Une fois arrivés à l'aéroport, non de Narita mais de New Tokyo International, tout ce petit monde se dirigea vers le comptoir d'Air Canada, sur lequel ils avaient réservé, pour l'enregistrement de l'impressionnante masse de bagages qu'ils avaient tous emmené. L'opération dura plus d'une heure, au grand mécontentement des personnes faisant la queue derrière eux car, malgré que deux d'entre eux soient des stars nationales, ils ne bénéficiaient d'aucun passe-droit. Pour tout compliquer, en plein milieu, Seira eut soudainement envie d'aller aux toilettes et piailla cinq bonnes minutes pour que ce soit son ChuChu-Ni adoré qui l'emmène et non sa mère. Il fallut à Kame toute la diplomatie dont il était capable, pour lui faire comprendre qu'étant un garçon, il ne pourrait pas entrer avec elle dans les toilettes des filles. L'enfant fit la moue et bouda vaguement mais se laissa emmener par Rei, tandis que l'enregistrement se poursuivait.
Après ça, il leur fallut trouver la porte d'embarquement, ce qui ne fut pas une mince affaire, car la configuration de NTI leur était inconnue et ils se perdirent un peu. A force de pérégrinations dans le terminal, le groupe se fit remarquer, surtout avec, au centre, Jin poussant le fauteuil roulant de Kame. Etant ce qu'ils étaient, tous deux furent évidemment reconnus malgré leur déguisement constitué de lunettes noires et d'écharpes et ils durent se plier à une séance de dédicace aussi improvisée qu'expresse, contre la promesse de les laisser tranquilles ensuite. Ainsi retardés, tous ne parvinrent à la fameuse porte que lorsqu'une voix féminine agréable annonça que les passagers du vol à destination de Las Vegas devaient se rendre à la porte sept pour embarquement immédiat. Soulagé qu'ils soient arrivés à temps, Akanishi poussa son fiancé dans le couloir, suivi par leurs familles et ils entrèrent bientôt dans l'avion.
Ayant communiqué le numéro de leur place à son cadet, Jin le laissa s'installer confortablement près du hublot, puis replia le fauteuil et le confia à une hôtesse dans un sourire, avant de venir s'asseoir près de lui et de poser une main sur la sienne avec un sourire plus large encore. De leur côté, les parents s'étaient installés, les frères Kamenashi avaient pris place près de leurs épouses et Rei surveilla l'installation de Seira, inquiète d'une éventuelle frayeur. Mais l'enfant, aussi à l'aise que si elle prenait l'avion chaque jour, ouvrit son petit sac et en tira des jouets avec lesquels elle commença à s'amuser tranquillement. Esseulés, les deux seuls célibataires du groupe, Reio et Yuya, s'assirent naturellement l'un à côté de l'autre et commencèrent à discuter, tout comme le reste de leurs familles.
Un quart d'heure plus tard, l'avion décolla et l'attente commença. Les deux premières heures, les conversations diverses allèrent bon train, sauf entre Jin et Kazuya qui n'avaient pas forcément besoin de parler pour se comprendre. Le plus jeune avait posé la tête sur l'épaule de son aîné et entrelacé ses doigts aux siens, un petit sourire aux lèvres. Son Jin était près de lui, il n'avait besoin de rien d'autre. Après un moment de silence, Akanishi constata que la tête de son fiancé étaient devenue lourde et il tourna légèrement la sienne. Un sourire naquit sur ses lèvres en constatant que son Kazu s'était endormi. Ce n'était pas étonnant puisqu'il avait très peu dormi la nuit précédente et qu'à cette fatigue s'étaient ajoutées celle du ménage et de l'arrivée mouvementée de leurs familles. D'un geste tendre, il lui caressa les cheveux et y déposa un baiser, puis regarda les nuages par le hublot.
Reio et Yuya, assis de l'autre côté du couloir, échangèrent un regard mi amusé, mi attendri lorsque, en tournant la tête, ils assistèrent à l'adorable scène. Plusieurs heures plus tard, la fatigue s'était emparée des membres des deux familles et le silence régnait, preuve que tout le monde s'était endormi aussi profondément que Kazuya. Ils furent tous réveillés par l'hôtesse qui leur déposa un plateau repas. Enfin presque tous, car le sommeil de Kame était si profond qu'il ne remua même pas. Souriant à ce spectacle, Jin entreprit de déposer une pluie de petits baisers sur ses lèvres, tout en lui caressant la joue.
- Kazu, mon ange… murmura-t-il.
Un petit soupir lui répondit, mais le bel endormi ne se réveilla pas.
- Secoue-le, proposa le cadet dudit endormi. C'est toujours efficace cette méthode.
- Baka, il va pas faire ça, riposta celui du réveilleur. Après Kame sera de mauvaise humeur. C'est ton frère, je vais pas t'apprendre comment il est quand on le réveille en sursaut.
- Pas faux. Bah s'il se réveille pas on mangera sa part voilà.
- C'est beau l'amour fraternel, se moqua Reio.
Ce fut le bruit des conversations, qui tira finalement Kazuya du sommeil et il se redressa en marmonnant.
- Hé, y'en a qui voudraient dormir…
- C'est plus l'heure, l'informa diplomatiquement Yuya.
- Urusai, marmonna son aîné.
- Tu as faim ? lui demanda Jin pour couper court à l'échange de « politesses » entre frères.
- Un peu… mais j'aime pas la nourriture des avions…
L'aîné s'apprêtait à rétorquer, mais une voix juste derrière eux le fit à sa place.
- Kamenashi Kazuya, je te prie de ne pas faire le difficile. Ton père et moi ne t'avons pas élevé comme ça.
A ces mots, les deux aînés étouffèrent un même rire, imités par leur cadet qui, lui, ne se priva pas d'éclater de rire au grand jour. Un regard noir dans leur direction et un grognement répondirent.
- Pardon ? Je n'ai pas entendu, insista Hinata.
- Oui, 'kaa-chan, se força à répéter de mauvaise grâce l'idole réprimandée.
- Star ou pas, tu n'as pas à faire de caprice. Jin, mon garçon, n'hésite pas à être un peu sévère quand il fait son enfant gâté.
Cette déclaration fit se renfrogner Kame encore davantage.
- Jin va être mon mari, 'kaa-chan, pas mon père de substitution…
A ces mots, Yuya n'y tint plus et rit encore plus fort, écroulé à la fois sur son siège et sur l'épaule de Reio, qui le trouvait craquant dans son hilarité.
- La ramène pas, toi ! le rabroua Kazuya, qui détestait qu'on se paie sa tête.
- Calmes-toi, Kazu, c'est rien, l'apaisa alors son fiancé. Et mange un peu quand même, d'accord ?
En grommelant quand même encore un peu pour la forme, le plus jeune des deux hocha la tête et entama son repas.
- Woh, impressionnant, souffla alors le cadet des Kamenashi au cadet des Akanishi. Il n'y a vraiment que ton frère qui sache comment le prendre…
- Dans tous les sens du terme… souffla Reio en réponse.
- He ? fit Yuya, pas certain d'avoir compris où il voulait en venir.
Son sous-entendu tombé à plat, Reio fit machine arrière.
- Rien rien. Mais à mon avis, ça dépend des fois, tu sais. Jin n'a pas un caractère facile non plus.
- Oi ! se rebella le concerné.
- Bah quoi ? Tu vas pas dire le contraire non plus ? Il manquerait plus que ça tiens.
- Hum…
Ils déjeunèrent tous en silence, puis Yuya se cala confortablement en fermant les yeux et ne tarda pas à s'endormir. Reio fit de même et, quelques minutes plus tard, lui aussi sombrait dans le sommeil.
- Kazu, regarde… murmura Jin à son fiancé un quart d'heure plus tard, en faisant un petit mouvement de tête vers leur droite.
L'interpellé leva la tête du magazine qu'il feuilletait, fixa la direction indiquée et un sourire fleurit sur son visage. Les têtes de Yuya et Reio avaient glissé l'une contre l'autre et, sur l'accoudoir commun, leurs mains étaient entrelacées. Une initiative de Reio, ce que tous ignoraient.
- Oh les petits cachottiers… chuchota-t-il, amusé.
- Le plus beau, c'est que ça doit être inconscient, vu qu'ils se connaissaient pas.
- Encore un Akanishi et un Kamenashi qui vont finir ensemble ?
- On dirait bien. C'est énorme…
- Faudrait les prendre en photo. Non seulement ce serait une preuve, mais ça peut aussi être un moyen de pression au cas où.
- Bien vu. Kazu, tu es diabolique, tu sais ?
- Je sais, confirma Kame dans un sourire en coin plein de malice.
- Je m'en charge.
Joignant le geste à la parole, Jin se détacha, sortit son téléphone de sa poche, se leva, puis, s'accroupissant devant son frère et son beau-frère presque enlacés, prit un magnifique cliché. Il se réservait le droit d'annoncer la chose aux concernés à la première occasion, rien que pour le plaisir de les voir embarrassés. Vengeance pour son Kazu.
Le reste du voyage fut monotone, excepté lorsque Seira décida qu'elle en avait assez de rester sans bouger et se mit à jouer à la marelle dans le couloir entre les sièges. Sa mère tenta de la faire asseoir avec douceur, son père gronda, sans résultat. Elle ne consentit à se tenir tranquille, que lorsque son ChuChu-Ni adoré promit de lui raconter une histoire. Soulevée de terre par Jin, la fillette se retrouva juchée sur les genoux de son oncle et se cala contre lui, sa tortue en peluche dans les bras et le pouce dans la bouche. Fort heureusement, l'histoire tourna court, car une hôtesse annonça que l'avion allait amorcer sa descente vers Las Vegas. Koji se hâta alors de récupérer sa fille, l'assit de nouveau à sa place et la rattacha alors qu'elle boudait, puis reprit sa propre place.
Moins d'une demi heure plus tard, l'avion se posait sur le tarmac de McCarran International et Koji s'empressa de faire sortir la petite, qui n'en pouvait plus et voulait courir, sauter et jouer. Un tel voyage était vraiment long pour une enfant de cet âge, aussi personne ne lui tint-il rigueur de son impatience.
Le passage de la douane fut une corvée, car les douaniers n'étaient ni des plus aimables, ni des plus laxistes, ils étaient même un peu trop zélés au goût de Kame qui détestait perdre son temps. Heureusement, parmi eux, il y avait une jeune femme qui reconnut instantanément Jin et le montra avec un effarement des plus drôles.
- J… Jin Akanishi ! s'exclama-t-elle, incrédule, les yeux écarquillés.
Amusé, car ce n'était pas si souvent qu'il était reconnu en dehors du territoire nippon et ce malgré sa carrière américaine.
- Yes, it's me, confirma-t-il.
- But… what do you do here ? You was back to Japan, no ?
- Yes. But it's a trip with my family as you can see.
Il n'allait pas expliquer qu'en réalité il y avait deux familles réunies et qu'il allait épouser le charmant jeune homme en fauteuil roulant, qu'elle ne devait pas connaître.
- Oh I see.
- Hum, sorry miss… (il regarda le badge de son interlocutrice) Fisher, but we have a date, so if you can…
- Oh yes, sure.
Avec l'aide de cette fan, les formalités administratives que craignait tant Kazuya, se retrouvèrent réduites à leur plus simple expression car, soucieuse de ne pas retenir son idole trop longtemps, elle les facilita grandement. Le groupe entier s'en sortit donc en moins de dix minutes, avec pour seul prix de ses efforts un autographe de mister Akanishi himself.
- Reconnu par une fan, fit Kame dans un sourire en coin moqueur, alors que son fiancé le poussait hors de la zone. Dis donc, Jin, c'est la gloire aux States.
- La ferme, rigola l'interpellé.
- En tout cas, ça a été bien utile, fit remarquer Satomi.
- Ouais enfin pour une fois que mon frère a une utilité, on va pas le publier dans le journal non plus, se moqua à son tour Reio.
- La ferme aussi toi, rit de plus belle le concerné.
- Quel sens de la répartie, frangin, je suis impressionné.
- Et voilà, Bakanishi se fait encore remarquer, fit soudain une voix familière à quelques mètres devant eux.
- Tu peux pas t'en empêcher, c'est dingue, renchérit une seconde voix tout aussi connue.
Le couple leva la tête et découvrit les mines hilares de leurs amis de KAT-TUN, arrivés par l'avion précédent. Koki et Ueda, qui avaient parlé, les rejoignirent en quelques enjambées et les saluèrent à grand renfort de tapes viriles dans le dos. Ils furent rattrapés par Maru et Junno, qui ne tardèrent pas à faire de même. Seul le quatrième homme resta en retrait, ne voulant pas troubler des retrouvailles dans lesquelles il n'avait rien à voir. S'en rendant compte, Kazuya profita que tout le monde était occupé à se dire bonjour et à se présenter, pour propulser son fauteuil vers lui.
- Bonjour, Tôma, fit-il en souriant, imitant Jin dans son désir d'enterrer définitivement la hache de guerre avec son thérapeute. Je suis content que tu sois venu.
- Bonjour, Kamenashi-san, répondit Ikuta, un peu tendu malgré tout.
- Tout le monde m'appelle Kame. Fais-en autant.
Au final, le plus jeune ne se forçait même pas. Il avait bien réfléchi et pensé à beaucoup de choses. Junno s'était sacrifié pour que lui-même puisse vivre heureux avec Jin, alors le moins qu'il pouvait faire était de lui souhaiter la même chose avec Tôma. Et commencer par accepter ce dernier comme son petit ami était un bon commencement. Il ne voulait pas que son ami soit tiraillé entre sa relation avec le kiné et l'amitié que, Kazuya l'espérait, il avait toujours pour lui malgré tout.
Le sourire que lui adressait son cadet semblant sincère, la tension qui habitait l'aîné se dissipa d'elle-même et Tôma serra avec soulagement la main que lui tendait le plus jeune. Il préférait de beaucoup être en bon terme avec les amis de son Junno.
Ce dernier, qui avait observé presque avec angoisse le rapprochement des deux hommes, poussa un soupir, rassuré. Il savait qu'entre ces deux-là, le ton pouvait vite monter. Il en avait déjà été témoin et il ne tenait pas à ce que ça se reproduise, surtout devant les familles de Kame et Jin. Mais là, tous deux semblaient… en bon terme. Ce qui était étonnant, car il n'ignorait pas ce que son petit ami pensait à propos de son ex.
- Bon, commença Tanaka, c'est pas que je fais ch… (il s'interrompit car Kazuya venait de lui lancer un regard signifiant clairement « fais gaffe à ton langage devant les parents ») que je m'ennuie, mais nous aussi on a l'avion et le décalage horaire dans les pattes, donc j'irais bien me poser à l'hôtel, si vous voyez ce que je veux dire.
La proposition fut adoptée à l'unanimité et le groupe, armé de ses bagages, se mit en quête de la sortie du terminal.
Une fois à l'extérieur, le plus compliqué consista à trouver des taxis en nombre suffisant et à leur indiquer à tous l'adresse de l'hôtel, ce que se chargèrent de faire Jin et Nakamaru, les seuls qui soient calés en anglais.
Une fois les clés des chambres obtenues à l'hôtel Luxor, chacun gagna la sienne avec empressement, désireux de se reposer malgré les conseils reçus à ce sujet. Ayant souhaité faire une surprise à son Kazu, Jin lui demanda de fermer les yeux tandis que qu'il ouvrait la porte, puis roula son fauteuil dans la suite.
- Maintenant, tu peux regarder, l'infirma-t-il en refermant derrière eux.
Plus que curieux après ces mystères, Kazuya s'exécuta aussitôt et écarquilla les yeux devant la dimension gigantesque de la pièce où, par ailleurs, tout était à la même mesure : un lit king size rond, un écran géant au mur, un canapé assez grand pour y asseoir six personnes confortablement…
- Bienvenue dans la suite nuptiale, mon ange. J'aurais pu réserver la présidentielle, mais ça aurait sans doute fait trop.
- Sans doute, murmura Kame, encore sous le choc.
- Ca te plait ?
- C'est magnifique…
- Tant mieux, fit Jin en passant derrière son fauteuil, avant de se pencher pour entourer son cou de ses bras.
- Oh il y a un balcon !
Après cette constatation, le cadet fit rouler son engin jusque là, fit coulisser la porte-fenêtre et y entra.
- Woh quelle vue ! Jin, viens voir !
Ainsi interpellé, l'aîné s'approcha à son tour et s'accouda à la rambarde, contemplant l'océan de buildings aux néons, colorés clignotants ou mouvants, qui s'étendait sous eux. Il resta quelques instants en silence, puis tourna la tête vers le plus jeune.
- Tout te va jusque là ?
- Il faudrait que je sois difficile.
- Tu l'es pas? Le taquina Akanishi.
- Baka.
- Je sais. Mais ça t'empêche pas de m'aimer, pas vrai ?
- Bien sûr que non. Sinon je t'aurais laissé tomber depuis des lustres.
- Sympa…
- Je plaisante.
- Encore heureux. Viens, on rentre sinon tu vas choper la crève et on aura l'air fins.
- Toi aussi je te signale.
Kame fit alors pivoter son fauteuil, puis roula jusqu'au lit et y déplaça son poids, avant de soulever manuellement ses jambes pour s'allonger. Jin le rejoignit, s'étendit à son côté et le prit dans ses bras, nichant son nez dans son cou. Il était déjà fatigué, mais ce fichu décalage horaire avait raison de lui. Pourtant, à peine dix secondes plus tard, il les rouvrit. Il venait de sentir une main se faufiler sous son t-shirt.
- Kazu ?
- Hum ?
- Qu'est ce que tu fabrique ?
- Drôle de question venant de toi. A ton avis ? rétorqua Kamenashi, sa main se faisant plus entreprenante.
Mais l'aîné ne l'entendait pas de cette oreille et saisit doucement mais fermement son poignet pour l'arrêter.
- Kazu, non. C'st pas le moment. Je suis crevé et toi aussi.
- Ca empêche rien.
- Ca empêche tout, répliqua Akanishi en reposant fermement la main baladeuse sur le matelas. Dors maintenant.
- Et si j'ai pas envie ?
- Et ben fais comme si. Ou alors tiens-toi tranquille et laisse-moi pioncer.
Frustré d'être repoussé, le plus jeune émit un claquement de langue agacé et se mura dans le silence. S'en rendant compte, son fiancé soupira puis, ne pouvant rien y faire et n'ayant de toute façon pas le courage de lui livrer bataille une fois de plus dans son état d'épuisement, referma les yeux et laissa le sommeil l'emporter. Pourtant, le désir qui avait pris naissance dans le ventre de Kazuya, sinon dans ses reins, ne demandait qu'à être assouvi. Il en avait assez de cette abstinence dictée par son état physique. Il voulait Jin et il l'aurait. D'une façon ou d'une autre, cette fois, il aurait ce qu'il voulait ou il ne s'appelait plus Kamenashi Kazuya.
En prenant garde de ne pas le tirer du sommeil, il se contorsionna pour descendre sur le matelas géant et, le plus discrètement possible, ouvrit son pantalon, avant de glisser la main à l'intérieur. Le sommeil de l'aîné était si profond, que le mouvement ne le fit même pas remuer, mais ça n'arrêta pas Kame, sur le visage duquel fleurit un sourire en coin. Passant la main sous son boxer, il en dégagea l'objet de sa convoitise, aussi endormi que son propriétaire, mais qu'il savait de quelle façon réveiller. Se penchant, il le lécha lentement, de sa base à son extrémité, finissant par un habile coup de langue, qui fit frémir et soupirer Jin sans pour autant que celui-ci ne s'éveille. L'aîné avait beau lui répéter sur tous les tons qu'il était un appel au viol permanent, il pouvait très facilement lui retourner le compliment. Plaçant ses doigts tout autour de son membre, le plus jeune le parcourut lentement, puis le prit en bouche quelques secondes, avant de reprendre cette enivrante torture à son commencement, encore et encore, jusqu'à sentir l'entrejambe de son fiancé se dresser sous ses attentions. Alors, satisfait, Kazuya le prit totalement en bouche et entama de longs va-et-vient, faisant gémir Jin, bien réveillé cette fois.
- Kazu, tu… Han oui… Mmmmh…
Son cadet était si expert en la matière, qu'Akanishi oublia immédiatement ce qu'il s'apprêtait à dire. Ne restait que le plaisir. Le souffle court, il glissa une main dans les cheveux châtains de son compagnon, l'autre sur sa nuque et y exerça une légère pression.
- Han, Kazu… gémit-il de nouveau à la satisfaction de l'interpellé.
Autant l'un que l'autre ils aimaient entendre leur bien-aimé gémir leur prénom lorsqu'ils se donnaient du plaisir. Et Kame se savait doué en caresses buccales. Sachant où il voulait en venir, il accéléra la cadence, juste assez pour amener son aîné au bord de la jouissance, puis délaissa son membre, espérant une réaction immédiate. Réaction qui ne se fit pas attendre.
- … Putain, Kazu, finis ou…
- Oh oui menace-moi, j'adore ça, susurra le concerné, dont le visage ne se trouvait pas bien loin de l'objet de ses attentions.
- T'es pas bien ? C'est le décal… Haaaa !
La fin de sa phrase se perdit dans une nouvelle plainte de plaisir, car, déjà las de jouer, le plus jeune l'avait repris en bouche et entreprit, ainsi que son compagnon lui avait « aimablement » demandé, de terminer ce qu'il avait commencé. Ses mouvements prirent donc davantage de vitesse à mesure que les secondes s'écoulaient et soudain, Jin se libéra dans sa bouche dans un long râle rauque. Satisfait, Kame avala la production du plaisir de son fiancé et se lécha les lèvres comme un chat qui vient de déguster un bol de crème.
Le regard encore voilé, le plus âgé le fixa.
- T'es têtu… fit-il d'une voix sourde.
Kamenashi se redressa, l'embrassa passionnément et plongea son regard dans le sien.
- Jin… fais-moi l'amour…
- He ?
- Fais-moi l'amour… J'ai envie de toi…
A ces mots, l'aîné se redressa.
- Mais Kazu, tu ne…
- Je sais, mais j'en ai assez d'attendre quelque chose qui pourrait arriver seulement dans plusieurs mois. Et j'ai vraiment envie de toi maintenant. S'il te plait…
- Mais tu sais ce que je t'ai dis à ce sujet…
- Je suis consentant, Jin. Ne m'oblige pas à te supplier…
- Kazu…
Tiraillé entre son ressenti de la situation globale, son envie générée par les précédents gestes de son compagnon, et les suppliques de ce dernier, Akanishi resta quelques instants indécis, puis décida de passer outre ce qu'il pensait, pour accéder à la demande de son fiancé, qui était finalement aussi devenu la sienne. Se redressant, il le fit basculer à sa place et entreprit de le déshabiller lentement, en sautant sur chaque occasion de toucher cette peau soyeuse qui lui manquait tant. Tout en le caressant sensuellement, en appréciant chaque soupir qui passait ses lèvres, l'aîné espérait être capable d'aller jusqu'au bout sans faire un blocage. Lorsqu'il fut nu sous lui, il s'autorisa à l'admirer quelques secondes. Il avait l'impression de ne pas l'avoir vu ainsi depuis des siècles et ce pour la bonne raison que son Kazu ne dormait plus nu depuis leur dernière étreinte avortée.
- Jin ? Ca va ? demanda l'objet de ses pensées.
- Hum. Je me disais juste à quel point tu es magnifique…
Se redressant sur un coude, l'être surnaturel à la grâce statuaire qu'il avait la chance inouïe de pouvoir épouser très bientôt, l'embrassa de nouveau avec fougue. Leurs langues se mêlèrent et se démêlèrent en une danse complexe et envoûtante, qui les fit rapidement haleter. Leurs regards, aussi noirs de désir l'un que l'autre, s'accrochèrent pour ne plus se quitter. Kame savait qu'il avait gagné la partie. Il aurait ce qu'il voulait.
- Jin… Viens… murmura-t-il en se léchant de nouveau les lèvres.
N'étant plus capable de lui résister tant son envie était devenue forte, le plus âgé se débarrassa rapidement de ses encombrants vêtements tandis que, parfaitement indécent et le sachant pertinemment, son cadet écartait les jambes, sans cesser de le provoquer en se léchant les lèvres.
- T'es pas humain, c'est pas possible… Personne peut être aussi indécemment sexy…
- Pourtant, je t'assure que tu l'es au moins autant…
- Tu te rends compte que même quand tu mange ou que tu bois, t'es sexy ?
- Jin… tait-toi et prend-moi…
Comprenant que sa tentative pour gagner quelques secondes avait échoué, le plus âgé se plaça à l'entrée de son intimité, puis hésita. Lassé d'attendre, Kazuya fit alors le geste qui les unit, faisait gémir Jin tant être en lui était bon. Encore meilleur, même, que dans son souvenir, car l'étroitesse de son corps fin décuplait les sensations. Sensations qu'il était le seul à ressentir étant donné l'absence de réaction de son partenaire. Douché, il s'apprêtait à se retirer, mettant ainsi un terme prématuré à leurs ébats, mais prévenant son geste, Kazuya l'en empêcha en enroulant les jambes autour de sa taille.
- Tu fais ça, je te tue, c'est clair ?
- Mais…
- Bouge, Jin…
Vaincu à la fois par son ton, sa menace et l'envie qui le taraudait toujours, l'interpellé donné un premier coup de reins, qui le fit de nouveau gémir et fut suivi de plusieurs autres. S'efforçant d'oublier que lui seul prenait du plaisir, il finit par se déhancher en lui en ahanant sans discontinuer, donnant de grands coups de boutoir sans aucune retenue. Il était en abstinence depuis si longtemps, que pouvoir l'évacuer en l'aimant enfin de nouveau était juste un pur délice, une extase infinie que renouvelait chaque coup de reins. Soudain, le plus jeune tressaillit et les mains qu'il avait posées sur les épaules de son amant se crispèrent. Stupéfait, Kamenashi écarquilla les yeux et chercha son souffle. Avait-il rêvé ou…
- Jin, re… refais ça, demanda-t-il.
Perdu dans les brumes du plaisir, l'aîné ne réalisa pas tout de suite ce qu'il voulait dire et le fixa d'un air hébété.
- Quoi ?
- Ce mouvement… refais-le.
Sans comprendre, Jin s'exécuta pourtant et donna un autre brusque coup de bassin.
- Han ! réagit le cadet, aussitôt traversé par une décharge de plaisir qui n'avait rien de simulé. Refais… le encore !
Cette demande sonnait comme un ordre mais ça ne dérangeait pas Jin. Il trouvait même excitant que, parfois, malgré le fait que, physiquement, ce soit lui le dominant, mentalement, c'était son Kazu. Une nouvelle fois, Akanishi donna un coup de reins, incertain de la finalité de ces requêtes à répétition.
- Haaaaaaaan ! s'écria Kazuya lorsque son Jin toucha de nouveau sa prostate.
Stupéfait, l'aîné s'immobilisa et plongea son regard dans les yeux noisette, n'osant pas trop y croire malgré l'espoir insensé qui venait de faire battre son cœur plus vite encore que leur étreinte.
- Kazu, est ce que tu…
- Oui… souffla Kame d'une voix rauque. J'ai vraiment… Je t'ai vraiment senti…
- Kamisama…
- Jin… Jin, aime-moi… Je sens que ça peut m'aider…
Comme si c'était l'encouragement qui lui manquait, l'aîné se remit à se déhancher en lui, tout en tâchant de garder le même angle. Jamais lassé de ce corps parfait qu'il sentait frémir et palpiter sous ses doigts, il toucha au but encore, et encore et, lorsqu'il sentait venir la jouissance, il se retirait le temps de se calmer un peu, avant de replonger en lui plus profondément encore, comme s'il cherchait à fusionner leurs chairs, comme leurs cœurs et leurs âmes. Et tout à coup, au plus fort de leurs ébats, au plus torride des cris de plaisir du plus jeune, celui-ci se libéra brusquement entre eux, sans même avoir senti que son entrejambe avait réagi. Cette brusque libération ayant entraîné le resserrement de son corps parfait autour du membre de Jin, celui-ci le rejoignit dans la jouissance, avant de baisser les yeux sur le torse souillé de son compagnon.
-Kazu, tu… avais senti que… haleta-t-il en se laissant doucement retomber sur lui.
- Non…
- Ca doit… être trop… tôt… mais… tu as fais un bond… de géant sur la… voie de la… guérison…
Couvert de sueur, les cheveux collés au front, le cadet hocha la tête.
- Mais on ne… pourra le… dire à personne… fit-il remarquer.
- Pourquoi ?
- Franchement… tu te vois annoncer… à mes parents et… aux tiens de… quelle façon, j'ai… commencé à… ressentir de nouveau ?
- Heu… non…
- Ben moi non… plus, tu vois.
Mort de fatigue cette fois, mais heureux, Akanishi le serra contre lui.
- Je suis heureux… murmura-t-il en fermant les yeux.
- Moi aussi… répondit Kazuya en décollant tendrement les cheveux pareillement collés de son fiancé.
Mais Jin n'était déjà plus en état de l'entendre, car il avait sombré dans un profond sommeil. S'en rendant compte, Kame sourit, l'embrassa et ferma les yeux à son tour.
Le couple fut réveillé par un tambourinement très peu discret à la porte.
- Hé là dedans, c'est pas qu'on a la dalle mais presque ! fit la voix étouffé de Reio derrière le battant.
- Je sais pas ce que vous foutez et je veux pas le savoir, mais sortez vite ! renchérit celle de Yuya.
Il y eut un court remue-ménage et d'autres voix étouffées, puis le silence retomba et Jin redressa la tête en grognant.
- Je vais tous les tuer… râla-t-il.
- Skisspass ? fit alors la voix ensommeillée de Kazuya
- Il se passe que je vais tuer ton frère et le mien…
- Hein ?
- Faut qu'on descende. Leurs Altesses ont dit qu'ils avaient faim.
- Nan, j'veux pas… marmonna le plus jeune en se cachant sous la couette.
- J'ai pas envie non plus, tout ce que je veux c'est rester près de toi dans ce lit, mais… si on y va pas, ils vont faire chier jusqu'à la fin des temps.
- Près de moi dans ce lit ? réagit Kamenashi en ressortant la tête, les cheveux en bataille, avant d'ajouter dans un sourire en coin : Tu sais que c'est dangereux pour toi, maintenant que je sais que je sens des choses ?
- Quoi, tu vas me violer nuit après nuit ? fit Akanishi en rentrant dans son jeu.
- Oh que oui. Et pas que la nuit… Tu pourras plus jamais te reposer, mon bel étalon… T'es trop sexy pour ça. Rrrrrrr…
- Si je me repose pas, je vais crever et t'auras plus que ta main droite, mon Kazu, rigola Jin. Mais j'aime quand tu vire au hentai… C'est franchement excitant.
- Alors prouve-le-moi…
- Je commence à avoir la dalle aussi. On aura tout le temps après le mariage.
Le plus jeune soupira.
- Bon, d'accord.
Il attrapa l'accoudoir de son fauteuil, toujours nu y transféra son poids, puis ramassa ses vêtements éparpillés, sous le regard appréciateur de Jin.
- Jolie vue… commenta celui-ci.
- Ah ouais, tu matte ? Même dans le fauteuil ?
- Toi ? Toujours. Et au risque de me répéter encore, ton fauteuil je m'en fous, c'est toi qui m'intéresse.
- Bah, rince-toi l'œil alors, mais tu vas avoir un léger problème si tu continue… fit-il en désignant du menton la protubérance qui commençait à se former sous les draps de soie.
- Oh fuck ! jura Jin en se levant à son tour pour se diriger vers la salle de bain.
- Quand tu veux, mon amour ! fit Kazuya depuis la chambre.
Une quinzaine de minutes plus tard, ils rejoignirent leurs amis et leurs familles au restaurant de l'hôtel. Bien sûr, la salle était à l'aune du reste du bâtiment : dans la démesure outrancière. Ce qui expliquait pourquoi, à leur arrivée, les autres regardaient autour d'eux avec l'air émerveifarré (un mix de « émerveillé » et de « effaré ») de touristes. Jin était certain qu'ils auraient volontiers sorti un appareil photo s'ils y avaient pensé.
- Alors, les touristes, il paraît que vous avez la d... se moqua-t-il an approchant, alors que Kazuya faisait rouler son fauteuil vers le groupe.
La consternation se lut sur ses traits avant même qu'il ait achevé : ils s'étaient tous mis sur leur trente-et-un pour dîner. Les hommes en smoking, les femmes en robe du soir. Et eux se pointaient en jean/t-shirt parce qu'ils avaient zappé où ils étaient. Ca craignait. Un coup d'œil à son fiancé lui apprit que Kame en était arrivé aux mêmes conclusions.
- Hé vous avez cru que vous alliez à a Jimusho les gars ou quoi ? intervint Koki. C'est quoi ces fringues alors qu'on est dans un hôtel super luxe extra plus ?
- J'en connais qui ont fait des trucs louches, souffla Reio à Yuya.
- Tu crois ?
- Ben pour qu'ils en aient oublié qu'il fallait s'habiller pour le dîner... Tu vois une autre explication ?
- Non...
- Bon, on fait quoi ? On remonte se changer ? demanda alors Kazuya en tournant la tête vers son fiancé.
- Je crois pas qu'on ait encore le temps...
- Vous l'avez plus. On a déjà attendu une demi heure, on va pas continuer, j'ai faim, décida le cadet des Akanishi.
Hinata et Satomi lancèrent un regard noir à leur progéniture et se dirigèrent vers la porte vitrée du restaurant, qui donnait dans le hall, dans un bruissement de tissu.
Jin et Kame emboîtèrent donc le pas à leur famille, mais l'embarras persistait, surtout dans la mesure où leur entrée fit tourner les têtes de leurs côtés et que, soudainement, le majordome/serveur/sommelier/autre vint leur dire en aparté qu'une tenue correcte était exigée au sein de l'établissement. Bien que tous deux pensent très fort qu'un jean et un t-shirt n'avaient rien d'incorrect, ils durent admettre qu'ils étaient "un brin" décalés par rapport au reste de l'assemblée et remontèrent se changer. Faisant de nouveau patienter leurs familles et râler leurs frères cadets. Les aînés Kamenashi, eux, se contentèrent de secouer la tête d'un air désespéré.
Finalement, tout le monde parvint à prendre place à table et le repas se déroula sans encombre, ponctué de rires, de blagues de Junno auxquelles seul Tôma eut la gentillesse de rire.
- A quelle heure on a rendez-vous pour la répétition demain ? demanda Hinata lorsque le dessert fut terminé.
- Normalement, quatorze heures et le mariage aura lieu a dix-sept heures, répondit Jin. Heure locale. Tout le monde a pensé à régler sa montre ou son portable ?
Le silence qui plana sur l'assemblée lui apprit que non. L'aîné des Akanishi soupira.
- Et ben oubliez pas, hein. Si vous êtes à la bourre...
Il n'acheva pas sa phrase, mais la menace était claire et sans appel. Si l'un d'eux s'avisait de dépasser l'horaire prévu ne serait-ce que d'une minute, il le regretterait.
Le voyage ayant épuisé tout le monde, la soirée ne se prolongea pas bien tard et, avant vingt-trois heures, chacun avait gagné sa chambre. Tous ? Non car deux irréductibles couche-tard avaient repris leurs conversations, qui durèrent jusque tard dans la nuit, assis d'abord au bar de l'hôtel, puis dehors lorsque le bar avait fermé. Reio en avait profité pour lancer à Yuya de discrets signaux visant à lui faire comprendre qu'il ne lui était pas indifférent... signaux restés lettre morte pour le moment. Le cadet des Akanishi ne voulait pas faire le gros lourd avec son compagnon en mettant les pieds dans le plat, mais il ne savait plus comment lui faire réaliser la chose, à moins de le dire cash, ce qu'il préférait éviter. Mais il commençait à se dire qu'il n'allait peut-être pas avoir le choix. Soudain, le plus jeune des Kamenashi bâilla à s'en décrocher la mâchoire.
- T'es crevé, tu devrais aller dormir, suggéra Reio.
- Ouais mais je doute que mes jambes me portes jusqu'à l'ascenseur, tu vois, répondit Yuya en bâillant de nouveau.
Voyant dans cette affirmation une occasion supplémentaire de lui faire comprendre, Reio saisit la balle au rebond.
- Tu veux que je te porte ? fit-il, cependant sur le ton de la plaisanterie.
- C'est pas une mauvaise idée, rétorqua son interlocuteur sur le même ton.
- Chiche !
- Hein ?
Avant qu'il ait eu le temps de dire ouf, Reio avait passé ses bras sous ses genoux et sous ses aisselles et soulevé de terre en le calant contre lui. Stupéfait, Yuya qui ne s'y attendait pas du tout, commença par seulement écarquiller les yeux, en accrochant ses bras autour du cou de son porteur par réflexe, puis se récria :
- Nan mais je blaguais ! Pose-moi !
- Nan, j'ai dis que je te portais jusqu'à ta chambre, alors maintenant tu te tait, tu arrête de remuer et tu me laisse faire.
- Mais c'est super gênant, arrête !
- Mais non, c'est dans ta tête, rétorqua le plus jeune des Akanishi en se dirigeant vers l'ascenseur.
Il trouvait ça tellement bon de le tenir comme ça, qu'il voulait retarder au maximum le moment où il devrait le lâcher. Il ne pouvait pas se mentir, il n'était pas sûr qu'il ne s'agisse que d'attirance physique et ça même s'il n'avait jamais cru au coup de foudre. Il s'engouffra avec son "fardeau" dans la cabine mobile et appuya sur le bouton de l'étage.
- Pose-moi, tu vas te flinguer le dos, dit encore Yuya. Je suis pas si léger que ça.
- Mon dos va très bien. Chut.
- Mais...
- Chut, j'ai dis.
Etrangement, il fut obéi. D'ailleurs, à bien y réfléchir, Yuya ne s'était pas vraiment débattu pour lui échapper. Devait-il en conclure quelque chose ou éviter pour ne pas être déçu s'il concluait mal ?
L'ascenseur arriva rapidement à leur étage et, bien que commençant à fatiguer au niveau des bras, Reio l'emmena jusqu'à sa porte où il consentit à le poser. Au moins le temps qu'il trouve sa clé dans sa poche.
- Tu... veux entrer ? demanda le plus jeune des Kamenashi lorsque sa porte fut ouverte.
A cette proposition, Reio déglutit. Se rendait-il compte de ce qu'il disait ou... ?
- Il... vaut mieux pas, répondit-il.
- Pourquoi ?
- Parce que... je suis pas sûr que je pourrais me retenir de... (il soupira) Parce que je te trouve très à mon goût et que je sais pas si je pourrais me retenir de te sauter dessus.
- Qui te dis que je le veux pas ?
A ces mots, Reio cligna des yeux à son tour. C'était lui ou son compagnon lui faisait des propositions là ? Il était clairement en train de lui dire qu'il était d'accord pour...
- Tu te rends compte de ce que tu dis ?
- Je ne suis pas si idiot, répondit Yuya dans un petit sourire. Toi aussi tu me plais.
D'accord... dire qu'il avait déployé des trésors de subtilité alors qu'il lui aurait suffit de dire les choses cash... Que de temps perdu. Dans un sourire, il le poussa légèrement dans la chambre, referma la porte derrière eux, l'enlaça et le plaqua contre la porte, le regardant dans les yeux.
- Tu es sûr ? Il est encore temps de dire non...
- Et si je veux dire oui ?
C'était plus qu'il n'en fallait à l'esprit échauffé par l'alcool de Reio, qui se jeta voracement sur la bouche de son vis-à-vis. Il mordilla ses lèvres avec envie, les pinça, les engloba, fit jouer sa langue à ses commissures, la passant sensuellement sur toute la surface bombée offerte, puis la glissa entre elles, demandant un passage qui lui était déjà accordé. Enfiévrés par l'alcool autant que par leur attirance réciproque, les langues des deux jeunes hommes se cherchèrent un court instant, se trouvèrent, s'entourèrent avec langueur, se séparèrent, pour se retrouver et s'étreindre avec davantage de fougue. La passion les prenant, ils durent bien vite respirer par le nez, leurs souffles brûlants se mêlant et se déposant sur leurs lèvres fusionnées, qu'aucun des deux ne semblait prêt à abandonner. Rapidement, ce baiser bien que torride, ne suffit plus à Reio, qui se mit à défaire avec avidité les boutons de la chemise de Yuya, avant d'abandonner et de les faire tout simplement sauter d'un grand geste. Les petites pièces sphériques s'envolèrent un peu partout sans que ni l'un ni l'autre n'y prenne garde, d'autant que le plus jeune des Kamenashi avait entreprit de faire exactement la même chose de son côté. D'un geste parfaitement synchronisé, ils firent tomber des épaules de l'autre, le fin tissu devenu encombrant et se mirent à parcourir le torse de leur compagnon respectif avec fébrilité. S'ils avaient été sobres, ils auraient certainement pris leur temps pour découvrir le corps de l'autre, mais l'alcool faisait sauter les barrières, balayait les inhibitions, les rendant incapable de se concentrer sur autre chose que leur désir mutuel. Désir qui prenait de l'ampleur à mesure que passaient les minutes.
Lorsqu'enfin leurs bouches rougies se séparèrent, ils plongèrent leur regard dans les yeux de l'autre. Ils n'avaient plus besoin de parler pour se comprendre, le langage du corps était suffisant. D'un même mouvement, ils s'attaquèrent à la ceinture de l'autre, puis au bouton du pantalon, à sa braguette. Un bruissement discret et les deux pantalons chutèrent au sol, les laissant en boxer, à la merci du regard, des mains de l'autre. Leurs mains volèrent sur le corps offert, le caressant, le palpant avec avidité sur toute sa surface. Les mains de Reio englobèrent la rondeur du postérieur de Yuya et le pressèrent, lui tirant un gémissement, tandis que le cadet des Kamenashi mouvait son bassin contre le sien, comme pour lui faire comprendre qu'il en avait assez d'attendre. Une plainte échappa au cadet des Akanishi, lorsque, dans le mouvement de son compagnon, son entrejambe excitée rencontra la sienne. Il doutait de pouvoir se contenir encore très longtemps. Surtout que Yuya ne faisait rien pour arranger les choses : depuis plusieurs minutes, celui-ci se léchait les lèvres avec une application machiavélique et son regard sombre encré dans le sien semblait crier ce qu'il ne formulait pas à voix haute : "prend-moi tout de suite".
- Tu... m'aide pas... là... articula-t-il avec difficulté.
- Ah non ? fit malicieusement Yuya, avant de donner un nouveau coup de bassin.
- Han... Yuya ar... arrête, pitié...
- Pourquoi... puisque tu... le veux autant que... moi ? haleta le plus jeune des Kamenashi.
- Parce que... pas... pas comme ça contre... la porte...
Le prenant au mot, Yuya prit sa main, l'emmena jusqu'au lit, sur lequel il le poussa, avant de s'asseoir à califourchon sur son bas-ventre, ce qui les fit gémir tous les deux.
- Han... Qu'est ce que tu... fais ? fit Reio, interloqué que son cadet prenne soudain la décision.
- Je te... tue ? murmura l'interrogé, avant de se pencher en avant pour appuyer ses avant-bras sur le matelas, avant de l'embrasser de nouveau avec la même fougue, frottant lascivement son bassin sur celui de son amant à travers le tissu de leurs sous-vêtements.
Le mouvement sembla les embraser tous les deux, car c'est une longue plainte commune qui s'éleva de leur gorge. Aidé par l'alcool qui circulait dans leur sang, l'échauffant outre mesure, le feu sembla se propager à toutes les cellules de leur être et une fine pellicule de sueur ne tarda pas à les recouvrir tous les deux. N'en pouvant plus, Reio inversa leurs positions d'un mouvement, lui retira son boxer, avant de faire de même avec le sien, puis il hésita : avait-il encore le courage de faire autre chose avant de le faire sien ou ne l'avait-il pas ? Ce fut Yuya lui-même qui mit fin à ses hésitations.
- Reio... Viens, prend-moi... susurra-t-il d'une voix rauque de désir, que l'interpellé trouva infiniment sensuelle.
Ne se le faisant pas dire deux fois, il présenta sa main à son cadet, qui happa ses doigts et se mit à les sucer avec gourmandise l'un après l'autre, faisant gémir le plus âgé d'attente. Lorsque ce dernier estima que c'était bon, il suréleva le bassin du plus jeune d'une main puis, malgré son impatience, introduisit doucement un doigt en lui, le faisant grimacer, puis un second et un troisième, avant d'imprimer à sa main un mouvement de va-et-vient destiné à préparer le corps de son compagnon à l'accueillir. Lorsqu'un gémissement échappa à Yuya, Reio comprit qu'il était prêt. Il ôta alors sa main et se plaça à l'entrée de son intimité, avant de le pénétrer doucement, en râlant de plaisir.
- Haaaaaaaaan ! fit-il, incapable de se contenir tant l'étroitesse du corps de son amant était délicieuse.
Pourtant, il s'abstint de remuer, attendant que le plus jeune s'habitue à sa présence en lui. Quelques instants plus tard, un léger mouvement de hanches lui fit comprendre qu'il pouvait commencer. Il commença donc par donner un premier coup de reins, qui le fit s'enfoncer encore davantage en lui et leur tira une plainte à tous les deux.
- Plus... vite... Reio... souffla Yuya, dont le torse se soulevait à intervalles très rapprochés.
Ainsi encouragé, le concerné cessa de se retenir et se mit à se déhancher en lui, donnant de puissants coups de reins en s'agrippant aux hanches fines de son compagnon, les faisant crier tous les deux à chaque fois qu'un mouvement touchait la prostate du jeune Kamenashi qui, pour accentuer leurs sensations, accompagnait chaque va-et-vient, d'une ondulation du bassin. Finalement, après quelques gestes supplémentaires, le corps de Yuya se tendit comme la corde d'un arc, prêt à se rompre, et il se libéra dans un grand cri de jouissance. Le brusque resserrement de la chair de son amant autour de lui, ne tarda pas à entraîner la libération en lui de Reio, qui le démontra de façon tout aussi sonore, avant de retomber doucement sur lui, épuisé. C'était quoi, l'expression que Jin utilisait toujours à propos de Kazuya déjà ? Ah ouais "un appel au viol permanent". Et bien l'expression était aussi valable pour son frère cadet. Kamenashi Yuya était une vraie bombe.
- Woh... murmura simplement le concerné par l'expression.
- Ouais... fit à son tour le cadet des Akanishi.
Sur ces déclarations pleines d'éloquence, Reio se retira doucement en l'embrassant, puis le serra contre lui et ferma les yeux, s'endormant en quelques secondes. Yuya eut la force de chasser une mèche de cheveux tombée sur les yeux de son amant, avant de sombrer lui aussi dans les bras accueillants de Morphée.
Le lendemain matin le soleil entra à flots dans la chambre, par la fenêtre dont les rideaux n'avaient pas été tirés et un grognement d'ours des cavernes émana de la masse entassée sous la confortable couette. Les cheveux en bataille, Reio protégea ses yeux en posant son bras dessus.
- Saloperie de soleil à la con... maugréa-t-il en tentant de se rendormir.
Mais peine perdue, le soleil donnait en plein sur lui. Il se rendit alors compte que son bras droit était bloqué sous quelque chose. Râlant tant et plus, le cadet des Akanishi ouvrit péniblement les yeux pour voir ce qui le gênait et aperçut alors le paisible visage endormi de Yuya. Il sursauta, yeux écarquillés, puis la soirée de la veille et ce qui avait suivi lui revint en mémoire. Oh la vache... Ils devaient être bien beurrés tous les deux, pour en être arrivés là après seulement quelques heures. Restait à espérer que son cadet ne le prenne pas mal, car il ignorait totalement de quelle façon il pourrait se justifier. Tâtonnant vers le sol, il chercha son portable tombé de sa poche quand ils avaient éjecté leurs vêtements, pour regarder l'heure. Et un nouveau grognement lui échappa. Il n'avait même pas dormi quatre heures. Saloperie de soleil à la con. Il allait être frais pour le mariage tiens... Jin allait le tuer. Un moment plus tard, Yuya remua à son tour, se blottissant instinctivement contre lui sans pour autant se réveiller, ce qui fit rougir Reio. Il n'était fondamentalement pas contre cette proximité, mais après ce qui s'était passé cette nuit, c'était très embarrassant. C'était les couples qui faisaient ça. Et eux n'en étaient pas un. C'était l'alcool le responsable. Du moins en partie. Pour autant, il n'osa pas le réveiller. Il dormait comme un ange et ça lui aurait fait mal au cœur. Au moins l'un d'eux aurait l'air frais et dispo à la cérémonie. Un d'eux ne serait pas tué par l'un des mariés et survivrait. Et savoir que le survivant serait Yuya réconfortait un peu Reio qui savait que son aîné allait l'assassiner.
Près d'une demi heure s'écoula, que laquelle le cadet des Akanishi, ne pouvant pas faire grand chose d'autre, passa à regarder le bel endormi. Endormi qui finit par s'éveiller en se frottant les yeux et en bâillant.
- Bonjour, Reio, fit-il, encore tellement dans le pâté qu'il ne réalisa pas vraiment ce qu'impliquait ces deux simples mots.
Au contraire dudit Reio, qui ouvrit des yeux grands comme des soucoupes. Visiblement, son cadet n'avait encore rien percuté. Combien de temps avant que les mots "bonjour" et "Reio" dans la même phrase prenne un sens dans sa tête ? Et combien avant qu'il n'ajoute à l'équation les mots "nus" et "dans un lit" ? Mentalement, le plus âgé des deux entama un décompte. Un... Deux... Trois... Quatre... Il en était bien rendu à "quinze" lorsque, se redressant brusquement, son compagnon ouvrit à son tour grand les yeux et le fixa, effaré.
- Reio ? Mais qu'est ce que... Qu'est ce que tu fais là ?
Ah, il avait seulement réalisé sa présence, pas le reste. Et ben il n'était pas sorti de l'auberge.
- Ben... en fait, tu vois, hier soir, on était bourrés tous les deux et... heu... ben je crois... qu'il s'est passé des trucs... si tu vois ce que je veux dire, expliqua l'interpellé en baissant les yeux sur leur tenue pour lui faire comprendre.
- Des trucs ? Quels tr... commença Yuya, avant de suivre la direction du regard de son vis à vis... et de virer au cramoisi bien mûr lorsque tout lui revint en constatant qu'ils étaient nus. Oh...
Un silence gêné s'installa, pendant lequel aucun des deux n'osa regarder l'autre, puis Reio se décida.
- Yuya... après ce qu'il... enfin je peux pas nier que... tu me plais. Alors est ce que ça te dis que... qu'on essaye... tous les deux ? bafouilla-t-il.
Etonné, le plus jeune des deux le fixa, sembla réfléchir un instant, puis fit un petit sourire.
- D'accord. Essayons.
Stupéfait de cette réponse, le cadet de Jin fixa celui de Kazuya, l'air de ne pas y croire.
- T'es sérieux ?
Yuya hocha la tête, puis se blottit de nouveau contre lui.
Yuya hocha la tête, puis se blottit de nouveau contre lui. Indécis, Reio resta sans bouger quelques instants, puis le prit de nouveau dans ses bras et tous deux ne tardèrent pas à se rendormir. Ils furent de nouveau réveillés par le double son strident des réveils de leurs portables qu'ils avaient heureusement pensé à régler avant même la fin du dîner, au cas où. En soupirant, ils les éteignirent comme ils purent et le plus jeune s'extirpa à regret des bras de son désormais petit ami. Il était midi. Ils avaient juste le temps d'aller manger et de se préparer avant la répétition.
Récupérant son pantalon de la veille, Yuya se rappela soudain que sa chemise était inutilisable puisque dépourvue de boutons depuis leur étreinte, tandis que Reio faisait le même constat.
- Je vais à ma chambre. On se retrouve dans une demi heure pour aller manger ? demanda ce dernier.
- Ca me va. A toute.
A l'heure dite, après avoir paressé sous l'eau chaude, les deux membres du nouveau couple se rejoignirent. Heureusement, Reio parlait assez bien anglais, car Yuya se retrouva incapable de passer sa commande, ce qui le soumit aux piques de son nouveau compagnon. Ils passèrent le repas à parler d'eux à l'autre afin de mieux se connaitre, puis remontèrent s'habiller pour la "fausse cérémonie". L'un comme l'autre n'en voyaient pas l'intérêt, mais à ce qu'ils avaient compris, ces répétitions étaient un genre de tradition aux Etats-Unis (d'ailleurs, il y en avait une dans tous les films américains). L'adage disant "à Rome, fais comme les romains", Jin et Kazuya se conformaient donc aux usages en vigueur dans le coin, même si, de l'avis de leurs cadets, eux aussi devaient trouver ça débile.
Dans l'ascenseur qui les conduisait dans le hall, Yuya saisit la main de son aîné et lui sourit. Celui-ci la serra brièvement et le lui rendit, puis tous deux quittèrent la cabine mobile arrivée à destination, sans se lâcher.
- Ah bah enfin ! s'exclama Jin. Il manquait plus que v...
Il s'interrompit, yeux écarquillés, en constatant que son frère tenait la main de celui de Kame.
- Heu... on a loupé un épisode là ? fit-il, ahuri.
- C'est une longue histoire, répondit Reio.
- Comment ça peut être une longue histoire alors que vous vous connaissez depuis HIER ?
- Ben... quand même.
- Te fous pas de ma gueule.
- Je te jure.
- Akanishi Jin, surveille ton langage, je te prie, intervint Satomi. Surtout aujourd'hui.
- Raaaaah ! Mais c'est pas possible ça ! Reio se pointe main dans la main avec Yuya et tout ce que tu note c'est ma façon de parler ? Je suis le seul que ça choque ou quoi ?
- Ca te choque carrément ? intervint Yuya, un peu triste.
- Oui enfin non. Ca me choque pas dans le sens choquer, mais...
- Jin ?
L'interpellé baissa les yeux vers son fiancé, absolument splendide dans son costume immaculé.
- Mon cœur ?
- Laisse-les tranquilles. Moi je trouve ça plutôt bien.
Le nouveau couple adressa un regard reconnaissant à son frère/beau-frère, tandis que Jin, vaincu, cessait de protester. Du regard, il parcourut l'assemblée : leurs mères, qui semblaient s'être concertées pour avoir des tenues coordonnées ; leurs pères, engoncés dans leurs smokings et ne semblant du coup pas très à l'aise ; Junno, qui paraissait avoir confondu mariage et concert puisqu'il avait mis un costume bleu ciel similaire à celui qu'il portait pour chanter "wind" mais bon il lui allait bien alors c'était pas trop grave ; Tôma, revêtu d'un sobre costume gris et ne quittant pas son copain d'une semelle et les autres membres du groupe, dans le même genre de costumes noirs qu'ils mettaient à l'époque de "DAT-TUN5". Sanns oublier la petite Seira, absolument adorable dans sa robe rose.
- Bon, on peut y aller, décréta Jin.
- Mais tu sais où c'est ? demanda Kazuya, un peu inquiet. Las Vegas, c'est pas petit.
- T'inquiète, je gère, répondit son fiancé en prenant les poignées du fauteuil pour le pousser hors de l'hôtel.
Toute la petite troupe leur emboita la pas, attirant l'attention à l'extérieur, car un groupe de dix-huit japonais habillés sur leur trente-et-un en pleine rue ne passait pas vraiment inaperçu. Même dans cette ville là. Après quelques mètres, le guide du groupe s'immobilisa et sortit son portable, qu'il mit en mode GPS. Ce que ne manqua pas de remarquer son fiancé.
- Jin, je croyais que tu gérais ? fit Kazuya.
- Ben oui. Et le GPS est mon ami.
- Tu gère que dalle en fait.
- Tout de suite... Allez chut, suivons l'ami GPS.
Kame secoua la tête en soupirant et son compagnon reparti, fit avancer son fauteuil à sa suite, sans remarquer les murmures complices de leurs frères cadets respectifs. Une dizaines de minutes plus tard, ils débouchèrent devant un bâtiment blanc qui exhibait fièrement une enseigne portant l'inscription "Wedding Chapel" entourée de fleurs et de cœurs roses. Une vraie chapelle de film américain, bien "typique".
Précédant tout le monde, Jin poussa la porte et la tint ouverte pour que l'assemblée s'y engouffre. Ils furent accueillis par un "Welcome there !" clamé du fond de la pièce par l'officiant, les faisant sursauter.
- Maru, tu voudras bien faire la traduction simultanée ? demanda Akanishi à son ami. Moi je pourrais pas.
- Ai-je vraiment le choix ? soupira théâtralement Yuichi.
- Merci, vieux.
- Rah m'appelle pas comme ça, je te l'ai dis au moins trois mille fois, Bakanishi.
Mais l'interpellé, parti dans une grande conversation avec l'officiant, ne l'entendait déjà plus.
- Kazu, appella-t-il après quelques instants. Viens, s'te plait.
S'excusant auprès de leurs familles et amis, le concerné fit pivoter son fauteuil, se propulsa vers eux et le conciliabule reprit. Cinq minutes plus tard, tous trois revenaient vers le groupe.
- I see there is a little girl. She'll walk before this young man, dit l'officiant en désignant Kame. Can she do that ?
- "Je vois qu'il y a une petite fille. Elle marchera devant ce jeune homme. Peut-elle le faire ?" traduisirent de concert Jin et Maru.
- Oi, je croyais que je devais traduire !
- Oups. Oui je le ferais plus.
- Oui, elle peut, répondit Rei, avant de s'accroupir devant sa fille. Ma puce, quand ce sera le moment, il faudra que tu marche un peu devant ChuChu-Ni, d'accord ?
- Ui, répondit la voix fluette de l'enfant.
- She can, répondit Maru à la place de Rei.
- Good. Who's the mother of this man ? demanda l'officiant en désignant Kame.
- "Qui est la mère de cet homme ?"
- C'est moi, répondit Hinata en levant la main.
- Okay, so when the music starts, you bring your son up at the altar.
-"D''accord, donc quand la musique commencera, vous amènerez votre fils jusque devant l'autel", traduisit donc Maru.
- D'accord, fit-elle en hochant la tête pour montrer qu'elle avait compris et ainsi éviter à leur interprète improvisé de traduire ce simple mot.
- C'est quoi la musique ? demanda alors Koki. Pas le machin qu'on entend dans les films américains j'espère, ce serait la loose totale.
- T'es dingue, bien sûr que non. Tu nous as pris pour qui ?
- Alors c'est quoi la musique ? insista Ueda.
- On a choisi le canon de Pachelbel, répondit Kazuya en souriant.
- C'est quoi ça ? demanda Junno.
- De la musique classique, lui répondit Tôma en souriant. Cette musique est magnifique, tu verras.
- Ah... bah tu sais, le classique et moi... fit Taguchi, embarrassé, en passant une main dans ses cheveux.
- Can we continue ? demanda alors l'officiant, que tous paraissaient avoir oublié.
- Of course. Excuse us, répondit Jin.
- Mr Akanishi, you will already be near the altar where Mr. Kamenashi come near you.
- "Akanishi-san, vous serez déjà près de l'autel lorsque Kamenashi-san arrivera près de vous", traduisit de nouveau Maru.
- Ok.
- Then I'll talk a little, and it will be the traditional exchange of consent. You are free to express what you want.
- "Ensuite je parlerais un peu et ce sera le traditionnel échange des consentements. Vous êtes libres d'y exprimer ce que vous voulez."
- You have alliances or something to replace them ?
- "Vous avez des alliances ou quelque chose qui en tienne lieu ?"
- We have alliances, répondit Kame dans un anglais hésitant.
- Great. So I'll bless it, you'll exchange it and it will be completed.
- "Bien. Donc je les bénirais, vous les échangerez et ce sera terminé", traduisit encore Yuichi, stupéfait.
La surprise se peignit sur le visage de ceux qui écoutaient la conversation et un murmure parcourut le groupe. Manifestement, aucun n'avait imaginé que ça puisse être si court. Et les deux concernés n'étaient pas les moins stupéfaits.
- And… all of that will take how long ? demanda maladroitement Kazuya.
- Between ten and fifteen minutes.
- Ils ont dit quoi ? demanda Yuya, car Maru, sous le choc, n'avait pas réagi.
- En gros, ton frère a demandé combien de temps tout allait prendre et il a répondu que ça prendrait entre dix et quinze minutes.
- Woh, c'est de l'expéditif, constata Reio.
- Il faut dire que Las Vegas, comme Green Glena en Ecosse, sont les villes des mariages express, expliqua Maru. Donc ils ne perdent pas de temps. Surtout qu'en plus ce ne sera pas un mariage reconnu chez nous donc…
- C'est triste pour eux, remarqua Junno.
- Il sera valide dans leur cœur, c'est tout ce qui compte, répliqua Satomi.
- Thank you. We'll back for 5 p.m as expected, dit alors Jin, en luttant pour ne pas s'incliner.
- Yeah ! See ya soon, guys !
Le groupe gagna la sortie puis, de nouveau, tous suivirent le GPS pour retrouver l'hôtel, tout en discutant de tout ce qui venait d'être dit. Certains décidèrent d'aller se reposer avant l'heure H, d'autres décrétèrent qu'ils allaient profiter du casino pour flamber un peu.
A l'heure dite, tous étaient à leur place attribuée. La cérémonie fut, comme l'avait annoncé l'officiant, des plus brèves, mais l'émotion qu'elle suscita n'avait rien à envier à ceux qu'avaient vécu les couples hétérosexuels présents dans l'assistance. Satomi et Hinata passèrent leur temps à pleurer, ruinant ainsi un maquillage sensé être waterproof elles furent imitées, bien que plus discrètement, par Rei et Ana. Koki, Junno, Ueda et Maru restèrent silencieux mais ça n'empêcha personne de remarquer qu'ils reniflaient à qui mieux mieux Kazuhiko et Kotaro firent les insensibles à grand renforts de « allons allons ! ». Quant à Reio et Yuya, ils étaient tous deux physiquement présents, mais n'écoutèrent le déroulement que d'une oreille. Il était dix-sept heures vingt, heure américaine et le célèbre Kamenashi Kazuya, s'appelait désormais Akanishi Kazuya. Même si eux seuls le sauraient une fois rentrés à Tokyo. Dire qu'ils rayonnaient était un euphémisme. Ils irradiaient littéralement de bonheur, réjouissant le cœur de leur famille et de leurs amis et ce même si une ombre à roues persistait dans le réjouissant tableau. Ils ignoraient encore ce que Jin et Kame avaient découvert plus tôt dans la journée et ne l'apprendraient pas.
