Chapitre 4
Retrouvailles
Après une ballade dans les rues de New York, pendant laquelle Junno, Maru et Ueda jouèrent aux parfaits touristes japonais en regardant avec une attention exagérée la moindre chose visible à l'extérieur du véhicule, leur taxi pila brusquement en bas d'un petit immeuble de briques qui devait faire environ cinq étages. Le trio se pencha vers la fenêtre, les yeux levés vers le dernier étage.
- Vous croyez que l'appart occupe tout l'étage ? demanda Junno.
- Bah on le saura que si on va voir, rétorqua Maru en quittant la voiture, suivi par ses deux amis.
Au moment de payer le chauffeur, il y eût un silence consterné : peu habitués aux voyages en dehors du Japon, pas un n'avait le moindre dollar. Aucun n'avait pensé à échanger ses yens à l'aéroport. Ils étaient mal. Bon et ben, raté pour l'effet de surprise, ils allaient devoir appeler Jin à la rescousse. Ils se sentaient tous les trois soudain très très cons.
Tandis que Ueda s'expliquait avec un chauffeur de taxi, manifestement très en colère étant donné le nombre de "fuck" et de "shit" qui ponctuèrent son discours auquel même Maru ne comprit pas grand chose, Junno sortit son portable et appuya sur la touche d'appel du numéro d'Akanishi. En espérant que celui-ci soit chez lui et pas au beau milieu de New York, sinon ils risquaient de poireauter un bon moment avec le compteur du chauffeur de taxi qui tournait.
« Yeah, it's Akanishi », fit la voix endormie de Jin à l'autre bout du fil.
- Me dis pas que tu dormais, Bakanishi ?
Il y eût un blanc de cinq secondes, puis la voix, bien réveillée cette fois, de l'expatrié, se fit de nouveau entendre.
« Junno ? What's the fuck ? »
- Oh hé sois poli hein. Bon… on est en bas de chez toi là, Maru, Ueda et moi et on a pas une thune ricaine pour payer le chauffeur de taxi, alors…
« What ? Tu peux répéter ça ?»
- 'Tain t'es sourd en plus ? Je disais qu'on a pas une thune pour…
« Nan, avant ça ! Vous êtes OU ? »
- En bas de chez toi.
BIP BIP BIP BIP BIP BIP BIP BIP…
- Oh le con, il a raccroché ! s'exclama Junno en refermant le clapet de son portable, avant de le ranger dans sa poche.
Ses amis, le fixèrent sans savoir quoi dire.
- 'Tain mais c'est vraiment un boulet, ce Bak…
Le bruit tonitruant d'une cavalcade dans un escalier se fit entendre, lui coupant la parole et la porte du bâtiment s'ouvrit violemment sur un Jin essoufflé mais porteur d'un gigantesque sourire.
- Putain les guys, je sais pas à what je dois ce miracle, mais j'ai never été aussi happy de vous voir ! s'exclama Jin en "jinglish", avant de les serrer dans ses bras l'un après l'autre.
Un baragouinage informe se fit alors entendre en provenance du chauffeur de taxi qui râlait à base de grossièretés comme tout américain normal et Jin s'approcha de lui, ouvrant son portefeuille pour en tirer cinquante dollars (plus de deux fois le prix de la course), qu'il lui fourra dans la main en lui souhaitant un joyeux noël. L'homme regarda la liasse de billets, la fourra dans une boite, puis renifla et redémarra sans un remerciements.
- Fuckin' taxi driver… maugréa Jin en anglais, avant de reporter son attention sur ses amis. Alors, c'est quoi l'histoire ? Qu'est ce que vous foutez là ? Je m'attendais pas du tout à… (il s'interrompit et regarda autour de lui) Mais… où sont Kazu et Koki ?
La déception était perceptible dans sa voix.
- Ils ont refusé de venir, répondit Maru.
- Mais pourtant, hier…
- Désolé, Jin, s'excusa Ueda.
Akanishi eut un soupir aussi triste que désolé.
- C'est rien, Tat-chan. Je suppose que je devrais pas être vraiment surpris. (puis dans un léger sourire) Au moins, vous, vous êtes là et c'est un cadeau de noël magnifique. Venez, on va pas rester sur le trottoir.
Le quatuor grimpa donc à la suite de Jin et celui-ci ouvrit la porte, puis s'effaça pour les laisser passer.
- Welcome dans mon home, lança-t-il.
- Merci mais pitié pour nos oreilles, évite le mélange anglais/japonais parce que c'est assez…
- Ouais c'est moche et pas franchement compréhensible, acquiesça Tatsuya.
Jin leur fit une grimace, mais il était trop content qu'ils soient là pour relever la pique, même s'il pensait que venant de mecs qui chantaient des phrases en anglais dans toutes leurs chansons, c'était un peu abusé et entreprit de leur faire visiter l'appartement.
- Voilà les deux chambres d'amis, expliqua-t-il en arrivant devant deux portes contiguës. Installez-vous comme vous voulez. Mais avant, expliquez-moi. Je comprends pas à quoi je dois la joie de vous voir.
- Bah disons qu'après ton coup de fil d'hier… commença Junno.
- On s'est senti mal de faire la fête alors que t'étais tout seul… poursuivit Maru.
- Alors on a décidé de venir et voilà, conclut Ueda.
- Ben merci. Vous sauvez mon noël, les gars.
La reconnaissance, dans sa voix, était si audible et sincère, que les trois garçons se sentirent soudain mal du mauvais tour qu'ils jouaient à leur ami en lui faisant croire à l'absence de Kame et Koki. Ils se regardèrent, se demandant ce qu'ils devaient faire, puis Tatsuya ouvrit la bouche pour avouer leur sale blague.
- Ecoute, Jin, à propos de Kame et Koki, c'est… commença-t-il, avant d'être interrompu par des éclats de voix venus de la cage d'escalier.
[- Mais tu peux pas arrêter de te plaindre deux secondes ?] râlait tout fort une première voix familière. [T'es lourd à la fin !]
[- Tu peux parler, monsieur je-suis-plus-malin-que-tout-le-monde ! Qui c'est qui avait pas un rond sur lui hein ? Pour finir, c'est moi qui ai dû casquer, alors écrase !], riposta une seconde voix tout aussi connue.
Reconnaissant sans peine les possesseurs desdites voix, Akanishi écarquilla les yeux démesurément, fixa ses amis sans comprendre, puis fila comme une comète jusqu'à la porte, qu'il ouvrit dans un geste impulsif. Son cœur rata un battement lorsqu'il réalisa que ses oreilles ne l'avaient pas trahi. Koki et Kazu se trouvaient devant lui. Koki, son frère et son Kazu étaient là eux aussi. Il les voyait debout devant lui avec leurs bagages, mais n'arrivait pas à le croire. C'était trop beau pour être vrai. Il devait certainement être en train de rêver.
- K… Kazu… bafouilla-t-il, à la fois heureux, troublé, incrédule et autres.
- Salut vieux frère, le salua Koki à grand renfort de tapes viriles dans le dos, tandis que le regard de Jin restait fixé sur le beau visage de celui qu'il aimait. Ca gaze ?
La passivité d'Akanishi fut bien sûr immédiatement remarquée par le rappeur.
- Et ben cache ta joie, hein. Ca fait plaisir de traverser la planète pour toi, maugréa-t-il, mécontent, en passant à côté de son ami pour rejoindre les trois autres qui étaient revenus dans l'entrée.
- Koki, laisse-lui deux minutes, temporisa alors Tatsuya. Tu vois bien qu'il est sous le choc là…
Pour être sous le choc, Jin l'était. Les souvenirs étaient si fades, comparés à la réalité… Comment dans sa mémoire, avait-il pu simplement qualifier Kazuya de "beau" ? C'était un mot si pitoyable et qui reflétait si peu la réalité... Non, Kame n'était pas seulement "beau", il était beaucoup plus que ça. Tellement plus. La délicatesse de ses traits, la finesse de son cou, la profondeur insondable de ses prunelles noisette, l'éclat doux et solaire de son sourire, la douceur de sa peau et de ses cheveux, la grâce de sa démarche, la sensualité quasi insoutenable reflétée par le moindre de ses gestes, sans oublier sa bouche pulpeuse qui donnait envie de l'embrasser rien qu'en la regardant…Tout cela faisait de lui un être d'exception. Un ange. Son ange. Son Kazu à la voix d'or.
Akanishi déglutit, cligna des yeux et prit conscience qu'il s'était arrêté de respirer le temps de sa contemplation passionnée. Il reprit son souffle et, dans un sursaut de volonté, parvint difficilement à bredouiller :
- Heu… En… Entre, Kazu. Fais comme… chez toi…
- Merci pour moi, gromella encore Koki, vexé d'être ignoré.
Tandis que le plus jeune du groupe pénétrait à son tour dans l'appartement et en refermait la porte, Jin se tourna vers le rappeur et sembla enfin prendre réellement conscience de sa présence.
- Excuse-moi, mon frère, lui dit Akanishi dans un sourire, en lui rendant finalement ses tapes dans le dos. J'étais tellement surpris que…
- Mouais…
- Allez, fais pas la gueule, je suis ravi que tu sois là, toi aussi. Surtout que les gars m'avaient dit…
- C'était une blague, lâcha alors Ueda. On voulait simplement te faire une petite blague. Désolés.
Le regard de l'expatrié passa de l'un à l'autre de ses amis, incrédule et incapable de savoir s'il devait leur en vouloir, puis il décida que non. Ca n'avait pas la moindre importance.
- C'est creaz… dingue de vous voir tous là, j'en reviens pas encore, dit Jin dont les yeux étaient sans cesse attirés par la silhouette féline de son bien-aimé, à présent nonchalamment adossé à un mur.
Un peu trop nonchalamment pour être honnête. En l'observant mieux, Jin distingua la flamme qui couvait dans les yeux de Kazuya, n'attendant qu'un infime détail pour s'embraser davantage et celui-ci, sans le quitter du regard, se passa une main dans les cheveux. Le geste, d'un érotisme torride aux yeux d'Akanishi, fit accélérer sa respiration. Comme si ce n'était pas suffisant, Kamenashi se passa la langue sur les lèvres, avant de faire glisser une de ses mains le long de sa joue puis de son cou en basculant la tête en arrière, ce qui fit bouillir le sang dans les veines de son bien-aimé. Gosh… Ce mec était trop sexy pour être réel… Une perpétuelle invitation aux plaisirs de la chair. Une véritable bombe sexuelle. Et le pire, c'est qu'il le savait parfaitement et qu'il en jouait, cet enfoiré. Mais bordel, que Jin s'en foutait. Ce dieu vivant était sien, alors s'il l'allumait sans vergogne, tant pis. Enfin sauf que maintenant, il avait terriblement envie de lui. Il le voulait maintenant, tout de suite, contre ce mur.
- Heu, dites, si on vous dérange… intervint Junno.
Hypnotisé par l'extrême sensualité de son petit ami, Akanishi, sursauta. Il en avait totalement oublié ses amis qui, eux, avaient bien remarqué leur manège.
- Ouais, j'crois que là, on dérange carrément, confirma Koki. On devrait aller faire un tour et revenir plus tard, les gars. Ca va devenir chaud bouillant dans l'coin et j'suis pas sûr d'avoir envie d'assister à ça.
Le rappeur fut approuvé par Maru, Ueda et Junno et le quatuor quitta l'appartement sans qu'Akanishi ne tente quoi que ce soit pour les retenir. Les autres étaient ses amis, mais il était séparé de son Kazuya depuis si longtemps que plus rien d'autre ne comptait, à ses yeux. Il n'y avait plus que lui. Lui qui était beaucoup, mais vraiment beaucoup trop désirable pour son propre bien.
Lorsqu'ils furent seuls, Jin fondit sur son bien-aimé, l'enlaça et prit possession de sa bouche sans que celui-ci ne proteste. Leurs langues se cherchèrent, se trouvèrent, s'épousèrent, pour se séparer et se retrouver encore en un savant ballet plein de sensualité.
- Putain, Kazu, t'abuse, souffla Jin tout contre les lèvres de son cadet. Faut pas m'allumer comme ça devant les autres…
Une sourire énigmatique étira les lèvres de Kame, qui ne prononça pas un mot.
- Tu me rends dingue et tu le sais… murmura encore Akanishi, le souffle court, avant de l'embrasser à nouveau. Sens comme j'ai envie de toi…
Joignant le geste à la parole, l'aîné colla son bassin à celui de son cadet qui, pour toute réponse, se contenta de lui sourire en laissant sa main caresser la bosse qui tendait déjà le jean de son bien-aimé, faisant gémir celui-ci.
- Kazu… fit Akanishi, la voix étranglée de désir.
- Je sais… finit par murmurer la voix sensuelle du plus jeune à l'oreille de son aîné en lui mordillant le lobe de l'oreille, tout en plongeant la main dans son pantalon. Mais plus on attend, meilleur c'est, non ?
De nouveau, l'attouchement tira une plainte à Jin, surtout qu'en plus, le cadet commença à frotter son bas-ventre à celui de son amant en une danse impudique qui fit perdre la tête à l'expatrié. En quelques secondes, le pantalon et le boxer de Kazuya, ainsi que les siens avaient rejoint le sol et Jin souleva les jambes de son bien-aimé pour les croiser autour de sa taille, avant de plaquer sans douceur son dos contre le mur le plus proche, la respiration haletante. Il n'avait plus la patience d'attendre. Il le voulait maintenant.
- Oui, prend-moi… pria alors la voix de Kamenashi dans un murmure lascif. J'attends que ça…
Le mur du couloir, la table du salon, le plan de travail de la cuisine, le lit… et Jin en voulait toujours plus. Jamais il ne pourrait se lasser du corps de rêve de son amant. Comment un homme pouvait-il être à ce point désirable ? Jin n'arrivait pas à comprendre. C'était inhumain. Son regard accrocha la silhouette gracieuse et encore dénudée, de Kazuya allongé à côté de lui. Kazuya qui avait, pour le moment, les yeux fermés ses longs cils projetant une ombre pâle sur ses pommettes délicates. Il était couvert de sueur, ce qui le rendait encore plus attirant et Akanishi dut se faire violence pour ne pas lui sauter dessus une cinquième fois. S'efforçant de respirer calmement, il se contenta d'effleurer sa joue du dos de la main.
- Je t'aime, Kazu, dit tendrement Jin. Je t'aime tellement…
Le plus jeune vint se lover contre lui comme un chaton à la recherche de chaleur et resta ainsi, la tête posée sur son torse au niveau du cœur, sans bouger ni parler, pendant de longues minutes, avant de briser à son tour le silence qui s'était instauré.
- Moi aussi, Jin.
De nouveau un silence. Les yeux fermés, Kamenashi réfléchissait. En provoquant Jin physiquement, il avait voulu se prouver qu'il était encore capable de lui faire de l'effet, qu'il restait capable de l'attirer comme avant, que la distance n'avait rien changé entre eux. Kazuya savait que c'était stupide, mais il avait besoin de ce genre d'assurance car, malgré la confiance qu'il affichait perpétuellement à l'extérieur, à l'intérieur, il n'était jamais sûr de lui. Après ses inquiétudes de l'aéroport, il avait donc voulu se rassurer et, à présent, il l'était. Akanishi l'aimait toujours et n'avait pas perdu le désir perpétuel qu'il ressentait en le voyant. Il se sentait bien près de lui.
- Kazu… fit la voix de son petit-ami, qui lui caressait tendrement le dos.
- Hum…
- Reste avec moi.
Kamenashi releva la tête et fixa son bien-aimé, incertain quant au sens de sa phrase.
- Mais je suis avec toi. Qu'est ce que tu veux dire ?
- Ne repars pas avec les autres. Reste avec moi… Je ne veux plus te perdre.
La stupeur figea le plus jeune, qui écarquilla les yeux et resta quelques instants incapable de dire un mot.
- Jin… Le groupe… Je peux pas les abandonner. On est déjà plus que cinq. Sois raisonnable… finit-il par objecter.
- J'ai pas envie d'être raisonnable, dit l'expatrié en se redressant en position assise. J'ai juste trop besoin de toi pour supporter encore de… de…
Akanishi s'interrompit. Il n'avait pas le droit d'exiger ça de son Kazu, même s'il était fou de lui et même s'il lui manquerait de façon épouvantable après cette escapade New-Yorkaise. Kame aussi avait une carrière à mener et, comme l'avait souligné son cadet, il y avait aussi Junno, Maru, Ueda et Koki à prendre en compte. Il était égoïste.
- Nan, oublie. Je dis n'importe quoi, se reprit-il en se forçant à sourire.
- Jin…
La voix de son bien-aimé s'était faite douce et tendre en prononçant son prénom, ce qui acheva Akanishi, qui le serra très fort contre lui, le front posé sur son épaule frêle.
- Tu sais, j'aimerais vraiment rester… Mais tu sais aussi que je ne peux pas.
- Hum…
Le visage triste qu'arborait son petit ami en cet instant, brisa le cœur de Kazuya, qui sentit une boule se former dans sa gorge et dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas fondre en larmes.
- Jin… Jin, regarde-moi.
A son tour, Akanishi leva la tête et perdit son regard dans les iris noisette de son bien-aimé, où il discerna tout l'amour du monde.
- J'essaierais de revenir aussi souvent que possible, d'accord ? lui dit Kame en déposant plusieurs baisers légers sur ses lèvres.
Cette assurance rasséréna un peu Jin, qui hocha la tête en guise d'acquiescement et offrit un petit sourire à son compagnon.
- Ah, je préfère ça, dit encore Kazuya dans un grand sourire radieux, avant de l'embrasser tendrement. Bon, on devrait prendre une douche avant que les autres reviennent. Ce serait gênant qu'ils nous trouvent à poil.
Akanishi ne put qu'être d'accord, aussi se releva-t-il souplement, avant de récupérer ses vêtements éparpillés un peu partout, tandis que Kamenashi faisait de même et tous deux rejoignirent la salle de bain.
Le premier, le cadet entra dans la douche et entreprit de se laver, sous le regard de Jin qui appréciait à sa juste mesure l'érotisme de la situation. Lorsque Kazuya coupa l'eau, de fines gouttelettes transparentes roulaient encore sur sa peau pâle jusqu'à sa taille fine et sa vertigineuse chute de reins, coulant de ses cheveux plaqués sur sa nuque. Akanishi sentit sa bouche s'assécher. Il n'aurait pas dû le regarder faire, ni même entrer dans la pièce en même temps que lui. C'était une erreur et maintenant…
- Jin… murmura Kame en sentant le corps nu de son compagnon dans son dos et ses bras hâlés qui l'enlaçaient. Les gars vont…
- Je sais. Laisse-moi juste rester comme ça un peu, pria Akanishi en posant la joue contre son omoplate. Rien qu'un peu.
- Jin, t'es pas logique. T'es… dans tous tes états… protesta vaguement Kazuya en sentant la virilité de son amant pressée contre ses fesses. Tu sais bien que ça te suffira pas… et à moi non plus…
C'était vrai, Jin, ne pouvait le nier, mais, de toute façon, il avait envie de lui en permanence et visiblement, c'était réciproque, alors... Kamenashi se retourna entre ses bras et, passant les siens autour de son cou, l'embrassa, forçant, de sa langue, le passage vers celle de son compagnon. A présent, ils étaient tous les deux dans tous leurs états et, s'ils ne voulaient pas avoir l'air suspect quand leurs amis rentreraient (ce qui ne devait plus trop tarder), ils devaient faire quelque chose pour y remédier. Dans un geste simultané, la main de chacun se posa sur l'expression de l'émoi de l'autre et entama d'énergiques mouvements de va et vient, qui les fit gémir de plaisir. La cadence s'accéléra de plus en plus, de même que l'intensité de leurs plaintes, jusqu'à ce qu'ils se libèrent finalement dans un râle. Ils restèrent ensuite immobiles jusqu'à ce que leurs respirations se calment à nouveau, puis Kazuya reprit la parole.
- C'est malin, je suis obligé de recommencer maintenant, constata-t-il, amusé. T'es vraiment pas raisonnable, Bakanishi. On se demande qui est le plus âgé des deux.
- Hum… c'est toi, non ? hasarda malicieusement Jin en l'embrassant sur le bout du nez.
- Des fois, je me pose la question. Allez, pousse-toi, que je me relave. Et ensuite, fais-en autant, sinon on se fera charrier jusqu'à la fin des temps.
Et sur ces mots, il recommença sa douche, tandis qu'Akanishi sortait de la petite cabine.
- On leur a laissé assez de temps, vous croyez ? demanda Ueda comme le quatuor rebroussait chemin vers l'immeuble.
- Bah fini ou non, tant pis, hein, décréta Koki. On a déjà été bien sympas de les laisser seuls pour… faire ce qu'ils avaient à faire.
- Oh c'est mignon, pouffa Junno.
- Quoi ?
- Tu arrive plus à dire le mot maintenant ? C'est chou, se moqua encore le plus grand du lot.
- Oh la ferme, toi, se renfrogna Koki. Je passe pas mon temps à être vulgaire, hein.
- On se calme, les enfants, intervint Maru. De toute façon, on est arrivés.
Le petit groupe gravit les quatre marches du perron, puis entra dans l'immeuble à la suite du plus âgé de la bande et entreprit l'escalade des cinq longs étages, avant d'ouvrir la porte de l'appartement. Le silence le plus complet y régnait, ce que les quatre garçons trouvèrent louche et ils suspectèrent qu'ils revenaient trop tôt. Pourtant, en les entendant rentrer, Kame et Akanishi apparurent dans l'entrée.
- Salut les gars. Alors cette ballade ? Bien ? demanda ce dernier comme si de rien n'était.
Koki, Junno, Maru et Ueda se regardèrent et décidèrent de faire comme s'ils ne remarquaient pas les lèvres gonflées de Kazuya et la chemise mal reboutonnée de Jin.
- Ouais, répondit Maru, mais bon, avec un guide, ça aurait été mieux.
- Bah, pour me faire pardonner, je vous invite au resto. J'ai la dalle et je pense que vous aussi. Hamburgers pour tout le monde !
Un unique gémissement de désespoir franchit alors les lèvres des japonais, tandis qu'Akanishi se chaussait, attrapait manteau et clés, puis poussait tout le monde à l'extérieur avant de verrouiller la porte, le sourire aux lèvres. Il avait retrouvé sa famille. C'était le miracle de noël.
