Archives personnelles
Salazar s'est encore ridiculisé cet idiot. Et cette cruche de Rowena qui se sent toujours obligée de glousser devant lui ! Pathétique…
Me sens particulièrement bien ici, à l'abri dans mon bureau, loin de ces quatre catastrophes ambulantes.
Le premier directeur de Poudlard, Myrddin, se permit un petit rire. Franchement, que serait sa vie sans ce délicat plaisir qu'était la rédaction de ses archives personnelles – répliques non censurées des Archives Officielles de l'école qu'il tenait rigoureusement à jour pour les futurs directeurs.
Ce nouvel épisode a eu lieu durant la nuit. Il a réveillé tout le château en hurlant au serpent. Enfin, à dire vrai, en sifflant au serpent mais on dit que c'est l'intention qui compte. Depuis cette histoire de Basilic, il ne dort plus. Non mais quel trouillard quand même !
C'était un fait : depuis que Salazar Serpentard avait caché, par pur esprit de vengeance, le crapaud de son ami Godric Gryffondor dans le poulailler de l'école – créant ainsi sans le vouloir un Basilic dont il avait fallu se débarrasser – il avait perdu le sommeil.
Myrddin repoussa le tas de parchemins liés entre eux par une ficelle rouge élimée, qui constituait sa seule distraction valable, puis, comme à regret, il ouvrit un énorme ouvrage à la couverture de cuir poussiéreuse. Il avait pris soin de lancer un charme de poussière éternelle, précaution qui augmentait sans nul doute la crédibilité de son principal médium dans sa quête de la reconnaissance éternelle, dans la création dûment étudiée de la future légende qui devait auréoler son nom pour les siècles à venir. Myrddin n'en avait pas vraiment conscience mais, s'il avait été un super-héros, on l'aurait sans nul doute nommé « Mégaloman ».
Confortablement installé, sa meilleure plume à la main, il se mit au travail. Il s'en serait bien passé mais il devait également consigner les évènements, du moins leur version améliorée pour la postérité, de façon plus sérieuse. Il laissa la pointe imbibée d'encre noire courir sur le parchemin, artificiellement vieilli pour paraître plus authentique.
Archives Officielles
En ce jour de grâce, le grand Myrddin veille plus que jamais sur la plus grande école de sorcellerie de tous les temps et ses insignifiants, mais attachants, occupants. Aucun événement fâcheux n'est venu troubler la quiétude du plus magnifique des châteaux, conçu sur les plans et par la volonté du premier Directeur, sus-nommé Myrddin, dit Le Grand.
Notre barbu releva un instant sa plume, en mordilla le bout dans sa concentration, relut son paragraphe attentivement puis se permit un franc sourire : voilà qui était bien ! Il faudrait qu'il pense, à l'occasion, à dire quelques mots pour crédibiliser son histoire à dormir debout au sujet de la tyrannie de Salazar-Serpentard-le-sorcier-maléfique-qui-avait-introduit-un-monstre-dans-le-château ! La vengeance avait parfois – souvent – du bon.
Vendre l'Histoire romancée de Poudlard aux générations futures demandait du travail et de la ténacité Myrddin savait sacrifier du temps et de l'énergie au marketing.
Le vénérable vieillard prit un bonbon au citron – maudite malédiction ! – et le suçota tranquillement. Qu'il était agréable de tenir les ficelles, de modeler le futur à sa guise ! Si Myrddin avait su que quelques mille ans plus tard personne ne connaitrait son nom, il se serait probablement étranglé avec sa propre barbe, qu'il détestait d'ailleurs. Mais ne troublons pas son auto-satisfaction chronique, rire de lui est bien plus amusant.
Alors qu'il se noyait dans le reflet doré qu'il avait de sa propre intelligence, un bruit sourd attira son attention. Qu'est ce que ses quatre assistants avaient encore pu trouver comme idée pour détruire le château ? L'air soudain bien moins satisfait et bien plus vieux, il se leva, courbé et anxieux, et se dirigea vers la porte. Finie la douce quiétude, terminée la séance d'auto-congratulation. Le château devait rester debout encore un millénaire au moins c'était la preuve de sa grandeur, il devait le préserver ! Comme chaque jour depuis sa création…
Le bureau circulaire retomba alors dans l'immobilité qui était la sienne sans la présence de son occupant habituel. La pénombre allongea les objets, la poussière dansa sans plus de distraction.
Archives personnelles
Suis complètement furieux ! Non mais qui m'a collé des imbéciles pareils ! Mais qu'ai-je fait mon Dieu, c'est à dire Moi-Même, pour mériter ça ?
Soufflant comme un bœuf, rouge de colère et d'indignation, Myrddin s'accorda un instant pour reprendre son calme. Une fois cela fait, il décida que, dans un souci de relecture future – il fallait toujours penser aux longues soirées d'hiver où la lecture d'une anecdote comme celle-là pouvait s'avérer stimulante pour ses zygomatiques – il se devait de relater l'évènement.
Godric, ce grand couillon, n'a toujours pas digéré la mort de Grévor, son fichu crapaud. Non statisfait des terreurs nocturnes que cette histoire a provoqué chez le responsable de cette disparition prématurée, il a fallu qu'il décide de se venger.
Le souvenir du grand boum de la veille effleura délicatement sa mémoire et le vieux sorcier enragea un peu plus. Non mais vraiment !
Alors qu'un Salazar passablement ailleurs à cause de ses insomnies était en train de préparer une potion de Bouillote Perpétuelle – Helga avait critiqué le teint de Rowena qui avait alors mis en cause les courants d'airs glacés de sa tour – une odeur épouvantablement entêtante de pâte d'amande avait envahie ses cachots. Ne pouvant lutter plus longtemps, le plus gourmand des quatre idiots que j'ai eu le malheur de choisir pour m'assister dans ma Grandeur, a abandonné là son chaudron fumant.
Myrddin sentait encore la grossière fragrance que Godric avait répandue partout la veille dans son inconscience proverbiale cela brouillait encore la douce saveur citronnée de ses bonbons préférés. Rowena, sans doute dans l'idée d'aller émoustiller son précieux Salazar, avait alors trouvé le chaudron à l'abandon. Soucieuse de plaire à son aimé, elle s'était mise à touiller fébrilement, relevant ses manches pour ne pas tâcher son corset – Sal' pouvait bien être mignon : ce corset était parfait comme aucun homme ne le serait jamais ! C'est alors qu'elle avait vu apparaître, en une longue ligne aérienne, toute une série d'ingrédients pour potion qui se dirigeaient visiblement vers ledit chaudron.
Pendant ce temps, littéralement hypnotisé, Salazar en personne léchait le mur des toilettes, consciencieusement, n'en perdant pas une miette. Dire qu'il était censé être malin, Myrddin pouffa bêtement, surpris lui-même de cette réaction si peu digne. Il devait bien avouer que les observer en restant invisible était parfois distrayant.
Alors qu'il consignait tout cela dans son parchemin parfumé – citron bien sûr, what else ? – il sentait l'apaisement l'envahir alors que les mots le quittaient.
Je pense que je me souviendrais toujours de la tête que fit Rowena quand le chaudron explosa littéralement ! La cerise sur le gâteau fut, comme toujours, la remarque acide que se permit Helga devant le spectacle qu'affichait son amie couverte de choses plus infâmes les unes que les autres, sans compter l'odeur pestilentielle. Dire qu'elles se disent meilleures amies, laissez-moi rire ! Quand je pense que ce n'était même pas une potion importante ou compliquée, vraiment Godric, ta cervelle de moineau ne cesse de repousser chaque jour un peu plus les murs de ta bêtise. Tu parles d'une vengeance ! Le courage ne fait pas tout mon garçon.
Rasséréné par sa séance quotidienne de commérages, le Directeur décida de profiter du reste de sa bougie pour rédiger son paragraphe publicitaire du jour.
Archives officielles
En ce nouveau jour de grâce que le Grand Myrddin nous accorde, le terrible Salazar Serpentard, sorcier maléfique dont nous avons relaté les méfaits antérieurement, a fait parler de lui. Dans son immense noirceur…
Myrddin dû brutalement retirer la pointe de sa plume du beau papier que contenait le livre d'Archives sous peine d'y laisser une tâche malvenue. Il ne parvenait jamais à évoquer « Salazar le Terrible », personnage de son invention, sans rire jusqu'aux larmes à la simple comparaison avec son homonyme réel. Vraiment, il s'agissait là de son meilleur coup ! Lui mettre sur le dos l'affaire du Basilic brillant !
…il tenta ce jour d'anéantir le château. Furieux quant à sa querelle avec le jeune Godric…
Il se demandait encore ce qui l'avait poussé à donner le beau rôle à ce grand bêta, un de ces trop nombreux moments d'indulgence sans doute.
…, il plaça une bombe magique dans le château. Sans Myrddin Le Grand, il n'en fut resté que des gravats. Malheureusement, quelque servante fut atteinte, bien que superficiellement.
Voilà bien un mot qui qualifiait parfaitement cette cruche de Rowena ! Allez, s'encouragea Myrddin,il ne reste plus qu'à faire intervenir Helga et ce sera une retranscription sans fautes.
Comme en tout temps troublé, la foule, rustre et ignorante, laissa courir sa langue cruelle pour salir un peu plus l'événement de ses méchants commentaires. Myrddin lui pardonne puisque c'est lui qui sait.
Voilà qui fera l'affaire ! Content de lui, Myrddin décida qu'il pouvait enfin aller se coucher. Avec précautions, il glissa les précieux parchemins sous son bureau.
La schizophrénique séance de mise à jour quotidienne des archives jumelles aurait ainsi pu durer jusqu'à la fin de Myrddin lui-même. Seulement, non content de se tromper lourdement sur sa propre postérité – inexistante contrairement à celle de ceux qui allaient devenir les Fondateurs – Myrddin se fourvoyait également en se pensant hors de danger. Mais ne mettons pas la charrette avant les hypogriffes.
En ce doux matin du joli mois de Mai, le vrai fondateur de Poudlard s'admirait devant le miroir du Risèd. Bien sûr, il se trouvait parfaitement comme il le désirait Myrddin mettait toujours tout en œuvre pour être satisfait. Sifflotant – ne pas penser si tôt à Salazar, ne pas penser si tôt à Salazar – il attrapa un bonbon au citron, et sortit de son bureau. Le pénible, mais non-négociable, ballet du petit déjeuner dans la Grande Salle allait pouvoir commencer.
Ce n'est pas qu'il n'aimait pas petit déjeuner, non, mais devoir tenir son rôle de papi gâteau attentionné devenait chaque jour plus compliqué. Assister en souriant de façon bienveillante au défilé de mesquineries d'Helga et Rowena passait encore, mais voir chaque matin Salazar tirer une tête de six pieds de long face à sa tasse d'hypocras ou, pire encore, Godric toujours – toujours – de bonne humeur était proprement insupportable.
Il était bon acteur, certes, mais certaines scènes manquaient par trop de réalisme pour tenir la route, nom d'un quatuor à cornes !
Archives personnelles
Je sens que je vais devoir espionner un peu, un fort potentiel comique est en suspend au dessus de la tête des quatre imbéciles. Ouvre l'œil Myrddin ! Helga, soucieuse de plaire à Godric, a voulu lui racheter un crapaud.
Toujours aussi attentionnée ma petite Helga, dommage que tu perdes toute commune mesure dès que ton « amie » est dans le coin. Myrddin repensa au petit déjeuner qui avait eu lieu le matin même. Encore bouffie de sommeil, Helga, la réaliste Helga, avait trouvé le moyen d'éclater en sanglots lorsqu'une Rowena, dévorant ses œufs d'une manière très peu digne comme à son habitude, lui avait soufflé, avec un air faussement contrit qui hérissait encore notre vénérable Directeur, que la couleur de ses souliers jurait affreusement avec celle de la nappe soigneusement étalée sur la table.
L'animal a été placé sur le lit de ce dernier, en guise de cadeau certainement. Mais, alors que je me dirigeais vers le dortoir des garçons pour mettre la dose hebdomadaire de poil à gratter – entre autre – entre leurs draps, j'ai surpris Salazar extatique, le grotesque animal déjà dans sa main.
Qu'est-ce-que Godric pouvait bien trouver à tous ces crapauds ? Voilà un mystère qui intriguait fortement Myrddin, et les douze propriétés du sang de mandragore pouvaient bien se rhabiller ! Il toussota, toujours rester digne, on ne pouvait jamais savoir si on était observé, vigilance constante – tient, ça sonnait bien comme maxime ça.
Bref, j'ai vu le bêta n°2 emporter le stupide crapaud du bêta n°1. Il ne reste plus qu'à attendre.
Nul doute que ces quatre là, et il s'agissait sans aucun doute d'une sorte de talent, pouvaient engendrer une panique aussi énorme que cet évènement semblait insignifiant.
Le soleil étant couché depuis un certain temps, Myrddin décida de s'activer et de remplir la page du jour de son projet de communication.
Archives Officielles
En ce jour béni par l'honorable Myrddin, une aura bienveillante veille sur le château, à l'écoute de chacun. Quelques habitants anonymes ont souhaité s'offrir des présents mais un brigand semble rôder. En effet, alors que Myrddin Le Grand s'assurait du bon confort régnant dans les appartements de ses sujets, il assista à un épouvantable vol. Bien sûr, rien de grave ne saurait arriver en Sa présence et il veillera aux conséquences, s'assurant que les coupables soient punis, mais restant miséricordieux dans sa grande sagesse.
Le grand sage se mordait la lèvre, pas très satisfait de cette nouvelle entrée qui sonnait un peu faux. Tant pis, il ne pouvait pas toujours être parfaitement parfait. Ce sentiment désagréable ne le quittant pas, il décida d'aller se contempler quelques instants dans son miroir, en guise de traitement.
Sa contemplation consommée, notre Narcisse à barbe sortit de son bureau dans la ferme intention d'aller réclamer une tarte au citron meringuée – celle dont il avait inventé la recette – aux cuisines. Parce qu'il le valait bien.
Le bureau retrouva donc son calme. Mais pas pour très longtemps. En effet, à peine quelques minutes après la sortie de notre égocentrique préféré, une tête, bien plus jeune, fit son apparition dans l'espace laissé par la porte entrebâillée. Godric. Voilà qui promettait d'être intéressant.
Petit, petit, petit petit… viens par là petit crapaud.
Après avoir évalué l'absence de celui qui, pour l'instant encore, était son mentor, le jeune homme se décida à entrer entièrement.
Mais où a-t-il pu cacher ce pauvre animal ? Tu me le paieras Sal' !
Pourtant, Helga lui avait assuré qu'elle l'avait posé sur son lit, nul doute que Salazar était responsable, il ne voyait pas d'autre explication.
Encombré par ses larges épaules, il entreprit un fouillage en règle du bureau : quitte à être pris autant que ce soit en étant efficace ! Alors qu'il inspectait la masse de documents visiblement dissimulée sous le bureau, il tomba sur un gros livre poussiéreux.
— Qu'est-ce-que le directeur peut bien faire avec un truc qui a l'air aussi ennuyeux ?
Décidant de répondre lui-même à sa question, il décida de l'ouvrir – Godric ouvrant un livre, comme quoi, tout arrive ! – et d'y jeter un coup d'œil. Alors que ce qui semblait être des archives, mais qui concernait visiblement une autre école – idiot – apparaissait sous ses yeux, une sorte de tas de parchemins reliés par une ficelle tomba sur ses genoux.
Bien qu'un peu limité, Godric n'eut qu'à lire quelques lignes pour réviser fondamentalement l'opinion qu'il avait de son grand-père de cœur. Alors qu'il ouvrait grand les yeux, indigné, un bruit de pas résonna depuis l'escalier en colimaçon. Il eut tout juste le temps de rejeter le tas de parchemin et de bondir sur ses deux jambes. Myrddin entra, visiblement surpris de le trouver là.
— Godric, mon garçon, que fais-tu là ? Tu me cherchais peut-être ? demanda le vieillard, s'efforçant d'imprimer sur son visage le sourire bienveillant qu'il avait travaillé tant d'années au petit déjeuner.
— Heu…non papi…heu oui Directeur…heu…je veux dire…
Toujours aussi éloquent celui-là… Myrddin devint soupçonneux, Godric n'avait jamais su mentir et il était visiblement mal à l'aise il y avait strangulot sous roche. Alors qu'il réfléchissait à toute vitesse sur l'élément qui lui échappait visiblement, le directeur aperçut soudain une petite cordelette rouge qui dépassait de sous son bureau. En un éclair, il comprit le petit chenapan allait le lui payer !
Il regarda Godric et ses larges épaules disparaître tous trois, maladroitement, puis se jeta sur ses précieuses archives. Des années de commérages dévoilées ! Toute sa vie foutue en l'air à cause d'un stupide assistant batraciophile ! Réfléchis Myrddin !
Après des heures d'intenses débats, il dû se rendre à l'évidence : les parchemins devaient disparaître. Aucune chance pour que cet idiot tienne sa langue. Aucune chance pour que les quatre incapables ne lancent pas une offensive pour mettre la main dessus. Il ne pouvait pas ruiner sa réputation aussi bêtement. Il ne pouvait compter que sur l'absence de preuves pour discréditer le courageux simplet auprès de ses petits camarades.
Parfois, c'était aussi ça le génie : le sens du sacrifice. Pour la postérité. Une dernière fois, il trempa sa plume spéciale dans l'encre violette.
Archives personnelles
Ce soir, je dois renoncer à mon passe-temps favori. Que n'ai-je point enduré pour mériter qu'on me retire le seul plaisir qu'il me restait encore, l'art subtil, délicat et mordant de consigner les ragots, de sublimer les commérages, d'entériner les mesquineries ? Il ne manquerait plus qu'on élimine de la surface de la terre chaque citronnier pour que la vie ne vaille plus la peine d'être vécue.
Ci-gît, la vraie histoire de Poudlard, celle qui ne cachait rien. Agrumae Amen.
Intéressant ce toc avec Agrumae, il fallait qu'il pense à l'étudier ultérieurement. Mais l'heure n'était pas à la psychologie.
La larme à l'œil et le bonbon au citron entre les lèvres, Myrddin attendit que la nuit fût bien avancée pour sortir discrètement. Il erra un moment, cherchant où cacher son précieux recueil, n'ayant pas le courage de simplement le détruire. Il ne fallait pas trop en demander, même à un grand homme.
Au bout d'un certain temps qu'il ne sut évaluer, il décida d'interrompre sa déambulation erratique et de s'immobiliser un peu pour faire le point. Mais rien ne vint, il ne pouvait sentir que le vide inhabituel dans son génial cerveau.
Sans qu'il s'en aperçoive, son attention glissa vers un tableau qui se trouvait là. Un sorcier grotesque cherchait visiblement, absurde tentative, à apprendre la danse classique à une horde de trolls à l'air plus idiot les uns que les autres. Il se souvint d'avoir déjà vu ce tableau, il devait être au septième étage.
Peut-être les trolls l'inspirèrent-il, ou bien son génie refit-il surface ? Toujours est-il que la solution lui apparut soudain. Puisqu'il n'avait pas de cachette pour son livre, il n'avait qu'à en faire une sur-mesure. Après tout, rien en ce bas monde n'était hors de portée de sa grandeur.
Il n'avait qu'à invoquer l'incantation dite « sur-mesure » que Balthazar, son oncle – un peu pingre par ailleurs – avait inventée. Il se concentra sur l'idée d'une pièce qui répondrait à sa demande, passant et repassant devant le tableau dans son excitation, puis il fit tournoyer sa baguette en un mouvement complexe tout en prononçant distinctement : cubiculum on ipsum… pro celare. Ouf, il avait bien cru que la fin de sa phrase ne lui viendrait jamais. Ce qu'il ignorait c'est que la deuxième partie de l'incantation n'avait pas été prise en compte. Ceci dit, ça ne changeait pas grand chose, ça généralisait juste un peu le concept. Au lieu d'une pièce sur demande pour cacher des choses, il avait obtenu une simple pièce sur demande. Nuance qui ne changeait rien dans le fond, du moins à cette époque mais c'est une autre histoire.
Une porte apparut enfin. Fébrile, il l'ouvrit et découvrit une immense pièce, entièrement vide. Il entra et avança droit devant un certains temps avant de déposer son précieux objet compromettant, considérant qu'il s'était assez éloigné de la porte. Un peu ému, il fit alors demi-tour et ressortit.
Ce soir-là, dans son lit, Myrddin se félicita pour son génie. C'était sûr cette fois, il passerait à la postérité ! Se sentant l'humeur à la métaphore il se compara à sa toute nouvelle création. Tout comme cette Salle sur Demande : il était extraordinaire et génial !
Tout comme cette Salle sur Demande : il restera inconnu de la plupart. Gageons qu'il rira jaune – citron !
N/A : Et voilà, à bientôt pour une autre révélation sur la véritable histoire de Poudlard ! Myrrdin soit avec vous, n'hésitez pas à laisser un commentaire, il ne vit plus que pour ça.
