Désolée pour cette longue attente depuis le précédent chapitre. La suite arrivera d'ici quelques jours.
Merci pour vos reviews. ^^
Trois jours plus tard
Steve put sortir de l'hôpital dès le lundi matin après avoir promis au Docteur Thompson d'être prudent et de le contacter s'il avait la moindre migraine ou nausée. Après avoir rangé son sac dans le coffre, Danny aida son compagnon à s'asseoir dans la Camaro, pour une fois sur le siège passager. Le trajet se fit en silence jusqu'à la maison. Mary Ann les y attendait et sortit les accueillir dès qu'elle entendit la voiture se garer. Elle aida son frère à s'installer sur le sofa du salon, puis alla finir de s'occuper du déjeuner. Danny monta ranger son sac.
Une fois seul, Steve ferma les yeux, savourant le bonheur simple d'être enfin chez lui. Quelques minutes plus tard, il reconnut les pas de Danny dans l'escalier. Il ne bougea pas lorsque la main de son compagnon se posa sur son front, se contentant juste de lui sourire.
— Comment tu te sens ?
— Mieux. Je suis content d'être là.
Il sentit les lèvres de l'autre homme effleurer les siennes.
— Moi aussi. Je peux te laisser quelques minutes ? Je vais aller donner un coup de main à Mary Ann pour le repas.
— Vas-y, je ne bougerai pas.
Danny l'embrassa à nouveau, puis s'éloigna en direction de la cuisine. Steve se laissa bercer par le bruit des vagues qui lui parvenait par la baie vitrée ouverte. Il sombra lentement dans le sommeil.
Les coups pleuvaient. Un rire sardonique retentit. Il voulait fuir mais son corps refusait de lui répondre. La douleur lui coupait le souffle. Il ne voyait qu'un paysage trouble, mélange de noir et de rouge. Tout à coup, une voix lança :
— J'ai tué Danny Williams !
Le corps sans vie de son compagnon apparut devant ses yeux, Marquez penché sur lui, un couteau sanglant dans la main.
— Danny !
Réveillé en sursaut, Steve haletait autant à cause de la terreur provoquée par son cauchemar qu'à cause de ses côtes fracturées. Désorienté, il lui fallut quelques instants pour reprendre ses esprits et réaliser que son compagnon était près de lui et le tenait par les épaules pour l'empêcher de se redresser trop vite.
— Calme-toi, Steve ! Je suis là. Tout va bien.
— Danny...
Sans se soucier de la douleur dans son torse, le brun attira son amant dans ses bras. Il referma les yeux, retenant à grand peine ses larmes d'effroi. Danny lui caressa tendrement les flancs pour l'apaiser tout en lui murmurant des mots tendres. Au bout de quelques minutes, Steve le relâcha. Son compagnon s'assit sur le bord du sofa et lui caressa les cheveux.
— Tu as fait un cauchemar ? Tu veux en parler ?
— Il te tuait... Marquez... Il te tuait et je ne pouvais rien y faire...
— Il est mort. Je ne risque plus rien.
— Je sais, soupira Steve en passant une main sur son visage pour en chasser les dernières traces de son mauvais rêve.
Il se redressa un peu, ce qui lui arracha un gémissement. Danny se leva et revint avec un verre d'eau et le flacon d'anti-douleur que le Docteur Thompson avait prescrit au brun. Steve avala les deux comprimés sans discuter. Mary Ann les rejoignit alors.
— Tu as faim ? demanda-t-elle à son frère.
— Un peu.
— Tu vas voir, je ne t'ai préparé que des bonnes choses, sourit-elle.
Danny aida son compagnon à se lever, puis ils s'installèrent à table. Steve n'avait pas vraiment faim, mais il se força à manger plus que ce que lui demandait son appétit pour ne pas inquiéter son compagnon et sa sœur. Il en plaisanta même :
— Aucun exercice et de bons petits plats pendant au moins un mois, je vais grossir comme une baleine !
Mary Ann sourit :
— Si tu veux, on peut te mettre au pain sec et à l'eau, comme ça, tu garderas la ligne.
Danny renchérit :
— Ne t'en fais pas, avec tout l'exercice que je te ferai faire quand tu iras mieux, tu les perdras vite, ces vilains petits kilos en trop.
Les deux McGarrett adressèrent au blond un regard mi-surpris, mi-narquois. Il réalisa alors le sens caché de sa phrase et rougit violemment. Il bredouilla :
— Je... ce n'est pas... mais... espèces d'obsédés !
— On n'a rien dit, se défendit Steve, souriant largement.
— Mouais... mais vous l'avez pensé très fort, répondit Danny en baissant les yeux sur son assiette.
Puis, après avoir repris contenance, il se tourna vers son amant et souffla :
— Mais bon, après tout, ce n'est pas totalement faux.
Les deux hommes échangèrent un regard complice. Mary Ann soupira profondément :
— Hum... Si je vous dérange...
Ils éclatèrent de rire, mais Steve s'arrêta vite en gémissant :
— Ce n'est pas sympa de me faire rire !
— Désolé, s'excusa son compagnon. Ça va ?
— Je survivrai, répondit le brun avec un léger sourire.
Ils finirent de manger en parlant de tout et de rien, puis Steve annonça :
— Je vais aller m'allonger un peu.
Mary Ann partit faire la vaisselle tandis que les deux hommes montaient au premier. Danny aida son amant à ôter son tee-shirt et son jean. En boxer, le brun s'étendit sur le dos et soupira. Le blond ferma les persiennes avant de se diriger vers la porte, mais son compagnon le rappela :
— Danny.
— Oui ? Tu as besoin de quelque chose ?
— Tu peux rester un peu ? Je... S'il te plait...
Le blond avait rarement vu de la vraie peur dans le regard du brun, mais celle qu'il y voyait à cet instant fut ce qui le convainquit de rester. Il enleva ses chaussures et sa cravate, puis s'allongea près de son amant, sur le côté afin de pouvoir le regarder. Steve tendit sa main valide vers lui. Ils entrelacèrent leurs doigts. Danny se redressa légèrement pour aller déposer un doux baiser sur les lèvres de son compagnon, puis se réinstalla. Le brun ferma les yeux. Quelques minutes plus tard, sa respiration régulière indiqua à l'autre homme qu'il s'était endormi.
Danny avait le cœur serré à chaque fois que son regard se posait sur les multiples hématomes qui parsemaient la peau de son compagnon. Cela lui faisait réaliser qu'il avait failli perdre celui qu'il aimait. Pour en avoir fait l'expérience une fois, il savait qu'il aurait le plus grand mal à s'en remettre et espérait que cela ne se reproduirait jamais. Il essaya d'oublier que son amant était un véritable casse-cou qui risquait sa vie tous les jours ou presque et décida de savourer les quelques semaines à venir qui promettaient d'être des plus tranquilles.
Danny réfléchissait à ce qu'il pourrait faire avec Steve pendant sa convalescence pour l'occuper lorsqu'il entendit la porte s'ouvrit. Il se redressa sans bruit. Mary Ann lui sourit et souffla à voix basse :
— Je vais aller faire des courses, histoire de remplir le frigo. Tu as besoin de quelque chose ?
— Non. Merci.
— À tout à l'heure.
— À tout !
Une fois Mary Ann repartie, Danny se rallongea et son regard plongea directement dans celui de son amant.
— On t'a réveillé ?
— Non, je ne dormais déjà plus, répondit le brun. Pourquoi tu restes si loin de moi ? Je sais bien que ce lit est grand mais...
— Je ne veux pas risquer de te faire mal sans le faire exprès.
— Je ne te demande pas de me sauter dessus comme un taré, juste de te rapprocher.
Quelque chose dans le regard de Steve poussa son compagnon à lui obéir. Il glissa jusqu'à se retrouver contre le flanc du brun, puis posa sa tête sur son épaule. Il posa sa main sur le ventre de son amant, juste en-dessous du bandage qui enserrait ses côtes. Steve tourna la tête pour déposer un léger baiser sur ses cheveux, puis souffla :
— J'ai cru que j'allais mourir, mais la seule chose qui me terrorisait, c'était de ne plus être là pour empêcher Marquez de te tuer.
Avant que Danny ait eu le temps de répondre, Steve reprit :
— Il me l'a dit. Quand on arme était pointée sur moi, il m'a dit que tu serais sa prochaine victime...
— Tout ça, c'est fini, Steven. Marquez est mort.
— Je sais. Mais quelque part au fond de moi, la peur est toujours là. Totalement irrationnelle et pourtant bien présente.
Danny embrassa légèrement la clavicule de son compagnon. Il savait que les mots ne serviraient à rien alors il se contenta de montrer à l'autre homme qu'il était là, près de lui.
Steve se sentait bien. La présence de Danny contre lui le rassurait, lui permettait d'oublier les derniers évènements. Il avait encore du mal à réaliser tout ce qui avait changé dans sa vie depuis à peine deux mois. Tournant la tête, il plongea à nouveau son visage dans les cheveux de son compagnon, s'enivrant de son odeur si familière. Les doigts du blond qui caressaient doucement son ventre réveillèrent soudain son envie. Conscient qu'il ne serait pas en mesure de la satisfaire, il souffla :
— Je crois que tu devrais enlever ta main, Danno.
Son amant se redressa sur un coude et lui adressa un regard surpris. Steve sourit :
— Tu me fais un peu trop d'effet...
Les joues rouges, Danny retira vivement sa main.
— Désolé. Je ne pensais pas que...
— Ne t'en fais pas, ce n'est pas de ta faute si tu es irrésistible. En revanche, attends-toi à ce que je devienne invivable... La frustration et le manque d'activité sportive risque de vite me taper sur les nerfs.
— Si tu deviens trop pénible, j'irai m'installer à l'hôtel et je demanderai à Kamekona de venir s'occuper de toi.
— Bon, alors je vais faire un effort, sourit Steve qui n'osait pas imaginer comment se déroulerait une colocation avec l'imposant hawaïen.
— T'as intérêt ! D'ailleurs, je tenais à t'informer que tu n'es pas le seul qui risque d'être frustré dans cette histoire. Même si je ne suis pas un obsédé comme toi, je ne suis pas fait de bois, mon cher !
— Obsédé moi ? Dis tout de suite que je ne pense qu'à te sauter dessus !
Danny ne répondit pas, mais sa moue le fit pour lui. Steve sourit, puis lança :
— J'ai envie de prendre l'air. Si on allait sur la terrasse ?
— Pourquoi pas.
Le blond aida son compagnon à se lever et à enfiler un jean. Le brun resta torse et pieds nus pour descendre. Il s'installa confortablement dans l'un des transats pendant que Danny allait leur chercher à boire. Lorsqu'il revint, Steve grogna :
— C'est quoi ça ?
— Un cocktail de jus de fruits sans alcool. Tant que tu es sous antalgiques, tu ne peux rien boire de plus fort.
Le brun soupira, mais accepta le verre que son compagnon lui tendait.
— Pas de sport, pas de sexe et pas d'alcool... tu veux vraiment me faire mourir d'ennui ? lança Steve d'un ton amusé.
— Eh ! Je te signale que je suis, par la force des choses, au même régime que toi !
— Tu n'es pas obligé... enfin pour l'alcool, je veux dire...
— Je sais, sourit simplement le blond en s'asseyant sur le fauteuil voisin.
Ils sirotèrent leurs boissons en silence, savourant simplement l'instant présent.
Mary Ann revint presque deux heures plus tard, les bras chargés de courses. Pendant que Danny allait l'aider, Steve ferma les yeux, profitant de la chaleur des rayons du soleil sur son visage. Il commençait à somnoler lorsqu'il sentit la main de son compagnon se poser sur son épaule.
— Je t'ai réveillé ?
— Je ne dormais pas vraiment.
— Quelqu'un vient d'arriver.
Surpris de ne rien avoir entendu, Steve le fut encore plus lorsqu'il vit l'identité de leur visiteuse.
— Madame la Gouverneure ?
Il fit un mouvement pour se lever, mais elle lança :
— Ne bougez pas, Capitaine McGarrett.
Il obéit. Elle s'assit sur le siège que Danny lui avait avancé, puis souffla :
— Le Lieutenant Ho Kelly et l'Officier Kalakaua m'ont remis leurs rapports concernant les derniers évènements. Je tenais à venir vous remercier personnellement d'avoir mis fin aux agissements de Marquez. Sa mort a permis le démantèlement d'une partie du cartel El Principio et a surtout empêché son implantation sur notre territoire.
— Nous n'avons fait que notre devoir, Madame, répondit Steve.
— Non, vous avez fait bien plus, Capitaine.
Elle ajouta en souriant :
— Vous méritez vraiment des vacances. Pour vous, Steve, la question ne se pose pas compte tenu de votre état de santé. Quant à vous, Lieutenant Williams, je vous accorde officiellement trois semaines de repos. Je vous demanderai juste de rester à la disposition de votre équipe s'ils ont besoin de vos services.
— Je le serai, bien évidemment, acquiesça Danny.
Jameson se leva et prit congé. Lorsqu'elle fut repartie, Steve souffla :
— Eh bien, je ne m'attendais pas à ce qu'elle se déplace.
— Moi non plus. Comme quoi, on doit faire un boulot pas trop mauvais, sourit le blond.
Son compagnon referma les yeux, un peu fatigué. Il sentit les lèvres de Danny embrasser doucement les siennes. Souriant légèrement, Steve se laissa bercer par le bruit des vagues et s'enfonça peu à peu dans le sommeil.
Le vendredi après-midi, Danny laissa son compagnon avec Mary Ann le temps d'aller chercher Grace. Un peu assommé par les médicaments, Steve avait partagé ses premiers jours de convalescence entre le sofa du salon, le transat face à l'océan et son lit. Les visites de Chin, Kono et Kamekona l'avaient empêché de s'ennuyer. L'imposant hawaïen leur avait apporté assez de glace pour tenir un siège de plusieurs semaines, prétextant que « la glace c'est bon pour la santé et le moral ».
Danny gara sa Camaro devant la maison de son ex-femme. À peine avait-il coupé le moteur que la porte s'ouvrit sur Rachel et leur fille. La gamine se précipita vers son père qui la souleva sans effort.
— Salut ma puce !
— J'suis contente de te voir ! lança Grace avant de déposer un gros baiser sur sa joue.
— Moi aussi, mon p'tit chat. Tu es prête ?
— Oui !
Rachel les rejoignit :
— Comment va Steve ?
— Mieux. Il est encore fatigué à cause des médocs, mais ça aurait pu être pire.
— Si tu veux que je vienne chercher Grace dimanche soir, appelle-moi.
— Ok. Merci.
Danny installa sa fille à l'arrière, puis prit le volant. Pendant qu'il conduisait en direction de chez son compagnon, il donna des instructions à la fillette :
— Oncle Steve a besoin de repos, donc je compte sur toi pour être sage, Gracie.
— Je le serai. Promis ! Tu crois que je pourrai quand même lui faire un câlin ?
— Bien sûr. Mais il ne faudra pas lui sauter dessus ni le serrer trop fort pour ne pas lui faire mal. Et il faudra que tu fasses attention à son poignet aussi.
— Ok !
Il sourit, puis reporta son attention sur la route.
Une fois chez Steve, ils trouvèrent celui-ci en train de feuilleter un magazine automobile, allongé sur le sofa du salon. Grace s'approcha timidement.
— Je n'ai pas droit à un câlin ? demanda le brun, prenant l'air boudeur.
La fillette se pencha et il la serra un long moment contre lui. Lorsqu'elle se redressa, elle lui adressa un immense sourire :
— J'ai un cadeau pour toi !
Elle alla fouiller dans son sac et revint avec une feuille pliée en quatre et un petit paquet enveloppé de papier cadeau fleuri. Steve commença par déplier la page sur laquelle se trouvait un beau dessin représentant une grande maison au bord de l'océan. Trois personnages apparaissaient sur la plage : un homme brun et un blond entourant une petite fille brune. Sous chacun était indiqué son nom de la jolie écriture ronde des enfants appliqués : Oncle Steve, Kitty Grace, Papa Danno. Le blond sourit devant le dessin de sa fille tandis que son compagnon ouvrait le paquet. Danny ne put s'empêcher de rire en voyant qu'il contenait la plus hideuse paire de chaussettes qu'il ait jamais vue. Sur un fond jaune canari étaient dessinées d'énormes fleurs de toutes les couleurs fluo existantes. Grace lança en souriant :
— Je voulais t'offrir une cravate mais Maman m'a dit que tu n'en portes jamais alors j'ai choisi ces jolies chaussettes rien que pour toi !
Steve adressa un regard noir à son amant avant de répondre à la fillette :
— Elles sont magnifiques ! Merci, Grace.
— De rien !
Mary Ann les rejoignit à ce moment-là. Danny fit les présentations, puis souffla :
— Regarde ce que ma fille a offert à ton frère.
La jeune femme sourit largement en voyant les chaussettes avant de lancer :
— Je suis en train de préparer un gâteau au chocolat pour ce soir, tu veux venir m'aider Grace ?
— Je peux, Papa ? demanda la fillette.
— Bien sûr !
Une fois qu'elle fut partie dans la cuisine avec Mary Ann, Danny se tourna vers son compagnon, l'air goguenard :
— Tu sais que tu vas être obligé de les porter.
— Je sais, répondit Steve en souriant.
— Après ça, je t'interdis de te moquer de mes cravates !
— Je ne me moque pas... c'est seulement que je te préfère sans...
Son regard se fit plus sérieux et plus intense. Danny sentit ses joues s'empourprer et grogna :
— Arrête de me regarder comme si j'étais un morceau de viande que tu voudrais mordre ! On a dit qu'on se tenait tranquilles jusqu'à ce que tu sois guéri. Et c'est d'autant plus valable quand Grace est là.
— Ok, désolé, soupira son compagnon. Je sens que ça va être difficile de tenir aussi longtemps !
— Dis-toi que ce qui se passera après n'en sera que meilleur, sourit le blond. En attendant, tu vas mettre les jolies chaussettes que ma fille t'a offertes !
Steve leva les yeux au ciel mais se laissa faire quand Danny lui enfila lesdites chaussettes. Quelques minutes plus tard, Grace revint dans le salon et sauta de joie, littéralement, en voyant qu'il portait son cadeau.
— Elles te vont trop bien, Oncle Steve !
Le brun échangea un regard amusé avec son compagnon qui souffla d'un air narquois :
— C'est vrai ça ! Tu devrais les porter souvent.
Steve ignora la pique, se tournant vers sa sœur qui venait de les rejoindre. Il leva la main au moment où elle ouvrait la bouche :
— Toi, je ne veux rien entendre !
— Rabats-joie ! Lança-t-elle en lui tirant la langue.
Steve reporta son attention sur Grace et Danny. La fillette s'était assise par-terre et dessinait sur une grande feuille posée sur la table basse, sous le regard attendri de son père. Une bouffée de tendresse envahit le brun alors qu'il réalisait qu'il avait près de lui sa famille, de sang et de cœur. Il sut à cet instant précis qu'il serait prêt à tout pour ces trois-là, même à sacrifier sa vie s'il le fallait. Et il réalisa également combien ça serait dur pour lui si jamais Grace n'acceptait pas sa relation avec Danny. Il n'arrivait pas à imaginer comment il pourrait supporter de revenir en arrière, de n'être à nouveau qu'un ami pour celui qu'il aimait plus que sa propre vie.
— Steve, ça va ?
Il leva les yeux vers sa sœur qui le fixait d'un air inquiet. Devinant le regard de Danny posé sur lui, il mentit :
— Ce n'est rien, juste un coup de fatigue.
— Tu veux monter dormir un peu avant de manger ? Proposa Mary Ann.
— Non, ça va aller. Je vais juste rester me reposer ici.
Danny se leva et lança :
— Viens, Grace, on va aller jouer un peu sur la plage pour laisser Oncle Steve au calme.
— Vous n'êtes pas obligés de...
— Repose-toi, c'est un ordre !
Le brun suivit des yeux son compagnon et la fillette jusqu'à ce qu'ils soient sortis de la pièce, puis il ferma les paupières. Il sentit la main de sa sœur lui caresser tendrement le front.
— Si tu as besoin de parler, je suis là, grand frère.
Surpris, il rouvrit les yeux.
— De quoi...
— Je te connais. Et je vois bien que quelque chose te tracasse.
Il soupira profondément, grimaça à cause de la douleur que ce geste réveilla dans ses côtes, puis répondit :
— J'ai peur, Mary... j'ai peur de le perdre. Tôt ou tard, nous allons devoir mettre Grace au courant... et si elle réagit mal, je sais déjà que ce n'est pas moi que Danny choisira. C'est normal, elle est sa fille et compte plus que tout pour lui. Mais...
— Tu ne devrais pas te torturer avec ça, Steve. Pourquoi ne pas juste profiter de l'instant présent ?
— J'essaye... je sais que je ne pourrai rien y changer, mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur.
Elle s'assit sur le bord du sofa, près de son frère, et posa ses mains sur les siennes.
— Quoi qu'il se passe, je serai toujours là pour te soutenir.
— Merci.
Elle sourit :
— Repose-toi, je vais aller voir où en est la cuisson du gâteau.
Il la regarda quitter la pièce, puis ferma les yeux, plongeant rapidement dans un sommeil léger.
À suivre...
