2. "Let the rain wash away all the pain of yesterday"

Le Drumroll était bondé.

Et Kurt était aux anges.

Les personnes qu'ils aimaient le plus au monde se trouvaient réunies ce soir. Il était à la fois excité, ravi et soulagé.

Blaine avait été immédiatement adopté par les membres de New Directions (mais franchement, Kurt se demandait comment on pouvait ne pas aimer Blaine ? Ses incroyables cils, ses yeux noisettes pailletés d'or, son sourire charmeur et – ok, il se demandait comment le monde entier pouvait ne pas savoir qu'IL aimait Blaine) même Finn qui avait essayé de se la jouer « grand frère » protecteur (toute la panoplie : sourcils froncés et bras croisés sur la poitrine, risible franchement) avait fini par céder. Il était actuellement en pleine discussion avec Blaine sur les mérites (si on pouvait appeler cela comme ça) des Bobcats (1). Blaine avait quelques défauts, notamment celui d'aimer le football américain (Kurt lui avait d'ailleurs bien cloué le bec lorsqu'il lui avait annoncé qu'il avait fait partie, quoique fort brièvement, de l'équipe de foot de McKinley).

Kurt sirotait son sirop d'orgeat à petites goulées, observant ses amis à la dérobée. Ils lui manquaient tant. Parfois, seule la présence de Blaine l'aidait à surmonter l'incroyable tristesse qui menaçait de le submerger lorsqu'il pensait à eux. Au Glee Club. A ce qu'il avait perdu.

Il soupira et plongea son regard dans son verre, faisant distraitement tintinnabuler les glaçons. Il n'avait pas eu le choix, n'est-ce pas ? Il ne pensait pas vraiment que Karofski aurait mis ses menaces à exécution mais il ne pouvait plus vivre avec cette peur constante au ventre. Chaque fois que retentissait la sonnerie indiquant le changement de cours, il sentait la peur, un peu comme un animal sournois, revenir. Elle le guettait comme un prédateur guette sa proie. Une ombre sur sa droite, un mouvement derrière la porte de son casier … Non, il ne pouvait plus vivre comme ça. Avec ça. Il avait pris la bonne décision.

Il y avait une autre solution, lui avait dit Blaine. Il pourrait dire la vérité. A son père, à Finn. Au principal Figgins.

Au monde.

David Karofski l'avait embrassé dans les vestiaires.

David Karosfki était Gay.

David Karosfki voulait le tuer parce qu'il représentait ce qu'il détestait le plus au monde : lui-même.

Ou bien était-ce ce qu'il désirait le plus au monde …

Kurt secoua la tête. Tout cela n'avait plus d'importance maintenant. Il savait ce que Karofski traversait. Jamais il n'utiliserait ce genre d'arme contre qui que ce soi : on ne se défendait pas en mettant à terre les autres. C'était la pire des lâchetés et Burt Hummel n'avait pas élevé un lâche.

Mais Kurt n'était pas non plus une victime, il détestait qu'on lui colle cette image sur le dos (il avait déjà bien assez à gérer avec son image de « princesse », merci beaucoup !). Il avait pendant des années, géré seul les brimades de ses petits « camarades ». Il avait fallu que Monsieur Schuester s'en mêle et - Non, il fallait qu'il soit honnête sur ce coup là. Il était heureux que Schuester ait (enfin !) remarqué que quelque chose n'allait pas parce que sinon …

Kurt frissonna. Ok, il fallait qu'il pense à autre chose. Il leva les yeux de son verre et son regard croisa celui de Finn. Son frère (OHMONDIEU, Kurt n'était pas certain qu'il s'habituerait un jour à penser à Finn comme à son frère) le fixait, l'air inquiet. Il lui fit un signe de la tête comme pour lui demander « Hey, ça va ? ». Kurt lui adressa un petit sourire en réponse.

Oui, ça allait. Il n'était peut-être plus au Glee Club mais ses amis étaient toujours là. Et sa famille aussi. Sa famille élargie. Il repensait encore au discours qu'avait prononcé Finn au mariage de leurs parents : « je te soutiendrais quoiqu'il arrive et quel que soit le prix à payer ».

Oui, Finn était bien son frère.

Jamais il n'aurait cru que le lycée lui apporterait autant : son come-out, une nouvelle famille, des amis sur lesquels il pouvait compter.

Avec un peu de chance, il se ferait d'autres amis à Dalton. Et avec un miracle, il y trouverait peut-être même autre chose que de l'amitié. Kurt était, il le savait, un incurable romantique. Il croyait aux amours impossibles. Il était Audrey Hepburn et Blaine était son Humphrey Bogart. Il tourna la tête vers l'objet de ses pensées.

Blaine était en train de rire aux éclats à quelques chose que venait de dire Puck (qui avait un vrai talent comique sous ses dehors de gros dur).

Oui, les choses n'allaient pas si mal que ça pour Kurt Hummel. En fait, il était même certain que le soleil venait enfin d'entrer dans son ciel jusque là bien sombre.


Il fallait qu'il agisse vite. Le danger était si grand ici. Toute cette perversion. Et il était si jeune ! Il fallait qu'il le sorte de là, qu'il le ramène à la maison. Il saurait s'en occuper. Il ne commettrait pas les erreurs du passé. Il s'en était fait la promesse.

C'était son fils, et il était un bon père.

Un bon père protège ses enfants du mal, non ?

Il sortit le petit flacon de sa poche et l'ouvrit. La main tremblante, il fit dégringoler dans sa paume un petit comprimé vert. Il fixa un long moment le chiffre qui était gravé sur le comprimé. 542. Il eut un sursaut.

542.

Il avait tout juste cinquante-quatre ans et deux mois.

Un message ?

Il réprima un rire. Il devait être plus fou qu'il ne le croyait s'il pensait que l'industrie pharmaceutique lui adressait des messages par comprimé interposé … mais quand même, c'était une étrange coïncidence.

Un éclat de rire lui fit lever les yeux.

Le groupe de lycéens avait l'air si heureux. Si libre. Le rire ne venait pas de Kurt. L'adolescent était assis au bout de la table que les jeunes occupaient. Il semblait perdu dans ses pensées, mélancolique.

Kurt était une jeune âme tourmentée mais plus pour longtemps. Il allait le ramener chez eux et tout allait bien se passer.

Il se leva et attendit près du bar, serrant le comprimé dans sa main.

Oui, bientôt, les souffrances de Kurt cesseraient.

Et les miennes aussi, pensa l'homme.


Kurt n'aimait pas l'alcool (il pouvait remercier April Rhodes pour ça ! La confrontation qu'il avait eue avec son père lorsque le Principal Figgins l'avait appelé pour lui dire que son fils était saoul avait été horrible. Kurt détestait décevoir son père) mais il adorait l'anis. Et Le Drumroll préparait cette boisson française absolument délicieuse : le Pastis. Il n'en prenait qu'un seul lorsqu'il venait ici et le savourait frappé. La serveuse venait tout juste de lui servir. Chacun s'était jeté sur sa boisson préférée (Rachel était complètement gaga de Cherry Dr Pepper et Finn de Mountain Dew).

(Ils devaient tous remercier leur pourvoyeur de fausse pièce d'identité, leur voyou préféré : Monsieur Noah Puckerman !).

Kurt sourit en regardant Finn et Rachel. Ces deux là étaient, d'après lui, incroyablement mal assortis. La « naine et le géant » était l'image qui venait immédiatement à l'esprit lorsqu'on les regardait. Amoureux était la seconde. Ok, peut-être que Kurt était encore un chouïa jaloux que Rachel ait réussi là ou lui avait échoué. Encore que … il n'avait pas perdu cette guerre parce que Rachel était meilleure que lui mais parce qu'il ne possédait pas les bons « atouts ».

- Hey, c'est bon ton truc là ?

- Blaine !

Le jeune homme s'installa près de Kurt et désigna son verre du menton.

- Qu'est-ce que c'est que cette mixture ? Il plissa le nez. En tous les cas, ça sent super fort.

- C'est de l'anis. Et c'est délicieux, alors interdiction d'en dégoûter ceux qui l'apprécie. Que penses-tu de notre petit groupe de joyeux, et complètement décalés, drilles ?

- Je pense ... qu'ils sont super sympa comme un certain jeune drille qui ne devrait pas rester tout seul dans son coin. Brittany propose que nous rejoignions la piste de danse. Oh et elle m'a dit qu'elle devait absolument m'embrasser avant la fin de la soirée parce que c'est une tradition et que, étant à Dalton, je dois aimer les traditions. Apparemment, elle aurait embrassé au moins une fois TOUS les membres mâles de New Directions.

Kurt rougit. OUPS. Il se pourrait qu'il ne soit pas super, super fier de cet épisode de sa vie et qu'il ait donc omis, tout à fait involontairement, d'en parler à Blaine. Blaine qui le regardait avec un petit sourire amusé sur le visage.

Un sourire qui se figea brusquement.

- Kurt ? Mon Dieu, Kurt, je crois qu'il y a un problème. FINN ! Kurt, ne bouge pas, ok. Tout va bien se passer. FINN ! Appelle le 911 !

Qu'est-ce qui se passait ? Kurt ne comprenait pas pourquoi Blaine semblait soudainement si paniqué. Il essaya de lui poser la question mais il ne put articuler qu'un affeux borborygme. Que lui arrivait-il ? C'était comme si l'air n'entrait plus dans ses poumons. Il ne pouvait plus respirer ! Il se leva, portant la main à son cou, par réflexe. Le verre qu'il tenait à la main explosa en touchant le sol. Il tomba à genoux puis tomba lentement, comme au ralenti.

Autour de lui, Kurt pouvait entendre des cris. Quelqu'un hurlait son nom.

Les lumières étaient trop brillantes. Le bruit était assourdissant.

Puis, soudain, tout devint noir et silencieux.


Burt Hummel entra en trombe dans la salle d'attente de l'hôpital Mount Carmel St Ann's.

- Où est-il ? Finn, qu'est-ce qui s'est passé ?

Rachel serra la main de Finn. Ses yeux étaient rouges. Tous les membres du Glee Club avaient l'air sous le choc de ce qui s'était passé au Drumroll. Blaine serrait le manteau et l'écharpe de Kurt contre lui comme si c'était les seules choses qui le reliaient à lui et avait l'air aussi perdu que les autres membres du Glee Club.

Finn ne répondit pas à Burt. La boule qui était logée dans sa gorge l'empêchait d'émettre le moindre son.

- Bon sang ! Un médecin, je VEUX voir un médecin ! Hurla Burt.

- Monsieur Hummel, calmez vous, dit une infirmière sur un ton qui se voulait apaisant. Je vais aller chercher Carole (Finn la reconnut, elle était au mariage, ce devait être une des collègues de sa mère) et prévenir l'urgentiste que vous êtes là. Asseyez vous, je reviens tout de suite.

Burt s'assis près de Finn et resta silencieux, yeux clos. Finn savait que les Hummel n'aimaient pas les hôpitaux. Surtout depuis l'accident cardiaque de Burt. Finn ignorait comment la mère de Kurt était morte (aucun des deux Hummel n'en parlaient jamais, comme si c'était une part de leur vie qu'ils voulaient garder secrète. Une blessure intime qui les rapprochaient plus que tout le reste et qu'ils ne souhaitaient partager avec personne) mais il était certain que la haine que vouait Kurt aux hôpitaux venait aussi de ce qui était arrivé à sa mère.

- Finn. Et si jamais il … si jamais -

Il serra la main de Rachel et lui sourit sans grande conviction. Ils devaient garder espoir. Mais l'image de Kurt par terre, son visage rouge et complètement déformé, essayant en vain de respirer restait gravée dans sa mémoire : qu'il ferme les yeux ou non, il voyait Kurt se débattre contre la mort.

Et c'était sa faute.

Il avait une fois encore failli à son rôle de protecteur.

Pire, il avait empoisonné son frère !

Il se rappelait pourtant bien de l'effet que l'alcool pouvait avoir sur Kurt mais non, il avait manqué de vigilance et l'avait laissé commander ce truc français.

- Monsieur Hummel ?

Burt fut sur ses pieds en un instant.

- Comment va-t-il ? Docteur, je vous en prie, je dois le voir, il faut que -

Le médecin (un docteur Ben Stevens, selon son badge) lui sourit.

- Il va bien. Il n'a pas eu besoin de respirateur artificiel. C'est un battant.

Un soupir général de soulagement secoua les membres du Glee Club.

- Merci Mon dieu, merci, murmura Burt qui s'écroula sur sa chaise. Mais … mais qu'est-ce qu'il a eu ? Est-ce que c'est grave ?

Le docteur Stevens se rembrunit.

- Je crois qu'il vaut mieux que nous en discutions en privé. Je vais vous conduire à la chambre de Kurt.

Finn fronça les sourcils. Pourquoi les adultes se conduisaient ils toujours comme des conspirateurs, cachant aux enfants des secrets qu'il leur faudrait de toute manière bien dévoiler un jour ? Et puis, flûte, ils étaient une famille maintenant, et quoiqu'il arrive à Kurt, Finn était en droit de savoir de quoi il retournait.

- Rachel, je vais voir si je peux trouver ma mère. Tu crois que tu peux rester toute seule un moment ?

Rachel leva vers lui des yeux embués de larmes. Elle lui sourit.

- Je ne suis pas toute seule, New Directions est là. Nous sommes tous là pour Kurt et pour toi, Finn.

Elle se leva et déposa un léger baiser sur sa joue.

- Va chercher ta mère et si par hasard tu tombes sur Kurt dis lui que nous l'aimons et que nous pensons à lui.


Finn ferait un excellent espion (le genre James Bond, celui qui était interprété par Daniel Craig, ce type était trop fort). Il n'avait eu aucun mal à suivre Burt et le docteur. Sa mère se trouvait là au chevet de Kurt. Finn pouvait apercevoir son visage. Enfin, le deviner sous un masque à oxygène. Mais comme aucun de ses parents ne pleuraient, c'était que les nouvelles ne devaient pas être si mauvaises que ça, non ? Burt était toujours debout derrière Carole et écoutait ce que leur disait le docteur.

Il était temps de faire pâlir d'envie Daniel Craig.

Finn se glissa derrière la porte de la chambre et tendit l'oreille.

- … légère trace d'alcool dans les analyses, disait le docteur Stevens.

OUCH, Finn pouvait voir une conversation houleuse dans son futur proche.

- … mais ce qui a provoqué le choc anaphylactique est l'ingestion d'un concentré important de flunitrazépam. Et Monsieur Hummel, je vais être franc avec vous, je crois que votre fils a eu de la chance, d'avoir cette réaction allergique.

- Quoi ? Mais vous êtes complètement malade ! Cria Burt. J'exige un autre médecin, il n'est pas question qu'un -

- Non, l'interrompit Carole, attend, nous allons t'expliquer. Viens Burt, Kurt a besoin de toi.

Sa mère se leva et laissa Burt prendre sa place près de Kurt (Burt prit immédiatement la main de son fils et Finn ne peut s'empêcher de repenser à Kurt interprétant la chanson des Beatles « let me hold your hand »).

- Je suis désolé monsieur Hummel, j'ai été un peu trop vite. Le flunitrazépam fait partie de la famille des benzodiazépines et … ok, je suis certain que vous ne savez pas davantage de quoi je parle mais peut-être avez-vous entendu parler du Rohypnol.

Burt leva les yeux vers le docteur.

- Le Rohypnol … oui, c'est pas ce que les média appellent la drogue du viol, non ?

Le docteur Stevens hocha la tête.

- Le flunitrazépam est prescrit dans des cas d'insomnies sévères. Il agit comme un sédatif mais aussi comme un myorelaxant et un anxiolytique. Le problème, c'est qu'il est aussi ce que nous appelons un « médicament détourné ». Il est utilisé de façon intentionnelle comme amnésiant antérograde notamment par les prostituées et les prisonniers mais dans certains cas aussi pour profiter sexuellement d'un individu. Le Rohypnol fait partie actuellement des drogues de rue les plus répandues.

- Je … je croyais que … que cette merde était interdite, s'exclama Burt qui avait resserré son étreinte autour de la main de Kurt.

- Oui, mais les filières d'obtention illicites sont nombreuses, notamment via le Mexique. Le Rohypnol et l'alcool associés se potentialisent réciproquement et nous avons du réanimer Kurt en utilisant un antidote anexate assez puissant, du Flumazénil.

- Vous … vous êtes en train de me dire que … qu'un saligaud a drogué mon fils pour essayé de … de …

- Nous ignorons ce qui s'est passé Monsieur Hummel. La police a été avertie et il devrait y avoir une enquête.


Finn était comme pétrifié.

Rohypnol.

Viol.

Police.

Les mots dansaient dans sa tête et ça ne donnait pas un joli spectacle.

Quelqu'un avait voulu abuser de Kurt.

Il fallait qu'il en parle aux autres. Si cette petite ordure, qui qu'il soit, traînait encore dans le coin, il fallait qu'ils se préparent à protéger Kurt.


Kurt soupira pour ce qui devait être la énième fois.

- Papa, ça va aller pas la peine de -

Mais son père leva des yeux tellement suppliants que Kurt abandonna toute résistance.

- Kurt, tu es encore faible et les ordres du médecin sont clairs : pas d'efforts avant quelques jours et surtout pas question de pousser la chansonnette. Je sais que tu aimes le chant mais tes poumons ne sont pas encore prêts à pousser cette fameuse note que tu aimes tant, ok ?

Son père essayait de plaisanter mais l'effet était plutôt déprimant. Kurt lui adressa quand même un sourire. Son père avait manifestement besoin d'être rassuré.

Kurt était rentré de l'hôpital depuis trois jours et son père jouait aux infirmiers ET au chien de garde. Kurt ne pouvait pas faire un pas sans qu'il soit là et cela commençait sérieusement à lui peser.

Et Finn n'était pas mieux. Non, en fait, il était pire ! Il avait même été jusqu'à l'empêcher de sortir en cachant ses manteaux (et Kurt le soupçonnait aussi d'être à l'origine de la disparition de certains de ses vêtements. Il faudrait qu'il ait bientôt une sérieuse conversation avec son frère).

- Bon, je dois y aller mais tu sais que tu peux appeler s'il y a le moindre problème, ok ? Bon sang, si Lewis n'était pas malade, ça tombe vraiment mal, je devrais peut-être –

Kurt l'interrompit.

- Papa, Finn et Rachel sont là, je ne suis pas tout seul, son père allait ouvrir la bouche et Kurt précisa, et non nous ne formerons pas un trio impromptu, c'est promis. Le garage ne peut pas fonctionner sans toi, ok ?

Burt soupira.

- Bon, j'y vais mais s'il y a le moindre problème –

- Oui, oui, je t'appellerais.

Kurt poussa presque son père dehors. Une fois qu'il fut sorti, il s'adossa à la porte.

- Enfin, libre, grommela t-il.

- Hey Kurt, ça va ?

Kurt jeta un regard noir à Finn. Presque libre.

- Finn Hudson, je crois que nous avons besoin de mettre au clair une ou deux choses, à commencer par : où se trouve mon pull Alexander McQueen ? Kurt pointa son index sur la poitrine de son frère. Alors ? J'attends. Mon pull. Maintenant Finn.

Il claqua des doigts mais Finn l'ignora.

- Hum, non, je crois que c'est moi qui ait deux ou trois choses à te dire ...

La sonnette de la porte d'entrée retentit faisant sursauter Kurt. Finn ouvrit et laissa Rachel entrer. Les deux jeunes gens échangèrent un regard entendu et chacun d'eux pris le bras de Kurt.

- … en fait, Rachel et moi, avons quelque chose d'important à t'apprendre, termina Finn.


Ils étaient dans la chambre de leurs parents (dans laquelle ils avaient installé Kurt, la poussière causée par les travaux étant mauvaise pour ses poumons … c'était l'horreur : Kurt ne pouvait pas s'empêcher de penser à ce que Carole et son père pouvaient faire dans ce lit !) et Kurt était assis en tailleur sur le lit. Rachel était assise à ses côtés et Finn faisait les cent pas devant la fenêtre. Il finit par prendre une large inspiration, comme pour se donner du courage, et se tourna vers Kurt.

- Ok, je peux le faire, je peux le faire, grommela t-il dans sa barbe puis il plongea son regard dans celui de Kurt. Kurt, j'ai brûlé ton pull Steve McQueen.

Avant que Kurt ne puisse le corriger sur le nom du créateur et lui dire ce qu'il pensait de la destruction de sa propriété, Finn reprit.

- Il était dangereux Kurt, ce pull était … démoniaque.

Oooooooooooooooo-kay. Et c'était Kurt qui devait éviter de respirer la poussière ? Non vraiment c'était risible parce qu'apparemment, celui qui avait respiré des émanations suspectes n'était pas celui que l'on pensait.

- Mon pull était démoniaque, répéta Kurt.

Finn acquiesça, visiblement content que Kurt soit d'accord avec lui.

- Oui, tu comprends, avec ça tu étais, euh, tu étais …

- Sexy, précisa Rachel.

- Ouais, carrément indécent tu veux dire, rajouta Finn qui vint rejoindre Rachel sur le lit.

Kurt se leva et se posta devant la fenêtre.

- Laissez moi résumer : vous avez volé et brûlé un de mes pulls, et je le suspecte deux ou trois autres choses qui ont mystérieusement disparu de mon armoire, parce que j'avais l'air … sexy dedans ?

- Exactement ! S'exclama Finn avec enthousiasme.

Kurt secoua la tête et sortit son portable de sa poche.

- Euh, tu fais quoi là ? Demanda Finn.

- J'appelle mon père, il est clair que vous êtes tous les deux sous l'effet d'une drogue et –

Kurt ne termina pas le numéro. Finn et Rachel le fixait l'air … dévasté.

- Il faut que tu lui dises, lâcha finalement Rachel en donnant un coup de coude dans les côtes de Finn.

- Me dire quoi ? Finn, je jure de rendre public certaines photos compromettantes de toi bébé si tu ne m'expliques pas de quoi il retourne.

- Quelqu'un a glissé un comprimé de Rohypnol dans ton verre au Drumroll. Tu as fait une réaction allergique ce qui t'as sans doute sauvé d'un viol. Ce pull était un « attire » violeur. Alors je l'ai détruit. Et tu ne boiras plus jamais de boisson française.

Finn avait tout sorti d'une traite et pendant un moment, il se demanda si Kurt avait compris ce qu'il venait de lui dire parce qu'il restait là, debout, sans rien dire.

Et soudain, comme si ce que venait de lui dire Finn venait enfin d'atteindre son cerveau, il s'affaissa, sous le choc.

- Kurt ! Cria Rachel

- Merde ! Renchérit Finn.

Rachel et Finn sautèrent du lit et atteignirent Kurt juste au moment où ces genoux touchaient le sol.


Kurt était seul avec Rachel. Ils étaient installés sur le lit et Rachel lui parlait … de quelque chose. Kurt ne suivait pas vraiment. De toute manière, Rachel adorait s'écouter parler, elle n'avait pas besoin que Kurt participe à la conversation. Il frissonna. Il s'était glissé sous la couette mais il ne pouvait pas s'empêcher de trembler. Il avait froid.

Il se demandait si les choses se passeraient toujours comme ça pour lui. Si quelqu'un essayerait toujours de lui voler quelque chose.

D'abord son premier baiser.

Et maintenant sa virginité.

Etait-ce parce qu'il était le seul Gay « officiel » de Lima ? Avoir dit la vérité avait-il fait de lui une cible facile ? Ou bien était-il maudit comme semblait le penser Finn (quoique Kurt ne pense pas que ses vêtements aient grand-chose à voir avec tout ça).

La police avait interrogé tous les membres de New Directions et selon Finn, seul le fait que Burt refuse que Kurt soit interrogé, expliquait qu'il n'ait pas encore reçu leur visite.

Mais cela expliquait beaucoup de choses, notamment le comportement, frisant l'irrationnel, de son père. En fait, Kurt aimerait vraiment qu'il soit là. Les bras de son père avaient toujours été le seul endroit où il se sentait en sécurité. Il devrait peut-être l'appeler, tant pis pour le garage …

Il sentit quelque chose couler sur ses joues et essuya rageusement les larmes qui coulaient là.

Non.

Il n'était pas une victime. Il refusait d'endosser cette étiquette ! Il était Kurt Hummel et un jour il serait quelqu'un de célèbre et -

- Hey, fiston …

Il leva les yeux vers son père qui venait d'entrer dans la chambre, derrière lui se tenait Finn. Il avait du l'appeler à la rescousse.

Kurt n'avait jamais autant aimé son frère qu'à ce moment là.

Comme ce jour où son père était entré dans sa chambre pour lui annoncer que sa mère les avait quittés, Kurt leva les mains vers son père et ce dernier le prit dans ses bras sans hésitation.

Kurt ne remarqua même pas le départ de Rachel.

Son père le berça jusqu'à ce que, épuisé, il s'endorme dans ses bras.


Il aurait pu le tuer … le tuer ! Il était si fragile. Il ne savait pas qu'il était allergique.

La prochaine fois il serait plus prudent. Il utiliserait quelque chose de moins dangereux.

La prochaine fois … demain.

Oui, demain.

Il le ferait demain.

Il était temps qu'il puisse s'occuper convenablement de son fils.

TBC !

(1) Bobcats : équipe de football américain de l'Ohio.

(2) le Rohypnol est illégal au Canada et aux USA mais est licite en France. Il se présente sous la forme d'un comprimé oblong pelliculé sécable vert (cette couleur verte qui colore les boissons dans lequel il est dissout, protège de son ingestion involontaire) gravé « 542 » sur une face.