Merci pour vos reviews. Voici la suite où les choses évoluent enfin pour nos doudous. Bonne lecture. ^^


5 jours plus tard

Steve avançait prudemment sur le quai, slalomant entre les caisses, les yeux et les oreilles aux aguets. Il savait que Danny se trouvait sur sa gauche, un peu en avant de lui, dans la rangée la plus proche de l'eau. Soudain, Steve vit une silhouette traverser son allée, se dirigeant vers celle où était son ami. Il accéléra le pas pour ne pas risquer de perdre de vue sa proie, Diego Pinero, le bras droit de Marquez. Au moment où il atteignait le bout de l'allée, le SEAL se figea, son arme pointée en direction de sa cible, le cœur glacé d'effroi. Pinero avait réussi à désarmer Danny et se servait de lui comme d'un bouclier, son avant-bras écrasant la gorge de son otage qui semblait inconscient. Les deux hommes étaient dangereusement près du bord du quai. Et ce que le brun redoutait arriva : Pinero balança Danny à l'eau, profitant de l'occasion pour prendre la fuite. Steve ne prit pas le temps de réfléchir. Il coinça son arme dans sa ceinture et plongea. Il rattrapa facilement son ami qui était en train de couler. Alors qu'il le remontait, Danny reprit connaissance. Deux policiers aidèrent Steve à hisser son coéquipier sur le quai. À moitié assis, à moitié couché sur le sol, le blond régurgita l'eau qu'il avait avalée, soutenu par son ami installé derrière lui. Lorsqu'il eut tout ressorti, il s'effondra en arrière contre le torse de Steve, les yeux clos. Ses cheveux poissaient de sang là où Pinero l'avait frappé et il tremblait violemment. Instinctivement, le brun referma ses bras sur son ami, le serrant contre lui, terrorisé à l'idée qu'il aurait pu le perdre. Levant les yeux vers Kono qui venait de les rejoindre, Steve vit une expression fugitive de surprise passer sur son visage, effacée bien vite par de l'inquiétude envers son collègue et ami.
— Les secours sont en route, souffla-t-elle.
— Pinero ?
— Chin est à sa poursuite avec des hommes des Stups.
Elle s'agenouilla et posa une main sur celle de Danny dans un geste de réconfort. Elle échangea à nouveau un regard avec Steve qui sut que son secret n'en était plus un. Le sourire qu'elle lui adressa le rassura, mais une autre partie de lui s'en voulait de ce qui était arrivé. Et il fut abasourdi d'entendre soudain la voix faible de Danny souffler :
— Désolé...
Steve baissa les yeux vers lui, plongeant dans son regard voilé par la douleur et le choc. Il voulut lui demander la raison de ces excuses, mais l'arrivée des secouristes l'en empêcha. Kono dut le tirer par le bras pour qu'il lâche Danny et laisse les médecins faire leur travail. Après avoir examiné le blond, qui avait à nouveau perdu connaissance, ils le montèrent sur un brancard pour l'emmener dans leur ambulance. Steve les suivit comme un automate. Au moment où il grimpait dans le véhicule, Kono lança :
— Je vais voir où en est Chin. On te rejoint à l'hôpital.
— Ok.
Alors que l'ambulance démarrait, Steve prit la main de son ami dans la sienne, ignorant les regards surpris des deux secouristes. Il se pencha vers Danny, puis lui murmura à l'oreille :
— Ne me fait plus jamais une frayeur pareille... Je ne supporterais pas de te perdre...

Arrivés à l'hôpital, l'urgentiste de garde demanda à Steve d'attendre dans le couloir le temps qu'ils examinent Danny. Une aide-soignante lui proposa d'échanger ses vêtements encore humides contre un pyjama d'infirmier sec, mais il refusa. Impatient et nerveux, il se mit à faire les cent pas devant la porte close. Lorsque Kono et Chin le rejoignirent, il se força à se préoccuper de leur enquête.
— Vous avez eu Pinero ?
— Oui, de justesse, répondit Chin. Mais Marquez a quitté l'île avant que nous puissions l'avoir. Il doit être très loin maintenant.
Steve soupira profondément en se passant une main sur la nuque.
— C'est déjà bien qu'on ait eu son lieutenant. Il ne pourra plus venir installer son cartel ici de sitôt.
Au moment où Kono ouvrait la bouche pour ajouter quelque chose, le médecin sortit de la salle d'examen.
— Capitaine McGarrett ? Je suis le Docteur Green.
— Comment va-t-il ?
— Bien, ne vous inquiétez pas. Il est encore en état de choc suite au traumatisme crânien, mais il ne devrait avoir aucune séquelle. Il doit juste se reposer. Nous allons le garder en observation quelques jours pour nous en assurer.
— On peut le voir ? Demanda Kono, devançant la question de son supérieur.
— Une seule personne à la fois, répondit le médecin.
La jeune femme se tourna vers Steve :
— Tu n'as qu'à y aller. On va rentrer établir notre rapport pour le Capitaine Morgan. Préviens-nous quand on pourra passer le voir.
— Ok, sans faute.
Steve n'attendit pas que ses amis soient partis pour suivre le médecin à l'intérieur de la salle d'examen. Une infirmière vérifia le goutte-à-goutte, puis sortit. Le Docteur Green souffla :
— Nous viendrons vous chercher d'ici quelques minutes pour vous conduire dans une chambre, Lieutenant Williams.
Celui-ci, qui avait les yeux clos, ouvrit lentement les paupières. Son regard se posa sur Steve qui se tenait près de lui, le fixant d'un air inquiet.
— Hey... lança Danny d'une voix un peu pâteuse.
— Hey, comment tu te sens, mon pote ?
— Dans le brouillard... Je ne sais pas ce qu'ils mettent dans leurs calmants, mais pour calmer, ça calme... Devrais essayer de t'en donner de temps en temps...
Steve posa une main sur son épaule, soulagé de constater que son coéquipier n'avait pas perdu son sens de l'humour.
— Essaye toujours ! Répondit-il en souriant.
Danny sourit à son tour, puis se rembrunit aussitôt.
— Je suis désolé...
— De quoi ?
— De m'être fait avoir par Pinero.
— Ne dis pas de bêtises !
— Il s'est enfui à cause de moi.
— Chin l'a arrêté, ne t'en fais pas pour ça.
— Oui, mais...
— Tu devrais dormir, le médecin dit que tu as besoin de te reposer.
— Je ne suis pas le seul.
— Je vais juste prendre un café, ça ira mieux après. Dors !
— À vos ordres, chef !
Alors que Steve allait quitter la pièce, Danny souffla d'une voix ensommeillée :
— J'ai fait un drôle de rêve tout à l'heure... tu me disais que tu ne supporterais pas de me perdre...
Figé de stupeur, le brun attendit la suite qui ne vint jamais, son ami s'étant profondément endormi, assommé par les médicaments. Il quitta la salle, puis sortit de l'hôpital, ressentant un soudain besoin d'air. Avisant un banc, il s'y laissa tomber, n'arrivant pas à croire qu'il avait failli dévoiler ses sentiments à Danny. Cet événement lui avait fait perdre le contrôle, ce qui ne devait jamais se reproduire. Il se souvint de sa résolution de dissimuler ses émotions et sut qu'il était temps pour lui de les mettre en application. Le cœur meurtri, il traversa le parking et héla un taxi pour rentrer chez lui.


Lorsque Danny sortit de l'hôpital trois jours plus tard après avoir signé une décharge, il n'avait pas revu Steve depuis le jour où il y était entré. Il ne prévint personne de sa sortie et prit un taxi pour retourner dans la maison de son ami, espérant que celui-ci serait au QG ou n'importe où ailleurs sauf chez lui. Danny soupira de soulagement en voyant que son vœu était exaucé. Il monta directement dans sa chambre, prit ses sacs et commença à les remplir rapidement. Il avait presque fini lorsque la voix dure de Steve s'éleva derrière lui, le faisant sursauter :
— Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne devrais pas encore être à l'hôpital ?
Sans se retourner, Danny répondit :
— J'ai signé une décharge.
— Ça ne m'explique pas pourquoi tu fais tes bagages.
— Je pars.
— Où ?
— N'importe où, tant que c'est loin d'ici... et de toi...
— Pourquoi ?
Furieux, Danny se tourna vers son ami et s'avança vers lui, les poings serrés.
— Tu m'as abandonné à l'hôpital ! Je ne m'attendais pas à ce que tu restes 24 heures sur 24 avec moi, mais tu aurais au moins pu passer me voir ! Chin et Kono sont venus tous les jours... et toi, pas une seule fois !
— J'étais occupé, grommela Steve, un masque impersonnel sur le visage.
— Bien sûr ! Le grand Capitaine Steve McGarrett était trop occupé pour se soucier de son petit coéquipier qui gisait sur un lit d'hôpital !
— Tu n'étais quand même pas mourant !
— Non... Mais j'aurais apprécié que tu prennes la peine de venir voir comment j'allais... Tu me déçois énormément... souffla Danny en tournant le dos à l'autre homme. Je pensais vraiment que nous étions amis... que j'avais un petit peu d'importance pour toi...
— Tu en as... beaucoup.
— Eh bien, on ne dirait pas ! Grogna le blond en haussant les épaules.
Steve ne répondit pas, ce qui conforta Danny dans son idée qu'il devait quitter cette maison au plus vite. Ramassant ses sacs, il se dirigea vers la porte, mais le brun se plaça sur son chemin.
— Laisse-moi passer, McGarrett !
— Je ne peux pas.
Le ton était sec et le visage du SEAL ne reflétait aucune émotion.
— Pourquoi ? Tu m'ignores quand j'ai besoin de toi et maintenant, tu ne veux pas que je parte de ta maison. Je veux savoir pourquoi ! Qu'est-ce que j'ai fait de mal pour que tu te comportes ainsi avec moi ?
— Tu n'as rien fait de mal, Danny.
La voix du brun s'était légèrement adoucie, mais le blond, furieux, l'ignora.
— Laisse-moi passer !
Il laissa tomber ses sacs sur le sol, prêt à se battre s'il le fallait, même s'il savait qu'il ne pourrait pas gagner contre Steve. Alors qu'il s'approchait, son ami se jeta soudain sur lui pour le plaquer contre le mur proche. Et, avant que Danny ait eu le temps de se dégager, Steve captura ses lèvres dans un baiser presque sauvage.

Sous le choc, Danny mit quelques secondes à réagir. Il plaqua ses mains sur le torse de son ami pour le repousser, mais en fut incapable, une vague de désir enflammant ses reins. Finalement, ce fut Steve qui rompit le contact. Il fit deux pas en arrière, puis se tourna vers la fenêtre afin d'éviter le regard du blond. Celui-ci, adossé au mur, prit deux minutes pour mettre de l'ordre dans ses idées. Sa colère était totalement retombée, remplacée par une incommensurable surprise. Comme l'autre homme ne semblait pas vouloir parler, il finit par demander :
— C'était quoi ça ?
Steve se tourna vers lui. Il se frottait la nuque d'une main, l'air embarrassé.
— Ça faisait des semaines que j'en rêvais... mais je n'aurais jamais dû perdre le contrôle comme ça. Pardonne-moi.
— Non ! Je veux comprendre pourquoi tu...
La sonnerie du portable du brun l'interrompit.
— Je dois répondre.
— Je sais, soupira Danny.
Steve prit l'appel, puis raccrocha rapidement.
— Une affaire... je dois y aller.
— Je sais, répéta le blond.
Le brun se dirigea vers la porte, mais se retourna au dernier moment :
— Danny, j'aimerais... Ne pars pas, s'il te plait. On discutera de tout ça dès que cette affaire sera bouclée. Mais en attendant, j'aimerais que tu restes.
Il n'attendit pas de réponse et quitta rapidement la chambre. Une fois seul, Danny se laissa tomber sur le lit. Il était encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Il glissa doucement ses doigts sur ses lèvres. Il pouvait encore sentir la douceur de celles de Steve. Perturbé, il ne savait plus quoi faire. Et, surtout, il ne parvenait pas à comprendre les réactions de son propre corps. Même s'il devait admettre que Steve était bâti comme un dieu, il n'avait jamais été attiré jusque là par un homme, que ça soit physiquement ou sentimentalement. Pourtant, lorsqu'il repensait au baiser, ce qu'il sentait se réveiller en lui ne laissait aucun doute sur son envie de recommencer cette expérience déroutante mais ô combien agréable.


L'affaire avait tellement occupé Steve qu'elle ne lui avait pas permis de rentrer chez lui avant le lendemain midi. Seul avantage, il n'avait pas non plus eu le temps de trop réfléchir au sujet de ce qui s'était passé avec Danny. Ce n'est que le vendredi matin, alors qu'il conduisait pour rentrer, qu'il se mit à cogiter. Il s'en voulait terriblement de ne pas avoir réussi à maîtriser ses pulsions. D'habitude, même si les gens qui le côtoyaient pouvaient le penser impulsif, il évaluait toujours à l'avance les conséquences de ses actes. Mais là, avec Danny, il s'était laissé emporter par ses sentiments et ses hormones, faisant fi de ce qui adviendrait ensuite.
Lorsqu'il s'arrêta devant sa maison, il fut soulagé de voir la voiture de son coéquipier garée au même endroit que la veille. Il prit une grande inspiration, puis entra. Il mit quelques secondes à comprendre que le cartable rose « Hello Kitty » posé à côté de la porte devait être celui de Grace. Surpris, il se dirigea vers la cuisine d'où provenaient les voix des Williams, père et fille.
— Oncle Steve ! Lança la fillette en le voyant.
Elle descendit de sa chaise pour venir se jeter dans ses bras. Il l'embrassa, puis se tourna vers Danny qui les fixait sans un mot.
— Je suis heureux que tu sois resté.
— Rachel m'a appelé peu après ton départ. Le médecin venait de lui annoncer que Grace n'était plus contagieuse. Du coup, elle m'a proposé de la prendre là en remplacement du week-end dernier. Et comme tu m'avais dit que ça ne te dérangeait pas si...
— Bien sûr, tu as très bien fait.
Steve reposa la gamine sur sa chaise, puis soupira :
— Je vais aller dormir un peu, je n'ai pas fermé l'œil depuis 48 heures.
— Si tu as faim, j'ai fait des tonnes de pâtes à la tomate, proposa Danny
Agréablement surpris, son coéquipier sourit :
— Je ne dirai pas non. Je vais juste aller prendre une douche d'abord.
— Ok.
Steve quitta la cuisine, puis monta se rafraîchir. Lorsqu'il redescendit, le couvert avait été mis pour trois. Grace n'étant pas dans la pièce, le brun en profita pour dire à son ami :
— J'étais sincère tout à l'heure. Je suis vraiment très heureux que tu sois resté.
— Je voulais que Grace puisse profiter de ta maison et de l'accès direct à la plage. Au moins une fois.
— Je n'ai pas oublié qu'on doit parler tous les deux, souffla Steve, refroidi par la dernière phrase de l'autre homme.
— Je ne l'ai pas oublié non plus. Mais ça attendra que ma fille ne soit plus ici.
— Je comprends.
Grace revint en lançant :
— J'ai faim !
— Moi aussi ! Renchérit Steve.
Danny leva les yeux au ciel :
— Mais regardez-moi ces deux estomacs sur pattes ! Allez, asseyez-vous, c'est prêt !
Il servit les pâtes, puis vint s'installer à table avec eux.

Après le repas, Steve monta se coucher. Il était si fatigué qu'il s'endormit presque instantanément, malgré toutes les pensées qui tourbillonnaient dans son esprit. Il s'éveilla en fin d'après-midi. De la fenêtre de sa chambre, il vit Danny et Grace jouer sur la plage. Il resta un long moment à les regarder, attendri, puis décida que c'était à son tour de préparer le repas.
Il finissait juste son plat, lorsque son coéquipier le rejoignit.
— Tu nous prépares quoi ?
— Je me suis dit qu'une pizza faite maison devrait plaire à Grace.
— Bonne idée. Besoin d'un coup de main ?
— Non, j'ai terminé. Va profiter de ta fille.
Le blond acquiesça d'un signe de tête, puis repartit dans le salon où la fillette dessinait sur la table basse.
Ils dînèrent sur la terrasse, puis Danny alla coucher Grace. Steve était resté dehors, savourant la tranquillité de la soirée, une bière à la main. Quelques minutes plus tard, son ami le rejoignit, l'air ennuyé.
— Que se passe-t-il ?
— Je viens d'avoir un appel de l'un de mes indics. Il veut me voir de toute urgence pour une affaire importante. Mais ça me gêne de laisser Grace...
— Elle dort. Et je suis là pour veiller sur elle, ne t'en fais pas.
— Oui, mais si elle se réveille ? Elle ne va pas reconnaître la chambre et elle risque d'avoir peur.
— J'irai la rassurer. Vas, je suis sûr que tout se passera bien.
Danny hésita encore quelques instants, puis finit par souffler :
— Ok. Mais si jamais, y'a le moindre problème, tu...
— Je t'appelle, promis !
— Merci. J'essayerai de faire vite.


Après avoir récupéré les informations, effectivement importantes, auprès de son indic, il se dépêcha de rentrer. Malgré le côté casse-cou de Steve, Danny était prêt à lui confier sa vie. Il l'avait même déjà fait à plusieurs reprises. Mais là, il s'agissait de sa fille, de l'être le plus important au monde à ses yeux. Alors même s'il avait une confiance aveugle en son ami, il ne pouvait s'empêcher d'être soucieux.
Lorsqu'il poussa la porte d'entrée, il s'arrêta pour contempler le tableau qui s'offrait à lui : Steve était installé sur le sofa face à la télévision dont le son avait été coupé, Grace endormie blottie contre son flanc. Et c'est à cet instant précis que Danny eut la révélation qui allait changer sa vie : ce n'était plus de l'amitié qu'il ressentait pour son coéquipier et ça, depuis bien longtemps. Il n'avait pas voulu admettre que c'était bien plus fort que des sentiments fraternels. Il réalisait maintenant que la partie « relation physique » de ce que tout ça impliquait lui faisait peur, justement parce que c'était la première fois. Mais là, en voyant sa fille endormie dans les bras cet homme qui comptait tant pour lui, il sentit son cœur se gonfler d'un élan de tendresse et comprit qu'il ne pouvait plus se mentir.
Tout à sa révélation intérieure, il sursauta presque lorsque Steve leva les yeux de l'écran pour plonger dans son regard. Ils restèrent un long moment ainsi, jusqu'à ce que le brun demande dans un murmure :
— Ça valait le coup ?
— Ouais, répondit Danny sur le même ton. Je te montrerai ça lundi au QG. Elle a fait un cauchemar ?
— Oui. Elle te cherchait et avait peur de retourner dans son lit alors je lui ai proposé de rester là avec moi.
— Merci. Tu peux me ranger ça ? Demanda-t-il en détachant son holster et sa plaque. Je vais la remettre au lit.
— Bien sûr.
Danny prit délicatement sa fille dans ses bras pour la ramener dans sa chambre, puis souffla à l'attention de son ami :
— Je vais dormir avec elle.
— Ok. Bonne nuit. À demain !
— À demain !
Une fois dans la chambre, Danny installa Grace dans son lit, puis il ôta ses chaussures et sa veste avant de s'étendre à côté d'elle. Enroulant une mèche de cheveux de la fillette sur son doigt, il souffla :
— Danno est peut-être amoureux, mon petit chat...

Le lendemain matin, Danny se réveilla seul dans le lit. Surpris et un peu inquiet, il enfila rapidement ses chaussures avant de descendre. Il fut rassuré en entendant des éclats de rire provenant de la cuisine. Lorsqu'il y entra, il trouva sa fille attablée devant une montagne de pancakes que Steve était en train d'arroser d'une fontaine de sirop d'érable. Le brun se tourna vers son ami, souriant :
— Bien dormi ?
— Oui. Déjà levée ma puce ? demanda Danny à Grace en l'embrassant sur le front.
— Plus sommeil, répondit la gamine avant d'enfourner un énorme morceau de pancake dans sa bouche. Hum, c'est bon...
Les deux hommes échangèrent un regard amusé. Danny s'installa à côté de sa fille et se servit une pleine assiettée tandis que Steve lui demandait :
— Vous allez faire quoi aujourd'hui ?
— On va au parc d'attraction ! répondit Grace, les lèvres couvertes de sirop d'érable. Tu viens avec nous ?
Le brun se tourna vers son ami, l'interrogeant du regard. Danny n'hésita pas :
— Tu es le bienvenu.
— Alors d'accord, je viens.
— Chouette ! s'extasia la fillette.
Elle termina rapidement son assiette et monta s'habiller. Lorsqu'elle eut quitté la cuisine, un silence pesant s'installa entre les deux hommes. Danny ne voulait pas déjà aborder le sujet sensible entre eux. Il avait encore besoin de temps pour analyser ses sentiments, pour être vraiment sûr qu'il n'allait pas regretter de se lancer dans une telle aventure.
Alors qu'il était plongé dans ses pensées, Steve souffla :
— C'est une gamine géniale.
— Je sais, sourit Danny. J'ai beaucoup de chance de l'avoir.
Son ami approuva d'un signe de tête, puis lança d'un ton amusé :
— Je plains déjà les ados mâles qui lui tourneront autour !
— Y'en aura pas, grogna le blond. Elle n'aura pas le droit de sortir avec des garçons avant ses 30 ans.
Steve éclata de rire.
— Je t'imagine bien les accueillir avec ton flingue !
— Te moques pas ! Je suis sûr que tu ferais la même chose si tu avais une fille !
— Peut-être...
Danny vit passer un voile de tristesse sur le regard de son ami, mais, comme souvent, cela avait été tellement fugace qu'il crut l'avoir imaginé. Il n'eut pas le temps d'en parler car Steve lança :
— Je vais aller me préparer.
— Ok.
Une fois seul, le blond termina son petit-déjeuner, puis monta à son tour se doucher et s'habiller.


Cela faisait des années que Steve n'avait pas mis les pieds au parc d'attraction. Et il était très heureux d'y revenir avec Danny et Grace, malgré le malaise qui persistait entre son coéquipier et lui. La présence de la fillette empêchait l'atmosphère de s'alourdir. Elle monta sur une dizaine de manèges dans la matinée. À midi, ils allèrent déjeuner dans un restaurant typiquement hawaïen, tenu par une ancienne connaissance de Steve. Après manger, ils retournèrent à la fête foraine. Alors qu'ils passaient devant un stand de tir au fusil, où il fallait faire exploser des ballons de baudruche qui voletaient derrière des grilles, Grace tira sur la main de son père :
— Papa, Papa ! Je peux avoir une peluche ? S'il te plait !
Danny examina les lots, puis lui demanda :
— Lequel tu veux ?
— Le dauphin ! s'exclama la fillette en désignant l'objet de ses rêves, un énorme mammifère marin bleu et blanc, presque aussi grand qu'elle.
Son père s'approcha du forain qui fixait Steve d'un regard noir. Celui-ci leva les mains en signe d'apaisement :
— Je n'approcherai pas vos fusils, promis !
L'homme grommela quelque chose d'inintelligible, puis reporta son attention sur Danny.
— Il faut faire quoi pour gagner le dauphin ?
— Avoir les six ballons de chacune des trois cages. Pour 5 dollars par cage, vous avez droit à 10 tirs.
Danny sortit trois billets de cinq, puis prit le fusil que le forain lui tendait. Steve se retint de rire en voyant son ami faire un carton plein sur la première cage, sans gaspiller un plomb, sous le regard abasourdi de l'homme. Bien sûr, il réussit sans problème à faire exploser tous les ballons. Le forain détacha le dauphin, mais avant de le lui donner, il lança :
— Vous, je ne veux plus jamais vous voir sur mon stand !
— Ok ! répondit le policier en prenant la peluche et en haussant les épaules.
Il donna son cadeau à Grace qui serra celui-ci dans ses bras en sautillant.
— Merci, Papa ! Il est trop beau !
Pendant que la fillette s'extasiait sur son jouet, Steve souffla à son ami :
— Ça me rassure, je ne serais plus le seul à être interdit de séjour sur les stands de tir de l'île.
— Je n'allais quand même pas faire semblant de rater mon coup juste pour contenter un forain susceptible. Et puis Gracie voulait vraiment ce dauphin, n'est-ce pas mon petit chat ?
— Oui ! T'es le meilleur !
Ils passèrent le reste de l'après-midi entre manèges et stands de confiserie. Steve se sentait bien, heureux de cette vraie journée de repos. Pour une fois, ils ne furent pas dérangés par un appel pour le travail, ce qui était plutôt rare depuis la création du 5-0.

Ils rentrèrent en fin d'après-midi. Steve prépara le dîner pendant que son ami jouait avec sa fille dans le salon. Après le repas, Danny monta coucher Grace qui était épuisée par sa journée. Son coéquipier alla s'installer sur la terrasse avec une bière. Son regard se fixa sur l'océan et il plongea dans ses pensées. Immédiatement, son esprit partit en direction de Danny, lui remémorant leur baiser. Plus il y pensait, plus il se demandait s'il avait rêvé le fait que l'autre homme ne l'avait pas vraiment repoussé. Sur le moment, il n'y avait pas prêté attention. Mais depuis, il avait eu le temps d'y réfléchir. Et les souvenirs qui lui revenaient le perturbaient.
Il sursauta lorsqu'il sentit la main de Danny se poser sur son épaule.
— Je t'ai fait peur ? demanda le blond sur un ton un peu moqueur.
— Je ne t'ai pas entendu arriver, avoua son ami.
Surpris de sentir encore la main gauche de l'autre homme posée sur son épaule droite, Steve leva les yeux vers lui. Danny avait le regard fixé droit devant en direction de l'océan. Au bout de quelques secondes, il souffla :
— J'ai besoin de savoir... Ne réponds que par oui ou non, s'il te plait. Ce qui s'est passé... ce baiser... il avait vraiment tant d'importance pour toi ?
— Oui.
— Ce que tu ressens... ce n'est pas que physique ?
— Non.
Danny resta silencieux un long moment avant de demander :
— Je suis vraiment si important à tes yeux ?
— Encore plus que tu ne pourrais l'imaginer... répondit Steve dans un souffle.
Nouveau silence. Le brun posa sa main sur celle de son ami qui ne retira pas la sienne. Il crevait d'envie de l'interroger, mais avait peur de le brusquer. Il ne voulait pas risquer d'éteindre la lueur d'espoir qui était apparue dans son cœur depuis quelques instants.

À suivre...