Merci pour vos reviews. Attention, dans ce chapitre, on passe aux choses sérieuses.

Bonne lecture. ^^


Danny n'avait pas prévu d'interroger son ami aussi vite, mais il ressentait un besoin impérieux de savoir, d'être sûr que Steve ne s'était pas amusé à ses dépends. Est-ce que c'était le calme de cette soirée qui l'avait poussé à se lancer ? Il n'en savait rien, toujours est-il qu'il avait posé ses questions. Et que les réponses obtenues étaient au-delà de ses attentes.
Le cœur battant la chamade, il se sentait comme un collégien lors de son premier flirt. Son pouce caressait machinalement la peau de Steve, dessinant de petits cercles sur son épaule nue. Même sans baisser les yeux, il pouvait sentir le regard de son ami fixé sur lui. Des envies contradictoires bataillaient dans son esprit. D'un côté, il était terrorisé à l'idée de se lancer dans une relation amoureuse et charnelle avec un homme. Et de l'autre, il rêvait de goûter à nouveau aux lèvres de Steve. Le baiser qu'ils avaient échangé quelques jours plus tôt lui avait fait miroiter des délices encore inconnus qu'il avait très envie de découvrir. Totalement perdu, il souffla :
— Il va me falloir du temps... je n'ai jamais...
Il s'interrompit, ne sachant comment formuler ce qu'il ressentait. Son ami se leva et se planta face à lui afin que leurs regards se croisent. Ils restèrent un long moment à se dévisager en silence, puis le brun sourit :
— Je ne pensais pas avoir la moindre chance de te séduire... alors je suis prêt à attendre tout le temps qu'il te faudra. Je te demanderai juste d'être honnête avec moi. Si un jour tu décides que finalement, il est impossible qu'il y ait quelque chose de plus que de l'amitié entre nous, je veux que tu me le dises, que tu ne me laisses pas espérer en vain.
— Je te le promets, répondit Danny sur un ton solennel.
Il était grandement soulagé par la réaction de l'autre homme. Et il avait toujours autant envie de l'embrasser. Alors il prit son courage à deux mains et franchit la distance qui les séparaient pour poser ses lèvres sur celles de Steve. Le brun ne mit pas longtemps à réagir, glissant une main sur la nuque du blond, l'autre dans le creux de ses reins. Le baiser s'approfondit au moment où Danny entrouvrit les lèvres pour laisser la langue de son ami rencontrer la sienne. Lorsqu'ils furent obligés de s'écarter par manque d'air, Steve sourit :
— Si tu me fais des trucs pareils, pas sûr que j'arrive à me contenir...
Le blond avait lui-même du mal à reprendre ses esprits car une vague de désir avait enflammé ses reins. Pourtant, il s'écarta et souffla :
— J'avais aussi besoin d'une confirmation plus... sensitive...
— Dis plutôt que j'embrasse comme un dieu et que tu voulais profiter de mon talent.
Amusé, Danny leva les yeux au ciel :
— Et modeste avec ça ! Pourquoi je sens que je ne suis pas au bout de mes peines avec celui-là ?
Leurs regards se croisèrent à nouveau et ils se sourirent longuement.
— Je vais aller me coucher, souffla Steve au bout d'un moment.
— Alors, bonne nuit ! répondit son ami.
Il suivit des yeux le brun jusqu'à ce qu'il soit rentré, puis se laissa tomber sur le transat en soupirant. Il était à présent sûr de ses sentiments. Il espérait juste qu'il trouverait rapidement le courage de passer outre sa peur qui l'empêchait pour le moment d'envisager une relation physique avec cet homme qui lui tournait la tête.

Le lendemain, Danny passa sa matinée à faire des cookies avec Grace. Il aperçut brièvement Steve au petit-déjeuner avant que son ami parte courir sur la plage. Alors qu'ils venaient de mettre leur première fournée à cuire, la fillette demanda à son père :
— Tu vas rester vivre chez Oncle Steve, maintenant ?
— Je ne sais pas.
— Moi, j'aimerais bien. J'adore sa maison !
Danny sourit :
— Moi aussi.
Ils étaient en train de préparer la deuxième plaque de cookies lorsque Steve les rejoignit. Son tee-shirt blanc trempé de sueur collait à son torse. Danny détourna les yeux, troublé.
— Hum, ça sent bon ici.
— On a fait des cookies au chocolat ! s'exclama Grace.
— Ça c'est une bonne idée, sourit le responsable du 5-0. Je vais prendre une douche.
Lorsqu'il eut quitté la pièce, Danny soupira profondément.
— Pourquoi t'es tout rouge, Papa ?
Surpris, il se tourna vers sa fille et bredouilla :
— Euh... c'est le four... ça me donne chaud...
La gamine eut l'air convaincu et reporta son attention sur sa préparation. Son père retint un nouveau soupir, espérant arriver à contenir un peu mieux les réactions de son corps en présence de l'autre homme, surtout lorsque sa fille était dans la même pièce qu'eux.

L'après-midi, Steve proposa à ses invités de profiter de la plage et de l'océan. Bien sûr, Grace fut beaucoup plus enthousiaste que son père. Celui-ci suivit son ami et la fillette sur la plage. En bermuda et tee-shirt, il s'assit sur une serviette tandis qu'ils allaient se baigner. Compte tenu de la tournure des évènements, il était heureux de voir que sa fille et son ami s'entendaient aussi bien. Si ça n'avait pas été le cas, il aurait bien évidemment abandonné toute idée d'une relation avec Steve. Il l'aurait fait à contrecœur, certes, mais le bonheur de sa fille serait passé avant le sien, comme toujours. Et cette option n'était pas encore totalement exclue. Il avait passé une partie de la nuit à se demander quelle serait la réaction de Grace lorsqu'elle saurait que son père aime un homme. N'ayant aucune réponse à cette question, il avait décidé qu'il s'en soucierait le jour où sa relation avec Steve serait sérieuse au point qu'il veuille en parler à sa fille. Mais il savait déjà que quoi qu'il arrive, elle passerait en premier pour lui.
Danny fut tiré de ses pensées lorsque Grace arriva en courant vers lui et se jeta dans ses bras.
— Ah ! T'es trempée !
La gamine éclata de rire, puis repartit à l'eau. Steve rejoignit son ami en riant. Danny lui adressa un regard noir :
— Je suis sûr que c'est toi qui lui a soufflé cette idée !
Le brun prit l'air innocent, mais la lueur de désir qui éclairait son regard azur démentait son expression. Le blond croisa les bras sur son torse, gêné par l'attention dont il faisait l'objet.
— Vais aller me changer !
Il allait s'éloigner lorsque Steve le retint par le bras.
— Pourquoi tu refuses de te mettre en maillot ?
La lueur de désir était toujours là, mais il semblait très sérieux. Danny se doutait que cette question allait finir par venir sur le tapis. Cependant, il avait espéré que ça arriverait beaucoup plus tard. Il soupira profondément avant de grogner d'un ton plus sec qu'il ne l'aurait voulu :
— Les mecs comme toi ne peuvent pas comprendre.
Il se dégagea, puis partit rapidement en direction de la maison, à la fois gêné et en colère contre lui-même de ne pas être capable de s'ouvrir plus à son ami.


Steve regarda son ami s'éloigner, abasourdi par son attitude. Il n'eut pas le temps de se poser des questions car Grace vint le chercher pour jouer dans l'eau. Alors qu'il suivait la fillette, il se promit d'interroger Danny dès le soir-même.

En fin d'après-midi, Danny partit ramener sa fille chez son ex-femme. Steve en profita pour faire un peu de rangement et pour préparer le dîner. Son ami revint juste pour le repas. Ils se mirent à table dans la cuisine et commencèrent à manger en silence. Au bout d'un moment, le blond souffla, le nez dans son assiette :
— Je voudrais m'excuser pour tout à l'heure. Je n'aurais pas dû te parler comme ça.
— Ce n'est rien. En revanche...
Comme il s'interrompait, Danny leva les yeux vers lui.
— En revanche ?
— Avant d'aller plus loin dans cette relation, j'aimerais qu'on arrête de se faire des cachotteries. On doit être honnêtes l'un envers l'autre, tu ne crois pas ?
L'autre homme soupira avant de répondre :
— Si... tu as raison...
Voyant que son ami semblait gêné à l'idée de dévoiler ses secrets, Steve proposa :
— Je vais commencer. Je suis sûr que tu te poses plein de questions à mon sujet, alors vas-y, demande-moi ce que tu veux.
Danny prit quelques secondes de réflexion avant de lancer :
— Hier matin, lorsqu'on parlait de Grace, tu m'as semblé triste à un moment.
Steve n'avait pas anticipé la question. Une pointe de douleur meurtrit son cœur. Il souffla :
— Tu me disais que si j'avais une fille, je serais sûrement aussi protecteur que toi. Personne ici ne le sait mais... elle aurait eu 15 ans cette année...
Le blond adressa un regard surpris à son ami. Avant qu'il ait le temps de l'interroger, Steve reprit :
— Je venais d'entrer chez les SEAL lorsque j'ai rencontré Anna. Elle était serveuse dans un restaurant de Pearl Harbor. On est sortis ensemble pendant presque deux ans. Et puis un jour, elle m'a annoncé qu'elle était enceinte. Nous étions fous de joie. Nous avions décidé de nous marier après la naissance car je devais partir en mission pour plusieurs mois. C'était une mission sensible où nous avons passé de longues semaines en silence radio. Lorsque nous avons pu à nouveau communiquer avec le continent, j'ai reçu un message de la mère d'Anna qui m'informait qu'elle avait perdu notre enfant, une petite fille. Anna était si affligée par sa fausse-couche qu'elle était tombée en dépression. Sa mère avait dû la faire hospitaliser car elle refusait de s'alimenter. J'ai cru que mon monde s'écroulait. Nous sommes rentrés deux semaines plus tard. J'ai rendu visite à Anna à l'hôpital, mais elle a fait une crise d'hystérie en me voyant, au grand désespoir de sa mère qui pensait que je pourrais aider sa fille à se sortir de sa dépression. Je ne l'ai jamais revue après ce jour. Sa mère m'a informé qu'elles partaient vivre à Los Angeles où elles avaient de la famille. Anna doit encore y être aujourd'hui.
Se souvenir de cette période de sa vie était toujours aussi douloureux. Il n'avait jamais été le genre de mec à pleurer pour un rien, mais la perte de sa fille avait laissé un vide qui n'avait jamais été comblé. Il essuya ses yeux embués de larmes tandis que Danny soufflait :
— Je suis désolé. Je ne voulais pas faire remonter des...
Steve l'interrompit, souriant légèrement malgré l'étau qui enserrait son cœur :
— Tu ne pouvais pas savoir. Comme je te l'ai dit, personne ici, à Hawaï, n'est au courant.
— Pas même Mary Ann ?
— Non. À l'époque, j'étais trop malheureux pour trouver la force d'en parler. Et après... j'ai préféré tout enfouir très profondément.
Il inspira profondément, chassant sa tristesse, puis demanda :
— À ton tour, Danny !
Le blond hocha la tête, visiblement prêt à répondre à la question qu'il allait lui poser. Steve n'eut pas à chercher bien longtemps.
— Pourquoi est-ce que tu refuses de te mettre en maillot ou même juste torse-nu ?
Danny soupira profondément avant de répondre :
— Vu ce qui s'est passé ce matin, je me doutais que ça serait ça ta question... Je vais y répondre, mais promets-moi de ne pas te foutre de moi.
— Promis ! Affirma Steve en levant la main droite.
— Bon... Eh bien... J'ai toujours été jaloux des mecs bien foutus comme toi...
Abasourdi, le brun mit quelques secondes à comprendre ce que son ami venait de dire. Avant qu'il ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Danny reprit :
— Comprends-moi : j'ai toujours été plus petit que tous les types de ma classe au lycée. Et j'étais loin d'être bâti comme un joueur de football américain ou un nageur. À cause de ça, j'étais complexé et j'avais toujours peur de me prendre un râteau quand je draguais une fille. J'ai eu des copines, mais je galérais comme pas possible pour les séduire et surtout les garder. Du coup, je me suis concentré sur mes études, sur les cours de l'école de police et ensuite sur mon boulot. Et puis, il y a eu Rachel. Avec elle, je me sentais bien, je n'avais plus honte de mon corps. Jusqu'à ce qu'elle me largue pour Stan... Et quand je suis arrivé ici, que j'ai vu tous ces mecs musclés qui se baladaient torse-nu un peu partout, mes complexes me sont revenus en pleine figure.
Comme il s'interrompait, Steve demanda :
— C'est à cause de ça que tu portes presque tout le temps une chemise et une cravate ?
— En partie. Surtout depuis que je bosse avec Chin et toi.
Le brun leva un sourcil, interrogatif.
— Je vois bien comment les femmes vous regardent tous les deux.
— Elles te regardent aussi.
— Pas de la même façon. Je n'ai jamais fait partie des mecs qui les font fantasmer d'un seul regard.
— Peut-être pas, mais tu fais partie de ceux qui les épousent.
— Et dont elles divorcent pour se taper un beau gosse...


Danny pensait qu'il aurait été soulagé de tout dire à Steve, mais il se trouvait minable. Son ami lui avait parlé d'un événement qui l'avait traumatisé et lui se plaignait de ne pas être assez bien foutu. Il passa une main sur son visage, puis se leva dans l'intention de quitter la pièce, mais les doigts de Steve se refermèrent sur son poignet. Danny baissa les yeux et fut surpris par l'intensité du désir qui assombrissait le regard de son ami. Lorsque le brun se leva à son tour et l'attira vers lui, le blond ne résista pas. Steve relâcha son poignet pour poser ses mains sur ses épaules, l'obligeant ainsi à le regarder en face.
— Tu ne vas peut-être pas croire ce que je vais te dire, mais tu es l'un des hommes les plus désirables que j'ai jamais rencontré.
En temps normal, Danny n'en aurait effectivement pas cru un traître mot. Mais, compte tenu de la situation, de la relation qui commençait à naître entre eux, il n'était plus sûr de rien. Steve continua :
— Je vais être franc avec toi : j'ai déjà eu des relations avec des mecs, mais aucun de m'a fait le même effet que toi.
Il s'éloigna d'un pas avant de souffler :
— Tu ne peux pas savoir combien c'est difficile pour moi de résister à l'envie de te prendre sauvagement sur la table ou contre le mur.
Danny sentit une violente vague de désir enflammer ses reins. Il plongea son regard dans celui de son ami, rendus presque violets par la force de son envie. Steve s'approcha à nouveau de lui d'une démarche féline. Il glissa un doigt sous le nœud de la cravate de Danny, puis commença à la dénouer lentement en lançant d'une voix rauque :
— Si les autres ne te trouvent pas attirant, tant pis pour eux... De toutes façons, je ne veux plus qu'ils te regardent...
Le blond déglutit difficilement, puis demanda :
— Jaloux ?
— Très...
Les doigts de Steve s'attaquèrent aux premiers boutons de sa chemise, caressant sa peau au fur et à mesure qu'il la découvrait.
— Si tu veux m'arrêter, c'est maintenant, souffla le brun.
La peur était toujours là, mais l'excitation était plus forte. Danny répondit :
— Je ne veux pas t'arrêter...
Et avant que son ami ait eu le temps de s'en étonner, il se jeta sur ses lèvres pour un baiser passionné. Alors que leurs langues se redécouvraient, Steve termina de déboutonner la chemise du blond et se mit à lui caresser le torse, titillant du bout des doigts ses tétons érigés. Danny ne put retenir un gémissement d'envie lorsque son ami, bientôt amant, souda son corps au sien, lui prouvant ainsi l'effet qu'il lui faisait. Sans même s'en rendre compte, ils migrèrent jusqu'au mur. Danny se retrouva bien vite bloqué entre la cloison et le corps en feu de l'autre homme. Considérant que Steve était beaucoup trop habillé, il glissa ses mains sur les reins du brun, puis remonta rapidement son tee-shirt. Ils rompirent le baiser le temps que Steve ôte le vêtement devenu gênant. Lorsqu'il revint à la charge, il ne s'attaqua pas aux lèvres du blond mais à son cou. Danny lui caressait le torse et le dos, ne retenant pas les gémissements que le brun lui arrachait si savamment.
Au bout d'un long moment de douces tortures, Steve glissa une main entre eux, puis déboutonna la braguette de Danny. Celui-ci retint son souffle alors que son compagnon dégageait son sexe tendu de son boxer avant de le caresser doucement avec sa paume. C'était la première fois qu'une main masculine autre que la sienne le touchait si intimement. S'il avait eu une appréhension, elle se serait bien vite envolée grâce aux manières expertes de Steve.
De l'autre main, le brun défit son jean, libérant sa propre érection avec un grognement de satisfaction. Avant que Danny ait eu le temps de réaliser ce qui se passait, son amant s'empara de leurs membres gonflés et commença à les caresser ensemble. Ne voulant pas rester inactif, le blond glissa sa main à la rencontre de celle de son compagnon. Il entrelaça ses doigts avec ceux de Steve, puis ensemble, ils accélérèrent le rythme sur leurs érections presque douloureuses à force d'attente. Leurs bouches se retrouvèrent pour un nouveau baiser passionné. Leurs souffles étaient erratiques, mais leurs lèvres ne se quittaient plus alors que le plaisir montait par vagues de plus en plus intenses. Steve se libéra le premier, rompant le baiser pour pousser un grognement rauque. Danny ne tarda pas à le suivre, le visage enfoui contre l'épaule de son amant, gémissant son prénom.
Les deux hommes restèrent immobiles un long moment, le temps que leurs rythmes cardiaques reviennent à peu près à la normale. Steve bougea le premier. Il alla chercher une serviette en papier puis revint nettoyer le ventre de son compagnon, maculé par leurs semences. Il nettoya ensuite le sien avant d'aller jeter la serviette. Danny en profita pour rajuster son pantalon, mais ne referma pas sa chemise. En revenant vers lui, le brun ramassa sa cravate qui avait fini sa course sur le sol, puis la fit tourner entre ses doigts lentement. Il gardait obstinément le regard fixé sur le bout de tissu et Danny sentit son cœur se serrer. Il attrapa les pans de sa chemise, les resserra sur son torse et croisa les bras, soudainement mal à l'aise.
Le blond ne s'attendait vraiment pas à ce que son amant dit alors :
— Je suis désolé... Je n'aurais pas dû te sauter dessus comme ça... Tu m'as demandé d'être patient et j'ai à peine réussi à tenir une journée !
Un peu soulagé, Danny sourit en s'approchant de son compagnon :
— Je me dis parfois que t'es vraiment un grand nigaud, Steven McGarrett !
Le brun leva les yeux vers lui, l'air surpris :
— Que...
— Tu m'as laissé l'opportunité de tout arrêter, tu te souviens ? Et j'ai choisi de continuer parce que j'en crevais d'envie.
— Tu...
— Eh bien, je ne pensais pas que je te faisais autant d'effet que ça, au point de te griller les quelques neurones qui te restaient et que tu ne puisses plus parler que par monosyllabes ! Se moqua Danny.
Il s'approcha encore pour déposer un léger baiser sur les lèvres de son compagnon.


Lorsque Danny s'écarta de lui, Steve sourit :
— Je suis heureux que tu ne m'aies pas arrêté. Je n'avais pas vraiment envie de prendre une douche froide.
— Moi non plus. Et je ne regrette absolument rien.
Le brun glissa la cravate autour du cou de son amant, puis souffla en jetant un bref coup d'œil en direction de la table :
— On n'a même pas fini de dîner.
À peine avait-il terminé sa phrase que le ventre de Danny gargouilla peu élégamment. Les deux hommes échangèrent un regard et éclatèrent de rire. Steve alla chercher le dessert pendant que son compagnon s'occupait de débarrasser les restes de viande et de légumes froids. Lorsqu'ils s'installèrent à nouveau à table, le brun remarqua que son ami avait refermé les boutons de sa chemise. Il lança, amusé :
— Tu as froid ?
— Non, je veux juste éviter de trop t'exciter. Je voudrais bien manger mon dessert sans que tu me sautes dessus sauvagement, répondit Dany en riant.
— Dis tout de suite que je suis un obsédé ! s'indigna Steve.
Son amant se contenta de lui adresser un léger sourire en coin avant de s'attaquer à sa salade de fruits.

Steve était soulagé de voir que leur complicité n'avait pas changé suite à ce qui venait de se passer entre eux. Il aimait ces moments d'insouciance où Danny et lui s'échangeaient amicalement des piques verbales. Cela faisait partie intégrante de leur relation et il aurait eu beaucoup de mal à s'en passer. Tout en mangeant, il jetait de brefs regards à son ami qui semblait concentré sur le contenu de son assiette. Un peu inquiet, Steve souffla :
— Ça va ?
Danny leva les yeux vers lui, l'air surpris :
— Oui, pourquoi ?
— Je ne sais pas. Tu avais l'air pensif.
— Je me demandai juste comment les autres allaient réagir lorsqu'ils sauront pour nous.
— Par « les autres », tu parles de Kono et Chin ?
— Et ma famille... et Grace... surtout Grace... Je ne veux pas qu'elle en souffre...
Steve posa une main sur la sienne pour tenter de le rassurer :
— Écoute, si tu ne veux pas qu'on l'ébruite pour le moment, on peut garder ça pour nous. Ça ne me dérange absolument pas.
— Tu es sûr ?
— Ça ne sera pas la première fois que je dois me cacher. Ne t'en fais pas pour ça. Tant que tu gardes ta chemise lors des enquêtes, je devrais pouvoir me tenir, ajouta le brun en souriant.
Danny éclata de rire :
— J'espère bien ! Ça risque de faire désordre si tu me sautes dessus en plein QG ou devant Madame la Gouverneure.
Steve sourit en imaginant la scène. Son amant retourna sa main afin d'entrelacer ses doigts avec les siens, puis souffla, l'air à nouveau sérieux :
— J'aimerais que tu me fasses une promesse.
— Laquelle ?
— Je sais que ça va être difficile pour toi... mais si tu pouvais essayer d'être un peu plus prudent à l'avenir, ça soulagerait mon pauvre cœur. J'avais déjà des poussées d'adrénaline avant à chaque fois que tu jouais les casses-cous, mais maintenant, je ne suis pas sûr d'y survivre.
— Je ne peux pas te promettre de changer radicalement ma façon de travailler. Mais je te promets que je ferai plus attention à ma sécurité.
— Merci, je m'en contenterai... pour le moment.
Danny termina sa phrase en bâillant.
— Je crois que je ne vais pas tarder à aller me coucher.
— Tu n'as qu'à monter, je m'occupe de ranger tout ça.
— T'es sûr ?
— Vas-y, sourit Steve.
— Ok, merci. Bonne nuit ! lança t-il en se dirigeant vers la porte.
— Bonne nuit, Danny.
Une fois seul, le brun débarrassa et fit rapidement la vaisselle avant de monter à son tour. Il s'arrêta quelques secondes devant la porte de la chambre de son amant, fixant le battant fermé, puis rentra dans la sienne.


La nuit était particulièrement chaude et Danny s'éveilla peu après minuit, trempé de sueur. Ne voulant pas se rendormir dans cet état, il changea ses draps et alla prendre une douche tiède. Il enfila ensuite un boxer propre, puis descendit se chercher une bouteille d'eau fraîche. Alors qu'il remontait, il remarqua que la porte de la chambre de Steve n'était pas fermée. Curieux de voir à quoi ressemblait son amant lorsqu'il dormait, il entrouvrit un peu plus le battant pour passer la tête dans la pièce. Il fut surpris de trouver l'autre homme totalement éveillé, assis sur le rebord de sa fenêtre, le regard tourné vers l'extérieur, le visage légèrement éclairé par la lumière de la lune presque pleine.
— Tu n'arrives pas à dormir ? demanda le brun avant que son compagnon ait eu le temps de parler.
Danny entra dans la chambre en répondant :
— Il fait trop chaud, je ne sais pas si j'arriverai à m'habituer un jour à cette moiteur ambiante. En revanche, je pensais que toi, ça ne te gênait pas.
— Ce n'est pas la chaleur qui m'empêche de dormir.
— Oh. C'est moi alors ? lança Danny, moqueur.
Steve secoua la tête :
— J'aurais préféré...
Au ton sérieux et mélancolique de son amant, le blond comprit ce qui se passait. Il soupira profondément en s'approchant de son compagnon. Une fois à côté de lui, il posa une main sur son bras.
— Je suis honoré de la confiance que tu m'as accordé en m'en parlant, mais tu n'aurais pas dû t'y forcer si ces souvenirs te faisaient aussi mal.
Steve soupira profondément.
— Je ne m'y suis pas forcé. J'avais besoin d'en parler... et tu es la seule personne de mon entourage à qui je pouvais le dire, le seul qui puisse imaginer ce qu'est la douleur de perdre un enfant. Et puis je voulais être totalement honnête avec toi.
Malgré la chaleur ambiante, Danny souda son torse contre le dos nu de son compagnon et posa son menton sur son épaule. Il l'enlaça de son bras droit tandis que sa main gauche rencontrait celle du brun. Leurs doigts s'entrelacèrent instinctivement.
— La plupart du temps, je n'y pense pas. C'est seulement la nuit... parfois, je rêve d'elle. Je rêve qu'elle est vivante et qu'elle vit ici, avec moi. Souvent, je ne vois pas son visage, mais je sais qu'elle est ma fille. Je le ressens au plus profond de moi. Et quand je me réveille, il me faut parfois quelques secondes pour revenir à la douloureuse réalité, pour réaliser que je ne pourrai jamais la connaître, la prendre dans mes bras, la protéger du mal...
Danny resserra son étreinte autour du torse de son compagnon, le cœur serré et la gorge sèche.
— Je n'ose pas imaginer ce que je ressentirais si je perdais Grace, souffla-t-il finalement après quelques secondes de silence. Je crois que je deviendrais fou. Elle est ma raison de vivre... Vous êtes tous les deux mes raisons de vivre... ajouta-t-il, cette affirmation devenant une évidence au moment où il la prononçait.
Par sa main droite posée sur le torse de son amant, le blond put sentir la soudaine accélération du rythme cardiaque de celui-ci. Steve se dégagea légèrement de ses bras afin de pouvoir le regarder.
— Tu le penses sincèrement ?
— Si ça n'était pas le cas, je ne le dirais pas. Je tiens à toi, Steven. Et je tiens à ce que notre relation soit la plus longue possible.
Visiblement ému, le brun se pencha pour embrasser tendrement son compagnon. Lorsqu'ils se séparèrent, Danny ne put s'empêcher de plaisanter :
— C'est moi ou on commence à être horriblement guimauve tous les deux ?
— C'est pas toi. Voilà qu'on devient sentimentaux ! sourit Steve.
— Oh Mon Dieu ! Si on continue comme ça, on va se transformer en midinettes fan de Justin Bieber !
— Ne parle pas de malheur !
L'atmosphère s'était grandement allégée grâce à leurs plaisanteries, mais ce fut d'un ton très sérieux que le brun demanda :
— Ça te dérangerait de dormir avec moi cette nuit ? Je te promets d'être sage.
— Hum... je ne suis pas sûr de l'être moi-même... mais je vais essayer de me tenir.
Steve leva les yeux au ciel.
— Et après, c'est moi l'obsédé !
Ils se sourirent, puis allèrent se coucher. Ils s'étendirent l'un à côté de l'autre, hésitant à se toucher à cause de la chaleur. Finalement, ils s'installèrent face à face. Steve glissa sa main sur le flanc de son amant qui lui sourit et ils finirent par s'endormir dans cette position.

À suivre...