Chair et sang
One-shot en trois parties sur Walburga Black et ses fils.
Disclaimer : Les personnages et l'univers appartiennent à J.K. Rowling.
xXxXxXx
Dès le début, il avait toujours su sa place, toujours su qu'il était second. Second après Sirius, second dans l'héritage, second dans l'amour de sa mère.
Un enfant jamais réellement désiré. Un enfant sur lequel le regard ne se posait pas vraiment. Sirius brillait trop fort pour qu'on voit la lueur de Regulus. Alors, tout ce qu'il pouvait faire, c'était tâcher de rester dans son orbite, tâcher d'être le bon petit frère.
Regulus avait toujours voulu rester près du feu de Sirius – comme si rester dans son entourage pouvait lui permettre de briller. Comme si, s'il restait près de son aîné, Walburga le remarquerait.
Mais Walburga Black ne regardait pas Regulus. Le petit roi était le fils d'Orion – et Orion était déjà si peu présent. Ne restait que Sirius à qui se raccrocher. Sirius, son modèle, mais aussi celui qui le maintenait dans l'ombre. Mais il ne lui en voulait pas, pas vraiment. Il était le Premier, l'Héritier – c'était normal.
Il avait aimé Sirius. Avait aimé ses parents. Et si l'amour paternel et maternel n'avait jamais réellement été présents, Regulus avait su qu'il pouvait compter sur son frère. Il avait toujours su que Sirius serait là. « Je te protégerai de tout, Reg. » Regulus avait eu le meilleur des frères, le plus fidèle, le plus fort, le plus loyal. « Toi et moi contre le monde. »
Sirius avait changé après Poudlard. Il était revenu, arborant les couleurs rouge et or, parlant de James, de la possibilité de le voir pendant l'été, de ses amis sang-mêlé. Et Walburga avait cessé de sourire. Elle avait cessé de rire. Cette année où Sirius était à Poudlard et lui, à Grimmauld Place, Regulus avait remarqué les changements chez sa mère. Comment elle était devenue colérique, comment des crises de larmes pouvaient survenir quand elle recevait une lettre de la directrice de Gryffondor l'informant d'une frasque de son fils aîné. Comment elle marmonnait sans cesse que c'était de la faute de cet amoureux des Moldus de Potter, comment c'était la faute de Dumbledore. Que le sang de son fils avait été corrompu mais qu'elle le laverait, oh oui, qu'elle ferait tout pour lui rendre un sang des plus purs. Elle l'éloignerait de ces traîtres à leur sang, de ces ignominies, de cette vermine...oh oui, elle l'éloignerait. Son Sirius brillerait à nouveau de plein feux – il redeviendrait son fils.
Dans ces moments-là, Walburga Black semblait presque oublier son second fils. Parfois, il semblait ne tout simplement pas exister à ses yeux. D'autres fois, quand sa mère semblait presque démente, elle l'appelait Sirius. Souriant et pleurant, en disant qu'il était de retour, qu'il était à nouveau un bon fils. Elle le serrait dans ses bras à l'en étouffer, le suppliant de ne plus jamais partir.
Sa mère n'avait jamais réussi à se faire au départ de Sirius, même si ce n'était que pour Poudlard. Elle l'avait trop protégé, trop aimé. Une telle séparation la tuait, lentement. Alors, pendant ces crises-là, Regulus enfilait la peau de son frère, prétendait être Sirius pour calmer les pleurs de sa mère. Et juste ainsi, sentir une ombre de la chaleur des étreintes qu'elle lui réservait à lui. Se sentir aimé, un peu, juste un peu, même si ce n'était qu'un rôle, même si ce n'était qu'un mensonge.
Il passa sa vie à essayer d'être le reflet de Sirius, à essayer de l'égaler. Mais la copie était toujours imparfaite : moins brillant, moins beau, moins intelligent. Qu'importe où il aille, qu'importe où il soit, il était toujours « le frère de Sirius Black ». Même après Poudlard. Même chez les Mangemorts.
Regulus n'avait commencé à exister que quand Sirius avait disparu. Quand sa mère l'avait effacé de la tapisserie dans un élan de rage.
« Tu es le nouvel héritier Black, à présent. »
Par défaut. Un second choix. Une poupée juste bonne à montrer aux occasions, prête à acquiescer aux moindres questions, aux moindres désirs – pour sauver l'honneur des Black. Un pantin, pour Voldemort, pour sa famille. Une imitation de Sirius.
Mais enfin, le regard de Walburga Black ne glissait plus sur lui, enfin, elle le reconnaissait comme son fils. Il n'y avait pas de sourire sur ses lèvres, pas de fierté dans ses yeux ; juste ce savoir, juste la vérité. Et si ce n'était pas grand-chose, c'était déjà suffisant.
« Tu es de ma chair. »
Et c'était la plus belle chose que sa mère lui ai jamais dite.
Et voilà enfin la dernière partie...sûrement ma préférée (et la plus courte, malheureusement). Au contraire des deux autres, la partie sur Regulus a été largement étoffée le lendemain. Parce qu'à 2h du matin, mon cerveau commence à fatiguer et que les PoVs allaient en décroissant. Je pense que dans sa version originale, le PoV de Regulus faisait le tiers de celui de Walburga...
Inexplicablement, j'ai toujours envie d'écrire en "je" avec Regulus Ôô J'ai eu énormément de mal à me faire à la troisième personne du singulier (hence the shortness of this text), ici mais j'espère avoir quand même réussi^^
En espérant que cet OS un peu particulier vous aura plus ! =)
Sorn
PS : je pars en Erasmus dans deux jours donc...ne comptez pas sur de nouveaux chapitres de sitôt ! A dans 5-6 mois au pire (ou meilleur?) des cas !
