Chapitre 2 : Ma décision...
Tu es celle qui m'a fait découvrir un sentiment que je n'ai jamais connu auparavant et que j'ai maintenant peur de ressentir, car il meurtrit continuellement mon cœur. Je sais que nous ne pouvons pas être ensemble car la fatalité en a décidé autrement. Et j'ai finalement pris conscience que ces sentiments impurs seront toujours imprégnés en moi, même si j'essaye de le nier ou de te le cacher comme je le peux. Mon cœur ne bât seulement pour toi et je l'ai su lorsque j'ai vu dans tes émeraudes, et quand tu as prononcé pour la première fois mon prénom, qui devait être dis par toi et toi seule.
PDV Shizuru
Le lendemain dans le manoir des Kuga 17h 30.
J'étais dans la chambre de mon arrière grand mère et je regardais mon reflet dans le miroir, je souriais comme jamais, enfin je me forçais, même si ce n'était pas difficile pour moi. Je portais une longue robe couleur ivoire, sur mon corsaire qui décolletait légèrement, il y avait des perles transparentes cousues sur le tissu, derrière moi j'avais une longue traîne. Mes cheveux étaient en chignon, et je portais une barrette en forme de rose sur le côté droit de ma chevelure. Je mettais lentement mon voile en face de mon visage. J'allais dans quelques minutes me marier et devenir la future Mme Yuuchi. J'ai toujours rêvé de cet événement depuis que je suis toute petite, de m'unir avec la personne que j'aimerai et cela pour le restant de ma vie. J'avais tant idéalisé cet instant, mais ce n'est pas du tout comme je me l'imaginais.
J'avais pris exemple de mes parents, ma mère s'était épanouie en étant auprès de mon père. Ils étaient si heureux ensemble et formaient le couple parfait à mes yeux, ils se complétaient l'un et l'autre et formaient un tout. Mais je ne suis plus aussi naïve, l'amour n'est qu'un absurde mensonge et je le sais, je ne me ferais plus jamais avoir par ce sentiment. Car la seule et unique personne avec qui je souhaitais partager le restant de mon existence, ne voulait pas de moi et ne le désirera jamais. Même si cela me torturait de me l'avouer, je comprenais ses raisons. Pourquoi suis-je tombée amoureuse de ma propre tante ? En réalité, je ne savais pas qu'elle était un membre de ma famille, c'est seulement lorsque je l'ai rencontré pour la première fois à la Fuuka que j'ai fais cette triste découverte, et moi qui croyais au destin, il s'est bien moqué de moi.
Je me suis résignée, mieux vaut tard que jamais, non ? Riais-je intérieurement. Comme c'est attristant, non comme je suis affligeante...elle avait raison depuis le début en me disant que j'étais une gamine pour croire au coup de foudre ainsi qu'à cette absurde histoire d'âmes sœurs, je m'en rends enfin compte aujourd'hui. Maintenant ça n'avait plus aucune importance pour moi, avec qui je partagerais le restant de ma vie, même si j'avais la consolation que je n'éprouverai plus jamais le sentiment douloureux d'aimer quelqu'un d'inaccessible, et je me sentis tourmentée à cette pensée. J'avais l'estomac noueux et des larmes s'échappèrent sans que je m'en rende compte, tout le long de mes joues, car je pensais constamment à elle alors que je ne le devrais pas, et surtout à un moment pareille. Mais qu'importe, elle était toujours là, que ce soit dans mon cœur ou dans mes pensées. Pourquoi je n'arrive pas à l'oublier ? J'aurai dû le faire depuis longtemps alors que je suis persuadée, qu'elle a probablement dû faire un trait sur moi. Je dois aimer souffrir.
''Natsuki...'' Murmurais-je, en essuyant rapidement mes perles de chagrin, de peur de faire couler mon maquillage.
''Shizuru...'' Me répondit une voix, qui me troubla de ma rêverie. Surprise, je vis dans le miroir un visage que je croyais ne plus jamais revoir. Je mettais ma main où elle se reflétait, mais j'enlevais subitement celle-ci, m'apercevant de ce que j'allais faire.
''Natsuki ?'' Je ne comprenais pas ce qu'il se passait, est-ce que ma tante est là ? Ou est-ce mon imagination qui me joue des tours comme toujours ? Je suis totalement perdue ou alors j'ai finalement sombré dans la démence.
''Salut.'' Me répondit-elle simplement, alors qu'elle avait les mains dans ses poches et le regard fuyant. Je reconnaissais l'intonation de sa voix, mais surtout ces rougeurs qui la caractérisées et qui me faisaient tant craquer...donc je ne rêve pas, c'est bien elle. Mais pourquoi était-elle là ? Et surtout maintenant ? Est-elle venue assister à mon mariage ? Pourquoi ? J'ai cru qu'elle ne viendrait pas...non, j'avais espéré qu'elle n´y assisterait pas. C'est vrai que je lui ai envoyé une invitation car elle fait partie de...ma famille, quoique j'en disse, mais je n'aurai jamais imaginé qu'elle soit là, enfin ici, avec moi dans cette chambre. Je n'étais pas prête à l'affronter...pas en ce moment...alors que mes émotions sont si confuses et cela par sa faute, comme la plupart du temps.
''Tu es magnifique Shizuru...'' Sourit-elle tristement, mon cœur commençait à s'accélérer m'empêchant de respirer normalement mais je ne devais plus avoir ce comportement, je dois paraître de glace même si je fondais à ses compliments.
''Non ! Arrête s'il te plaît...ne me parle pas...ne me dis pas ces mots...pas toi...'' Suppliais-je ...oui ne me parle de cette manière si tendre, car j'ai tellement envie de te serrer dans tes bras, de t'embrasser et de t'avouer sans cesse mon amour pour toi, qui est malheureusement impossible et à sens unique.
Je ne me retournais pas vers elle, de peur de dévoiler mes émotions, qui étaient sans dessus dessous et je cachais mes yeux sous ma franche. Cependant, je l'observais discrètement mais avec une très grande attention son reflet. Mon cœur battait si fort que j'avais peur qu'elle puisse entendre à quel point elle me perturbait par sa simple présence, comment se fait-il qu'a chaque fois que je la voie, j'ai toujours les mêmes réactions ? Je m'étais promise de ne jamais dévoiler mes émotions devant les autres mais surtout en face d'elle, cependant j'en étais incapable, parce qu'elle était la seule à pouvoir me faire réagir ainsi. Mon masque de neutralité se brise à chaque fois, car elle pouvait percevoir si aisément ma peine et mes souffrances sous mon sourire que je croyais si parfait, mais pas pour elle.
Je pouvais voir sa nervosité transparaître dans ses gestes, ses mains se trituraient entre elles et son regard était mal à l'aise. On dirait qu'elle était aussi nerveuse que moi. Pourquoi es-tu là Natsuki ? Que me veux tu ? Me retenir ? Non, c'est impossible, je le sais moi même, tu me l'as bien fait comprendre que tu ne t'intéresseras jamais à moi de cette manière. Ou alors es-tu venue me féliciter pour mon mariage comme tu l'avais fais il y a deux mois ? Non, je t'en supplie ne me répète pas de nouveau ces mots empoissonnés, j'aimerai seulement que tu partes avant de m'emporter.
-xox-
''Shizuru...''
''Non ! Je ne veux rien entendre de ta part !'' Répondis-je froidement, ce qui m'attrista lorsque je la vis se mordre la lèvre inférieure car celle-ci tremblait nerveusement, je ne souhaitais pas lui parler ainsi, c'est la seule à qui je ne voulais pas faire de la peine mais je dois la repousser tant que je suis encore capable de lucidité. Je ne supporte plus de souffrir ou de me rappeler que je ne pourrais jamais marcher à ses côtés, ça me ronge de l'intérieur que c'est insupportable. Je ne veux plus espérer...un geste de sa part...
''Pourquoi tu te maries alors que tu n'aimes pas Tarek ?'' Me questionna t-elle soudainement, me prenant au dépourvue.
''C'est Tate...Et en quoi cela te concernes t-il ? Ne m'as tu pas dis à de nombreuses reprise que ma vie ne t'intéressais pas ! Alors fais ce que tu as dis ! Ne t'occupes pas de moi !'' Aboyais-je hors de moi. Elle n'a pas le droit de me demander ce genre de chose, pas après tout ce qui s'est passée entre nous surtout lorsque je me suis déclarée à elle quand nous étions à la Fuuka, et elle ne m'a pas retenu un seul instant ou même répondu à mes nombreuses déclarations pour elle.
''Je...ne voulais pas le dire de cette façon...'' Ajouta t-elle en scrutant le sol.
''Ara, alors comment voulais-tu le dire ?'' Je me retournais pour me rapprocher d'elle alors qu'elle avait levé le regard vers moi, j'étais juste à quelque centimètre d'elle, folle de rage. Je vis un léger rougissement apparaître sur ses magnifiques pommettes et à cet instant, j'avais une folle envie de prendre possession de ses lèvres et de la pousser dans le lit qui était juste à côté de nous. Mais je me ressaisissais à temps, je ne me laisserai plus perturber par elle ou par mes sentiments, je les enfouirais définitivement en moi.
''Je pense d'abord à ton bonheur.'' Osa t-elle me dire, vous ne pouvez pas savoir à quel point je haïssais qu'elle me dise ces mots, qui sont comme des coups de poignards pour moi.
''Mon bonheur ? Tu plaisantes, n'est-ce pas ? C'est toi qui l'as détruit de tes propres mains. Mais merci, je préfère m'en passer de ta sollicitude; alors tu peux partir maintenant, je ne te retiendrais pas, je dois aller me marier dans quelques instant.'' Grondais-je en en fermant les yeux et en inspirant profondément pour essayer de retrouver mon calme.
''Est-ce que tu m'aimes toujours ?'' Ajouta t-elle à mon plus grand étonnement, elle n'avait pas prêté attention à ce que je venais de lui dire. Oui, je t'aime toujours et je dois réellement avoir des problèmes...mais ça n'a aucune importance pour toi, comme toujours mes sentiments t'importent peu. Pourquoi me fais-tu subir cela Natsuki ? Tu aimes à ce point me tourmenter ? C'est un jeu pour toi ? Combien de temps vais-je tenir le coup, avant de m'écrouler ou de pleurer devant toi ?
''Tu...'' Commençais-je.
''S'il te plaît, je dois le savoir, c'est très important.'' Implora t-elle en me regardant avec une grande peine et j'ai dû me retenir pour ne pas l'insulter.
''Combien de fois as-tu évité cette conversation ?'' Demandais-je en souriant faussement, elle ouvra la bouche un instant ne sachant que dire puis elle se mit à mordre sa lèvre inférieur.
''Je…'' Mais je ne la laissais pas continuer sa phrase, je ne supportais plus cette situation. Je ne suis pas un jouet avec qui on s'amuse et qu'on jette ensuite, j'ai une fierté qu'elle a mainte fois piétinée et sans aucun regret.
''Combien de fois t'ai-je demandé la même chose ? Si tu m'aimais et cela à de nombreuses reprises et tu n'as jamais rien dit. JAMAIS !''
''Je…'' Elle laissa en suspens sa phrase, c'est typique d'elle d'être aussi indécise, c'était mignon au début mais maintenant ça ne l'était pas du tout, surtout quand les choses deviennent aussi sérieuse.
''Alors qu'est-ce que tu veux en venant me voir ici ? Me dire qu'on ne peux pas être ensemble car je suis une fille, ta nièce, qu'on a six de différence d'âge...JE LE SAIS DEJA TOUT CA ! Tu ne l'as cessé de me le répéter ! Je ne suis pas une idiote sans cervelle, j'ai compris ! Alors je t'interdis de t'immiscer dans ma vie, en me demandant la raison de ce mariage ou si je t'aime toujours, tu n'as pas le droit de me persécuter ainsi ! Je suis un être humain et je souffre aussi. Et tu me meurtris et cela à plusieurs reprises !''
''Qu'attends-tu de moi ? Dis le moi.'' Elle me regarda sérieusement cette fois-ci et je commençais à rire nerveusement, j'avais raison, elle veut me rendre totalement folle. Et malheureusement pour moi, elle pourrait y arriver avec une grande aisance.
''Ce que j'attends de toi Natsuki ? J'attendais depuis plusieurs semaines que tu m'arrêtes...que tu me dises que tu ne veux pas que je me marie mais surtout que tu me disses que tu...m'aimes ! Mais il n y a eu rien ! RIEN DU TOUT ! Tu n'as pas daigné me retenir un seul instant ! Et maintenant tu débarques une demi-heure avant mon mariage ? Et tu penses que je ne serais pas énervée par ta présence qui est une vraie torture pour moi !''
''Je croyais que…''
''Que quoi Natsuki ? Qu'est-ce que tu pensais ? J'aimerai bien le savoir car je n'ai jamais pu te déchiffrer et pourtant j'ai essayé !''
''...'' Parle bon sang ! Je ne supporte plus de parler à un mur. Pourtant je devrais le savoir, tu ne changeras jamais en ce qui concerne montrer tes sentiments aux autres. Et comme d'habitude, c'est moi qui dois prendre des initiatives pour y remédier.
''Tu croyais que ta présence ne me troublerait pas ? Que je ne chercherai pas à savoir ce que tu ressens sincèrement pour moi ? Que j'avais abandonné tout espoir à cet amour que je savais pertinemment inconcevable, mais que j'ai tout fait pour y croire jusqu'au dernier moment. J'espère encore que tu me retiennes pourtant je sais que c'est inutile voire impossible ! Je ne me berce plus d'illusion maintenant ! Je veux juste avancer vers un avenir qui est certain. Tu sais quoi ? C'est ce que j'ai essayé de faire depuis plus d'un an ! Mais bien sûr, tu ne l'a jamais remarqué car c'est seulement moi qui éprouve cette peine et souffrance !''
''Tu veux donc avancer ? Alors c'est pour cette raison que tu te maries avec Tade ?'' Répondit-elle de manière glaciale, en m'attrapant par les épaules et j'enlevais ses mains de moi en lui jetant un regard noir.
''JE T'INDERDIS DE ME TOUCHER ! Et puis C'EST TATE MERDE ! Et OUI c'est pour cette raison que je suis avec lui, pour t'oublier !'' Aboyais-je hors de moi, je n'aurais cru que je lui avouerai si naturellement toutes ces choses mais surtout que je lui parlerai de cette manière si virulente. Je ne me reconnais plus.
''Tu crois réellement que c'est une bonne raison pour se marier ? Parce que je t'ai rejeté ? Non mais c'est quoi ce comportement, tu es quelqu'un d'immature ! Tu es prête à gâcher toute ta vie avec une personne qui ne t'aimera jamais et que tu n'aimeras pas en retour, juste parce que tu ne peux pas m'avoir ? Il y a des milliards d'hommes et de femmes sur terre ! Et qui ne sont pas de ta propre famille ! Ou que tu pourrais sincèrement aimer !'' Ajouta t-elle, je serrais du poing car je savais que j'étais vouée un amour à l'échec et ce qui m'anéantissais, c'est qu'elle pensait toujours que mon affection pour elle, n'était qu'une lubie de ma part. Je l'aime à la folie et elle se moque comme toujours de mes sentiments. J'en avais conscience depuis le début qu'elle était ma famille, je le savais déjà mais mon attachement envers elle n'a aucun rapport avec notre lien de parenté, je l'aime...elle, sa personne, ce qu'elle est. Et j'avais en moi toute cette rancœur que j'avais cumulée depuis que je connaissais cette fille, qui a détruit le peu de fierté que j'avais. Et j'allais déverser toute ma colère, car je ne pouvais plus la contenir plus longtemps. Même moi, la si parfaite Shizuru Fujino, je ne pouvais contrôler ma rage.
-xox-
''Tu n'es qu'une lâche sans cœur aussi pathétique que ta grand mère ! Elle au moins, elle ne cache pas qu'elle une garce manipulatrice, qui veux faire souffrir les autres pour son simple plaisir. Toi, tu es quelqu'un d'immonde et méprisable ! En fait, tu es pire qu'elle ! A jouer les martyrs comme quoi tu as souffert à cause de ton passé et tu ne peux plus aimer personne ! Et pour mon soi disant bonheur, tu me rejettes comme une malpropre ! Tu as peur de souffrir et d'avoir du bonheur alors tu me blesses sans aucun état d'âme ! Je suis Natsuki Kuga et pauvre de moi, j'ai souffert par le passé que je me morfonds tout le temps ! Tu es la reine des glaces avec un cœur totalement gelé !'' Je sentis à cet instant un coup violent sur ma joue. Je tenais ma joue qui était enflammée à cause de la gifle que ma tante m'avait donnée. Je savais que je méritais ce geste de sa part, j'étais allée très loin dans mes propos, je l'avais blessé volontairement en la provoquant ainsi. Je savais que la comparer à sa grand mère la peinerait. Car c'est la personne qui a le plus tourmentée ma précieuse personne et je me sentais coupable de la bassesse de mon acte. Mais je voulais qu'elle ressente pour une fois, ce que je devais subir chaque jour à cause d'elle. Je n'aurais pas dû me comporter ainsi. Je vis ses iris jade se noircir progressivement à cause de la colère, je n'avais vu une telle haine chez quelqu'un et c'était pour moi ce regard. Je ne voulais pas qu'elle me regarde ainsi.
Je souhaitais qu'elle me souriait radieusement comme lorsque l'on s'est rencontrées pour la première à la Fuuka, quand j'allais à cause de mon chagrin de la perte de mes deux parents, arracher les pétales de cette orchidée, qui est devenue à ce jour ma fleur préférée et cela grâce à ma tante. Car cette fleur me faisait rappeler notre première rencontre qui a bouleversé mon existence, que ce soit en bien mais aussi en mal. Je voulais qu'elle rougisse à mes taquineries et qu'elle se mette à bouder mais surtout qu'elle oublie aussitôt que je l'ai trompé. J'espérais secrètement qu'elle me réconforte de mon désespoir qui ne cessait de croître chaque jour et je voulais surtout qu'elle me serre tendrement dans ses bras, avoir sa chaleur et sa présence contre moi car j'avais désespérément besoin d'elle, comme elle l'avait fait lorsque nous étions dans le cimetière, près de la tombe de ma mère. Je souhaitais tellement de choses inconcevables. Mais comme on dit, on ne peut pas avoir tous ce que l'on souhaiterait et la seule chose que je voulais; c'était ma tante.
Mais elle me déteste et j'en suis affectée...mais je ressens exactement la même chose qu'elle en ce moment, de la colère, souffrance, et surtout une profonde mélancolie... comment est-on arrivées à ce point de non retour ?
"Tu sais quoi Fujino, tu devrais te calmer un peu...et puis tu as raison pour tout ce que tu viens de dire, je suis une personne sans cœur, pourris à la moelle comme ma grand mère. Je suis même pire que cette vieille sorcière. Sincèrement, je ne saisis pas pourquoi tu t'intéresses autant à une personne aussi pitoyable que moi ! Tu disais que tu ne l'étais pas mais tu n'es qu'une idiote ! Mais j'aurai dû le savoir car tu es tombée amoureuse de moi.'' Je me mis à serrer des dents, j'étais prête à n'importe quel instant à pleurer, à cause de ces mots blessant qu'elle me crachait si froidement au visage mais je ne lui ferais pas ce plaisir.
''C'est vrai, tu as totalement raison, je suis stupide ! Je m'en rends enfin compte aujourd'hui. Mais comment ai-je pu t'aimer un seul instant ? Et tu t'ai trompé sur une chose.''
''Quoi ?''
''Ara, tu m'a demandé si j'avais encore des sentiments pour toi ou si je t'aimais toujours et bien je vais être sincère avec toi, non. Tu n'existes plus pour moi !'' Mentis-je désespérément et j'essayais de me forcer à croire ces mensonges, peut être que ce sera vrai dans un futur proche. Je l'espère...
''C'est super ! Et puis tu sais quoi ? Vas y marie toi, gâche ta vie qui le saura dans le future ! J'en ai rien à foutre de ce que tu vas faire ! Sois malheureuse ! Je ne te retiendrais pas !'' Hurla t-elle en se décalant de la porte.
''Oui c'est ça ! Ne te mêle plus jamais de ma vie ! Je te haïs Natsuki Kuga ! Non je t'aime si fort.'' Hurlais-je hors de moi. Je m'en allais de la pièce en claquant violemment la porte, et je me mis à pleurer de nouveau mais cette fois-ci c'était plus douloureux que les fois précédentes, car je savais que c'était fini pour de bon. Je n'aurais jamais imaginé qu'on arriverait à ce résultat, j'avais mal que je n'arrivais plus à contrôler mon chagrin, mais je devais faire bonne figure. Je me marie dans quelques minutes, je dois l'oublier...oui je le dois. J'essuyais cette eau salée et je me mis à respirer profondément, cherchant à reprendre le contrôle de moi et je descendais les marches de l'escalier alors que j'étais toujours aussi brisée mais je ne ferais rien apparaître, j'en fais la promesse. Je me mis à sourire lorsque je vis mon grand père qui m'attendait devant le seuil de la porte d'entrée, il me donna son bras pour que je puisse le prendre. Car c'est lui qui m'accompagnera à l'autel, j'aurais voulu que ce soit mon père...mais le destin en a voulu autrement.
''Est-ce que ça va Shizuru ?'' Me demanda grand père inquiet.
''Ara oui, pourquoi ?'' Mentis-je avec une voix neutre même si c'était assez difficile, car j'essayais de retenir mes hoquettements.
''J'ai vu que ma fille est venue te voir.'' A ces mots je serrais fortement le bouquet de fleur que je tenais en main pour me calmer, et j'arborais le plus faux de tous mes sourires, celui de la sérénité et de la joie.
''Oui, on a discuté et maintenant tout est clair.''
''Clair ?''
''Oui...je sais ce que je dois faire maintenant, on devrait y aller.''
''Tu es sûre Shizuru ? Tu peux toujours changer d'avis sur ce mariage. Tu n'es pas forcée de te marier.'' S'enquit celui-ci en me regardant avec insistance.
''Non, maintenant je suis persuadée que j'ai prise la bonne décision.'' Répondis-je en sortant du manoir me dirigeant vers ma nouvelle vie. Je ne dois plus hésiter maintenant.
Je ressens une douleur insoutenable qui traverse mon cœur lorsque que je te vois et j'essaye de l'enterrer à l'intérieur de mon âme, invisible au regard d'autrui; mais surtout du tien. Et je me demande continuellement, si on peut voir à travers mes faux sourires ou si tu es la seule à pouvoir percevoir cette souffrance qui t'est destinée ? L'amour est quelque chose de si fragile. Et je m'en rends finalement compte que c'est merveilleux de le ressentir, mais en même temps, c'est si douloureux. Peut être que ce n'est pas seulement toi qui ne mérites pas d'éprouver le bonheur mais aussi moi ?
