Une grande boîte de chocolat tomba du cartable de Ryoma alors qu'il se penchait pour ramasser celle qu'il venait juste de faire tomber.

Il soupira, exaspéré, et les ramassa toutes les deux, mais alors qu'il était en train de se relever, une autre boîte de chocolat en forme de cœur tomba au sol.

Quelques garçons passant dans le couloir lui lancèrent un regard envieux et regardèrent leurs propres morceaux de chocolat… minuscules, à peine visibles dans leurs mains.

La Saint-Valentin… quelle fête inutile, pensa Ryoma en fronçant les sourcils alors qu'il enfonçait tout le chocolat qu'il avait reçu dans le fond de son sac et s'assurait de bien le refermer.

Il balança son sac de tennis sur ses épaules quand il aperçut l'ombre d'un uniforme vert de fille s'approcher de lui.

Il s'arrêta et ne put retenir un autre soupir. Et c'est reparti.

« Hum... Echizen-san… ? » fit une petite voix nerveuse derrière lui.

Ryoma se retourna et fixa la petite fille aux yeux bruns brillant et aux cheveux coupés courts un peu au-dessus des épaules. Elle tremblait légèrement alors qu'elle soulevait lentement l'objet dans ses mains. C'était quelque chose qui commençait à le rendre malade.

« S'il-te-plaît, accepte mon chocolat… ? » fit la jeune fille en rougissant et baissant la tête, essayant d'éviter tout contact visuel avec Ryoma.

Ryoma prit le petit paquet multicolore des doigts instables de la fille sans un mot.

Celle-ci pivota sur elle-même et commença un sprint dans le couloir, apparemment embarrassée que son visage soit toujours en train de briller comme une ampoule surchauffée. (NdZ : Vive l'image lol)

Ryoma fixa le chocolat dans sa main, se demandant s'il lui restait encore de la place pour le ranger. Son casier à chaussures était rempli de chocolats, celui dans les vestiaires des garçons débordait de pulls et d'écharpes tricotés, et son cartable était chargé de cartes de vœux et de fleurs. Il ébouriffa ses cheveux pendant qu'il méditait sur le problème.


Ryuzaki Sakuno était elle aussi en train de se triturer les méninges.

Elle n'avait pas osé donner les chocolats faits maison cachés au fond de son sac à Ryoma pendant les cours, mais maintenant c'était déjà la pause déjeuner, et elle se disait qu'elle ferait mieux de les lui donner rapidement au risque de ne pas pouvoir le faire du tout plus tard. Elle se mordit la lèvre inférieure et retira doucement le chocolat emballé de son sac. La petite boîte rectangulaire était élégamment enveloppée par un ruban de soie rouge et de papier or, et dessus se trouvait une petite carte en forme de cœur sur laquelle était écrit « Joyeuse Saint-Valentin, Ryoma-kun » d'une écriture nette et soignée. Elle resserra sa prise sur la boîte et se releva, le regard déterminé. Ayant pris sa décision, elle sortit et commença à chercher autour de l'école la familière casquette blanche.

Sakuno trouva Ryoma sous un arbre près des courts de tennis, mais il n'était pas seul.

Une jolie fille avec de grands yeux de biches était assise à côté de Ryoma. Ses cheveux noirs bouclés tombés sur ses épaules tandis que son rire enchanteur résonnait aux oreilles de Sakuno. Cette dernière fixa avec surprise la petite boite de velours dans les mains de Ryoma, qui semblait renfermer quelque chose de bien plus précieux qu'un simple chocolat. Mais ce qui surprit encore plus Sakuno fut le sourire sur le visage de Ryoma. C'était un sourire décontracté, qui démontrait l'aise et le confort qu'il ressentait en étant avec cette fille. Sakuno haleta alors qu'elle voyait Ryoma lui parler, souriant parfois en réponse aux questions que lui posait l'autre fille. Sakuno sentit ses mains trembler et fit presque tomber la boîte de chocolat sous le choc. On ne m'avait jamais dit que Ryoma-kun était proche d'une fille en particulier… mais bon… qu'est-ce qui pourrait l'en empêcher de toute façon ? Ce ne serait pas si surprenant, même s'il avait simplement choisi une fille de son fanclub. Malgré sa tentative pour se réconforter, sa gorge était serrée et curieusement sèche. Elle voulait partir, mais ses yeux semblaient scotchés aux deux personnes assises sous l'arbre.

Cependant, son plus grand choc fut de voir la fille se pencher tout à coup vers Ryoma pour l'embrasser sur la joue.

E-elle…l'a embrassé ? Sakuno laissa tomber la boîte de chocolat cette fois. Elle rebondit sur ses pieds dans un bruit sourd.

Ce qui était pire, c'est que cela ne semblait pas déranger Ryoma. Sakuno l'observa sans voix alors qu'il souriait en coin et disait quelque chose à la fille qui la fit apparemment rire de plaisir. Sakuno ne put bientôt plus sentir ce qui l'entourait, alors que son sang battait contre ses oreilles et que ses yeux se remplissaient de larmes. Elle s'appuya contre le mur derrière elle afin que les deux autres ne la voient pas, puis respira profondément pendant quelques minutes. Son esprit était complètement confus. Elle ne pouvait que s'appuyer faiblement contre le mur, s'en servant comme support, tandis qu'elle sentait le froid provenant du béton s'infiltrait à travers les pans de son uniforme. Qu'est-ce… que je devrais faire ? Pourquoi est-ce que je m'en fais de toute façon ? C'est évident qu'il est populaire parmi les filles… mais… mais je pensais… que peut-être… il m'aurait un peu plus remarqué après le bal…

Sakuno ramassa lentement son chocolat et ferma les yeux. A ce moment précis, elle aurait fait n'importe quoi pour disparaître. Mais elle ne put rien faire d'autre que de partir en silence. Permettant à ses jambes de la porter dans un monde sans Echizen Ryoma et chocolats, elle disparut dans l'ombre d'un couloir.


Ryoma commença à se diriger vers sa maison après une longue séance d'entraînement au tennis. Il était tellement épuisé après avoir repoussé toutes ces filles toute la journée et frapper dans les balles, que son bras se contractait sous la douleur. Cependant, quelque chose s'insinua dans son esprit lorsqu'il vit les portes désertes de l'école. Maintenant que j'y pense… Où est-elle ? Ryoma jeta un bref regard par dessus son épaule à la clôture près de laquelle Sakuno l'attendait souvent et fronça les sourcils. Je l'ai pas vu de la journée en fait… elle n'était pas dans le groupe de filles qui s'est jeté sur moi avant les cours ce matin… et je ne crois pas qu'elle était dans le deuxième groupe près de mon casier à chaussures non plus… Il s'ébouriffa les cheveux, frustré, pendant qu'il essayait de se remémorer les événements de la journée. C'est drôle… Je n'aurais jamais pensé que je voudrais des présents de sa part… Ryoma rit doucement à lui-même, mais ne put s'empêcher d'être un peu déçu quand il arriva chez lui et vit qu'elle n'était pas en train de l'attendre.

Lorsqu'il entra dans sa chambre, il jeta au loin son sac de tennis et les trois sacs en plastique remplis de chocolats. Je devrais les donner à mon père… Pourquoi est-ce qu'elles en donnent toujours autant ? Ryoma soupira et commença à fouiller dans les sacs en plastique, renversant tout le contenu, ouvrant chaque carte pour vérifier la signature au bas. Il ne savait pas pourquoi il cherchait son nom, mais d'une certaine façon se sentait incroyablement agacé qu'elle ne lui ait pas montré son soutien… quand elle savait qu'il en avait besoin. (NdZ : Ah ? lol)

Dehors, les nuages s'épaissirent et une douce bruine joua le prélude des événements de la soirée.


Le liquide froid frappait doucement le corps de Sakuno tandis qu'elle courait dans les rues silencieuses. Le vent était toujours mordant malgré que l'on soit à la fin du mois de Février et lui glaçait les os alors que la nuit tombée. Ses sandales frappaient en rythme le trottoir, alors qu'elle sprintait aveuglément dans l'obscurité. Respirant lourdement, elle essuya l'eau et les larmes lui barrant la vue et laissa échapper un cri de surprise lorsqu'elle se prit le pied dans quelque chose et s'écrasa sur le sol. Des petits pleurnichements s'échappèrent de ses lèvres tandis qu'elle se débattait pour se remettre sur ses jambes, voyant maintenant des petits filets de sang couler de ses genoux. Elle se sentit de plus en plus impuissante alors qu'elle continuait à avancer, son uniforme trempé lui collant à la peau. Elle essayait d'échapper à la réalité, qu'elle trouvait trop dure, et s'échappait aussi de son propre esprit, qui l'étouffait avec des pensées continuelles d'Echizen Ryoma. Elle voulait oublier la scène à laquelle elle avait assisté dans l'après-midi, elle voulait jeter au loin les sentiments qu'elle avait eus pour le garçon au fil des années. Mais la douloureuse vérité revint la hanter, s'insinuant un peu plus dans son esprit. Elle avait besoin de temps pour rassembler ses pensées et son courage.

Elle choisit de fuir.

Elle s'enfuyait vers un endroit loin, très loin d'ici, où elle était autorisée à pleurer en silence et se recueillir.


Il n'arrivait pas à se concentrer sur ses devoirs, même si c'était sa matière préférée qui se trouvait devant lui.

Il avait un étrange pressentiment, alors que de grosses gouttes de pluie s'abattaient sur sa fenêtre et que l'obscurité semblait s'infiltrer à travers les murs. Il bougeait son stylo inconsciemment alors que les simples phrases d'anglais le narguaient. Pourquoi est-ce que je suis aussi frustré aujourd'hui… ? Comme si je n'avais pas assez d'énergie pour faire quoique ce soit… Ryoma se leva et fit les cents pas dans sa chambre, toujours vêtu de sa tenue de sport. Est-ce que j'aurais oublié quelque chose ? Avais-je quelque chose à faire ? Quelqu'un que je voudrais voir-

Il fut rapidement sorti de ses pensées par sa cousine qui ouvrit la porte en lui tendant le téléphone.

« Hey, je t'ai dit de frapper- » commença Ryoma en prenant un ton légèrement ennuyé.

« Ca peut attendre, mais pas ça. » lui répondit sa cousine en montrant le téléphone avec un air sérieux sur le visage.

«…Echizen Ryoma à l'appareil. » fit Ryoma en regardant curieusement sa cousine tout en parlant dans le combiné.

« Ryoma-sama ? C-C'est bien Ryoma-sama ? » Une voix stridente retentit dans le téléphone, si forte qu'elle fit bourdonner l'oreille de Ryoma pendant quelques secondes.

« …Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Ryoma en fronçant les sourcils, ayant reconnu Tomoka et sentit la panique dans sa voix.

« S-Sakuno a disparu… ! » fit Tomoka alors que sa voix tremblait dans le combiné. « O-on l'a cherché pendant des heures mais personne ne l'a trouvée… tu saurais où elle est ? »

« Ryuzaki a… ? » La voix de Ryoma montra finalement sa surprise. « …Des détails ? »

« P-personne ne l'a vu après les cours… elle n-n'est même pas venu au club de tennis… » Tomoka semblait être sur le point de fondre en larmes. « Elle avait déjà l'air bizarre au déjeuner, m-mais je n'y ai pas prêté attention sur le moment… quelle idiote je suis… »

Le déjeuner… ? « Où est-ce que vous avez cherché ? » demanda Ryoma calmement, bien que son esprit soit aussi tourmenté que celui de Tomoka, essayant désespérément de penser au moindre endroit pouvant être associé à Ryuzaki Sakuno.

« J-j'ai regardé partout… l'école, le club de tennis, même la boutique de sport où on est allé acheter nos premières balles de tennis… Horio est parti voir sur les terrains de tennis… là où tu as joué… » La voix de Tomoka baissa d'un ton à sa dernière phrase mais cela semblait inutile puisque Ryoma n'avait toujours pas réalisé la vraie signification cachée derrière ses propos.

« …Pourquoi tout le monde semble être au courant, à part moi ? » demanda-t-il, clairement agacé.

« P-parce qu'on pensait que tu t'en fichais… » sanglota Tomoka.

Ryoma resta debout, sans voix. Lentement, il posa le téléphone, duquel on pouvait toujours entendre clairement les sanglots de Tomoka. Il était confus et choqué. Est-ce que… j'ai donné l'impression de ne pas me soucier d'elle… ? Je lui aurais… déjà causé du tort sans même m'en rendre compte ?

« …La petite-fille de Ryuzaki-sensei a disparu… Je pars à sa recherche. » dit-il en réponse au regard interrogateur de sa cousine alors qu'il revêtait son blouson de Titulaire et sortait de la chambre.

Ai-je… agi contre mes propres sentiments pendant tout ce temps ?


NdZai: Youhou! Bon alors, j'en ai marre de réviser alors je me suis dit que j'allais vous faire plaisir et poster la suite de cette fic! =) J'espere que ça vous plaira en tout cas! Il reste plus qu'un dernier chapitre, que je vais poster rapidement cette fois, promis! xD Allez, Matta ne!