Chapitre 5

Vent de panique

Le fast-food se trouvant juste au coin de la rue, KAT-TUN temporairement au complet ne tarda pas à y arriver. Ses membres s'y engouffrèrent et Ueda plissa immédiatement le nez en sentant les odeurs de friture omniprésentes, mêlées à celles de cuisson des steaks. Sa grimace fit rire Jin.

- Ah oui, évidemment, il faut s'y habituer. Sérieux, Tat-chan, t'es jamais entré dans un fast-food de ta vie ?

- Nan et je m'en porte pas plus mal. Comment on peut s'habituer à une puanteur pareille ?

La question de Tatsuya fit s'esclaffer les autres aussi, ce qui le fit se renfrogner. Il était gentil, mais n'aimait pas qu'on se moque de lui.

- Ca va hein… râla-t-il.

Le laissant bouder, tout le monde s'absorba dans la contemplation des menus proposés, indiqués sur des écrans apposés au dessus des caisses.

- Ah bah ça va tu te ruine pas en nous invitant, constata Junno, un peu vexé, en voyant le prix desdits menus. Depuis quand t'as des oursins dans ton portefeuille, Akanishi Jin ?

L'interpelé eût la bonne grâce de paraitre embarrassé.

- On se rattrapera ce soir, promis, dit-il.

- Hum… fit Maru, peu convaincu lui aussi.

Pourtant, comme tous avaient faim, ils ne firent pas la fine bouche, à part Ueda qui refusa de manger la moindre frite, arguant que lui au moins faisait attention à sa ligne. Déclaration qui amusa davantage ses amis et le vexa encore plus.

- Détends-toi deux minutes, Tat-chan, intervint alors Kame. Manger un peu gras pour une fois va pas te tuer. Regarde moi, je le fais bien, ajouta-t-il en engloutissant une bonne poignée sous le regard interloqué de ses camarades.

- En même temps, t'es taillé comme une arrête d'anchois, déclara Koki en regardant son camarade, alors évidemment, tu pourrais manger toutes nos frites, ça changerait pas grand-chose.

- Mais arrêtez avec ça, je suis pas squelettique ! protesta Kame, vexé à son tour. C'est chiant à la fin !

- Mais non, mon cœur, tu es parfait, intervint alors Jin, qui ne voulait pas voir la belle humeur de son petit ami s'évaporer pour une histoire de carrure. Et ça me fait plaisir de te voir manger de si bon appétit alors que tu picore d'habitude.

Un sourire radieux accueillit ces paroles et un baiser fougueux les récompensa, car Kazuya savait que son bien-aimé les pensait. Il se remit donc à manger, engloutissant pas moins de deux gros hamburgers et soixante quinze centilitres de coca cola, alors que les autres entamaient à peine les leurs.

- Hé ben… l'amour fait des miracles on dirait, constata Tatsuya, stupéfait.

- Ouais… s'il va pas se faire vomir ensuite… marmonna Koki, qui connaissait parfaitement les problèmes de son ami.

Malheureusement pour lui, Kamenashi n'était pas assez éloigné pour ne pas l'entendre. Il se leva, ses yeux noisette assombris par la colère.

- Je suis pas anorexique, putain, alors arrête avec ça !

Cinq paires d'yeux se posèrent sur le cadet du groupe, interloqués.

- Kazu… c'est faux hein ? fit Jin, soudain très inquiet car il n'ignorait pas que l'anorexie était une maladie grave.

- Je SUIS PAS anorexique, c'est clair ? cria Kame, se souciant peu d'attirer l'attention, dans la mesure où il parlait japonais et que les américains qui les entouraient ne le comprenaient pas.

- Mais ouais, c'est ça… Tu crois que je suis aveugle ? demanda le rappeur. Tu maigris à vue d'œil, Ka.

- Tanaka, la ferme, bordel ! Tu fais chier avec tes conneries à la fin !

- Je voulais rien dire pour pas inquiéter tout le monde, mais franchement, c'est évident, reprit Koki sans se laisser impressionner par la colère de son cadet.

- Kazu, tu… Dis-moi qu'il a tort et je te croirais, dit encore Akanishi, toujours aussi inquiet.

Le silence, seul, lui répondit et, incrédule, il vit son bien-aimé attraper son manteau et sortir du fast-food à la vitesse d'une comète, laissant tout le monde sur le carreau.

- Mais… Qu'est ce que…

- Rattrape-le, Bakanishi ! s'exclama Maru. Il est capable de faire une connerie, là !

Hochant la tête, Jin sortit à son tour, sans même prendre le temps de prendre sa veste et regarda de tous les côtés, cherchant où cette fusée de Kazuya avait pu se diriger. Il aperçut bientôt son petit ami qui tournait à toute vitesse dans une rue adjacente et accéléra l'allure pour le rattraper.

- Kazu ! Kazu, attends-moi ! cria-t-il en vain.

Ou Kamenashi ne l'entendait pas ou il faisait exprès de ne pas l'entendre. Dans les deux cas, il ne s'était pas arrêté. Augmentant encore la vitesse de sa course, Akanishi finit par le dépasser et l'attrapa par les épaules, essoufflé.

- Kazu, tu… tu… Qu'est ce qui… t'as pris ? haleta-t-il, cherchant à reprendre une respiration normale.

Comme il ne recevait aucune réponse, il le secoua. Il ne voulait pas le brutaliser mais le faire réagir. Il voulait au moins qu'il lui parle.

- Kazu, répond-moi, bordel ! Tu vois pas que je suis inquiet pour toi ?

Lorsque le jeune homme releva la tête vers son aîné, de grosses larmes striaient ses joues pâles… et creuses, Jin le remarquait à présent.

- Kazu… fit-il simplement, bouleversé. Mais pourquoi tu t'inflige ça ? Pourquoi tu… tu… Kazu…

La voix d'Akanishi s'était brisée sur le diminutif car il venait de comprendre que Koki avait raison.

- Je… Je le suis pas… C'est juste que… que… balbutia Kamenashi dont la colère s'était évanouie.

- Que… ? l'encouragea Jin en le prenant dans ses bras, se moquant des frissons provoqués par le froid.

- Que je mange pour compenser ton absence, mais comme j'ai pas envie de grossir, je… Enfin…

Le cœur de Jin se serra et une boule se forma dans sa gorge en entendant la déclaration de son bien-aimé. Alors c'était à cause de lui qu'il torturait son corps comme ça ? Pourquoi n'avait-il rien remarqué, tout à l'heure, lorsqu'ils avaient fait l'amour ? Etait-il devenu aveugle au point de ne pas avoir remarqué que celui qu'il chérissait tant n'était plus que l'ombre de lui-même ?

- Mon cœur, réussit-il à dire d'une voix étranglée par la tristesse, après quelques instants de silence. Il faut que tu… que tu arrête de faire ça. Tu étais si… Il faut que tu arrête, tu m'entends ? Je suis sérieux, Kazuya. C'est très mauvais ce que tu fais, là. Je ne vaux pas la peine que tu te détruises.

- Tu vaux tout ! rétorqua alors son cadet en s'emportant à nouveau, la voix pleine de larmes qui glissaient sur son visage. Tu comprends pas que je suis rien sans toi ? Que ma vie vaut plus rien si t'en fais pas partie ? Que j'ai besoin de toi comme j'ai besoin d'air ?

Cette déclaration laissa Akanishi pantois. Il savait que Kazuya l'aimait, oui. Mais il ne pensait pas que c'était à ce point. Comment aurait-il pu se douter une seconde de ce que son petit ami pensait vraiment ? Qu'il le voyait de cette façon ? Impossible et pourtant, en le voyant dans cet état, il ne pouvait pas douter de la sincérité de ce qu'il venait de clamer.

- Kazu, tu… Tu te trompe… Si tu te détruis comme ça pour moi, c'est que je ne suis pas bon pour toi, alors, on devrait peut-être…

L'éventualité de ce que suggérait Akanishi suffoqua son cadet comme une brusque douche glacée et il s'écrasa brusquement contre sa poitrine en la martelant de ses poings.

- Dis pas ça ! Dis rien ! Je veux pas t'entendre parler de ça ! C'est… C'est n'importe quoi ! Je comprends même pas pourquoi tu… tu…

- Kazu… dit Jin en l'enlaçant tendrement.

- Ne parle pas de me quitter, Jin… Je ne le supporterais pas… Je serais incapable de vivre si tu… si tu… murmura Kazuya, épuisé d'avoir couru, pleuré, de s'être agité à ce point.

- Shhhhhhhhhht… le berça alors Jin pour tenter de l'apaiser. Ca va aller. Je suis là, tout va bien. Je n'en parlerais plus, excuse-moi. Mais calme-toi…

Entre ses bras, les tremblements convulsifs qui agitaient son compagnon s'espacèrent, puis s'estompèrent et cessèrent enfin alors qu'il se détendait. Trop. Jin se rendit soudain compte qu'il ne tenait plus contre lui qu'une poupée de chiffon.

- Kazu ? KAZU ! hurla-t-il, paniqué, en se rendant compte que son compagnon avait perdu connaissance.

Glissant à genoux sur le trottoir avec son bien aimé inconscient dans les bras, Akanishi s'efforça de rassembler son sang-froid, alors qu'il était terrifié à l'idée qu'il pourrait le perdre définitivement. Sortant son portable, il appela une ambulance, puis raccrocha et serra davantage la frêle silhouette inanimée contre lui.

- Réveille-toi, Kazu ! lui ordonna-t-il en lui donnant des gifles destinées à parvenir à ce résultat. Réveille-toi ! (puis, constatant, que ça ne servait à rien) Je t'en supplie, Kazu, m'abandonne pas… Tu peux pas me faire ça… Reste avec moi. Je t'en prie, reste avec moi… répéta-t-il comme une litanie sans s'apercevoir qu'il pleurait à gros sanglots.

Il ne voyait ni n'entendait plus rien autour de lui, que la respiration difficile, sifflante de celui qu'il aimait et ne revenait pas à lui.

- Mais qu'est ce qu'elle fout, cette fuckin' ambulance ? cria-t-il à la ronde, avant de s'adresser à nouveau à celui qui ne pouvait l'entendre. Tiens-bon, mon amour ! Tiens bon ! Reste avec moi ! Tiens le coup !

Il pleurait encore lorsque les ambulanciers emportèrent Kazuya et qu'il embarqua avec eux, refusant de lâcher sa main. Sa main qui était froide. Si froide. Comment pouvait-il avoir les mains si glacées ? C'était comme si… Non, il ne devait pas penser à une telle horreur, même si voir son cadet sous assistance respiratoire était une torture. Bien sûr que Kazuya allait vivre ! C'était évident ! Il ne pouvait pas en être autrement !

Au milieu du trajet, les yeux du jeune homme s'entrouvrirent et un vague murmure franchit ses lèvres à travers le masque respiratoire.

- Jin…

La réaction fut immédiate : Akanishi éjecta presque l'ambulancier qui se tenait le plus près du malade et approcha son visage de celui de Kamenashi sans lâcher sa main.

- Je suis là, mon amour, l'assura-t-il en lui caressant les cheveux. Tiens le coup ! Ca va aller, mais tiens le coup ! On est presque à l'hôpital, alors reste avec moi ! Parle-moi, dis n'importe quoi, mais reste avec moi !

- Pourquoi… t'es si… paniqué… ? questionna faiblement Kame à travers le masque.

- Parce que t'es malade, baka ! répondit Jin sans pouvoir empêcher ses larmes de continuer à couler.

Un bras faible se leva vers son visage et essuya ses pleurs.

- Pleure… pas… Je vais pas… y rester…

- Bien sûr que non, parce que je te l'interdit ! Tu refusais que je te quitte, le contraire est valable aussi !

Pourquoi Akanishi avait-il l'impression que son bien-aimé devenait presque transparent ? Et pourquoi cette fuckin' ambulance n'allait-elle pas plus vite ?

- Accelerate, fuck ! You don't see that his condition worsens ? fit-il dans un mauvais anglais.

- Calm down, sir, lui dit alors l'un des ambulanciers. Crying doesn't help you and you'll raise his blood pressure.

C'est alors que l'ambulance s'immobilisa et que ses portes s'ouvrirent. Le brancard sur lequel se trouvait Kazuya fut adroitement saisi par l'équipe médicale, puis posé sur un chariot à roulette et rapidement poussé aux urgences, sans que Jin ne le lâche. Pourtant, sur l'insistance d'un médecin, il y fut obligé et c'est presque désespéré qu'il entendit son bien-aimé murmurer son prénom avant de le voir disparaitre derrière des portes.

Jin n'était pas croyant, mais lorsqu'il se laissa tomber à genoux derrière ces portes, il se mit à prier de toutes ses forces. Son Kazu DEVAIT se remettre. Il était prêt à n'importe quel sacrifice pour qu'il retrouve la santé. Il ferait n'importe quoi pour lui. N'importe quoi. Ce fut la sonnerie de son portable, qui le tira de ses prières. Il le sortit comme un automate et constata que l'écran annonçait « Taguchi Junnosuke ». Junno et les autres…Dans sa panique et sa frayeur, il les avait complètement oubliés. Il décrocha et, avant que son ami ait pu dire le moindre mot, annonça d'une voix blanche, que Kamenashi était à l'hôpital, dans un état qu'il ne pouvait ni expliquer, ni décrire. La réaction fut immédiate : son interlocuteur exigea l'adresse de l'hôpital, puis raccrocha et Jin comprit qu'ils venaient tous. Mais il s'en moquait éperdument. Il ne pensait qu'à son Kazu, incapable de comprendre ce qui s'était passé.

Le temps sembla passer au ralentit, s'étirer à l'infini et les autres eurent même le temps de le rejoindre dans la salle d'attente qu'il avait rejoint, contraint et forcé par le personnel médical. Le quatuor arriva en courant presque, le visage marqué par l'angoisse.

- Jin ! s'exclama Ueda. Qu'est ce qui s'est passé ?

- J'en sais rien, se lamenta Akanishi en se prenant la tête dans les mains. Il s'est écroulé d'un coup. J'en sais pas plus.

A cet instant, un médecin émergea des portes et s'approcha d'eux. Le regard bleu de l'américain les observa l'un après l'autre, puis il demanda :

- You are the patient's family ?

- I'm his boyfriend and they're very close friends, répondit très vite Jin, avant de questionner avidement : Is he in good health ?

- So, he has shortcomings in many things and that's why he lost consciousness. Its weight is also more lower than normal and of course ... you should know that it is bulimic. This disease is treatable, but it will be long. Especially, apparently, it does not date from yesterday. (tr : Et bien il a des carences en beaucoup de choses et c'est ce qui explique sa perte de conscience. Son poids est également bien en dessous de la normale et bien sûr… vous n'ignorez pas qu'il est boulimique. Cette maladie se traite, mais ce sera long. D'autant qu'apparemment, ça ne date pas d'hier)

Ca ne datait pas d'hier et aucun d'eux n'avait rien vu. Ou du moins, Koki avait vu quelque chose, mais pas ce qu'il fallait. Ils étaient en dessous de tout. Jin se sentait tellement coupable…

- But he will be fine, right ? s'enquit encore Akanishi.

- I understand he was travelling, but he'll have to stay here a while, fit le praticien sans vraiment répondre à la question. And someone will watch over him.

- Can we see him ? s'enquit alors Maru.

- Sure. We put him on a drip to restore the level of his shortcomings and he's conscious. You can see him one by one. And, he asked a person called Jin. (tr : bien sûr. Nous l'avons mis sous perfusion pour restaurer le niveau de ses carences et il est conscient. Vous pouvez le voir un par un. Et il a demandé quelqu'un du nom de Jin)

- It's me. (se tournant vers ses amis, il ajouta) M'en voulez pas si j'y vais d'abord, les gars.

- File, au lieu de dire des conneries, Bakanishi, dit Junno.

En marchant jusqu'à la chambre que le médecin lui avait indiquée, Akanishi s'exhortait au calme. Kazu allait guérir, le médecin l'avait dit. Il n'allait pas mourir, il était « juste » boulimique. Sa main se posa en tremblant sur la poignée de la porte et il afficha un sourire destiné à ne pas inquiéter son bien-aimé.

- Hey ! s'exclama-t-il en entrant dans la pièce immaculée.

Il réprima difficilement un mouvement de recul en voyant le masque à oxygène qui se trouvait toujours sur le visage livide de son cadet, le moniteur qui surveillait les battements de son cœur et son bras mince planté d'une aiguille reliée à un tuyau sortant d'une poche en plastique contenant un liquide transparent. Son cœur se serra en scrutant la frêle silhouette pâle qui semblait perdue dans l'immensité du lit d'hôpital. Il n'arrivait pas à croire que c'était son Kazu, toujours si plein de vie, qui était étendu là, presque fantomatique.

- Jin ! s'exclama Kazuya en lui offrant un sourire désarmant étant donné la situation.

- Comment tu te sens, mon amour ? questionna l'aîné en faisant un effort immense pour dissimuler la tristesse que lui inspirait son état, tout en s'asseyant près de lui sur le drap blanc.

Un petit rire désabusé fusa.

- J'ai connu mieux on va dire. J'ai pas vraiment compris ce que disait le médecin, mais une chose est sûre, je peux oublier les chorés pour le moment. Je sors quand ?

En l'entendant, il fut en effet évident à Jin, que Kazu n'avait pas compris un mot de ce que le médecin avait pu lui dire de son état. Il lui revenait donc de le lui annoncer et jouer au messager des mauvaises nouvelles n'était pas amusant du tout.

- Kazu… commença-t-il, ne sachant comment lui dire.

- Hum ?

Son regard noisette, à cet instant, était à nouveau si plein d'entrain, que lui annoncer la nouvelle semblait à Jin une tache insurmontable.

- Kazu, mon amour, écoute… Tu… Tu es malade, finit-il par dire. Tu avais raison sur un point : tu n'es pas anorexique. Mais tu es boulimique, ce qui n'est pas mieux. C'est une maladie qui se traite très bien. Tu va guérir. C'est juste une question de temps et de patience.

La surprise figea le jeune homme, qui, incrédule, fixa son compagnon.

- Jin… Ca veut dire quoi au juste ? questionna le plus jeune d'une voix tendue.

- Que tu vas devoir rester ici un bon moment pour te soigner.

- Combien de temps ?

- Je ne sais pas. Plusieurs mois certainement.

- Plusieurs mois… ici ? Dans cet hôpital ?

Akanishi hochait la tête en guise d'acquiescement, lorsque son petit ami se redressa brusquement, manquant arracher son masque à oxygène et faisant follement bipper le moniteur situé près de lui.

- Non ! Je ne veux pas rester dans un hôpital ! Je hais les hôpitaux ! S'il te plait, Jin, ne me laisse pas ici ! Je t'en prie !

La panique et la terreur était si audibles dans sa voix, que cela inquiéta son compagnon. Qu'il lui était douloureux de ne pas pouvoir accéder à une requête si pressante…

- Shhhhhhhhht… fit-il en le prenant dans ses bras, lui caressant le dos pour l'apaiser. Calme-toi, mon amour et sois raisonnable. Tu n'as pas le choix si tu veux guérir. Tu dois rester ici et bien écouter ce que te disent les médecins.

- Mais je ne comprends pas l'anglais, Jin, alors comment…

- Et bien je viendrais te voir tous les jours pendant des heures et je te l'apprendrais. Ca t'occupera et te sera utile en même temps.

- Mais le groupe…

- Ta santé est plus importante, intervint alors Ueda qui était discrètement entré avec les autres et avait, comme Akanishi, réprimé de justesse un mouvement de recul en voyant l'appareillage auquel leur cadet était relié. Johnny-san comprendra.

Kamenashi tourna la tête vers eux depuis les bras de son bien-aimé.

- Tat-chan, Junno, Maru, Koki…

- Alors tu t'amuse à nous foutre la trouille, maintenant ? plaisanta Junno sans conviction, pour cacher à la fois son inquiétude et son soulagement.

- Nan il a plutôt trouvé un nouveau moyen de tirer au flanc, renvoya le rappeur sur le même ton.

- Comme si c'était mon genre, marmonna Kamenashi.

- L'énervez pas, les gars, où la machine va s'emballer et on va voir rappliquer une infirmière qui nous jettera dehors, prévint Jin qui savait très bien qu'une dispute pouvait démarrer au quart de tour avec eux.

- Jin, tu… Tu me jure que tu viendras tous les jours ? demanda le plus jeune en se tordant les mains d'angoisse, terrifié à l'idée de rester seul.

- Je te le jure, tranquillise-toi, promit Akanishi en l'embrassant tendrement, ce qui eut pour conséquence de faire bipper la machine à nouveau. Maintenant, tu devrais dormir un peu. Tu en as besoin.

- Tu reste, hein ? s'enquit encore Kame en serrant convulsivement la main de son petit ami.

- Si c'est ce que tu veux, alors oui.

Rassuré par ces paroles, le jeune homme s'allongea de nouveau, lui dédia un petit sourire et ferma les yeux. Quelques minutes plus tard, il dormait profondément sans avoir lâché la main d'Akanishi.