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Quelques minutes plus tôt

Steve venait juste de voir sortir l'infirmière de sa chambre que Mary Ann y entrait. Les yeux embués de larmes, elle s'approcha lentement. Une fois à côté du lit, elle souffla avec un léger sourire narquois :
— Si tu n'étais pas aussi amoché, je te collerai mon poing dans la figure pour avoir osé me faire croire que tu étais mort !
— Et je le mériterai amplement. Si tu veux, tu pourras me le coller quand je serai guéri.
Elle fit la moue :
— Ça n'aura pas le même impact si tu y es préparé.
Les larmes se mirent à couler sur ses joues. Steve attrapa son poignet de sa main valide et l'attira dans ses bras, ne se souciant pas de ses côtes douloureuses. Il la serra contre lui un long moment, s'excusant :
— Je suis désolé... je suis vraiment désolé... je ne voulais pas te faire souffrir, mais je n'ai pas eu le choix.
Mary Ann se redressa, essuya ses joues mouillées et lui sourit :
— Je sais. Danny m'a tout expliqué.
Elle s'assit sur le bord du lit, sa main tenant celle de son frère.
— Comment tu te sens ?
— Comme si un camion m'était passé dessus.
— Danny m'a dit qu'il a tué l'ordure qui t'a fait ça.
— Oui. Il m'a sauvé la vie.
Mary Ann fronça les sourcils, fixant Steve d'un air interrogateur. Puis, elle demanda :
— Ma question va peut-être te paraître bizarre, mais... il y a quelque chose entre Danny et toi ?
Il n'avait jamais caché à sa sœur sa bisexualité. Et il était conscient qu'il ne servirait à rien d'essayer de lui mentir. Alors il répondit :
— Nous sommes ensemble depuis quelques semaines. Comment est-ce que tu l'as su ?
— J'ai vu sa douleur quand on t'a cru mort. Il était évident qu'il n'avait pas seulement perdu un ami. Tout à l'heure, quand je discutais avec lui, j'ai senti son soulagement. Et à l'instant, tu souriais bêtement en parlant de lui. Ça n'était pas difficile d'additionner 2 et 2.
— Tu es très perspicace, sourit Steve.
— Eh, je ne suis pas une McGarrett pour rien ! J'ai autant de flair que toi, frangin !
— Je vois ça.
Mary Ann caressa tendrement le front de son frère, puis souffla :
— Tu l'aimes ?
— Oui.
— C'est réciproque ?
— Oui.
— Je suis heureuse pour vous deux.
— Merci.
— De rien. Tu es mon frère, je t'aime et je veux juste ton bonheur.
Ils se sourirent, puis la jeune femme lança :
— Je vais laisser ma place à tes amis qui veulent te voir. Je reviendrai demain matin. Tu veux que je t'amène quelque chose ?
— Je ne serai pas contre un peu de lecture.
— Ok, je m'en occupe.
Elle se pencha pour l'embrasser sur la joue.
— À demain, repose-toi bien, frangin.
— À demain !
Sa sœur sortit et laissa place à Kono. La jeune femme l'embrassa, des larmes de soulagement coulant sur ses joues.
— Je suppose que tu t'es déjà fait assez engueuler comme ça, je ne vais pas en rajouter.
— C'est sympa.
— Mais ne nous refais jamais ça ! Jamais ! On a bien cru qu'on allait aussi perdre Danny.
Steve soupira profondément :
— Tu es au courant toi aussi ?
— Chin également.
— Et ?
— C'est cool, répondit-elle en souriant. Au moins, vous n'êtes pas deux machos bornés qui refusent de se montrer leurs sentiments par peur du qu'en-dira-t-on.
Le brun se passa une main sur le visage, soudain rattrapé par la fatigue. Kono se leva, déposa une bise sur la joue de son patron, puis souffla :
— Je vais te laisser te reposer, tu en as besoin.
— Merci.
Alors qu'elle s'éloignait vers la porte, il lui demanda :
— Tu peux dire à Danny qu'il n'a pas à revenir ? Il a besoin de repos lui aussi.
Kono rit :
— Tu crois vraiment que je vais pouvoir l'empêcher de passer tout son temps ici ?
Steve soupira :
— Non, tu as raison. Mais essaye quand même.
— Je le ferai. À demain.
Une fois la jeune femme sortie, Steve ferma les yeux et sombra presque immédiatement dans un profond sommeil sans rêve.


Inquiet, Danny attendait que Mary Ann reprenne la parole. Finalement, au bout de quelques minutes, elle souffla :
— J'aime mon frère il est la seule famille qui me reste. Depuis la mort de notre mère, je ne l'ai jamais vu une seule fois réellement heureux... jusqu'à tout à l'heure lorsqu'il m'a parlé de toi. Tu l'aimes, n'est-ce pas ?
Le blond avoua :
— Je n'ai jamais aimé aucune des femmes que j'ai connues avant lui autant que je l'aime, pas même la mère de ma fille.
— Je suis soulagée de voir qu'il a enfin quelqu'un à ses côtés. Il mérite d'être heureux après tous les malheurs que nous avons connus. Promets-moi que tu prendras soin de lui.
— Je te le promets.
Mary Ann sourit d'un air carnassier :
— De toutes façons, tu n'as pas intérêt à lui faire du mal si tu ne veux pas avoir affaire à moi.
— Oh ! Je ne prendrai pas le risque de contrarier un ou une McGarrett ! répondit Danny en riant. Je tiens à la vie !
La jeune femme lui donna un coup de poing dans le bras. Il grogna :
— Aïe ! Mais vous êtes tous des brutes dans cette famille !
Ils éclatèrent de rire tous les deux, savourant un moment de joie après les épreuves douloureuses des derniers jours.

Quelques minutes plus tard, ils furent rejoints par Kono et Chin. La jeune femme se planta devant Danny et lança :
— Steve m'a demandé de te dire que ce n'était pas la peine que tu remontes le voir et que tu devais rentrer te reposer.
— Il rêve ! S'il croit qu'il va se débarrasser de moi comme ça !
Kono haussa les épaules en souriant :
— Au moins, j'aurais essayé !
Chin attrapa des clés dans la poche de son jean et les lança à Danny :
— Ta Camaro est garée sur le parking devant l'hôpital.
— Merci.
Les deux cousins décidèrent de retourner au QG pour préparer leurs rapports sur le sauvetage de leur supérieur et la mort de Marquez. Danny allait remonter voir son compagnon lorsque Mary Ann lui proposa :
— Et si nous allions manger ? Steve doit sûrement dormir pour l'instant et ce n'est pas en gardant le ventre vide que tu pourras bien veiller sur lui.
— C'est une bonne idée. Par contre, on évite la cafeteria de l'hôpital. Si leur bouffe est aussi mauvaise que celle qu'ils servent à leurs patients, je ne veux pas risquer l'intoxication alimentaire !
Avisant un petit restaurant qui se trouvait de l'autre côté de la rue, ils décidèrent d'un commun accord de s'y rendre. Un serveur les plaça à une table de la terrasse et leur donna les menus. Ils choisirent rapidement, passèrent commande, puis se mirent à parler de la personne qui les liait :
— Je suppose que tu vas prendre un congé pour t'occuper de mon frère quand il sortira de l'hôpital, souffla Mary Ann en souriant.
— Oui. Et le connaissant, je sens que je vais m'amuser pour arriver à l'empêcher de commettre des imprudences !
— Tu n'auras qu'à le menacer de le priver de sexe, ça devrait fonctionner, répondit la jeune femme, l'air complice.
Danny sentit ses joues rougir violemment et baissa les yeux. Son regard resta fixé sur la nappe alors que Mary Ann lançait :
— Désolée, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.
Le blond garda les yeux baissés alors qu'il répondait :
— C'est juste que... c'est la première fois que j'ai une relation avec un mec... Et je ne sais pas... J'ai peur de ne pas être à la hauteur...
— Ne t'en fais pas pour ça. Steve t'aime, il comprendra. En revanche, vu son état, il est à peu près sûr que tout sport en chambre va lui être interdit pour un moment. Je pense que ça ne va pas arranger son humeur.
Amusé, Danny leva les yeux au ciel :
— Eh ben, je sens que ça va être marrant !
— Au fait, j'ai décidé de prolonger mon séjour à Hawaï. Donc si jamais tu as besoin de souffler quelques heures, voire une ou deux jours, n'hésite pas à m'appeler et je viendrai m'occuper de monsieur le grognon.
— C'est noté. Merci. Au pire, je connais un moyen infaillible pour l'obliger à rester dans sa chambre.
— Lequel ? demanda Mary Ann, visiblement intriguée.
— Je poste Kamekona devant sa porte. Il pourra toujours essayer de le faire bouger de là !
Ils éclatèrent de rire en imaginant Steve essayer de pousser l'imposant hawaïen hors de son passage. Ils finirent leur repas tranquillement, puis repartirent vers l'hôpital. Mary Ann rentra se reposer à l'appartement qu'elle louait depuis la « mort » de son frère. Danny fit un détour par la boutique de l'hôpital pour s'acheter de quoi lire, puis il monta rejoindre son compagnon.
Steve dormait profondément. Le blond approcha une chaise du lit, s'y installa et prit la main valide de son amant entre les siennes. Il le contempla un long moment en silence, soulagé de le voir si paisible. À présent que Marquez était mort, tout ce qu'il espérait c'était de pouvoir enfin avoir un peu de paix et de repos.


Lorsque Steve s'éveilla, il mit quelques secondes à se rappeler où il se trouvait. La douleur avait refait son apparition, sourde ou lancinante selon les endroits. Il ouvrit les yeux, réussissant cette fois à soulever légèrement sa paupière droite, qui avait dégonflé un peu. Le soleil était bas, preuve qu'il avait dû dormir une bonne partie de la journée. Son regard se posa sur Danny qui semblait plongé dans la lecture d'un magazine de voitures. Le brun voulut attraper le verre d'eau se trouvant sur la table de chevet, mais le mouvement lui arracha un gémissement. Son compagnon leva les yeux vers lui, visiblement inquiet :
— Tu as mal ?
En temps normal, Steve aurait été tenté de jouer les gros durs, mais il se sentait trop las pour mentir. Il avoua :
— Oui.
Danny appuya sur le bouton d'appel de l'infirmière avant de lui donner à boire. Puis, il prit la main de son compagnon dans les siennes. Pour ne pas penser à la douleur, Steve tenta de plaisanter :
— Je pensais avoir demandé à Kono de te dire de ne pas revenir.
— Elle m'a bien transmis le message. Mais il était hors de question que je te laisse seul. Après les frayeurs que tu m'as faites, je n'ai pas l'intention de te quitter des yeux jusqu'à ce que tu sois guéri.
L'arrivée de l'infirmière interrompit leur discussion. La cinquantaine, rousse aux yeux verts, elle leur adressa un grand sourire, puis alla vérifier la perfusion du brun.
— Vous souffrez beaucoup ? lui demanda-t-elle.
— Juste quand je respire, répondit Steve en retenant à grand peine un soupir.
Elle consulta son dossier, puis souffla :
— Je vais vous augmenter un peu la dose. Vous devriez vous sentir mieux d'ici quelques minutes.
— Merci, M'dame.
— Appelez-moi Sasha, lança-t-elle en souriant. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à sonner.
Puis, elle se tourna vers Danny :
— Je suppose que vous souhaitez passer la nuit ici ?
Le blond se frotta la nuque, l'air embarrassé.
— Euh... je ne voudrais pas déranger mais...
— Ne vous en faites pas, nous avons l'habitude d'héberger les conjoints de nos patients.
C'est à cet instant que Steve réalisa que Danny tenait toujours sa main dans la sienne. Il reporta son attention sur l'infirmière qui les couvait d'un regard bienveillant.
— Je vais vous faire installer un lit d'appoint. Et je vais vous amener un fauteuil un peu plus confortable que cette chaise.
Danny bredouilla :
— Bon... ben euh... merci.
Une fois Sasha sortie, Steve se tourna vers son compagnon :
— Je croyais que tu ne voulais pas que ça s'ébruite.
Le blond haussa les épaules :
— Il y a peu de risques que Grace l'apprenne par cette infirmière.
Il se tut un court instant avant de reprendre :
— En parlant de Grace, je l'ai le week-end prochain. Donc je vais demander à Mary Ann de venir veiller sur toi et je prendrai une chambre d'hôtel le temps de sa visite.
— Pourquoi ? S'étonna Steve.
— Tu auras besoin de repos. J'aime ma fille de tout mon cœur, mais elle peut être épuisante. Je ne veux pas qu'elle te dérange.
— Je t'ai déjà dit qu'elle sera toujours la bienvenue chez moi. J'aimerais vraiment passer ces quelques jours avec vous deux.
— Tu es sûr ?
— Puisque je te le dis. Et puis, de toutes façons, c'est aussi chez toi maintenant.
Devant l'air surpris de son compagnon, il sourit :
— Je sais que tout est allé très vite et qu'on n'en a pas parlé, mais je n'ai aucune envie de te voir t'installer ailleurs. J'aimerais vraiment que tu restes vivre avec moi.
— Tu vas peut-être en avoir marre de me voir, à force, lança Danny d'un air amusé.
— Jamais.
Ils furent à nouveau interrompus par l'entrée de Sasha. Elle fit signe aux aides-soignants qui la suivaient d'installer le lit d'appoint à côté de celui de Steve, puis amena un fauteuil à Danny. Les deux hommes la remercièrent chaleureusement.
— C'est bientôt l'heure du repas. Si vous souhaitez dîner ici, je peux vous faire préparer un plateau, proposa-t-elle au blond.
Il réfléchit un moment avant de répondre :
— C'est gentil, mais je vais rentrer chercher quelques affaires à la maison et je mangerai là-bas.
— D'accord. Je viendrai vous amener votre dîner dans une dizaine de minutes, Capitaine McGarrett.
— Appelez-moi Steve, sourit le brun.
— Et moi, Danny, renchérit son compagnon. Merci pour tout.
Elle sourit et quitta à nouveau la chambre. Le blond se tourna vers son amant :
— Tu veux que je te ramène quelque chose ?
— Juste toi, ça me suffira.
Danny leva les yeux au ciel :
— Si tu te transformes en Bisounours à chaque fois que tu prends un coup sur la tête, je vais finir par faire une overdose de guimauve !
Steve grimaça :
— Ne me fais pas rire !
— Désolé. Tu es sûr que tu n'as besoin de rien ?
— Pour ce soir non. Je pense que je vais manger et me rendormir.
— Ok. Alors à tout à l'heure !


Danny revint à l'hôpital moins d'une heure plus tard. Il avait pris des vêtements propres pour lui et une tenue pour son compagnon en prévision de sa sortie. Il avait également emporté son ordinateur portable et quelques DVD pour les distraire durant les prochains jours. Lorsqu'il poussa la porte de la chambre, il ne fut pas surpris de voir que Steve dormait profondément. Il posa ses affaires, puis partit à la recherche de Sasha qu'il voulait à nouveau remercier pour ses attentions envers eux. Il trouva l'infirmière au bout du couloir, en train de ranger des compresses dans un placard.
— Vous avez besoin de quelque chose ? demanda-t-elle, toujours souriante.
— Non. Je suis juste venu vous remercier pour tout ce que vous faites.
— C'est naturel. Ça serait même plutôt à moi de le faire.
Surpris, Danny allait l'interroger lorsqu'elle reprit :
— Mon fils était l'un des touristes pris en otage sur le « Missouri ». Sans l'intervention de votre équipe, je ne sais pas si je l'aurais revu en vie. Quand j'ai su que le Capitaine McGarrett avait été admis dans mon service, je me suis arrangée avec mes collègues pour m'occuper de lui. C'est une façon pour moi de le remercier, de vous remercier, pour ce que vous avez fait.
Un peu gêné, Danny se frotta la nuque en soufflant :
— On n'a fait que notre devoir.
— Je tiens tout de même à rendre votre séjour ici le plus agréable possible. Donc, n'hésitez surtout pas à m'appeler si vous avez besoin de quoi que ce soit.
— Je le ferai.
Ils échangèrent un sourire, puis le blond repartit en direction de la chambre de son compagnon. Steve dormait toujours. Danny le contempla un long moment, heureux de le voir aussi paisible. Il passa ensuite dans la salle de bains pour enfiler un pantalon de pyjama et un débardeur avant de revenir se coucher. Étendu sur le côté, un bras replié sous la tête, il garda les yeux fixés sur son compagnon jusqu'à ce que la fatigue le rattrape et ne le plonge dans un profond sommeil.

À suivre...