Chapitre 12
Retour au bercail
- Mais Azakawa-san, vous ne pouvez pas… tenta encore de plaider Jin, désespéré.
- Je vais me gêner ! rétorqua la quarantenaire, furieuse, sen se dirigeant vers la porte.
- Mais comment arriverais-je à vous remplacer ?
- Débrouillez-vous ! Je souhaite bien du courage à la prochaine qui affrontera ce démon à visage d'ange !
- Oh… vous exagérez… Il n'est pas si…
- Oh si ! Et même bien pire ! Adieu, Akanishi-san !
Et sur ces mots, la japonaise expatriée claqua la porte.
Le silence retomba, seulement troublé par le tic-tac de la pendule. Fatigué, Jin se passa la main sur le visage pour tenter d'en chasser les vestiges. En vain. C'était le quatrième qui les abandonnait en moins d'une semaine et les kinésithérapeutes consultant à domicile ne poussaient pas sur les arbres. Ca commençait à bien faire, il fallait que ça s'arrête. Il allait encore devoir crier sur son Kazu et ça commençait à devenir lassant.
En soupirant, il se dirigea vers la chambre et se composa un masque sévère, puis pénétra dans la pièce.
- Kazuya, l'interpella-t-il.
- Quoi ? lui répondit ce dernier d'un ton mal aimable.
- Ah pas de ça avec moi, je te prie, hein, rétorqua son compagnon, mécontent. Tu sais très bien quoi.
- Sa tête me revenait pas.
- T'es plus capricieux qu'un gamin de cinq ans ! Putain, Kazu, t'as vingt-quatre ans, mûris un peu !
Un éclat de rire ironique accueillit ces paroles.
- Venant de toi, c'est un peu fort, ce genre de déclaration.
- Ouais ben en tout cas, c'est pas moi qui fais fuir les kinés les uns après les autres. Quand est ce que tu vas piger que t'as besoin de soins, merde ?
Un silence obstiné lui répondit.
- Et regarde-moi quand je te parle ! ajouta Akanishi en retournant brusquement le fauteuil roulant pour que Kazuya lui fasse face.
- Lâche-moi un peu, t'es lourd, putain !
- Moins que toi, crétin ! C'est quoi ton problème à la fin ?
- Mon problème c'est cette saloperie de fauteuil et ce putain de pays que je supporte plus !
L'aîné s'apprêtait à répondre, mais la seconde partie de sa phrase mourut sur ses lèvres et un air consterné s'afficha sur ses traits.
- Alors c'était ça… Cette mauvaise humeur perpétuelle et ce caractère de merdre, c'était pour me faire comprendre que tu voulais rentrer au Japon… réalisa-t-il.
- Et j'ai foiré apparemment puisque tu pige que maintenant, baka.
- Mais pourquoi tu me l'as pas dit clairement, puisque tu sais que je suis baka ?
- J'espérais un éclair de lucidité. Mais visiblement c'était trop en demander au plus baka des Bakanishi.
- Kazu…
- Nan, c'est bon, fous-moi la paix maintenant, tu me soûle.
Et sur ces mots, il fit pivoter son fauteuil en tournant ses jantes en décalé et roula à toute vitesse hors de la pièce. Marre, il en avait marre de ces querelles incessantes. Ils avaient tous les deux un caractère tellement fort, que les journées sans engueulades étaient très rares, voire inexistantes. Et Kazuya commençait à ne plus en pouvoir. Il avait atteint la limite, le seuil de sa tolérance. Il fallait y mettre fin d'une façon ou d'une autre. Et celle que le jeune homme entrevoyait risquait d'être douloureuse. Pour eux deux. Mais il ne voyait pas autre chose. La situation était sans issue pour eux deux. Ils n'étaient pas faits pour vivre ensemble. Ni même pour être ensemble apparemment. Ils s'étaient plantés. Sur toute la ligne.
Encore une dispute. C'était tellement fréquent, depuis quelques jours, que Jin ne faisait même plus attention. Les répliques sèchent s'enchaînaient, le ton montait, de plus en plus, jusqu'à explosion des deux côtés. Mais en général, c'était son cadet qui laissait tomber le premier, prenant la fuite de toute la vitesse de son fauteuil.
Mais ces derniers temps, le ton montait de plus en plus rapidement et Jin craignait qu'ils ne finissent par dire des choses dépassant leur pensée et par se faire du mal. Or, à aucun prix il ne voulait blesser son fiancé. Celui-ci était parti en colère et l'aîné ne savait comment mettre fin à la dispute, à part en le laissant se calmer seul. En tout cas, son compagnon s'était montré on ne peut plus clair : il voulait rentrer au pays. Et comme Jin avait promis de repartir avec lui, il allait devoir mettre de l'ordre dans ses affaires assez rapidement, car il sentait que la patience de son Kazu arrivait à son terme. Soupirant de nouveau, il s'empara de son blouson, l'enfila et s'approcha de son cadet.
- Kazu, je sors. J'en ai pour un bon moment alors sois gentil, fais pas de connerie pendant mon absence, ok ?
Il ne reçut aucune réponse mais s'en doutait. Comme lui, Kazuya était obstiné à l'excès et de plus très rancunier. Il n'obtiendrait plus un mot de lui avant le soir.
Kazuya allait bel et bien faire quelque chose, mais ce n'était pas une connerie. C'était même la solution la plus sage à son avis, même s'il se sentait déjà crucifié. Roulant jusqu'à l'armoire, il sortit toutes ses affaires, qu'il jeta pêle-mêle dans la valise qu'il avait réussi à tirer de sous le lit. Attrapant ensuite le bloc qui avait servi de moyen de communication à Jin lorsqu'il était aphone, il prit un stylo et, d'une main un peu tremblante, écrivit :
« Jin, je suis désolé, mais on ne peut pas continuer comme ça. On passe notre temps à s'engueuler, ce qui prouve bien qu'on est pas faits pour la vie à deux. On s'est trompés sur toute la ligne, cette cohabitation forcée m'a aidé à m'en rendre compte. Arrêtons là, ce sera mieux pour nous deux. Merci de tout ce que tu m'as apporté. Kazuya »
Il arracha la feuille et la laissa en évidence sur la table du salon, puis saisit son portable et appela un taxi équipé pour les fauteuils roulants. Lorsque celui-ci annonça son arrivée, une vingtaine de minutes plus tard, le jeune homme avait fait le tour de l'appartement pour récupérer toutes ses affaires. Tandis qu'il jetait un dernier regard en arrière, une larme perla et roula sur sa joue. C'était fini. Posant sa valise sur ses genoux, il se propulsa rapidement hors de l'entrée et claqua la porte, puis fit entrer l'engin dans l'ascenseur.
Les heures d'avion lui parurent interminables, tant il pensait sans cesse à Jin et à la réaction qu'il aurait lorsqu'il constaterait son départ. Et puis il appréhendait aussi de retrouver les autres. Il savait qu'Akanishi ne leur avait parlé ni de l'accident, ni de son nouvel état parce qu'il préférait qu'il le fasse lui-même, alors le cadet des KAT-TUN appréhendait un peu, non beaucoup, leur réaction. En fait, c'était la première fois qu'il sortait depuis l'accident et ça lui faisait peur, mais il avait pris une décision et devait s'y tenir. C'était mieux pour eux deux. KAT-TUN… Il n'avait pas encore pris le temps d'y penser, mais il en avait amplement le temps à présent qu'il faisait route vers Tokyo. Le groupe, déjà amputé de Jin, se retrouvait désormais à quatre. Les fans continueraient-elles à suivre un groupe ayant successivement perdu deux de ses chanteurs ? Pas sûr car Kazuya n'ignorait pas que sa popularité sans cesse grandissante était un gage de succès pour le groupe et il se sentait coupable de les abandonner lui aussi, bien qu'il ne soit responsable de rien. Fermant les yeux, il tenta d'imaginer un concert des quatre KAT-TUN restant. En vain. Il n'arrivait pas à ne pas s'imaginer chantant et dansant avec eux. A nouveau, le chagrin et le désespoir de ne plus pouvoir faire ce qu'il aimait le plus, le submergèrent et des sanglots convulsifs le secouèrent, inquiétant le personnel de bord. Plusieurs fois, les hôtesses, touchées par sa détresse, s'approchèrent pour tenter de le consoler, mais il les repoussa. Il ne voulait rien, n'avait besoin de rien. Que de Jin. Qu'il avait quitté. Et de ses jambes. Qu'il ne pourrait plus jamais utiliser.
L'atterrissage à Tokyo Narita fut une épreuve. Il le jeune homme avait l'impression que tous les regards étaient fixés sur lui. Cette sensation lui fit oublier qu'il n'était pas déguisé du tout et que c'était pour le moins dangereux maintenant qu'il était revenu en terre nippone où une grande quantité de personnes connaissaient son visage et qu'il était assis en permanence. S'il était reconnu, il finirait étouffé par ses admiratrices hystériques. Surtout qu'il n'avait pas de garde du corps avec lui. Il était seul. S'en serait fini de Kamenashi Kazuya.
Bien sûr, il aurait pu appeler les autres pour qu'ils le récupèrent, mais ne se sentait pas encore prêt à les affronter. Il redoutait leurs questions et, plus que tout, appréhendait de lire de la pitié dans leurs yeux. Et puis il était encore faible et ce long voyage l'avait épuisé. Il n'aspirait qu'à rejoindre son appartement et à sombrer dans la bienheureuse inconscience du sommeil, mais pour arriver à ça, il lui faudrait traverser tout l'aéroport pour trouver un taxi. En espérant en trouver un dans lequel son fauteuil puisse rentrer.
En craignant à chaque mètre d'entendre le concert strident de « hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » qui accompagnait le moindre de ses mouvements au Japon (c'était la seule bonne chose aux USA : la tranquillité qu'il avait quand il était dans la rue, dans les boutiques ou ailleurs. Une impossibilité totale ici), le jeune homme alla récupérer sa valise sur le tapis roulant, l'arrima comme il put sur son fauteuil et entreprit de rouler son engin le plus vite possible vers la sortie, en arborant l'air effrayé d'une biche aux abois. Quel ne fut pas son soulagement d'atteindre son but en un seul morceau ! Les fans n'ayant eu aucun moyen de connaitre son retour, aucune n'avait fait le déplacement et, du coup, pas le moindre cri n'avait accompagné sa progression dans le terminal. Et heureusement, car il n'aurait pas supporté ce douloureux rappel de ce qu'il avait perdu à jamais. Ce fut donc relativement calmement qu'il attendit un taxi, pourtant il ne se sentirait en sécurité qu'une fois chez lui, à l'abri du monde extérieur.
Une fois arrivé à bon port, Kazuya soupira de soulagement, déposa sa valise dans le vestibule et se propulsa vivement vers son salon. Mais l'avant du fauteuil heurta violemment un problème qu'il avait occulté : la typique marche séparant l'entrée, du reste de l'appartement. La secousse qui en résulta manqua le faire basculer hors de l'engin et il ne dut son équilibre qu'au poids du fauteuil. Un juron lui échappa. Il allait devoir faire installer une ceinture de sécurité sur ce fichu machin s'il ne voulait pas valser par terre au moindre truc. Mécontent, il considéra l'unique marche en se demandant comment la franchir sans se casser la figure et ressembler à une tortue sur le dos. Ce qui aurait été un comble pour quelqu'un dont le diminutif était « Kame ». Si Jin avait été là, il aurait simplement penché le fauteuil en arrière et… Le jeune homme secoua la tête. Non, il fallait qu'il arrête de penser à Jin. Il était seul maintenant et c'était lui qui l'avait voulu. Mais il n'avait pas encore mesuré à quel point son ex-compagnon lui venait en aide et combien la vie allait être difficile à présent qu'il ne l'avait plus près de lui. Il n'empêchait qu'il allait avoir du mal à passer cette foutue marche. Quelle idée d'avoir ce truc inutile chez soi ! Il allait falloir faire poser une petite rampe. Il s'en occuperait le lendemain.
Le titanesque effort qu'il dut faire pour franchir l'obstacle acheva de l'épuiser et il roula lentement jusqu'à la chambre. Dormir, c'était ce qu'il avait de mieux à faire au point où il en était. Plaçant le fauteuil au plus près du lit, Kazuya puisa dans ses dernières forces pour transférer son poids de l'engin à la couette moelleuse et s'écroula dessus, incapable du moindre mouvement supplémentaire. Il s'endormit en quelques minutes, sans réaliser à quels problèmes il allait se trouver confronté.
Le jeune homme émergea péniblement, à treize heures, complètement dans les vapes à cause du décalage horaire. Comme d'habitude, il avait fait l'étoile de mer dans le lit, mais ne pas entendre Jin grogner et le repousser de son côté l'étonna, aussi il tourna la tête du côté droit… pour n'y trouver personne. La panique le submergeant, il se redressa brusquement, bien réveillé cette fois… avant de reconnaître sa propre chambre. Dans son appartement. A Tokyo. Les souvenirs de la veille lui revinrent en mémoire et il soupira, avant de se donner une claque mentale. Il devait réagir, sinon il allait virer dingue. Prenant appui sur ses bras, il se décala vers l'extrême bord du lit, puis se pencha pour mettre les freins du fauteuil, avant de se redresser. Relevant les accoudoirs, il se souleva en forçant sur ses bras et déplaça son poids sur le siège. Lorsqu'il y fut, il souleva ses jambes avec ses mains et les plaça dans l'alignement. Un soupir lui échappa. Il avait réussi seul. Plus le temps passait et moins ce mouvement lui paraissait difficile à réaliser. Physiquement parlant du moins. Parce que mentalement, il ne se faisait pas à l'idée de ne pas pouvoir déplacer ses membres inférieurs sans aide manuelle et ne s'y ferait probablement jamais. Un nouveau soupir et il abaissa les accoudoirs, puis se dirigea vers la cuisine pour se faire un café. Mais, alors qu'il s'approchait du meuble, un autre problème qu'il n'avait pas prévu se posa : tous ses placards étaient trop hauts maintenant. Il ne pouvait plus rien atteindre hormis le tiroir où il rangeait les baguettes. Même la première étagère du frigo était hors d'atteinte. Un cri d'intense frustration lui échappa et il donna un coup de poing dans la première paroi à sa portée. Agacé, il pivota et roula vers la salle de bain afin de prendre une douche destinée à le détendre, car il sentait que tous ses muscles étaient noués. Mais il était dit qu'il n'obtiendrait pas de satisfaction dans cette journée, car le souci suivant s'imposa à son esprit : c'était Jin qui l'aidait à faire sa toilette jusqu'ici. Seul, c'était une impossibilité. En conclusion, il allait devoir faire ce qu'il se refusait avec tant d'obstination : appeler l'un de ses amis à l'aide et donc se retrouver vulnérable comme un petit enfant devant lui. Un véritable supplice pour lui qui était si fier.
S'emparant de son sac, il en sortit son portable et composa le numéro de la plus évidente des solutions : Junno.
« Kame ? », fit la voix joyeuse du plus grand des KAT-TUN. « C'est cool de t'entendre. Tu va mieux ? »
La question qu'il redoutait…
- Junno, j'ai quelque chose à te dire, mais promet de m'écouter sans m'interrompre et de ne pas pousser de cris, ni rien. C'est déjà assez difficile comme démarche, si en plus tu…
« Je te le promet », l'interrompit son aîné, dans la voix duquel la joie avait cédé la place à l'inquiétude. « Mais qu'est ce qui se passe ? »
Et Kazuya lui raconta tout, à toute vitesse, en prenant à peine le temps de reprendre son souffle tant il était pressé d'en finir avec ce récit pénible. Lorsqu'il eût achevé, un tel silence régnait sur la ligne téléphonique, qu'il eût l'impression que son correspondant avait raccroché.
- Taguchi ?
« Ouais ouais j'suis là. Laisse-moi juste… digérer tout ça. Ca fait vachement de nouvelles d'un coup. »
- A qui le dis-tu…
« Arg… Désolé… »
- Junno… j'ai besoin d'aide, formula finalement Kazuya, s'arrachant les mots de la bouche.
« OK. Bouge pas, j'arrive ! Je suis là dans un quart d'heure grand max ! », s'exclama son interlocuteur.
- Attend, Ju…
Trop tard, il avait raccroché. Il ne lui avait même pas laissé le temps de dire ce qu'il attendait de lui au juste, ce baka. Restait à espérer que son ami ne prendrait pas la fuite devant l'ampleur de l'aide qu'il devrait lui apporter.
A peine plus d'un quart d'heure plus tard, comme promis, Taguchi sonnait à la porte.
- Entre ! cria Kazuya depuis le salon. Je peux pas aller jusqu'à l'entrée !
A ces mots, le plus grand du groupe pénétra dans l'appartement, ôta ses chaussures et fit son entrée dans le salon. Là, il marqua un temps d'arrêt et retint son souffle. Il avait beau le savoir, voir de ses yeux son cadet dans ce fauteuil roulant représentait un choc de taille et un coup de poignard en plein cœur. Mais il s'appesantirait sur ce que lui inspirait le fait de le voir ainsi plus tard. Si le plus jeune l'avait appelé, c'est que c'était urgent.
- Hey, Kame ! le salua-t-il d'un ton qu'il espérait naturel.
- T'as vraiment fait vite, remarqua l'interpelé. T'habite pourtant pas tout près. T'as mis la vitesse lumière sur ta bagnole ou quoi ?
- Mais nan. Mais comme ça avait l'air urgent, j'ai préféré me grouiller, quitte à me taper une prune.
- T'aurais aussi pu avoir un accident, espèce de grand couillon. Tu tiens à finir comme moi ou quoi ?
L'air soudain gêné, Junno se passa une main dans les cheveux.
- Désolé…
- Ah nan, commence pas à t'excuser à chaque fois que tu dis une connerie à propos de ça, sinon ça va m'énerver. J'ai pas besoin que tu me rappelle sans arrêt que je suis…
- Désolé, désolé…
- Qu'est ce que je viens de te dire ? le rabroua encore Kazuya.
Oh la la… Il commençait mal. S'il débutait ce tête-à-tête en braquant Kame, il était mal barré. Il fallait changer de sujet. Tentant d'occulter la présence du fauteuil roulant, Junno sourit.
- Alors, de quoi t'as besoin de façon si urgente ?
- Je veux prendre une douche. Et je peux pas le faire seul… lâcha brusquement le plus jeune sans oser regarder son aîné tant il était gêné.
Le cœur de Junno manqua un battement alors qu'il réalisait ce qu'impliquait la déclaration et il lutta quelques secondes pour retrouver son souffle qui semblait avoir disparu. L'aider à prendre sa douche, ça voulait dire le voir… nu… Le plus grand des KAT-TUN déglutit péniblement tandis qu'une légère rougeur envahissait ses pommettes, que son cadet ne vit heureusement pas. Non, il fallait qu'il se calme. Ce n'était vraiment pas le moment de penser ce genre de truc. Il devait garder les idées claires, sinon il dirait ou ferait quelque chose qui le trahirait. Et après tout ce que son cadet avait vécu ces derniers temps, il n'était pas prêt à… Non, pas prêt du tout. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était être là pour lui et il verrait plus tard pour le reste.
- OK. Pas de souci, sourit le plus grand.
- Taguchi… t'as pigé ce que je veux dire par là ? demanda Kazuya qui ne s'attendait pas à cette réaction, en levant finalement les yeux sur lui.
Oh oui il avait compris. Ca, il ne risquait pas de ne pas avoir saisi étant donné que ça faisait des mois qu'il y pensait sans cesse. Depuis que son cœur s'emballait en sa présence, qu'il manquait un battement dès qu'il souriait. Depuis qu'il détaillait même le plus anodin de ses mouvements. Depuis qu'il avait réalisé qu'il ne considérait pas son cadet comme un simple ami. Il mourrait d'envie de le serrer contre lui, de lui prendre la main, de l'embrasser... de lui faire l'amour et de l'entendre crier son prénom entre deux gémissements de plaisir. Taguchi s'en voulait car il savait que celui qu'il aimait était très heureux avec Jin malgré de fréquents heurts et il s'était fait à l'idée de ne jamais être autre chose pour lui qu'un bon ami, même s'il en souffrait. Mais malgré ses résolutions, il avait excessivement mal réagi à l'annonce du mariage de son leader avec Akanishi. Il n'aurait pas du car, du coup, il avait paru louche et ça avait failli le trahir. Mais le récit de Kazuya venait de tout changer et, à présent, Junno entrevoyait un espoir pour lui. Pour eux. Mais il ne devait pas se précipiter. Il devait patienter le temps que les sentiments de son cadet se transfèrent de Jin sur lui, en se rendant indispensable.
- J'ai très bien compris, t'inquiète, rétorqua-t-il en souriant toujours.
- Et ça… te gêne pas ?
- Bah nan pourquoi ?
Et c'était vrai. L'idée de voir enfin en entier ce corps deviné sous les vêtements et qui le rendait fou lorsqu'il l'apercevait seulement à moitié habillé pendant les concerts ou les répétitions, le rendait même presque fébrile. Il n'avait qu'une envie : toucher son cadet de toutes les façons possibles. Mais c'était impossible pour le moment.
- Allez zou, ajouta-t-il avant de saisir les poignées du fauteuil roulant afin d'empêcher ses mains de trembler.
Il connaissait bien l'appartement du plus jeune pour y avoir passé des soirées entières avec les autres, à boire et regarder des DVD ou à discuter à bâtons rompus jusqu'à tomber de sommeil à l'endroit où ils étaient assis. Les autres ne savaient rien des sentiments peu avouables qu'il nourrissait envers leur cadet, car il prenait bien soin de ne jamais rien faire ou dire qui pourrait le trahir. Pourtant il avait cru avoir été découvert lorsque Ueda l'avait appelé, quelques semaines plus tôt, en demandant si tout allait bien pour lui. A quel moment avait-il dit ou fait quelque chose qui leur ait mit la puce à l'oreille à son sujet, Junno ne voyait pas, mais une chose était sûre : il redoublait de vigilance depuis.
Lorsqu'ils y furent, la gêne s'installa. Du côté de Kazuya parce qu'il n'avait jamais fais ça qu'en présence de Jin et du côté de Taguchi parce qu'il essayait de se faire à l'idée qu'un de ses rêves allait bientôt se réaliser.
- Tu peux… te retourner ? finit par demander le plus jeune d'une petite voix.
Sans rien dire, la gorge nouée, l'aîné s'exécuta, mais entendre le léger cliquetis de la ceinture qui se débouclait, le discret « zip » de la fermeture éclair qui s'ouvrait, le froissement d'un tissu qu'on ôte… était presque pire que le voir faire. La respiration du plus grand des KAT-TUN s'était accélérée, prenant une cadence si soutenue, qu'il craignit que son cadet ne remarque quelque chose. Mais non, même s'il lui semblait que son cœur battait si vite et si fort que c'était audible, Kamenashi parut ne se rendre compte de rien.
- Heu je peux pas… aller plus loin… tout seul…
La voix, soudain encore plus fluette, de l'objet de ses pensées le fit presque sursauter et il se tourna vers lui, retenant son souffle en le voyant torse nu, le jean ouvert. Il ne lui fallut guère de temps avant de comprendre ce que voulait dire son cadet. Un cadet rouge d'embarras d'ailleurs. Trop mignon. La question était : comment lui venir en aide sans passer pour un gros pervers ne pensant qu'à ça ? Maladroit comme il l'était, il risquait de le braquer en cherchant seulement à l'assister.
Le voyant un peu perdu, Kazuya eut pitié de son ami et soupira.
- Aide-moi à me mettre debout déjà, baka…
Son aîné hocha la tête et, passant un bras du cadet autour de sa propre taille, en fit autant avec la sienne, le maintenant contre lui pour lui permettre de se débarrasser de son pantalon… et de son boxer. Glurps… Se détendre. Se détendre. Penser à autre chose… Mouais, plus facile à dire qu'à faire. Malgré ses vêtements, Junno n'était que trop conscient de ce corps gracile et chaud qu'il savait parfait, pressé contre le sien. Et ça commençait à se voir. Sérieusement. Ca, c'était pas prévu au programme. Il allait se faire griller direct là. C'était clair. Penser à autre chose ! Ca devenait urgent !
- Hé Taguchi, qu'est ce que tu fous ? T'attend le déluge ?
- Hein ?
- Je commence à avoir froid, grouille, baka.
- Heu… ouais., fit Junno en s'apprêtant à le faire entrer dans la douche.
- Mais t'es con ou quoi ?
- Quoi ?
Kazuya se passa une main sur le visage. Bah c'était pas gagné quand même… Kami-sama que Jin lui manquait… Surtout à un moment pareil.
- M'aider à prendre ma douche, ça veut dire y entrer toi aussi, idiot, expliqua le cadet. T'as l'intention de te doucher habillé ?
Arg, ça en effet, Junno n'y avait pas pensé. Et son… « petit problème » était non seulement toujours visible mais risquait d'empirer. Mais il n'avait pas tellement le choix.
- Heu… nan nan bien sûr.
- T'es bizarre je trouve. Déjà quand j'étais à New York et qu'on a appelé pour… (il s'interrompit, n'ayant pas envie de reparler de ça) Junno, t'es sûr que ça va ?
Arg bis, il avait fini par se rendre compte de quelque chose…
- T'es claustro c'est ça ?
- Hein ?
La, Taguchi tombait des nues. De quoi parlait-il ?
- T'es tout touge. Ca va aller ?
- Mais nan je suis pas claustro, quelle idée, le détrompa son aîné.
- Ok. Alors vite, là j'en ai marre d'être tout suant.
Oh la la, la précision qu'il ne fallait pas donner… Il n'en fallut pas plus pour que l'imagination de Junno s'emballe. Soudain, il vit son compagnon couvert de sueur, les cheveux plaqués sur le front et la nuque, gémissant sous lui, le priant de continuer à lui faire l'amour avec une voix voilée par le désir. Non, non, non… les choses empiraient là. Et dans quelques secondes, il allait devoir s'expliquer de ce que Kazuya serait dans l'incapacité de ne pas remarquer.
Incapable de prononcer un mot de plus, l'aîné remit doucement son cadet en position assise, puis se tourna vers le mur et entreprit à son tour d'ôter ses vêtements. Il ne s'attendait vraiment pas à ce que les évènements tournent de cette façon lorsque Kazuya l'avait appelé. Alors qu'il s'apprêtait à retirer son boxer, une exclamation de son jeune compagnon le fit sursauter :
- Putain, j'avais jamais fais gaffe, mais t'es vachement bien foutu en fait, Taguchi !
- Q… Quoi ? baffouilla alors l'interpelé, immensément troublé par ces paroles.
- Bah je constate que t'es bien foutu, c'est tout. Je me demande pourquoi j'avais pas remarqué avant.
Junno se le demandait aussi, mais il était content d'entendre ce compliment de la bouche de celui qu'il aimait. Tellement content qu'il en oublia son « petit problème » toujours bien visible, enleva son boxer et se retourna.
Le silence tomba alors dans la petite pièce. Le regard de Kazuya venait de se poser sur ledit « petit problème » de son ami... qui était loin d'être si petit. Stupéfait et tout de même choqué, le cadet écarquilla démesurément les yeux et, balbutia :
- Que… Qu'est ce que…
Aïe…
- Désolé… fit l'aîné en se mordillant la lèvre inférieure. J'y peux pas grand-chose si… si tu… me fais de l'effet…
- QUOI ?
N'osant pas répéter, Junno, terriblement gêné, détourna la tête, craignant de voir du dégoût dans les yeux de son cadet. Après tout, il ne lui avait jamais donné la moindre occasion de penser qu'il le voyait autrement que comme un ami. Un ami déjà pris et qui n'aurait pas du le faire fantasmer à ce point.
- Attends… T'es gay ? Sérieux ?
- Hein ?
Alors là, c'était à Taguchi d'halluciner. En gros il venait de dire à son cadet qu'il avait envie de lui, mais la seule chose qu'avait retenue celui-ci, c'était son orientation sexuelle.
- Heu… c'est tout ce que ça te fait ?
- Bah... tu t'attendais à quoi ?
- J'en sais rien mais pas à autant de…
- De quoi ?
- D'indifférence.
- Bah c'est flatteur, mais après ben…
- Je suis pas à ton goût ? T'as dis le contraire tout à l'heure.
- Heu… nan ya eu méprise là. J'ai juste fais une constatation. Comme j'aurais dis « tiens il fait beau ». Et puis… je t'ai jamais vu de cette façon moi, qu'est ce que tu veux que je te dise.
La phrase toucha Junno en plein cœur. Il s'y attendait un peu, mais c'était le genre de mots qui faisait très mal. L'aîné hocha la tête d'un air malheureux et s'écarta du fauteuil. Kazuya soupira. Merde il avait bien besoin de ça en plus du reste… S'il avait su, c'est Maru qu'il aurait appelé pour l'aider. Maintenant, s'il entrait dans la douche avec Taguchi, son « ami » allait s'imaginer des trucs. Et même s'il voulait pas le blesser, le plus jeune ne voulait pas qu'il s'imagine quoi que ce soit. Sa séparation d'avec Jin était encore trop récente et il ne voulait ni ne pouvais penser à un autre. Et sûrement pas à Junno. Et en même temps… le pauvre lui faisait de la peine avec cette érection qui devait être douloureuse à force. Après tout, s'il l'aidait à se soulager en mettant les choses au clair avant, ça ne risquait pas grand-chose, pas vrai ? De toute façon, lui-même était mort à ce niveau alors…
- Approche, lui dit-il finalement.
L'aîné s'exécuta sans comprendre, et réprima un hoquet de surprise, lorsque la main de son cadet se referma sur son sexe érigé.
- Mais… croassa-t-il, la voix voilée de désir difficilement contenu.
- Chut. Tait-toi et apprécie, parce que ça se reproduira pas…
Joignant le geste à la parole, la main aux doigts fins entama une enivrante danse sur le membre fièrement dressé, effectuant des va-et-vient tantôt rapides et tantôt lents, pour le plus grand plaisir de Junno qui, n'arrivant pas encore à y croire, laissait des plaintes rauques lui échapper, les yeux rivés sur les mouvements envoûtant de son cadet.
- Aaaaaah… Mmm… Ka...
La fin du prénom mourut sur ses lèvres, car celles du plus jeune avaient complété sa main, qui n'interrompit pas pour autant son œuvre. Léchant, suçotant, mordillant la peau tendre et sensible, le prenant totalement en bouche et exerçant de lents va-et-vient, avant d'arrêter, pui de reprendre. Le plus âgé se perdait dans un océan de volupté. Il savait s'y prendre, le démon et Taguchi était tellement excité par son compagnon, qu'il n'allait plus réussir à se retenir très longtemps.
- A… Arrête, avant que… Je… vais…
Il n'acheva pas sa phrase, car si la bouche bienfaitrice avait cessé son ballet, la main, elle, n'en avait pas terminé et, sourd à son avertissement, le plus jeune poursuivit ses mouvements jusqu'à ce que son aîné se libère dans sa main dans un râle de jouissance. Haletant, Junno rouvrit les yeux sur un regard encore voilé de plaisir et fixa le jeune homme, toujours assis dans son fauteuil complètement nu, qui lui souriait doucement. Un tel sourire angélique alors qu'il était capable de telles choses… C'était juste… Juste il ne savait pas quoi, mais en tout cas… voilà.
- Tu te sens mieux ? demanda le démon incube dissimulé sous un visage d'ange.
N'ayant pas encore retrouvé son souffle, le plus grand des KAT-TUN hocha simplement la tête, ne pouvant ajouter que ça risquait tout de même de recommencer s'ils entraient ensemble dans la douche comme c'était prévu au départ.
- Maintenant, il faut VRAIMENT que je prenne une douche, décréta Kazuya. Et toi aussi. Tu pense pouvoir te retenir dix minutes ou je dois appeler Maru à la rescousse ?
Ah non ! Après ce qui venait de se passer, Junno refusait que qui que ce soit s'immisce dans leur tête-à-tête, même s'il s'agissait de leur ami Nakamaru.
- Je sais pas… avoua-t-il honnêtement. Tu sais, je… Je suis vraiment pas venu pour ça. Je veux réellement t'aider, mais je… enfin je pourrais pas empêcher mon corps de réagir au contact de celui que j'aime.
A peine l'aîné eut-il fini de parler, qu'il se rendit compte de ce qu'il venait de dire. Arg ! Non, pas ça ! Pourquoi fallait-il toujours que sa bouche aille plus vite que ses pensées ? Il n'avait pas voulu se déclarer, c'était bien trop tôt et maintenant…
De nouveau un silence. Certainement de mauvais augure, comment pourrait-il en être autrement alors qu'en l'espace de cinq minutes, Kazuya avait découvert que non seulement son ami le désirait physiquement mais qu'en plus il en était amoureux.
- Qu'est ce que tu viens de dire ? fit la voix incrédule du jeune homme.
- Désolé, s'excusa encore Taguchi qui le sentait mal.
Il avait l'impression de passer son temps à ça depuis son arrivée. C'était navrant.
- Junnosuke, répète ce que tu viens de dire.
Son prénom entier. Ouch. Mauvais signe. Mais étant donné le ton sur lequel la requête avait été formulée, il n'avait pas vraiment d'alternative à part obéir. Allez, maintenant qu'il s'était vendu tout seul, le minimum, c'était d'assumer fièrement. Après tout, il n'y avait rien de honteux à avouer ses sentiments à l'objet de toutes ses pensées. S'éclaircissant la gorge pour gommer de sa voix les dernières traces de son plaisir précédent, il planta son regard dans celui de son cadet et se lança :
- J'ai dis que je t'aime, Kazuya. Je sais pas exactement quand j'ai commencé à voir en toi plus qu'un ami, mais ça fait des mois déjà.
Un nouveau silence.
Alors là, ça commençait à faire beaucoup de nouvelles en peu de temps. Merde, merde, merde, quelle situation embarrassante…
- Je… suis flatté et je te remercie de… Mais comme je te le disais, je ne t'ai jamais vu de cette façon et, de toute façon, pour le moment, Jin occupe encore toutes mes pensées.
- Je sais.
Un ton résigné. Malheureux mais résigné. Le plus jeune eut de la peine pour son aîné. Aimer sans retour devait être vraiment terrible et il n'appréciait pas du tout l'idée d'être, sans le vouloir, le responsable de la peine d'un ami proche.
- Laisse-moi du temps, OK ? Laisse-moi digérer tout ça…
Soudain pris par un fol espoir en l'entendant parler, Junno sentit son cœur se remettre à battre à une cadence frénétique. S'il comprenait bien, tout espoir n'était pas perdu ! S'il était assez patient, peut-être que son leader finirait par l'aimer lui aussi.
- Bien sûr. Et dans l'intervalle, tu peux compter sur moi. Il faudra juste que tu fasses abstraction de certaines… manifestations physiques.
- Allez, à la douche ! finit par lancer Kamenashi pour clore une conversation gênante.
L'aidant à nouveau à se lever, Junno entra dans la petite cabine avec lui, le maintenant fermement pour ne pas qu'il tombe en essayant d'éviter de penser qu'il touchait de nouveau le corps nu de celui qu'il aimait. Actionnée par le cadet, l'eau chaude les aspergea tous les deux et le pauvre Junno, torturé par la vision de son cadet trempé, se retenait avec le plus grand mal de le caresser. Après tout, il avait un espoir alors il devait se montrer patient. N'empêche que voir les mains fines se masser au gel douche sans pouvoir les rejoindre était un supplice de Tantale. Qui se mua en martyr pur et simple, lorsque Kazuya, ayant manifestement déjà classé l'épisode précédent au rang de souvenir, lui demanda de lui laver le dos.
- C'est… pas une bonne idée, rétorqua l'aîné, qui sentait une forme olympique revenir dans son bas-ventre. Si je te touche, je…
- Tu veux vraiment que j'appelle Maru ?
- Non, mais…
- Alors lave-moi le dos. Putain, Taguchi, t'es chiant. Je t'ai pas demandé de venir pour me prendre alors attrape ce foutu gel douche et bosse deux minutes. C'est toi qui a accepté de m'aider, avec tous les risques que ça implique, hein.
Son ton avait été bien plus sec qu'il ne l'aurait voulu. Kazuya était conscient qu'il était physiquement impossible de rester de marbre quand on sentait contre soi celui qu'on aimait (il en savait quelque chose), mais la situation dans laquelle il le mettait malgré lui était infernale, d'autant qu'elle était combinée à cet handicap auquel il ne se faisait toujours pas. Lui parler comme ça était cruel, mais Junno devait comprendre combien il lui était pénible d'être dépendant.
En silence, son aîné s'empara dudit gel douche et s'exécuta sans prononcer un mot, ce qui était rare chez ce moulin à paroles. Kamenashi sentait bien que son ami était blessé, mais il en avait tellement marre de tout ce qui lui tombait dessus, qu'il n'était pas loin de s'en moquer éperdument.
Après plusieurs minutes et une fois que le plus grand se fut lavé à son tour, tous deux sortirent. Toujours soutenu par son aîné, le cadet se sécha, puis se fit réinstaller sur le fauteuil et, ouvrant la porte, roula vers la chambre pour y prendre des vêtements propres tandis que Junno se rhabillait dans la salle de bain.
