore disparu. Mais vous pourrez bien sûr bénéficier de l'assistance de l'Orateur.
Je crois que, plus ça va, moins je comprends leur conversation. Soit on a atterri dans la quatrième dimension, soit j'ai du souci à me faire pour ma santé mentale. Quoi qu'il en soit, j'aimerais bien sortir d'ici le plus vite possible. Sinon, je sens que je vais devenir fou.
-Bon, c'était très aimable à toi de nous recevoir, l'interrompt Shino, mais je crois que nous allons prendre congé. Il faut qu'on achève les préparatifs pour leur départ et il semble que cet endroit soit plutôt effrayant quand on y vient pour la première fois.
-Oui, ça décourage les indécis.
Une minute, vers où vont-ils nous faire partir? J'aimerais quand même qu'on nous consulte avant de prendre ce genre de décision. Même si c'est évident qu'on a pas le choix, ça serait quand même bien qu'on ait des explications. Ou au moins, l'esquisse d'un truc compréhensible qui pourrait se passer. Mais apparemment, c'est trop demander.
-Vous aller dormir chez moi ce soir, ordonne Tenten en se levant. C'est plus prudent. Les ANBU ont déjà dû être mis sûr votre trace. J'imagine que si c'est arrivée aux oreilles de Tsunade, ça ne va pas lui plaire de voir son pouvoir menacé...
-Ça ne devrait pas renforcer les soupçons, se demande Neji, au lieu de les dissiper?
-Ne t'en fais pas, rassure Tenten. On a tout prévu. Officiellement, vous êtes chez vos... comment dire... fréquentations respectives...
Elle termine sa phrase sur un regard appuyé à Neji. Pourquoi elle n'a pas dit « vos petites amies »? C'est exactement la même chose et il n'y a rien de gênant là dedans. A moins, évidemment, que l'un d'entre nous ne puisse pas en avoir...Est-ce qu'il serait possible que Neji soit...? Je chasse cette idée de ma tête. De toute façon, quand bien même il le serait, qu'est-ce que ça changerait? Je le sais. Ça voudrait dire que, tous les deux, que nous pourrions être encore plus proches. Ça voudrait dire que mon rêve pourrait avoir un sens, pourrait devenir réalité. Il me revient encore en tête, il est toujours là, comme une obsession. Je me sens rougir. Je ferais mieux de chasser toutes ces idées de mon esprit. Pour l'instant, la situation est encore trop compliquée pour en rajouter.
Tenten habite dans un petit appartement près du centre du village. Elle a emménagé là l'année dernière, j'étais venu pour l'aider à s'installer. L'endroit n'a pas beaucoup changé depuis. Des cartons qu'elle n'a pas encore eu le temps d'ouvrir trônent fièrement devant un petit clic-clac. Il semble qu'ils lui servent de table basse. C'est plutôt typique des ninjas, jamais vraiment là pendant longtemps.
-Je vais sortir des couvertures, vous n'aurez qu'a dormir sur le canapé, indique-t-elle en disparaissant dans une autre pièce. Shino va s'occuper de tout rassembler pour demain. Vous devrez partir à la première heure, on vous donnera les instructions à ce moment-là.
Et voilà, on nous laisse encore dans le flou. Depuis le salon, on entend Tenten s'énerver contre la porte de sa penderie. Je lui demande la permission de me servir dans son frigo, elle accepte. J'attrape deux canettes de bière, ouvre la première et vais tendre l'autre à Neji, accoudé à la fenêtre.
-T'es mineur, je te signale, proteste Neji. Tenten et moi aussi alors pose ça.
-C'est pas de ma faute si elle en achète, je plaisante en buvant une gorgée. Allez, lâche-toi, c'est pas le truc le plus grave qu'on aura fait aujourd'hui. Notre naissance est déjà un crime, autant en profiter.
-Si tu le dis... soupire-t-il en ouvrant sa canette. A notre naissance alors.
Il boit un peu, fait une grimace et pose la canette sur le rebord de la fenêtre. Dehors, la nuit tombe et les rues s'assombrissent. Demain, ce ne sera sans doute plus qu'un souvenir. On sera parti pour je-ne-sais-où et pour je-ne-sais-combien-de-temps. Et quand on reviendra, si on revient, tout aura bien changé.
-On reviendra vivants, j'en suis sûr... Encore plus vivants qu'aujourd'hui. Et puis, rien n'aura changé.
Il se tourne vers moi, en attente d'une approbation. Nos regards se croisent et une alchimie se crée. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe, à vrai dire, je ne sais pas vraiment à quoi rime ma vie depuis quelques temps. Je me rends soudain compte à quel point nos visages sont proches et se rapprochent encore. Est-ce que j'ai vraiment envie de l'embrasser, là, dans l'instant? J'aimerais vraiment me dire que non. Pourtant, je ne fais rien quand sa main se pose sur mon épaule, je ferme simplement les yeux. C'est ce que j'attendais, je crois. Un moment de répit comme celui-ci, complètement ailleurs, dans un autre temps. Le temps... Il s'est arrêté d'un coup, rien ne bouge, pas même les aiguilles du cadran. Je sens ses lèvres tout près des miennes.
-Eh, je sais bien que c'est chez moi ici, vocifère une voix derrière nous, mais vous pourriez quand même m'aider, non?
Nous nous redressons d'un seul coup, nous rendons compte de la situation. Tenten reste un instant immobile, les bras chargés de couvertures et d'oreillers. Nous nous précipitons pour l'aider, comme si de rien n'était. J'espère qu'elle ne nous a pas vu. Enfin, ça pourrait être le cas que ça ne changerait rien, ce qui est fait est fait. Enfin, presque fait serait plutôt le terme.
La nuit est tombée depuis plusieurs heures. J'essaie de me caler comme je peux sur le canapé. C'est incroyable à quel point ce truc peut être dur! Je repense à tout à l'heure, près de la fenêtre. Après ça, la soirée s'est déroulée normalement, on a fait semblant de ne rien savoir. On a fait semblant d'ignorer ce qui est arrivé. Mais je n'arrive pas à oublier. C'était si proche. Je ne sais pas quoi en penser. Ce n'est pas comme si je n'en avais pas envie mais, en même temps, je ne veux pas que ça arrive. Si jamais il devait lui arriver quelque chose, je préfère encore ne pas avoir tissé de lien trop solide avant. C'est égoïste mais je préfère ça. J'aurais préféré ça. Je ne peux plus que me rendre à l'évidence : je l'aime. Peut-être que c'est minime, que ce n'est rien du tout comparé à l'amour que se portent certains. Rien comparé à ce qu'Hinata ressent pour Naruto. Pourtant, je comprends ce qu'elle voulait dire quand elle parle de lui.
-Désolé pour tout à l'heure, s'excuse soudain Neji. Je n'aurais pas dû faire ça.
Je me tourne brusquement. Je ne m'étais pas rendu compte qu'il était toujours éveillé. Et s'il avait entendu tout ce à quoi je viens de réfléchir?
-Ne t'en fais pas, je n'entends rien. J'ai bien intercepté quelques signes de pensées mais rien de très clair. Encore une fois désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris...
-Tu rigoles, je m'esclaffe. La moitié de Konoha aurait tué pour être à ma place.
-Arrête, c'est pas drôle...
Je le vois pourtant sourire à la faible lumière des lampadaires dehors. Il se tourne, s'enroule dans la couverture jusqu'à ce qu'elle soit entièrement autour de lui. J'essaye de la tirer vers moi, il résiste et nous commençons à nous battre comme des idiots à grands coups d'oreillers. Ce n'est que quand Tenten nous hurle que « bon sang, c'est pas bientôt fini tous les deux, y en a qui veulent dormir ici » et autres joyeusetés que nous nous arrêtons, épuisés.
-Bonne nuit, me souhaite-t-il. Il faut qu'on soit en forme pour demain.
Oui, on en surement besoin. Je sens sa main toute proche de la mienne. J'hésite un instant et vais frôler ses doigts. Il referme sa paume sur la mienne. Je crois que je n'ai pas vraiment besoin de dormir pour être en forme. Son contact me suffit.
