Merci pour les reviews. Voici enfin la suite. ^^
Après avoir promis de ne rien dire à personne au sujet de sa mort simulée, Danny vit Steve quitter la chambre. Il se rallongea en soupirant profondément, puis sourit. Son compagnon était peut-être très intelligent, mais il n'avait pas vu son erreur quand il lui avait fait promettre de ne pas se rendre à la réception donnée par Marquez. Satisfait du plan qui se mettait en place dans son esprit, Danny se tourna afin de pouvoir enfouir son visage dans l'oreiller de Steve qui portait encore son odeur. Quelques minutes plus tard, il se rendormit.
La journée s'était déroulée normalement. Danny avait réussi à garder son air maussade des derniers jours devant ses amis. Il s'en voulait de les voir anéantis par la pseudo-mort de Steve, mais leurs plans – celui de son compagnon et le sien – ne pourraient réussir que si personne ne connaissait la vérité. Heureusement pour lui, la police d'Honolulu leur soumit une affaire d'homicide. Danny envoya Kono et Chin s'en occuper pendant qu'il restait au QG, officiellement pour bosser sur le meurtre de leur ami, officieusement pour préparer la soirée à venir.
Il était près de 21 heures lorsque Danny gara sa voiture sur le parking de la marina de Ko Olina. Il vérifia que son arme et sa plaque étaient bien en vue, puis se dirigea vers le yacht d'Antonio Marquez. Le « Maria Carlotta » était un yacht de luxe de 50 mètres comportant une piscine et même une plate-forme d'atterrissage pour les hélicoptères. Marquez avait si bien dissimulé les activités du cartel derrière ses sociétés tout à fait légales qu'il pouvait se permettre de se montrer en tant que l'un des hommes les plus riches d'Amérique du Sud. Il était de notoriété publique qu'il profitait de ses luxueuses réceptions pour conclure ses affaires avec les autres gros bonnets de la drogue ou pour verser des pots-de-vin à des politiciens, des militaires ou des haut-gradés des forces de l'ordre. Tout le monde le savait, mais personne n'avait jamais rien pu prouver. Jusqu'à ce soir...
Danny s'approcha tranquillement du ponton. Deux gorilles en smokings, dont les vestes étaient déformées par des holsters d'épaule, gardaient l'entrée de la passerelle menant sur le yacht. Lorsque Danny fit mine de monter à bord, l'un des deux grogna :
— C'est une soirée privée !
L'agent du 5-0 décrocha sa plaque et la colla sous le nez de l'homme.
— Voilà mon invitation. Va dire à ton patron que le Lieutenant Danny Williams veut lui parler.
Le gorille le fusilla du regard, puis alla faire la commission tandis que son collègue le surveillait.
— Vous êtes sacrément balèzes tous les deux. Gonflette ou stéroïdes ? Non parce qu'il faut faire attention avec ces trucs-là. Ça peut rendre impuissant, vous savez. Vous avez les noisettes qui deviennent toutes petites, à peu près de la même taille que votre cerveau.
Danny s'amusait car il savait que le vigile ne pouvait pas le toucher sans un ordre de son patron. Et Marquez ne se risquerait jamais à faire tabasser un agent des forces de l'ordre devant ses invités prestigieux. L'autre gorille ne tarda pas à revenir avec un homme d'une quarantaine d'années, brun aux yeux noirs, vêtu d'un costume sombre.
— Suivez-moi, Lieutenant Williams. Monsieur Marquez va vous accorder une entrevue.
— Ah, vous voyez que mon invitation était en règle, les filles ! Lança Danny aux vigiles avant de suivre l'autre homme sur le bateau.
Tandis qu'ils parcouraient les coursives luxueuses, Danny détaillait les lieux, juste au cas où il aurait besoin de s'enfuir. Finalement, on le fit entrer dans un salon richement décoré où un homme brun, les yeux verts, vêtu d'un smoking noir, attendait confortablement installé sur un sofa blanc, sirotant une flûte de champagne.
— J'ai été informé que vous souhaitiez me voir, Lieutenant Williams. Me voici. Je me présente : Antonio Marquez.
Le truand ne lui fit pas l'affront de lui tendre la main. Danny jeta un bref coup d'œil autour d'eux et siffla d'admiration.
— Je vois que ça rapporte bien le trafic de drogue !
— Si vous n'êtes venu ici que pour tenir des propos diffamatoires, vous allez bientôt faire la connaissance de mes avocats.
— Je ne suis pas là pour ça, reprit l'agent du 5-0 en plongeant son regard dans les prunelles noires de Marquez. Je suis juste venu vous prévenir que vous avez fait une grosse erreur en tuant Steve McGarrett.
— Je vous assure que...
— Je sais, vous n'y êtes pour rien, blablabla. C'est toujours ce que disent les gens comme vous, j'ai l'habitude. Mais je voulais que vous sachiez que, même si je dois y passer le reste de ma vie, je vous ferai tomber, Monsieur Marquez. Oh, et ne vous avisez pas d'essayer de vous en prendre à moi ici et maintenant. J'ai prévenu mon équipe et Madame la Gouverneure Jameson que j'allais vous rendre une petite visite. Je pense que s'il m'arrivait malheur justement ce soir, ça ne serait pas bon du tout pour vous.
Marquez le fixa un long moment en souriant, puis lança :
— Comme j'essayais de vous le dire, je n'ai pas tué votre amant, Lieutenant Williams. Je pense que le Capitaine McGarrett avait beaucoup d'ennemis. Vous devriez vous concentrer sur eux, au lieu de venir menacer un honnête homme d'affaire comme moi.
— Je ne vous menaçais pas, sourit Danny. Je vous avertissais, c'est tout.
L'une des immenses fenêtres du salon donnait sur le pont où se déroulait la réception. Deux fois, alors qu'il parlait à Marquez, l'agent du 5-0 s'aperçut que l'un des serveurs les regardait. L'homme était grand, avec une chevelure courte d'un roux flamboyant, une moustache et un bouc de la même couleur. Ses yeux étaient dissimulés par des lunettes épaisses et une cicatrice barrait sa joue droite. Son visage semblait familier à Danny, mais pourtant, il ne parvint pas à mettre un nom dessus. Il s'en désintéressa lorsque Marquez demanda :
— Avez-vous terminé ?
— Je pense, sourit le blond.
— Alors je vais vous faire raccompagner.
L'homme qui avait conduit Danny auprès de Marquez lui fit signe de sortir du salon.
— Au plaisir de ne jamais vous revoir, Lieutenant Williams.
— Oh, on se reverra, soyez-en sûr ! sourit Danny avant de suivre son guide dans le couloir.
Une fois sur le quai, le blond se dirigea vers sa voiture d'un pas tranquille. Un camion blanc du traiteur était garé juste à côté, le dissimulant à la vue du bateau. Alors que Danny arrivait près de son véhicule, une silhouette émergea de l'ombre et il se retrouva face au serveur roux. Il dégaina son arme, mais l'inconnu ne bougea pas, se contentant de lui sourire :
— Tu ne me reconnais pas, Danno ?
Steve se retint de rire en voyant l'air abasourdi de son amant. Danny rangea son arme et souffla :
— C'était ça ton plan pour t'introduire à bord du yacht ?
— Vu que même toi, tu ne m'as pas reconnu, il était plutôt bon, non ? En revanche, il me semblait t'avoir fait promettre de ne pas venir.
Danny s'exclama en souriant :
— J'ai promis de ne pas mettre les pieds à la réception, pas de ne pas monter sur le bateau.
Même s'il était contrarié, Steve dut admettre qu'il s'était fait avoir.
— Ok, j'ai compris. La prochaine fois, je ne te parlerai pas de mon plan, comme ça, au moins, tu n'iras pas au devant du danger inconsidérément !
— J'ai très bien pesé les risques avant d'y aller, figures-toi ! se vexa son compagnon. Je savais que Marquez ne s'en prendrait pas à moi. Il n'aurait jamais risqué de foutre en l'air ses projets d'implantation du cartel sur l'île juste pour me descendre.
Steve croisa les bras, pas vraiment convaincu par les arguments du blond.
— Et je peux savoir pourquoi tu as fait ça ? C'était quoi ton intérêt, à part attirer son attention sur toi ?
— J'ai pensé que ça pourrait te servir si je l'occupais un peu pendant que tu fouillais ses affaires. D'ailleurs, tu ne devrais pas encore être là-bas ?
— Je vais y retourner. J'ai prétexté devoir aller chercher quelque chose dans le camion du traiteur pour venir te parler.
Alors que Steve allait s'éloigner, Danny l'attrapa par le bras :
— Sois prudent.
— Comme toujours.
Le blond plongea son regard dans celui de son amant, puis répéta d'un ton très sérieux :
— Sois prudent, Steven.
Le brun hocha la tête :
— Promis.
Danny le lâcha et il récupéra le carton qu'il avait pris dans le camion avant de se diriger vers le bateau. Il sentait le regard de son compagnon posé sur son dos. Il espérait que Danny n'aurait pas l'idée saugrenue de retourner à bord.
Steve passa devant les gorilles de l'entrée sans même qu'ils prêtent attention à lui. Il alla poser son carton dans la cuisine, récupéra discrètement l'arme qu'il y avait dissimulée, puis se glissa dans un couloir désert. La première fois, il n'avait pas pu prendre son revolver car il savait qu'il serait sûrement fouillé à sa montée sur le yacht. Les hommes de Marquez n'ayant rien trouvé de suspect sur lui, ils le pensaient à présent inoffensif. Même s'il savait se battre à mains nues, il était beaucoup plus rassuré de sentir son arme à sa ceinture. Après s'être assuré que le truand se tenait bien au milieu de ses invités, Steve parcourut rapidement les coursives jusqu'au bureau où il espérait trouver des éléments qui lui permettraient de le coincer. Il enfila des gants en latex et entra dans la pièce déserte. Il repéra immédiatement un placard où il pourrait se cacher si quelqu'un venait, puis se mit à fouiller discrètement et consciencieusement les lieux.
Steve commença par l'ordinateur. Il connecta une clé USB spéciale que lui avait fournie la gouverneure afin de copier le contenu du disque dur. Lorsqu'il eut terminé, il parcourut les différents papiers qu'il trouva, photographiant tous ceux qui lui paraissaient importants. Au bout d'une dizaine de minutes, il découvrit un coffre fort encastré dans le mur, dissimulé derrière un tableau, mais il n'avait aucun moyen de l'ouvrir donc il s'en désintéressa immédiatement. Au final, sa fouille ne dura pas plus d'un quart d'heure. Il allait quitter la pièce lorsqu'il entendit des pas approcher dans le couloir. Il vérifia d'un coup d'œil que tout était à sa place, puis se glissa dans le placard juste au moment où la porte s'ouvrait sur Marquez et un homme que Steve reconnut comme étant un officier des douanes d'Honolulu. Pressentant que la discussion à venir pourrait servir ses intérêts, le responsable du 5-0 mit en route la fonction « enregistreur » de son téléphone.
Marquez s'assit derrière son bureau et fit signe à son invité de prendre place face à lui. D'où il était, Steve ne voyait rien, mais entendait clairement la conversation.
— Je vous remercie d'être venu, Capitaine Johnson, lança Marquez.
— Votre invitation n'est pas du genre de celles que l'on refuse, répondit l'autre homme.
— Comme vous vous en doutez, je vais avoir besoin de vos services pour l'une de mes cargaisons. Aux conditions habituelles, bien entendu.
— J'aimerais justement que l'on revoie nos conditions pour cette transaction et les prochaines.
Marquez resta silencieux un moment, puis reprit, du même ton doucereux :
— Je suppose que vous souhaitez une rémunération plus importante.
— Les choses ont changé depuis que le 5-0 a mis le nez dans vos affaires. Les contrôles sont renforcés, donc il est plus difficile pour moi de faire passer votre chargement à travers les mailles du filet. Je risque autant ma peau que ma place dans cette affaire.
— Je comprends.
Steve entendu le bruit d'un stylo courant sur du papier, puis Marquez souffla :
— Voici le maximum que je peux vous proposer.
Il y eut un silence avant que Johnson ne réponde :
— Considérez que notre accord est renouvelé. Quand doit arriver votre chargement et sur quel navire ?
— Le Piñacota sera à quai après-demain aux alentours de 4 heures du matin.
Bruit de papier.
— Voici les numéros des containers qui peuvent être fouillés par vos services. Concernant le paiement, vous aurez la moitié dès cette nuit et le solde lorsque ma marchandise sera en sécurité dans mes entrepôts.
Steve se souvint avoir vu une liste de numéros dans l'un des dossiers de Marquez et l'avoir photographiée. Il entendit les deux hommes se lever.
— Je suis ravi de pouvoir continuer notre collaboration, lança Marquez.
— Je le suis également, répondit Johnson.
Quelques secondes plus tard, ils quittaient le bureau. Steve rangea son téléphone dans une pochette plastique étanche avec la clé USB contenant les données qu'il avait récoltées. Il attendit environ cinq minutes avant de sortir de sa cachette. Il s'assura qu'il n'y avait personne dans le couloir, puis s'y glissa silencieusement. Il avait fait à peine trois pas dans la coursive qu'un des hommes de main de Marquez apparut à l'autre bout. Sentant le danger, Steve partit en courant avant même que l'autre ait eu le temps de sortir son arme. Il se précipita vers la porte la plus proche qui débouchait sur le pont. Une fois dehors, il plongea dans les eaux sombres de la marina.
Danny ne s'était pas trop éloigné, soucieux au sujet de son compagnon. Il avait garé sa voiture sur une hauteur d'où il pouvait surveiller le yacht à l'aide de ses jumelles. Il avait suivi Steve jusqu'à l'intérieur, puis avait attendu un long moment de le voir réapparaître. Son amant plongea sans hésitation, un homme de Marquez armé sur ses talons. Le gorille scruta l'eau à la recherche de sa proie pendant un moment, jusqu'à ce que son patron lui fasse ranger son revolver, sûrement pour ne pas effrayer ses riches invités. Danny ne vit pas Steve refaire surface, mais ça ne l'inquiétait pas : son compagnon était un SEAL et l'un des meilleurs nageurs qu'il connaissait. Il était tout à fait capable de rester sous l'eau assez longtemps pour s'éloigner du yacht de Marquez.
Alors que le blond se demandait quoi faire, son portable lui annonça l'arrivée d'un message. Il fut soulagé de voir que celui-ci venait de Steve. Il disait simplement « Hangar d'entretien sud ». Danny se mit immédiatement en route. Le hangar en question était suffisamment loin du yacht pour que les hommes de Marquez ne pensent pas à venir chercher leur intrus à cet endroit. Danny se gara à l'abri des regards, puis entra par une porte entrouverte. Il n'osait pas appeler Steve au cas où l'un des truands serait quand même venu jusque là. Alors qu'il allait allumer sa lampe torche, il vit une lueur provenant du petit bureau situé au fond du hangar. Danny s'avança précautionneusement. Au moment où il ouvrit la porte, il se retrouva nez-à-nez avec le revolver de son amant. Celui-ci sourit en le reconnaissant et baissa son arme.
— Partons d'ici !
Ils quittèrent le hangar et montèrent dans la voiture du blond. Steve laissa son compagnon prendre le volant, ce qui le surprit un peu, mais il ne protesta pas. Alors qu'ils quittaient la marina, Danny remarqua que la teinture rousse avait commencé à déteindre sur les cheveux du brun et qu'il avait ôté ses faux bouc, moustache et cicatrice. Pendant qu'ils roulaient en direction de chez Steve, celui-ci consulta son portable, un large sourire aux lèvres.
— Tu as trouvé de quoi faire tomber Marquez ?
— Je pense... au pire, son trafic sera très amputé et ses clients mécontents.
— Ça, c'est une bonne nouvelle !
Une fois chez eux, Steve souffla :
— Je vais prendre une douche.
— T'as pas passé assez de temps dans l'eau ce soir, lança Danny en riant.
Son amant lui adressa un regard narquois, puis l'attrapa par la taille pour l'embrasser avec passion. Lorsqu'il le relâcha, le blond s'exclama :
— Pouah ! C'est quoi ce goût immonde sur tes lèvres ?
— L'eau de la marina n'est pas très propre, surtout sous les pontons.
— Ok, j'ai compris ! Va te laver !
Steve monta les marches quatre à quatre. Danny prit le téléphone et la clé USB que son amant lui avait confiés. Il regarda toutes les photos prises dans le bureau de Marquez, puis écouta la conversation entre le truand et l'officier des douanes. Lorsque Steve redescendit, en jean bleu et débardeur noir, son compagnon remarqua que la teinture rousse avait cette fois-ci presque totalement disparu.
— T'as fait un sacré bon boulot là-bas, sourit Danny en finissant de consulter les données de la clé sur son ordinateur portable.
Le brun le remercia d'un signe de tête, puis fit un détour par la cuisine dont il revint avec deux bières. Il en tendit une au blond avant de se laisser tomber sur le sofa à côté de lui.
— C'est bien, mais ça ne nous suffira pas pour envoyer Marquez en prison. Il faudrait que nous puissions le prendre en flag'. Il ne sera sûrement pas présent quand le Piñacota va être fouillé par la douane. Nous pourrons avoir Johnson et les autres ripoux, s'il y en a, cependant Marquez ne pourra pas être inquiété. Le navire doit sûrement être enregistré au nom d'une compagnie qui n'a aucun lien avec lui.
— On trouvera bien quelque chose, souffla Danny. Peut-être que Johnson acceptera de témoigner contre lui.
— J'en doute. Il a sûrement plus peur de Marquez que de la justice américaine. Il sait que s'il se fait prendre et qu'il le balance, il ne fera pas long feu en prison.
Steve reprit son téléphone, puis pianota sur le clavier quelques instants.
— J'envoie tout sur notre serveur sécurisé au 5-0. Tu peux faire la même chose avec le contenu de la clé ?
— C'est déjà envoyé.
— Avec ça, tu devrais pouvoir mettre en place facilement l'opération d'après-demain.
— Pourquoi moi ? Je pensais que maintenant que c'était fait, tu allais annoncer à tout le monde que tu es vivant.
— Non, il vaut mieux attendre. Tant que Marquez me croit mort, j'ai un avantage sur lui. S'il apprend que je suis vivant, il va faire le rapprochement avec l'intrus de ce soir et il risque de changer ses plans.
— Je dirai quoi aux autres quand ils vont me demander qui nous a fourni ces informations ?
— Dis-leur que c'est un de tes indics, si tu veux.
— Et toi, tu vas faire quoi pendant ce temps ?
— Je vais continuer à surveiller le yacht. Je finirai peut-être par trouver une idée pour prendre Marquez en flag'.
Danny n'aimait pas ça, mais il savait que son compagnon avait raison. Il soupira profondément, puis se renfonça dans le sofa avant de fermer les yeux.
Steve rangea son portable avant de se tourner vers son amant. Celui-ci avait l'air épuisé. De profondes cernes marquaient ses joues et ses traits étaient tirés. Le brun glissa sa main sur la joue de l'autre homme avant de se pencher vers lui pour l'embrasser avec douceur. Danny referma ses bras sur ton torse, l'attirant contre lui alors que le baiser se faisait plus passionné. Steve glissa ses doigts sous le nœud de la cravate de son amant, le relâchant lentement jusqu'à ce qu'il soit totalement défait. Le brun sentait le désir embraser ses reins, mais il se força tout de même à rompre le baiser. Il se rassit, les joues en feu et très à l'étroit dans son jean. Il crevait d'envie d'aller plus loin, d'oublier Marquez et tout le reste pour quelques heures. Cependant, il était conscient que le temps passé auprès de Danny augmentait les risques d'être découvert et donc de mettre son amant en danger. Le blond lui adressa un regard où se mêlaient le désir et la résignation :
— Tu ne vas pas rester.
Ce n'était pas une question, pourtant Steve répondit :
— J'aurais aimé mais...
— Je sais, souffla Danny en levant la main pour le faire taire. Je comprends. Et j'ai hâte que toute cette histoire soit finie pour qu'on puisse enfin se retrouver.
— Moi aussi.
Rassuré que son compagnon comprenne, Steve se leva et alla chercher le sac de voyage qu'il s'était préparé le matin même. Danny le suivit jusque dans l'entrée.
— Promets-moi d'être prudent, Steven. Je t'ai perdu une fois, je ne pourrai pas supporter de te perdre à nouveau.
— Je te le promets. Toi aussi, fais attention. Après ta visite à Marquez sur son bateau, il risque de te faire surveiller.
— Ne t'inquiète pas pour moi, sourit Danny.
Ils s'embrassèrent tendrement, puis le brun quitta la maison. Ne voulant pas laisser de traces en prenant un taxi ou une voiture, il partit à pieds, évitant au maximum les endroits où on pourrait le reconnaître. Il rejoignit la chambre d'hôtel qu'il occupait sous un nom d'emprunt depuis le jour de sa pseudo-mort. L'établissement se trouvait dans un quartier où il avait peu de risque de tomber sur l'une de ses connaissances. Une fois seul dans sa chambre, il se laissa tomber sur le lit en soupirant profondément. Ne voulant perdre de temps, il attrapa son ordinateur portable afin de consulter les fichiers qu'il avait copiés du disque dur de Marquez. Il y passa une bonne partie de la nuit. Vers 3 heures du matin, la fatigue le rattrapa et il se coucha, trouvant rapidement le sommeil.
Steve fut réveillé peu avant 7 heures par la sonnerie de son téléphone portable. Grommelant contre l'importun, il attrapa l'appareil et soupira profondément en voyant qu'il s'agissait d'un appel de Jameson sur leur ligne sécurisée.
— Madame la Gouverneure.
— Capitaine McGarrett, j'ai appris que le Lieutenant Williams a rendu visite à Marquez sur son yacht hier soir.
Avant que Steve ait eu le temps de répondre, elle reprit :
— Je suppose qu'il n'est pas nécessaire de vous demander s'il sait que vous êtes en vie.
— Je suis désolé, Madame. Je ne voulais pas mettre en péril cette mission mais...
— N'en parlons plus, Capitaine. J'espère seulement que nous n'aurons pas à le regretter. Marquez ne doit pas échapper à la justice.
— J'en suis conscient. Et je vous promets que je ferai tout mon possible pour l'arrêter.
— J'y compte bien. Avez-vous obtenu des renseignements intéressants lors de votre visite du yacht ?
Steve lui détailla ce qu'il avait trouvé. Il termina avec le coup de filet prévu le lendemain concernant la cargaison du Piñacota.
— Tenez-moi au courant de la suite.
— Je le ferai.
Après avoir raccroché, il se laissa retomber sur son lit et passa une main sur son visage pour terminer de se réveiller. Puis, il se leva et alla se préparer pour sa journée de surveillance.
À suivre...
