Disclaimer : Twilight... bla bla bla... S. Meyer.

Chapitre 12. Révélations partie 2.

Alors qu'Edward continuait à bégayer, mon esprit tentait de comprendre ce que j'avais sous les yeux. C'était tout simplement impossible.

Une maladie de peau ? Un truc encore inconnu ou suffisamment rare pour que personne – et par là, je voulais dire moi – ou presque n'en ait entendu parler. Ou alors, un excédent de transpiration ? Mon cerveau refusait de comprendre ce que je voyais. Résultat, je pensais n'importe quoi.

Ce qui ne changeait pas vraiment de mon mode de pensée habituel.

Soit.

Comment était-il possible que mon petit ami, censé être normal physiquement, se mette à scintiller au soleil ?

Pouvait-on se transformer en boule à facettes humaine en moins de trente secondes ?

Était-il possible qu'Edward Cullen soit un nouveau genre de super héros ? Même si on pouvait trouver mieux comme super pouvoir !

« Bella. » murmurât-il en se levant avec une lenteur presque exaspérante. « Ca va ? » Il était debout à présent, son visage ne trahissant aucune expression. Je n'avais jamais vu quelqu'un s'immobiliser à ce point. A croire qu'il ne respirait même plus. Une statue. Une magnifique statue dans mon salon.

Qui venait de me demander le plus naturellement du monde si ça allait.

« Est-ce que…Tu es…Hum…Tout ça, c'est… » Bordel ! « Enfin, je veux dire…Tout ça, c'est…C'est réel ? » Dis-moi que je cauchemarde, je t'en prie !

« Réel ? » Il eut un rire dur, froid et totalement désespéré qui me donna des frissons. « Oui, c'est réel…Malheureusement. Tu as sous les yeux ce que je suis vraiment. »

« Et qu'est ce que tu es vraiment ? » Il se plaça devant la fenêtre et les rayons du soleil se reflétèrent sur lui. Sa peau était semblable à du diamant. C'était horriblement magnifique. Il avait l'air effrayant mais bizarrement, je n'avais pas peur. Parce qu'il restait Edward. Et qu'avec lui, je me sentais en sécurité comme jamais.

« Ce que je suis ? Tu veux vraiment le savoir ? »

« Je…Oui…Je pense… » Tout mon être hurlait après lui, je n'avais qu'une envie, de me réfugier dans ses bras. A force de le regarder, je m'habituais presque à voir sa peau étinceler. A ce rythme là, j'allais bientôt me demander pourquoi il ne m'arrivait pas la même chose.

Je devais être folle.

« Je suis quelque chose qui ne devrait pas exister Bella. Une créature issue de l'imaginaire et des livres. Je suis la preuve que les monstres, les vrais, existent… »

« Bordel Edward ! Crache le morceau ! »

« C'est ce que je suis en train de faire ! » C'était la première fois qu'il me criait dessus. Je me tassais sur moi-même et reculai. Son apparente indifférence fut remplacée par de la tristesse et il tendit la main vers moi. Mais il me devait des explications.

Et puis, je me rendais compte que je n'avais pas tellement envie d'être dans ses bras. Pour la première fois depuis que j'étais avec lui, je voulais fuir loin de lui. Je voulais vraiment prendre mes jambes à mon cou et partir sans me retourner sur lui. Mais il restait Edward. Je ne pouvais quand même pas m'enfuir devant lui ?

Si ?

Non !

Peut être…

Merde !

« Edward, je…Je…Je…sais pas comment… » Je tirai une chaise et me laissai tomber dessus. « …Explique moi…Promis, je me tairais ! » ajoutais-je en le voyant lever les yeux au ciel. « Mais…ne t'approche pas de moi tant que tu n'as pas fini…Je voudrais te dire que je suis désolée mais ce serait te mentir. Je t'aime mais là, tu me fais peur. » Je déglutis péniblement en voyant son visage se tordre sous la souffrance. Je lui faisais mal. Mais la franchise fait toujours mal. Et je tenais absolument à garder le peu d'intelligence qu'il me restait. Chose impossible quand il se trouvait à portée de mes mains.

Il me faisait peur mais j'avais toujours envie de lui. Même s'il ressemblait à un sapin de Noël un soir de réveillon, je ressentais le besoin d'être prés de lui. Ainsi que celui de le tenir autant que possible éloigné de moi. Génial, je virai schizophrène !

Il se dirigea d'abord vers les fenêtres et ferma les tentures. Sa peau cessa de scintiller instantanément. Pouvais-je avoir été victime d'une hallucination ? Mais il s'assit à terre, passa les mains dans ses cheveux en soufflant et fixa son regard sur moi. Si j'avais rêvé, il ne me regarderait pas comme s'il le faisait pour la dernière fois.

Merde.

« Bella, ça ne va pas être facile pour moi de tout t'expliquer. Déjà parce que tu ne devrais pas être au courant…Mais je ne peux plus me défiler maintenant, n'est ce pas ? »

Voyant qu'il attendait une réponse de ma part, je secouai la tête. « Je ne suis pas spécialement curieuse mais te voir te transformer en décoration lumineuse est assez…troublant effectivement. » ne pus-je m'empêcher d'ajouter.

« Décoration lumineuse ? » Il sourit et après un silence, reprit la parole. « Pourquoi pas après tout…le problème, c'est que je ne sais absolument pas par où commencer… »

« Laisse-moi deviner alors ! » proposais-je en me redressant sur mon siège.

« Ce n'est pas un jeu, Bella ! »

« Je le sais. Je ne suis pas bête à ce point là. Mais je ne pourrais pas rester là, sans rien faire, juste à t'écouter chercher tes mots. Et même toi, tu ne sais pas quoi dire ! »

« Tu as peut être raison après tout. Comment veux tu que nous procédions ? »

« Je pose les questions et tu me répond ? » C'était totalement ridicule, je m'en rendais compte, mais ça me permettait d'oublier ce que j'avais eu sous les yeux quelques instants auparavant. Et puis, d'accord, je n'étais pas curieuse mais là…Ma curiosité venait de se réveiller.

« Bien…Quelles sont tes suggestions ? »

« Maladie génétique ? » Commençons par le plus crédible.

« Non, j'aimerai bien mais non. » Merde !

« Une transpiration excessive en cas de stress qui te fait luire au soleil ? » Pourquoi ma bouche donnait l'impression de ne plus être reliée à mon cerveau ?

« Non…Mais c'est recherché en tout cas ! »

« Fous toi de moi en plus ! Tu es un super héros avec un super pouvoir complètement nul ? »

« Mais tu vas chercher ça où ? » Son sourire en coin avait refait son apparition et mon bas ventre s'embrasa aussitôt. Mais je devais laisser mes hormones de côté pour l'instant. J'arrêtai de le regarder et fixai mes mains. Il fallait que je trouve. Pas que je me transforme en dépravée.

« Je n'en ai aucune idée. Bon, mes théories sont toutes plus nulles les unes que les autres. Tu m'as dit que tu étais quelque chose qui ne devait pas exister. Mais tu n'es pas un super héros. Et après… Tu as parlé d'imaginaire et de livres, non ? »

« Oui. »

« M'aide pas surtout ! »

« Je te ferai remarquer que c'est toi qui a proposé de… »

« Oui, oui, oui, je sais ! » Je me levai et commençai à tourner autour de la table. « Mais je ne vois pas…Issus des livres ? Quel genre ? »

« Le genre qui fait peur… »

« Ce qui sous entend que je devrais être effrayée alors que je ne le suis qu'à moitié…Et encore, je ne sais pas dire si c'est de l'effroi ou de la surprise. »

« Il vaudrait mieux pour toi que ce soit de l'effroi… »

« Arrêtes tes conneries Edward ! Je ne peux pas avoir peur de toi, c'est ridicule ! »

« Peut être que maintenant, tu trouves ça ridicule. Tu changeras peut être d'avis quand tu auras trouvé. »

« C'est fou comme tu peux être encourageant quand tu t'y met ! » raillais-je.

« J'essaie d'être honnête c'est tout. »

« Mais tu m'as caché la vérité depuis le début… »

« Parce que j'ai été égoïste. »

« Egoïste ? Pourquoi ? » Voilà que j'étais plus intriguée par son supposé égoïsme que par ce que j'avais vu il y a 20 minutes. J'avais toujours su que quelque chose ne tournait pas rond chez moi !

« Parce que je voulais être avec toi. Parce que pendant tout ce temps, je n'ai cessé de penser à toi. Parce que, même si je savais que je pouvais t'être néfaste, je voulais partager ma vie avec toi. »

« …Ca fait beaucoup de parce que… » Une boule énorme se formait dans mon ventre et je sus à cet instant que je vivais les derniers instants de ma relation avec lui. Il ne pourrait en être autrement. Je le sentais et ça me faisais mal. « Tu crois que je ne supporterais pas la vérité n'est ce pas ? »

« Non, je ne le pense pas. Je crois que la dernière chose que je verrais de toi, ce sera ton dos quand tu partiras d'ici en courant. »

« Tu penses que je ne t'aime pas suffisamment pour rester ? » Je sentais les larmes venir et levais les yeux pour ne pas qu'elles coulent. Si je me mettais à pleurer, je n'étais pas certaine de pouvoir arrêter.

« Je penses que tu m'aimes. Mais je ne pense pas que tu m'aimeras encore quand tu sauras. »

« Alors, dis-moi. Dis-moi ce que tu es. Je n'ai plus envie de jouer. Je veux savoir. »

« Bien. Est-ce que tu crois aux mythes, Bella ? » Hein ? Pardon ?

« Heu…J'en sais rien…Peut être…Non…Oui…Tu ne comptes pas me faire croire que tu es une sorte de dieu ? »

« Non, il n'y a rien de divin dans ce que je suis. »

« Quoi, tu veux dire les trucs style, les loups garous, les trucs de ce genre là ? »

« Pourquoi les loups garous ? »

« Parce que c'était ça ou les Trolls ?! »

« Les Trolls ? »

« Les loups garous ? C'est ce que tu es ? Tu te transformes à la pleine lune ? Comme dans Harry Potter ? »

« Non, je ne suis pas un loup garou. » Mais comme mon cerveau tournait à toute vitesse, j'en pris à peine conscience. Harry Potter.

« Un sorcier ? Un truc comme Poudlard existe vraiment ? »

« Je ne suis pas un sorcier. »

« Merde ! Ca collait pourtant ! Quoi alors ? »

« Un vampire. »

« … » Un vampire.

« Bella ? »

« … » Un putain de vampire.

« Bella ? Ca va ? »

« Hum… » Un…putain…de…vampire !!! Je déglutis difficilement et ouvris la bouche pour la refermer aussitôt.

« Bella, fais moi plaisir, assied toi. »

Mécaniquement, je fis ce qu'il me disait de faire. Je me laissai tomber sur une chaise. J'avais l'impression d'être en plein milieu d'un manège tournant à une vitesse bien supérieure à la normale.

« Tu…Tu…Tu es…Un vampire. » Ca sonnait tellement faux une fois dit à haute voix que j'éclatais de rire. Mais d'un rire nerveux, presque hystérique.

« Tu ne me crois pas n'est ce pas ? »

« Mais si, évidemment que je te crois Edward ! Tu es un vampire et bien je vais te dire quelque chose. Moi, je suis un elfe. Si, si je t'assure. La nuit, je me balade dans les bois à moitié à poil en parlant aux arbres ! »

« Bella…Je suis on ne peut plus sérieux. »

« Si tu voulais me quitter, tu pouvais me le dire tout de suite. Pas besoin d'inventer des excuses bidons ! » crachais-je en me levant et en faisant tomber la chaise.

« Pardonne-moi… »

« Pourquoi ? »

« Pour ça » murmurât-il à mon oreille.

Bordel ! En moins d'une seconde, le temps d'un battement de paupières, il avait traversé toute la largeur de mon appartement. Je ne l'avais même pas vu bouger.

J'ouvrai et refermai la bouche comme un poisson hors de l'eau, incapable de faire sortir un son de ma bouche. Il se plaça devant moi mais laissa une certaine distance entre nous, ce dont je lui fus reconnaissante.

« Je suis désolé Bella. Si tu veux que je disparaisse de ta vie, je le ferais. Tu as tous les droits de m'en vouloir. Je t'aime plus que tout mais je suis prêt à partir si c'est ce que tu veux. »

« Non ! » C'était sorti tout seul, presque malgré moi. Néanmoins, je n'avais pas besoin de réfléchir pour savoir que je l'aimais, quoi qu'il soit. Même si…

« Tu n'as pas peur ? » Il en était presque choqué.

« Je…Je crois que je suis sous le choc là en fait. » Pour la première fois depuis qu'il s'était déplacé à la vitesse de la lumière, j'osai lever les yeux sur lui et soutenir son regard. « Je…Edward…Faut que je m'asseye, là ! »

« Tout ce que tu voudras. » Il passa un bras en dessous du mien et m'accompagna jusqu'au canapé. Je m'assis mais il resta debout devant moi. Je m'écartai pour lui faire une place.

« Tu en es sûre ? »

« Je pense… »

« Bien. » Il s'assit à son tour mais à l'autre bout du canapé.

« Je…Depuis quand ? Et ta famille ? Ils sont au courant ? Tu dors dans un cercueil ? Et comment ça se fait que tu ne brûles pas au soleil ? Tu n'as même pas de crocs ! »

« Tu as fini ? »

« Oui. »

« A quelle question suis-je censé répondre en premier ? »

« A toutes ! »

« Pourtant, il y en a une que tu n'as pas posée, celle qui devrait être la plus intéressante pour toi. »

« Laquelle ? »

« De quoi je me nourris… »

« Oh… » Merde, merde et re-merde ! Etait-il possible qu'il m'ait déjà mordu sans que je m'en souvienne ? Instinctivement, je portai la main à mon cou, cherchant une quelconque trace de morsure.

« Tu ne trouveras rien… »

« Merci mon Dieu ! » Je ne pouvais m'empêcher de me sentir soulagée. « Bon, raconte moi…Explique moi…j'essayerai de ne pas t'interrompre d'accord ? »

« Le calme dont tu fais preuve est presque effrayant. »

« Je crois que je ne réalise pas…Encore. Alors, vas y…Raconte moi, je t'écoute. »

« Je m'appelle Edward Anthony Masen. Je suis né à Chicago. Le 20 juin 1901 pour être précis. »

« Tu…Tu es sérieux ? » balbutiais-je.

« J'ai bien peur que oui. »

« J'arrive pas à croire que tu sois centenaire ! »

« J'ai été transformé à l'âge de 17 ans alors que je mourrais de la grippe espagnole. Notre apparence physique ne se modifie plus une fois devenu vampire. »

« Tu...Tu auras 17 ans pour l'éternité ? »

« On peut dire ça comme ça, mais ce n'est que mon apparence physique. Carlisle était ami avec mes parents. Ma mère l'a supplié de tout faire pour me sauver juste avant de mourir. Carlisle s'est chargé de réaliser sa dernière volonté. »

« Tu es en train de me dire que Carlisle est un vampire lui aussi ? »

« Tous les membres de ma famille le sont Bella ! » Ma mâchoire tomba toute seule. Elvis Presley se matérialisant dans ma cuisine à cet instant m'aurait moins étonnée. Après quelques secondes, je fermai la bouche.

« Continue. » murmurais-je.

« Bien. Carlisle est le plus vieux d'entre nous. Il était seul depuis tant d'années. Il voulait se trouver quelqu'un avec qui partager sa vie. Un ami qui l'aurait compris. Il pourrait te raconter tout cela bien mieux que moi…De la même façon, il a sauvé en quelque sorte Esmée, Rosalie et Emmett d'une mort certaine. Bien que je ne sois pas d'accord avec sa définition de notre vie. »

« C'est-à-dire ? »

« Pour Carlisle, nous sommes vivants. La seule différence, pour lui, entre nous et les humains, c'est notre espérance de vie… »

« Et tu n'es pas d'accord avec ça ? » l'interrompis-je.

« Et bien…je dois t'avouer que je ne sais plus trop quoi penser…Il y a encore quelques mois, je t'aurais répondu par la négative. Maintenant…Je ne sais plus. »

« Et pourquoi ? Enfin…C'est ridicule ! Tu es la personne la plus…La plus…La plus…Tout ! » Finis-je par m'exclamer.

« Nous sommes morts Bella. Notre cœur ne bat plus. Mon âme est perdue à tout jamais. Je suis un être damné. »

« Euh…Edward, je suis désolée mais c'est totalement ridicule ! Tu n'as pas choisi d'être ce que tu es ! »

« Peut être. Peut être pas. Je n'en sais plus rien. Je pensais avoir tout perdu de mon humanité et depuis que tu es entrée dans ma vie, j'ai l'impression de retrouver peu à peu des bribes de mon existence passée. Grâce à toi, je me rapproche de celui que j'étais. »

Comment est-on censée réagir après avoir entendu ça ? Ce n'était pas le genre de déclaration que l'on pouvait s'attendre à entendre un jour. Dans le doute, je choisi le silence mais je pris sa main dans la mienne et la serrai du plus fort que je pouvais.

« Bref….Nous vivions tous les cinq quand Alice et Jasper nous ont rejoints. Et depuis, nous servons aux humains cette comédie de famille recomposée, d'enfants adoptés bien que je les considère vraiment comme mes frères et sœurs. Pour moi, Carlisle et Esmée sont mon père et ma mère. Même si nous ne partageons aucunement des liens de sang. »

« Mais pourquoi ? Je veux dire…Pourquoi vous obligez vous à jouer cette comédie ? »

« Parce que nous ne voulons pas d'une vie de nomades. Nous avons choisi un mode de vie assez rare. Il n'existe qu'un autre clan comme le nôtre aux Etats-Unis. Nous menons en apparence une existence normale et elle l'est presque en fait…Hormis quelques particularités qui nous sont propres… »

« Développe… »

« Et bien…Tu as pu constater par toi-même que je peux me déplacer assez vite pour tu ne me voie même pas bouger. Nous possédons également une force bien supérieure à celle des humains. Notre odorat et notre ouïe sont bien plus développés que les vôtres. Notre peau est froide et dure comme de la pierre. »

Et moi qui pensais qu'il souffrait seulement d'une mauvaise circulation. Qu'est ce que j'avais pu être conne !

« J'ai dit quelque chose qui t'as choqué ? »

« Non, c'est juste que je me rends compte à quel point j'ai été inattentive. Mais ça explique les bleus… » Une pensée affreuse me traversa l'esprit. « Quand tu dit que votre ouïe est supérieure à la nôtre…Jusqu'à quel point elle l'est ? »

« Tu as quelque chose en tête ? »

« Et bien disons que…Quand nous étions chez toi…Dans ta chambre…Occupés… » Au plus je parlais, au plus je me sentais rougir. Si sa famille m'avait entendue crier de plaisir, je ne mettrais plus jamais un pied chez les Cullen !

« Ah…Ils ont eu l'obligeance de partir à chaque fois que nous montions… » Je soupirais déjà de soulagement mais il continua. « Même si tout ne leur a pas échappé… »

« Oh noooon !!! » m'écriais-je en me cachant le visage dans les mains.

« A ta décharge, il est assez difficile d'échapper à Alice… »

« Pourquoi ? » demandais-je en relevant la tête.

« Tous les vampires ont les mêmes caractéristiques. Force, rapidité, sens surdéveloppés mais certains d'entre nous ont certaines qualités supplémentaires. Alice peut voir l'avenir. Jasper peut influencer tes émotions. Et moi… »

« Ca m'aurait étonné ! »

« Pardon ? »

« Tu es déjà parfait et à chaque fois que je pense avoir fini de te trouver des qualités, une autre s'ajoute ! Alors, dis-moi ! Quel est ce super pouvoir que tu me caches ? » Autant de perfection réunie en une seule personne, ça en devenait presque trop.

« Je peux lire dans les pensées… »

Merde !

Non. Pas de grossièretés.

Fais gaffe à ce que tu penses bordel !

Ne pense plus à rien !

J'y arrive pas ! Putain !!!

Arrête les gros mots bordel !!!!

« Sauf dans les tiennes. » Vraiment ?

« Mais…Pourquoi ? »

« Je n'en ai aucune idée. Tes pensées me restent interdites. Tu vois, une des théories de Carlisle sur nos dons, c'est qu'ils sont une sorte d'amélioration des aptitudes que nous possédions quand nous étions humains. Par exemple, Jasper était quelqu'un d'influent au sens propre du terme. Moi, je pouvais connaitre l'état d'esprit de quelqu'un rien qu'en le regardant. Quant à Alice, elle ignore tout de son passé. Elle ne se souvient pas de ce qu'elle était avant. Mais je suppose qu'elle devait être reniée par sa famille si elle avait déjà des visions à ce moment là. »

« Pauvre Alice…ca doit être affreux pour elle… »

« Détrompe-toi. Ne garder aucune trace de son passé peut être bénéfique. Elle n'a jamais vu que son avenir avec Jasper. Ensuite avec nous. Elle n'a pas conscience de ce que peut représenter la perte de son humanité. »

Le silence s'imposa de lui-même. Les révélations d'Edward prenaient toutes leurs ampleurs. Je savais qu'il n'avait pas terminé. Mais il fallait d'abord que j'assimile ce qu'il venait de m'expliquer. Il ne me quittait pas des yeux, comme s'il cherchait à comprendre le cheminement de mes pensées rien qu'en me regardant. Tout ça me paraissait cohérent et complètement dingue à la fois. Comme si c'était logique et illogique en même temps.

En clair, j'étais totalement perdue.

Il faisait vraiment sombre maintenant et Edward se releva pour aller jusqu'à la fenêtre. Il tira les rideaux et je constatai que le jour se couchait. Nous étions à la tombée de la nuit. Le ciel se colorait de rouge avec une légère teinte mauve.

Le crépuscule. Le moment de la journée où les monstres sortent de leur cachette.

« Et les cercueils ? Je n'en ai jamais vu chez toi… »

« Nous ne dormons pas, tout simplement. Ce sont vraiment des mythes et légendes pour une fois. Tout comme l'ail, l'eau bénite et les croix ne nous sont nocifs. Nous ne possédons pas de crocs. »

« Mais comment alors… » Je n'osai pas terminer ma phrase.

« Comment nous mordons nos proies ? Nos dents sont aiguisées…et vénéneuses. »

« Pardon ? »

« Nous n'avons plus de sang dans les veines mais du venin. Il nous sert à paralyser nos proies. Ou à les contaminer si on le souhaite… »

Je me calai au fond du divan. Je ne voulais pas qu'il me touche en cet instant. Nous étions arrivés au "vraiment terrifiant" et je ne savais si je voulais en entendre plus. Malgré tout, il fallait que je connaisse l'entière vérité. « Tu as…Tu déjà…Quelqu'un ? » Faites qu'il ne m'oblige pas à prononcer l'imprononçable !

« Si j'ai déjà tué ? » Je me ratatinai sous le poids de sa question mais hochai la tête quand même. Je devais savoir. « J'ai bien peur de devoir te répondre oui. Pour Carlisle, chaque vie est précieuse. Au début, j'ai essayé de suivre son mode de vie. De ne pas me nourrir de sang humain mais de sang animal. Mais, après quelques années, j'ai fait une sorte de crise d'adolescence. Je suis parti de mon côté. Je me disais que si je ne tuais que des gens qui l'avaient mérité, ce ne serait qu'une façon de rendre justice. Ma faculté à lire dans les pensées m'a aidée à choisir mes victimes. Je n'ai tué que des monstres. »

Je me rendis compte que mes mains étaient mouillées et les contemplait bêtement un instant avant de me rendre compte que c'était mes larmes qui coulaient. Je ne m'étais même pas rendue compte que je pleurais. Edward se redressa et regarda droit devant lui. Il soupira bruyamment en se pinçant l'arête du nez avant de reprendre.

« Quand j'en suis arrivé à ne plus savoir les compter, quand je me suis rendu compte que je ne valais pas mieux qu'eux si je continuais, que j'étais aussi monstrueux qu'eux en fait, j'ai pris la décision de revenir auprès de Carlisle. Au début, ça n'a pas été facile. Je m'étais habitué au sang humain. Le sang animal nous permet juste de vivre. Mais le sang humain…Pour toi, c'est comme si tu comparais une galette de riz à une tranche de steak. »

« Je suis végétarienne ! » lui rappelais-je.

« Tu vois ce que je veux dire, c'est le principal…Toujours est-il que j'ai réussi à me brider, à retenir la bête qui sommeillait en moi. Jusqu'à ce que… »

« Jusqu'à ce que quoi ? »

« Jusqu'à ce que je te rencontre pour la première fois. Ton odeur, celle de ton sang a un effet dévastateur sur moi. Quand je t'ai sentie pour la première fois, je n'avais plus qu'une seule idée en tête. »

Il n'ajouta rien mais j'avais compris. Il avait voulu me tuer. Il avait voulu se délecter de mon sang. Ce qui expliquait son départ précipité ainsi que celui de sa famille. Il m'avait bel et bien fuit. J'avais l'impression d'être une coquille vide. D'être séparée de mon corps. La dernière fois que j'avais eu cette sensation, c'était à la mort de Jake.

« Qu'est ce qui t'a fait changer d'avis…Si tu as bien changer d'avis ? » Prononçais-je d'une voix blanche.

« Je ne voulais pas mettre en péril ma famille. Et je ne voulais pas qu'une simple humaine puisse avoir autant de pouvoir sur moi. Je conçois que ça puisse paraitre présomptueux de ma part mais j'avais déjà fait tellement d'effort pour y arriver. Je ne voulais pas devoir tout recommencer à zéro. Surtout que là, j'aurais du tuer une vingtaine d'innocents. Nous sommes partis. Mais tu m'obnubilais. Je ne cessai de penser à toi. Et à force, je ne suis plus arrivé à croire que tu pouvais avoir autant d'influence sur moi. Une nuit, je suis retourné à Forks, près de chez toi. Je n'ai pas pu tenir plus de cinq minutes la première fois. Mais je voulais me prouver que j'étais plus fort que ça. Je suis retourné près de chez toi toutes les nuits. »

« Tu m'as espionnée ? » J'en étais presque choquée. Choquée mais également et très bizarrement, flattée.

« Oui. Tu es tombée amoureuse de Jacob Black. Et moi, je suis tombé amoureux de toi. J'ai renoncé à toutes les vies possibles pour n'en vivre qu'une avec toi (1) même si tu n'avais pas conscience de ma présence à tes côtés. Ton odeur n'avait plus cette force. Je m'y suis peut être habitué. Je ne sais pas. Toujours est-il que j'ai continué. Je pensai que c'était sans issue, que j'étais condamné à t'aimer en secret. Et puis… Jacob Black est mort et… »

« Tu n'y es pour rien quand même !? » Je n'étais pas certaine de survivre s'il y était pour quelque chose…

« Non ! Comment peux-tu seulement imaginer….Bella ! Tout ce qui comptait et compte toujours pour moi, c'est uniquement ton bonheur. Je ne pensais jamais interférer dans ta vie. Mais Alice a eu une vision. Elle nous a vus ensemble. J'ai mis des mois à me décider. Et puis, le reste…Tu connais aussi bien que moi la suite. »

Il faisait noir à présent. Un coup d'œil à l'horloge m'indiqua qu'il n'était pourtant que 21 heures. J'avais l'impression d'être assise depuis des siècles. Je me levai et m'étirai. J'étais absolument perdue. Je ne savais pas comment réagir.

« Edward. Je dois te dire que… Avant toi, j'avais l'impression de regarder défiler ma vie. Je n'y participai plus. La mort de Jake avait tout effacé en moi. Et puis, tu es apparu. Et j'ai eu l'impression de renaître. Je revivais enfin. Je t'aime. A un point qui me fait parfois peur. Mais là… ce que tu viens de me raconter, c'est…Je ne sais pas…Je ne sais pas si je peux être capable de gérer ça. »

« Je comprend. Si tu veux que je disparaisse de ta vie, je le ferai, tu n'entendras plus jamais par… »

« Non ! » le coupais-je. « Mon cœur ne demande qu'à être à tes cotés. Mais ma tête…Ma tête hurle de te quitter…Je dois…Il faut que j'y voie clair, Edward. »

« Je comprend. Prend tout le temps qu'il faudra. Je t'attendrai, quoi qu'il arrive. Je t'aime Bella. »

« Je t'aime. »

Il se leva et s'approcha de moi. Il tendit ses mains en une invitation silencieuse et je répondis à son geste. Je me blottis contre lui, prenant soudainement conscience que je n'entendais pas son cœur. Je n'y avais jamais fait attention, peut être parce que je n'avais pas non plus de raison de le faire. Ca ne m'empêcha pas de lever mon visage vers lui. Ses lèvres se posèrent sur les miennes. Je goutai chaque parcelle de sa peau, m'enivrant de son parfum. J'entrouvris ma bouche légèrement et notre baiser se fit plus profond, plus passionné. Ses lèvres bougeaient à l'unisson des miennes. Pour une fois, ce fut moi qui mis un terme à notre étreinte. Avec un soupir, il posa sa tête sur le sommet de mon crâne. Je le serrai du plus fort que je pus tandis qu'il posait ses lèvres sur mon front.

« Préviens-moi quand tu auras réfléchi. Quelque soit ta réponse. »

« Bien sûr… »

« Quoiqu'il arrive, ma vie t'appartient, je t'aime, ne l'oublie jamais. »

J'avais à peine ouvert la bouche pour lui répondre qu'il avait disparu. Comme si je venais de rêver ce qu'il venait de se passer. Je me laissai tomber dans le canapé, cherchant vainement à savoir précisément ce que je ressentais.

Mais je n'y arrivais pas. J'étais encore sous le choc. Sachant pertinemment qu'il ne me servait à rien d'aller me coucher – j'étais trop énervée pour m'endormir – je me relevai et me mis à faire les cents pas dans mon appartement. Il me fallait un verre. Je n'avais pas d'alcool chez moi car je ne voulais pas céder à la tentation de renouer avec mes vieux démons mais là, je trouvais que j'avais bien droit à un remontant. Ne fut-ce qu'une bière.

Ma décision fut prise en moins de cinq minutes. Je pris mon sac, enfilai ma veste et sortis de chez moi.

Je me mis à marcher, pas la peine de prendre la voiture, il y avait un pub à deux pâtés de maison de chez moi. M'entourant de mes bras, je marchai d'un pas vif au milieu du trottoir. Hors de question de me retrouver dans l'obscurité du bas côté.

Une fois devant le pub, je poussai la porte sans prêter attention aux quelques motards qui saluèrent mon arrivée par des sifflements. Je me dirigeai vers le bar et m'installai sur un tabouret. Le barman arriva pour prendre ma commande et, après avoir demandé une bière, je me ravisai et demandai un whisky. Un seul et je rentrerai chez moi.

Après que le barman m'eut apporté mon verre, je fis tourner le liquide, cherchant une réponse au fond de mon verre. Mais je ne vis rien. Il faut croire que l'avenir ne se lit pas dans un Jack Daniel's. Un homme s'installa à côté de moi, mais je ne le regardai pas. Seul Edward occupait mon esprit.

« La journée à été dure ? » Oh non ! Comme si j'avais besoin de ça maintenant. Je gardai le silence mais il insistât : « Laissez-moi deviner…Problème de couple ? »

« On peut dire ça comme ça, ouais ! » L'alcool me rendait toujours bavarde. Et merde !

« Vous voulez en parler ? » Je daignai enfin lever les yeux sur mon voisin inquisiteur. Grand, d'une carrure à peine plus imposante que celle d'Edward. Il avait des pommettes hautes et la mâchoire carrée. Ses cheveux blonds étaient retenus par un lien de cuir. Il avait l'air réellement intéressé. Après tout, il voulait se monter sympa. Je décidai de ne pas me montrer agressive, même si je n'avais aucune envie de lui parler.

« Je n'ai pas pour habitude de raconter ma vie aux inconnus. »

« Faisons les présentations alors… »

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée… » Si je lui racontais que mon petit ami était un vampire, pas sûre qu'il ait toujours envie de discuter avec moi.

« Vous savez, ça a parfois du bon d'avoir un regard extérieur à la situation. Quelque fois, nous sommes trop impliqués pour avoir une vue d'ensemble… »

« Peut être… »Mais qu'est ce qui me prenait ?

« J'en suis certain… ? » il attendait que je lui dise mon nom.

« Bella. » répondis-je après un court instant de réflexion. Après tout, pourquoi pas ? Si je me contentais de lui raconter les grandes lignes en lui cachant la véritable nature des Cullen, ça pourrait peut être m'aider.

« Enchanté, Bella. »

« Et vous ? » Il ne me fallut qu'une seconde pour regretter de lui avoir demandé. Je n'arriverai jamais à garder le silence sur tout. Et merde !

« James… » Son sourire était si communicatif que je me surpris à lui sourire en retour. «… Je suis certain que nous allons bien nous entendre, Bella. »

(1) citation du film Mr Nobody.



Les notes (presque) utiles de l'auteure :

Bon, ben voilà…Je fais encore un cliffangher de la mort qui tue comme je les aime et que vous détestez. Je voudrais bien vous dire que je suis désolée mais en fait, non. Et oui, je sais, j'irai très certainement en enfer, celui réservé aux auteures sadiques de FanFic'…Mais j'assume jusqu'au bout :-D

Vous remarquerez que j'ai beaucoup moins trainé que pour le précédent chapitre…Pour ça, vous pouvez remercier :

Kikinette11, chriwyatt, Lenerol, marion, vavounette, hardysabrina, anayata, aude77, Yumie76, Bababbou Cullen, liliputienne31, Mrs esmee Cullen, twilight007, SolN, So-Amel, ErylisxJazz, matrineu54, Clair de , annecullen69, edgounette, belhotess et Buffy4878.

Merci infiniment les filles !

Merci également à ma bêta adorée, Ellen1882 qui a la gentillesse de me dire que je ne fais presque pas de fautes ;-)

Tout comme vous ne devez pas oublier d'éteindre la lumière quand vous quittez une pièce, n'oubliez pas d'appuyer sur le bouton vert avant de fermer cette page ! (ou comment demander une review en faisant de l'écologie ^^)

Prochain chapitre pour je ne sais pas quand (pour pas changer) mais pas avant la fin de la semaine prochaine au minimum.