Voilà un nouveau chapitre, qui vous plaira j'espère !

J'ai mis du temps à le publier car la motivation n'est pas là, j'ai peu de review ce qui me pousse pas à me dépêcher...

Vera Benett : et bien comme tu vas le voir avec ce chapitre il devient professeur ! Il sera un bon prof à sa manière ^^' j'espère avoir ton avis, et désolé d'avoir tardé..

Allé je vous laisse à votre lecture !

_-*Bella*-_

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CHAPITRE 6 : Le songe de la forêt

Hermione sentit le sommeil la fuir avec violence. Elle avait une sorte de pique qui semblait plantée dans son dos. Elle se souleva avec lenteur et poussa un gémissement. Sa tête lui faisait un mal de chien. Elle regarda son lit pour voir que cette douleur dans son dos qui l'avait réveillée venait de sa baguette. La jeune fille se rendit compte qu'elle avait dormi habillée et sans se glisser dans ses draps. Elle se souleva avec maladresse et enleva ses chaussures. Elle eut un sourire d'étonnement en voyant sa jupe désormais verte. Hermione avait du mal à se souvenir comment une telle chose avait pu se produire. Elle tenta de se souvenir de la soirée mais la fin était très flou... À partir du dessert elle avait le cerveau embrumé.
Hermione décida qu'une douche lui remettrait les idées en place. Elle regarda l'heure et ne put s'empêcher de faire les gros yeux, il était une heure de l'après-midi... Depuis des années, elle ne s'était pas levée aussi tard. Elle attrapa dans son armoire un jean noir et un haut rouge. Il était légèrement décolleté et s'élargissait sous la poitrine en quelques voiles un peu transparents. Elle l'aimait beaucoup. Elle prit une douche en tentant de mettre de côté ses maux de tête et essaya de réfléchir mais rien ne lui revenait à l'esprit...
La jeune fille coiffa ses cheveux en une couette haute, mit un peu de fard à joue pour lui redonner des couleurs, car elle était d'une pâleur effrayante, et descendit dans la cuisine.

- Ah ! Hermione te voilà de retour, dit Harry dès qu'elle eut mis un pied dans la cuisine.

Elle l'aperçut assis sur une chaise, un copieux déjeuné en face. Ginny s'affairait près de la cuisinière d'où s'élevait une odeur d'œuf. Elle se rendit compte qu'elle avait très faim. Harry lui tendit un verre rempli d'une boisson orange avec un sourire amusé.

- Tiens ! Bois ça !
- Euh ! C'est quoi ? demanda la jeune fille perplexe en fixant la mixture avec méfiance.
- Une potion anti-gueule de bois, répondit Ginny en pouffant de rire.

Hermione se sentit rougir. Sans rien ajouter, elle but le liquide en quelques gorgées. Elle fit une grimace face au goût amer mais fut rapidement reconnaissante quand elle sentit le mal de tête disparaître ainsi que son nœud à l'estomac. Elle s'assit en face de son ami après avoir pris une assiette et des couverts dans le buffet. Ginny s'empressa de lui donner des œufs et du bacon ainsi qu'un immense verre de jus d'orange.

- Harry pourrais-tu me rappeler la fin de la soirée ? demanda-t-elle en rougissant de plus belle.
- Tu en es certaine ?
- Oui je me souviens vaguement de la jupe verte et ensuite de... Attends rassure-moi!
- Oui, demanda Harry en se retenant de rire.
- Dis-moi qu'il n'y avait pas ce crétin de Malefoy...

Mais à la tête de son ami elle comprit. Il échangea un regard amusé à Ginny et acquiesça de la tête.

- Alors toujours enclin à savoir Hermione ? demanda Ginny en s'asseyant à côté de Harry.
- Je le crains... Si je le revois un jour, il faut que je sache ce que j'ai pu dire..., soupira Hermione.
- Et bien tout d'abord il t'a vue avec ta jupe. Prépare-toi donc à des remarques de sa part... Et tu n'arrêtais pas de rigoler, même pour ses « blagues »... dit Harry en esquissant une grimace.
- Et de quel genre de blagues ?
- Ça concernait un certain rouquin... expliqua Harry en jetant par-dessus l'épaule d'Hermione un regard inquiet.
- Sur Ron ? demanda Hermione.
- Il l'a appelé Roi Ouistiti, et tu as eu un fou rire mémorable, finit par dire Harry.

Hermione rigola de nouveau. Ce surnom la faisait ricaner, pourquoi, elle l'ignorait. Mais elle s'arrêta quand elle vit Harry faire des gros yeux en fixant la porte derrière elle. Hermione se retourna vers un Ron aux oreilles rouges écarlates et le regard furieux. Elle sentit son estomac se nouer. Elle le regarda d'un air hautain et se retourna vers Harry.

- Continue Harry ! dit la jeune femme avec fierté sans accorder un regard au rouquin qui s'asseyait à ses côtés.
- Et bien après tu t'es moquée de Malefoy sur le fait qu'il manquait d'originalité te concernant, expliqua Harry le regard inquiet.
- C'est-à-dire ? demanda Hermione perplexe.
- Eh bien que les surnoms qu'il te donnait n'étaient pas très originaux et qu'il avait plus d'imagination concernant d'autres... d'autres personnes, finit par dire Harry après un moment d'hésitation.
- D'autres personnes ? l'interrogea Hermione amusée.
- Ensuite, enchaîna Harry sans prêter attention à sa question. J'ai fait allusion au surnom qu'on lui donne. Et là-dessus tu t'es ouvertement moquée de lui. Tu l'as traité de fouine bondissante et lui a rappelé de mauvais souvenirs... Il était furieux! On a continué à discuter après qu'il est parti au...
- Harry, le coupa Hermione avec un air sévère, tu n'as pas répondu à ma question...
- Quelle question Hermione ?
- Quelles personnes ? Désolé mais tu sais que j'aime que ce soit clair !

Hermione connaissait déjà la réponse mais souhaitait se venger vis-à-vis de Ron. Elle lui en voulait encore de son attitude d'hier. De plus, lorsque Harry avait raconté la soirée, elle avait eu des flashs et ses souvenirs avaient émergé de son esprit embrumé. Elle se souvenait de tout à présent. Mais ils ne le savaient pas, pensa Hermione. Elle allait un peu s'amuser.
Ginny poussa un soupir de dépit et répondit avec fermeté à la jeune fille en jetant des regards furtifs à Ron.

- De Ron bien sûr !
- Pardon ? demanda l'intéressé.
- C'est vrai qu'il est plus imaginatif à son encontre, répondit Hermione en riant.
- Quels surnoms ? questionna Ron la voix tremblante.

Hermione but quelques gorgées du jus de fruit et répondit avec ironie au jeune homme en se tournant vers lui.

- Le surnom Roi Ouistiti est très amusant et je le trouve plutôt original. Bon après il y a Weasmoche mais j'adhère moins... Vis-à-vis du reste de ta famille. Je pense que tu vois ce que je veux dire Ronald, ajouta-t-elle en lui faisant un clin d'œil.

La réaction fut immédiate. Il se leva d'un coup et commença à ouvrir la bouche pour répliquer mais avant qu'il n'ait pu faire le moindre son, on entendit un « pop » venant de nulle part. Hermione pouffa de rire quand ce dernier se rendit compte qu'aucune parole ne sortait de sa bouche. Sous l'incompréhension de ses amis, la jeune fille se leva en rigolant tandis que le rouquin gesticulait et devenait de plus en plus rouge en tentant vainement de se faire entendre.
Hermione commença à sortir de la pièce le visage radieux et se retourna vers Ron au dernier moment.

- Voilà un des effets du sortilège d'hier Roi Ouistiti, dit-elle narquoisement. Je te laisse le soin de retrouver la parole Ronald !

Hermione fila dans sa chambre sous les regards ahuris de ses amis. Elle était ravie de son coup. Mais ce n'était pas la totalité du sort. Ce n'était que le début et, à côté du reste, ce n'était rien. Elle attrapa un livre de sa bibliothèque qui traitait de la métamorphose et se jeta sur son lit en riant.
Elle avait connu ce sort par une connaissance qu'elle s'était faite en Russie, lorsqu'elle était allée en Sibérie pour rencontrer des chamans. Cet homme était un intermédiaire, il l'avait aidée à s'intégrer à cette communauté. Il lui avait enseigné ce sortilège un soir. Il lui avait bien précisé qu'il fallait vraiment en vouloir à quelqu'un pour qu'il fonctionne.
Elle se plongea dans son livre avec ferveur pour se vider l'esprit. Plus de deux heures s'écoulèrent ainsi et elle mit du temps avant de se rendre compte des coups donnés à sa porte. Elle cria un « entrez » grincheux, elle était énervée qu'on l'ait dérangée dans sa lecture.
Ginny entra avec un beau sourire et un hibou sur l'épaule. Hermione le reconnut : c'était celui de McGonagall. Elle tendit le bras et l'oiseau s'y envola avec délicatesse. Elle attrapa le courrier et le jeta sur son lit puis se retourna vers son amie.

- Merci Ginny.
- De rien. Mais il faut qu'on parle Hermione, rajouta la jeune fille la mine décidée.
- Mmh ! À quel propos ? questionna la jeune fille en s'asseyant sur le bord de son lit et en faisant signe à son amie de faire pareil.
- De Ron bien sûr...
- Si tu veux Ginny mais je ne vois pas ce qu'il y a à rajouter...
- Quel est ce sortilège ? demanda la jeune fille.
- Je n'irai pas dans les détails pour qu'il y ait un minimum de surprise, dit Hermione avec lenteur.
- Bien, répondit Ginny en hochant le tête.
- Et bien, c'est un ami qui me l'a enseigné. Il s'appelle Cergeï Vladimoskov, et il m'a permis de m'intégrer à des chamans en Sibérie. Il m'a appris certains sortilèges dit « chamaniques ». L'un d'eux consiste à viser ses ennemis. Mais ces sortilèges sont assez spéciaux, ils ne fonctionnent qu'à certaines conditions, et s'ils marchent, ils sont très puissants.
- Quelles sont ces conditions ? demanda Ginny inquiète.
- Et bien il faut avoir de bonnes raisons pour s'en servir... Éprouver certains sentiments par exemple. Dans le cas du sortilège que j'ai lancé hier à Ron, il faut vraiment en vouloir à une personne, mais en étant persuadé que l'on a raison et que son ennemi est dans le tort.
- D'accord, assimila Ginny après un moment de réflexion. Et il y a un remède au moins ?
- Oui, répondit Hermione avec un sourire. Mais je ne l'annulerai pas, sachant que c'est seulement celui qui le lance qui peut l'arrêter.
- Il a retrouvé la parole juste avant de partir pour son match... Il t'en veut Hermione ! acheva Ginny dans un souffle.
- Moi aussi Ginny. Je suis toujours furieuse de ce qui s'est passé entre nous ces dernières années et son comportement hier a été la goutte d'eau.
- Attend Hermione avoue que toi aussi tu es dans le tort...
- Je ne le nie pas mais je pense qu'il m'a fait beaucoup plus souffrir que moi, répliqua Hermione sèchement.

Ginny se leva avec lenteur et acquiesça. Hermione avait raison et elle le savait. Donc elle n'insista pas et sortit de la chambre sans rien ajouter. Avant de sortir, Hermione lui précisa qu'elle ferait le repas de ce soir.
La jeune fille se retourna vers le parchemin posé sur le lit et l'ouvrit. Il était énorme et recouvert d'une fine écriture. Elle commença à lire les cours de McGonagall avec lenteur, prenant des notes de temps en temps et jetant un regard dans ses livres personnels. Elle changea certaines choses. Elle améliorait certains sorts et en supprimait certains afin de les remplacer. Elle travailla jusqu'au soir sans arrêt. À un moment, Harry était venu la voir et elle l'avait envoyé promener prétextent un énorme travail. Il connaissait son amie donc il n'avait pas insisté.
Elle se leva après avoir fini les cours de deuxième année et descendit dans la cuisine.
Ginny était dans le salon avec Harry. Ils jouaient aux échecs. Elle fit une moue en voyant le jeu, c'était l'une des rares choses où elle n'était vraiment pas bonne. Elle leurs demanda ce qu'il aimerait manger, et partit dans la cuisine préparer le repas. Ron était reparti à son plus grand plaisir.
Elle fit des pâtes à la carbonata, elle avait appris cette recette lors d'un court séjour en Italie. Elle mit la table et finit de couper les fruits au sirop qu'elle avait préparés. Hermione appela ses amis avec autorité. Ils mangèrent autour d'une discussion animée sur le derniers scoops qui étaient apparus dans la gazette : « L'ignorance du ministère face aux nouveaux enseignants désignés à Poudlard ». Ils en parlèrent un long moment. Ils discutèrent du travail de Harry et de sa recherche à plein temps des Mangemort rescapés. Certains de ses collègues cherchaient des preuves irréfutables pour condamner certains sorciers, et Harry apprit à Hermione que la famille Malefoy en faisait partie, et ce malgré le fait que lui et Hermione aient témoignés en leur faveur. Ils avaient aussi apporté des preuves pour son innocence dans la mort de Dumbledore, ils avaient aussi raconté son attitude lorsqu'ils avaient été emprisonnés à son manoir...
La semaine pour la jeune fille se passa ainsi, avec calme et sérénité. Elle travaillait d'arrache pieds pour préparer ses cours, elle y passait ses journées. Harry l'aidait parfois, car il pratiquait des sortilèges qu'elle ignorait grâce à sa formation d'Auror, notamment ceux dus aux métamorphages physiques. Il lui apprit comment changer de coiffure à volonté ou transformer ses habits en un coup de baguette. Elle avait encore beaucoup de mal à pratiquer ces sortilèges complexes malgré son entraînement acharné. Mais elle les travaillerait jusqu'à ce qu'elle y arrive.
Ginny tenta à plusieurs reprises de parler de Ron, mais la jeune fille se fermait automatiquement quand Ginny prononçait le nom du jeune rouquin. Ils allèrent manger un ville un soir et Neville se joignit à eux. Elle était ravie de le revoir. Il lui apprit que le professeur Chourave l'avait nommé apprenti auprès d'elle. Hermione fut ravie d'apprendre qu'il passerait cette année à Poudlard.

- Elle m'a convoqué il y a une semaine, avec McGonagall, lui raconta-t-il, et quelle surprise ! J'en revenais pas pour tout te dire... Chourave m'a raconté qu'elle avait lu les comptes-rendus de mes recherches en botanique avec attention et qu'elle avait pris la décision de m'enseigner elle même la botanique à un niveau très élevé. Elle part à la retraite dans deux ans et elle souhaite que je prenne sa succession. Et même McGonagall est d'accord !
- C'est formidable Neville, cria Hermione en lui sautant au coup pour le féliciter.
- Oui mes félicitations, continua Harry en lui serrant la mains un sourire ravis aux lèvres.
- J'aurai mes propres appartements en plus, et je serai rémunéré. Ma grand-mère m'a dit qu'elle était fière de moi et que je marchais sur les traces de mon père, dit Neville en relevant le menton avec une certaine satisfaction.

Hermione était désormais plus sereine face à cette rentrée. Elle ne serait pas seule, elle aurait un ami auprès d'elle. Enfin, arriva la veille de son emménagement à Poudlard. Elle se leva de bonne heure pour préparer ses bagages. Harry lui donna un coup de main, et l'aida à trier ses affaires. Ils y passèrent une bonne partie de la journée. La jeune femme profita ensuite de ses deux amis. Ils jouèrent aux cartes explosives avec bonne humeur. Elle leurs apprit à jouer au tarot. Ginny fut très étonnée en voyant les cartes figées mais elle adora ce jeu. Hermione qui n'avait jamais beaucoup de chance était plutôt spectatrice. Harry prenait souvent le chien et se débrouillait de mieux en mieux. Ils commandèrent des pizzas à des Moldus malgré la réticence de Ginny au départ.

- Commander à manger aux Moldus, dit-elle soupçonneuse. Je sais pas si c'est une bonne idée...
- Ah non Ginny ! murmura Hermione. Tu vas pas être comme ton frère. À chaque fois que je lui parlais de quelque chose de moldu, il faisait les yeux ronds !
- Mais...
- Il n'y a pas de « mais » Ginny, la coupa Hermione l'air sévère.

Harry pouffa de rire en voyant la tête déconfite de sa compagne. Mais elle finit par acquiescer d'une moue boudeuse et rendit les armes. Une fois les pizzas arrivées, elle sembla ravie, bien qu'elle ne fasse aucune commentaire.
À la fin du repas ils continuèrent à jouer au tarot. Ils ne virent pas le temps passer et, quand Hermione remarqua l'heure tardive, elle faillit s'étouffer.

- Par Merlin ! s'exclama-t-elle catastrophée. Il est une heure du matin ! Je me lève dans sept heures ! Oh ! Non ! Je vais être épuisée...
- Hermione, tenta de calmer Harry d'une voix douce. Du calme. Au pire tu arriveras un peu plus tard, Minerva ne t'en tiendra pas rigueur.
- Bien sûr que si ! Je ne dois pas être en retard, et ce, sous aucun prétexte, continua Hermione en se levant, laissant retomber ses cartes sur la table. Je vais de ce pas me coucher.
- Hermione... dit Ginny amusée.
- En plus avec tous les bagages que j'ai... Je vais devoir faire au moins deux voyages, murmura Hermione pour elle même.
- Je viens si tu veux Hermione, proposa Harry tout sourire.

Elle se tourna vers lui et le dévisagea, soudain soupçonneuse. Elle trouvait étrange qu'il viennent avec elle... Il allait perdre une matinée de travail.

- Hermione, le chef ne dira rien, lui expliqua-t-il devinant ses pensées. J'ai de nombreuses heures en avance. Alors t'inquiète.
- Mmh ! Je ne sais pas Harry le travail passe avant tout et...
- Arrête Hermione, la coupa-t-il. Si s'était dérangeant, je ne t'aurais rien proposé.

Elle finit par accepter, mais avec une certaine réticence. La jeune fille lui fit la morale, il n'avait pas intérêt à la mettre en retard. Ginny lui souhaita bonne nuit et lui promit de se lever le lendemain pour lui dire au revoir. Ils finirent par aller se coucher chacun de leur côté.
Hermione enfila sa nuisette et se coucha dans son lit. Elle lut un petit quart d'heure afin de trouver le sommeil. Elle finit par tomber dans les bras de Morphée malgré l'excitation qu'elle ressentait vis-à-vis de la journée de demain.

Un hurlement perçant arrive à ses oreilles. Il accélère sa course. Ses enjambées se font plus grandes. Les branches lui fouettent le visage. Il esquive les arbres. Il évite les embûches sur le sol. Les foulées de son ennemi sont de plus en plus proches. La peur le saisit. Son estomac se noue. Il tient sa baguette avec encore plus de force. Ses lunettes sont à deux doigts de tomber de son nez. Mais il continue. La mort à ses trousses est à deux doigts de le paralyser. Il vide son esprit pour continuer. Puis plus rien, le silence.
Il se stoppe, se retourne, lève sa baguette et attend. Il le voit. Ses yeux rouges le fixent intensément. Son haleine putride lui soulève le cœur. Il lève sa baguette pour lancer un sort.
Il heurte le sol. Une douleur lui enlace la tête. Il hurle de rage. Un autre était là. Il ne l'avait pas vu.
Celui-ci a le pelage blanc, trop blanc. Ses yeux sont doux. Il sait qu'il n'a pas à avoir peur de cette bête. L'animal lui lèche le visage de sa langue râpeuse. Sa respiration se stoppe. Il a peur. Sa baguette est trop loin. Tout à coup un grognement se mêle au souffle roque de la bête qui le regarde fixement. Elle s'écarte de lui et se jette sur son compère. Ce dernier a un pelage brun. Du sang brille sur son pelage, la lune éclaire la scène. Il sent un mouvement derrière lui.
Il se retourne. Trop tard. Une autre bête hideuse se dirige droit vers lui. Son regard laisse percevoir sa faim. Il tente de se précipiter vers sa baguette. Il sait que c'est trop tard pour lui. Il ferme les yeux, se prépare à la morsure. Mais rien ne vient. Il ouvre les yeux. Un corps vient d'intercepter la bête. Une voix grave lui ordonne de partir. Il attrape sa baguette et continue sa course folle laissant son sauveur se battre avec le monstre. Au fond de lui, il sait que l'homme gagnera. Comment sait-il cela ?
Il continue. Il court, encore et encore. Son corps est à bout mais il continue. Les minutes passent, longues et douloureuses. Sa tête lui fait mal, ses jambes sont à deux doigts de céder. Les arbres sont moins rapprochés. Il arrive enfin.
Une clairière. Une immense clairière. Des gens sont déjà là. Il a peur.
Son corps se rapproche des silhouette. Une voix glaciale perce le silence.

« Il ne manquait que toi Harry ! »
« Non ! Pars ! »

Cette voix. Sa voix. Elle est percée de sanglot. Il sait à qui elle appartient. À elle.
Elle est allongée sur le sol, dans un enchevêtrement de tissus déchirés. Il veut aller l'aider, mais sa baguette s'envole, ses jambes sont soulevées du sol. Il ne peut plus bouger.
Il se retrouve près de la dernière personnes présentes. Il l'effleure. Un regard croise le sien. Une résignation dans ce regard le fige. Il veut parler, dire quelque chose, mais son ami lui dit non d'un hochement de la tête. Ses cheveux roux sont recouverts de branches. Sa joue possède une profonde entaille. Son torse est dénudé. Lui aussi est recouvert de blessures sanglantes.
Leur ravisseur rit. Harry se retourne vers lui. Il ne voit rien. Le corps est recouvert d'une longue cape noir. Son visage est caché par l'obscurité d'une capuche.

« Qui es-tu ? » demande Harry.
« Dis-moi où il est ? »
« Qui ? »

L'homme en noir explose d'un rire fou. Il lève sa baguette et jette un doloris sur la femme au sol. Elle hurle. Hurle encore et encore. Harry tente de vaincre ses chaînes invisibles. Son amie. Son amie de toujours. Il sent les larmes couler face à cette détresse.
Un grognement interrompt l'homme. Il se retourne. En face de lui se tient la bête blanche. Elle le fixe. Deux silhouette apparaissent à ses côtés. Leurs posture est animal, puissante.
Une est une femme et l'autre un homme. Mais ils sont trop loin pour pouvoir bien les voir.
Leur ravisseur rit. Encore et encore. La femme sanglote. Son corps est parcouru de frissons incontrôlables.
L'homme aboie des ordres incompréhensibles. Alors d'autres bêtes aux yeux rouges apparaissent. Elles approchent de l'homme et la femme. Le monstre blanc pousse un horrible hurlement. D'autres corps arrivent de toute part. Sautant des arbres. De véritables traînées éphémères scintillant à la lueur de la lune. Une bataille explose.
L'homme noir fait une bulle autour d'eux et se tourne vers lui. Harry le regarde. Il veut parler mais rien.

« Où est la tombe Harry ? » demande-t-il.
« Je ne sais pas », tranche-t-il.

De nouveau sa baguette se lève vers la femme sur le sol. Harry sent son cœur s'arrêter de battre.
La femme se relève et regarde l'homme. Elle ne dit plus rien. Ses cheveux tombent autour de ses épaules de façon désordonnée. Elle murmure des paroles incompréhensibles.
L'homme ouvre la bouche et commence à hurler.

« Avada Ke... »
« Noooon ! »

Un hurlement. Une nouvelle silhouette apparaît. Elle se jette devant la femme. Une chevelure blonde. Un corps d'homme. Un cri étouffé de la femme.

« Je vous en prie ! Ne lui faites rien ! » murmure l'homme à la chevelure blonde.
« Toi ! Traître ! »

Le blond se retrouve propulsé au sol subissant une vague de douleurs. Il n'hurle même pas. Aucun son, rien. Juste ce corps parcouru de tremblement.
La femme se lève usant de ses dernières forces et se précipite vers lui. Elle pleure. Ses sanglots transpercent le cœur de Harry. Son ami à ses côtés étouffent un hurlement de tristesse.
L'homme noir s'arrête. Ne bouge plus.

« Drago... murmure-t-elle dans un souffle. Je suis tellement désolée. »

L'homme se redresse et caresse la joue de la femme. Son visage si pâle laisse percevoir des larmes, elles coulent sur sa joue, avec lenteur. Ses yeux gris se noient dans la douleur.

« Où est-il ! » hurle l'homme en noir, il lance un sort qui propulse la femme. Son corps heurte le sol avec une telle force qu'elle ne se relève pas.
« On ne sait pas », dit Ron.

L'homme se met à hurler. Son cri se mêle à ceux du combat.

« Qui vais-je tuer en premier ? » demande-t-il.

Il lève sa baguette. Harry hurle. Encore et encore. Et une voix.

- Harry ce n'est qu'un rêve !

Un rayon vert se mêle à le douce lumière de la lune. Des bras l'encerclent. Le poussent. Et cette voix... [/]

- Harry ! Ne tombe pas ! Réveille-toi !

Harry ouvrit enfin ses yeux.

- ! Non ! Non ! Nooooooon !

Hermione se redressa. La peur lui noua l'estomac. Ce cri ! Mais que se passait-il ? Elle attrapa sa baguette et se leva. Elle sortit de sa chambre à tâtons, mais désormais très réveillée. Les hurlements continuaient de briser le silence de la nuit. En position d'attaque, elle courut vers la chambre de ses amis.
D'un sort elle expulsa la porte de ses gonds. Prête à se battre, elle entra et regarda la scène et se figea.
Harry était allongé sur le lit et hurlait. Il était recouvert de sueur, et s'agitait dans tous les sens. Ses bras frappaient, ses jambes tremblaient et son visage était transpercé par le peur, la douleur et la tristesse. Ginny avait une lèvre entaillée et regardait son époux avec angoisse. Elle se tourna vers Hermione avec un regard désespéré.
La jeune fille se rapprocha du jeune homme et commença à lui parler mais ça ne faisait aucun effet. Ginny et elle commencèrent à hurler pour tenter de le réveiller. Ginny lui assena même une puissante gifle. Mais rien y faisait, Harry continuait de hurler comme un dément.

- Ginny, hurla Hermione en tentant de se faire entendre. Je vais pénétrer dans son esprit pour le forcer à se réveiller ! Si ça se passe mal, cours chercher McGonagall !

Son amie approuva d'un hochement de tête. Hermione s'assit à côté de Harry en évitant certains de ses coups et leva sa baguette:

- [i]Legilimens !

Son esprit rentra avec une facilitée déconcertante dans celui de son ami. Elle se retrouva propulser dans le rêve. Elle sut tout de suite que ce songe était bien trop puissant pour que ce ne soit qu'un simple cauchemar.
Autour d'elle, une bataille faisait rage. Ils étaient dans une immense clairière éclairée par la lune. Des hurlements d'agonies et de rage perçaient la torpeur de la nuit. Des loups se battaient avec force et violence contre des humains. Hermione comprit rapidement que ce n'était pas seulement de simples humains.
Son esprit fut attiré au centre de la clairière. La lune éclairait la scène avec une telle réalité que la jeune fille se demanda où s'arrêtait le rêve... Elle se retrouva rapidement derrière Harry, il était si réel, tout était si réel.
À ses côtés se tenait un Ron recouvert de sang. Ils ne semblaient ne plus pouvoir bouger. Son visage exprimait une telle terreur, une telle tristesse qu'elle en frissonna. Il fixait les larmes aux yeux un couple qui se tenaient en face d'eux. Un homme blond et une femme. Elle ne voyait pas cette dernière et ne savait pas qui s'était. Par contre l'homme, elle le reconnut tout de suite.
Drago pleurait et regardait la femme avec douceur et pleurait. Il lui caressa le visage avec sa main aussi pâle que son visage. En face d'eux se tenait un homme recouvert de noir. On ne voyait rien à part sa silhouette. Il se mit à hurler:

- Où est-il ?

Il leva sa baguette et propulsa le femme. Sa chevelure virevolta en même temps que le corps. Elle s'écroula sur le sol avec force. Et elle ne se leva plus.

- On ne sait pas, répondit Ron.

L'homme noir hurla. Drago se souleva et jeta un regard vers le corps de la femme. Hermione sentit son cœur se serrer face à toute cette tendresse, tout cet amour. Jamais elle n'avait vu une telle expression sur ce visage. Ce visage qu'elle détestait tant... Puis il tourna son regard vers l'homme qui les détenait. Une haine immense habitait dans son regard. Il n'avait jamais regardé quelqu'un ainsi, même Harry.

- Qui vais-je tuer en premier ? demanda la silhouette noir.

Hermione comprit qu'il fallait à tout pris mettre fin à ce « rêve ». Elle se propulsa près de l'oreille de Harry alors que l'homme levait sa baguette.

- Harry ce n'est qu'un rêve!, murmura-t-elle avec le plus de douceur possible.

Mais ce dernier continuait de hurler. Il était terrorisé. Hermione ne savait pas quoi faire, alors elle employa toute sa force mentale et l'entoura de protection.

- Harry ! Ne tombe pas ! Réveille-toi ! dit-elle avec désespoir.

Enfin il lâcha prise tendit qu'un éclair vert illuminait une dernière fois cette scène terrifiante. Hermione sentit leurs esprits refaire surface.

- Aie ! dit Hermione en se massant le crâne.
- Tu es tombée par terre, lui expliqua Ginny. Je t'ai déposée sur le lit...

Harry refaisait lui aussi surface. Hermione se tourna vers lui malgré son mal de tête et croisa son regard. Elle sentit son cœur s'arrêter un instant lorsqu'elle plongea ses yeux dans cet océan vert. Elle y lut la peur, la douleur, la tristesse... Il fit un imperceptiblement hochement de la tête négatif. Tout cela se passa en quelques secondes. Secondes durant lesquelles Ginny était venue serrer Harry dans ses bras, elle n'avait donc rien vu de cet échange.

- Mon amour ! murmura Ginny. Que s'est-il passé ?
- Rien Ginny, murmura-t-il d'une voix claire.
- Hermione ? demanda la rouquine en se tournant vers elle.

Hermione regarda Harry. Il lui lança un regard d'avertissement. Elle poussa un soupir et répondit à son amie avec lenteur :

- Ginny rassure-toi ce n'était pas... Pas si grave que ça, finit-elle par dire.
- C'est-à-dire ? insista son amie avec fougue.
- Il a juste rêvé de la bataille... C'était assez...
- Réaliste, coupa Harry. Écoute Ginny on doit se lever tôt, il faudrait mieux se recoucher. On en reparlera demain si tu veux.
- Mmh ! Ok, dit-elle d'un ton suspicieux.
- Allez je vous laisse, je suis épuisée ! conclut Hermione en faisant un sourire très convainquant. À demain !

La jeune fille retourna dans sa chambre avec lenteur sans attendre de réponse. Elle mit du temps à s'endormir, ses pensées défilant dans sa tête. Elle se repassait la scène en boucle, et elle finit par se dire qu'il fallait d'abord qu'elle sache le début de ce songe avant de se torturer les méninges. Hermione plongea de nouveau dans le sommeil et dormit d'un sommeil agité le peu de temps qui lui restait...

oOo

Alors qu'en avez-vous pensé ? Je tenterais de mettre plus rapidement la suite ^^