Merci à tous celles et ceux qui ont suivi cette fic. Voici donc comme promis la fin avec un lemon. ^^

Bonne lecture !


Le flag' avait été un succès. Le 5-0, aidé par la police d'Honolulu, avait arrêté les cambrioleurs, dont celui qui avait tué l'époux de l'amie de la gouverneure, sans même avoir à tirer un coup de feu. Après avoir accompagné tout ce petit monde en cellule, les trois amis se séparèrent, se donnant rendez-vous le lendemain au QG pour établir leurs rapports.
Danny quitta Kono et Chin vers une heure du matin, heureux de pouvoir enfin rentrer. Lorsqu'il se gara devant la maison de Steve - il n'arrivait pas encore à se considérer totalement chez lui - tout était éteint. Il monta sans bruit pour ne pas réveiller son compagnon qui devait certainement dormir. Il alla prendre une douche dans sa salle de bains avant de se diriger vers la chambre de Steve. Le brun était allongé sur le ventre, les bras repliés sous le visage, le drap repoussé jusqu'à sa taille. Danny resta quelques instants à contempler la peau tatouée de son amant, attendri de le voir aussi paisible, ce qui était plutôt rare pour la boule de nerfs qu'était Steven McGarrett. Enfin, il se décida à se coucher. Il se glissa dans le lit le plus silencieusement possible et s'installa sur le côté. À peine avait-il fermé les yeux qu'il sentit Steve s'approcher et l'attirer dans ses bras.
— Désolé de t'avoir réveillé, souffla Danny en plongeant dans le regard clair de son compagnon.
— Aucune importance. Tout s'est bien passé ?
— Impec ! Si toutes les affaires pouvaient se dérouler aussi tranquillement, ça serait l'idéal !
Steve sourit, puis l'embrassa tendrement.
— Et toi, tu as fait quoi de ta journée ?
— Mary Ann est venue. On s'est promenés et on a dîné chez Orchids.
— Je vois qu'on ne se refuse rien quand je ne suis pas là ! souffla Danny, faussement vexé.
— Les absents non toujours tort, non ?
Ils échangèrent un regard amusé. Steve reprit :
— Elle repart à Los Angeles vendredi matin. Elle a deux entretiens pour du boulot.
— C'est bien pour elle. J'espère que ça va marcher.
— Moi aussi.
Danny étouffa un bâillement. Son compagnon l'embrassa à nouveau, puis ferma les yeux. Le blond l'imita. Quelques minutes plus tard, il s'endormit profondément.

La semaine se déroula à peu près sur le même rythme, à croire que tous les criminels d'Hawaii avaient décidé de se réveiller avant le retour de Steve McGarrett à la tête du 5-0. Danny passait ses journées et une bonne partie de ses nuits au travail. Quand il rentrait, il était si fatigué qu'il ne faisait que se doucher et dormir.
Le répit arriva enfin le vendredi soir où Danny devait récupérer Grace. Il n'avait pas pu l'avoir deux week-ends plus tôt, car les parents de Rachel étaient exceptionnellement en visite à Hawaii et la jeune femme avait tenu à ce que sa fille passe le plus de temps possible avec ses grands-parents qu'elle voyait rarement. Il n'avait pas pu refuser car il aurait fait de même si la situation avait été inversée. Du coup, il n'avait pas vu Grace depuis l'incident à l'école et depuis qu'elle savait pour Steve et lui. Ils s'étaient bien sûr parlé au téléphone plusieurs fois, mais il ne pouvait s'empêcher d'appréhender légèrement ces retrouvailles.
N'ayant pas le temps de passer chez lui, Danny partit directement du 5-0 pour se rendre chez son ex-femme. Lorsqu'il y arriva, Rachel l'attendait avec leur fille devant la porte. Comme à son habitude, la gamine se précipita dans les bras de son père dès qu'il fut descendu de voiture. Rachel les rejoignit, l'air fermé. Sans un mot, elle remit à Danny le sac de Grace et fit volte-face pour rentrer. À la fois amusé et agacé par son attitude, il lui lança d'un ton jovial :
— Moi aussi, je suis ravi de te voir, Rachel !
Elle ne se retourna pas. Haussant les épaules, il fit monter sa fille à l'arrière de la Camaro, puis prit le chemin de la maison de Steve. Durant le trajet, Grace lui raconta ce qu'elle avait fait à l'école pendant la semaine, ne permettant pas au silence de s'installer. Danny l'écouta d'une oreille, amusé par son babillage.
Au moment où il se garait devant la maison, Grace lui demanda :
— Pourquoi maman est fâchée contre toi et Oncle Steve ?
Il soupira profondément :
— Je ne sais pas vraiment. Parfois les adultes font des choses que les autres ne comprennent pas. Est-ce qu'elle t'en a parlé ?
— Non. Elle ne dit jamais rien quand je suis là. Mais je l'ai entendu en parler avec Stan. Et elle était en colère.
Agacé, Danny se força à rester calme pour sa fille. Il descendit de la voiture et lui ouvrit la portière en soufflant :
— Ne t'en fais pas pour ça. Ce sont des histoires de grandes personnes et ça finira par s'arranger.
Elle ne semblait pas convaincue mais sourit :
— D'accord.
Steve sortit de la maison à ce moment-là. Danny appréhendait la réaction de sa fille. Celle-ci s'approcha du brun, l'air sérieux et lui lança :
— Papa et toi vous êtes amoureux, d'accord. Mais si tu lui fais du mal, t'auras affaire à moi !
Les deux hommes échangèrent un regard amusé. Steve s'agenouilla devant Grace, puis répondit :
— Je te promets que je ne lui ferai jamais de mal.
— Juré ?
— Juré !
Elle hocha la tête et demanda :
— Je peux te faire un câlin ?
Il lui ouvrit les bras elle alla se blottir contre lui. Soulagé, Danny les couva d'un regard attendri.


Le soir même, après que Danny ait mis sa fille au lit, les deux hommes se retrouvèrent sur la terrasse à siroter une bière. Confortablement installé sur l'un des transats, Steve souffla :
— Je dois t'avouer qu'avant que tu arrives avec Grace, j'étais un peu inquiet.
— Tu n'étais pas le seul. Je suis vraiment heureux qu'elle l'ait pris aussi bien. En revanche, je vais devoir avoir une petite discussion avec Rachel.
Le brun adressa un regard interrogatif à son compagnon. Celui-ci expliqua :
— Grace l'a entendue en parler à Stan, et apparemment, avec colère. Vu comment c'est parti, elle va plus être perturbée par la réaction de sa mère que par le fait que toi et moi soyons ensemble. Je ne veux pas que Grace pâtisse de la bêtise de Rachel.
— Je comprends. Et je te soutiendrai.
Danny sourit :
— Merci. Parfois, tu dois te dire que tu aurais mieux fait de tomber amoureux de quelqu'un d'autre, d'un mec qui n'a pas un passif aussi envahissant.
Steve se redressa et attrapa la main de son amant :
— Je te promets que ça ne m'est jamais arrivé. C'est toi que j'aime, avec tes qualités et tes défauts, avec ton passif, ton ex-femme et surtout ta gamine géniale. Et je n'ai aucune envie d'avoir quelqu'un d'autre dans ma vie.
— Finalement, le McGarrett est un grand romantique qui s'ignore, le taquina Danny.
L'intéressé haussa les épaules en souriant :
— Avoue que ça te plait un peu quand on tombe dans la guimauve.
— Bien sûr que ça me plait.
Danny se leva et vint s'asseoir sur les genoux de son compagnon pour l'embrasser fougueusement. Sentant l'excitation l'envahir, Steve souffla quand ils se séparèrent :
— Je croyais qu'on devait être sages quand Grace est là.
— Elle dort... et je ne compte pas aller plus loin ce soir.
— Alors tu devrais descendre de là... parce que si tu restes sur mes genoux, je ne réponds de rien...
Le brun vit avec satisfaction son amant rougir légèrement. Il se leva et lança :
— Puisque c'est comme ça, je vais aller me coucher ! Bonne nuit, Steven !
— Bonne nuit, Daniel ! sourit le brun.
Steve termina sa bière, puis rentra à son tour.

Le reste du week-end se déroula tranquillement. Les deux hommes conduisirent Grace à la fête foraine et au zoo. Durant ces deux jours, Steve avait vraiment l'impression de s'être trouvé une nouvelle famille. Il aimait déjà Grace comme si elle était sa propre fille et serait prêt à tout pour elle. Après toutes ces années, il avait enfin trouvé un équilibre, une vraie raison de vivre.

Le dimanche soir, Danny partit ramener la fillette chez sa mère. Steve l'attendit en lui préparant ses plats préférés pour le dîner, conscient que son compagnon risquait d'avoir besoin de réconfort s'il y avait confrontation avec Rachel. Steve finissait de mettre la table lorsque l'autre homme revint.
— Alors ?
— Elle n'était pas là. Stan m'a dit qu'elle était partie voir une de ses amies. Je n'y ai pas cru, bien sûr, mais du coup, c'est avec lui que j'ai discuté. Je dois t'avouer qu'il m'a agréablement surpris. Il a très bien compris que je veuille protéger Grace et m'a promis d'en parler avec Rachel.
— Tu penses qu'il le fera ?
— Je crois. Il avait l'air sincère quand il m'a souhaité d'être heureux avec toi. En même temps, je pense qu'il est soulagé que je sois casé et que je ne cherche plus à reconquérir sa femme.
— J'imagine. Même si je n'ai jamais compris pourquoi elle t'a préféré Stan, je suis bien heureux qu'elle l'ait fait.
Ils s'enlacèrent et s'embrassèrent tendrement. Lorsqu'ils se séparèrent, Steve souffla :
— Installe-toi, je t'ai préparé quelques gourmandises pour ce soir.
— Hum, je suis gâté... sourit Danny en voyant ce qui se trouvait dans le plat que son compagnon venait de poser sur la table.
Après dîner, ils firent une partie d'échec dans le salon. Quand ils eurent fini, le brun soupira :
— Vivement vendredi que je passe cet examen de contrôle et qu'on m'autorise à reprendre le boulot !
— Tu as tellement hâte que ça de courir après des suspects et de te faire tirer dessus ? l'interrogea Danny.
— Surtout de me faire tirer dessus, ça m'a énormément manqué ! répondit Steve en riant. Non, sérieusement, ce qui me manque le plus, c'est ces journées passées avec toi, quand on fait équipe sur des affaires. Et puis j'adore cette maison, mais j'en ai ras-le-bol de la voir ! Je n'ai qu'une envie : passer le plus de temps possible hors d'ici !
— Je te comprends, sourit le blond. Moi aussi, je...
Son portable sonna, l'interrompant. Il soupira profondément en voyant le nom qui s'affichait sur l'écran.
— C'est Kono.
Il décrocha, écouta quelques secondes, puis referma le clapet de l'appareil en râlant :
— Et voilà ! Un meurtre à la marina ! C'est reparti !
Steve l'accompagna jusqu'à sa voiture. Ils échangèrent un léger baiser avant que le blond ne monte dans la Camaro. Lorsque le véhicule fut hors de vue, le brun rentra, frustré de devoir rester en arrière. Tout en allant se coucher, il espéra grandement que le médecin le laisserait reprendre le travail dès la semaine suivante.


Environ 76 heures plus tard

Danny sortit de la Camaro et rentra dans la maison comme un automate. Il ne voulait surtout pas réfléchir, ne pas se rappeler les horreurs dont il avait été témoin quelques heures plus tôt. La nuit était bien avancée et il ne fut pas surpris de trouver Steve endormi. Il se dirigea vers la salle de bains de son compagnon, se déshabilla et se glissa sous l'eau brûlante de la douche. Les yeux clos, il repoussait laborieusement les images terribles qui voulaient s'insinuer dans son esprit. En vain. Ses larmes se mêlèrent à l'eau chaude qui ruisselait sur son visage. Il entendit à peine la porte de la cabine s'ouvrir. Il sentit tout à coup le corps chaud de Steve se glisser face à lui. Sans ouvrir les yeux, le blond se blottit contre le torse puissant de son compagnon qui le serra dans ses bras. Le visage enfoui dans le creux de l'épaule du brun, Danny parvintt enfin à retrouver un semblant de paix. Il appréciait que son amant ne lui pose aucune question, se contente juste d'être là pour lui. Ils restèrent ainsi un long moment, silencieux, jusqu'à ce que Steve ne ferme l'eau et attrape une serviette. Il essuya consciencieusement le corps du blond qui savourait la caresse du tissu éponge sur sa peau. Son compagnon lui ceignit ensuite les reins avec la serviette avant de s'essuyer à son tour. Lorsqu'il fut sec et qu'il eut mis une serviette autour de sa propre taille, Steve lui prit la main pour l'entraîner dans la chambre.
Ce n'est qu'une fois au lit, quand ils furent blottis l'un contre l'autre, que le brun demanda :
— Tu veux en parler ?
Pour toute réponse, Danny se jeta littéralement sur ses lèvres pour un baiser des plus vorace. Il ne voulait pas penser et le sexe était le seul moyen qu'il avait trouvé pour anesthésier son cerveau. Il attrapa la main de Steve et la glissa sous sa propre serviette, sur ses fesses. Il fut surpris lorsque son compagnon le repoussa doucement.
— Non, souffla Steve d'un ton ferme.
— S'il te plait... j'en ai besoin... pour ne pas penser... Je veux...
— Je sais ce que tu veux, mais je sais aussi que ce n'est pas pour de bonnes raisons.
— Mais j'en ai envie... gémit Danny, sentant malgré tout sa détermination faiblir.
— Moi aussi, je te le jure. Cependant si je refuse de céder, c'est parce que je ne veux pas que tu associes la première fois où je te ferai l'amour à un souvenir professionnel désagréable, quel qu'il soit. Pour l'instant, tu veux le faire... mais je suis persuadé qu'après, tu le regretteras.
Il fit une courte pause avant de reprendre :
— Je comprends que tu ne veuilles pas en parler... si tu changes d'avis, je suis là. Je serai toujours là.
Sentant les larmes poindre, le blond ferma les yeux. Il était conscient que son amant avait raison. Il bredouilla :
— Je... je suis désolé...
Steve l'attira à nouveau dans ses bras et embrassa tendrement son front. Danny prit une profonde inspiration, comprenant qu'il devait parler, même si ça ne l'empêcherait probablement pas de faire des cauchemars.
— Tu sais le type qu'on a retrouvé mort dans la marina dimanche soir d'une balle dans la tête ? On n'a réussi à avoir son identification que la nuit dernière. C'était un clandestin thaïlandais, arrivé sur un bateau coréen la semaine précédente. En remontant la piste des passeurs, on est arrivés à un quai où étaient stockés des containers. L'un d'entre eux...
Il s'interrompit, sentant la nausée monter, mais se força à continuer :
— Je n'avais jamais senti aucune odeur aussi horrible que celle-là... Ils étaient morts... tous...
Cette fois-ci, il ne put empêcher ses larmes de couler à nouveau.
— C'était des enfants, Steve... que des enfants...
Incapable de continuer, il enfouit son visage dans le cou de son compagnon qui le serra dans ses bras et lui caressa doucement le dos.


La douleur de Danny lui faisait mal. Il n'osait pas imaginer l'horreur de cette découverte et il s'en voulait de ne pas avoir été là pour soutenir son compagnon durant cette épreuve. Il savait qu'en voyant ces enfants victimes d'hommes sans scrupules, le blond n'avait pu s'empêcher d'imaginer sa propre fille à leur place. Et il comprenait aisément son malaise.
Steve sentit son compagnon s'apaiser peu à peu contre lui. Alors qu'il pensait que Danny avait fini par s'endormir, celui-ci souffla d'une voix rendue rauque par les pleurs :
— Merci...
Il n'avait pas besoin d'en dire plus, Steve avait compris. Le blond releva la tête et ils échangèrent un baiser léger. Puis, Danny se réinstalla contre son épaule.
— Dors, mon Danno... je veille sur toi...

Steve fut réveillé deux fois au court de la nuit par l'agitation de son compagnon, poursuivi par des cauchemars. À chaque fois, le blond sortit du sommeil en tremblant et mit un long moment à se calmer entre ses bras.
Le brun s'éveilla finalement au petit matin. Danny s'était un peu écarté de lui et dormait profondément, enfin paisible. Steve le contempla un moment sans bouger, puis décida d'aller lui préparer un bon petit-déjeuner. Il se leva, enfila un boxer et descendit sans bruit jusqu'à la cuisine. Pendant que la cafetière chauffait, il fit quelques pancakes. Il disposa le tout sur un plateau avec de la confiture et du sirop d'érable et remonta. Danny dormait toujours mais la façon dont il bougeait inconsciemment prouvait qu'il n'était pas loin de se réveiller. Steve prit l'un des mugs fumants et l'approcha du visage de son compagnon. Sans ouvrir les yeux, celui-ci sourit :
— Petit-déjeuner au lit... j'adore...
Il finit par soulever les paupières, posant son regard encore embrumé de sommeil sur son amant. Steve fit le tour du lit, puis s'installa à côté de Danny qui s'étira langoureusement avant de s'asseoir. Le drap glissa jusqu'à sa taille, dévoilant son torse plus qu'appétissant, parsemé d'une toison claire où le brun adorait passer les doigts. Steve dut se faire violence pour ne pas sauter sur son compagnon sans sommation. Détournant les yeux, il avala une gorgée de café.
— Tu me gâtes ce matin, souffla le blond.
— Je me suis dis que ça te ferait plaisir.
— Merci. J'apprécie vraiment l'attention.
Alors que Danny mordait dans un pancake avec appétit, Steve le fixa un moment, curieux de connaître son état d'esprit. Comme s'il avait pu lire dans ses pensées, son compagnon avala sa bouchée et souffla :
— Ne t'inquiète pas pour moi, je vais mieux. Et je voulais encore te remercier... tu as su être raisonnable pour moi quand je n'y arrivais pas.
— C'est normal. Je suppose que tu vas devoir y retourner aujourd'hui ?
Danny soupira avant de répondre :
— Malheureusement.
— Je peux t'accompagner si tu veux.
— Je te rappelle que tu es encore en arrêt maladie pour deux jours au moins.
Steve grogna :
— Je sais... mais j'en ai marre de rester ici. Et puis je ne suis pas obligé d'aller sur le terrain, je peux juste te donner un coup de main pour la paperasse.
— Tu crois vraiment que tu vas résister si on a un appel ? Que tu vas sagement rester au QG pendant que Chin, Kono et moi, on ira enquêter ?
Steve soupira profondément.
— Non, je ne pourrai pas, admit-il.
Danny lui sourit.
— Ne t'en fais pas pour moi, ça devrait aller.
— Ok. Mais si tu as besoin de parler... ou si tu as besoin de me voir, appelle, je viendrai immédiatement.
— Promis !
Le blond termina son petit-déjeuner, puis alla se préparer. Moins d'une heure plus tard, il quitta la maison sous le regard à la fois inquiet et frustré de son compagnon.


Les deux derniers jours avaient été difficiles pour Danny. Après la découverte macabre faite dans le container, ses collègues et lui avaient dû se replonger dans l'affaire afin de trouver les responsables. Leurs investigations leur avait permis de trouver l'identité des passeurs et leur planque. L'un d'entre eux eut la bonne idée de tirer sur les enquêteurs du 5-0, permettant ainsi à Danny de le descendre avec une satisfaction non dissimulée. Une fois cette affaire finie, ils bouclèrent leurs rapports rapidement et se quittèrent en espérant avoir un week-end tranquille.

Lorsqu'il arriva chez Steve en milieu d'après-midi, Danny constata que la maison était vide. Il comprit alors que son compagnon devait être parti à l'hôpital passer sa visite de contrôle. N'ayant pas envie de grand chose, il alla se chercher une bière et s'installa devant la télévision. Alors qu'il zappait, il eut la surprise de tomber sur un bulletin d'alerte : une tempête approchait et toucherait Honolulu la nuit même. Cela voulait dire que tous les services publics de la ville seraient mobilisés. Il ne savait pas si le 5-0 le serait et il espérait que non. Tempête ou pas, il avait besoin de se reposer. Alors qu'il cherchait un subterfuge qui leur permettrait, à Steve et lui, de rester chez eux, il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Il s'extirpa du sofa et rejoignit son compagnon qui lui adressa un grand sourire :
— Je suis officiellement autorisé à reprendre le travail dès lundi matin. Je dois juste retourner passer une dernière radio dans un mois, pour être sûr que tout va bien.
— Ça, c'est une excellente nouvelle ! s'exclama Danny.
Les deux hommes se dirigèrent vers le salon où la télévision était encore allumée sur l'alerte tempête.
— Tu crois qu'on va être mobilisés ? demanda le blond en désignant l'écran.
— Je viens justement d'appeler Jameson pour l'informer de la décision du médecin et elle m'a appris que nous ne serons pas appelés.
— Vraiment ?
— Oui. Apparemment, la tempête n'est pas importante au point que tout le monde soit mobilisé. Du coup, j'en ai profité pour lui dire que nous prenons officiellement deux jours de repos ce week-end.
— Elle a accepté ?
— Oui. Nous sommes dans ses bonnes grâces depuis l'affaire avec Marquez.
— Eh bien, profitons-en ! Je suppose qu'il va falloir barricader les portes et les fenêtres ?
— Je m'en occupe. Toi, tu te reposes.
Danny secoua la tête, souriant :
— J'ai une meilleure idée : je te donne un coup de main, histoire que ça aille plus vite, et ensuite, on va prendre une douche... ensemble bien sûr.
— Hum... c'est une offre très alléchante...
Steve l'attrapa par la taille pour lui voler un baiser. Lorsqu'il le relâcha, le blond demanda :
— Au fait, tu crois qu'il faut aller faire des courses avant ?
— Je m'en suis occupé ce matin. On a ce qu'il faut pour tenir un siège d'au moins une semaine !
— Tu avais tout prévu, à ce que je vois. Pourquoi ça m'étonne encore ? Sourit Danny en levant les yeux au ciel.

Après avoir barricadé la maison et le garage où le blond rentra sa Camaro à l'abri, les deux hommes montèrent prendre une douche. Étrangement, elle fut plus sage que ce qu'ils avaient imaginé, comme si quelque chose les retenait pour le moment. Quand ils redescendirent, Danny alla s'occuper du dîner tandis que son compagnon terminait les derniers préparatifs en vue de la tempête. Ils entendaient déjà le vent forcir alors que la nuit n'était même pas encore tombée. Steve installa des bougies accompagnées d'allumettes ou de briquets ainsi que des lampes-torches dans les principales pièces de la maison. Il rejoignit ensuite Danny qui venait de mettre la table.
Le blond avait beau savoir qu'il ne risquait rien, il n'était tout de même pas très rassuré par les rafales de vent qui provoquaient claquements et gémissements au-dehors. Se morigénant, il promit de ne rien en dire à son compagnon, ne voulant pas passer pour un trouillard. Ils mangèrent tranquillement, discutant voitures, Steve ayant hâte de remplacer son Humer parti en fumée lors de sa fausse mort. Après le repas, ils firent la vaisselle ensemble, puis retournèrent dans le salon, s'installer pour une partie d'échecs.
Danny allait avancer sa tour lorsqu'une rafale plus violente que les autres fit claquer l'un des volets pourtant cloué. Il sursauta violemment, renversant la moitié des pièces.
— Ça va ? Lui demanda Steve, visiblement inquiet.
— Désolé... je suis un peu nerveux à cause du vent...
— Il n'y a pas de tempêtes dans le New Jersey ?
— Si... mais là-bas, je ne me suis jamais retrouvé dans une maison exposée en plein vent et aussi près de l'océan.


Sentant que son compagnon avait besoin de réconfort, Steve se leva et lui tendit la main.
— Je peux t'aider à oublier la tempête si tu veux.
— Comment ?
— À ton avis ? Répondit le brun, sentant le désir l'envahir doucement.
Il sourit de voir l'autre homme rougir légèrement lorsqu'il comprit à quoi il faisait allusion.
— Alors ? Ça te tente ?
Le regard que Danny lui lança répondit mieux que des mots. Le blond prit la main de son amant qui l'entraîna tranquillement dans leur chambre. Une fois là, Steve fut surpris de voir que son compagnon semblait déjà aller mieux. Et il le fut encore plus lorsqu'il lui demanda :
— Tu as des huiles pour le corps ?
Se passant une main dans les cheveux, le brun répondit :
— Euh... oui... dans la salle de bain... pourquoi ?
— Je ne t'ai jamais dit que l'un de mes nombreux talents était le massage ?
Une image hautement érotique traversa l'esprit de Steve dont l'envie décupla. Avant qu'il ait eu le temps de dire quoi que ce soit, son amant disparut dans la salle d'eau et revint avec un flacon dans les mains.
— Déshabille-toi et allonge-toi à plat ventre ! Lança Danny en désignant le lit.
Steve obéit, excité par la perspective de ce qui allait suivre. Posant la tête sur ses bras croisés, il vit le blond ôter son tee-shirt et son pantalon, puis aller allumer les quelques bougies de la pièce avant d'éteindre la lumière. Danny monta ensuite à genoux sur le lit à côté de lui. Il lui fit mettre ses bras le long du torse avant de lui faire couler de l'huile pour le corps sur le dos. Steve frissonna à cause de la froideur du liquide, mais sa peau se réchauffa rapidement lorsque les mains de l'autre homme commencèrent à le masser. Danny commença par la nuque, puis les omoplates. Il s'occupa des bras l'un après l'autre, de la clavicule au bout des doigts. Steve se forçait à ne pas bouger malgré son excitation douloureusement bloquée entre son bas-ventre et le matelas. Les doigts de Danny parcoururent sa colonne vertébrale avec une lenteur diabolique. Arrivé à la chute de reins, il retira ses mains, arrachant un grognement de frustration à son amant. Le brun l'entendit rire légèrement avant de s'attaquer à son pied gauche. Il massa les orteils un par un, remonta sur la plante sensible, puis la cheville, le mollet et le genou. Il passa ensuite au pied droit, faisant subir à la jambe la même douce torture. Steve ne savait plus s'il s'agissait vraiment d'un massage ou juste de caresses lorsque les mains de son compagnon se glissèrent entre ses cuisses. Quand Danny fit enfin courir ses doigts sur ses fesses, Steve ne put retenir un gémissement de plaisir. Le blond laissa ses phalanges effleurer les bourses de son amant, puis lui souffla à l'oreille.
— Retourne-toi.
Obéissant, Steve s'installa sur le dos. Il fut heureux de voir à travers le boxer de son compagnon que celui-ci semblait aussi excité que lui. Danny reprit le flacon d'huile et en fit couler sur le torse du brun. Il reprit le massage de la même manière que pour le dos, mais au bout d'un moment, ses doigts se mirent à dessiner les contours des tatouages de son amant. Il finit tout de même par les abandonner, descendant lentement sur son abdomen, tout en évitant soigneusement la virilité dressée de son compagnon. Malgré la frustration et le désir de plus en plus violent qui enflammait ses reins, Steve parvenait à rester tranquille, mais il devait se mordre les lèvres pour ne pas gémir. Danny s'attaqua à nouveau à ses jambes, l'une après l'autre. Ses doigts remontèrent avec lenteur jusqu'au pli de l'aine, glissèrent dans la toison brune et finirent enfin par se poser sur le membre du brun. Steve grogna :
— Tu sais que tu es doué ?
Danny lui adressa un regard amusé et répondit :
— Je sais... et je vois ça...
Il remonta un peu sur le lit pour aller embrasser Steve qui, n'en pouvant plus, décida de renverser la situation. Lorsqu'il se retrouva allongé sous lui, Danny souffla :
— Tu n'en peux déjà plus ?
— Je te l'ai dit, tu es doué...
Leurs bouches se retrouvèrent avec passion. Leurs langues et leurs souffles se mêlèrent alors que leurs mains se rejoignaient et que leurs doigts s'entrelaçaient.


Perdu dans les méandres du désir, Danny réalisa soudain que l'instant était parfait et qu'il crevait d'envie de s'unir enfin totalement à celui qu'il aimait. Lorsqu'ils se séparèrent par manque d'air, il souffla :
— Fais-moi l'amour, Steven.
Son compagnon se redressa sur ses coudes pour plonger dans son regard. N'y voyant aucun doute, il sourit :
— Ne bouge pas.
Le brun tendit le bras et sortit de la table de chevet des préservatifs et un flacon de lubrifiant. Danny lança sur un ton amusé :
— Tu avais vraiment tout prévu, dis-moi !
— Je me suis dis que ça servirait... tôt ou tard... répondit Steve avant de l'embrasser à nouveau.
Danny ne savait pas trop comment procéder donc il laissa le contrôle total à son amant. Il lui faisait entièrement confiance. Steve lui fit enlever son boxer et s'agenouiller sur le lit, face au mur, puis pencher en avant. Le blond posa ses mains sur la tête de lit en bois. Il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir vulnérable dans cette position. Son compagnon souda son corps au sien et lui mordilla la nuque. Sentir l'excitation de Steve contre ses fesses décupla la sienne. Une des mains du brun s'emparèrent de son érection délaissée pour la caresser avec application. En même temps, il sentit un doigt de l'autre main enduit de lubrifiant s'insinuer doucement dans son intimité. Lorsqu'il se fut habitué à l'intrusion, il fit comprendre à son amant d'un grognement qu'il pouvait continuer. Steve inséra donc un second doigt, amorçant des mouvements de va-et-vient et de ciseau afin de le préparer au mieux. Les yeux clos, le souffle court, Danny grogna :
— Steve... s'il te plait...
Les doigts de son compagnon l'abandonnèrent. Il entendit le bruit caractéristique d'une pochette de préservatif qu'on déchirait. Quelques instants plus tard, il sentit à nouveau le membre de Steve, mais cette-fois ci contre son entrée étroite. Là, Danny eut un petit moment de panique, l'érection du brun étant bien plus imposante que ses phalanges. Il se crispa légèrement mais son amant s'empara à nouveau de son membre et le caressa lentement, insistant sur le gland ultrasensible du bout du pouce. Une douleur fulgurante traversa Danny lorsque Steve commença à le pénétrer. Le brun stoppa tout mouvement, le temps qu'il s'habitue à l'intrusion. Pendant ce temps, il lui léchait et lui mordillait la nuque et les épaules tout en continuant à caresser sa virilité. Danny se força à se concentrer sur les sensations agréables pour oublier l'inconfort de la position. Au bout d'un moment, son amant lui demanda d'une voix inquiète :
— Tu veux qu'on arrête ?
— Non... ça va... souffla le blond d'une voix pourtant peu assurée. Continue...
— Tu en es sûr ? Je ne veux pas te faire mal.
— C'est bon... tu peux continuer.
Steve attendit encore quelques secondes, puis reprit sa progression. La douleur était encore là, mais il l'oublia totalement lorsque le membre du brun toucha soudain sa prostate. Un gémissement de plaisir lui échappa. Son amant se retira lentement, presque entièrement, puis s'enfonça à nouveau en lui. À chacun des coups de reins de Steve, Danny sentait les vagues de plaisir enfler au creux de ses reins. Son compagnon lui prit le menton pour l'obliger à se tourner vers lui et ils échangèrent un baiser langoureux tandis que leurs corps fusionnaient. Steve accéléra peu à peu ses va-et-vient, faisant monter le plaisir dans leurs veines. Le cœur prêt à exploser, Danny sentit tout à coup une déferlante de plaisir le balayer. Il se répandit sur la main de son amant qui ne tarda pas à le suivre dans l'extase.

Essoufflés et en sueur, ils restèrent quelques instants immobiles. Lorsque Steve finit par se retirer, Danny se sentit étrangement vide. Il se retourna et se laissa tomber sur le dos, épuisé. Après s'être débarrassé du préservatif, le brun le rejoignit. Danny se glissa dans ses bras en soufflant :
— Wouah ! Je n'aurais jamais cru que ça puisse être aussi... intense...
— Ça va ? Je ne t'ai pas fait mal ?
— Un peu... mais je suppose que ça sera de moins en moins douloureux au fil du temps.
Steve lui adressa un immense sourire :
— Je suis heureux que tu aies apprécié... et que tu envisages de remettre ça.
Surpris, Danny se redressa sur un coude et plongea son regard clair dans celui de son amant.
— Tu étais si persuadé que ça que je n'allais pas aimer ?
— Pas vraiment... j'étais plutôt inquiet. Ce n'est jamais évident pour un homme hétéro de...
Le blond posa un doigt sur les lèvres du brun pour le faire taire :
— Je ne suis plus un homme hétéro... je suis TON homme. Je t'appartiens, Steven McGarrett. Cœur, corps et âme. Je suis ton Uhane Hoa.
— Et je suis ton Uhane Hoa, Daniel Williams.
Sur ces mots, ils échangèrent un long baiser, promesse d'autres nombreux bonheurs à venir.

Fin.

Uhane Hoa = Âme-sœur