15h36, samedi 12 février 2011

- Pourquoiiiiii ? Qu'est ce que j'ai fais de mal, Piiiiii ? geignit Jin pour la deux centième fois au moins.

Un soupir lassé lui répondit. Akanishi avait beau être son meilleur ami, l'entendre se lamenter depuis plus de trois semaines commençait à exaspérer sérieusement le leader des News.

- Bon, ça suffit ! finit-il par lâcher en se levant du canapé. Tu commence à me gonfler sérieux là, Bakanishi ! Au lieu de pleurnicher sur ton sort comme un gamin et de te mettre la tête à l'envers pour expliquer des raisons qu'il t'a données de toute façon, réagis, bordel !

Etonné de cet éclat, l'interpellé leva la tête et fixa son ami en clignant des yeux.

- Trois semaines, Akanishi ! reprit Yamapi. Ca fait trois semaines que t'as débarqué ici comme une fleur en te plaignant qu'il t'avait largué et depuis, t'as pas bougé ton cul ! J'ai été bien gentil jusqu'à présent, j'ai même passé l'éponge sur le fait que tu m'aies donné aucune nouvelle en plus de huit mois, mais là j'en peux plus, alors si te bouge pas…

Le jeune homme s'interrompit, mais la menace était aussi claire que le regard noir de colère difficilement contenue qu'il posait sur son aîné.

- Mais Piiiiii… il va me jeter si j'y vaiiiiiis, fit encore Jin d'une voix plaintive.

- Si c'est pas lui, ce sera moi, dit alors durement Yamashita.

Le second avertissement, sous-entendu, stupéfia tant le plus âgé, qu'il posa des yeux ronds sur son ami, la bouche ouverte comme un poisson hors de l'eau.

- T'oserais pas !

- Me tente pas…

Une moue désespérée apparut sur le visage de l'ancien membre de KAT-TUN. Bien sûr qu'il devait faire quelque chose, c'était évident. Mais Jin avait peur. Peur de se retrouver devant Kazuya après la façon, pour le moins abrupte, avec laquelle ce dernier avait rompu. Il avait beau y avoir réfléchi longuement et avoir passé un temps infini à retourner dans sa tête les raisons invoquées par son ex petit ami, il ne parvenait toujours pas à les comprendre.

Lorsqu'il était rentré après avoir mit ses affaires en ordre, il avait trouvé l'appartement trop silencieux, alors il avait appelé, puis cherché son Kazu. Jusqu'à ce qu'il tombe sur le message griffonné à la hâte par celui-ci. Il voyait les mots devant ses yeux mais ne parvenait pas à croire à leur sens. Non, son Kazu ne pouvait pas l'avoir quitté, c'était impossible. Pas après trois ans et surtout pas pour des raisons aussi… fumeuses. Non, vraiment impossible. Il devait être sorti, oui, juste sorti faire un tour. Il avait simplement vaincu sa crainte de l'extérieur et n'avait pas résisté à l'envie de faire un petit tour, voilà tout. C'était forcément ça. Oui, obligatoirement.

Pourtant, au fond de lui, il ne croyait pas à ce dont il tentait de se convaincre. L'appartement faisait trop vide. Oui, bien trop vide, même en tenant compte de l'apathie qui était celle de Kamenashi depuis l'accident. Comme un fou, il avait foncé dans la chambre en priant de toutes ses forces pour se tromper, mais l'ouverture de l'armoire ne lui avait laissé aucun espoir. Toutes les affaires de son cadet avaient disparu. Jin s'était laissé tomber sur le lit, la tête dans les mains, n'ayant pas le courage d'aller vérifier la salle de bain. Une larme avait roulé sur sa joue, bientôt suivie par beaucoup d'autres. Le désespoir l'avait submergé. Il venait juste de le retrouver, avait déjà manqué le perdre par deux fois et maintenant… Longtemps, il avait laissé libre cours à son chagrin, puis s'était décidé à réagir. Serrant les poings, il s'était levé, avait essuyé son visage et empoigné son téléphone. Son Kazu n'avait pu aller qu'à un seul endroit : chez lui, à Tokyo. Et une seule personne pouvait l'aider à le reconquérir : Yamapi, son meilleur ami.

Un claquement de doigts juste devant son nez fit sursauter l'aîné, le sortant de ses souvenirs douloureux et il refit surface dans le présent.

- Tu pourrais au moins me répondre quand je t'engueule. Putain, t'es vraiment chiant… dit Tomohisa.

- Désolé, Pi.

- Ouais c'est bien gentil de t'excuser, mais tu vas te remuer quand ? T'as l'intention d'attendre qu'il te remplace ou quoi ?

L'expression atterrée qui s'afficha sur le visage soudain livide de Jin, indiqua à son ami qu'il n'avait même pas envisagé cette possibilité. Soudain infiniment las, le chanteur de News se passa une main sur le visage. Un jour, la stupidité du Bakanishi allait le rendre fou.

- Ca t'avait même pas traversé l'esprit, hein ? Abruti. Si toi t'es tombé sous son charme, tu crois que les autres sont aveugles ? Nan, ça a échappé à aucun des gays de la Jimusho, que le physique de Kamenashi damnerait un saint.

- Fais gaffe à ce que tu dis quand tu parle de mon Kazu… prévint alors Jin entre ses dents, toujours mortellement jaloux quand il s'agissait de Kazuya.

- Au cas où ça t'aurait échappé, c'est plus "ton" Kazu, justement et c'est pour ça que t'as posé tes fesses de crétin chez moi depuis tout ce temps. Je faisais qu'énoncer des faits. Tant pis pour toi si ça te plait pas. Moi, Kame ne m'intéresse pas, mais ce sera peut-être pas le cas des autres.

La formulation brutale de la situation fit repartir de plus belle les lamentations de l'aîné.

- Sois pas si duuuuuur, se plaignit-t-il de nouveau. C'est crueeeeeel !

- Je suis pas que là pour les bons trucs, hein. Et puis ferme-la deux minutes, tu me soule à larmoyer sans fin. T'es plus immature qu'un gamin de dix ans.

- Piiiiii, aide-moiiiiii, je t'en suppliiiiiie ! reprit Jin sans tenir compte des reproches.

- Que dalle. T'es grand, tu te démerde. Plus souvent que je me mêlerais de tes affaires de cœur. Tu t'es parfaitement débrouillé sans moi pendant des mois, hein, alors rêve pas trop non plus. Je suis pas un bouche-trou.

- Heiiiiiin ? Encore çaaaaaa ? Mais j't'ai déjà dis que j'étais désoléééééé.

- Et ? C'est sensé me faire quelque chose ? fit le leader de News, peu amène, en croisant les bras.

- Haaaaaan, trop méchaaaaaant !

- Ah tu m'énerve. Les gars m'attendent pour répéter et j'ai pas de temps à perdre avec un mioche de vingt-six ans infoutu de se démerder seul quand sa vie sentimentale fout le camp. J'me casse, salut, lâcha Yamashita, exaspéré, avant d'empoigner son manteau et de filer hors de la pièce.

- Naaaaaan ! protesta bruyamment Akanishi, insensible aux remarques sur son âge mental. Piiiiii, tu dois m'aideeeeeer ! J'peux pas vivre sans luiiiiii !

- Rien à carrer ! répondit la voix étouffée du chanteur depuis l'entrée de l'appartement.

La porte claqua violemment et Jin resta seul dans le grand appartement de son ami. Visiblement, celui-ci était réellement en colère. Il savait que son inaction ne le menait à rien et que c'était ce qui rendait Yamashita furieux, mais se résoudre à affronter Kazuya… Oui, il mourrait d'envie de le voir, d'admirer de nouveau son magnifique visage, de l'embrasser, de lui dire qu'il était désolé de… de il ne savait toujours pas quoi, mais il était même prêt à s'excuser de trucs qu'il n'avait pas fait. N'importe quoi pourvu qu'il lui revienne. Seulement voilà, le vouloir était une chose, le faire en était une autre. Si son cadet avait profité de son absence pour prendre la fuite (comment appeler ça autrement ?), c'était qu'il ne voulait pas le voir, alors s'il débarquait comme ça, il serait certainement très mal reçu. Il fallait un plan soigneusement étudié. Or, Jin n'était pas très doué en la matière. Comme disait Yamapi, il était plutôt brut de fonderie et la subtilité lui était pratiquement étrangère. Raison pour laquelle il en avait appelé à la gentillesse et aux bonnes idées de Tomohisa, bien plus calé sur le sujet. Sauf qu'il n'avait pas prévu la rancune de son meilleur ami concernant son silence des derniers mois serait si tenace, ni qu'il irait jusqu'à lui refuser son aide. Yamashita s'en fichait, lui, ça faisait des années qu'il filait le parfait amour (même s'il y avait des hauts et des bas) avec Nishikido Ryo. Mais lui, Jin, était dans la panade la plus complète. L'aîné pensait que sa situation toucherait son cadet, mais non, manifestement, il lui en voulait encore trop. C'était une impasse et une catastrophe.

Jetant un coup d'œil morne à l'appartement dans lequel il avait passé de si bons moments, il décida de sortir. A son tour, il se saisit de son manteau, de son chapeau et de ses lunettes noires et quitta les lieux. Mieux valait être prudent. Il n'était plus à New York et se promener tranquillement à découvert dans les rues de Tokyo quand on s'appelait Akanishi Jin (ou Tanaka Koki, Kamenashi Kazuya, Taguchi Junnosuke, Nakamaru Yuichi ou Ueda Tatsuya aussi d'ailleurs. Ils étaient tous dans le même cas en fait) était utopique. Le vent froid qui s'était levé fit frissonner l'ancien membre de KAT-TUN, qui releva le col de sa veste dans l'espoir de se protéger un tant soit peu des bourrasques glacées et, mains dans les poches, se mit à marcher tranquillement sans but réel. On avait beau dire, rentrer au pays était quand même très agréable.

Après quelques temps, le jeune homme s'immobilisa devant l'immeuble qu'il avait atteint et il le fixa. Pourquoi ses pas l'avaient-ils porté jusque devant le building de la Jimusho ? C'était du masochisme pur étant donné que plus jamais il ne serait un Johnny's. Pourtant, à présent qu'il était là, une furieuse envie d'aller dire bonjour à ses amis et à ses ex-collègues des autres groupes le tenaillait. Après tout, il ne risquait rien à entrer faire coucou, n'est ce pas ? Mais non, bien sûr qu'il ne risquait rien. Heureusement, le vigile à l'entrée n'avait pas reçu pour consigne de lui barrer le passage et ce fut de façon tout à fait normale, que Jin pénétra dans les lieux. Par qui commencer ? Ses amis de KAT-TUN (ce qui incluerait de se retrouver tout de suite nez à nez avec son Kazu… hum non, mauvaise idée) ? Les News ? Les Arashi ? Allez, va pour News. Après tout, il devait parler à Yamapi. Se dirigeant vers l'étage occupé par les salles des trois groupes, il s'approcha de la porte, qu'il ouvrit. A l'intérieur, la musique d'un de leurs derniers titres résonnait et Nishikido s'évertuait à faire apprendre la chorégraphie à ses comparses. L'ouverture de l'issue leur fit tourner la tête et ainsi perdre le fil de l'enchaînement, ce qui exaspéra Ryo.

- Ah non, putain, vous faites chier à la fin ! Vous pouvez pas rester concentrés deux mi… nutes…

La fin du mot fut murmuré d'un ton désespéré, car Massu, Koya, Shige et Tego s'étaient déjà précipités vers le nouvel arrivant. Seul Yamashita resta à sa place, son visage fermé tourné vers son meilleur ami.

- Hey Jin ! s'exclama Keiichiro. On s'attendait pas à te voir !

- Tu vas bien ? interrogea Masuda.

- Heu… ça peut aller ouais, répondit Akanishi, déconcerté par l'accueil enthousiaste.

Il était ravi, intérieurement, mais son regard inquiet cherchait celui de son meilleur ami. Il ne voulait pas être fâché avec lui.

- Pi, je…

- Quoi ? fit simplement l'interpellé.

Les regards des membres de News passèrent de l'un à l'autre. Y avait-il un lien entre Jin et la mauvaise humeur manifestée par leur leader depuis le début de la répétition ? Vu l'air contrit de l'ex KAT-TUN, il y avait fort à parier que oui.

- Jin, t'as encore fait quoi comme connerie pour que Yamapi t'en veuille ? interrogea Koyama.

- Enfin à part t'être barré aux States comme un con, bien sûr, appuya Tegoshi, avant de se cacher derrière Massu, inquiet de la réaction que pourrait générer ses paroles.

- Mais rien, j'ai juste demandé de l'aide à Pi et lui il veut pas.

- Bah ouais tiens. Je suis l'enfoiré de l'histoire maintenant, rétorqua l'accusé dont la mauvaise humeur venait de monter d'un cran. T'es gonflé, Bakanishi. Toujours aussi doué pour retourner les situations à ton avantage. Tu gave.

Les bras croisés et les sourcils froncés, il s'avança vers son meilleur ami, d'un air si mécontent, que ses collègues du groupe estimèrent plus prudent de s'écarter, voire de reculer de plusieurs pas… heu… mètres. Un Pi de mauvaise humeur, c'était chiant, mais avec un Pi en colère, il ne valait mieux pas rester dans les parages. C'était mauvais pour la santé.

- Pi ? fit Jin, incertain de la suite des évènements.

Il n'eût pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, car le poing du leader s'écrasa violemment sur sa mâchoire. Pris par surprise, il tomba à la renverse et fixa son meilleur ami d'un air incrédule en massant le point d'impact.

- J'espère pour toi que ta présence ici n'a qu'un seul but, sinon tu vas dérouiller… menaça encore Yamashita d'un ton dur que ses collègues et amis ne lui connaissaient pas.

- Bah en fait… répondit Akanishi en se remettant debout face à la colère de son ami.

- En fait quoi ?

- Bah…

- Abruti ! l'insulta alors le leader de News en le frappant à nouveau. Je te jure que ce dont je t'ai menacé ce matin, je vais le faire !

- Et tu l'as menacé de quoi ? demanda alors Masuda, curieux, depuis l'autre bout de la pièce.

- La ferme ! dirent alors en cœur les deux « meilleurs amis » qui se faisaient face.

- Méheu… bouda le rabroué.

- T'as intérêt à y aller maintenant, finit par dire Yamapi en rangeant ses poings. Sinon, c'est moi qui m'en charge. Et je te garantis que tu le regretteras.

- Mais Pi, je peux pas y aller comme ça, sans plan…

- Alors t'as quelques mètres entre les portes de nos deux salles, pour l'échaffauder, ton plan.

- T'es dur.

- J'suis pas là pour faire dans le sentimentalisme. Et surtout pas avec un crétin comme toi.

- Je sais même pas quoi lui dire…

- Oh oh… « Lui » ça induit « Kame », souffla alors Shige à Koya. Je me demande ce qu'il a encore foutu pour être obligé de recoller les morceaux.

- Ouais et surtout pour que Yamapi s'énerve comme ça, renchérit celui-ci.

- Pourquoi vous jouez les commères ? demanda alors Yuya en s'incrustant dans la conversation.

- Chut, Tesshi, moins fort, dit encore Shige. On se demandait juste pourquoi Jin est obligé de ramasser les morceaux avec Kame.

- Ah ouais… Bah il a sûrement du le vexer d'une façon ou d'une autre, souffla le cadet des News.

Avide de savoir ce qui allait se passer ensuite, le trio reporta son attention sur les deux jeunes hommes qui se regardaient toujours en chiens de faïence.

- T'es sûr qu'il est là au moins ? demanda Jin. Avec son fauteuil…

Les trois mots jetèrent un froid glacial sur la pièce. Visiblement, personne n'était encore au courant. Merde… la boulette.

- Attend… tu viens de dire quoi là ? questionna Koya d'une voix blanche.

- Tu déconne là ? interrogea Massu, guère plus vaillant. C'est quoi cette histoire ?

Désespéré par la stupidité de son, tout de même meilleur ami, Yamashita se passa une main sur le visage. Ne pas craquer, ne pas craquer, surtout ne pas craquer…

- Bien joué, Bakanishi. C'est pas toi qui avait dit qu'il voulait que personne soit au courant ? Là, t'as gagné le jackpot de la connerie quand même. Tu sais très bien que ces commères (il désigna du menton Yuya, Keiichiro et Shigeaki) ne tiendront pas leur langue. Dans deux heures, toute la Jimusho sera au courant et il t'en voudra tellement qu'il t'adressera plus jamais la parole.

- Hé ! protestèrent les accusés à l'unisson.

- Piiiiii… Tu m'enfonce là ! Si t'avais rien dis, j'aurais pu noyer le poisson !

- Nan mais sérieux, intervint alors Ryo en se décollant du mur contre lequel il avait pris place, pour se rapprocher des autres, l'air grave. Kamenashi est vraiment en fauteuil ? Il s'est passé quoi ?

Akanishi soupira et, estimant que, de toute façon, le mal était fait, il entreprit de tout raconter à ses amis de News.

A la fin du récit, un silence consterné retomba.

- Tu parle d'un choc… murmura Koyama.

- C'est vraiment horrible, fit Tegoshi, les larmes aux yeux.

- C'est pour ça qu'on le voyait plus… ajouta Shige, choqué lui aussi.

- Pitié, les gars, gardez ça pour vous, demanda alors Jin. S'il apprend que j'ai vendu la mèche, il va me détruire.

- Bien sûr, finit par dire Keiichiro.

Mais à la façon dont il le disait, on sentait que la promesse lui coûtait.

- Pauvre Jin, ça doit être terrible comme situation, déclara alors Yuya, la voix tremblante, en prenant la main de son aîné.

Geste qui fit froncer les sourcils de Massu.

- Hé, Tesshi, t'es pas forcé de le toucher pour lui dire ça hein… râla celui-ci.

Un sourire angélique apparut sur les traits ravissants du cadet des News.

- Tu es jaloux ? demanda-t-il d'un air innocent. Ce n'est quand même pas comme si j'avais fais ça…

Et il imagea sa phrase en se collant à un Jin embarrassé, avant de se frotter contre lui, l'air de rien.

- Hé, ça suffit ! intervint le second membre de Tegomass, en l'attrapant par l'épaule pour l'éloigner de l'ex KAT-TUN. Tu le sais, pourtant, que j'aime pas que tu fasse ça.

Le sourire provocateur persista sur les traits angéliques.

- Je suis un vilain garçon ? J'ai besoin d'une punition alors…

- Dites vous deux, c'est pas le moment, hein, intervint Yamapi, dépassé par les évènements.

- Désolé, firent Tegomass en chœur, l'air contrit, avant que Massu, mécontent, souffle à son compagnon qu'il en avait marre qu'il abuse toujours des situations et qu'il touche tout le monde sans arrêt.

- Bon, je vais voir les autres, annonça Akanishi, toujours embarrassé par l'attitude du cadet des News.

Prenant presque la fuite devant la scène de ménage Tegomassienne qui s'annonçait, il quitta la pièce et referma la porte, ne sachant que faire. Il mourrait d'envie d'aller voir ses amis de KAT-TUN, mais en même temps, si Kazuya était là, il ignorait quoi lui dire. Et s'il n'y était pas… Il faillit renoncer, mais le souvenir de la menace de Yamashita lui revint et il en frissonna. Tout plutôt que ça. Prenant son courage à deux mains, il franchit les quelques mètres séparant les deux pièces et entra dans celle de son ancien groupe sans même avoir réfléchi à un quelconque plan. Tant pis, il le ferait à l'arrache.

A son entrée, ses amis en pleine conversation sursautèrent. Ils étaient tous là. Tous… sauf Kazuya. Mi déçu, mi soulagé, le jeune homme entra dans la pièce sous les regards stupéfaits des autres garçons.

- Tadaima… fit-il en se frottant la tête, un peu gêné.

- Akanishi ? Qu'est ce que tu fous là ? demanda Koki, pas encore remis de sa surprise, tandis que les autres s'approchaient du revenant.

- T'es bien le dernier qu'on s'attendait à voir arriver, renchérit Maru.

- Ouais… Heu… en fait je pensais pas… Enfin j'espérais que Kazu serait là.

Mais Junno secoua la tête.

- Nan, il quitte plus l'appart avec son fauteuil. Il veut pas.

Stupéfait, Akanishi fixa son ami, les yeux ronds, puis observa la réaction des autres… qui ne réagirent pas. Ils était au courant ? Mais comment ? Kazuya le leur avait dit ?

- Mais comment vous êtes au courant ? Je croyais qu'il voulait rien dire à personne. C'est ce qu'il m'avait dit.

- C'est Junno qui nous l'a dit par inadvertance la semaine dernière, révéla Ueda.

- Hein ? Mais pourquoi Junno ?

- Ah… c'est vrai que t'es pas au courant…

- Au courant de ? interrogea Jin qui flairait tout à coup un truc pas net.

Alors, le plus grand des KAT-TUN se leva de sa chaise et s'approcha de lui. Tout près. Bien trop. Ca sentait vraiment la mauvaise nouvelle. Levant la tête pour fixer son ami dans les yeux malgré leur différence de taille, il attendit que Taguchi prenne la parole.

- Je vis avec lui maintenant, lâcha-t-il brusquement afin de prendre une position de supériorité sur son rival. Et on est ensemble.

L'ébahissement d'Akanishi fut tel, au vu de ces révélations, qu'il en resta bouche bée. Avait-il bien entendu ce qu'il avait entendu ?

- Heu… si c'est une blague… commença Jin d'une voix blanche.

- J'ai l'air de blaguer ?

Non, en effet, pour une fois, le « comique » du groupe avait un air sérieux limite effrayant.

- Alors tu seras gentil de plus t'approcher de lui. Il veut t'oublier et j'aimerais pas être obligé de te casser la figure, ajouta Junno pour faire bonne mesure.

- Wow… Ben quelle assurance depuis que t'es avec Kame, remarqua Koki, hilare.

- MaisMaisMais… depuis quand t'es gay, toi ? bégaya Akanishi, choqué tant pas les révélations, que par la menace émanant du calme Taguchi.

- La question existentielle du jour… rigola Maru. Je pensais vraiment pas que ce serait ta première question.

- Compte à rebours avant qu'il réalise ce que ça implique, souffla Tatsuya à Tanaka. Cinq… Quatre… Trois… Deux… Un…

- Attend, ça veut dire que tu l'as touché ?

- Impact, termina Ueda, reprit par son instinct de boxeur.

- Ca te pose un…

La réplique de Junno fut interrompue par les éclats de rire de Yuichi et Koki, qui n'avaient pas résisté à l'humour recelé dans la pique de leur aîné. L'hilarité dégénéra même en fou rire pour le trio, Tanaka se tenant les côtes et Maru essuyant les larmes qui coulaient sans cesse du coin de ses yeux. Le tout sous les yeux interloqués de Jin et son adversaire qui s'étaient retournés pour voir ce qui se passait. Décontenancés, les deux rivaux se regardèrent même d'un air de dire « ça y est ils pètent un câble ».

- Heu… les gars, on voudrait pas vous déranger, mais on était plus ou moins en train de se battre pour Kazu, là… dit Jin, ce qui fit redoubler l'hilarité de leurs amis.

- Bon, viens, Akanishi. Allons dehors régler ça, dit alors Taguchi, avant d'ouvrir la porte et d'avancer dans le couloir.

Raide comme la justice et étonné de son calme alors qu'il venait d'apprendre que son Kazu partageait le lit de la personne la plus improbable qui soit, Akanishi le suivit. Il hésitait encore entre coller son poing dans la figure du plus grand des KAT-TUN et lui demander des précisions. Un silence tendu s'installa entre eux. S'ils avaient été dans un manga, ils auraient été dessinés en contre plongée, avec un magnifique éclair de séparation indiquant qu'à cet instant, leur amitié était de l'histoire ancienne. Le blanc s'éternisa, leurs regards s'affrontant et aucun ne voulant briser ni le contact visuel, ni le silence. Ils savaient qu'au moindre mouvement, à la moindre parole, les choses prendraient un tel tour qu'ils ne pourraient plus revenir en arrière. En cet instant, Kamenashi Kazuya était Hélène de Troie : l'objet de la discorde entre deux factions.

- Ca… dure depuis combien de temps ? osa finalement demander Jin d'une voix sourde.

- Bien que je vois pas ce que ça peut te faire, trois semaines.

L'estomac d'Akanishi se contracta et sa gorge se serra. Trois semaines… C'est-à-dire au moment où il était arrivé chez Pi. S'il avait écouté son meilleur ami et s'était bougé tout de suite, son Kazu n'aurait pas couru se jeter dans les bras de ce grand dadais de Taguchi. Si peu de temps après leur rupture. Comme s'il n'avait jamais compté pour Kamenashi, comme si leur relation ne signifiait rien pour lui. Il ne le montra pas, mais apprendre ça brisa le cœur de l'ex KAT-TUN. Il avait trop mal, il fallait qu'il le fasse payer à quelqu'un. A celui qu'il estimait responsable.

Soudain, le poing de Jin heurta violement l'estomac de son vis-à-vis qui, pis par surprise, se plia en deux et ne répliqua pas. Le coup fut suivi d'autres, avant que Taguchi ne réagisse et ne frappe à son tour Akanishi, qui valdingua contre le mur, s'assommant presque sous le choc. Ils avaient déjà échangé une impressionnante collection de coups en tout genre, lorsque les portes des trois salles du couloir s'ouvrirent à la volée, livrant le passage à tous les membres de News, KAT-TUN et Arashi, ameutés par le bruit généré par la bagarre. Stupéfaits, les quinze garçons s'immobilisèrent tous où ils étaient, ne parvenant manifestement pas à croire ce qu'ils voyaient. Ils restèrent dans l'immobilité la plus totale jusqu'à ce que, finalement deux d'entre eux réagissent. Sortant rapidement des rangs, Sakurai Sho alla empoigner Junno pour le décoller de son rival, tandis que Yamapi ceinturait Jin pour l'empêcher de continuer à rosser son adversaire.

- Ca suffit tous les deux ! s'exclama alors Ohno Satoshi, l'aîné des trois groupes. Vous êtes devenus dingues ou quoi ? Qu'est ce qui vous prend ?

Comme personne ne lui répondait, Yamashita s'en mêla.

- Bordel, Bakanishi, qu'est ce que tu fous ? dit-il à son meilleur ami. J't'ai jamais dis de provoquer un combat. Pourquoi tu te défoule sur Taguchi ?

- Akanishi, c'était pas la peine de revenir si c'était pour foutre la merde, hein ! appuya encore Ohno, mécontent.

- Cet enfoiré a profité que Kazuya était en fauteuil pour le séduire ! se défendit alors Jin, révolté par tant d'injustice à son égard, en désignant Junno du doigt.

Le silence retomba dans le couloir désormais très encombré et tous se regardèrent, sidérés par la nouvelle… par LES nouvelles qui venaient de tomber, tandis que, horrifié de ce qu'il venait de laisser échapper dans un mouvement de colère, Jin portait la main à sa bouche.

- Attend… commença alors Matsumoto Jun en se tournant vers le plus grand de ses cadets des KAT-TUN.

- T'es gay ? compléta Aiba Masaki, stupéfait.

Mais ce fait n'étant pas le plus important, ils le laissèrent bien vite de côté sans laisser à l'interrogé le temps de répondre, pour se concentrer sur le renseignement de taille.

- C'est quoi cette histoire de fauteuil, Jin ? questionna à son tour Ninomiya Kazunari.

- Bah c'était bien la peine de nous faire promettre le silence, si c'était pour tout révéler lui-même… bougonna alors Koyama à voix basse.

- Que veux-tu, Bakanishi est Bakanishi, on peut pas le refaire, répliqua de même Massu, fataliste.

- Je suis pas sûr que ce soit le bon moment pour parler de ça, leur rétorqua Shige en chuchotant.

Le silence s'éternisa, comme si les membres des trois groupes attendaient une réponse à la question de Ninomiya, mais rien ne vint. Ou du moins, pas ce qu'ils imaginaient.

- Putain, Akanishi, je vais te tuer ! rugit Junno en tentant d'échapper à la poigne de Sakurai. Il voulait pas que ça se sache, espèce de demeuré ! T'as tout gâché, comme d'habitude ! T'es vraiment un débile !

Mais le Arashi était bien plus fort que ne le laissait supposer sa carrure et, proportionnellement, le KAT-TUN l'était bien moins que ne le laisser imaginer la sienne, aussi ne parvint-il pas à briser l'emprise de son aîné sur ses bras malgré tous ses efforts.

- Du calme, Taguchi, fit Sakurai d'une voix posée. T'énerver comme ça ne règlera rien.

- Mais il a…

- J'ai parfaitement entendu ce qu'il a dit. Mais provoquer une bagarre dans l'enceinte de la Jimusho ne fera que t'attirer des ennuis. Je te lâche, mais n'en profite pas pour l'égorger, OK ?

Un grognement fut sa seule réponse, mais l'aîné le prit comme un acquiescement et rendit sa liberté à son cadet, qui jeta un regard noir à son rival et s'éloigna dans le corridor en direction de l'escalier, sans un mot pour qui que ce soit.

Nul ne songea à lui emboîter le pas, même pas ses amis de KAT-TUN, qui estimaient qu'il fallait lui laisser le temps de se calmer.

Dans le réfectoire de la Jimusho, le silence régnait. La réunion des trois groupes phares s'était répandue comme une trainée de poudre, parvenant même aux oreilles des juniors et des sempai. Et il avait fallu à peine plus d'une heure pour en arriver là. La grande salle était donc pleine à craquer, pourtant personne ne parlait, attendant les explications qui tardaient à venir, les yeux rivés sur l'unique personne capable de les éclairer sur la déclaration fracassante faite un peu plus tôt : Jin.

Ce dernier se sentait d'ailleurs suprêmement mal à l'aise. Il n'avait pas voulu en arriver là mais avait sous-estimé le pouvoir du bouche à oreille. Comment avait-il pu être assez naïf pour croire que trois groupes pourraient tenir leur langue ? Déjà avec un ce n'était pas gagné, alors trois…

- Heuuuu… commença-t-il, incertain, en se passant une main dans les cheveux. Bon, je suis pas très doué pour les discours alors… ben posez des questions, ce sera plus simple.

- Comment c'est arrivé ? demanda Ninomiya.

- Un accident alors qu'il sortait de…

Il ne put achever sa phrase, car la double porte battante s'ouvrit à grand fracas, faisant sursauter tout le monde et les regards stupéfaits se posèrent sur le responsable de ce boucan. Regards qui s'accompagnèrent de hoquets de stupeur lorsqu'ils virent eux-mêmes le sujet de la conférence : Kamenashi Kazuya dans son fauteuil roulant, manifestement dans une colère plus que noire. Escorté par un Junno au visage fermé, qui se tenait juste derrière lui, bras croisés, tel un ange gardien colossal.

Avant que quiconque ait pu se remettre de sa surprise, le jeune homme roula à toute vitesse vers Jin, si vite que les plus proches de leurs collègues durent s'écarter rapidement pour éviter de se faire rouler sur les pieds par le « tank Kamenashi ».

- LA FERME ! hurla le cadet des KAT-TUN, fou furieux, dont les yeux obscurcis par la rage, lançaient des éclairs. LA FERME, ABRUTI ! DE QUEL DROIT TU PARLE DE MA VIE ? DE QUEL DROIT TU REVELE DES SECRETS QUE TU ETAIS SENSE GARDER ?

- Mais Kazu, je n'ai… essaya de se justifier l'accusé, qui n'en menait pas large, surtout qu'il n'avait pas eu le temps de se préparer mentalement au face à face.

- LA FERME, J'AI DIS ! NE REPOND PAS ! NE PARLE MEME PAS ! TU OUVRE LA BOUCHE ET JE T'EN COLLE UNE, TU PIGE ?

La fureur du jeune homme était telle, que tous sentirent qu'il était parfaitement capable de mettre sa menace à exécution et Jin, qui ne l'avait jamais vu dans un tel état, même au plus fort de ses colères passées, estima préférable de faire profil bas, aussi obéit-il, tête basse. Il ne se souvenait pas que son Kazu pouvait se montrer si effrayant.

- Vous pariez qu'il s'en prend une dans les secondes qui suivent ? souffla alors Tatsuya à ses amis de KAT-TUN.

- Tenu, rétorqua Maru en sortant un billet de sa poche.

- T'AS VRAIMENT RIEN DANS LA TETE, MA PAROLE ! PUTAIN, J'AI BIEN FAIS DE TE QUITTER ! asséna encore Kazuya pour le plus grand plaisir de Junno.

La déclaration, très dure, voire méchante, suffoqua Jin, mais pas autant que le coup de poing qui le cueillit à l'estomac. Les yeux écarquillés de surprise, il se plia en deux, tandis que le billet de mille yens changeait de mains et passait dans la poche de Ueda.

Revenu de la surprise causée tant par l'entrée du jeune homme, que par les cris et le coup qui avaient suivi, Ohno s'approcha de son cadet en fauteuil.

- Calmes-toi, Kame, lui dit-il. Ca sert à rien de…

- La ferme toi aussi ! J'ai pas de conseils à recevoir de toi ! rétorqua l'interpellé, avant de faire pivoter son engin pour faire face à l'assemblée. De personne, c'est clair ? Personne sait ce que je vis, alors vous avisez pas de jouer les directeurs de conscience ! Viens Junno, on s'en va !

Et sur ces mots qui surprirent même tellement le leader d'Arashi, qu'il ne trouva rien à répondre, ll fit tourner son fauteuil et se propulsa vers la sortie. Où il se cogna à quelqu'un. Qu'il n'avait pas prévu de rencontrer. Ce qui ne l'arrangeait pas du tout et fit un peu retomber sa colère.

- Que se passe-t-il ici ? questionna la voix de Johnny Kitagawa, avant de baisser les yeux… et de réprimer un sursaut en apercevant l'un des garçons les plus rentables de sa société dans un fauteuil roulant. Kamenashi-san ?

- Nan, un lutin du Père Noël… marmonna l'interpelé qui n'était pas d'humeur à subir, en plus, une entrevue avec le grand patron mais sentait qu'il ne pourrait pas y échapper.

Dans le réfectoire, le silence était revenu et les membres de tous les groupes fixaient leur collègue qui faisait face au big boss, craignant quelque chose sans bien savoir quoi.

- Je pense que nous avons à parler, Kamenashi-san, déclara Kitagawa, avant de lever les yeux sur Jin… qui se sentit tout à coup encore moins vaillant qu'avant. Vous viendrez également dans mon bureau plus tard, Akanishi-san.

Et sur ces mots, le vieil homme tint la porte battante ouverte, afin que le jeune homme en fauteuil puisse rouler hors de la pièce plus facilement. Sans mot dire, il suivit le grand chef dans les couloirs, se propulsant jusqu'à la pièce où ils redoutaient tous d'être convoqués. Il aurait voulu retarder davantage la confrontation qu'il pensait désagréable. Il savait que c'était terminé pour lui, mais redoutait de se l'entendre dire.

Une fois là, Kitagawa prit place derrière son imposant bureau et fixa son « bankable » poulain.

- Alors, Kamenashi-san, comment est-ce arrivé ? demanda-t-il simplement.

Soulagé, Kazuya se rendit compte que la voix de Johnny-san ne recelait aucune pitié. Seulement un réel intérêt pour sa situation.

- Un accident. Une voiture m'a percuté alors que je traversais une rue à New York, avoua doucement le jeune homme, déserté par sa colère précédente.

- Je vois. Et est-ce…

- Les médecins disent que c'est temporaire. Mais je n'y crois pas. Je crois que je suis fini.

Un silence accueillit ces paroles et le vieil homme fixa son interlocuteur avec attention. Il semblait abattu et devait réellement penser ce qu'il disait. Il comprenait quel chagrin devait être le sien, pourtant il ne pouvait pas laisser KAT-TUN se dissoudre. Or, si le groupe perdait un autre de ses membres, c'était ce qui l'attendait. Le public ne suivrait pas un groupe amputé de deux de ses membres. Et perdre Kamenashi, c'était perdre des centaines de millions de yens. Et ça, Kitagawa ne pouvait pas le permettre.

- Je comprends votre point de vue, je vous assure. Pourtant… je ne peux pas vous laisser vous apitoyer sur vous-même, ni perdre l'espoir que vous ont laissé les médecins.

- Mais… fit Kazuya, stupéfait, en relevant la tête.

- Je vous assure que vous retrouverez l'usage de vos jambes, de gré ou de force. Je vais faire venir votre dossier médical ici et vous aurez un kinésithérapeute à domicile d'ici trois jours. Je vous conseille vivement de coopérer avec lui en y mettant toute votre bonne volonté. A moins que vous ne souhaitiez réellement tirer un trait sur l'intégralité de votre carrière.

- Mais… commença à nouveau Kazuya, abasourdi.

- Alors, ça dit quoi ? murmura Koyama à Tegoshi, qui avait l'oreille collée à la porte du patron.

- J'entends pas grand-chose, répondit l'interpellé sur le même ton. Ah si attend…

Il tendit l'oreille, tandis que ses camarades s'approchaient, comme si ce mouvement était capable d'aider leur cadet à leur fournir des informations, puis se penchèrent en avant, l'oreille presque posée sur le dos du plus jeune.

- Aloooooors ? souffla encore Massu.

- Il va se retrouver avec un kiné commis d'office, relata Yuya. Le vieux est bien décidé à ce qu'il retrouve l'usage de ses jambes.

- Yeah ! jubila alors Ryo.

Avant d'être fait taire par trois mains qui se posèrent sur sa bouche, l'empêchant presque de respirer.

- Shhhhhht ! firent alors les indiscrets.

- Humf ! fit Nishikido, à moitié étouffé, en tentant de se débarrasser des paumes de ses camarades.

- Attention ils vont sortir ! prévint alors Tegoshi en se rejetant en arrière, faisant tomber Koya, Shige et Massu à la renverse.

Ceux-ci se relevèrent à toute vitesse et chacun prit une pose absolument pas naturelle, sensée expliquer leur présence à cet endroit où ils n'avaient rien à faire.

Lorsque la porte s'ouvrit, livrant le passage au fauteuil de Kazuya, celui-ci les regarda, les yeux ronds.

- Qu'est ce que vous foutez là, bande de commères ?

Bizarrement, sa voix ne recelait pas de colère. Juste… de la résignation.

- Heu, on… avait perdu un truc, répondit Massu, pas convaincant pour un sou.

Sans rien dire, Kamenashi leva les yeux au ciel et roula son engin en direction de la sortie.

- Junno, pas la peine de te planquer, t'es pas discret avec ta taille, dit le plus jeune sans se retourner. Viens, on rentre.

- Je t'avais dis de te baisser, couillon, dit alors Ueda à son ami, avant de lever le bras pour lui donner une tape à l'arrière du crâne.

- Aïeuh… Méheu… fit ce dernier en se massant la tête, avant d'emboiter la roue à son petit ami.

09h, 15 février 2011

- Kazuya, ça va être l'heure, dit Junno en souriant, avant de refermer sa Nintendo DS, avant de s'approcher de son compagnon.

Depuis qu'il s'était affirmé face à Jin, le plus grand des KAT-TUN avait beaucoup gagné en assurance et c'était désormais avec une joie de vivre exacerbée, qu'il vivait au côté de celui qu'il aimait. Il savait que la perspective de se retrouver chaque jour pendant plusieurs heures avec un inconnu qui allait le triturer dans tous les sens, mettait son cadet au supplice, le rendant d'une humeur massacrante.

- Kazuya ?

- C'est bon, j'ai entendu, me soule pas, putain ! râla méchamment ce dernier en roulant hors de la chambre. T'es vraiment chiant, hein !

- Moi aussi je t'aime, rétorqua l'aîné sans se départir de son sourire radieux.

- Ta gueule avec ça ! Je t'ai déjà dis d'arrêter !

La sonnette d'entrée interrompit l'aimable échange et Taguchi ne fit que quelques enjambées jusqu'à la porte et l'ouvrit sur un jeune homme qui tenait une mallette en cuir. Il avait des cheveux roux qui lui tombaient dans le cou, des yeux bruns pleins de malice et un grand sourire chaleureux.