Eh oui, même en vacances, Charlie est là et revient avec un nouveau chapitre. Ce qui signifie... plus que deux après celui-là. Comme c'est triste.

Mais je reviendrai vite sur d'autres fandoms comme Professeur Layton (une fic à chapitres est prévue d'ici... fin 2012, on va dire ^^') ou encore Galactik Football, Bones et sans doute aussi Naruto, une nouvelle fois.

Bien, j'ai tout dit, je crois.

Ah non. Bien évidement, le POV revient à Kiba que j'ai gentiment ramené à la vie dans le chapitre précédent.


Je ne sais pas comment je suis arrivé là. Mon corps est lourd, je reviens de loin. Comment se fait-il que je sois toujours en vie? La lame avait touché une artère, j'en suis quasiment certain. L'air est froid, ainsi que la pierre sur laquelle je suis couché. Je suis peut-être mort, après tout. Quelque chose pèse sur ma poitrine, j'ai du mal à respirer. Il faudrait que j'ouvre les yeux mais j'ai peur de ce que je vais voir. J'entends des sanglots à demi cachés par le bruit des vagues. Je parviens à entrouvrir les paupières. La première chose que je vois, c'est le ciel. Le ciel noir rempli d'étoiles. C'est ça, la mort? Mon attention se reporte sur le poids qui entrave ma poitrine. C'est une masse de cheveux bruns, agitée de soubresauts.

-Neji, j'articule. T'es lourd...

Qu'est-ce qu'il fait là? Si je suis mort, alors lui aussi. Je ne peux pas être vivant, de toute façon. Il relève la tête, des larmes commencent à couler sur ses joues. Je prends une grande inspiration et me redresse tant bien que mal. J'en profite pour observer les alentours. C'est une plage, je ne discerne pas bien la mer dans le noir mais l'odeur d'iode qui me prend à la gorge suffit à me confirmer qu'elle est bien là. Devant moi, Neji me fixe avec l'air de ne plus savoir quoi en penser. Il hésite quelques secondes avant de se jeter à mon cou et de pleurer de plus belle.

-Merci... merci, chuchote-t-il en plus d'autres phrases incompréhensibles.

Il me serre de plus en plus fort, comme s'il ne voulait pas que je parte. Quelles raisons j'aurais de partir? Je veux rester là. Nous allons en finir une bonne fois pour toutes et nous rentrerons à la maison.

-Je suis vivant, n'est-ce pas?

Juste une question comme ça, une confirmation.

-Bien sûr que tu est vivant! répond-il. On a jamais été aussi vivants.

Doucement, je prends sa main et la serre dans la mienne. Malgré le froid ambiant, elle est brûlante. Il défait son étreinte et va chercher une cape de voyage dans un des sacs. Il me la lance et je me rend compte à ce moment que je suis nu. Évidement, avec la fin de ma transformation, mes vêtements n'allaient pas revenir tous seuls. Je l'enfile rapidement, il était temps à voir mes bras couverts de chair de poule. Neji continue de fouiller dans le sac, il en sort de la nourriture et de l'eau que je refuse poliment. Je n'ai vraiment pas faim. A vrai dire, je me sens incroyablement léger, j'ai l'impression que je viens de renaître. Ce qui n'est pas vraiment le cas après une blessure aussi sérieuse. Après la mission pour sauver Sasuké, j'étais tout sauf guilleret, et très loin d'être léger. Ce qui m'amène à penser que Neji me cache des choses. Comment ai-je pu survivre à une blessure pareille et, à fortiori, me réveiller en pleine forme. Il y a quelque chose qui cloche.

-J'avais déjà lu quelque chose à propos de ça dans le manuel de Shisui.

Il sort le livre de sa poche et se dirige vers moi. Dire que j'avais presque perdu l'habitude de ses incursions dans mes pensées. Il ouvre le carnet à la fin et me montre une note en bas de la page. Ça a été griffonné à la hâte mais c'est bel et bien l'écriture de mon ancêtre. Elle est datée de quelques jours avant la mort de Koyomi.

-Me suis réveillé en pleine forme après avoir été touché à la gorge, je déchiffre péniblement. Aucune cicatrice. Voulu demander à K. de quoi il en retournait mais pas pu. Elle était trop faible.

-Tu n'était plus qu'à deux doigts d'avoir perdu trop de sang quand je me suis souvenu de ça. C'est un moyen automatique de partager l'énergie entre nous deux. Du moins c'est ce qui m'a semblé.

Pourquoi sa façon de prononcer « nous deux » me fait autant de mal? Comme avant, quelque chose ne va pas. Je n'ai peut être pas sa capacité de déduction mais je sais quand il ment. En plus, il doit être exténué de ce prétendu partage d'énergie. Si ce qu'a écrit Shisui est vrai alors il devrait bientôt être trop faible pour me parler. Pourquoi ne peut-on pas tout simplement aller sur cette île, rentrer au village et ne plus en parler?

-Koyomi souffrait d'une insuffisance cardiaque. Elle n'a d'ailleurs pas pu être ninja à cause de ça. C'est pour ça qu'elle était si faible. Je serais sans doute juste fatigué, ne t'en fais pas.

Ne t'en fais pas, ne t'en fais pas, facile à dire. Il est toujours là, à s'épuiser pour moi pendant que je ne lui sers à rien. C'était mon rôle de le protéger et j'ai été un boulet jusqu'ici. Il s'en serait sans doute mieux sorti sans moi.

-Pas la peine de s'apitoyer, je vais très bien. Demain, nous irons jusqu'à notre destination. Ce n'est qu'à à peine un kilomètre d'ici.

-Tu as sans doute raison... On pourra rentrer tranquille après ça. On aura au moins quelque chose de plus qu'en partant.

-De quoi tu parles?

-Eh bien, je bafouille. Tu sais, nous deux, tout ça... Enfin, sauf si ce n'est pas ce que tu veux, bien sûr.

Il écarquille les yeux. Il semble surpris et attristé. Je n'aurais peut-être pas dû poser la question, après tout. Je savais bien qu'il n'était pas dans son état normal la fois où nous nous sommes embrassés. Qu'est-ce que je pouvais bien espérer? Je tourne la tête, j'aimerais qu'il oublie ce que je viens de dire. Les yeux perdus dans le vide, je sens ses mains chaudes sur mes joues. Il me force à le regarder et m'embrasse. Durement, passionnément. Je sens des gouttes sur mes lèvres tandis qu'il laisse glisser ses mains dans mon cou. Il pleure?

-Pardonne-moi... me supplie-t-il. S'il te plait, pardonne-moi.

Le pardonner de quoi, au juste? J'aimerais lui poser la question mais mes mots ne veulent pas franchir la barrière de mes lèvres. Parler, ce serait courir le risque de rompre le baiser, de ne plus sentir sa langue contre la mienne. Et j'en ai besoin, de ce baiser, de ce contact. J'ai besoin de ses mains qui courent sur ma peau.

Je tombe soudain allongé sur la pierre, Neji à cheval au dessus de moi, m'observant, confus. Il ouvre doucement le bouton qui tient ma cape fermée. Il se penche sur moi, m'embrasse le cou, les épaules, me mordille. Je lutte pour garder les yeux ouverts. Si je les ferme, je m'évanouirai à tous les coups.

-Je t'aime, je susurre.

Les mots se sont échappés malgré moi. Je ne sais pas ce qui m'a pris de dire ça. Bien sûr que je le pense, bien sûr que je l'aime mais le dire c'est une autre histoire. Il s'arrête brusquement. Je savais bien que ça ne lui plairait pas. Pourtant, il lève la tête et vient m'embrasser de nouveau, avec encore plus de passion et de désespoir qu'avant.

-Je t'en supplie, promet que tu me pardonneras, sanglote-t-il.

Je hoche la tête sans vraiment chercher à comprendre. Il m'embrasse de plus belle, je glisse mes mains sous sa veste. Je tremble de la tête aux pieds, c'est tellement étrange. Ses caresses se font de plus en plus insistantes et ça me fait un peu peur. Pourtant, c'est loin d'être ma première fois et je n'ai même pas la sensation qu'il veuille aller jusque là. Mais je sens que plus rien ne sera plus comme avant. Même en essayant de me rassurer, de me dire que ce n'est que le contrecoup de sa perte d'énergie, son comportement ne me dit rien qui vaille.

Compter les étoiles, les milliards d'étoiles. C'est tout ce que j'ai trouvé pour rester conscient. Je crois que, sans ça, j'aurais déjà oublié où je me trouve en ce moment. Je divague, j'ai l'impression de n'être qu'une étincelle faite de désir et de plaisir. La dernière parcelle de mon cerveau restée lucide me chuchote que je dois être sacrement atteint pour penser des choses pareilles. Les autres sont bien trop occupées à hurler pour me reprocher quoi que ce soit. Le vent est d'autant plus glacial que je semble m'enflammer à chacun de mes mouvements. Ça ne devrait pas être si intense. Le petit éclair de lucidité qui persiste me dit que c'est l'amour, c'est aussi simple que ça. Mais toutes ces filles, pas tant que ça en réalité, je les aimais aussi. Pas aussi fort sans doute.

Je cesse soudain de lutter et ferme les yeux. Plus d'étoiles, plus rien à quoi me raccrocher. Juste la sensation délicieuse de sa langue partout sur moi. Des millions de mots qui ne veulent rien dire me traversent l'esprit. Je peine à capter mes propres pensées. J'essaie de me demander pourquoi il fait ça. Est-ce qu'il m'aime? Pourquoi ça me paraît si étrange? J'ai comme un sentiment de fin du monde. Je n'arrive pas à comprendre tout ce que je ressens. Pourquoi suis-je si triste? Est-ce que je capterais les sentiments de Neji? Mais, dans ce cas, pourquoi serait-il si triste?

Je me réveille en sursaut. Les souvenirs se mélangent dans ma tête. Je rougis en repensant à ce qui vient de se passer. Je n'arrive toujours pas à y croire. Dire que, si on avait été à Konoha et que ça s'était su, la moitié de la gent féminine du village aurait juré de me faire la peau.

Je ramène la cape sur mes jambes, il fait vraiment froid. Je ne sais pas précisément quel jour on est. Peut-être le trois ou le quatre décembre. Neji n'est pas avec moi. Je ne le vois nulle part. Heureusement, j'aperçois une lueur à quelques mètres de là. Je m'en approche avec précaution et trouve Neji endormi près d'une lanterne, roulé en boule dans une couverture. Il se réveille quand je pose ma main sur son épaule. Sous son bras, je peux distinguer son journal à côté duquel est posé un crayon. Sans un mot, je m'assois à ses côtés. Il passe sa couverture autour de mes épaules et nous nous serrons l'un contre l'autre.

-Dans quelques heures, le soleil va se lever, nous pourrons y aller. Rien n'aura changé, tout sera comme avant.

Il a prononcé ces mots la gorge serrée. Que ne veut-il pas me dire? Je me doute bien que ma guérison ne s'est pas passée comme il me l'a dit. Même s'il doit avoir de très bonnes raisons de me le cacher, je n'aime pas ça. S'il est arrivé quelque chose, j'aimerais le savoir.

-Tu le sauras bien assez tôt. Et à ce moment-là, tu voudra ne jamais l'avoir su.

-Pourquoi ne pas me le dire maintenant ?

-J'en suis incapable, crois-moi.

Mais qu'est-ce qui peut être si grave qu'il ne puisse même pas me le dire? Je peux tout entendre. Il m'a dit lui même qu'il ne risquait pas de mourir et j'ai senti qu'il ne mentait pas à ce moment-là. Et si je ne le perds pas, alors je peux tout supporter. Il s'appuie un peu plus sur moi.

-Je t'aime, tu sais... C'est pour ça que je ne peux rien te dire. Même si, ce sera peut-être cruel ainsi, je ne peux vraiment pas te le dire.

Je crois que je comprends. Ou du moins, que je peux essayer de comprendre. Je connais bien Neji, cependant. S'il ne se sent même pas le courage de m'annoncer ce qui s'est passé, je ferais mieux de bien me préparer à ce qui va suivre.

-Ça fait bizarre de se dire que tout est fini, je fais. On va avoir du mal à retourner à nos vies de ninjas ordinaires. Enfin, ça ne compte pas pour toi, puisque tu es tout sauf ordinaire.

-Bien sûr que je suis ordinaire. On en avait déjà discuté, il me semble.

-Non, tu n'es pas ordinaire. Je ne t'aimerais pas autant si tu n'étais qu'un ninja parmi les autres.

Il rit doucement. S'en suit un très long silence. J'en profite pour contempler l'immensité noire devant nous. Dans quelques heures. Dans à peine quelques heures, nous aurons retrouvé nos vies. Nous serons ceux que nous étions avant. Comme si rien n'était arrivé. Non, nous aurons cette chose en plus. Nous serons tous les deux, un point, c'est tout.

-Kiba, je peux te dire merci? chuchote Neji alors que je le sens sur le point de s'endormir.

J'acquiesce d'un signe de tête. Il dépose un petit baiser sur ma joue et se blottit encore un peu plus contre moi. Je profite de sa chaleur alors qu'il tombe dans les bras de Morphée. Une fois endormi, il est tellement différent de celui qu'il est éveillé. Je ne l'ai pas vu souvent dormir mais à chaque fois que j'en ai eu l'occasion, je lui ai trouvé un côté angélique. Pas étonnant qu'il ait été choisi pour être l'héritier de l'Oiseau.

Je n'arrive pas à dormir malgré les épreuves que je viens de traverser. Les souvenirs de Neji me hantent, sans que je sache pourquoi. La mission durant laquelle nous étions venus près d'ici, durant laquelle nous avions presque perdu la vie me revient en mémoire. Je le vois, debout face à Kidomaru, nous demander de nous enfuir, nous promettre qu'il nous couvrirait. Si j'avais su à ce moment ce qui se passerai pour lui, je ne l'aurais sûrement pas laissé seul. Au diable Sasuké, qu'est-ce que j'ai pu le détester ce sombre crétin. Je l'ai haï pour avoir permis à ces types de faire du mal à Akamaru et maintenant je le hais encore plus pour avoir envoyé Neji à une mort presque certaine.

Je me souviens qu'après cette mission, je m'étais remis très vite. En même temps, je suis un Inuzuka, c'est normal. Lui n'avait pas vraiment eu cette chance. Bien que ses plaies se soient refermées très vite, on ne guérit pas si facilement de ce genre de choses. C'était d'ailleurs à quel point je m'inquiétais de son état, à cette époque. J'imagine que c'était sans doute le Lien qui commençait à faire surface.

Une éternité me semble être passée depuis que nous avons quitté le village. Pourtant, j'ai déjà effectué des missions de plus d'un mois et jamais je n'ai ressenti ça. Mais c'est peut-être le fait d'avoir à combattre ceux qui étaient nos compagnons qui me font penser ça. Comme si nous étions passés dans une autre dimension. Des déserteurs, comme si nous étions des déserteurs. Je me secoue la tête pour chasser cette idée. Puis, je couche Neji sur le sable froid pour m'allonger à ses côtés.

Quand je me réveille, c'est à peine l'aube. La lumière commence à éclairer l'étendue d'eau. J'aperçois l'île ou nous devons nous rendre au loin. Ça y est, on y est. Ce n'est plus qu'une question de minutes avant que nous partions. Neji est réveillé lui aussi et a déjà rangé la plupart de nos affaires dans les sacs. Il me tends un pantalon que j'enfile rapidement. Je reste tout de même pieds et torse nus mais ce n'est pas comme si ça me dérangeait. J'attrape un sac, le hisse sur mon épaule. Neji se dirige vers l'eau, y trempe ses pieds. Je vais le rejoindre après avoir ramassé son carnet rouge qu'il a laissé sur le sable. Je le lui rendrai plus tard.

-Prêt? me demande-t-il alors que j'arrive à sa hauteur.

-Oui, si on trouve un moyen de traverser. On ne va pas y aller à la nage.

Sans un mot, il prend une profonde inspiration et ses ailes surgissent de sous sa cape. Il enlève celle-ci et la pose sur son sac. Puis, il m'invite à grimper sur son dos. Je m'exécute maladroitement en prenant garde à ne pas l'empêcher de voler.

Quand je suis bien accroché, il s'élance. Nous filons au dessus de la mer à une allure folle. Le vent me décoiffe encore plus que je ne le suis déjà. Je ris tout seul, cette sensation n'est comparable à aucune autre. C'est juste la liberté dans son expression la plus pure. La paix, rien que la paix.

Nous posons le pied à terre bien trop rapidement à mon goût. Nous nous trouvons dans une clairière, au fond de laquelle se trouve une petite maison. Il semblerait bien que nous soyons arrivés à destination. Je ne peux pas m'empêcher d'être un peu déçu que ça se termine aussi vite. Mais plus vite nous aurons fait ça, plus vite nous pourrons rentrer. Je me demande si Shino et Tenten se souviendront de ce qui s'est passé. Nous nous avançons jusqu'à la porte de la maison.

-Tu crois qu'elle ressemble à quoi, Zenbari, au fait?je demande à Neji, perplexe.

-Eh bien, c'est la sœur jumelle de Yubari, donc elles doivent se ressembler. Pas bien grande et très âgée...

-En effet, je ne suis pas bien grande mais je vous interdit de penser que je suis une petite vieille ratatinée.

Nous nous retournons. A quelques centimètres de nous se trouve une jeune femme d'une trentaine d'années à peine. Elle a de longs cheveux bruns tressés qui tombent sur une de ses épaules et un regard très doux. Tout le contraire de Yubari, en somme. Il émane d'elle une aura de tendresse absolument incroyable. Je ne pensais pas que des jumeaux pouvaient être si différents. Elle nous sourit tendrement avant de s'incliner pour nous saluer.

-Vous devez être Kiba et Neji. Vos Chevaliers m'ont prévenue de votre visite. Je me présente, je suis suis Zenbari du clan Kurohakai. Enchantée de vous connaître.