Voici la suite avec un petit lemon. ^^

Merci pour vos reviews.


Le reste du week-end se déroula tranquillement. Le dimanche soir, Rachel vint chercher Grace, en profitant pour saluer Steve et faire la connaissance de Mary Ann. Dix jours passèrent durant lesquels Danny fit tout pour empêcher son compagnon de s'ennuyer. Ils se mirent tous deux aux échecs, jeu pour lequel le blond fut heureux de voir qu'ils avaient à peu près le même niveau. Ils passèrent donc des heures à s'affronter amicalement dans le salon ou sur la terrasse.

Cet après-midi là, alors qu'ils entamaient leur première partie de la journée dehors, le portable de Danny sonna.
— C'est Rachel. Je reviens.
Il se leva et alla répondre un peu plus loin.
— Danny, je suis désolée de te déranger, mais est-ce que tu pourrais venir à l'école de Grace ?
— Pourquoi ? Il lui est arrivé quelque chose ? Demanda-t-il, soudain inquiet.
— Elle s'est battue avec un garçon de sa classe, soupira son ex-femme.
— Battue ? Elle va bien ?
— Juste quelques bleus, mais le gamin a peut-être le nez cassé.
— Qu'est-ce qui s'est passé ?
— C'est bien ça le problème, elle refuse d'en parler à quelqu'un d'autre qu'à toi.
— Ok, j'arrive ! Je serai là dans vingt minutes.
Il raccrocha et alla raconter sa conversation à Steve.
— Vas-y, on jouera plus tard.
— À tout à l'heure !

Sur le trajet menant à l'école, toutes sortes d'idées traversèrent l'esprit de Danny qui ne comprenait pas pour quelle raison sa fille se serait battue et surtout, pour quelle raison elle ne voulait pas en parler avec sa mère. Lorsqu'il arriva, Rachel l'attendait sur le parking. Les lèvres serrées par la contrariété, elle le conduisit jusqu'à l'infirmerie où se trouvait leur fille, l'autre enfant ayant été conduit à l'hôpital pour y passer une radio. La directrice, Mme Sanchez, lui fit un sermon comme quoi il était inadmissible qu'une enfant agresse comme ça un autre de ses élèves, que des mesures disciplinaires seraient prises... mais Danny ne l'écoutait pas. Agacé, il finit par la mettre un peu rudement dehors de l'infirmerie, ainsi que Rachel, pour rester seul avec Grace. La fillette gardait les yeux baissés et triturait nerveusement le bord de son tee-shirt. Il prit un tabouret, puis s'installa à côté du lit où sa fille était assise. Posant une main sur son genou, il lui demanda d'une voix douce :
— Mon p'tit chat... raconte-moi ce qui s'est passé.
— Je suis désolée, Papa. Je sais que c'est mal de se battre mais...
Elle s'interrompit, au bord des larmes.
— Mais ?
— Marco a dit des choses horribles sur toi et Oncle Steve !
Un mauvais pressentiment s'insinua soudain en lui. Il souffla :
— Allons, ça ne peut pas être si terrible que ça.
— Si ! C'était très méchant !
— Qu'est-ce qu'il a dit ?
— Il a dit que... que c'est pas normal que deux hommes vivent dans la même maison comme Oncle Steve et toi. Il a dit que... que vous êtes... je peux pas le dire, c'est un vilain mot...
— Tu peux me le dire à l'oreille ? Je te promets que je ne te gronderai pas. Je veux juste savoir.
Grace hocha la tête. Il se pencha et elle lui murmura :
— Des pédés.
Le cœur de Danny se serra alors que sa fille éclatait en sanglots en s'exclamant :
— Il a dit que les gens comme vous n'ont pas le droit de vivre !
Horrifié, il attira Grace dans ses bras et la serra très fort en soufflant :
— Chut... tout va bien ma chérie, je suis là...
Elle pleura un long moment contre son épaule, puis se redressa en essuyant ses joues avec le bas de son tee-shirt. Danny lui tendit un mouchoir en soupirant :
— Ce que t'as dit ce Marco est effectivement horrible. Je comprends que tu l'aies frappé, mais ça n'est pas la solution.
— Oui, mais toi, tu frappes bien les méchants, non ?
— C'est mon travail, mon p'tit chat. Et quand je peux l'éviter, je préfère ne pas recourir à la violence. Tu comprends ?
Elle hocha la tête en reniflant. Il lui caressa tendrement les cheveux, se demandant comment aborder le sujet dont ils devaient parler à présent. Ce fut sa fille qui décida pour lui :
— Dis, Papa, Oncle Steve et toi, vous êtes amoureux ?
Il ne put s'empêcher de sourire.
— Oui, nous le sommes. Je sais que ça doit te faire bizarre. Et j'aurais préféré t'en parler à une autre occasion. Mais tu es une grande fille maintenant. Tu es assez grande pour comprendre.
— Tu vas te marier avec lui ?
Son ton était plus curieux que choqué, ce qui rassura un peu Danny.
— Je ne sais pas. Nous ne sommes pas en couple depuis longtemps. Est-ce que ça te dérange qu'Oncle Steve et moi soyons amoureux ?
Elle parut réfléchir quelques secondes, puis répondit avec un demi-sourire.
— Je ne crois pas. Et Oncle Steve, faudra que je l'appelle Papa ?
— Tu n'y es pas obligée. Il peut rester « Oncle Steve » si tu préfères. Tu peux l'appeler comme tu veux.
— D'accord !
Danny n'eut pas le temps d'en dire plus car la porte de l'infirmerie s'ouvrit sur la directrice :
— Monsieur Williams, je pense qu'il serait préférable que votre ex-femme ramène Grace chez elle.
Il acquiesça d'un signe de tête, puis prit la main de sa fille pour l'accompagner rejoindre sa mère. Rachel lui adressa un regard interrogatif auquel il répondit :
— On en parlera plus tard.
Grace refusa de lâcher sa main jusqu'à ce qu'ils soient arrivés sur le parking. Là, il l'installa dans la voiture de Rachel, puis lui sourit :
— Surtout, si tu as la moindre question ou si quelque chose te dérange par rapport à ce qu'on s'est dit, tu m'en parles.
— D'accord.
— Danno t'aime, mon p'tit chat.
— Je t'aime, Papa.
Il l'embrassa sur le front, puis ferma la portière. Rachel attendait, les bras croisés.
— Alors ?
Danny soupira profondément. Il ne voulait pas d'une confrontation avec elle maintenant, ce qu'il sentait arriver.
— Ramène-la chez toi, je passerai dans la soirée pour qu'on en discute.
— Mais...
— J'ai quelque chose à dire à la directrice.
Sans lui laisser le temps de répondre, il fit volte-face et rentra dans l'école. Il n'eut aucun mal à trouver le bureau de Mme Sanchez dont la porte était ouverte. Elle raccrochait juste son téléphone lorsqu'il frappa et entra sans attendre de réponse.
— Monsieur Williams ?
— Tout d'abord, c'est Lieutenant Williams, je vous prie, Madame la Directrice. Ensuite, j'aimerais vous parler de ce qui s'est passé entre Grace et ce Marco.
— Je viens justement d'avoir son père au téléphone. Vous avez de la chance, Marco n'a pas le nez cassé. Mais cette affaire passera tout de même devant le conseil de discipline. Notre établissement n'admet pas que nos élèves se battent comme des gamins des rues.
— Et votre établissement admet-il, par hasard, les insultes homophobes ?
La femme eut l'air choqué.
— Quoi ? De quoi parlez-vous ?
Il rapporta ce que le gamin avait dit à Grace. Pour terminer, il ajouta :
— Je me doute bien que ce Marco a entendu ces horreurs quelque part, sûrement chez lui, mais ça n'en reste pas moins inexcusable. Si vous faites passer ma fille devant le conseil de discipline pour cette bagarre, je vous jure que je fais remonter cette histoire aux oreilles de Madame la Gouverneure Jameson qui, je le pense, n'admettra pas qu'on tolère, et approuve visiblement, des propos homophobes dans une des écoles de son île.
La directrice ouvrit la bouche, abasourdie, mais la referma aussitôt. Danny se dirigea vers la porte lorsqu'elle souffla enfin :
— Je pense que nous allons oublier cette fâcheuse histoire.
— C'est une excellente idée !
Et il sortit sans la saluer.


Steve zappait machinalement, jetant à peine un regard à l'écran, soucieux pour Grace et Danny. Il venait de tomber sur un documentaire sur les dauphins lorsqu'il entendit la voiture de son compagnon se garer devant la maison. Quelques instants plus tard, le blond entra et claqua presque la porte. Steve éteignit la télé et demanda :
— Danny, ça va ?
— Non ! Enfin si ! Enfin... bref...
Il soupira profondément, puis se laissa tomber dans le sofa à côté de son amant.
— Que s'est-il passé ?
— Elle sait.
Le cœur de Steve manqua un battement.
— Elle sait ? Tu veux dire...
— Grace sait pour nous deux.
Ne parvenant pas à lire l'expression de son compagnon, le brun souffla, inquiet :
— Et ?
— Elle le prend plutôt bien.
Une vague de soulagement traversa Steve qui ne put s'empêcher de soupirer. Pourtant, il remarqua vite que l'autre homme était très tendu.
— Alors qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu es prêt à exploser ?
Danny se releva d'un bond et se mit à faire les cent pas dans le salon. Ne voyant aucune réponse venir, Steve se leva à son tour, puis se planta sur son chemin pour l'obliger à s'arrêter. Le blond stoppa net, soupirant profondément.
— Le gamin avec qui elle s'est battue a tenu des propos homophobes sur toi et moi. Du coup, la directrice voulait faire passer Grace en conseil de discipline et il a fallu que je la menace de faire intervenir Jameson pour qu'elle reconsidère sa position.
Abasourdi, Steve le prit par le bras et l'obligea à se rasseoir avant de demander :
— Tu vas tout reprendre depuis le début, parce que je ne suis pas sûr de t'avoir suivi.
Danny lui fit le récit de ce qui s'était passé à l'école. Quand il eut fini, le brun souffla :
— Je trouve que tu as bien réagi. À ta place, j'aurais demandé le renvoi définitif de ce Marco !
— Je n'y ai même pas pensé sur le coup, sourit le blond. J'ai surtout voulu protéger Grace. Mais je crois que je vais retourner rendre une petite visite à Mme Sanchez demain. Avant ça... je dois aller voir Rachel pour tout lui raconter.
— Tu penses qu'elle va mal prendre notre relation ?
— J'en suis presque sûr. Et j'ai peur qu'elle se serve de ça pour demander la garde totale de Grace.
— Tu sais, Mary Ann m'a donné un bon conseil il y a quelques temps : ça ne sert à rien de se tourmenter au sujet de quelque chose de potentiellement mauvais avant que ça n'arrive. Et elle avait raison.
— Et c'était à propos de quoi qu'elle t'avait donné ce conseil ?
— Tu te souviens du vendredi soir où Grace était là et que vous êtes sortis jouer dehors pendant que je me reposais ici ?
— Bien sûr.
— En fait, j'ai un peu menti. Ce n'était pas que la fatigue qui me perturbait ce jour-là. Je me demandais quelle serait la réaction de ta fille quand elle saurait pour nous. Et j'ai eu peur de te perdre. C'est là que Mary Ann m'a dit de ne pas me torturer les méninges avec ça, que j'aurais tout le temps de le faire quand elle saurait.
— Ta sœur est une femme avisée.
— Mouais... quand elle veut, sourit Steve. Et je t'interdis de lui dire que j'ai dis ça !
— Promis !
Danny se leva à nouveau du sofa.
— Je vais aller voir Rachel maintenant. Autant crever l'abcès le plus tôt possible. Après, j'en serai débarrassé.
— Ok.
Le blond se pencha pour déposer un doux baiser sur les lèvres de son compagnon, puis repartit.

Trois heures plus tard

Steve finissait de mettre la table lorsqu'il entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer. À peine deux minutes plus tard, il sentit le corps chaud de son amant se coller contre son dos et ses bras entourer son torse. Entremêlant ses doigts à ceux de Danny posés sur son ventre, il demanda :
— Alors, comment ça c'est passé ?
— Un peu moins mal que je le craignais. Bien sûr, elle a commencé par hurler quand je lui ai dit pour nous deux. Tellement bien qu'on a dû sortir de la maison pour ne pas faire peur à Grace. Et puis je lui ai expliqué que je n'avais rien programmé, que j'étais simplement tombé amoureux que toi et que son opinion m'importait peu. Elle m'a demandé si j'étais déjà gay avant notre mariage ou si c'était après que ça m'avait pris. Tu aurais été fier de moi car j'ai réussi à lui répondre sans m'agacer que je n'étais pas gay, que je n'aimais pas les hommes en général, que c'était toi, juste toi...
Ému, Steve lança pour tenter d'alléger un peu l'atmosphère :
— Attention, overdose de guimauve en vue !
Il sentit Danny rire doucement contre son omoplate.
— Et par rapport à Grace ?
— Disons que le fait d'avoir comme connaissance la gouverneure m'a encore une fois bien aidé. J'ai pris Rachel de court en lui disant que si elle essayait de m'enlever la garde de ma fille, j'utiliserai mes relations avec Jameson pour la contrer. Elle a eu l'air convaincue que ça marcherait car elle n'a rien répondu. Il n'est pas impossible qu'elle se réveille un jour en se disant qu'elle va m'envoyer devant un juge pour ça, mais pour l'instant, je pense avoir un peu de répit.
Steve repoussa légèrement son compagnon afin de pouvoir se retourner entre ses bras.
— Alors, tout va bien ?
— Oui. Enfin, tout ira bien quand tu seras totalement guéri, sourit Danny.
Son amant lui adressa un regard narquois.
— Et c'est qui l'obsédé ici ?
— Je ne disais pas ça pour ça ! Se défendit le blond.
— Mouais... mais tu as raison... j'ai hâte de pouvoir abuser de ton corps de rêve... surtout que cette cuisine a tendance à me rappeler un certain souvenir...
— Eh bien, tu vas devoir réfréner encore tes ardeurs, mon cher ! Lança Danny en s'écartant de lui.
Steve leva les yeux au ciel en soupirant profondément. Il espérait vraiment que cette période d'abstinence allait bientôt se terminer car il commençait à sentir sa frustration devenir un peu trop envahissante.


Quatre semaines après sa sortie de l'hôpital, Steve y retourna passer une visite de contrôle. Son entorse au poignet nécessitait encore une quinzaine de jours de bandage. Quant à ses côtes, après passage d'une radio, il apparut qu'elles étaient presque guéries. Le médecin préconisa tout de même de ne pas reprendre d'activité sportive, d'aucune sorte, jusqu'à la prochaine visite de contrôle, deux semaines plus tard.
Danny accueillit la nouvelle avec flegme, même s'il devenait pour lui aussi de plus en plus difficile de contenir sa frustration. Les pires moments de leurs journées étaient le matin au réveil et le soir au coucher. Comme Steve refusait de dormir sans lui, il devait retenir son envie pour ne pas frustrer encore plus son amant qui l'était déjà bien assez comme ça.

Le lendemain de la visite à l'hôpital, vers 3 heures du matin, Danny s'éveilla dans un état d'excitation avancée suite au rêve plus qu'érotique qu'il venait de faire. Incapable de se calmer, il décida de se rendre dans la salle de bains pour prendre une douche froide. C'était ça ou terminer tout seul ce que son rêve avait commencé, ce qu'il se refusait à faire avec son amant dans la pièce voisine. Il se faufila sans bruit dans la salle de bains et ôta son débardeur et son boxer. Il allait ouvrir le robinet d'eau froide lorsque la voix de Steve retentit juste derrière lui, le faisant sursauter :
— Je connais un meilleur moyen...
Danny se retourna et constata que son amant était dans la même tenue d'Adam que lui.
— Steve, tu sais qu'il ne...
— … faut pas faire ça tant que mes côtes ne sont pas totalement guéries, je sais ! Mais je vais finir par devenir dingue ! Et toi aussi d'ailleurs !
Avant que Danny ait eu le temps de répliquer, son compagnon captura ses lèvres pour un baiser fougueux. Le blond savait qu'il ne fallait pas, mais le désir violent qui le submergea ne lui permit pas de repousser le brun. Sans rompre le baiser, Steve ouvrit le robinet d'eau chaude et poussa son amant dessous. Leurs mains commencèrent à parcourir fiévreusement leurs corps. Danny avait l'impression de perdre la tête sous les caresses de plus en plus précises de son compagnon. Ils se séparèrent à bout de souffle. Le blond attrapa le gel douche, puis en versa sur le torse du brun avant de se mettre à le savonner consciencieusement. Il avait fait ça dans le but de faire retomber un peu la pression, mais finalement, cela ne fit qu'attiser son envie. Steve s'adossa à la paroi, la tête en arrière et les yeux clos, gémissant légèrement quand les mains de son amant approchaient de certaines zones sensibles de son anatomie. Au bout d'un moment, il inversa les rôles. Il obligea Danny à se retourner et lui savonna tendrement le dos. Alors que ses doigts descendaient de plus en plus bas, Steve se pencha vers l'autre homme pour lui souffler à l'oreille :
— Tu me fais confiance ?
— Bien sûr.
— N'hésite pas à m'arrêter.
Surpris, Danny se laissa faire lorsque son amant le fit se pencher légèrement en avant. Ce n'est qu'au moment où il sentit les doigts du brun glisser sur et entre ses fesses qu'il comprit. Il sentait qu'il aurait dû tout arrêter à ce moment-là, qu'il aurait dû avoir peur, mais curieusement ce n'était pas le cas. Il se sentait totalement en confiance. Et la perspective de ce qui allait suivre exacerbait même son envie. Pourtant, il ne put s'empêcher de se crisper inconsciemment lorsque le doigt de Steve s'insinua légèrement en lui. La langue de son compagnon caressa alors son lobe d'oreille gauche, puis descendit dans sa nuque pour rejoindre le droit, lui arrachant un gémissement. Il se détendit, permettant à la phalange du brun de le pénétrer un peu plus. Quelques instants plus tard, un second doigt rejoignit le premier. Alors que Danny s'habituait à l'intrusion et commençait à trouver ça agréable, Steve retira ses doigts. Le blond grogna de frustration, mais son amant lui murmura :
— On va y aller doucement.
Le brun enlaça son compagnon, plaquant son membre tendu contre ses fesses. De sa main valide, il s'empara de l'érection délaissée de Danny pour la caresser lentement. Il se mit à onduler du bassin au même rythme que celui de sa main sur la virilité du blond. Le plaisir monta par vague de plus en plus intense en eux. Danny appuya ses mains à plat sur la paroi de la douche, les yeux clos, la tête reversée en arrière tournée vers Steve qui dévorait son cou et ses lèvres. Au bout de quelques minutes, ils furent tous deux submergés par un violent orgasme qui les laissa pantelants.

Après avoir repris son souffle, Danny se tourna vers son amant, un peu inquiet.
— Steve, ça va ? Tu n'as pas trop mal à tes côtes ?
— Un peu, mais ça en valait le coup ! Sourit le brun avant de l'embrasser tendrement.
Le blond soupira :
— Maintenant, avoue que c'est toi le plus obsédé de nous deux !
— Ok, tu as gagné, c'est vrai ! acquiesça Steve en levant les mains en signe de reddition. Et maintenant, si on retournait au lit ?
Lorsqu'ils furent séchés et qu'ils eurent enfilé des sous-vêtements propres, ils allèrent se recoucher. Danny posa sa tête sur l'épaule de son compagnon qui lui demanda, l'air inquiet :
— Tu ne m'en veux pas, j'espère ?
— Pour avoir bravé l'interdit du docteur ? Un peu, mais comme tu l'as dit, ça valait le coup.
— Je ne parlais pas de ça...
Comprenant, le blond sentit ses joues rougir légèrement. Il souffla :
— Non, je ne t'en veux pas. C'était... nouveau pour moi... mais pas désagréable...
— J'aurais dû t'en parler avant... ne pas...
— Ne te tortures pas avec ça. Si je n'avais pas voulu que tu le fasses, je t'aurais arrêté de suite. Je t'avoue que j'ai été un peu surpris au début... Ce n'est pas vraiment le genre de chose que j'ai pu expérimenter par le passé. Mais comme je te l'ai dit, ça n'était pas désagréable. Et je ne serai pas contre l'idée de recommencer une prochaine fois... et même d'aller plus loin...
Son compagnon lui sourit. Ils s'embrassèrent tendrement, puis Danny soupira :
— On devrait dormir. Je ne suis plus en vacances moi ! J'ai eu la chance que les malfrats se tiennent à carreau depuis une semaine et que Chin et Kono n'aient pas besoin de moi, mais je sens que ça ne va pas durer.


Le pressentiment de Danny s'avéra malheureusement exact. Vers 6 heures 30, son portable sonna, les réveillant tous les deux. Steve grogna contre l'importun alors que son compagnon répondait :
— Williams...
Un silence pendant qu'il écoutait son interlocuteur.
— Ok, j'arrive !
Il se raccrocha et se leva. Steve demanda :
— Que se passe-t-il ?
— C'était Chin. Il y a eu un cambriolage chez une amie de la gouverneure. Le mari a interrompu les voleurs et a été poignardé. Il est dans un état critique. Jameson veut que le 5-0 s'occupe de cette affaire. Je vais m'habiller.
Il disparut dans la salle de bains. Bien réveillé, Steve décida de ne pas traîner au lit plus longtemps et descendit préparer le café pour son compagnon. Une fois prêt, Danny le rejoignit dans la cuisine.
— Tu aurais pu rester au lit, le gronda-t-il.
— Sans toi, je n'en vois pas l'intérêt, sourit le brun.
Il l'attira pour l'embrasser tendrement, puis remplit le thermos et le donna à son compagnon en soufflant :
— Sois prudent.
— Promis ! Je t'appellerai si jamais l'enquête se prolonge et que je dois rentrer tard.
— Ok. À ce soir !
— À ce soir !
Ils échangèrent un autre baiser avant que Danny ne quitte la maison. Une fois seul, Steve se servit une tasse de café noir et sortit le boire sur la terrasse. Il s'installa dans l'un des transats, le regard fixé sur l'océan pacifique. Depuis qu'il avait été blessé, il n'avait pas pu nager ni surfer et le contact de l'eau salée sur sa peau lui manquait énormément. Bien sûr, il aurait pu juste se baigner, mais il était conscient que cela n'aurait fait que le frustrer davantage. Et il avait déjà eu bien assez de raisons d'être frustré sans rajouter celle-là. Le souvenir de la nuit passée lui revint soudain. Il se força à penser à autre chose, se concentrant sur le va-et-vient des vagues qui se brisaient sur la plage.

En fin de matinée, Steve eut la visite de sa sœur qui s'invita à déjeuner. Alors qu'ils commençaient juste leur repas, elle lança :
— J'ai reçu deux mails de journaux, un de L.A., l'autre de San Diego, qui sont intéressés par ma candidature donc je vais devoir repartir sur le continent la semaine prochaine. Et j'espère que cette fois-ci je pourrai revenir à Hawaii pour quelque chose de plus joyeux qu'un enterrement.
— Je l'espère aussi. Tu vas me manquer, sœurette.
— Oh, je suis sûre que tu seras trop occupé avec ton Danny pour penser à moi ! sourit-elle d'un air complice.
Il répondit d'un sourire.
— Tu pars quand ?
— Vendredi, dans la matinée.
— Je pourrai t'accompagner à l'aéroport si tu veux.
— Pourquoi pas. Cependant je te rappelle que tu n'as plus de voiture depuis que tu as fait exploser la tienne pour faire croire à ta mort.
— Je sais, soupira Steve. Je comptais d'ailleurs aller en acheter une autre mais Danny refuse que je le fasse tant que le médecin ne m'aura pas expressément autorisé à conduire à nouveau. Ça ne m'empêchera pas de prendre un taxi.
— C'est vrai. Il faut que je vérifie l'horaire de mon vol. Je t'appellerai pour te dire à quelle heure tu dois passer me chercher.
— D'accord.
Ils continuèrent leur repas en parlant d'un peu de tout et de rien, jusqu'à ce que Mary Ann demande soudain :
— Tu savais que les mariages gays sont autorisés dans le New-Jersey.
Manquant de s'étouffer, Steve toussa, puis grogna :
— Tu ne trouves pas que tu vas un peu vite en besogne ?
— Je ne t'ai pas dit de l'épouser maintenant, grand nigaud ! Mais si Danny est vraiment le bon, tu devrais y penser.
— Pour l'instant, on va déjà profiter de notre vie commune et du fait que sa fille a accepté notre relation. Après, on verra... Et puis, si un jour on doit en arriver là, il devra d'abord mettre sa famille au courant. Ce qui risque de moins bien se passer qu'avec Grace.
— Toujours aussi négatif, frérot ! soupira Mary Ann en secouant la tête et en levant les yeux au ciel.
— Non, je suis juste réaliste. Tant que nous restons ici, le problème ne se pose pas. Et je ne pense pas qu'il soit pressé de le leur annoncer, donc tout ça n'est pas d'actualité.
— Ok ! J'ai compris ! Mais j'espère que si un jour vous vous mariez, je serai ta demoiselle d'honneur ! ajouta la jeune femme en riant.
Il lui donna un léger coup de poing dans le bras, puis éclata de rire à son tour. Redevenant sérieux, il souffla :
— Le jour où je me marierai, tu seras mon témoin, ma chère.
— J'en serai honorée, sourit Mary Ann.
Ils finirent leur repas tranquillement, puis allèrent faire une grande promenade sur la plage.

Ils étaient sur le chemin du retour lorsque le portable de Steve sonna. Il sourit en voyant qu'il s'agissait de son compagnon.
— Danny ? Alors, comme ça se passe ?
— Plutôt bien. On monte un flag' ce soir avec le soutien de la police d'Honolulu donc je voulais te prévenir que je risque de rentrer tard, sûrement au milieu de la nuit.
— Ok. Sois prudent.
— Je le suis toujours, pas comme une certaine personne de ma connaissance qui a tendance à attirer les balles de revolver et autres petites choses dangereuses.
— Comme si c'était de ma faute ! répliqua le brun en levant les yeux au ciel.
Il entendit son compagnon rire à l'autre bout du fil.
— Allez, je dois te laisser, Kono et Chin m'attendent pour préparer le flag'.
— Passe-leur le bonjour.
— Je n'y manquerai pas.
Lorsqu'il eut raccroché, Steve se tourna vers sa sœur :
— Tu veux dîner avec moi ce soir ? Danny rentrera très tard.
— Et si on allait au restaurant ? J'ai envie de déguster les fameuses langoustes de chez Orchids.
— Pourquoi pas !

À suivre...