Dislaimer : Twilight bla bla bla Stephenie Meyer

Chapitre 5. Edward

POV Edward

Je regagnai ma voiture sans me retourner. Si je le faisais, je n'étais pas certain de pouvoir résister à l'envie de retourner vers Bella. Et je ne savais pas si je pouvais compter sur mon self control pour me retenir. Je mis le contact et démarrai sur les chapeaux de roue. Un peu de vitesse me ferait passer l'envie de faire demi-tour.

Je regagnai rapidement la villa qui se trouvait sur les hauteurs de Seattle et où nous habitions avec ma famille. Alice m'attendait sous le porche, un sourire espiègle aux lèvres. Ca ne laissait présager rien de bon.

Je préférai te prévenir, Emmett va te faire vivre un enfer…. Génial ! Je pouvais toujours compter sur lui pour m'expliquer ce que j'aurais dû faire avec Bella et ce, depuis le début.

J'avais à peine rentré la voiture dans le garage qu'un bruit de pas dévalant les escaliers se fit entendre. Il n'allait même pas me laisser cinq minutes de répit. La porte s'ouvrit violemment et Emmett vint à ma rencontre, accompagné de Jasper. Si lui aussi s'y mettait, la soirée promettait d'être longue.

Je suis là uniquement pour t'empêcher de lui arracher la tête. Considère-moi comme un casque bleu ! C'est déjà ça.

« Alors Ed ? » S'écria Emmett en venant jusqu'à moi « Où ça en est avec la fille Swan ? »

« Emmett, fais moi plaisir, lâche moi ! » Répondis-je en me dirigeant vers le salon. Si seulement il pouvait écouter ce qu'on lui disait pour une fois !

« Tu crois quand même pas que je vais te laisser tranquille….Si ? » obtint-je pour toute réponse.

« J'ai eu le malheur de croire un instant… » Je me retournai pour lui faire face. Un peu trop rapidement, vu que Jasper le percuta de plein fouet. Le bruit fut semblable au tonnerre. « … cette éventualité possible, effectivement ! »

« Bordel, Jasper, regarde devant toi ! » s'écria Emmett « et toi, si t'as cru ça possible, c'est que t'es encore plus con que t'en as l'air ! » dit il en me pointant un doigt sous mon nez. « Bon, raconte ! Ca y est ? Elle est toujours vivante ? Les choses sérieuses ont enfin commencés ? » Il me fit un clin d'œil qui fut la goutte d'eau de trop. Mais Jasper était là et un sentiment de sérénité m'envahit et je retins difficilement un sourire. « Em', fais moi plaisir, laisse tomber, tu veux ? » Emmett n'étant pas non plus insensible au pouvoir de Jasper, il me donna une tape sur l'épaule et rejoignit Rosalie sur le canapé. Il ne faudrait pas longtemps avant que ces deux là ne s'éclipsent…Discrètement ou non.

« On ne le changera plus je pense… » Dit Jasper en se mettant à mes côtés.

« Pas la peine d'essayer, je n'ai pas envie d'en parler c'est tout. Que ce soit avec lui ou avec toi » rajoutais-je après un moment.

« T'en es certain ? » Je savais qu'il était temps de fuir quand Jasper vous regardait avec ce regard. Ou alors, j'allais lui déballer tout ce dont il avait envie.

« Fous-lui la paix mon amour. » Alice vint vers nous en sautillant et se jeta dans les bras de Jasper. J'en profitai pour prendre mon courage à deux mains et fuir.

« Tu t'en tireras pas toujours comme ça Ed ! » Me lança Jasper. J'avais horreur quand ils m'appelaient Ed ! Je me dirigeai vers mon piano, espérant avoir un peu de tranquillité. Je posai mes doigts sur les touches, attendant l'instant où je saurai quoi jouer, où les notes me viendraient instantanément à l'esprit. Mais ce moment ne vint pas. Je n'avais qu'une seule chose en tête, Bella. Instantanément, l'envie de jouer disparu. Je passai mes mains sur mon visage et fermai les yeux. Quand je les rouvris, Alice était assise en tailleur à mes pieds.

« Alice, je n'ai pas…. » Commençais-je.

« Ca s'est si mal passé que ça ? Je n'ai rien vu de… » Me coupât-elle.

« Non, c'est pas ça. C'est juste que… »

« C'est juste que quoi Edward ? Tu es revenu ici pour la voir, lui parler, faire ce que tu aurais dû faire il y a trois ans. Tu ne vas pas encore fuir devant elle non ? » L'image de Bella transformée en vampire s'imposa dans son esprit. Je l'ai vu Edward, et c'est toujours le cas trois ans après. Appelle ça le destin ou ce que tu veux mais ça se produira.

« Laisse-moi Alice…S'il te plait. » demandais-je. Je ne pouvais toujours pas faire face à l'éventualité que Bella soit transformée. Qu'elle devienne un monstre comme moi.

Arrête de te prendre la tête Ed' ! Jasper, le retour. « Tu comptes faire quoi ? Fuir à nouveau et retourner près d'elle la nuit pour l'espionner ? »

« C'est vrai que tu virais pathétique et limite pervers Eddy ! » Lança Emmett depuis le salon.

J'ouvris la bouche pour répliquer mais la refermait aussitôt. Après tout, il n'avait pas tort. Pour une fois…

Sachant que ce n'était pas en restant ici que j'aurais un peu de paix, je me levai et sortis. Je captai de vagues excuses de Rosalie de ne pas avoir su retenir Emmett et, une fois la porte refermée, je commençai à courir. Je croisai Carlisle qui revenait de son travail et répondis par un bref et rapide hochement de tête à sa question silencieuse. D'ailleurs, pourquoi ça ne se serait pas bien passé ? Je m'étais plus que préparé pour ce rendez vous. J'avais chassé jusqu'à plus soif avant d'y aller. Et à force de me tenir près de Bella sans qu'elle le sache, je n'étais plus aussi sensible à son odeur qu'auparavant. Mais étais-je prêt pour autant à prendre le risque d'aller plus loin avec elle ? En partant, bien entendu, du principe qu'elle voulait elle aussi, aller plus loin.

Sans m'en rendre compte, ma course m'avait amené à la clairière. Celle où je me rendais régulièrement quand nous habitions encore Forks. Forks. Une ville ennuyeuse, où rien ne venait perturber le lent défilement de mes jours et de mes nuits. Jusqu'à son arrivée. J'avais capté l'excitation due à l'arrivée d'une nouvelle. Avant même de la voir en chair en en os, je savais déjà à quoi elle ressemblait grâce aux pensées des gens qui m'entouraient. Et quand était venu le temps de midi, je m'étais préparé à entendre une nouvelle voix dans ma tête. Ce ne fût pourtant pas le cas. Je ne « l'entendais » pas. Je ne captai aucune de ses pensées. Chose qui ne s'était jamais produite depuis ma transformation. C'était suffisamment étrange pour que cela m'intrigue. J'avais cru un instant, peut être deux secondes tout au plus, que mon don venait de m'échapper. Que l'enfer d'entendre perpétuellement les pensées d'autrui était terminé. Jusqu'à ce que Jessica ressente de la jalousie pour Bella. Elle n'avait pas pu lui dire ce que je venais d'entendre. Elle n'était qu'une idiote sans cervelle mais quand même pas à ce point.

Quand j'avais vu Bella entrer dans la salle de biologie, j'avais juste ressenti de la pitié envers elle. La seule place encore disponible était à mes côtés et je n'étais pas susceptible de remporter le titre du gars le plus populaire et le plus sympa au bal de fin d'année. Et puis, son odeur m'était parvenue. Une odeur totalement irrésistible. J'avais passé tout le cours à mener un combat intérieur intenable. J'étais prêt à tuer une vingtaine d'adolescents sans le moindre remords pour pouvoir sentir son sang couler dans ma bouche. Pour que son odeur ruisselle dans ma gorge.

Le temps a une toute autre signification pour nous, qui sommes presqu'immortels, mais là, il passa avec une lenteur désespérante. J'étais réellement prêt à attaquer Mike Newton, qui se trouvait être le plus proche de moi, quand la sonnerie avait retentit, lui sauvant ainsi la vie. Ainsi que probablement celle de tous ceux qui se trouvaient avec moi. Je m'étais enfui, j'avais regagné la villa et expliqué la situation aux autres. J'étais tout d'abord parti seul rejoindre le clan de Dénali mais ma famille m'avait rejoint très vite, en comprenant qu'il m'était impossible de supporter cette tentation perpétuelle.

Au bout de quelques temps, quand ma colère envers Bella s'était calmée, j'en avais discuté avec Carlisle. Il m'avait convaincu qu'elle n'était pas responsable de tout ça comme je me plaisais à croire. Pourtant, il m'avait avoué n'avoir jamais ressenti une telle envie au long de son existence. Lui et Eléazar s'étaient penché sur la question mais n'avait pas trouvé de réponse. Le reste de ma famille trouvait cela amusant d'habiter à nouveau à Dénali et, pendant tout un temps, la vie y fut effectivement agréable. Tanya avait même eu la délicatesse de ne pas reprendre ses assauts et je lui en étais reconnaissant. Par contre Emmett s'était amusé tout un temps à me demander sans cesse quand je comptais retourner à Forks pour y commettre le seul meurtre que la ville ait connu depuis 1876. Seule la douceur et la gentillesse d'Esmée avait pu y mettre un terme.

J'essayai tant bien que mal de faire que ma vie reprenne son cours habituel mais je n'y parvins jamais. A n'importe quel moment, Bella s'introduisait dans mes pensées. Jusqu'au jour où j'en arrivais à la conclusion qu'une simple humaine ne pouvait pas avoir autant d'emprise sur moi. Ce jour là, je chassai jusqu'à plus soif et vers 22 heures, je pris le chemin de Forks. La première fois, je ne restai que cinq minutes près de sa maison. Son odeur était partout et ma gorge brûlait d'un feu indescriptible. Malgré tout, j'y retournai le lendemain. Et le surlendemain.

En fait, j'y retournai tous les jours.

J'avais appris à la connaître, j'avais été le témoin invisible du déroulement de sa vie grâce à l'esprit des gens qui l'entouraient. Plus de mille fois, j'avais ressenti l'envie d'ouvrir la fenêtre qui me séparait d'elle et de me coucher à ses côtés mais à chaque fois, j'avais réussi à rester à l'écart. Même quand elle avait commencé à sortir avec Jacob Black. Même quand ce dernier était mort. Même quand elle avait perdu tout espoir. Même quand elle s'était perdue elle-même. Mais quand j'avais appris qu'elle allait rentrer à l'université, je n'avais pas pu résister. Nous nous étions installés à Seattle depuis quelques temps déjà et je dois reconnaître que l'occasion était trop tentante pour que je ne la saisisse pas. Surtout depuis que je savais que l'emprise de son odeur sur moi ne me donnait plus envie de la tuer.

Pourtant entre penser être capable de faire quelque chose et le faire réellement, il existe une énorme différence. Mais la maladresse de Belle avait simplifié les choses. Je n'avais plus à être un mec bizarre qui ne savait pas comment l'aborder, je devenais juste quelqu'un contre qui elle s'était cognée. Je devais reconnaitre que quand ça s'était produit, ma seule peur avait été qu'elle se soit cassé quelque chose sous le choc. Un rapide coup d'œil m'avait rassuré et j'avais à nouveau respiré normalement. J'avais intentionnellement gardé un de ses livres, le dissimulant trop rapidement pour que sa vision humaine capte le moindre mouvement de ma part. Mais une fois de nouveau devant elle, je m'étais retrouvé sans savoir quoi lui dire. Je n'avais pas envie de faire la démonstration de mes pouvoirs vampiriques sur elle. J'en étais arrivé au point où son bonheur passait avant toute chose et je ne voulais pas qu'elle m'aime pour ce que je n'étais pas. Du coup, j'avais dû passer pour un con fini à ses yeux…ce qui ne m'avait pas empêché de retourner passer la nuit sur une branche de l'arbre qui se trouvait devant chez elle. Et c'était là, au cœur de la nuit, que je l'avais entendue murmurer mon prénom dans son sommeil. Si mon cœur avait encore battu, j'aurais très certainement fait une attaque. J'avais tout d'abord pensé qu'elle m'avait vu. N'entendant aucun mouvement inhabituel, j'en avais déduit qu'elle devait rêver de moi. La pensée qu'elle pouvait cauchemarder ne m'effleura même pas. Mes lèvres s'étirèrent en un sourire idiot et je ressentis une sensation qui ne m'était guère familière : j'étais heureux. Vraiment.

Quand j'étais rentré chez moi cette nuit là, Alice était venue me trouver en m'expliquant qu'elle avait eu une vision de moi et Bella au restaurant. Je l'avais d'abord envoyé se faire voir ailleurs. Je voulais réfléchir seul à la possibilité d'inviter Bella. Après tout, je pouvais me permettre de l'inviter. Nous avions déjà parlé, elle avait remarqué que je l'attendais à chaque fois qu'elle sortait d'une classe. Quoi de plus normal ? Il avait pourtant fallu qu'Emmett me menace d'aller l'inviter lui-même en mon nom pour que je me décide à le faire. Et voilà. La soirée s'était passée beaucoup mieux que prévu, même si j'avais eu quelques montées de stress en me rendant compte que je me dévoilai peut être un peu de trop. Cela pourrait devenir un problème si je n'y prenais pas garde. Avec Bella, je me laissai aller un peu trop facilement à ma véritable nature. Mais elle était toujours vivante. Ma gorge était toujours un brasier incandescent quand je me trouvais à ses côtés mais cela restait supportable. Grâce à elle, à sa présence. Beaucoup de choses changent en nous quand nous nous transformons. La force de notre attachement aux gens également. Je ne pouvais désormais plus nier l'évidence. J'étais totalement et irrévocablement amoureux de Bella Swan.

Me rendant compte que le soleil allait bientôt se lever, je jugeai plus prudent de regagner Seattle au plus vite. Espérant qu'il ferait suffisamment couvert pour que je puisse sortir aujourd'hui, je partis en courant à travers les bois.

Une fois arrivé chez moi, vers sept heures du matin, je me rendis compte qu'il y avait pourtant de fortes chances que je ne puisse pas sortir aujourd'hui. Le soleil était éclatant et aucun nuage n'apparaissait à l'horizon. Ma bonne humeur s'envola aussitôt et ce fut avec un geste rageur que j'ouvris la porte. Esmée et Alice se tenaient dans le hall, arrangeant un bouquet de freesia dans un vase.

« Pas la peine de faire cette tête, il va bientôt pleuvoir, suffit d'attendre encore quinze petites minutes ! » Me rassura Alice.

« T'en es sûre ? » Ne pus-je m'empêcher de lui demander.

Est ce qu'une seule fois, je me suis trompée dans les prévisions météo ? Elle pensa cela en fronçant les sourcils comme si je venais de remettre en compte toutes les visions qu'elle avait eue jusqu'à présent. « Je ne pense pas, alors, arrête de te prendre la tête, tu vas la voir aujourd'hui et ça risque de plutôt bien se passer… » Ajouta-t-elle en souriant. Je n'eus pas le temps de voir ce qu'elle entendait par là car elle se mit à songer à l'hymne national ukrainien et je montai dans ma chambre avant d'en avoir entendu suffisamment pour l'avoir en tête moi aussi pour la journée.

Peu de temps après, et comme l'avait dit Alice, une fine pluie se mit à tomber. Je pris mes affaires et descendis jusqu'au garage, où se trouvait déjà Rose et Emmett. Ces derniers étaient occupés à améliorer le moteur de la Ferrari d'Alice, car celle-ci la trouvait un peu trop lente à son goût. Avant qu'Emmett ait eu le temps d'en placer une, j'étais déjà à l'intérieur de ma voiture. J'actionnai la télécommande de la porte du garage et elle s'ouvrit silencieusement. Je fis rapidement demi tour et pris la route de l'université. Je connaissais par cœur l'emploi du temps de Bella et je savais que je ne la verrai pas avant treize heures, mais il y avait toujours une chance qu'elle traîne à la bibliothèque. Mes cours n'avaient pas grande importance, j'avais déjà obtenu trois fois un diplôme en droit, dont deux fois à Harvard. Il y avait même beaucoup de cours où j'aurais pu donner des leçons aux profs. Mais je n'étais pas là pour me faire remarquer.

Une fois garé sur le parking, je passai en revue l'esprit des gens se trouvant près de moi pour savoir s'ils n'avaient pas aperçu Bella mais ce fut un échec total. Ou alors, ils ne l'avaient pas remarquée. Mais c'était tout bonnement impossible de passer à côté de Bella sans se souvenir d'elle. Il fallait que je me rende à l'évidence, elle n'était pas encore là, malheureusement.

A midi, je me dirigeai vers la bibliothèque, espérant de tout cœur qu'elle soit là. J'aurais déjà pu y aller bien avant mais je ne voulais pas être déçu une nouvelle fois. Quand je poussai la porte, je fus tout de suite rassuré. Son odeur était présente partout, elle éclipsait toutes les autres. Me fiant plus à mon odorat qu'à ma vue, je me faufilai à travers les étagères pour arriver devant la table où se trouvait Bella. Elle avait installé un nombre impressionnant de livres autour d'elle et cachai sur ses genoux un sandwich dans lequel elle s'apprêtait à mordre. Je m'éclairci la voix et elle leva la tête, avec l'expression de quelqu'un qui se trouve pris en train de commettre un crime.

« Je sais qu'on ne peut pas manger ici mais… » Lâchât-elle précipitamment « …Oh, c'est toi… » Dit elle en me voyant.

« Tu es au courant qu'on ne condamne plus à mort les gens qui mangent dans les bibliothèque ? » Lui demandais-je en souriant.

« Tu dis ça parce que tu n'as pas encore fait connaissance avec l'affreuse bonne femme qui travaille ici. C'est à peine si on a le droit de respirer en lisant ses bouquins ! »

« Vraiment ? Et à quoi ressemble cette terrifiante gardienne du savoir ? »

« A ça. » Me répondit Bella en pointant du doigt une femme d'une cinquantaine d'année, coiffée d'un chignon tellement serré qu'on aurait pu se demander si ses yeux n'allaient pas sortir de leurs orbites. Les rides qui entouraient sa bouche laissaient comprendre qu'elle n'avait pas dû sourire souvent dans sa vie. Pourtant, quand je scannai son esprit, les pensées salaces qu'elle avait envers moi me laissèrent pantois et je me dépêchai de fermer mon esprit à ses pensées.

« Effectivement. On ne peut pas dire qu'elle ait l'air très… cordial. » Mais l'air ne faisait pas la chanson et ses pensées laissaient entrevoir…Mieux valait ne pas savoir ce qu'elle avait en tête en cet instant ! « Que comptes-tu faire cet après midi ? » repris-je en m'asseyant en face de Bella. Je ne pouvais pas me détacher de ses prunelles couleur chocolat.

« Super programme cet après midi ! Quatre heures de philosophie…J'ai bu deux litres de café en prévision mais même avec ça, je ne suis pas sûre de parvenir à rester éveillée. »

« Tu veux que je t'aide ? » Proposais-je sans savoir moi-même ce que je disais. La preuve était faite que je ne me contrôlais plus vraiment en sa présence.

« Euh…de quelle façon ? » demanda-t-elle, ses joues se colorant d'une appétissante rougeur. Je devais absolument fixer mes yeux autre part que sur ses joues.

« Eh bien, je pourrais t'accompagner par exemple. » Dis-je en tournant la tête vers les fenêtres.

« Oh…Euh…Tu serais prêt à affronter ça pour m'aider ? »

« Ca ne doit pas être si terrible que ça quand même…Si ? »

« Même un insomniaque s'endormirait au bout de quatre heures de philo. Mais c'est trop tard, tu as proposé et j'accepte ! » S'esclaffa-t-elle en se levant. Je me levai à mon tour et nous nous dirigeâmes vers le bâtiment où se trouvait sa salle de cours.

J'avais cru que Bella exagérait quand elle m'avait parlé de ce cours. Mais je devais admettre qu'elle était encore loin de la vérité. Ce type était aussi emmerdant à écouter qu'à regarder. Et ses pensées étant du même niveau, je n'avais d'autres choix que de laisser mon esprit vagabonder. Mais après avoir fait le tour de la trentaine de personnes qui subissaient avec nous cette torture, je me promis que c'était la première et la dernière fois que je mettais un pied ici. La moitié de la salle dormait effectivement et l'autre moitié s'occupait comme elle pouvait. Bella dessinait des arabesques sur sa feuille mais le battement ininterrompu de son pied contredisait son apparente impassibilité. Elle soupirait de temps en temps et regardait sa montre approximativement toutes les cinq minutes. Mais elle ne pouvait apparemment s'empêcher de regarder dans ma direction quand elle croyait que je ne la voyais pas. Malheureusement pour elle, ma condition me conférait une excellente vision, mais ça, elle n'avait pas à le savoir. Je m'en amusai un certain temps, me concentrant sur un point fixe, comme si je m'ennuyais également. Je pouvais voir sa tête bouger imperceptiblement vers moi, elle me regardait quelques secondes puis replongeait ses yeux vers sa feuille. N'y tenant plus, j'attendis avec impatience la prochaine fois où elle lèverait les yeux pour croiser enfin son regard. Je perçu un infime mouvement de son côté et tournai ma tête vers elle. Surprise, elle rougit, ouvrit la bouche, la referma et me sourit. Je lui souri à mon tour et ne put m'empêcher de remettre une de ses mèches folles derrière son oreille. En faisant cela, je pouvais percevoir la chaleur de sa peau, qui contrastait avec la froideur de la mienne. Mon corps perpétuellement froid était un autre problème. Mais j'étais trop bien avec elle pour seulement y penser. Et puis, je ne pouvais pas réfléchir rationnellement à ses côtés.

Tout a une fin, et malgré ce que j'avais fini par croire, ce cours se termina également. Quand le prof se mit à ranger ses affaires, Bella se leva et s'étira. Les courbes harmonieuse de son corps de dessinèrent et si du sang avait encore coulé dans mes veines, c'est pour une fois moi qui aurait rougi. Une chance pour moi, la pâleur de ma peau contredisait la chaleur qui avait enflammé mon cerveau et mon ventre.

« J'ai cru que j'allais mourir d'ennui. Tu avais raison, ce cours est d'un ennui mortel ! »

« Tu me crois si je te dis qu'un moment, j'ai envisagé que j'étais morte et que je m'étais retrouvée en enfer, condamnée à suivre ce cours pour l'éternité ? »

« Et qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? » Demandais-je. Elle se mordit pensivement les lèvres et fit tout pour ne pas croiser mon regard.

« C'est…c'est beaucoup trop embarrassant pour que je te le dise ! » Finit-elle par dire.

« C'était gênant à ce point-là ? Vraiment ? » Je ne pus m'empêcher de sourire en voyant sa tête.

« Oui, vraiment Edward. » Bon, ok, pas la peine d'insister. Nous marchions tranquillement dans le couloir, sans faire le moins du monde attention à ceux qui nous dépassait d'un air pressé. Une fois arrivés à la sortie, Bella s'arrêta et passa la main dans ses cheveux. « Bon, ben voilà, je dois te laisser, je dois prendre le bus pour rentrer chez moi et j'ai pas envie de le rater. »

« Problème de voiture ? » m'enquit-je. Il me semblait impossible que je ne la verrai plus avant demain. Je devais tout faire pour prolonger ce moment.

« Elle a refusé de démarrer ce matin. Un garagiste est venu la remorquer mais il n'a évidemment pas la pièce. Ils n'ont jamais la pièce, à croire qu'ils travaillent tous dans des ateliers vides. » Son rire résonna comme un doux carillon à mes oreilles, et je me joignis à sa gaité. « Mais bon, du coup, j'en ai pour deux semaines minimum à prendre les transports en communs. Et par ce temps… » La pluie s'était remise à tomber et beaucoup plus fort que ce matin.

« Hum…je vois…ca te dirait que je te ramène jusque chez toi ? » Tout pour passer un peu plus de temps avec elle.

« Oh mais, ça te fait faire un fameux détour non ? »

« C'est pas un souci, si je te le propose c'est que ça ne me dérange pas. »

« Dans ce cas… » Et à nouveau, son merveilleux sourire.

Une fois à l'intérieur de la voiture, un silence presque gênant s'installa. Pour une fois, la route était plus ou moins dégagée et nous fûmes rapidement devant chez elle. Je me garai et me tournai vers elle. Bella me sourit, me remercia et se mit à se débattre avec sa ceinture de sécurité. Profitant de son inattention, je sorti et lui ouvrit la portière. Elle venait juste de réussir à débloquer sa ceinture et me regarda d'un air gêné. Pourvu que j'aie été assez lent pour faire le tour de la voiture.

« Toujours la galanterie hein ? Tu es au courant que je sais ouvrir une portière toute seule ? »

« Peut être mais je n'aurais pas alors l'occasion de t'accompagner jusqu'à ta porte. »

« Tu me sers de garde du corps maintenant ? » dit-elle en s'extirpant de la voiture. Elle ignora ma main tendue et se tourna vers moi.

« Non mais je veux bien te servir de chauffeur si tu veux ! » Quel meilleur moyen d'être certain de la voir tous les jours qu'en venant moi-même la chercher ? Sa mauvaise humeur fondit instantanément et elle me sourit.

« Tu…Tu viendrais vraiment me chercher tous les jours ? »

« On va au même endroit non ? »

« Oui, bien sûr mais….Bon, ben, ok alors si tu es certain que ça ne te dérange pas… »

« Je devrais te le dire combien de fois ? Si je te le propose… »

« C'est que ça ne te dérage pas » terminât elle à ma place

« Exactement. » Si Emmett avait été présent, il m'aurait déjà hurlé de l'embrasser et j'en mourais d'envie bien évidemment mais je n'avais pas envie de prendre le risque qu'elle me rejette. Nous restions donc là, tout les deux face à face et ne sachant ni l'un ni l'autre quoi faire. Bella fini par baisser la tête en inspirant profondément. Quand elle releva les yeux, ils étaient remplis d'une détermination que je ne lui avais encore jamais vue. Elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa ses lèvres sur les miennes. Des terminaisons nerveuses dont j'ignorai l'existence se réveillèrent soudainement dans mon cerveau. La douceur de ses lèvres sur les miennes, son corps qui se collait au mien, ses seins se plaquant contre mon torse, son odeur tellement captivante et si proche…Je reculai, encore sous le choc de ce qui venait de se passer.

« Oh Edward ! Je suis…Je ne…Désolée. » Dit elle en se méprenant sur ma réaction. Elle se dépêchait déjà de regagner son appartement sans comprendre ce que je ressentais à cet instant. Il ne fallait pas qu'elle croie que…

« Bella ! Attends ! » M'exclamais-je en marchant jusqu'à elle alors que j'aurais voulu courir. Je posai mes mains sur ses épaules, rapprochai mon visage du sien, tout en inspirant progressivement son entêtante odeur. Nos lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres et ce fut elle qui les parcouru.


Les notes (presque) utiles de l'auteure :

On y arrive...Doucement mais surement...Du lemon dans le prochain ? Why not ? J'en entend qui proteste ! Quoi ? Je suis une sadique ? Ben..heu...Oui ?!

Pour la dernière fois de l'année, je voudrais vous remercier. Oui, vous qui n'hésitez pas à perdre votre temps à lire ce que j'écrit mais qui me faites l'immense et indescriptible bonheur de me laisser un petit mot, c'est à dire : chartelle, bellaagain, indosyl, SolN, ginny374, bellardtwilight, RUBIKA666, Ms Leadings, annecullen69, Letmesign23, buffy, Samiaa, aude77, chriwyatt, Edward-Cullen-Addict, Galswinthe, ecathe38 et bichou85. MERCI !!!

Merci à mes (de plus en plus ô joie) vilaines qui m'ajoutent à leur(s) liste(s) d'alerte mais ne laissent pas de trace de leur passage. Faites moi un magnifique cadeau de Noël (et pas cher en plus ^^) : Faites vous connaitre ;-)

Un merci tout spécial à mes deux bêta (et oui, elles se partagent le boulot ^^) Ellen1882 et Bababbou Cullen pour traquer sans pitié mes fautes de frappes et surtout pour les débrieffs via msn, téléphone ou en direct live ^^

Un dernier merci (parce que sinon, ça va ressembler à un discours de remise d'Oscars) à mes robinettes adorées. 2010 va déchirer les filles !

Dernière chose : comme nous approchons à grands pas des fêtes de fin d'année, ce que vous venez de lire est bel et bien le dernier chapitre de l'année 2009. C'est avec un énorme plaisir que je vous retrouverai en 2010, mais là, je vais juste plus avoir le temps. Et honnêtement, j'espère que vous non plus ^^

Je vous souhaite à toutes un très joyeux Noël, que Papa Noyel, il vous apporte tout ce que vous désirez (moi, j'ai juste demandé Robert Pattinson sous le sapin ;-)) ainsi qu'une excellente année 2010, en gros, je vous souhaite tout le bonheur du monde...Pour aujourd'hui comme pour demain...Ok, j'arrête de chanter ^^

Merci à vous toutes !

Lulu