Ah, déjà l'avant dernier chapitre... L'histoire se conclut, ça fait tout drôle de savoir que je n'aurais plus à poster tous les jeudis.
On arrive sur la fin et l'épilogue se dessine mes amis. Je sais bien que certaines personnes n'auraient pas souhaité que ça prenne cette tournure mais bon.
Trêve de belles paroles et bonne lecture à vous ^o^
Voilà un peu plus de deux heures que nous sommes arrivés sur l'île. L'intérieur de la maison de Zenbari est à l'image de sa propriétaire. Il se dégage des lieux une sorte de chaleur apaisante. Je crois que je n'ai plus vraiment envie de partir de si tôt. Bien sûr, je suis impatient de rentrer à Konoha mais cet endroit est si paisible que j'aimerais m'y reposer encore un peu. En parlant de se reposer, je jette un regard à Neji qui s'est endormi dans un coin. Je n'aurais jamais pensé qu'il puisse être si épuisé. A peine quelques instants après que nous soyons arrivés, il s'est écroulé, profondément endormi.
Zenbari, qui s'était éclipsée un instant, reparaît dans la pièce, une bouilloire et deux tasses entre les mains. Elle m'invite à m'assoir à la table entourée de petits tabourets. Tandis que je m'exécute, elle pose ce qu'elle tenait sur la table et se dirige vers Neji. Elle le recouvre un drap et lui caresse tendrement les cheveux avant de revenir vers moi.
« Vous en avez du chemin pour venir jusqu'ici, tous les deux... Je m'en veux de vous imposer tout ça mais c'est le seul endroit où nous pouvons être en paix. Enfin, j'imagine que je te dois des explications sur tout ce qui s'est passé.
Je profite qu'elle s'assoit pour la détailler. Elle n'est vraiment que délicatesse et douceur, comme si un simple coup de vent pouvait l'emporter. Après nous avoir versé une tasse de thé brûlant, elle commence son récit.
-Tout à commencé par toute cette histoire dont il me semble que tu as eu connaissance dans le journal de ton ancêtre. Mais il faut aussi que tu sache comment cela se passera quand tout sera terminé. Le jour de ta mort, il faudra que tu choisisses un de tes descendants, qu'il soit né ou non, d'ailleurs , pour prendre ta succession.
Un instant, qu'il soit né ou non? On ne peut choisir une personne qui n'est pas encore née, c'est impossible. Mais si je choisis quelqu'un qui ne naîtra pas, cela peut mettre fin à la malédiction, dans un sens.
-Si tu choisis une personne, alors tout sera fait pour qu'elle naisse. Ainsi, Shisui a choisi le deuxième enfant de sa nièce et Koyomi le premier enfant de son neveu. Aucun d'eux n'étaient nés à ce moment. Tu comprends ce que je veux dire?
Oui, qu'elle est sans doute en train de lire dans mes pensées. Ou alors que je suis on-ne-peut-plus prévisible. Mais bon, de toute façon, qu'est-ce qu'on en a à faire? Je ne suis pas décidé à mourir tout de suite. Je veux juste savoir comment rentrer chez moi. Comment en finir une bonne fois pour toute avec cette histoire qui n'a que trop duré.
-Mais ce n'est pas urgent, je ne pense pas que ni l'un ni l'autre d'entre vous passe de l'autre côté prochainement. Notre souci c'est de vous renvoyer à Konoha.
-Oui, c'est ce que nous sommes venus chercher.
Elle se lève et va fouiller dans un tiroir. Elle en ressort un petit sac de toile qu'elle pose devant moi avant de se rassoir.
-Tu sais ce que c'est?
Je déglutis. Son regard, le ton de sa voix ont changé, elle n'est plus la même personne. Sa chaleur s'évanouit peu à peu, je la sens extrêmement sérieuse. Elle ouvre le sac et en sort un parchemin ainsi que deux fioles vides et une bouteille dans laquelle stagne un liquide pourpre.
-Pour que vous puissiez rentrer, il faut d'abord que vous perdiez vos pouvoirs. Je suis la seule capable de vous les retirer. J'imagine que tu te rends compte de deux choses : la première, c'est qu'il s'agit d'une opération des plus désagréables qui soit ; la seconde, c'est que vous êtes les premiers qui arrivez jusqu'à chez moi.
Ça, ce n'est pas vraiment rassurant. Je fixe la bouteille pleine de liquide rouge. On dirait vraiment qu'elle contient du sang. J'éprouve une répulsion ignoble rien qu'en la regardant.
-C'est effrayant, n'est-ce pas? Tu es toujours décidé? Enfin, je devrais dire « vous êtes toujours décidés »?
-Bien évidement, fait une voix derrière moi.
Je me retourne. Neji nous fixe, se relevant avec difficulté. Il a vraiment l'air à bout de forces. Je me demande si c'est à cause de la procédure de guérison dont il m'a parlé hier soir. Si c'est le cas, c'est encore de ma faute s'il se retrouve dans cet état-là. En plus, il m'a porté jusqu'ici alors qu'il a déjà des difficultés à voler. Dire que c'est moi qui suis censé le protéger.
-Arrête un peu de penser autant de bêtises, me reproche-t-il alors qu'il se dirige vers nous. Quand pouvons-nous commencer?
-Aussi tôt que vous le désirez. Mais ce n'est pas très prudent vu ton état.
-Est-ce que je cours ne serait-ce que le moindre risque?
-Eh bien... Pas d'énorme risque à proprement parler mais...
-Dans ce cas, allons y !
-Comme tu voudras... Il faut que nous allions dehors, en tout premier lieu.
Pourquoi a-t-il l'air si pressé? Ce n'est pas si grave si nous perdons quelques minutes de plus. D'autant que nous sommes en sécurité ici.
-Si nous ne partons pas maintenant, je crois que je serai incapable de me décider à en finir avec tout ça, me fait-il en se dirigeant vers la porte. Le plus tôt sera le mieux.
Il se retourne, me fait face. Nous ne sommes plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Il pose sa main sur mon épaule et m'attire à lui pour m'embrasser doucement. Je suis un peu gêné qu'il ait fait ça devant Zenbari mais quelque chose d'autre attire mon attention. Neji semble triste, au bord des larmes. Je peux presque ressentir sa tristesse. Qu'est-ce qu'il me cache, à la fin?
-Ne t'en fais pas, me rassure-t-il. Tout rentrera dans l'ordre. Ce sera beaucoup mieux comme ça.
Il tourne les talons et sort. Zenbari et moi le suivons. Dehors, l'air est froid, d'autant plus que je ne suis pas vraiment habillé. Mais la clairière entourée par les arbres bloque un peu le vent et rend la température supportable.
-Bien, fait Zenbari. Installez-vous un peu plus loin, je prépare la procédure.
Nous nous regardons et Neji avance vers moi. Il m'entraîne vers le milieu de la clairière et se plante, parfaitement droit devant moi. Je l'imite et voit Zenbari sortir du sac qu'elle m'avait montré un peu plus tôt l'épais parchemin. Elle le déroule et le pose au sol avant de se mordre le doigt. Avec le sang qui s'écoule de la blessure, elle trace un signe sur son autre main et l'applique sur le parchemin. Un nuage de fumée apparaît et je vois une dizaine de lignes noires foncer vers nous. Je tente de reculer mais Neji attrape ma main pour me garder en place. Les lianes nous entourent les poignets et les chevilles, nous immobilisent tout le corps. Je ne sais pas en quelle matière elles sont faites mais ça n'a rien d'humain. Je ne suis même pas sûr que ce soit naturel. Je ferme les yeux et prie pour que ça se termine vite.
-Ouvre les yeux, Kiba, m'ordonne Zenbari, soudain très proche.
Contre mon gré, j'ouvre les paupières. En face de moi, Neji n'a pas l'air beaucoup plus rassuré. Mon regard s'attarde sur ses poignets. Un liquide noir s'écoule sur ses mains et Zenbari le recueille dans une des fioles. Horrifié, je constate que les lianes pénètrent sous sa peau et font sortir le liquide noirâtre de son corps. Il tremble, halète, je sens à quel point sa douleur est atroce. J'aurais envie de l'aider mais au moindre mouvement que je tente de faire, les liens se resserrent et tentent d'entrer sous ma peau.
-Ne bouge pas, fait Zenbari en s'approchant, une fiole à la main. Tu risques de te faire plus mal que nécessaire.
Je vois Neji s'écrouler alors que les liens le quittent. Il a deux trous béants aux poignets et semble avoir du mal à rester conscient. Mais je n'ai pas le temps de me soucier de lui. Une violente douleur me saisit et je sens quelque chose de visqueux me couler entre les doigts. Je n'arrive plus à voir ce qui se passe autour de moi. Je n'entends plus que la voix de Zenbari, à nouveau chaleureuse et rassurante.
-Allez, m'encourage-t-elle, c'est bientôt terminé.
La sensation de liens qui s'agitent à l'intérieur de mes bras est la chose la plus immonde qu'il m'ait été donné de ressentir. Mes forces me quittent, je vais m'endormir si je n'y prends pas garde. Pour tenir encore un peu, je fixe mon regard dans celui de Neji qui s'efforce de me sourire doucement. Ma respiration se ralentit, j'étouffe peu à peu. Je tente de me rassurer. Bientôt fini, ce sera bientôt fini. Je voudrais hurler mais aucun son ne s'échappe de ma bouche. Finalement, je sens l'étreinte se relâcher et je tombe moi aussi à terre, mes jambes ne me portent plus. Neji me sourit toujours, il me semble qu'il me chuchote quelque chose.
-C'est terminé, vous avez été courageux, nous félicite Zenbari en rangeant les fioles qu'elle a rempli.
Elle se met à genoux près de Neji et débouche la bouteille. Elle verse une bonne quantité de liquide sur son poignet et il se met à hurler. Des larmes roulent sur ses joues, il va perdre la raison si elle continue. Pourtant, quand tout le liquide rouge s'est évaporé, il ne reste plus aucune cicatrice sur son poignet. Brusquement, Zenbari agrippe la main de Neji et le force à lui montrer sa paume. Je ne vois pas bien de là où je suis mais il semble qu'elle présente une grande trace noire.
-Qu'as-tu fait? lui demande-t-elle.
Il ne répond pas, se contente de détourner le regard. Celui de Zenbari se fait sévère, comme celui d'une mère énervée et déçue que son enfant ait fait une bêtise.
-Qu'as-tu fait? répète-t-elle.
-Rien... Rien du tout.
-Tu n'as rien accepté de Yubari, n'est-ce pas?
-Rien... rien...
-Ce n'est pas possible... Comment a-t-elle pu?
Comment a-t-elle pu quoi? Si c'est cette sorcière qui est responsable de l'état dans lequel se trouve Neji en ce moment même, je suis prêt à écumer toute la planète pour le lui faire payer.
-C'est bon... je sais ce que je fais.
Mon regard se reporte sur Neji. Qu'a-t-il fait? J'ai l'impression qu'on me cache tout dans cette histoire. Finalement, je ne sers pas à grand chose. Est-ce trop demandé qu'on m'en dise un peu plus, pour une fois?
Je sens que Zenbari attrape ma main et verse un peu du liquide rouge sur ma blessure. La brûlure est vive mais pas suffisamment pour couvrir mes doutes et ma colère.
-Allons, calme-toi, Kiba. On ne peut tout maîtriser des évènements, c'est comme ça. Tu veux bien prendre la main de Neji? Je vais vous ramener chez vous.
-Mais... nous sommes pourchassés, je proteste.
-Ne t'en fais pas pour ça. Personne au village ne se doutera plus de ce qui s'est passé. Vous êtes officiellement partis en mission pour quelques jours et personne, à part vous, ne se souviendra que vous étiez concernés par la malédiction. Pas même vos chevaliers.
J'adresse un sourire à Zenbari et attrape la main de Neji. Il lutte pour garder les yeux ouverts et les plonge parfois dans les miens. Une larme coule le long de son nez, il me regarde avec une tristesse immense.
J'ai tout juste le temps de voir Zenbari joindre ses mains que le monde s'écroule autour de nous.
Nous sommes dans un endroit blanc. Il n'y a aucun son, aucune autre présence que la notre. C'est un havre de paix. Tout a disparu. Est-ce que nous sommes morts? De toute façon, qu'est-ce que ça peut bien changer. Nous flottons tranquillement, comme si nous chutions dans un puits sans fond. Comme si nous allions chuter pour l'éternité.
-A ton avis, où sommes nous? me demande Neji.
-On s'en fiche, non?
-Oui, c'est vrai, on s'en fiche.
A nouveau, la sensation de tristesse m'étreint. Qu'est-ce que tu as, Neji? S'il te plait, dis-moi ce que tu as? M'aimes-tu suffisamment pour me dire ce que tu as?
-Ne t'en fais pas, ce n'est rien...
Il peut toujours lire dans mes pensées alors que nous avons perdu nos pouvoirs? Qu'est-ce que ça signifie?
-Je ne lis plus dans ta tête... Mais tu es tellement prévisible.
Il rit un peu puis me regarde à nouveau. Il semble regretter quelque chose. Saurais-je un jour ce qu'il regrette tant?
-Kiba, quand nous serons rentrés... commence-t-il.
-Oui?
-Quand nous serons rentrés, promets-moi que tu me pardonneras d'avoir fait tant d'erreurs. J'espère au moins que tu me pardonneras celle-ci.
-Mais bien sûr ! Tu as risqué ta vie pour moi. Est-ce que tu crois qu'il y a quelque chose que je ne pourrait pas te pardonner? On va revenir à Konoha, on sera ensemble et ça ne changera pas, d'accord? S'il y a bien quelque chose qui ne changera pas, c'est bien ça.
Tout d'un coup, toutes les larmes qu'il semblait retenir jusque là s'échappent et il fond en larmes devant moi. J'essaie de l'attirer à moi mais il s'écarte.
-Tu pourras me détester si tu veux, Kiba...
-Mais te détester de quoi? Explique-moi, à la fin !
-Tu pourras me détester d'avoir rendu tout ça impossible, Kiba. Tu me haïras, je sais que tu me haïras d'avoir été aussi stupide. Mais promets-moi de comprendre que si j'ai fait toutes ces erreurs, c'était pour toi.
Je comprends de moins en moins ce qu'il essaie de me dire. Est-ce qu'il va mourir? Est-ce que nous allons au moins arriver jusqu'au village? Je n'ai pas le temps de lui demander plus de détails. Des formes se dessinent autour de nous, il me semble reconnaître les alentours du village. Oui, nous y sommes. Je reconnais les arbres, les chemins. Nous tombons au dessus de la forêt. Au loin, je vois le village s'approcher de nous de plus en plus vite. Nous serons bientôt chez nous. Et plus rien ne changera tant que nous serons ensemble, je me prends à le souhaiter. Tant que je le pourrais, je garderai Neji près de moi. C'est tout ce que je souhaite. Je le sens s'approcher de moi et serrer ma main de plus en plus fort.
-Si tu savais comme j'ai redouté ce moment. Comme j'ai souhaité qu'il n'arrive jamais.
Qu'est-ce qu'il raconte? Nous en avons fini avec les problèmes et nous sommes revenus tellement chargés de nouvelles choses. Nous avons peut-être perdu nos pouvoirs mais notre lien est resté. Je sens si fort que le lien est resté. Pourtant, il n'a pas l'air de vouloir que tout finisse. J'ai tout à coup peur de ce qui pourrait arriver.
-C'est le moment de se dire adieu, je crois. Si tu savais comme je regrette de ne pas pouvoir rester avec toi plus longtemps.
Adieu? Nous ne nous dirons jamais adieu, enfin. Je ne comprends plus rien. Mais il est trop tard pour poser des questions. Les contours du paysage se font de plus en plus nets, nous arrivons. Un grand éclair blanc nous sépare et m'aveugle. La dernière chose que je vois est la main de Neji, tendue vers moi, s'éloignant de plus en plus.
J'atterris brusquement sur le sol pavé. Je regarde autour de moi, Neji est allongé un peu plus loin, nous sommes devant les portes du village. Heureusement, il n'y a personne, l'endroit est totalement désert. Je me dirige vers Neji, il semble endormi. Je lui secoue un peu l'épaule et il se réveille en sursaut. Il paraît totalement désorienté mais je suis heureux de savoir qu'il est là. Finalement, il n'avait aucune raison de vouloir me dire adieu. Peut-être qu'il avait simplement peur de ne pas revenir. Oui, c'est ça, il avait juste peur.
-Comment on est arrivés là, Inuzuka?
Je recule, un peu surpris.
-Depuis quand tu m'appelle Inuzuka? Avec tout ce qui vient de se passer.
-Qu'est-ce qui vient de se passer? répond-il sèchement.
-Mais enfin, tu sais bien, notre voyage, la malédiction, (j'hésite un instant)tout ce qui s'est passé entre nous aussi...
Il me dévisage, comme si je venais de sortir un tas d'énormités. Il tente de se relever, je le retiens.
-Qu'est-ce que tu veux? réplique-t-il, sèchement. Laisse-moi ! Ou alors explique-moi ce qui vient de se passer ! On était bien en mission, n'est-ce pas?
Je le lâche et le laisse partir. Je viens de comprendre. Ce qu'il m'a caché, ce pourquoi je dois le détester. Tu me détesteras, m'a-t-il dit. Mais maintenant, j'ai compris. Il ne mourra pas. Du moins pas aujourd'hui. Blanc, tout est blanc dans ma tête, blanc comme lui. Plus rien ne reste, tout est effacé. Je suis et je serai pour toujours le seul à me souvenir de ces jours.
Je reste encore quelques secondes immobile, le vent s'engouffre sous ma cape. Je ne peux pas y croire, je ne veux pas y croire. Tout perdu, tout est perdu. Plus rien ne sera pareil. Je comprends, je m'en veux de ne pas avoir compris plus tôt. J'aurais pu éviter ça, j'aurais pu le faire, je le sais.
Je devrais pleurer. Ce serait une réaction normale. Pourtant, je me relève. Quand je suis debout, un petit carnet tombe à mes pieds. Le journal de Neji. Oserais-je?
De toute façon, je ne suis plus à une erreur près. Mais il écrivait dans ce carnet le dernier jour. Alors il y a surement quelque chose qui pourrait m'aider à comprendre à l'intérieur. Lentement mais sûrement, je me dirige vers les portes du village.
Avant toute chose, je dois trouver un endroit calme. Je sais exactement où aller. Un endroit accueillant, où nuls autres que nous pouvons nous rendre. J'en possède encore la clé accrochée à mon poignet.
Bon, pour les éloges ou les coups de balais, c'est toujours au même endroit.
Et à jeudi prochain pour le grand final.
