Merci pour les reviews. Voici la suite. Bonne lecture ! Et merci de votre fidélité à cette fic. ^^
Après une nuit agitée peuplée de rêves dont il ne se souvenait pas, Danny se rendit au QG du 5-0. Lorsqu'il arriva, les deux cousins étaient déjà là, en train de prendre un café dans la salle de repos. Il leur fit signe de le rejoindre dans son bureau. Kono s'assit en face de lui tandis que Chin s'adossait à la porte, les bras croisés.
— Hier soir, j'ai obtenu des informations concernant une cargaison appartenant à Marquez. Le Piñacota accostera demain vers 4 heures du matin. Notre cher ami le trafiquant de drogue a graissé la patte d'un officier des douanes pour que la fouille soit orientée vers certains containers dont voici la liste. Nous allons mettre en place une opération conjointement avec la police d'Honolulu.
Alors que la jeune femme consultait les documents que Danny leur avait donnés, son cousin demanda :
— Elles viennent d'où ces infos ?
— D'un indic.
— Il est fiable ?
Le blond ne put s'empêcher de sourire :
— Aussi fiable que l'un de nous. Même s'il est à peu près certain que Marquez ne sera pas présent, ça sera tout de même un coup dur pour le cartel. Et ça sera toujours des kilos de cette saloperie qui ne seront pas en circulation sur l'île.
— Marquez ne va pas apprécier, souffla Kono. On risque des représailles.
— J'en suis conscient, répondit Danny, mais nous n'allons pas nous laisser intimider, n'est-ce pas ?
— Bien sûr que non, sourit Chin.
Ils passèrent le reste de la journée à mettre au point l'action du lendemain matin avec la police d'Honolulu.
Chin et Kono quittèrent le QG vers 19 heures. Danny resta seul, voulant finir d'étudier les informations que Steve avait récoltées sur le yacht de Marquez. Il était environ 20 heures lorsque son portable sonna. Il soupira en voyant le prénom de son ex-femme s'afficher.
— Rachel ! Que me vaut le déplaisir ?
— Je voulais juste prendre de tes nouvelles.
Surpris et un peu touché, Danny se radoucit :
— Je vais bien, merci.
— Tu es sûr ?
Sa sollicitude était suspecte. Il demanda :
— Qui t'a appelé ? Kono ? Chin ? Ça doit être Kono, c'est plus son genre.
— Elle était inquiète pour toi, Danny. La mort de Steve t'a beaucoup affecté et je...
— Je vais bien, répéta-t-il.
— Ok, soupira Rachel. Si jamais tu as besoin de parler, sache que je suis là.
— Merci. Tu l'as dit à Grace ?
— Non. Je ne sais pas trop quelles étaient ses relations avec Steve et du coup, je ne sais pas comment le lui annoncer.
— Ne lui dis rien pour le moment. Je le ferai le week-end prochain. Je peux lui parler ?
— Bien sûr. Je vais la chercher.
Quelques minutes plus tard, la voix joyeuse de Grace retentit dans le combiné :
— Papa !
— Bonsoir, mon petit chat. Qu'est-ce que tu vas faire de beau ce week-end ?
— Je suis invitée à l'anniversaire de Jessica demain. On va toutes dormir chez elle pour une pyjama party !
— Je suis sûr que tu vas bien t'amuser.
— Oh oui alors ! Les parents de Jessica ont des poneys et on va les monter !
— Génial !
— Dis, on pourra retourner à la fête foraine avec Oncle Steve quand je viendrai ?
Danny hésita. Il ne pouvait si mentir ni dire la vérité à sa fille. Alors il biaisa :
— On verra quand tu seras là, d'accord ?
— D'accord !
— Danno t'aime, mon petit chat.
— Je t'aime aussi.
Après avoir raccroché, Danny rassembla ses affaires et prit le chemin de chez Steve. Il avait besoin de se reposer afin d'être en forme pour l'opération du lendemain matin.
Installé à peu près confortablement dans un local d'entretien, Steve gardait son micro directionnel dernier cri et ses jumelles infrarouges braqués sur le yacht de Marquez. Il était presque 4 heures du matin. L'opération de saisie de la cargaison du Piñacota n'allait pas tarder à avoir lieu. L'agent du 5-0 voulait tenter d'observer la réaction du truand lorsqu'il apprendrait que son plan pour faire rentrer illégalement sa drogue sur l'île avait échoué. Pour le moment, tout était calme. Du coup, son esprit s'égara en direction de Danny. Le blond lui manquait. Sa présence, leurs baisers et leurs chamailleries quotidiennes lui manquaient. Il espérait qu'il parviendrait vite à trouver de quoi faire tomber Marquez car il n'était pas sûr de pouvoir demeurer encore longtemps dans cette situation. Cela ne faisait même pas 48 heures qu'il l'avait quitté et pourtant, il aurait donné n'importe quoi pour le serrer dans ses bras à l'instant même.
Alors qu'il commençait à sentir ses pensées devenir un peu trop intimes, un bruit se fit entendre sur le yacht. Aux aguets, il reconnut une sonnerie de portable, puis la voix du colombien retentit, presque aussi nettement que s'il se trouvait près de lui.
— Quoi ?... Vous en êtes sûr ?...
Suivit une bordée de juron en espagnol et la voix de Marquez reprit :
— Non, ne faites rien. Je m'en occupe.
Et il raccrocha. Il y eut un long moment de silence durant lequel des lumières furent allumées un peu partout sur le yacht. Steve continuait à écouter, mais n'entendait rien de particulier. Il commençait à se demander si Marquez n'était tout simplement pas parti se recoucher lorsqu'il entendit enfin sa voix. Le trafiquant de drogue semblait être au téléphone et parlait rapidement en espagnol, si vite que Steve ne parvenait pas à comprendre la moitié de ce qu'il disait. Heureusement, il enregistrait tout et pourrait réécouter ça au calme ou même le faire traduire si besoin. Il réussit tout de même à comprendre deux noms propres qu'il nota mentalement. Lorsque Marquez eut fini sa conversation, Steve consulta la base de données du 5-0 sur son téléphone portable afin de voir si les deux noms qu'il avait captés correspondaient à des membres connus du cartel, mais il ne les trouva pas. Il reprit donc sa surveillance.
Cela faisait presque une heure qu'il n'y avait plus d'autre bruit sur le yacht que des pas et des portes ouvertes ou fermées. Alors qu'il commençait à se demander ce qu'il faisait là, Steve entendit enfin des voix, mais il ne s'agissait que de l'équipage et du personnel d'entretien du bateau. Il reconnut tout de même Marquez parmi eux et se focalisa sur sa voix. Il était tellement concentré qu'il ne perçut le léger bruit provenant de derrière lui que trop tard. Une violente douleur le traversa lorsque le taser toucha sa nuque et il s'effondra sur le sol, inconscient.
L'opération sur les quais avait été un franc succès. Grâce aux informations recueillies par Steve, ils avaient saisi plusieurs tonnes de drogue et arrêté les douaniers ripoux, dont Johnson. Lorsque tout fut terminé, les trois membres du 5-0 rentrèrent à leur QG.
Assis dans son fauteuil, Danny était inquiet pour son compagnon. Un mauvais pressentiment l'avait envahi quelques minutes plus tôt et il ne parvenait pas à s'en défaire. Au bout d'un long moment, n'y tenant plus, il rejoignit Kono qui était en train d'étudier un dossier dans la salle tactique.
— Tu peux me tracer ce numéro de portable ?
La jeune femme leva les yeux vers son ami, surprise :
— C'est celui de Steve ?
— Fais-le. S'il-te-plait, c'est important.
Elle échangea un regard perplexe avec son cousin qui venait de les rejoindre, puis pianota sur l'écran tactile.
— Je ne peux pas te dire où il est actuellement, mais il y a environ une heure et demi, il a servi à consulter notre base de données depuis un local d'entretien de la marina de Ko Olina.
— Pourquoi tu ne peux pas voir où il est maintenant ? Il est éteint ?
— Éteint ou détruit.
Danny essaya de ne pas paniquer. Il dicta le numéro de portable de Marquez à son amie.
— Et celui-là ?
— Il est en ce moment... dans ce même local.
Une main glacée enserra le cœur du blond qui dut s'appuyer à la table pour ne pas tomber.
— Danny ? Ça va ? Tu es blanc comme un linge ! S'inquiéta Chin.
Il se reprit, ne pouvant pas se permettre de flancher maintenant. Il souffla :
— Je vous expliquerai tout en route, mais on doit y aller immédiatement. Steve est en danger !
Avant que les deux autres aient eu le temps de répondre, il fonça vers la sortie, espérant de tout son être que son pire cauchemar ne se réalise pas réellement cette fois-ci.
Lorsque Steve reprit connaissance, ses poignets étaient liés au-dessus de sa tête avec ses propres menottes, une chaîne attachant celles-ci à une poutrelle métallique du plafond. Ses chevilles étaient également entravées et un tissu avait été enfoncé dans sa gorge pour le bâillonner. Il mit quelques minutes à retrouver une vue à peu près claire. Un frisson glacé traversa son échine alors que son regard se posait sur le visage souriant de Marquez. Ils étaient dans le local de maintenance dont l'unique porte était gardée par les deux gorilles qui s'occupaient de l'entrée à la réception. Le trafiquant se mit à tourner autour de son prisonnier.
— Ainsi, vous n'êtes pas mort, Capitaine McGarrett. Je suppose que le rouquin qui a échappé à mes hommes l'autre soir n'était autre que vous-même. Je dois avouer que j'admire votre ténacité. Peu auraient accepté de se faire passer pour mort juste pour mener à bien une mission.
Steve vit que son matériel avait été laissé dans le coin où il l'avait utilisé, mais qu'il avait été complètement détruit. Il reporta son attention sur Marquez lorsque celui-ci se planta en face de lui et plongea son regard sombre dans le sien.
— Finalement, tout ceci m'arrange. Je vais pouvoir vous tuer et personne n'enquêtera jamais, puisque vous êtes déjà mort. Je suppose que votre amant sait que vous êtes encore en vie, pour le moment, mais ça n'a aucune importance...
Avec un immense sourire, il désigna ses hommes :
— Mes gardes du corps n'ont pas vraiment apprécié que vous les fassiez passer pour des incapables lors de la réception en réussissant à vous introduire à bord de mon yacht. Alors j'ai décidé de leur accorder un petit plaisir...
Il recula, puis se tourna vers les deux gorilles :
— Je vous le laisse, mais faites attention à ne pas le tuer. Ce privilège me revient.
— Sí, Señor Marquez ! Répondirent les intéressés.
Le trafiquant alla s'asseoir sur une caisse en bois, sûrement pour profiter du spectacle. Steve se prépara mentalement à la douleur du mieux qu'il le put, mais il savait qu'à moins d'un miracle, c'en était fini de lui. Le premier coup au plexus solaire lui fit presque cracher son bâillon et lui coupa le souffle. Le second lui explosa l'arcade gauche, faisant couler le sang dans son œil. À partir du 3e, il perdit le fil des événements et ne sut combien de temps il résista avant de sombrer dans l'inconscience.
Steve fut réveillé par de l'eau glacée qu'on lui avait jetée au visage. Sa paupière droite tuméfiée refusait de se soulever et son œil gauche était encore plein du sang partiellement coagulé qui avait coulé de son arcade. Ce fut donc avec difficulté qu'il vit Marquez s'approcher de lui, un revolver à la main.
— Avant de vous tuer, je voulais que vous sachiez que le prochain à subir ma vengeance ne sera autre que votre amant, ce cher Lieutenant Williams. Je me demande quelle tête il fera quand je lui apprendrai que finalement, c'est vraiment moi qui vous ai descendu !
Malgré la douleur qui tiraillait tout son corps, Steve sentit une immense fureur mêlée de frustration l'envahir. Après tout ce qu'il avait fait pour protéger Danny, son compagnon allait tout de même être en danger. Et tout ça parce qu'il n'avait pas été capable d'arrêter Marquez seul. Le truand posa le canon de son arme sur le front de Steve qui referma les yeux. Alors qu'il savait qu'il allait mourir, ses pensées se tournèrent vers une seule personne, le visage souriant de son amour s'inscrivant sur l'écran de ses paupières closes.
Une détonation retentit et Steve mit quelques secondes à réaliser qu'il n'était pas mort. Une voix familière réussit à déchirer le voile de douleur qui l'enserrait.
— Nom de Dieu ! Steve !
Il sentit qu'on le détachait et qu'on le posait délicatement sur le sol. Son bâillon lui fut ôté, lui permettant de respirer un peu mieux. Il voulait ouvrir les yeux, mais il n'y parvenait pas.
— Steve ! Réponds-moi !
— Son pouls est faible, souffla une autre voix qu'il reconnut comme étant celle de Kono.
— Allez mon vieux, faut que tu tiennes, les secours sont en route.
Il sentait la main de Danny caresser doucement son front et ses cheveux. Il aurait aimé lui parler, le rassurer, mais il en était incapable. Il se sentit sombrer rapidement dans le néant et ne put y résister.
Quelques minutes plus tôt
Danny avait tout raconté à ses amis pendant le trajet vers la marina. Au fur et à mesure qu'ils s'en approchaient, son inquiétude croissait. Il se gara à une centaine de mètres du local, puis les trois agents du 5-0 s'y dirigèrent discrètement. Deux hommes gardaient l'entrée. Chin et Danny s'en occupèrent, les neutralisant sans bruit. Lorsque Kono ouvrit la porte du local, une vision d'horreur s'offrit à eux : Steve, pendu par les bras à une poutrelle du plafond, couvert de sang, était tenu en joue par Marquez. Danny ne réfléchit pas : il tira sur le trafiquant qui s'effondra sur le sol, le crâne explosé. Ses amis s'occupant des hommes de Marquez, il se précipita vers son compagnon en jurant :
— Nom de Dieu ! Steve !
Les deux autres le rejoignirent et ensemble, ils parvinrent à détacher le brun. Danny s'agenouilla près de lui et lui ôta son bâillon.
— Steve ! Réponds-moi !
Pendant que Chin appelait une ambulance, Kono posa deux doigts sur la carotide de son patron.
— Son pouls est faible.
— Allez mon vieux, faut que tu tiennes, les secours sont en route.
Tout en lui parlant, Danny caressa tendrement ses cheveux et son front. Il ne pouvait pas croire que le cauchemar était en train de recommencer. Il savait qu'il ne supporterait pas de le perdre encore une fois.
— Steve, je t'en prie, ne m'abandonne pas...
Des larmes coulaient sur ses joues alors qu'il avait l'impression que son cœur était à nouveau déchiré en mille morceaux. Il sentit à peine la main de Kono se poser sur son épaule. Lorsque les secouristes arrivèrent, les cousins durent s'y mettre tous les deux pour l'éloigner de son compagnon. Il ne recula que du minimum nécessaire pour permettre aux médecins de soigner Steve, refusant de le perdre de vue. Il les suivit quand ils emmenèrent le brun dans l'ambulance et y monta sans même leur demander leur avis. Le trajet se fit rapidement, toutes sirènes hurlantes. Lorsqu'ils arrivèrent à l'hôpital, Steve fut conduit en salle de traumatologie et on demanda à l'autre homme d'attendre dans le couloir.
À travers les vitres, Danny pouvait voir le personnel médical s'affaire autour de son amant. À bout de forces, il s'adossa au mur et se laissa lentement glisser jusqu'au sol. Là, il appuya sa tête à la cloison derrière lui, puis ferma les yeux. Il n'était pas croyant, mais pourtant il pria tous les dieux existants de ne pas lui prendre l'homme qu'il aimait.
Quelques minutes plus tard, il sentit une main se poser sur son bras. Ouvrant les yeux, il croisa le regard inquiet de Kono. Chin se tenait devant la porte de la salle de trauma, fixant ce qui se passait à l'intérieur.
— Du nouveau ?
— Pas pour l'instant, soupira le blond.
La jeune femme se releva, puis revint avec des lingettes humides qu'elle tendit à son ami :
— Tu devrais te nettoyer les mains, tu vas faire peur à tout le monde.
Surpris, Danny baissa les yeux et réalisa qu'il avait les mains couvertes du sang de son compagnon. Il finissait de le nettoyer lorsque la porte de la salle s'ouvrit sur un afro-américain d'une cinquantaine d'années aux cheveux grisonnants.
— Je suis le Docteur Thompson.
Danny se leva d'un bond et demanda :
— Comment va-t-il ?
— Votre ami est un homme solide. Il sera sur pieds d'ici quelques semaines.
Le blond laissa échapper un immense soupir de soulagement.
— Ses blessures sont visuellement impressionnantes, mais beaucoup moins sérieuses que ce qu'on pourrait croire à première vue. Il a eu de la chance qu'aucun organe vital n'ait été touché. Il a un léger traumatisme crânien, une entorse au poignet gauche et deux côtes cassées. Et de multiples contusions un peu partout sur le corps et le visage.
— On peut le voir ? demanda Danny.
— Vous pourrez y aller dans quelques minutes, lorsque nous aurons fini de lui bander le torse et le poignet. Il vous semblera peut-être un peu désorienté car il a repris connaissance pendant que nous l'examinions et nous lui avons dû lui donner des anti-douleurs. Vous n'avez qu'à attendre ici, quelqu'un viendra vous chercher.
— Merci, Docteur.
Alors que le médecin retournait dans la salle, Danny souffla :
— Il faudrait prévenir Mary Ann.
— Je l'ai déjà appelée, sourit Kono. Elle sera bientôt là.
Chin et sa cousine échangèrent un regard que leur ami ne sut interpréter jusqu'à ce que la jeune femme ne lance :
— On voulait que tu saches... on sait pour vous deux...
Inquiet, Danny les regarda tour à tour avant de demander :
— Et ?
— Ça ne change rien pour nous, ni pour le 5-0, répondit Chin. Du moment que vous êtes heureux, c'est tout ce qui compte.
— Merci, sourit le blond.
Il finissait sa phrase lorsqu'une infirmière les rejoignit :
— Vous pouvez aller voir le capitaine McGarrett, mais une seule personne à la fois.
Danny la suivit jusqu'à la salle de trauma. Son cœur se retourna lorsqu'il vit les multiples hématomes sur le corps de son compagnon. Steve était étendu sur le dos, un bandage enserrant son torse et un autre son poignet gauche. Un pansement couvrait son arcade gauche. Sa paupière droite et sa lèvre inférieure étaient enflées. Ses yeux étaient clos il était apparemment endormi. Avisant un tabouret qui se trouvait là, Danny s'assit à côté de la table d'examen. Il prit la main valide de son compagnon dans la sienne en soufflant :
— Tu veux vraiment me faire avoir une crise cardiaque ? Tu te rends compte de ce que mon petit cœur vient de subir ? J'ai cru que j'allais te perdre... encore... Steven McGarrett... tu m'as ensorcelé... Sans toi, je ne suis plus rien, je n'existe plus... Je... je t'aime... comme je n'ai jamais aimé personne d'autre avant. Tu as rempli la partie de mon cœur qui n'appartenait pas à Grace. Et je t'interdis de me refaire une frayeur pareille !
Steve se sentait bien, il n'avait plus mal, mais quelque chose lui disait que ça n'était pas normal, et sûrement pas définitif. Une voix douce et familière lui parlait. Les mots n'avaient pas de sens pour lui, pourtant ils étaient apaisants et lui donnaient envie de rejoindre celui qui les prononçaient.
Peu à peu, les sensations lui revinrent. Il sentait une main serrer la sienne. Les mots commencèrent à prendre un sens.
Je t'aime.
Ces mots tournaient en boucle dans sa tête, emplissant son esprit de joie et le poussant à se battre contre les brumes du sommeil provoqué par les anti-douleurs que les médecins lui avaient administrés. Il fit une première tentative pour ouvrir les yeux. Le droit refusa, mais sa paupière gauche se souleva un peu trop brusquement et il la rabaissa aussitôt, ébloui.
— Steve ?
Il serra la main qui tenait toujours la sienne, puis refit une tentative. Cette fois-ci, il parvint à garder son œil ouvert suffisamment longtemps pour apercevoir la silhouette floue de Danny penchée au-dessus de lui.
— Ça va aller, prends ton temps. Je suis là.
Il cligna plusieurs fois de sa paupière valide, puis finit par réussir à la laisser ouverte.
— Danny...
— Je suis là.
Son amant lui souriait, les yeux embrumés de larmes.
— Tu m'as foutu une de ces trouilles ! J'ai bien cru que cette fois-ci, je t'avais vraiment perdu.
Steve se remémora les mots qu'il avait cru entendre quand il était inconscient et demanda :
— Tu m'aimes vraiment ?
Son compagnon sourit plus largement :
— Oui, je t'aime, Steven McGarrett.
— Je devrais mourir plus souvent...
— C'est pas drôle ! Le gronda le blond.
— Je sais.
Alors qu'ils se souriaient en silence, une image douloureuse apparut dans l'esprit du brun qui souffla :
— Marquez ?
— Mort. Je l'ai descendu. N'y pense plus, tout est fini.
— Merci. Tu m'as sauvé.
— Chacun son tour. Maintenant, on est quittes !
Steve sourit. Il tenta de se redresser, mais Danny l'en empêcha en posant une main à plat sur son torse.
— Oh oh oh ! Tu penses faire quoi là ? T'as été bien amoché alors interdiction de bouger ! Tu dois te reposer et j'ai bien l'intention de faire en sorte que tu respectes les ordres du médecin.
— Ok ! Abdiqua le brun.
— Eh bien... le coup que tu as pris sur la tête a vraiment dû te sonner pour que tu abandonnes si facilement, sourit son amant.
Malgré son air jovial, Steve pouvait lire l'inquiétude dans son regard clair.
— Je ne veux plus que tu souffres par ma faute, Danny. Je suis désolé.
— Allez, on oublie tout ça. Tu vas t'en remettre, c'est tout ce qui compte.
Le brun acquiesça d'un léger signe de tête, puis demanda :
— Tu as prévenu Mary Ann ?
— Kono s'en est chargée. Elle devrait arriver bientôt.
Le médecin les rejoignit alors que le blond finissait sa phrase.
— Ah, Capitaine McGarrett, je vois que vous êtes réveillé. Je vais vous examiner et ensuite, nous vous monterons dans une chambre. Lieutenant Williams, pouvez-vous nous laisser quelques instants ?
— Bien sûr, Docteur.
Il se tourna vers son compagnon et souffla :
— Je vais aller donner des nouvelles aux autres. À tout de suite !
Steve le suivit du regard, puis demanda au médecin :
— Je vais devoir rester ici combien de temps ?
— Nous allons vous garder au moins trois jours en observation, puis, si vous pouvez avoir une personne en permanence à vos côtés pendant les deux premières semaines, vous pourrez rentrer chez vous. En revanche, toute activité physique vous sera strictement interdite pour au moins deux mois, le temps que les fractures de vos côtes soient guéries. Et cela inclut le sport en chambre, ajouta le docteur avec un sourire complice.
Steve leva les yeux au ciel mais n'eut pas le temps de répondre car deux aides-soignants entrèrent avec un lit à roulettes.
— Ah ! Nous allons vous transférer en haut. Je vais prévenir vos amis afin qu'ils puissent vous rendre visite dès que vous serez installé.
— Merci, Docteur.
Lorsque Danny avait rejoint ses amis dans la salle d'attente, Kono lui annonça que Mary Ann venait d'appeler pour les prévenir qu'elle était ralentie par les embouteillages mais qu'elle serait là d'ici quelques minutes.
— Au fait, comment a-t-elle pris la nouvelle de la « résurrection » de son frère ?
— Je pense que Steve va se faire sérieusement engueuler.
Danny sourit :
— Vu ce que je lui ai passé lors de sa réapparition, je ne suis pas sûr qu'elle puisse faire pire !
— N'oublie pas que c'est une McGarrett, plaisanta Chin.
— Oui, c'est vrai... ils sont capables de tout.
Il s'assit près de la jeune femme, puis souffla :
— Pour l'instant, vous êtes les seuls, avec Jameson, à être au courant pour Steve et moi. Je ne sais pas s'il va vouloir en parler dès maintenant à sa sœur, mais ça serait bien que la nouvelle ne se propage pas trop vite. Je ne veux pas que ma Gracie l'apprenne par quelqu'un d'autre.
— C'est normal, ne t'en fais pas, sourit Kono en posant une main sur son bras. Nous garderons le secret.
— Merci.
Le médecin les rejoignit à cet instant.
— Nous sommes en train de monter le Capitaine McGarrett dans une chambre individuelle. Vous pourrez lui rendre visite d'ici quelques minutes, mais toujours un seul à la fois pour ne pas trop le fatiguer.
Il consulta le dossier de son patient avant de préciser :
— Il sera en chambre 318, au 3e étage.
— Merci, Docteur, souffla Danny.
Au moment où les trois amis allaient quitter la salle d'attente, Mary Ann y déboula, l'air bouleversé.
— Comment va-t-il ? Je peux le voir ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
— Il va bien, répondit Danny. Ils sont en train de le monter dans une chambre. Je vais tout t'expliquer.
Ils rejoignirent l'ascenseur qui les conduisit au 3e étage. Le blond avait résumé la situation à la sœur de son compagnon durant le trajet qui les mena jusqu'à la chambre 318. Quand ils y arrivèrent, une infirmière en sortit :
— Vous pouvez aller le voir, un à la fois.
— Merci, souffla Chin.
Danny se tourna vers Mary Ann :
— À toi l'honneur.
Elle lui adressa un sourire, puis pénétra dans la chambre. Ne sachant que faire en attendant de pouvoir rendre à nouveau visite à son amant, le blond eut envie de prendre l'air et surtout d'entendre la voix de sa fille.
— Je reviens, lança-t-il à ses amis.
Il redescendit et sortit de l'hôpital pour utiliser son portable. Avisant un banc, il s'y assit, puis appela Rachel :
— Danny ? Que se passe-t-il ?
— Steve est vivant.
— Quoi ? Comment...
Elle s'interrompit, puis souffla :
— Tu le savais quand on s'est parlés hier soir ?
— Oui, avoua-t-il, mais je devais garder le secret par rapport à l'enquête en cours. Je peux parler à Grace ?
— Tu appelles juste à temps, nous allions partir chez son amie Jessica.
— Ah oui, c'est vrai, la pyjama party.
— Je te la passe.
Après quelques secondes, la voix de la fillette s'éleva :
— Bonjour, P'pa !
— Salut, mon p'tit chat. Je suis content d'entendre ta voix.
— Ça va ? T'as l'air triste.
Danny essuya la larme qui venait de couler sur sa joue, puis souffla :
— Oncle Steve a eu un grave accident en voulant arrêter un méchant. Il va bien maintenant, mais il ne pourra pas venir avec nous à la fête foraine le week-end prochain.
— Il est à l'hôpital ?
— Oui.
— Je peux venir le voir ?
— Il doit se reposer. Tu le verras quand tu viendras chez lui la semaine prochaine.
— D'accord ! Je vais lui faire un beau dessin pour qu'il guérisse plus vite !
— Ça c'est adorable, mon p'tit chat. Il sera très content. Danno t'aime, ma puce.
— Je t'aime aussi. Au revoir.
La fillette repassa le téléphone à sa mère :
— Danny ?
— Oui.
— J'ai entendu ce que tu as dit à Grace. Il va bien ?
— Il s'en sortira, mais j'ai... on a failli le perdre...
Alors qu'il se giflait mentalement pour son lapsus, il y eut un long silence à l'autre bout du fil. Finalement, Rachel souffla :
— Souhaite-lui un bon rétablissement de ma part.
— Je le ferai.
Il raccrocha et fut surpris de voir Mary Ann approcher. Elle s'assit sur le banc, un air indéfinissable sur le visage, puis souffla :
— Je crois qu'il faut qu'on parle tous les deux...
À suivre...
