Les pensées de Sam sont en italique.

Chapitre 2 Un cadeau empoisonné

Matin du 25 décembre,

Ce matin là, Sam eut du mal à se réveiller, c'était comme si quelque chose la retenait. Alors que son esprit s'éveillait lentement, son corps réclamait encore un peu de repos. Ses paupières étaient lourdes et son cerveau embrumé. Finalement, se tirant avec difficulté de son lit douillet, elle descendit discrètement les escaliers pour se rendre au séjour en évitant de réveiller toute la maisonnée.

Arrivée en bas, elle se figea sur la dernière marche de l'escalier. Visiblement, pendant la nuit le salon s'était transformé. C'était bien la même maison mais la pièce paraissait plus lumineuse, certains meubles avaient changé de place, d'autres avaient été remplacés, la peinture des murs était différente. Tout étaient plus... féminin. Jack s'affairait à préparer le petit déjeuner apprêté d'un tablier blanc sous ses yeux ébahis. Mais il n'y avait pas trace de Teal'c ou de Daniel. Perplexe, elle fronça les sourcils. Quelque chose n'allait décidément pas.

« Sam ? Ça ne va pas ? demanda Jack, inquiet devant l'expression de la jeune femme.

- Si, mais qu'est ce qui s'est passé ici ? » dit-elle en désignant la pièce du doigt depuis sa marche d'escalier.

Ce fut au tour du militaire d'être décontenancé. Il ne comprenait pas la réaction de Sam. Après tout, c'était elle qui avait voulu réaménager le chalet.

« Ça ne te plait déjà plus ? s'étonna-t-il.

- Non, non, c'est magnifique mais j'ai juste un peu de mal à m'habituer au changement. » répondit-elle pour sauver les apparences.

Encore un peu sous le choc, elle s'approcha doucement de la table à manger juste devant elle, en face des escaliers. Sur la table tout était en double : deux assiettes pleines de pancakes au sirop d'érable, deux tasses de café fumantes et deux grands verres de jus d'orange.

« Où sont passés Teal'c et Daniel, mon Colonel ?

- Mon Colonel ? s'étonna Jack en s'étouffant dans son verre de jus d'orange. Teal'c et Daniel ? continua-t-il. Tu es sûre que tout va bien?

- Euh... oui je crois.

- Teal'c est reparti sur Chulak et Daniel est resté à Colorado Springs pour passer les fêtes de fin d'année avec Janet et Cassandra, poursuivit-il devant la mine interrogatrice de Sam.

- Mais... mais... on... je veux dire je..., bafouilla-t-elle incapable d'aligner deux mots.

- Tu devrais aller te recoucher, chérie. » dit Jack en l'embrassant tendrement.

« CHERIE ? UN BAISER ? Okaaay, se dit-elle. Je comprends, on dirait que mon voeu a bien fonctionné finalement. NON. Je dois être en train de rêver. Je vais bientôt me réveiller. »se raisonna-t-elle.

Elle se pinça violemment le bras pour voir si elle était bien consciente ou non. Cela eut pour seul effet de lui provoquer une terrible douleur incendiaire. Elle resta prostrée sur sa chaise quelques minutes histoire d'encaisser la nouvelle. « Cela signifie qu'ici beaucoup de choses ont dû changer.

Visiblement, le programme Stargate existe toujours et ils en font parti, sinon ils ne connaîtraient pas Teal'c. Mais est-ce que je dois expliquer à Jack ce qui m'est arrivé ou pas ? Non, c'est probablement une mauvaise idée ».

Alors que son cerveau bouillonnait et qu'elle s'empêtrait dans ses pensées, il lui sembla entendre un téléphone sonner. Quelques minutes plus tard elle entendit le fracas de la vaisselle qui se casse. Jack accouru vers elle ostensiblement anxieux et pressé.

« Sam, dépêche toi, la Terre est attaquée, un vaisseau-mère goa'uld est en train d'entrer dans l'atmosphère au dessus de Washington, s'écria-t-il. Un hélico passe nous chercher.»

« Je ferais peut-être mieux de lui dire alors. »se questionna Sam, toujours figée sur sa chaise.

« Sam qu'est ce que t'attends ? la rappela Jack en lui lançant sa tenue de treillis militaire qu'il venait de sortir d'une grande armoire française en bois de chêne sombre.

- Oui, oui je m'habille. »

Quand elle voulu enfiler sa veste, elle remarqua que là où était brodé son nom il n'y avait pas son grade. Elle se dit qu'elle devait sûrement être civile ici. Quoi qu'il en soit le voeux qu'elle avait fait la veille avait eu des répercussions considérables sur la réalité, si c'était bien sa réalité. Les goa'ulds attaquaient, c'était inconcevable dans son esprit.

Les pales de l'hélicoptère qui était en train de se poser derrière la maison près du lac soulevaient sur leur passage la neige fraîche et les épines de sapin, créant un nuage froid et léger devant eux. Jack cria à Sam de se diriger vers l'appareil alors qu'il n'avait pas encore atteint le sol. Elle y monta la première et l'hélico repartit aussitôt que Jack eut embarqué.

Ils atterrirent quelques heures plus tard au Pentagone. Daniel les attendait déjà sur le tarmac, les mains dans les poches, l'air soucieux.

« Teal'c n'est toujours pas là ? lui demanda O'Neill.

- Non, il est bloqué sur Chulak, la Porte des étoiles est hors service pour le moment.

- Le contraire m'aurait étonné. Et à part ça, les petits génies du Pentagone ont-ils un plan ?

- Pour l'instant ils essaient d'analyser la situation. Il y a un vaisseau-mère en vol stationnaire au dessus de la Maison Blanche et la population panique. Les gens semblent migrer en masse vers le Sud.

- On n'a pas encore subi d'attaque ?

- Si, la Maison Blanche est complètement occupée par les Jaffas d'Apophis, et des chasseurs de la mort font régulièrement des raids dans la ville. Sûrement pour effrayer les habitants. Autre chose : les autorités ont ordonné une attaque massive de chasseurs pour contrer la menace. Ils ont tous été immédiatement descendus soit pas les systèmes du vaisseau, soit par les chasseurs de la mort. C'est impossible de s'approcher du vaisseau-mère à moins de 300 mètres. Et de toute manière, leur bouclier nous empêche d'entrer.

- On est dans de beaux draps.

- C'est rien de le dire. » conclut Daniel.

Sam faisait face avec plus ou moins de calme. Tandis qu'ils se dirigeaient ensemble vers le bâtiment, elle restait pensive, la tête inclinée vers le sol. Dans cette nouvelle réalité, Apophis était donc toujours bien en vie et ne semblait pas vouloir s'avouer vaincu de si tôt. Elle se reprit en main rapidement, l'heure était grave. Il fallait qu'elle parle à Jack de sa situation.

« Je crois que je n'appartiens pas à ce monde, Jack. Les visages et les lieux me sont familiers mais ce n'est pas ma vie. Quelque chose a changé.

-Tu QUOI ? s'exclama-t-il.

- Ne crie pas trop fort. Je ne veux pas que cela se sache.

- Dans la situation où nous nous trouvons actuellement, rien ne me paraît plus invraisemblable, Sam.

- C'est vrai, avoua-t-elle.

- Et selon toi, que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui a changé ?

- Tout, hier encore tu étais mon supérieur et j'étais toujours dans l'armée. Et du jour au lendemain, je suis devenu une civile...

- Ça fait un an que tu as démissionné Sam, répondit-il, décontenancé.

- Ecoute, je ne sais pas ce qu'il s'est réellement passé le soir de Noël, mais ce monde n'est pas le mien. J'en suis sûre. »

Jack avait un peu de mal à encaisser la nouvelle même s'ils en avaient déjà vu de toutes les couleurs. Cette situation était nouvelle. Il se passa la main nerveusement dans les cheveux et sur le visage.

« Bien, tu as raison, mieux vaut ne rien dire à personne pour l'instant. On réglera ce problème après celui des serpents. » continua-t-il.

Par réflexe, il tendit la main vers le visage de Sam pour le rapprocher de lui afin d'embrasser tendrement son front, mais il arrêta son geste. Il ne savait plus comment se comporter avec elle. Il avait l'impression d'avoir en face de lui la merveilleuse femme avec qui il avait partagé tant de choses et qu'il connaissait si bien alors que finalement ce n'était plus qu'une étrangère. Il abaissa son bras, scruta son regard bleu pour y chercher les réponses à ses questions. Puis, découragé, il soupira et quitta le mur sur lequel il était adossé.

Ils sortirent en silence du bureau qui avait été assigné temporairement à SG1 face à la situation de crise et rejoignirent le reste des personnes chargées de résoudre le problème dans une salle de conférence aménagée. En les voyant approcher le major Davis se leva.

« Puisque tout le monde est là, on peut commencer.

- Faites donc Major, l'invita Jack.

- Au lieu d'une attaque frontale nous allons tenter une attaque furtive avec très peu d'hommes. Je ne vous cache pas que cela s'apparente à une mission suicide mais dans notre situation nous n'avons plus le choix. »

Le général Hammond continua.

« Cinq d'entre vous feront diversion, pendant que Jack s'infiltrera dans le vaisseau au moment où ils baisseront son bouclier pour laisser sortir les chasseurs de la mort. Jack, vous savez quoi faire.

-Oui, Général.

Sam resta sur sa faim, elle attendait ses ordres mais rien ne vint.

« Et moi ? »

Sa réaction provoqua un silence momentané dans la salle.

« Comment ça « Et vous ? » ? continua Hammond. Cette mission est trop risquée. Je ne peux pas envoyer de civil sur le terrain.

- Ah oui en effet. Comment puis-je malgré tout apporter mon aide ?

- Montre-moi où placer les bombes pour faire le plus de dégâts possible. » répondit Jack.

Ils partirent de leur côté vers un panneau en liège où était accroché une carte du vaisseau-mère. Les autres reprirent également leurs activités afin de préparer la mission.

Malgré le fait que le colonel O'Neill ici n'était pas vraiment SON Jack, elle était inquiète. Après tout, il avait ses traits, sa douceur, son humour, toutes ses petites manies et expressions. Toutes ces choses qui faisait qu'il était Jack O'Neill. Elle ne voulait pas le voir mourir. Et peut-être que cet endroit loin de sa réalité était enfin sa chance d'être heureuse avec lui. De toute manière pour le moment elle n'avait aucun moyen de repartir chez elle. Alors à l'heure actuelle, sa vie était ici.

A suivre ...