Chapitre 8
Mauvaise surprise
Lorsque Kazuya se réveilla, il faisait nuit noire et, l'espace d'un instant, il se demanda où il était. Il lui fallut quelques secondes le temps de faire le point et de reconnaître la chambre de Jin. Seulement, il n'avait pas le moindre souvenir de s'y être rendu. Le son de la télévision lui parvenait de façon étouffée, comme si le son avait été baissé, ce qui lui fit comprendre que son bien-aimé était dans le salon.
- Jin ? appela-t-il en se redressant.
Presque aussitôt, ce dernier fit son apparition et s'adossa au chambranle de la porte.
- Salut le beau au bois dormant, dit-il, amusé. J'ai bien cru que tu te réveillerais plus. Jamais vu un sommeil aussi abyssal.
- Je me souviens pas m'être endormi.
- Tu t'es écroulé sur mon épaule après notre baston.
- Quelle baston ?
- Tu t'en souviens pas ? A qui je dois ce magnifique œil au beurre noir à ton avis ? Tu tape fort, mon cœur.
En écoutant parler son petit ami, des morceaux de ladite bagarre lui revinrent par flash.
- Ouais, si, ça me revient en fait. Tu m'as porté jusqu'ici ?
- Tu dormais trop bien. J'ai pas eu le courage de te réveiller.
- C'est gentil, sourit Kazuya.
Jin le regarda et s'abstint de lui faire remarquer que, pris par leur dispute, il n'avait pas été se faire vomir après manger. Une idée germa alors dans sa tête : s'il réussissait à occuper assez son cadet après chaque repas, il oublierait de se faire régurgiter. Alors il verrait si ça lui manquait ou non. Et si ce n'était pas le cas, il pourrait voir avec l'hôpital si le traitement était toujours nécessaire.
- A quoi tu pense ? fit la voix de son cadet depuis le lit.
Akanishi lui sourit.
- A rien de spécial. J'avais juste les yeux dans le vague, mentit-il adroitement.
- Je vois. Quelle heure il est ?
- Vingt-trois heures trente passées. T'as roupillé plus de quatre heures. T'as faim ?
- Un peu.
- Une pizza, ça te dis ?
- Pas trop. J'suis pas fan de ce genre de truc. Et puis à cette heure-là, ça me parait pas très possible.
- Je nous fais livrer des sushis alors ? De toute façon, ya des tonnes de trucs ouverts à toute heure.
La proposition fit rire le cadet, qui se leva et rejoignit son aîné, se blottissant dans ses bras.
- Tu cuisine toujours pas ? demanda-t-il, l'amusement faisant pétiller son regard noisette.
- Ca m'arrive, mais c'est pas toujours mangeable, alors, le plus souvent, je me fais livrer un truc. Mais même ça c'est moins bon que tes petits plats.
- C'est flatteur ça. T'as mérité d'en avoir un autre ce soir, sourit-il.
- Cool.
Kamenashi déposa un baiser sur le bout du nez de son compagnon et s'éloigna vers la cuisine d'une démarche dansante. Tout en lui emboîtant le pas, Jin se surprit une fois de plus à penser que la place logique de son Kazu était près de lui. Il lui semblait tellement naturel de le voir évoluer dans l'appartement, de l'entendre chantonner ou rire dans une pièce, de pouvoir lui parler et le toucher quand il le voulait. Jin ne voulais pas perdre ça. Il ne le voulait plus. Il devait obtenir une réponse.
Le retrouvant dans la cuisine où Kazuya était à l'aise comme un poisson dans l'eau, il le regarda s'affairer à couper de la viande pour un nabe, puis se décida à prendre la parole.
- Kazu ?
- Hum ? fit l'interpellé sans lever le nez de ce qu'il faisait.
- Tu… T'as réfléchi ?
- A quoi ?
- A… ma demande.
Le couteau, si agile la seconde d'avant, suspendit la descente amorcée et celui qui le tenait fixa son interlocuteur.
- Je… Non pas encore.
- Qu'est ce qui te retient ? interrogea Jin. Puisque tu m'aime, pourquoi tu hésite ?
Il y eut un silence. Un peu trop long, car Akanishi insista.
- Kazu ?
- Même si je… disais oui, tu vis ici, à New York et moi à Tokyo. On se verrait presque jamais. Ca rimerait à rien.
- Et si je rentrais ?
- bah si tu r… QUOI ?
Avait-il bien entendu ce qu'il avait cru entendre ? Son bien-aimé venait-il bien de proposer de quitter les Etats-Unis s'il acceptait de l'épouser ?
- Qu'est ce que tu raconte comme conneries ? Sois un peu sérieux.
- Je suis tout à fait sérieux, rétorqua Akanishi en franchissant la courte distance qui les séparait, pour l'enlacer.
- Mais ta carrière ici ? objecta encore son cadet, toujours incrédule.
- Si c'est le seul moyen pour que tu dises oui, alors je quitterais les States sans regret.
Il n'ajouta pas que, de toute façon, son actuelle tournée était achevée et qu'aucune autre n'était prévue.
La déclaration stupéfia Kazuya, qui ne sut plus quoi dire, mais Jin n'avait pas la moindre envie de le laisser tranquille avant d'avoir obtenu une réponse, quelle qu'elle soit.
- Alors, Kazu ?
- Mais, fit celui-ci en se retournant dans ses bras pour le regarder dans les yeux. T'es sûr de ce que tu fais ? T'auras pas de regret ? Je veux dire… Tu peux plus revenir ni dans le groupe ni à la Johnny's, alors…
- Je suis loin d'être fini au Japon. Je me trouverais un agent et ça roulera tout seul. Je suis assez connu pour ça. T'inquiète mon cœur, je sais ce que je fais. J'aurais aucun regret. Tout ce qui compte pour moi, c'est toi.
Son ton était si ferme et décidé, qu'il vainquit les dernières résistances de Kazuya.
- Bon alors, dans ce cas…
- T'accepte ? s'enquit avidement Akanishi.
Il y eut un silence solennel, puis Kazuya répondit :
- Oui, Jin, j'accepte de t'épouser.
Le sourire radieux qui accueillit ces paroles, fit taire l'insidieuse petite voix qui, dans la tête du cadet, lui soufflait que c'était bien trop tôt puisqu'il n'avait retrouvé son bien-aimé que depuis à peine soixante-douze heures. A la grande surprise du plus jeune, son aîné l'enlaça, puis le fit tourner en riant joyeusement, avant de l'embrasser passionnément.
- Merci, Kazu ! Tu le regretteras jamais toi non plus, je te le jure ! s'exclama-t-il.
Son bonheur était si manifeste qu'il en était contagieux et, à son tour, le plus jeune s'esclaffa.
- C'est bien joli, tout ça, mais qui annonce la nouvelle aux gars ?
- Hein ?
- Tat-chan, Koki, Maru et Junno, précisa le cadet.
Comme Akanishi semblait ne pas comprendre où il voulait en venir, Kazuya ajouta encore :
- Je sais pas toi, mais moi, je me vois pas me marier sans qu'ils soient là tous les quatre.
- Ah… Heu ouais bien sûr, fit Jin en se passant une main dans les cheveux, gêné d'avoir égoïstement pensé à faire ça vite fait sans personne d'autre qu'eux deux.
- Et pour qu'ils y soient, faut les prévenir, baka.
- Ouais.
- Donc, qui… En fait non. C'est toi qui a fais la demande, alors tu leur dis. Et met le haut-parleur, hein. Je veux entendre leurs réactions.
En effet, celles-ci risquaient d'être du plus haut comique. Kazuya imaginait déjà la tête de Tanaka. Dommage qu'ils n'aient pas de visiophone. Comme la réaction se faisait attendre, Kazuya s'empara du téléphone de son compagnon, posé sur la table basse, chercha le numéro de Koki dans le répertoire et fourra l'appareil dans les mains de Jin après avoir pressé la touche d'appel.
- Zou.
Le plus âgé n'eut pas le temps de protester ni d'hésiter, car le rappeur de KAT-TUN décrocha à la première sonnerie.
« Ouais ? Tanaka à l'appareil. »
- Heu… Salut Koki.
« Hey salut Akanishi. Je pensais pas avoir de tes nouvelles si vite. Ca va ? Et Ka, comment il se sent ? »
- Il va bien. On va bien tous les deux. Il est à côté de moi là. A l'appart'.
« Tant mieux. Il nous a foutu la trouille ce couillon »
Il y eut un petit silence, pendant lequel Jin, au bras duquel son fiancé s'était accroché, chercha ses mots. Ce qui fit comprendre à l'intuitif Koki, que son ami expatrié ne l'avait pas appelé que pour donner des nouvelles.
« Qu'est ce qui se passe, Jin ? »
- Heu… En fait je sais pas bien comment te dire ça…
« Bah accouche, tout simplement. Depuis quand tu fais des manières avec moi ? »
- OK. Kazu et moi on va se marier.
Silence. Silence qui dure. Silence qui dure longtemps.
- Koki ? Ca va ?
« J'suis juste en train de me demander si vous vous foutez de moi en fait. »
- Nan.
« C'est bien c'que je pensais… »
Les points de suspension étant audibles dans sa voix, le couple se regarda, se demandant ce que ça pouvait bien signifier. Amusement ? Colère ? Déception ? Désapprobation ? Tant que leur ami restait muet, ils ne le sauraient pas.
« Qui a eu cette idée… ? »
Il n'ajouta pas "à la con" mais c'était si sous-entendu, que Kazuya ne put s'empêcher de répondre :
- C'est Jin !
« Pourquoi j'suis même pas étonné… C'est bien une idée de Bakanishi un truc pareil. »
- Cache ta joie surtout, hein, ronchonna le "fautif" dans le combiné.
« Ca va, te vexe pas non plus. J'ai p'têtre le droit d'être surpris hein. C'est pas tous les jours qu'on entend ce genre de truc. »
- Et t'en pense quoi ? demanda encore Kazuya en se rapprochant.
« J'en pense… J'en pense… 'Tain, Ka, t'as de ces questions ! Qu'est ce que tu veux que j'en pense ? »
- Bah j'en sais rien moi. t'as pourtant pas la langue dans ta poche d'habitude… réagit l'interpellé.
De nouveau un silence.
« J'suppose que le mot à dire dans ces cas-là, c'est "félicitations". »
- Ca a l'air de t'arracher la bouche. Je pensais que tu serais content pour nous… remarqua tristement Jin.
« Bah je suis pas mécontent mais… Enfin vous avez bien réfléchi ? Etre mariés en habitant chacun à un bout de la planète, ça va pas être évident. Vous pourrez le supp… »
- Jin a dit qu'il rentrerait avec moi, l'interrompit Kazuya.
« Hein ? Sérieux ? »
L'incrédulité était aussi audible dans la voix du rappeur, que dans celle du principal intéressé lorsque son compagnon lui avait proposé ça.
- Je serais prêt à n'importe quoi pour lui, intervint Akanishi.
« Y compris sacrifier ta carrière ? », questionna Koki sans savoir qu'il ne sacrifiait en réalité pas grand-chose. « Tu m'étonne là, Bakanishi. Enfin, faire un truc aussi dingue est bien dans ton genre. Alors, c'est prévu pour quand ? »
- Heu… On a pas choisi la date encore. Mais ce sera un truc en dix minutes à Las Vegas.
« Les autres sont au courant ? »
- Pas encore. C'est toi qu'on a appelé en premier, répondit leur cadet.
« Et bah bon courage, les mecs. », rigola Tanaka.
- Merci, trop gentil… fit Jin.
- Ils vont mal le prendre, tu crois ? interrogea Kazuya, incertain.
« J'en sais rien. Je pense surtout qu'ils vont être aussi surpris que moi. Mais après, pour deviner leurs réactions… »
- On commence par qui à ton avis ?
« Ueda. Ce sera moins dangereux. », s'esclaffa encore leur correspondant. « Vous me raconterez leur réaction. Je veux rigoler aussi. Allez, à plus. »
Le rappeur raccrocha et la tonalité sonna dans le vide avant que Jin ne se décide à appuyer sur la touche de fin d'appel. Akanishi et se fiancé se regardèrent l'air de dire « Bon ça c'est pas si mal passé après tout ». A leur sens, le plus difficile était passé. Parler à Junno, Maru et Ueda serait plus simple. Du moins était-ce ce qu'ils pensaient.
- Tu veux que je me charge de Ueda ? demanda Kamenashi.
- Ouais. Tu feras Junno aussi et je finirais avec Maru. Comme ça on aura partagé à égalité.
Le plus jeune hocha la tête en guise d'assentiment et sortit son propre portable, avant de composer le numéro de leur ami boxeur.
« Oh Kame ! », s'exclama la voix douce et joyeuse de l'aîné du groupe. « Comment tu te sens ? »
- Ca va, Tat-chan. Je t'appelle parce que j'ai un truc à t'annoncer.
«Rien de grave au moins ? »
- Non non, ne t'inquiète pas. En fait on… on va se marier, Tat-chan.
Il y eut un silence pendant lequel le cadet de KAT-TUN commença à se dire qu'ils auraient droit à ce blanc dans la conversation encore deux fois et soudain…
« YOUHOUUUUUUUUUUUUUU ! »
Ce cri interloqua les deux exilés, qui se regardèrent.
- Tat-chan ?
« Je me demandais si l'un des deux allait profiter de l'opportunité Etats-Unis pour officialiser les choses ! »
- Heiiiiiiiiiiiiiiin ? firent en chœur Jin et Kazuya.
Si Akanishi comprenait bien, Ueda avait pensé à ça avant même que l'idée d'épouser Kazuya ne lui traverse l'esprit ? Alors ou le boxeur avait des pouvoirs surnaturels, ou une intuition drôlement efficace.
« Qui a posé la question fatidique ? »
- Heu… c'est Jin.
« Bien joué, mon vieux ! »
- Heu… bah merci, fit l'interpellé, encore surpris d'une réaction si enthousiaste après la quasi absence de réaction de Koki.
- Ca fait plaisir de t'entendre si content pour nous, Tat-chan, fit alors Kazuya dans un grand sourire audible même au téléphone. On te dira dès qu'on aura choisi une date.
« Super, alors on fait comme ça ! Félicitations les gars ! », s'exclama encore Ueda avant de raccrocher.
Une nouvelle fois, les deux amants se regardèrent, puis éclatèrent de rire. Après l'attitude pour le moins tiède de leur ami rappeur, celle de Ueda leur réchauffait le cœur et c'est en souriant toujours que Kazuya parcourut son répertoire jusqu'à tomber sur le numéro de Junno.
- Salut Junno ! s'exclama-t-il, tout joyeux.
« Yo Kame. Va bien ? »
- Génial ! répondit le plus jeune, si content de Ueda, qu'il lâcha brusquement : Jin et moi on va se marier !
Le silence devenu rituel, puis…
« Ah… »
Wow… Ca c'était de la réaction. Son bel enthousiasme brusquement douché, Kazuya baissa la tête. Ils pensaient que leurs amis se réjouiraient pour eux et au lieu de ça… Ils n'avaient pas mérité ça. Les larmes aux yeux, le cadet fut incapable de reprendre la conversation et, s'en rendant compte, Jin reprit le téléphone.
- Qu'est ce qui te prend de dire ça, Taguchi ? Tu te rends compte de la peine que tu fais à Kazu ?
Il écarquilla alors les yeux, car seule une tonalité lui répondit. Junno avait brutalement raccroché.
- Quelle mouche le pique encore celui-là ? marmonna Jin avant de s'apercevoir que des larmes roulaient sur les joues pâles de son fiancé. Hé Kazu…
Ne sachant trop quoi faire ou dire pour le consoler, l'aîné se contenta de le serrer dans ses bras en maudissant intérieurement la stupidité de Junno. Comme les pleurs de son bien-aimé ne se calmaient pas, Akanishi se sentit à nouveau coupable. S'il n'avait pas fait cette proposition, jamais son Kazu n'aurait été dans cet état. Est ce que demander à ses amis d'être heureux pour eux était vraiment vouloir l'impossible ? En plus, il restait encore à prévenir Maru, mais après les réactions de Koki et Junno, Jin craignait un peu de l'appeler. S'il faisait comme les deux autres, ça briserait le cœur de son fiancé et ça, Akanishi ne le voulait à aucun prix.
- Dis, Kazu… tu devrais aller te reposer dans la chambre, pendant que je téléphone à Maru. Après tout t'es sensé être au calme et pas te stresser, c'est ce que j'ai promis à l'hôpital alors…
Une petite moue toute triste lui répondit et, la tête basse, le cadet se dirigea vers ladite pièce, tandis que, resté seul, l'aîné soupirait. Il hésitait à rappeler ce con de Taguchi pour exiger une explication, mais décida de s'abstenir. Luné comme il semblait l'être le plus grand des KAT-TUN n'expliquerait rien du tout. Mieux valait laisser couler pour le moment, appeler Nakamaru comme il l'avait dit et aller s'occuper de son Kazu. Il ne supportait pas de le voir triste et encore moins de le voir pleurer. Malheureusement, lorsqu'il composa le numéro, il tomba sur sa messagerie. Pas amusante du tout d'ailleurs.
- Salut Maru, dit Jin sur le répondeur. J't'ai déjà dis de changer ton message, on dirait celui d'un vieux grand-père… Enfin bref c'est pas pour ça que je t'appelle. Kazu et moi on va se marier et on voulait te prévenir, alors voilà ben rappelle-moi si tu peux ou si tu veux. A plus.
Il raccrocha en soupirant. Il n'aimait pas parler à des répondeurs. Il n'était jamais à l'aise et ça s'entendait. Passant dans la cuisine, il décida de préparer un chocolat chaud réconfortant à l'homme de sa vie et s'activa quelques minutes, avant d'emporter la tasse fumante, dont l'arôme délicieux l'enveloppait comme un cocon, jusqu'à la chambre. En s'approchant, il s'aperçut alors que Kazuya s'était endormi. Ce qui n'était pas étonnant dans la mesure où il était minuit passé et où il avait eu une longue journée. Jin posa la tasse sur la table, puis s'approcha de lui et, sans le réveiller, le glissa sous la couette, avant d'éteindre la lumière. Pour sa part, il n'avait pas encore sommeil. Trop de choses tournoyaient sans fin dans sa tête et surtout, il n'arrivait pas à comprendre le comportement téléphonique de Koki et Junno. Récupérant la tasse, il sortit de la pièce en en refermant la porte, sans que le plus jeune ne remue, preuve qu'il était vraiment épuisé, puis il alla s'installer devant la télévision, qu'il alluma machinalement. A force de réfléchir, la fatigue finit par l'emporter et, à son tour, Jin glissa dans les bras de Morphée, écroulé sur le canapé en cuir du salon.
En plein milieu de la nuit, un cri réveilla Jin en sursaut. Désorienté, il mit quelques secondes à comprendre qu'il était dans le salon et que ledit cri venait de sa chambre. Chambre… Cri… Kazu… KAZU ! Fonçant comme un dératé tant il avait peur qu'il ne soit arrivé quelque chose à son bien-aimé (peut-être une crise de… il ne savait quoi mais une crise. Après tout, son Kazu était malade), il pila près du lit en voyant son bien-aimé haletant, les cheveux collés sur son front par la sueur et les vêtements de même. Luttant contre la vague de désir qui le submergeait soudain en le voyant dans cet état, Akanishi s'approcha, s'assit près de lui et lui caressa la joue.
- Kazu, ça va ?
Pour toute réponse, son cadet se blottit contre lui et le serra contre lui de toutes ses forces sans rien dire. Surpris, Jin, qui venait de penser "kawai !", referma ses bras sur lui en s'efforçant d'ignorer son odeur qui menaçait déjà de le rendre fou. Il avait besoin de réconfort, là, c'était tout.
- Hé je vais pas m'envoler, fit Akanishi en constatant que la force de l'étreinte de Kazuya s'était encore accrue. T'as fais un cauchemar, hein ?
Hochement de tête dans le creux de son cou.
- Tu veux m'en parler ?
Nouveau hochement de tête, négatif cette fois.
- T'es sûr ? Ca a eu l'air de te traumatiser pourtant.
Un petit reniflement lui répondit et Jin sentit des gouttes lui tomber dans le cou.
- Pour que tu en pleure, ça devait vraiment être horrible, reprit-il doucement en penchant légèrement la tête pour l'embrasser tendrement. Raconte-moi, Kazu.
- C'était… le jour de notre mariage… Je suis rentré dans… la pièce où tu… étais et… et…
- Et ? l'encouragea gentiment Jin.
- Et je t'ai trouvé… au sol, dans une… marre de sang… le cr… crâne fracassé par… Junno qui tenait… une statuette…
Stupéfait, Akanishi cligna des yeux. Ah bah ça pour un cauchemar…
- J'av… avais tellement mal, Jin… Je voulais… pas que tu meures…
- Mais c'était qu'un cauchemar et je suis bien vivant, près de toi, hein ? le rassura l'aîné, touché par sa détresse après un simple mauvais rêve, même si dedans, il mourrait.
- Jin… Tu me q… quittera jamais, hein ?
- Jamais, je te le jure. Tu es ce que j'ai de plus précieux au monde, Kazu.
- Je t'aime, Jin… déclara le plus jeune en embrassant son aîné.
