Chapitre 7
Désaccords en série
Alors que, comme il l'avait promit, Akanishi revenait voir son Kazu en fin d'après-midi en se demandant s'il avait finalement pu se reposer comme il le lui avait recommandé, des gémissements sourds se firent entendre à travers la porte et il tendit l'oreille.
- Ooooooh Jin… Jin, ouiiii… Mmm… Encore… Jin…
Surpris, l'interpelé regarda à travers la petite vitre qui ornait le battant et vit son petit ami adossé aux oreillers, la tête renversée en arrière et les yeux clos qui, à en juger par le mouvement de sa main sous les draps d'hôpital, était en train de se faire plaisir en pensant manifestement à lui. Cette vision excita l'aîné au plus haut point et il s'humecta les lèvres de la langue, sans cesser de jouer les voyeurs.
- Mmm… Jin… Encore… Mmm… gémit de nouveau Kazuya en repoussant le drap, tout en accélérant le mouvement de sa main.
N'y tenant plus, ledit Jin ouvrit tout doucement la porte, sachant que son bien-aimé était si occupé qu'il n'y ferait pas attention, puis entra dans la chambre en la refermant et déposa délicatement son manteau sur une chaise. Il s'approcha ensuite de son compagnon, s'agenouilla sans que celui-ci le remarque et, se penchant, posa la bouche sur l'extrémité de sa virilité. Le geste inattendu fit à la fois gémir davantage et tressaillir le jeune homme, qui ouvrit brusquement les yeux en rougissant, stupéfait et embarrassé de voir l'objet de ses désirs, soudainement apparu devant lui, lui accorder une telle attention.
- J… Jin… Qu'est ce que tu… Aaaaaaah… Mmm… Aaaaaah…
Il fut interrompu par les plaintes rauques que lui provoquait la sensation grisante des lèvres de son bien-aimé sur son membre gonflé et sensible et reprit sa position initiale contre les oreillers afin de mieux en profiter.
- Alors tu te fais plaisir tout seul maintenant ? C'est pas très sympa de pas m'attendre… susurra Akanishi en donnant de coups de langue sur le sexe de son partenaire, comme s'il s'agissait d'une glace.
- Ooooh Jin… T'arrête pas… Mmm… Plus vite…
Exauçant avec plaisir le souhait de son cadet, l'aîné le prit totalement en bouche et exerça de longs mouvements de va et vient, en les accompagnant de petits coups de langue, tandis que les mains de son compagnon gémissant se perdaient dans ses cheveux, se crispant dessus lorsque le plaisir se faisait plus fort. Après quelques minutes de cette délicieuse torture, le corps du plus jeune s'arqua brusquement sous l'effet du violent orgasme qui le traversait et il se libéra entre les lèvres de son bien-aimé. Haletant, Kazuya rouvrit des yeux encore voilés de plaisir et fixa Jin, qui se redressait en se léchant les lèvres, le regard enfiévré.
- Jin, je… suis désolé.
- Pourquoi tu t'excuse ? demanda celui-ci en s'asseyant au bord du lit. Je trouve ça flatteur, moi, de te faire toujours autant d'effet après tout ce temps.
Pour toute réponse, le jeune homme vira à l'écarlate et détourna la tête vers la fenêtre. Mais Akanishi ne l'entendait pas de cette oreille et, de la main, l'obligea à le regarder à nouveau.
- Depuis quand ça te gêne ?
- Je… sais pas. Sûrement qu'on est à l'hôpital et…
- Et ça ne t'a pas empêché de me vouloir ce matin…
Il y eut un court silence, puis l'expatrié reprit.
- Et maintenant, je crève d'envie de te posséder, souffla-t-il. Tu devrais avoir honte, petit démon… T'entendre gémir mon prénom comme ça… Regarde dans quel état tu me mets…
Et pour que son petit ami s'en rende compte, il prit sa main et la déposa sur la bosse aussi conséquente que douloureuse, qui tendait son pantalon, se faisant presque geindre d'attente à la grande surprise du plus jeune.
- Tu va devoir faire quelque chose, reprit le plus âgé à voix basse. Tu peux pas me laisser comme ça, ce serait cr…
Il n'acheva pas, car la main de son cadet, plus rapide que la lumière, avait déjà déboutonné son jean et commencé leur enivrante danse à travers le tissu de son boxer. Le palpant, le massant, le caressant, le goûtant même parfois sans jamais accéder à sa peau. C'était une torture. Une divine torture à laquelle Akanishi, soupirant, se soumettait bien volontiers malgré son impatience. En une fraction de seconde, les doigts fins avaient libéré sa virilité de son boxer et débuté leur œuvre libératrice, exerçant de douces pression exactement là où il le fallait, mordillant, léchant, suçotant de la façon exacte qui convenait pour lui faire perdre la raison. La respiration haletante, Akanishi fixait le visage de son compagnon penché sur son bas-ventre. Comment un homme avec un visage si angélique pouvait-il être si doué en la matière ? Comment pouvait-il toujours savoir précisément de quelle façon le rendre fou ? Il connaissait trop bien son corps et ses réactions, voilà la vérité. Il le connaissait dans ses moindres détails, tout comme lui-même connaissait le sien par cœur. Une plainte sourde échappa à Jin, comme les lèvres sensuelles de son amant se refermaient à leur tour sur lui, entamant un ballet aussi complexe que grisant. Il ne tiendrait pas longtemps à ce rythme. Le regarder en train de se masturber l'avait déjà bien trop excité pour qu'il puisse se contenir encore longtemps. Il le savait, comme il savait que Kazuya le savait aussi.
- Aaaaaah, Kazu… murmura-t-il en plaquant une main sur la nuque de son petit ami pour accentuer davantage les sensations. Je… Je vais…
Le plus jeune comprit très bien ce que voulait dire son aîné, pourtant il ne cessa pas pour autant et accéléra même la cadence des pressions que sa bouche exerçait sur le membre de son bien-aimé, qui ne tarda pas à se répandre dans un ultime râle de jouissance.
Le silence retomba dans la petite chambre et les deux amants se fixèrent. Aucun des deux n'avait envie de s'arrêter en si bon chemin et pourtant, le risque omniprésent d'être découvert les freinait un peu, d'autant que c'était la fin d'après-midi et qu'il y avait donc du monde partout.
- On… devrait s'arrêter là, déclara finalement Jin d'une voix encore rauque.
- Oui, ce serait plus… raisonnable, acquiesça de même son cadet.
Mais leurs regards se croisèrent, encore pleins de fièvre et, à cet instant, ils surent que s'arrêter n'était plus possible. Il n'y avait qu'à observer leur souffle court, à deviner les battements frénétiques de leurs cœurs, à imaginer leur sang courant plus vite dans leurs veines, pour sentir un désir incontrôlable pulser dans le creux de leurs reins.
- Je vais te faire sortir, déclara soudain Jin.
L'étonnement se lut sur le visage de son cadet.
- Mais je croyais que…
- T'as vraiment envie qu'on doive se cacher chaque fois qu'on aura envie de faire l'amour ? Moi pas. Il doit y avoir un moyen et je vais le chercher. J'ai trop envie de toi pour supporter de ne pas pouvoir te prendre quand je le veux.
Ces mots firent frissonner Kazuya, qui se contenta de hocher la tête.
- J'y vais et je reviens, lança encore Akanishi en se levant.
Un baiser fougueux le coupa dans son élan, lui coupant le souffle et il sut qu'il devait y mettre fin avant de ne plus être capable de le repousser. Ce qu'il fit doucement.
- Kazu… Kazu s'il te plait… Deux minutes… Tu ne me facilite pas la tâche…
La vue de son cadet se mordillant la lèvre inférieure (ce qui la fit légèrement gonfler) faillit le rendre fou, mais il se morigéna et quitta rapidement la pièce. Il devait parler au médecin responsable du traitement de son Kazu.
A peine une demi-heure plus tard, Akanishi réapparaissait dans la chambre, un grand sourire aux lèvres, ce qui fit comprendre à Kazuya que son petit ami était parvenu à ses fins. Il poussa un petit cri de surprise, lorsque les bras de son compagnon se glissèrent sous ses genoux et ses aisselles, le soulevant et le calant contre lui.
- J… Jin, qu'est ce que tu fabrique ? Je peux marcher, pose-moi, protesta-t-il, embarrassé d'être porté comme une femme.
- Pardon, mon cœur, s'excusa l'aîné en le mettant debout sur le sol, mais j'étais si content d'avoir obtenu l'autorisation de te ramener à la maison, que…
Le rire clair de son cadet lui coupa la parole, raisonnant dans le vide de la pièce et se fit communicatif.
- Je vois, fit-il. Bah alors je vais m'habiller et on pourra y aller ok ? fit le jeune homme en récupérant ses vêtements dans le placard, avant de commencer à retirer sa blouse d'hôpital.
Il était tellement content de quitter ce lieu maudit… Il n'y était resté que deux jours, mais ça lui avait semblé une éternité. Retourner chez Jin rester auprès de lui seul avec lui, comme un véritable couple… C'était ce qu'il souhaitait le plus au monde mais qu'il n'aurait jamais avoué. Un hochement de tête lui répondit et il haussa les sourcils en le voyant se retourner.
- Bah qu'est ce qui te prend ? interrogea le cadet, interloqué. Depuis quand tu te retourne quand je suis à poil ? C'est nouveau ça.
- C'est pas ça, idiot… J'ai juste pas envie de te sauter dessus ici… rétorqua Jin en serrant les dents pour se contenir.
Un petit sourire en coin naquit sur les traits parfaits du plus jeune. Il était satisfait que son bien-aimé ait tant de mal à retenir ses pulsions envers lui. C'était vraiment rassurant pour lui qui avait si peu confiance en lui. Kazuya s'était figé devant le placard, un sourire aux lèvres. Il pensait déjà à tout ce qu'ils pourraient faire tous les deux une fois qu'ils seraient rentrés : des balades main dans la main, du shopping, des dîners en tête à tête… Il pourrait cuisiner des petits plats à son Jin adoré et le gâter un peu pour compenser sa solitude de ces derniers mois. Il aimait cuisiner et savait que son bien-aimé n'était pas insensible à ses talents culinaires.
Le cadet sursauta en sentant les bras musclés de son petit ami l'enlacer par derrière et l'embrasser dans le cou.
- C'est quoi, ce sourire ? A quoi tu pense ?
- A rien de salace, pour une fois.
- Oh, c'est possible ça ? le taquina Jin en posant tendrement ses lèvres sur sa joue.
- Ca va pas durer si tu me tiens comme ça… le prévint Kazuya sur le même ton.
L'aîné le lâcha donc en riant et le plus jeune s'habilla, puis se chaussa. Il était ravi de troquer l'horrible blouse d'hôpital contre ses propres vêtements. Un main dans ses cheveux pour les écarter de son visage et il se tourna vers celui qu'il aimait.
- Je suis prêt, déclara-t-il dans un sourire éblouissant qui fit fondre Akanishi.
Le plus âgé aurait voulu lui reparler de sa demande en mariage, lui demander s'il avait réfléchi, mais il n'osa pas et se contenta de le prendre par la main, pressé de sortir de l'hôpital.
Main dans la main, comme ce que voulais Kazuya, le couple quitta le bâtiment en souriant et se flâna longtemps dans les rues malgré le froid extérieur, heureux de profiter simplement de la présence de l'autre. Sur le chemin, Jin s'improvisa guide touristique, indiquant à son bien-aimé les bâtiments importants, les points de vue. Il alla même acheter en catastrophe un appareil photo jetable afin que son petit ami, émerveillé par ce qu'il voyait, puisse prendre des photos souvenir, comme un touriste classique. Il éclata de rire en se rendant compte que c'était lui que mitraillait Kazuya. Il lui ébouriffa les cheveux et, le voyant frissonner violemment, lui proposa de prendre un café bien chaud, ce que son plus jeune accepta sans hésiter car il avait vraiment froid.
- Kazu, ça va aller ? s'inquiéta l'aîné car les frissons de son cadet étaient devenus des tremblements quasi convulsifs.
- C… C…Ca va a… al… aller… parvint à dire le jeune homme entre deux claquements de dents.
Le cadet aurait voulu le traiter d'idiot, lui dire que c'était franchement débile de le faire rester dehors alors qu'il sortait juste de l'hôpital, qu'il n'était pas habillé pour passer autant de temps à l'extérieur, qu'il allait attraper la crève et se retrouver incapable de chanter… Mais son Jin était si heureux de ce moment en tête à tête, qu'il n'avait pas le courage de lui gâcher sa joie.
C'est alors que son petit ami lui adressait un sourire tremblant, qu'Akanishi se rendit compte que celui-ci avait les lèvres bleues. Il comprit alors que son compagnon était mort de froid et se sentit alors très coupable.
- Pardon Kazu ! Je suis désolé ! J'aurais du voir que… que tu…
- Tu v… vois j… jamais gr… grand ch… chose… al… alors j'ai l'... l'habi… l'habitude…
- Viens on rentre tout de suite, lui dit alors le plus âgé. Je veux pas que tu meures de froid.
Et en joignant le geste à la parole, il le prit alors dans ses bras comme une jeune mariée et quitta le café en courant à toute vitesse, avant même que Kazuya ait pu réagir. Ils étaient déjà à mi-chemin, lorsque ce dernier réagit enfin.
- J… Jin p… pose-moi, bordel ! J'ai fr… froid, je suis p… pas impotent !
L'éclat de voix surprit tellement Akanishi, qu'il posa son bien-aimé au sol et le fixa, interdit.
- Pardon… s'excusa l'aîné, piteux, d'une petite voix.
- Tu p… pense ja… jamais à r… rien ! l'accusa Kazuya, à bout. Ré… Réfléchis deux mi… minutes av… avant d'agir, Ba… Bakanishi. C'est dé… déjà ce que j… je te repro… reprochais quand tu é… était encore dans le gr… groupe !
- Mais Kazu…
- N… Nan c'est b… bon ! On r… rentre maintenant ! P… Passe devant !
N'ayant plus l'habitude des colères de son ex-leader, Jin sursauta presque lorsque son vieux surnom surgit dans la diatribe véhémente de celui qu'il aimait et il baissa la tête, ne sachant quoi répondre. C'était vrai qu'il avait toujours tendance à agir impulsivement et à ne pas se rendre compte quand il se plantait sur toute la ligne. Et visiblement, c'était précisément ce qu'il avait fait. Pourquoi ne s'était-il pas aperçu qu'avec une simple chemise et un petit manteau, son bien-aimé aurait immanquablement très froid ? A cause de sa bêtise, ce n'était plus son Kazu, qu'il avait devant lui, mais Kazuya Kamenashi, le leader de KAT-TUN. Comme avant, lorsqu'ils n'étaient rien de plus que des collègues. Comme avant qu'ils ne se déclarent.
Le silence retomba entre eux, pesant. La colère du plus jeune envers son aîné était presque palpable et ça mettait Jin mal à l'aise. Que pouvait-il faire pour récupérer son Kazu doux et tendre ? Que pouvait-il faire pour que la colère déserte ses prunelles noisette et que l'amour y réapparaisse ? Que pouvait-il faire pour revoir son magnifique sourire ? C'était ce que Jin se demandait sans cesse sans pour autant réussir à trouver une solution. Il soupira. Pourquoi avait-il le don d'énerver les personnes qui lui étaient le plus cher ?
C'est toujours en silence, que le duo arriva à l'immeuble et, inquiet, Jin vit son cadet s'envoler littéralement dans les escaliers, comme s'il était pressé de mettre de la distance entre eux. Ce geste d'éloignement le poignarda en plein cœur. A son tour, Akanishi gravit les cinq paliers et retrouva devant sa porte son Kazu qui, du coup, était monté en vitesse pour rien puisqu'il n'avait pas les clés. Osant à peine le regarder, il introduisit la clé dans la serrure, ouvrit le battant et le laissa passer en premier, ce qu'il fit sans prononcer le moindre mot. Jin aurait encore préféré qu'il lui crie dessus comment à l'époque, plutôt que de subir cet insoutenable silence.
- Kazu… Dis quelque chose… S'il te plait…
- Pour quoi faire ? fut la réponse sèche qu'il reçut sans même que l'interpellé ne se retourne.
- Je veux pas que tu sois fâché contre moi… répondit Akanishi dans une moue adorable. Je ferais n'importe quoi pour toi et tu le sais. Demande-moi n'importe quoi et je le ferais. Je t'en prie, Kazu…
Un soupir échappa au cadet. C'était toujours la même chose avec lui. Il faisait des conneries sans réfléchir et ensuite demandait pardon en promettant la lune, pour recommencer à la première occasion. Kazuya avait beau l'aimer à la folie, il trouvait cette attitude désinvolte un peu pesante à force. Secouant la tête, il se tourna vers son petit ami et, un peu réchauffé par la chaleur de l'appartement, consentit à répondre :
- Voilà tout le problème avec toi, Jin. Tout est un éternel recommencement de conneries et d'excuses. Jamais ça te sers de leçon. Et j'ai beau m'énerver, crier, te faire la gueule, te menacer, rien n'y fait jamais. Tu te rends compte à quel point c'est pénible ?
- Je sais…
- Tu sais mais tu fais rien pour que ça s'arrange. Jin… c'est toi l'aîné, ça devrait pas être à moi de te dire ça…
En quelques pas, Akanishi franchit la distance qui le séparait de son compagnon et fourra son nez dans son cou, avant de demander dans un murmure :
- Tu m'en veux à ce point ?
De nouveau un soupir. C'était déloyal ça… Comment Kazuya pouvait-il engueuler Akanishi, alors que celui-ci s'accrochait à lui comme ça, avec ce ton désespéré ? Impossible…
- Non, répondit le plus jeune d'un ton bougon.
- Vrai ?
- Ouais… T'es impossible…
- Kazu ?
- Quoi ?
- Je t'aime, tu sais ?
- Ouais moi aussi. C'est pour ça que j'arrive même pas à t'engueuler cinq minutes complètes…
- Je vais pas m'en plaindre, rétorqua Jin en relevant la tête dans un sourire qui toucha le cœur de son cadet.
- Nan mais ce serait bien que tu réagisses vraiment. Si je dois rester ici avec toi, va falloir faire des efforts hein. Sinon ça va pas le faire.
- Je te le promets, jura Akanishi, trop heureux que son bien-aimé soit redevenu Kazu.
- Mouais… Bah j'attends de voir pour croire, grommela encore le plus jeune qui ne voulait pas avoir l'air de renoncer si vite. En attendant, j'espère que t'as de quoi faire dans ton frigo.
Le changement de sujet stupéfia l'aîné, qui perdit contenance et observa un instant son petit ami comme si la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur l'avait rendu fou.
- Heu… C'est quoi le rapport ?
- Aucun. Je te demande juste si ton frigo est rempli, Jin.
- Ah… Heu… Bah à moitié.
Dans un troisième soupir, le jeune homme se dirigea vers la cuisine et ouvrit le réfrigérateur afin d'en inventorier le contenu, tout en se disant qu'il était faible face à son Jin et qu'en plus, il s'apprêtait à faire la cuisine pour lui, comme s'il devait être récompensé de sa bêtise. Kazuya devenait vraiment idiot dès que ça touchait son compagnon. Se penchant vers les étagères pour mieux voir, il entreprenait d'attraper de quoi préparer un plat rapide, lorsque les mains d'Akanishi se faufilèrent sous son t-shirt, caressant amoureusement ses abdominaux et pectoraux, le faisant sursauter et il manqua lâcher ce qu'il avait dans les mains.
- Jin… je suis un peu occupé là… protesta-t-il faiblement, déjà vaincu par le contact.
- Hum ? fit suavement ce dernier en lui mordillant le lobe de l'oreille. Tu peux t'occuper de ça après, pas vrai ? J'aimerais me faire pardonner correctement…
Le sous-entendu, parfaitement clair, fit bouillir le sang du cadet dans ses veines. Avec tout ça, il avait oublié qu'ils s'étaient interrompus à l'hôpital et le désir qui s'était évanoui à l'extérieur, refit son apparition en force.
Comme s'il l'avait parfaitement deviné, Akanishi lui retira doucement ce qu'il tenait encore, pour le reposer dans le frigo qu'il referma, puis l'enlaça à nouveau par derrière en l'embrassant dans le cou, laissant une de ses mains se glisser dans le pantalon de son cadet, plonger dans son boxer et commencer à caresser son sexe, qui ne tarda pas à réagir.
- Oh le vilain garçon qui est déjà tout dur alors que je l'ai à peine touché… souffla l'aîné à son oreille sans cesser de le masturber.
- Jin, c'est pas le mo… commença à protester son cadet, avant de pousser un gémissement de plaisir. Aaaaaaaah… Mmm…
- Oui ? Tu disais ? se moqua Akanishi, qui savait très bien que son compagnon ne serait plus en état de réfléchir ni de parler avant qu'il ait terminé sa phrase.
Un nouveau râle fut la réponse qu'il attendait et il s'écarta de lui, le temps d'enlever ses vêtements, puis ôta ceux de son partenaire en un tour de main et l'allongea sur le plan de travail de la cuisine.
- C'est froid, râla Kazuya. On sort de dehors je te rappelle.
- T'inquiète, t'auras chaud dans même pas deux minutes, je te le garantis, rétorqua Jin avant de reprendre là où il en était avant l'interruption.
Tandis que, d'une main, il recommençait à s'occuper du membre dressé de son petit ami, sa bouche entreprit d'embrasser et lécher chaque centimètre carré de son corps, s'attardant particulièrement sur ses tétons, qu'il agaça de la langue et mordilla doucement, faisait gémir son bien-aimé. C'était bon de le voir étendu là, offert et plus que consentant. Si bon que Jin sentait qu'il pourrait le prendre immédiatement sans la moindre préparation. Mais non, cette fois, rien ne les pressait. Il voulait prendre son temps avant de le faire sien. Abandonnant temporairement sa poitrine, les lèvres d'Akanishi s'envolèrent jusqu'ai cou gracile de son amant, sur lequel il déposa une pluie de baisers papillon, avant de prendre possession de sa bouche avec une gourmandise non feinte. Baiser auquel Kazuya répondit avec autant de passion, tout en gémissant contre ses lèvres au vu du traitement que Jin ne cessait d'administrer à son bas-ventre. Pourtant, bientôt, se contenter de ces caresses ne fut plus possible à l'aîné. Il crevait de désir au point d'en avoir presque mal. Il fallait remédier à la situation sans tarder.
- Kazu… dit-il d'une voix étranglée. Je tiens plus… C'est bon si je…
Il n'acheva pas sa phrase car, en guise de réponse, son cadet descendit du perchoir sur lequel il l'avait juché et lui présenta son admirable postérieur. Le cœur d'Akanishi manqua un battement, mais il se reprit aussitôt, car le désir qui pulsait douloureusement dans ses veines demandait à être assouvi. Jin se positionna à l'entrée de l'intimité de son amant, hésitant car il savait que, sans préparation, il allait lui faire vraiment mal.
- Viens… l'encouragea alors doucement Kazuya.
Ce simple mot mit le feu aux poudres et, posant les mains sur les hanches de son partenaire, Jin le pénétra totalement d'un brusque coup de reins. Le plus jeune poussa un cri de douleur qui résonna dans la pièce, Akanishi s'immobilisa le temps de laisser sa souffrance disparaître, l'embrassant sur chaque millimètre carré de peau que sa bouche pouvait atteindre, en s'excusant sans cesse.
- Jin ? finit par l'interpeller son cadet.
- Mon cœur ?
- Dépêche-toi.
- Hein ?
- Tu compte me faire attendre encore longtemps ?
- Mais…
- je vais bien. Dépêche-toi.
Il n'en fallut pas plus pour emballer la machine. En grognant, Jin commença à faire des va et vient dans le corps magnifique de son petit ami, arrachant à celui-ci des plaintes rauques et des gémissements, qui se muèrent en véritables cris de plaisir lorsqu'il accéléra la cadence et donne de grands coups de boutoir qui le libéraient de sa frustration sexuelle.
- AAAAAAH !… JIIIIIIN !… OUIIIIII ! … ENCORE !… cria Kazuya qui défaillait presque tant il trouvait ça bon.
Soudain, après quelques violents va et vient supplémentaires, le corps de Kamenashi se tendit comme la corde d'un arc et ses mains se crispèrent sur le plan de travail, faisant blanchir ses articulation, tandis que, dans un râle, il se répandait sur le carrelage, bientôt rejoint par son amant, qui se vida en lui.
Tandis que le plus jeune se redressait, encore haletant et tremblant de plaisir, il sentit les bras musclés de son compagnon encercler sa taille fine et sa joue se poser sur son dos, sans pour autant qu'il se retire, ce qui étonna Kazuya… mais pas autant que lorsqu'il le sentit de remettre à bouger en lui, lentement mais sûrement.
- Jin, qu'est ce que tu… Mmm… Aaaaah… fit le cadet, toujours réceptif.
- J'ai dis que je voulais me faire pardonner correctement, amour, répondit la voix grave d'Akanishi à son oreille, alors te faire jouir une fois n'est pas suffisant. Et c'est si bon de t'entendre me crier de t'en donner plus…
L'explication avait été accompagnée de mouvements de bassin évocateurs, qui déclenchèrent très vite de nouvelles plaintes du cadet.
- Aaaaah… Jin… Plus vite ! exigea Kamenashi.
- A tes ordres, susurra l'aîné en lui mordillant le lobe de l'oreille, tout en le masturbant et en donnant de grands coups de reins.
Durant les minutes qui suivirent, la cuisine fut à nouveau remplie de plaintes, gémissements et râles des deux hommes occupés à s'aimer de tout leur cœur et de toutes leurs forces. Lorsque, pour la seconde fois, ils se furent déversés, Jin, satisfait et essoufflé, se retira, avant de reprendre son amant dans ses bras et de l'embrasser amoureusement.
- Alors, je suis pardonné ? demanda Akanishi dans un murmure.
- Démon… C'est pas humainement possible d'être aussi doué… souffla Kazuya dont le cœur battait encore à tout rompre.
- C'est flatteur, mais ça ne répond pas à ma question, Kazu.
- A ton avis, idiot ?
Un magnifique sourire éclaira les traits de l'aîné, faisant naître sa réplique sur le visage de son cadet, qui posa une main sur sa joue et l'embrassa tendrement.
- Allons prendre une douche, lança Kamenashi.
- Kazu ?
- Hum ?
- La prochaine fois, inversons les rôles.
La demande stupéfia tant Kazuya, qu'il fixa son amant en écarquillant les yeux, bouche ouverte comme un poisson hors de l'eau. Avait-il bien compris ce qu'il devait comprendre ? Parce que jamais, depuis qu'ils étaient ensemble, Jin ne lui avait proposé une chose pareille. Il devait s'assurer qu'il avait bien saisi.
- Tu… Tu veux dire… ?
Un hochement de tête affirmatif lui répondit.
- Tu es sûr de toi ?
- Tu veux pas ?
- C'est… c'est pas ça. Tu me prends juste au dépourvu. Tu m'avais jamais demandé ça en trois ans alors j'ai de quoi être surpris.
- Je sais, mais j'ai envie de te sentir en moi pour une fois.
Formulée de cette façon, la phrase fit rougir le plus jeune et cette soudaine rougeur fit rire Jin.
- J'adore quand tu rougis innocemment, alors que tu es aussi gourmand que moi en la matière, railla gentiment l'aîné.
- Ouais c'est super marrant. Ah ah ah, j'en rigole encore, se renfrogna Kazuya.
- Allez mon cœur, boude pas, lui dit encore Akanishi en l'embrassant sur la joue.
Pour toute réponse, le cadet lui tira la langue, puis s'éloigna en direction de la salle de bain, dans laquelle il entra prendre sa douche sans que Jin ne le suive, ce qui demanda un gros effort à ce dernier, parce que voir l'eau ruisseler sur le corps de rêve de son petit ami était un enchantement dont il ne se lassait pas. A son tour, Jin alla se laver, tandis que Kazuya se rendait à la cuisine pour nettoyer le sol souillé par leur jouissance commune.
Lorsque ce fut fait, le jeune homme se mit à cuisiner ce qu'il avait à l'esprit avant d'être interrompu, en chantonnant gaiement un air sans queue ni tête. Au bout de quelques minutes, une délicieuse odeur envahit l'appartement, mettant l'eau à la bouche de Jin, qui se rendit soudain compte qu'il mourrait de faim. Prenant place sur l'un des tabourets de bar placé devant le plan de travail, il posa le menton dans sur ses mains croisées et observa son compagnon concentré sur sa tâche culinaire.
- J'avais oublié combien tu étais doué en cuisine et à quel point te regarder faire est agréable, remarqua Akanishi dans un sourire.
- D'ailleurs, ça va bientôt être prêt. Tu mets la table ?
- OK, répondit son petit ami en se levant pour s'approcher d'un placard dont il sortit deux bols et deux paires de baguettes.
Voilà, c'était comme ça que Kazuya concevait le bonheur : être seul avec lui, cuisiner pour deux, manger en discutant de choses et d'autres sans évoquer la carrière de l'un ou de l'autre. Comme un couple classique. Il était si bien qu'il en oubliait presque à quoi il devait ce séjour prolongé à New York. Presque mais pas complètement. Un léger soupir franchit ses lèvres, que Jin n'entendit pas. Il sentait que ce maudit traitement anti boulimie allait le rendre malade et qu'il devait profiter à fond du moindre moment où il se portait bien.
Servant le repas, il prit ensuite place face à son compagnon en grimaçant (il n'y avait pas été de main morte avec lui, le démon) et lui souhaita bon appétit, recevant le même vœu de sa part. Il commençait à déguster ses sobas, lorsqu'il s'aperçut que Jin s'était figé, baguettes en l'air et le fixait.
- C'est si mauvais que ça ?
- Bien sûr que non mais, Kazu…
- Hum ?
- Tu… Maintenant, je suis là, avec toi, pas vrai ?
- Bah oui, acquiesça Kazuya qui se demandait où il voulait en venir.
- Et… t'es bien avec moi nan ?
- Ben oui.
- Alors du coup, tu ne vas plus… enfin…
C'est alors que le plus jeune réalisa ce que cherchait à dire son amant et il soupira lourdement, embarrassé.
- J'aurais voulu te répondre que non, Jin, mais… c'est devenu une habitude dont je peux pas me débarrasser comme ça. C'est pour ça que je vais prendre un traitement, tu te souviens ?
Un silence suivit ces paroles et, de nouveau, Akanishi se sentit coupable de l'état de santé de celui qu'il aimait. S'il n'était pas parti, rien de ce genre ne se serait produit et son Kazu serait toujours en pleine forme. Mais avoir des regrets ne résoudrait pas le problème et il savait qu'il se ferait traiter de "Bakanishi" s'il évoquait ses remords avec lui.
- Pitié, fais pas cette tête, Jin, s'agaça Kamenashi. T'y es pour rien, c'est moi. Donc t'as pas à te sentir coupable.
Surpris, l'aîné dévisagea son cadet.
- Mais comment…
- Ca aussi t'as perdu l'habitude on dirait. Tout ce que tu pense se reflète sur ton visage. Maintenant mange et arrête de te mettre la tête à l'envers, ça changera.
- Oui chef ! s'exclama Akanishi en faisant un petit salut militaire.
- Bakanishi ! fit Kazuya, désespéré. Mange au lieu de faire l'andouille.
Sans rien ajouter, le plus jeune se mit à aspirer ses nouilles. Akanishi étant un goinfre, il se resservit deux fois, s'attirant les railleries de son petit ami, qui arguait qu'à force de manger comme quatre, il allait finir par s'empâter et que ses groupies le trouveraient beaucoup moins sexy.
La moquerie vexa l'aîné.
- Et toi, tu me trouverais toujours sexy si je prenais du poids ? s'enquit-il dans une moue boudeuse.
- Jin…
- Réponds-moi, Kazu.
Le plus jeune soupira, puis obtempéra.
- Bien sûr que oui, parce que si je t'aime, c'est pas seulement parce que t'es trop bien foutu, mais parce que tu es comme tu es. Les fans, c'est autre chose. Elles t'aiment pour ton apparence pour la plupart et elles laissent rien passer, tu le sais bien.
La dernière partie de la réponse de son cadet passa totalement à la trappe dans l'esprit de Jin, occultée par l'assurance réitérée que son Kazu n'aimait pas que son corps. Un grand sourire éclaira de nouveau son visage et, encore une fois, Kamenashi en fut touché en plein cœur. Il lui ébouriffa les cheveux, le faisant s'esclaffer, puis il reprit :
- D'habitude, c'est moi qui ai besoin d'être rassuré. Depuis quand le grand Akanishi Jin doute de son sex apeal ?
- Je doute pas du tout.
- Mouais… Alors c'était quoi ya deux minutes, hein ? Une manifestation d'une pleine confiance en soi ?
- Kazuya, la ferme…
- Roh, te vexe pas, Bakanishi. T'aime pas avoir tort, hein ? Ca non plus ça a pas changé.
- Tu peux parler, hein ! Tu supporte toujours pas de pas avoir le dernier mot on dirait ! accusa Jin à son tour.
Un silence plein de ressentiment s'installa. Force était de constater que, s'ils s'aimaient, les disputes dues à leur fort caractère et à leur entêtement, étaient constantes. Ils s'entendaient à merveille, jusqu'à ce qu'un grain de sable se prenne dans la roue de leur bonheur et les choses dérapaient. Tous deux s'en parfaitement compte, mais leur orgueil leur interdisait de capituler le premier en cas de désaccord, ce qui faisait systématiquement monter le ton. Les choses étaient blanches ou noires, jamais grises. Le mot "compromis" semblait absent de leur vocabulaire, au demeurant pourtant bien fourni. Quelque part, Koki avait raison quand il disait qu'ils étaient bien assortis.
Et, une fois encore, aucun des deux ne voulut céder devant l'autre, à tel point que, après un affrontement visuel de plusieurs minutes, Kazuya s'énerva.
- 'Tain mais t'as vraiment un caractère de merde quand même !
- Toi aussi je te signale ! T'as l'air fragile, mais tu l'es pas ! C'est un genre que tu te donne, c'est tout !
- Ah ouais ? Et mon poing dans ta gueule, il va se donner un genre aussi ?
- T'en es pas capable !
- Tu me prends vraiment pour une femme, ma parole !
- T'en auras jamais le courage, je te dis ! T'es bien trop…
Le poing de son petit ami qui s'écrasait sur sa mâchoire l'empêcha de poursuivre et il tomba de sa chaise. Se relevant en se frottant la mâchoire, il fit de nouveau face à son compagnon et, à son tour, lui expédia son poing dans la figure. Le choc fit éclater la lèvre inférieure de Kazuya et un filet de sang en coula, que le jeune homme essuya d'un revers de main, le regard noir de rage. Sans attendre, il riposta d'un nouveau coup qui tuméfia la pommette de son adversaire du moment qui, lui-même, le frappa sur le nez.
Après plusieurs minutes de bagarre, les deux belligérants se laissèrent tomber au sol, essoufflés et grimaçants de douleur car ils ne s'étaient ratés ni l'un ni l'autre. Un coup d'œil au visage enflé de Jin horrifia soudain son cadet. Bien sûr, ils s'étaient souvent disputés, pourtant, jamais ils n'en étaient venus aux mains. C'était la première fois et il s'en voulait.
- Jin, je… Je suis désolé, s'excusa Kazuya en tendant le bras pour effleurer du bout des doigts le cocard qui commençait à apparaître autour de l'œil droit de l'aîné.
- Faut être au moins deux pour se battre. T'as pas à t'excuser, fit ce dernier en s'adossant au plan de travail. On a été cons tous les deux.
- Mais à cause de moi, tu va pas pouvoir répéter pendant plusieurs jours.
- Bah ça me fera un peu de vacances. Et puis je t'ai bien amoché moi aussi, alors on va dire qu'on est quittes. Si tu sortais dans cet état, les gens penseraient que je te bats.
L'idée sembla horrifier le plus jeune, qui bâillonna son petit ami d'une main, comme pour l'empêcher de continuer sur le sujet.
- Non, tait-toi ! Dis pas ça ! Jamais !
- Kazu… fit la voix étouffée de Jin derrière le rempart de la main de son bien-aimé.
- Je sais que tu me feras jamais de mal.
- Bien sûr que non, acquiesça Akanishi en ôtant doucement la main.
Le silence retomba entre eux et Kazuya en profita pour se blottir contre l'homme de sa vie, qui l'entoura de ses bras, tandis que le plus jeune posait la tête sur son épaule.
- Dis, Kazu, tu…
- Mmm…
L'absence de réaction réelle de son compagnon étonna Jin, qui tourna la tête vers lui et constata avec amusement qu'il s'était endormi. Sans le réveiller, le plus âgé l'attrapa donc sous les aisselles et les genoux et le porta jusqu'à sa propre chambre. Là, il le coucha dans son lit, qu'il n'avait heureusement pas refait, puis rabattit la couette sur lui, avant d'écarter tendrement une mèche tombée sur son front délicat. Pas étonnant qu'il soit épuisé alors qu'il n'était même pas quatorze heures, avec tout ce qui s'était passé depuis le matin : ils avaient marché, s'étaient engueulés, avaient fait l'amour deux fois, s'étaient encore disputés et, pour finir, s'étaient battus. De quoi épuiser quelqu'un de plus fragile que Kazuya. Or, malgré ce qu'Akanishi avait dit sous le coup de la colère, son Kazu ETAIT fragile. Vraiment. Malgré que, par fierté, il fasse toujours mine d'être fort en toute circonstance, lui, Jin, savait bien ce qu'il en était réellement.
Se penchant pour déposer un léger baiser sur ses lèvres entrouvertes, il s'apprêtait à retourner dans le salon, lorsqu'une main de son cadet agrippa doucement la sienne.
- T'en va pas, souffla-t-il, plus qu'à moitié endormi, mais conscient malgré tout, que la présence rassurante de son petit ami s'éloignait.
- D'accord, céda l'aîné sans résister.
Ouvrant l'autre moitié de la couette, Jin se glissa à côté de son cadet et le prit contre lui tandis que, instinctivement, Kamenashi se blottissait contre lui comme un chaton. Bientôt, la respiration du plus jeune se fit lente et profonde, signe qu'il dormait vraiment.
- Dors bien, Akanishi Kazuya, murmura Jin en l'embrassant sur le front, avant de sombrer à son tour dans le sommeil.
