Voilà maintenant le chapitre 2 de cette fiction! Je dois avouer qu'il a été très difficile à écrire car c'est la première fois que j'écris un chapitre de ce genre. Cela a été un véritable challenge pour moi de le finir et je dois dire que je ne suis pas très satisfaite du résultat. Néanmoins, j'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture! :)

Disclaimer: Le manga Yu-Gi-Oh ne m'appartient point, seul les Original Characters présent dans ce chapitre m'appartiennent.


La Guerrière Divine

Chapitre 2: Douce comme la mort.

La première chose qu'elle ressentit en sortant de l'ombre de l'inconscience fut une violente souffrance à son flanc gauche, si forte qu'elle en eut envie de vomir. Le corps entier tiraillé de douleur, elle n'osait bouger ses membres, de peur qu'au moindre mouvement ils ne se brisent. Étourdie, la tête lourde, ses sens lui faisaient défauts, revenant avec une lenteur presque agaçante. Puis elle les sentit, ces tremblements typique d'une charrette, elle entendit, ces voix étouffé par les turbans des nomades du désert et enfin, elle vit, la lumière de Râ se déverser sur elle, l'éblouissant. La petite fille détourna la tête de gauche à droite, tentant d'identifier son environnement encore flou. Dans un effort surhumain, elle leva la main vers sa blessure, néanmoins celle-ci fut immobilisé. Dans son étourdissement face à la douleur et à la chaleur insoutenable, elle distingua un visage de femme, la regardant avec gentillesse.

-Ils vont la nettoyer. Laisse faire le temps maintenant. Dit-elle d'une voix qui se voulait rassurante.

Trop faible, fatigué et endolorie pour réfléchir, Anzu orienta son regard vers le royaume de Nout, d'un bleu éclatant, se laissant être entraîner une nouvelle fois dans les ténèbres.


Anzu ne savait plus quoi penser. Elle avait laissé son destin entre les mains des Dieux, priant de toutes ses forces pour qu'ils soient clément et lui permettent de rejoindre ses défunts parents et pourtant, elle vivait. Avec la force du désespoir, elle s'était jetée dans les bras du désert si impitoyable de Nubie et elle vivait. Elle ne comprenait pas. Pourquoi l'avait-on sauvé ? En s'écroulant de fatigue et de douleur dans le désert, elle avait espéré retrouver sa famille dans l'au-delà et pourtant… Pourquoi n'avait-elle pas subi le sort comme n'importe quelle personne perdue dans le désert ? Pourquoi avait-il fallu que les dieux la sauvent ? S'amusaient-ils de la voir souffrir autant ? Par quelle cruauté… ? Des larmes amères lui montèrent aux yeux. Voilà deux jour qu'elle était à Kawa, une ville Nubienne, près de la troisième cataracte du Nil. Bien que c'était la première fois qu'Anzu était dans une ville, elle n'avait plus le cœur à émettre quelconque émotions face aux évènements, quels qu'ils soient. Il y eut un temps où elle aurait regardé avec fascination la compacité de la population, le si grand nombres de marchands sur la grande place du marché, hurlant de toute leurs force leurs prix, la grandeur des temples dédiés au Dieux, sculpté dans la pierre, prêt à se tenir debout pour les décennies à venir… Mais maintenant, plus rien ne semblait avoir d'importance.

Attaché à un pieu sur la grande place, elle n'accordait aucun regards aux passants qui la fixaient des yeux avec pitié, ainsi qu'aux autres filles et femmes dans la même situation. Les cordes lui mordaient ses poignets jusqu'à ce qu'une ligne rouge vif se dessina le long de sa peau. Ni la pitié des passants, ni la douleur ne semblait l'affecter pour autant.

Esclave.

C'est ce qu'elle allait devenir, comme toutes les autres femmes à ses côtés, elles aussi rescapées d'une tragédie, vendues par leurs propres familles, ayant tenté de fuir leurs vies minables. Certaines pleuraient, tremblantes de peur ou de frustration, Anzu ne le savait, d'autres restaient dignes dans leurs malheurs, regardant droit devant elles, tentant de cacher les sanglots qui ne demandaient qu'à être libérés. Instinctivement, Anzu leva son regard et croisa celui de Dédetès.

Cette égyptienne avait été celle qui l'avait soignée, qui avait tentée de lui apporter un peu de réconfort dans son malheur, revenant toujours à ses côtés, peu importe son silence. Dédetès lui rappelait sa mère. Douce, chaleureuse et si tristement désintéressée. Jamais Anzu ne l'avait entendu pleurer, se plaindre ou se lamenter sur son sort. Son sourire léger sur ses lèvres, son regard bienfaisant et sa bonté avait fait qu'Anzu lui vouait un profond respect. Pour elle, Dédetès avait été celle qui avait pansée ses plaies même si le sang s'écoulait encore à flots, elle avait apaisée ses douleurs.

Lui donnant son sourire léger, la jeune femme détourna son regard et contempla le ciel. La petite fille aux yeux bleues savait qu'elle priait. Dédetès aimait et vénérait profondément les Dieux. En particulier la déesse Nout, maîtresse du ciel. Souvent la jeune femme lui reprocherait de ne pas prier et remercier assez les Dieux pour leur bonté, mais Anzu n'avait que faire. Même après toutes ces heures à lui apprendre à aimer les Dieux, elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver une rancœur face au destin qu'ils lui avaient donné. Elle baissa les yeux vers ses genoux, s'interrogeant silencieusement sur son avenir dorénavant si sombre.

Soudain, elle vit son « propriétaire » s'agiter et se diriger vers un homme. Anzu le détailla, environ âgé d'une cinquantaine d'année, les cheveux et la barbe grise virant vers le blanc, il était habillé d'une tunique bleu foncé en lin, une ceinture rouge foncé à la taille, un turban de même couleur sur le crâne, or quelque chose lui sauta aux yeux: ses mains étaient pleines de cicatrices, non pas celles faites par une quelconque activités artisanales mais par un objet plus tranchant, plus meurtrier, comme une épée. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle savait que cette homme était dangereux. Elle se mouva inconfortablement dans une autre position, ramenant son genoux droit vers son menton, essayant d'ignorer le malaise qu'elle éprouvait. Se hasardant à l'ignorer, elle ne pouvait s'empêcher de guetter cet homme du coin de l'œil, son malaise se renforçant à chaque fois que ses yeux entrait en contact avec son dos, grand et étrangement austère. Le client se déplaçait en silence, regardant avec des yeux désintéressés la marchandise que le nomade lui offrait, celui-ci faisant de grand geste et murmurant des prix précipitamment, essayant tant bien que mal de rester calme. Se mouvant avec une souplesse étonnante pour son âge entre les femmes à terre, l'acheteur s'arrêta devant une fille qu'Anzu reconnue. Elle ne savait pas son nom mais on la reconnaissait facilement grâce à sa grande taille. L'adolescente n'osait lever les yeux vers l'homme, et aurait été strictement immobile si les tremblements ne parcouraient pas son corps. Terrifiée était sûrement le seul mot pour la décrire. Se penchant vers sa pauvre figure tremblante, il la força à lever son visage vers lui du bout de son index. Ses yeux bruns s'écarquillèrent alors que les tremblements se faisaient plus violents encore. Le client passa encore un bref moment à la regarder droit dans les yeux avant de retirer sa main et d'inspecter son corps, évaluant sûrement sa forme physique. Le fixant dorénavant, Anzu le vit se pencher vers le vendeur et lui adresser la parole, sûrement loin d'être poli. A la perception des larmes aux yeux de la jeune fille, elle comprit qu'elle était entrain d'être achetée. Les deux hommes négocièrent un bref temps avant que le client ne reprenne son observation, l'adolescente étant brutalement détachée puis emmener par deux hommes, probablement au service du nouvel acquéreur.

Ce n'était plus un malaise que ressentait Anzu dorénavant, mais un véritable sentiment d'effroi. Le regard de la jeune fille n'était pas un regard déformé par la peur d'être une esclave, mais par le regard de l'homme. Plusieurs filles suivirent le destin de la première, toutes âgées dans la même tranche d'âge, entre douze et seize ans.

Il passa devant Dédetès sans un regard, continuant son chemin, ignorant complètement le nomade qui semblait étrangement dépité. Sentant ses pas se rapprocher, Anzu baissa les yeux vers son genoux qui reposait contre la poitrine, à l'affût du moindre mouvement de l'étranger.

Depuis la mort de ses parents, Anzu s'était enfoncée dans son chagrin, frustrée par la miséricorde qui frappait sa vie. Puis la main secourable de Dédetès lui avait appris de nouveau à ressentir les émotions qui font que notre vie est plus supportable, qu'aimer et être aimé était encore possible. Et en cet instant, Anzu ne s'était jamais sentit aussi vivante depuis le décès de ses géniteurs. Elle était déchirée par la peur qu'elle éprouvait pour cet homme mais quelque chose lui disait, lui criait même qu'il pouvait lui apporter quelque chose, qu'il était le chemin à suivre. Anzu eut soudain l'impression qu'un vent d'espoir venait de la frapper. Son village brûlé, cet homme à la voix cruel, sa survie du désert et maintenant cet homme si menaçant. Était-ce une coïncidence? Ou bien était-ce les Dieux qui l'avaient guidé pour accomplir un but? Elle se sentait prise dans un tourbillon d'émotions, partagé entre l'effroi et l'espoir, entre un sentiment de renouveau et d'impuissance. Il lui semblait que son destin ne lui appartenait plus depuis longtemps.

Un bruissement. Une respiration. Un pas grattant le sol défriché. Anzu se figea. Il était juste devant elle. Elle sentait son regard la jauger avec une telle intensité qu'elle crut un bref moment qu'il semblait hypnotisé. Elle déglutit, sentant une goutte de sueur n'ayant pas été créer par la chaleur descendre le long de sa nuque. Anzu savait que si elle avait été debout, ses jambes aurait été flageolantes, perdant leurs forces devant ce regard si insistant, pétrifiant. Elle n'osait lever les yeux, une peur sourde engourdissant ses membres.

La réalisation sembla la heurter de plein fouet. Devait-elle encore se comporter comme elle l'aurait fait avant? Devait-elle se plier devant ce regard, en signe de soumission et de respect? Est-ce qu'agir comme on lui avait toujours appris l'amènerait quelque part? Elle ne voulait pas finir comme esclave. Elle se refusait d'avoir une vie sans aucun but. Elle rejetait le fait que sa vie n'aurait aucun sens. Qu'absolument personne ne se souviendrait d'elle, que personne ne la pleurera quand elle rejoindra l'au-delà comme elle l'avait fait pour ses défunts parents. Une résolution était montée en elle, déterminée et incassable. Alors, elle leva la tête.

Ses yeux bleus, emplit de détermination rencontrèrent le noir de celui le d'homme. Elle se sentit défaillir de frayeur devant ce regard. Il était glacé, dénué de toute émotions et pourtant il semblait terriblement pénétrable. Elle sut qu'il était réellement dangereux. Le noir glacé de ses iris semblaient hurler le danger qu'elle avait pris en osant croiser son regard. Il devait avoir vu la mort. Anzu en était sûre. Pire, il avait dû la donner, de sang-froid, et avec cruauté.

Elle ne sut combien de temps ils restèrent à se toiser. Il se détourna finalement d'elle pour parler au nomade.

-Combien? Aboya-t-il d'une voix rauque, froide.

Son « propriétaire » le considéra d'un regard stupéfait. Il oscilla son regard rapidement entre son client et Anzu avant de répondre précipitamment.

-Cinq mille debens. Répondit-il d'une voix tremblante.

Anzu n'avait jamais apprit à lire ni à écrire mais elle savait que cela devait être une somme assez importante. Sa pensée se confirma quand son potentiel nouveau propriétaire fronça des sourcils et fusilla un regard menaçant au vendeur.

-J'ai dit, combien? Siffla l'homme.

Son interlocuteur déglutit difficilement.

-Inksou, je t'ai déjà fait des prix pour les autres. Mais elle, c'est un produit spécial… Commença le nomade.

-Ces girafes que tu m'a vendu, Coupa brusquement Inksou, elle ne font rien.

-Que..? Je ne peux pas contrôler ça… Tenta le marchand, semblant tout d'un coup très nerveux.

-Elles ne se reproduisent pas. Finit Inksou, le regard glaciale. Tu m'as donc vendu un mauvais investissement.

Son ton fut tellement menaçant qu'Anzu en venait presque à plaindre le marchand qui semblait à présent terrorisé.

-Je… Je ne savais pas.. Justifia-t-il piteusement, les mains tremblantes.

-Je veux bien passer outre, si tu me la vends, continua l'acheteur d'un ton sec en désignant Anzu, mille cinq-cents.

-Quoi…? Brama la marchand. C'est mon plus beau produit! Je…

-Jusqu'à maintenant ton meilleur prix n'est que de huit-cents debens, rappela Inksou en jetant un regard dédaigneux au marchand, je te fais une dernière proposition: deux milles ou rien.

Désappointé, le nomade baissa les yeux et acquiesça positivement, acceptant son offre même s'il perdait trois milles debens au change. Au cours de la négociation, Anzu n'avait cessé de se demander si son action courageuse ou trop téméraire avait été une bonne idée. Toutefois, il était trop tard pour le regretter. Elle vit les deux hommes qui avaient emmener les autres jeunes filles se diriger vers elle. Avec un furtif coup d'œil, Anzu vit Inksou, ou quelque soit son nom, procéder à la transaction alors que ses hommes de mains la détachaient avec peu de délicatesse, des nouvelles égratignures étant visibles sur ses poignets lorsque la corde fut enlevée. L'un d'entre eux lui saisit son bras gauche et l'entraîna brusquement vers un chariot ressemblant plus à une cage qu'autre chose. Un boule de nervosité se forma dans son estomac alors qu'elle tiquait sous la puissante prise de l'homme de main de son nouveau propriétaire. Elle ne savait pas ce qu'il allait lui arriver. Dans une recherche de réconfort elle tourna la tête vers Dédetès qui lui retourna son regard, un sourire triste sur les lèvres. Anzu sut que c'était sa façon de lui dire au revoir et de prendre soin d'elle, qu'importe ce qui lui arrive. L'individu la lança nonchalamment dans le chariot, où elle reconnut les filles qui avaient été aussi achetées précédemment. S'installant sur le côté droit, elle ignora les sanglots et les pleurs de certaines d'entre elles. Anzu n'avait pas pleurer depuis qu'elle avait laissé ses parents. Dans le désert, elle se souvenait avoir verser des larmes jusqu'à ce qu'elles s'épuisent. Elle savait que le faire maintenant ne lui avancerait à rien.

Le regard dans le vague, elle ne vit pas sa voisine lui tapoter gentiment l'épaule. Se retournant brusquement, surprise, Anzu plongea son regard bleu profond dans des yeux vert foncés, tourna vers le noir à l'extérieur des iris. Elle lui lança un regard interrogateur et la jeune fille lui sourit.

-Je… je m'appelle Khémetensen, dit-elle d'une petite voix, tu viens d'être achetée toi aussi?

Anzu hocha tristement la tête. Le sourire de Khémetensen disparut un bref moment avant de revenir sur son visage.

-Cela peut te sembler étrange mais je… je pensais qu'on pouvait devenir amie. Continua-t-elle en se grattant la joue, mal à l'aise.

Anzu écarquilla les yeux sous la surprise. Elle n'avait eu que peu d'amies dans son village, les enfants n'étant pas très nombreux et le soleil cuisant els empêchant de jouer aussi souvent qu'ils le voulaient durant l'après-midi.

-Enfin, je veux dire que maintenant que nous sommes des… esclaves, dit-elle alors que son visage se décomposait quand elle prononça le mot, nous avons besoin d'être solidaires.

Un sourire timide s'étendit sur son visage alors qu'elle questionnait du regard Anzu. Celle-ci la fixa encore quelques secondes avant de lui rendre un léger sourire.

-Anzu. Dit-elle. Je m'appelle Anzu.

Khémetensen ouvrit grand les yeux avant de lui sourire une nouvelle fois, heureuse de voir sa proposition acceptée.


Peut-être avait-elle été trop naïve de croire en ce nouvel espoir car la vie est cruel. Mais les Dieux, le sont encore plus.


Cela faisait des jours qu'ils avaient voyagé, remontant le fleuve sacrée. Toutes étaient exténuées, aussi, lorsqu'elles arrivèrent enfin à destination, elles ne purent s'empêcher de souffler de soulagement. A tort. Aussitôt qu'Anzu entra dans la villa modeste en pierre, elle sut qu'elle ne finirait pas sa vie en étant esclave, mais d'une façon bien pire. L'endroit semblait respirer tout sauf la chaleur d'un foyer. A ses yeux, il ressemblait plus à une prison déguisée en maison pour mieux attirer ses prochaines victimes.

L'emplacement semblait se diviser en plusieurs sections: Juste après l'entrée s'étendait une court où en face étaient les quartiers de leur nouveau propriétaire, on pouvait facilement le deviner en voyant le luxe que les autres ailes du bâtiment ne bénéficiaient pas. A droite de l'entrée s'étendait une écurie ainsi qu'un périmètre de jardin où deux girafes y vivaient. Enfin, Anzu et les autres filles furent mener vers la section gauche où un terrain s'étendait, la terre étrangement plus sombre. Au fond s'étendaient des petites pièces où on distinguait de la paille. A la surprise d'Anzu, elle crut apercevoir des armes à gauche de la section mais mis cette vision sur le compte de son imagination. Les hommes de mains de leurs nouvel acquéreur leur dit de s'aligner sur le terrain vague.

Avec un frisson d'effroi, Anzu vit leurs nouveau possesseur s'avancer devant elles, son regard s'attardant sur chacune de ces nouvelles marchandises.

-Je me nomme Inksou. Déclara-t-il d'une voix rauque mais néanmoins puissante. Vous devez vous demander pourquoi vous êtes ici…

Il se mit à marcher, longeant la ligne que les jeunes filles formaient. Anzu aperçu Khémetensen dont les mains tremblaient.

-Au-delà de cette villa, continua Inksou en pointant vers le nord, s'étend le royaume d'Egypte. Chaque égyptiens contribue à sa grandeur, tous ont fait, font et feront de ce pays ce qu'il est et sera. Si je vous aie acheté, ce n'est pas pour faire de vous des esclaves. Non…

Anzu le contempla d'un regard suspicieux, se maudissant intérieurement de ne pas avoir fait confiance à son instinct qui lui avait hurlé que cet homme était dangereux.

-Ces égyptiens, poursuivit-il en continuant sa lente marche, qu'ils soient noble ou artisans n'ont qu'une seule et même chose en commun. Le divertissement qu'est le combat de femmes. Et vous allez leur en donner. Vous n'êtes pas des esclaves, vous êtes des guerrières.

Sa voix fit retentirent le dernier mot dans un écho terrifiant. La plupart des adolescentes le regardaient avec un total ahurissement, se demandant si il était réellement sérieux. Hélas, Anzu vit en croisant son regard qu'il était on ne peut plus sérieux.

-Vous n'avez qu'une seule chose à faire pour cela… Dit-il avec sérieux. Tuer. Tuer votre adversaire et la foule vous aimera. Faites vous tuer et honorez Neith, déesse de la guerre! Survivre ou mourir, les Dieux décideront de votre destin.

Puis il se détourna et se dirigea vers ses quartiers, laissant son auditoire abasourdi. Anzu ne savait pas si elle avait envie de vomir ou de pleurer. C'était donc ça son destin? C'était donc pour prendre la vie à des innocentes que les Dieux l'avaient sauvée? Elle serra ses poings, se mordit la lèvre jusqu'au sang pour s'empêcher de hurler. Ses espoirs de mener une vie certes dur mais calme venait de disparaître avant même qu'elle ne les aient touché. Elle avait l'impression de tendre le bras vers le bonheur où plus elle se rapprochait, plus il la fuyait, allant toujours plus loin d'elle jusqu'à disparaître. Les menant au fond de la section, Anzu et Khémetensen se retrouvèrent sur la même paillasse où dorénavant elles dormiraient. En croisant son regard, elle sut que la jeune fille, malgré ses remparts pour cacher ses émotions, était encore plus déçue, si ce n'est effondrée face à la nouvelle. Timidement, Anzu posa sa main sur l'épaule de la jeune fille et lui fit un pauvre sourire. Khémetensen la considéra quelque instant avant de tenter de lui rendre son sourire, sans succès, à son tour et de fondre en larmes. Anzu ne put que la fixer de ses yeux bleus, comprenant enfin à quel point elle était impuissante.


Elle tremblait. Elle était terrifiée à l'idée de savoir ce qu'il l'attendait au-delà de sa paillasse. Cela faisait trois jours qu'elle et Khémetensen étaient arrivées chez leur nouveau possesseur. Cela faisait trois jours qu'elles entendaient le son d'épées qui s'entrechoquaient, les cris de souffrances de celles venaient d'être blessées. Trois jours qu'une immonde odeur de sang venait se répandre dans l'air, tel un maléfice. Trois jours qu'Anzu tentait en vain de rassurer Khémetensen ainsi qu'elle même. Trois jours qu'elles avaient appris à se connaître, à devenir réellement amie. Trois jours qu'elle priait sans relâche Isis pour sa pitié. La petite fille aux yeux bleus n'étaient pas dupe. Bientôt viendraient leurs tours d'entrer sur l'arène et de procéder à l'acte qui les répugnaient tant. Si auparavant Anzu s'était volontairement jeter sous le soleil dévastateur de Râ dans le désert, la raison principale était que c'était une mort douce. Sous la chaleur, la personne perdait connaissance et finissait par ne plus jamais se réveiller. Le désespoir de ne plus rien avoir, d'être désormais un individu dont personne n'a besoin avait poussé Anzu à accueillir la mort. Mais dorénavant, tout était différent. Dédetès avait atténué ses douleurs, lui apprenant à ressentir les émotions une nouvelle fois. Khémetensen lui avait appris ce que l'amitié était. Malgré les chances infimes de revoir Dédetès ou de pouvoir protéger sa nouvelle amie, Anzu voulait faire tout ce qui était en son pouvoir pour préserver le mince équilibre qui s'était installé au cours des derniers jours. Elle jeta un regard furtif à Khémetensen qui, recroquevillée sur elle-même, attendait comme Anzu l'heure de la sentence où elles devront affronter une autre femme pour pouvoir survivre. Les larmes picotèrent les yeux d'Anzu, continuant de couler le long de ses joues malgré ses efforts pour les contenir. A quoi bon demander clémence aux Dieux devant la bêtise des hommes, pensa amèrement Anzu.


La lumière fit soudainement intrusion alors qu'une voix rocailleuse se fit entendre. Anzu regarda un des hommes de mains d'Inksou et déglutit difficilement. C'était leur tour. Après deux jours d'attente de plus dans l'angoisse, après avoir demandé qu'un miracle se produise, ils venaient enfin les chercher pour les envoyer à l'abattoir. Anzu considéra Khémetensen dont les tremblements n'étaient pas prêts de s'arrêter. Toutes deux se levèrent et suivirent leurs bourreau à l'extérieur. Instinctivement, Anzu leva les yeux au royaume de Nout et à sa grande surprise des nuages sombres couvraient le ciel. Le nœud dans son estomac se contracta. Jamais elle n'avait vu le ciel si sombre en dehors de la nuit où Râ disparaissait pour renaître ensuite.

Ils les menèrent vers l'endroit où Anzu avait aperçu les armes, il y a déjà une semaine. Le nœud dans son estomac se contracta d'une telle façon qu'elle eut envie de rendre le pauvre déjeuner qu'elle avait reçu. Ils entrèrent dans une salle sombre où tout type d'armes leur fit face. Le visage de Khémetensen blanchit lorsqu'elle réalisa dans quelle situation elles étaient. Il n'y avait aucun chemin de retour.

-Choisissez une arme. Commanda l'homme de main d'Inksou. Une fois choisie, toi tu sors par la gauche et toi par la droite. Entrez sur le terrain une fois que votre nom est appelé. Le seul moyen de finir le combat est la mort.

Sur ces mots, il partit aussi vite qu'il était venu. Dès que la porte se referma sur lui, Khémetensen mit précipitamment la main sur sa bouche pour étouffer ses sanglots alors qu'elle s'effondrait à terre. Anzu ne pouvait que la comprendre. Que feriez vous si dans quelques instant vous alliez mourir? Résignée et terrifiée, Anzu se dirigea lentement vers une épée. La main tremblante elle saisit poignée et tentant de la levée. Avec sa force d'enfant, l'épée tomba lourdement à terre dans un bruit strident alors qu'Anzu contemplait l'arme avec dégoût. Elle reprit la poignée et traîna l'épée en se dirigeant lentement vers le couloir gauche. S'arrêtant momentanément, elle regarda au-dessus de son épaule pour observer Khémetensen encore à terre. Elle aurait voulu lui saisir l'épaule en lui disant que tout allait s'arranger. Elle aurait voulu la prendre dans ses bras et la réconforter. Cependant, Anzu ne fit rien car elle savait qu'un simple geste vers sa seule amie n'aurait fait qu'empirer son état. Le cœur lourd, elle continua son chemin sans aucun regard en arrière.


Elle était seule désormais. A son arrivée dans ce couloir de la mort, cinq autre filles, adolescentes ou femmes étaient déjà entrain d'attendre avec angoisse le moment fatidique où elle devrait se battre pour sauver leur vie, où leur instinct de survie serait leur seul atout dans ce combat. Elles étaient parties, une à une, certaines en larmes, d'autres la tête haute.

Pour la première fois de sa vie, Anzu sembla prendre conscience à quel point la vie est précieuse. Chaque inspiration, chaque son ne lui avait jamais parut aussi important qu'aujourd'hui. Elle se surprit à émettre un rire sans joie. Partagée entre la peur de la mort et la joie de savoir enfin apprécié la vie à sa juste valeur était bien une étrange sensation. Elle n'avait que neuf ans et pourtant, elle avait l'impression d'en avoir dix de plus. Lentement, elle se repassa les moments heureux avec ses parents, permettant à un sourire de se dessiner sur ses lèvres. Elle se souvenait de ses ballades au bord du Nil avec son père, lui contant les histoires des Dieux, de ces moments où sa mère lui raconterait comment elle connu son père. Mais bientôt son sourire s'effaça alors qu'Anzu se remémorait les évènements qui suivirent ce bonheur qui semblait disparut depuis bien longtemps. Son village dévasté, ses parents sans vie, sa séparation avec Dédetès, le regard glacial d'Inksou, ces jours angoissant dans l'attente, le visage de Khémetensen en larmes, et maintenant, elle-même tiraillé par tant d'émotions qu'il semblait que ses pensées n'arrivaient plus à suivre.

Une porte s'ouvrit brusquement, laissant apercevoir le même homme qui était venu la chercher lorsqu'elle était encore avec Khémetensen.

-C'est ton tour. Fit-il indifférent.

L'estomac noué, incapable de penser à autre chose que son cœur battant de frayeur, elle s'avança lentement, agrippant la poignée, tentant en vain de trouver un quelconque réconfort. Elle passa devant l'homme de main, le visage inexpressif, et posa finalement son premier pas sur le terrain sombre qui hantait ses nuits depuis des jours. Son corps bougeait de lui-même, s'avançant toujours et encore au centre, ignorant les regards des survivantes qui la regardaient, impuissantes, horrifiées à l'idée qu'une fillette de neuf ans ait à passer cette torture. Elle tourna la tête vers Inksou qui la fixait de ses yeux noirs, indifférent alors qu'il sirotait son verre.

De l'eau entra en contact avec son visage. Cependant, ce n'était pas des larmes. Elle leva les yeux au ciel et vit les nuages sombres recouvrant le bleu pour le remplacer par une inquiétante teinte grise virant sur le noir. Il pleuvait. Jamais Anzu n'avait vu la pluie et dans on raisonnement enfantin, il lui sembla que Nout pleurait avec elle. Bientôt la pluie s'intensifia alors que son adversaire était appelée. Bientôt ses propres larmes se mêlèrent à la pluie et pour la première fois de sa vie, Anzu supplia intérieurement sa protectrice Isis.

« Aidez moi. »

Puis elle posa les yeux vers son opposante.

Il lui sembla que le monde s'était arrêté, que les Dieux tentaient de tromper ses yeux, que le destin se jouait d'elle. Mais même après avoir cligner des yeux pour effacer la vison de la personne en face d'elle, elle ne pouvait rien faire d'autre que d'accepter la fatalité.

En face d'elle se trouvait le visage de Khémetensen.

Tenant elle aussi une épée avec ses deux mains, tremblante, les yeux écarquillés par la peur, Khémetensen s'était figée en voyant la figure d'Anzu se dessiner à travers l'averse. Elles se fixèrent, sans un mot, désemparées devant une telle situation.

« Pourquoi? »

Anzu le vit dans les yeux de Khémetensen. Non pas la soif de vivre mais la terreur de la mort. Elle se mordit la lèvre pour s'empêcher d'hurler son désespoir alors qu'elle sut ce qui allait suivre.

« Est-ce donc amusant… »

Dans un accès de folie provoqué par la peur, Khémetensen souleva son épée et s'élança sur Anzu avec un cri, aveuglée par sa peur. Soulevant maladroitement la sienne, leurs épées se rencontrèrent dans un bruit strident terrifiant. Son opposante ne s'arrêta pas là pour autant, et chargea une nouvelle fois avec toute ses forces.

« … de me voir souffrir? »

Pourquoi est-ce qu'il avait fallut en arriver là? Elle aurait voulu laisser Khémetensen enfoncer son épée à travers sa poitrine. Elle aurait voulu lâcher son épée et rejoindre ses parents. Alors pourquoi? Pourquoi son corps se défendait-il? Pourquoi sa main refusait de lâcher ce glaive qui représentait sa seule défense?

« Qu'attendez vous de moi? »

Khémetensen frappait sans cesse, le visage déformé par la peur. Et c'est le cœur déchiré par la tristesse qu'Anzu devait se défendre en contemplant ce visage auparavant si innocent. Les coups de son adversaire étaient plus lourd à chaque tentative pour prendre sa vie. Acculée devant une telle force du désespoir, Anzu ne pouvait que parer et se replier, impuissante et désemparée. Elle ne vit pas Khémetensen reculer pour prendre de l'élan.

« Pourquoi me faire passer ces épreuves? »

Sous la violence de l'attaque de Khémetensen, la main d'Anzu lâcha sa prise sur sa seule défense, le glaive tombant à côté d'Anzu alors qu'elle tombait elle-même au sol. Lorsqu'elle posa le regard sur Khémetensen, elle la vit au-dessus d'elle, le tranchant de son arme perpendiculaire au sol, prête à percer son corps. Anzu écarquilla les yeux sous le choc. Elle allait la tuer.

« Suis-je donc obligée d'avoir du sang sur les mains… »

Elle vit l'épée de Khémetensen s'abattre vers elle. L'adrénaline augmenta brusquement. Sa main s'agrippa une nouvelle fois à son glaive.

« …pour accomplir ce que vous me demandez? »

Du sang. Partout du sang. Le souffle court, Anzu leva les yeux vers ceux de Khémetensen, qui la fixait de la même manière. Lentement, elles baissèrent leurs regards. La main tremblante, Anzu lâcha son arme, les yeux écarquillés. Elle reporta son regard vers celui de Khémetensen, qui la fixait de nouveau. Un mince filet de sang s'écoula lentement hors de sa bouche alors qu'elle lâcha à son tour son épée. Et dans ce qui lui parut une éternité, Khémetensen porta sa main vers le glaive qui traversait son ventre avant de s'effondrer sur le sol sombre.

Anzu ne bougea pas. Elle continua de fixer le corps de son ancienne amie d'où un marre de sang se propageait.

Tout avait été si rapide. L'épée de Khémetensen s'approchant. Anzu empoignant son glaive et se laissant guider par son instinct de survie, transperçant l'abdomen de son amie, obtenant dans le processus une profonde entaille à l'épaule gauche.

Il lui semblait que la scène était irréaliste. Ce sang, ce corps encore en vie il y avait quelques instants encore, cette pluie torrentielle. Anzu restait immobile, paralysée devant son acte qu'elle ne pouvait accepter. Ce ne pouvait pas être possible. Jamais elle n'aurait fait une chose pareille. Jamais elle n'aurait pris une vie. Son esprit se refusait à accepter ces calomnies, cependant sa vison lui montrait l'horrible réalité. Khémetensen gisant au sol, baigna dans ce liquide rougeoyant, un glaive, ce glaive qu'elle avait prit, profondément placé dans son abdomen. La réalité vint alors la frapper de plein fouet. Sa voix lui revint alors, lui permettant d'exprimer son horreur, son désarroi et son choc dans un hurlement.

Et c'est au son de ce cri le plus douloureux qu'il ait jamais entendu, que l'homme de main entendit son maître Inksou lui murmurer indifféremment:

Elle fera une bonne guerrière.


Voilà ce deuxième chapitre bouclé! Honnêtement, ce chapitre ne me plaît pas du tout. J'aurais voulu insérer beaucoup plus d'émotions dans le trouble d'Anzu au début du chapitre ainsi qu'à la fin du chapitre, lorsqu'elle prend conscience qu'elle vient de commettre son premier meurtre. Je dois dire que je suis vraiment pas du tout experte en la matière pour décrire des combats ou la mort d'un personnage... J'espère m'améliorer avec le temps néanmoins! J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à faire des critiques constructives ou à me dire comment vous avez perçu ce chapitre au niveau émotionnel!

Aussi, petit zoom sur les personnages: -Dédetès veut dire littéralement « celle qu'elle donne », j'ai donc décidé de faire d'elle un personnage altruiste et généreux.

-Khémetensen veut dire littéralement « celle qu'ils ne connaissaient pas » or j'ai trouvé qu'il correspondait tristement avec la situation, car celle-ci étant condamné à mourir pour ce chapitre.

-Inksou veut dire littéralement « il m'appartient », ce qui correspond parfaitement au personnage, je pense que vous devez savoir pourquoi, mais vous verrez que ce nom prend encore plus de sens dans le chapitre qui suivra.

Merci d'avoir lu jusqu'au bout de ce long chapitre! :)