Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna, Sergueï, Henrique, Elidjah, Owen, Connors, Moïra, Kerrian et Captain Sandy.
Béta : BettyMars
Bon dimanche à tous ceux qui sont venus sur ce petits bonus. Je n'ai eu que deux avis mais ils étaient positifs donc on va dire que cette histoire vue par Titan n'était pas une mauvaise idée. Aujourd'hui voici la deuxième partie. J'espère qu'il vous plaira également.
Bonne journée et à mercredi pour le chapitre 92 de l'histoire principale.
Phrases défi :
-Draco demande à Kerrian s'il a vu Greg et Vincent et Kerry lui dit de suivre les traces de glace fondue comme pour le petit poucet.
-Vincent et Gregory entendent Chatonne leur réclamer une crêpe.
Partie 2
Je n'ai plus eu l'occasion de retourner dans la forêt avant que les grosses bêtes ne soient parties. Et pourtant j'ai cherché un moment dans la forêt pour voir si elles n'avaient pas été déplacées ailleurs, mais bien sûr, ce n'était pas le cas. Elles avaient dû rentrer chez elles. J'ai été très déçu car j'ai été complètement fasciné par ces animaux. Ils se dégagent tant de force, de sauvagerie, de puissance que moi, de mes trois pattes de haut, ça me rend tout chose d'être devant eux.
Mais j'ai pu me changer les idées quelques jours plus tard quand le papa de mon petit homme m'a offert un festin de roi. Bon, je ne sais pas pourquoi l'humain aux poils couleur de feu, qui m'avait libéré le jour des grosses bêtes, était là couché par terre ni pourquoi mes insectes étaient sur ses pattes. Mais j'ai pu me remplir l'estomac jusqu'à en roter de plaisir. Et en prime il m'a fait des câlins en me gratouillant derrière les oreilles. Je l'aime vraiment beaucoup cet humain en noir, papa de mon petit homme.
Après cela, Chatonne, Hedwige et moi avons repris nos complots et nos jeux. Bon, beaucoup de nos plans sont tombés à l'eau car les humains qui sentaient différemment et qui ne dormaient pas dans le château n'étaient pas aussi tolérants avec nous que nos humains. Il y en a même un qui a donné un coup de patte à Chat' parce qu'elle jouait avec son bout de bois. Ils ne sont vraiment pas prêteurs. Remarquez que lorsque j'ai voulu grignoter celui mon petit humain il y a de nombreuses lunes, il m'a sermonné sévèrement. Mais lui au moins il ne m'a pas tapé. Au contraire, il m'a trouvé un autre jouet pour me faire les dents et s'est amusé à me l'envoyer au loin.
Bref, du coup on a changé un peu nos plans et on a cherché du côté de ceux qui habitaient au château. Et on a décidé de voir où habitait Miss Teigne et son humain. Ils sont tellement bizarres tous les deux. On ressentait la magie dans l'animal mais pas dans son humain alors qu'en principe c'est le contraire ou alors de la magie pour les deux. Pour mon petit homme par exemple, il a un autre animal que ne j'aime pas beaucoup car il reste tout le temps dans l'eau mouillée. Ben lui, il n'a pas de magie autour de lui, tout comme moi, alors que notre petit humain et son papa en ont. Pareil pour Pomponnette et son humain alors qu'avec Pompon c'est encore différent. Il y a quelque chose en lui qui sent la magie, comme pour Miss Teigne. Et comme Chatonne et Pattenrond aussi d'ailleurs. Mais dans tous les cas, l'humain dégage de la magie mais pas pour l'homme de Miss Teigne.
Bref, tout ça pour dire que Hed a suivi l'humain avec discrétion car mine de rien, malgré qu'on ait fureté partout, on n'avait jamais su où il habitait. Ni Chatonne ni moi ne pouvions le faire car Miss Teigne nous aurait repéré automatiquement. Elle n'est pas belle mais elle est redoutable pour pister ou débusquer des poursuivants. Il a fallu un bon moment avant de pouvoir trouver leur terrier. Presqu'une lune entière. Mais on n'y est pas allé tout de suite. On n'est pas fou non plus. Si c'était pour se faire piéger par cette vieille chatte rusée ou par son humain râleur, autant ne pas le faire. Mais on a eu de la chance. Les humains ont fait une fête où ils étaient presque tous dans des fourrures d'humaines différentes de celles de tous les jours. Aussi ils étaient occupés et Miss Teigne et son humain aussi. Ils étaient dans la salle pour manger.
Nous, on en a profité pour se précipiter chez eux. C'était au quatrième sol. Honnêtement moi j'aurais plutôt cru qu'il habitait dans les sous terrains un peu comme mon petit humain et son papa. Mais non. Par contre, il a fallu passer dans un petit chemin derrière un de ces hommes de fer. Hed nous a dit que le passage s'élargissait quand l'humain passait mais évidemment, pas pour nous. Bon certes, c'était étroit mais cela ne nous dérangerait pas, on n'était pas gros. Juste que Hed a eu un peu de mal à circuler en volant et a pris du temps à avancer en sautillant. Heureusement ça n'a pas duré longtemps sinon elle n'aurait pas pu aller au bout. Là ça s'est un peu élargi le temps de se retrouver devant une porte. Chatonne nous a montré la souplesse de sa race en se jetant sur la poignée. Un instant plus tard, je poussais la porte de mon museau pour pouvoir entrer.
C'était ... sombre. Presque comme dans un terrier mais le confort du nid en moins. Il faisait plus froid que dans les parties humides et sous terraines du château. La pièce était petite également. Une couche, quelques meubles qui avaient eu au moins plusieurs vies et on avait fait le tour. Ah si, il y avait aussi une autre petite pièce. Une où ni Chatonne ni moi n'iront sans y être forcé. C'était là qu'il y avait de l'eau apprivoisée. Mais là, il y avait aussi une forte odeur d'urine. Celle de Miss Teigne. En glissant un œil dans l'endroit j'ai aperçu un bac avec de la sciure dedans d'où venait cette fétide odeur.
Ne désirant pas épiloguer sur ce lieu peu agréable, je me suis retourné pour voir Hed sautiller et tenter de becquer l'armoire pour en ouvrir la porte. D'ailleurs elle réussit peu de temps après. Quand je vous disais que mes copines étaient extra ... Chat' était en train de jouer avec un bout de chaine qui dépassait de sous la couche. En fouillant un peu, j'ai trouvé quelque chose d'étrange. C'était un morceau de bois avec plein de lanières au bout. Je ne sais pas à quoi ça servait, mais c'était assez drôle de tirer dessus. Je me suis donc occupé à le mordiller pendant que Hed faisait le ménage dans l'armoire. Chat' et moi on a fini par la rejoindre car fouiner dans les fourrures de l'humain râleur était plus amusant que tirer sur une ficelle. Surtout quand celle-ci se casse et qu'elle me revient dans le museau.
Puis on a entendu un bruit. Alors on est parti ventre à terre sans se soucier de laisser du bordel derrière nous. De toute façon, on n'aurait jamais pu ranger tout ça. Au mieux, on aurait tout trainé sous la couche de façon à ce que ça reste caché un peu plus, mais c'est tout. Enfin Chat' et moi sommes partis ventre à tête, Hed a ouvert la fenêtre pour fuir plus vite. Sautiller dans le passage étroit lui aurait fait perdre beaucoup trop de temps. Ce qu'on n'avait pas prévu, c'est qu'en fuyant, certaines fourrures humaines nous ont suivis. C'est vicieux ces machins là. Ça s'accroche à nos pattes, serres, queues et ça nous fait perdre du temps dans notre évacuation. Heureusement qu'on a l'habitude d'aller vite sinon on se serait fait attraper. Je sais que le lendemain, l'humain râleur a râlé un peu plus fort que d'habitude car certains des petits hommes lui avaient rapporté ses fourrures. C'est stupide de sa part, à sa place j'aurais été content qu'on me retrouve mes affaires. Certes, ses fourrures n'étaient pas aussi belles que celles de mon petit humain ou encore comme son frère aux poils clairs. Elles étaient un peu trouées aussi et ce n'était pas à cause de mes crocs. Mais ce n'était pas une raison. J'ai bien entendu les jeunes humains rigoler en parlant de caquelon ... cachegon ... calelon ... ou quelque chose de ce genre là. Mais je ne sais pas si ça a un rapport.
Mon petit humain n'était pas là à ce moment là. Son frère non plus. Je n'ai su qu'après qu'ils étaient rentrés chez l'humain aux poils clairs car j'ai senti les odeurs sur eux quand ils sont revenus. Mais entre temps, je suis resté avec l'humain un peu plus âgé avec qui ils trainent souvent et avec l'humain un peu gros qui parle aux plantes. Ils sont souvent ensemble et ils savent comment me gratter les oreilles alors c'est un gros avantage. Quand mon petit humain est arrivé je lui ai fait la fête, il m'a fait la fête et on ne s'est plus lâché jusqu'à ce qu'il dorme. En fait, on était dans la salle où on mange quand il est arrivé. Son frère aux poils clairs s'était installé avec ses amis et mon petit humain et ils se sont mis à parler très vite, à rire et à s'échanger quelques affaires. Puis ils se sont mis à parler tranquillement. Là je me suis dit que c'était le moment d'essayer de comprendre leur langage.
-Dites, vous avez-vu Vincent et Grégory ? Demanda le frère de mon petit humain.
-Ils sont partis d'ici tout à l'heure les mains pleines de nourritures. Si tu cherches bien, tu devrais pouvoir suivre les traces de glaces fondues et les retrouver façon petit poucet.
-Oh, bah on verra plus tard. Papa nous a offert des chocolats à noël, ils viennent de Belgique et sont super bons.
-Oui, il m'en a fait parvenir une boite également et je reconnais qu'ils sont savoureux.
-On en a gardé un peu pour leur faire goûter car ils sont très gourmands, indiqua mon petit humain.
Ils parlaient nourriture. Ça je l'ai bien compris, mais je n'ai pas saisi le détail par contre. Heureusement que j'ai fait bien des progrès par la suite, car ça sûrement sauvé la vie de mon petit homme à moi. Mais là pour le coup, j'en étais qu'à mes balbutiements en langage humain et je n'ai compris que le général. Peut-être parce que je suis un gourmand moi aussi.
Mon petit humain, son frère aux poils clairs et ses amis restèrent souvent ensemble dans les jours qui ont suivi. D'habitude, ils partaient chacun de leur côté pour la journée et ne se retrouvaient qu'à l'heure de manger ou le soir. Là non. C'était étrange. Je ne sais pas pourquoi ils faisaient ça. Peut-être qu'un jour je l'apprendrais enfin mais pour l'instant, c'est toujours un mystère pour moi. Surtout que peu de temps après, tout est rentré dans l'ordre et chacun repartait de son côté. Ils ont quand même d'étranges habitudes ces humains.
Mais quelque chose n'avait pas changé, c'était la tension qui les habitaient quand ils s'approchaient de l'humaine qui faisait souffrir mon petit humain, ainsi que de l'humain étrange qui avait une patte en bois. Elle m'attirait cette patte et j'y aurais volontiers planté les crocs dedans pour voir ce que ça faisait, mais j'avais un peu peur qu'il me donne un coup avec en représailles. Et ses griffes en bois ne m'auraient sûrement pas fait que du bien. Bref, je disais donc que la tension s'était accentuée, tout comme la souffrance de mon petit humain, celui de Hed et d'autres qui n'appartenaient pas toujours à un animal. J'aurais voulu lui planter les crocs dans les pattes à elle aussi mais pas pour la même raison. Malheureusement il y avait tellement de fourrures d'humain autour d'elle que je n'étais pas certain d'arriver à la toucher réellement. Et puis, si Chatonne avait la côte avec elle, moi ce n'était pas le cas du tout. Et elle aurait bien été capable de m'attaquer comme elle attaquait mon petit humain.
Mais un jour, ce fut encore pire. La peur s'était rajoutée à l'ambiance du château. Pas que pour mon petit humain et pas une simple peur, mais tous les humains ou presque et une angoisse sourde qui tordait le ventre. Je n'ai pas compris les mots qui se disaient et j'en ai été profondément désappointé. Il y avait un mot comme 'scalan ou ralaban qui revenait très souvent. Par contre, Hed m'a fait comprendre que les humains parlaient d'une évasion. C'est qu'elle est super intelligente cette chouette et elle comprend tout ! Pas comme moi. Enfin bref, visiblement cette évasion avait apporté la peur sur les petits de ce lieu.
La lune a tourné et après une nouvelle tension pour mon petit humain, une vague de soulagement l'a envahi au moment où l'humaine qui lui faisait du mal a disparu du château. J'avais déjà fait beaucoup de progrès et j'ai cru comprendre qu'elle avait été puni d'avoir fait du mal aux jeunes humains. C'était une très bonne chose. Elle n'avait que ce qu'elle méritait. Je me suis promis d'aller faire pipi dans ses affaires si jamais elle revenait.
Et comme mon petit humain allait mieux, j'ai décidé de m'éloigner un peu de lui pour m'amuser avec Chatonne. Hed s'occupait de son humain principalement car il était stressé. Il avait un rôle bien spécial dans le château et je le savais bien. Et une des tâches qu'il devait faire arrivait alors qu'il n'était pas prêt. Du coup, Hedwige lui apportait son soutien en lui mordillant les oreilles ou les doigts avec affection. Elle nous le fait aussi parfois à Chat' et moi. Bien que nos oreilles apprécient bien moins que la peau de nos cous. D'ailleurs, si mes deux copines sont allez voir l'humain de Hed en action, moi, quand j'ai compris que ça se passerait dans l'eau mouillée, j'ai préféré rester loin de toute cette agitation. Un moment d'inattention et on se retrouve à manquer de mourir dessous cette étendue mesquine d'eau froide. J'ai déjà donné une fois, je ne retenterais pas l'expérience. J'ai bien compris la leçon.
Mais pendant ce temps là, je me suis quand même occupé. J'ai suivi ce ... ce n'est pas un humain, il n'en a pas l'odeur ni la consistance. Parfois je croisais des anciens humains qui étaient morts avant de revenir. Ils avaient cette aura de mort autour d'eux qui faisait qu'on ne pouvait pas se tromper. Et puis ils passaient à travers les murs de pierres alors que les vivants ne le pouvaient pas. Mais cette créature n'était pas morte non plus. Les jeunes humains disent qu'il est un esprit et d'après leurs cris d'indignation, il s'appelait Peeves. C'est un mot que j'ai bien compris rapidement ! Moi je l'aimais bien. C'était un farceur et moi j'aime bien les farces. Ce jour là je l'ai vu taquiner la pierre à la forme d'un oiseau qui était au deuxième sol.
La pierre grinça et lui lança un regard mauvais avant de tourner pour tenter de lui donner un coup d'aile. Peeves s'écarta en riant. Moi j'ai vu qu'il y avait quelque chose derrière. J'avais bien senti des odeurs par là. Le papa de mon petit humain et même lui, y étaient déjà passés. Là, j'avais la possibilité de voir ce qu'il se cachait derrière. Alors je n'ai pas hésité. J'ai foncé et j'ai grimpé les marches ventre à terre. J'ai été surpris de voir où j'avais atterri. C'était un endroit étrange, plein d'objets bizarres, d'odeurs étonnantes et surtout, il y avait un animal que je n'avais jamais vu avant. C'était un oiseau avec des plumes plus vives que les poils couleur de feu des amis de mon petit humain. Il y avait aussi du doré sur lui, plus brillant que le sable du désert. Des flammes étincelaient au bout de ses plumes. Il était vraiment époustouflant de beauté comme oiseau.
Hedwige est belle. Son plumage blanc et doux la rend élégante et gracieuse. Chatonne est jolie. Son pelage tigré gris la rend si mignonne quand elle gonfle ses poils pour séduire. Mais lui, c'était différent. Il était magique. Complètement magique. Et cela se voyait dans son apparence autant que dans son aura et sa prestance. Tout en lui débordait d'ondes magiques. Comme son humain. Il est bizarre lui aussi. Il a un long pelage blanc sur le museau que j'ai déjà agrippé une fois de mes crocs pour voir ce que cela faisait. Il a ri et m'a gratté derrière les oreilles. Mais j'ai bien senti qu'il avait bien plus de magie que mon petit humain, ou que son papa ou que n'importe qui d'autre dans le château. L'oiseau l'avait bien choisi car ils avaient beaucoup en commun tous les deux.
Je suis resté un certain temps à l'observer alors qu'il me gardait à l'œil. Il donnait l'impression de se reposer sans rien faire d'autre, mais je sais très bien qu'il me surveillait. Puis quand j'en ai eu assez de le regarder, je me suis remis sur mes pattes et j'ai fait le tour de l'endroit. J'étais très tenté pour sauter et attraper les plumes de sa queue, mais je sentais bien que si je faisais, ça, le châtiment tomberait aussitôt. Alors je me suis concentré sur le reste pour ne pas céder à la tentation. La pièce était ronde. C'était amusant. Je me suis mis à courir comme un fou en suivant le mur et j'ai pu faire le tour plusieurs fois sans réfléchir à quand je devais bifurquer pour ne pas me faire mal. Mais j'ai dû arrêter lorsque mon souffle s'est fait plus court. Je me suis assis pour reprendre ma respiration et j'ai regardé tout autour de moi. Il y avait plein d'objets intéressants, mais ils étaient en hauteur. Hors de ma portée.
Ou presque. J'ai pris mon élan et j'ai sauté sur le fauteuil derrière lequel j'étais installé. Le coussin était drôlement doux et moelleux ! Je m'y suis légèrement enfoncé et je me suis dit que ce serait l'endroit idéal pour faire une sieste. Mais je n'avais pas envie de dormir alors j'ai continué ma course en bondissant sur le bureau. L'oiseau de feu s'est redressé pour me regarder complètement cette fois. Mais je m'en moquais, tant qu'il ne quittait pas son perchoir, je ne risquais rien. Et puis franchement, j'avais des choses très passionnantes à observer. Un bidule qui bougeait tout seul, un autre qui a miaulé quand je l'ai fait rouler d'un coup de patte. Il y avait aussi une très grande gamelle avec des drôles de croquettes dedans. J'ai approché mon museau pour renifler ce que c'était et ça s'est mis à grouiller comme un nid d'insectes. C'était amusant. J'ai grogné de satisfaction en bondissant dedans, faisant bouger toutes ces bricoles passionnantes. L'odeur forte m'agressait un peu, mais c'était trop amusant pour que j'arrête.
Je n'avais par contre pas prévu d'y rester aussi longtemps dedans. Oui parce que j'ai eu un peu de mal à sortir de la gamelle. Elle était lisse et je n'arrivais pas à me hisser sur le bord. J'en étais encore à m'essouffler pour sortir de là quand la porte s'est ouverte. Je me suis figé et j'ai glissé progressivement au fond de la gamelle. Je me suis fait tout petit en me laissant recouvrir par les croquettes mouvantes. Des voix ont retenti tout autour de moi alors que je relevais doucement ma truffe pour pouvoir respirer tranquillement en attendant de pouvoir m'enfuir sans me faire remarquer.
Mais ce n'est pas arrivé tout de suite. J'ai attendu un long moment que les voix partent et j'avais des picotis dans les pattes et la queue. Sans compter que les friandises grouillantes me chatouillaient de partout. J'allais me relever pour retenter de sortir de là quand une main a plongé dans la gamelle, est passée sous mon ventre et je me suis senti soulevé. Je me suis bien un peu débattu, apeuré, avant de me retrouver devant le visage rieur du vieil humain aux longs poils blancs sur le museau.
- Et bien petit Titan, je ne m'attendais pas à te trouver dans ma réserve de réglisse malice. Comment as-tu pu rentrer dans mon bureau ? Tu es vraiment un petit filou, tel maître tel fennec. Allez, repars vite, il y a tellement de bêtises à faire ailleurs qu'ici.
Il m'a reposé sur le sol et m'a ouvert la porte. Je me suis assis pour le regarder avant de me dire que l'exploration sous surveillance ce n'était pas génial alors je me suis dépêché de filer. En bas de l'escalier, l'oiseau de pièce s'est écarté sur mon passage avant de se refermer en me fixant sévèrement. En repartant dans les sols plus bas, j'ai senti quelque chose me gêner au bout de mon plumeau. Je me suis assis et je l'ai amené juste devant moi. Un petit grognement amusé m'échappa. Une des croquettes étranges était accrochée à ma queue. Je l'ai saisie entre mes crocs avec un peu de difficultés car elle se débattait. Mais j'ai réussi et j'ai filé à toute vitesse pour rejoindre Chatonne. Je voulais la lui montrer.
Mais on n'a pas pu s'amuser avec car mon petit humain nous l'a confisquée en disant que ce n'était pas bien de jouer avec la nourriture. Moi je n'ai pas compris ce qu'il disait ni pourquoi il m'enlevait mon jouet. Il n'est pas drôle des fois ... Mais ce n'est pas grave, on a trouvé des affaires à l'humaine désagréable qui dort à côté de l'humaine de Chat' alors on s'est rattrapé dessus. Comme d'habitude elle a râlé très fort mais on ne s'est pas laissé approcher. On n'est pas fou non plus.
Quelques jours plus tard, mon petit humain, son frère aux poils clairs et l'humain qui était entré dans cette famille durant la période chaude l'an dernier, ont disparu le temps d'une soirée. Je ne me suis pas inquiété plus que cela car un peu plus tôt dans la journée et à leur contact, je n'avais ressenti que joie, impatience et amusement. Et puis le papa de mon petit humain et l'humaine à l'aura de chat, qui les surveillait toujours de loin, avaient aussi disparu. Pour moi, il était évident qu'ils étaient ensemble même si je n'étais pas là pour les voir partir. Alors je ne me suis pas affolé. Je suis resté couché avec Chatonne et son humaine. En fait une amie de l'humaine de Chat' m'avait mis sur ses genoux et me câlinait copieusement. Je l'aimais bien elle aussi. Elle était un peu sévère et avec l'humain aux poils clairs, ils avaient tendance à se chamailler pas toujours très gentiment. Mais elle était gentille avec mon petit humain et avec moi, alors c'était bien suffisant pour moi.
Et n'allez pas le dire, mais elle avait une technique pour me gratouiller derrière les oreilles, c'était l'extase. Je ne pouvais même pas m'empêcher de soupirer de bonheur tant c'était bon. Je crois d'ailleurs qu'elle avait compris l'effet qu'elle me faisait car quand elle me voyait prêt à faire un mauvais tour, elle m'attaquait à coup de gratouillis en traitre pour que j'en oublie toutes mes idées. Terrible cette femelle humaine !
La râleuse n'était pas avec nous, elle était déjà dans sa couche je crois. Mais autour de nous, il y avait deux humains que j'aime bien. Ils sont grands et costauds. Ils auraient pu me faire peur car ils étaient assez impressionnants. Mais dès le début j'ai vu qu'ils veillaient sur mon petit humain avec attention et sur son frère aux poils clairs également. Et puis, ils me donnent souvent des restes de leurs assiettes alors j'estime que ce sont de bons humains aussi. Il y a deux autres humains. Un qui a la peau brune et qui est assez remuant et un autre, qui est bien plus calme et en retrait même s'il semblait avoir une place dans ce groupe d'humains. Tous étaient réunis près du feu de la cheminée et discutaient tranquillement pendant que Chat' et moi profitions des attentions des deux humaines. Elle ronronnait fortement et si j'avais pu le faire, je crois bien que j'en aurais fait tout autant. Je ne tentais même pas d'écouter les conversations d'humains afin d'essayer d'en apprendre plus sur leur langage car j'étais vraiment en extase.
- Quel âge elle a déjà la petite Moïra ?
- Quatre ans Blaise, je pensais que Draco l'avait répété assez souvent pour que ta petite cervelle trouée le retienne.
- C'était pour voir si toi tu avais suivi, Théo. Tu avais l'air d'être ailleurs tout aujourd'hui.
- Parce qu'entendre Draco répéter sans arrêt qu'il allait revoir sa petite sœur chérie pour son quatrième anniversaire et qu'il avait hâte de retrouver sa famille, au bout d'un moment, c'est agaçant. Alors j'ai écouté la première fois mais pas les autres.
- En attendant il était assez marrant à sautiller comme une gamine.
- Et c'est pour cela que tu t'es fait un plaisir de lui faire répéter toute la journée ? Pour t'amuser ?
- Tu m'as percé à jour, diantre ! Mais même si je ne l'ai pas vu beaucoup, j'avoue que la mini Malfoy est une petite princesse adorable donc je le comprends. Greg, fais tourner les Patacitrouilles, j'aimerais en avoir une avant que vous finissiez.
- Vous avez entendu ?
- Moi j'ai juste entendu Blaise te demander le sachet de bonbons.
- Non, il y a autre chose.
- Oui je l'entends, on dirait que ça vient de ta chatte de Daphné.
-Euh les garçons, faudrait que vous ralentissiez sur le sucre le soir, ça ne vous réussi pas. C'est juste Chatonne qui ronronne.
- Ben moi je l'ai entendu dire qu'elle voulait une crêpe.
- Moi aussi j'ai entendu. Et je voudrais bien une crêpe aussi.
- Les mecs, Tracey a raison, va falloir freiner sur la bouffe après une certaine heure, ça vous donne des hallucinations.
- Ils ont raison. Moi aussi je l'entends mais ça ne vient pas de ma Chatonne. On dirait que ça vient de sous le fauteuil.
Là j'ai dû reprendre pied dans la réalité car l'humaine a arrêté de me caresser et a bougé. J'ai donc relevé la tête pour voir les humains se pencher pour regarder sous Chat' et son humaine. D'un coup, Peeves a surgi me faisant sursauter. Chatonne a eu tellement peur qu'elle a sauté au sol, griffes sorties, poils gonflés tout en grondant et soufflant. Les humains râlèrent de l'arrivée surprise de l'esprit avant de rire. L'humain à la peau foncée donna une tape sur l'épaule des deux humains qui veillaient sur mon petit humain tout en rigolant. Du coup je n'ai pas tout compris ce qu'il disait car les mots étaient mâchés. Et puis vu que la main de l'humaine était revenue sur mon pelage, j'en ai oublié tout le reste.
Mon petit humain est revenu un peu plus tard avec son frère aux poils clairs. Ils étaient tous les deux d'excellente humeur et j'ai senti les odeurs du reste de la famille. Oh il y avait bien une ou deux odeurs que je n'avais pas souvent senties mais je savais qu'elles n'étaient pas inconnues pour eux deux. La nuit je suis allé chasser un peu sans Chatonne qui préférait rester avec son humaine. J'ai retrouvé Hedwige et nous avons fait un concours pour savoir qui était le meilleur chasseur. Elle m'a battu d'une proie. Mais je ne désespère pas d'arriver à la battre un jour ou l'autre !
Le lendemain tout à basculé. Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose en moi me disait qu'il allait se passer quelque chose de terrible. Cela m'a grandement perturbé car c'était la première fois que ça m'arrivait. Ça m'a pris dans le courant de la matinée. Je ne m'étais pas levé de bonne heure car la partie de chasse avait duré longtemps et j'étais fatigué. Mais peu de temps avant le repas de milieu de journée, j'ai commencé à ressentir cette drôle d'impression. Elle m'a attrapé dans mes entrailles. Elle serrait et me mettait mal à l'aise. Ce n'était pas une sensation agréable comme des fois. Aucune chaleur ne m'étreignait en même temps. Et c'était étrange à vivre alors que tous les jeunes humains étaient en fête. Je me suis fait oublier, je suis resté dans mon coin en cherchant à faire passer cette sensation. Je n'avais même pas faim. Et ce n'est que quand Miss Teigne est venue joyeusement me déloger de ma cachette que j'en suis sorti.
Quand j'ai vu que les humains partaient du château, une peur sourde s'est emparée de moi. Il fallait que je sois avec mon petit humain. Il fallait que je reste avec lui. Alors j'ai couru dans le parc pour essayer de le retrouver. L'humain aux poils clairs était un peu plus loin devant moi mais il était avec ses amis et non avec mon petit humain. Et mon pressentiment me disait qu'il était déjà parti. Alors j'ai foncé. Je n'ai jamais couru aussi longtemps. Enfin sauf si on oublie le jour où j'ai suivi mon petit humain dans le désert avant de l'adopter. Pourtant je ne l'ai pas trouvé aussi rapidement que j'aurais voulu. Un gros chien, bien trop gros pour moi, m'a fait remarquer que j'étais sur son territoire et m'a coursé entre les arbres de la forêt.
Et la course poursuite a duré un moment. J'avais l'avantage d'être petit et de passer dans les taillis sans avoir à ralentir. Ce qui n'était pas son cas car si sa taille lui permettait d'aller plus vite que moi, sa carrure était un désavantage complet. Pourtant à plusieurs moments j'ai senti que ses crocs ne passaient pas loin de mon plumeau. Tout ça parce que j'avais eu le malheur de courir sur son territoire. De mon avis, il a vraiment exagéré mais j'ai préféré ne pas m'étendre sur ce sujet, un coup de dents est si vite arrivé. A un moment, je ne l'ai plus entendu me suivre. J'ai ralenti et je me suis retourné pour le voir humer l'air et avant de repartir rapidement, la queue entre les pattes. J'étais essoufflé de ma course et tellement étonné que je m'en suis assis.
Quand mon cœur a arrêté de battre à m'en faire mal et que mon sang ne bourdonnait plus dans mes oreilles, j'ai entendu un bruit qui n'avait plus rien à voir avec le grondement de mon cœur. C'était le martellement de sabots. Je me suis retourné pour voir deux créatures étranges. On aurait dit un mélange entre un animal et un humain. Ils étaient grands, féroces et une aura de prédateurs se dégageait d'eux. L'un d'eux s'est approché de moi et je me suis aplati au sol, les oreilles basses en position de soumission. J'avais déjà senti leur odeur quand j'avais fureté dans la forêt et même j'en avais vu au loin. Mais de près, c'était bien différent et il ne fallait pas que je joue à l'insouciant. Pas maintenant. Pas quand mon pressentiment me hurlait que quelque chose n'allait pas avec mon petit humain. Les sabots se sont arrêtés devant mon museau avant que je sente une main m'attraper et me hisser dans les airs. Je me suis retrouvé face au visage sévère de la créature.
- Tu n'as rien à faire là, petit fennec. Retrouve vite ton maître. Il a besoin de toi. Les étoiles ne se trompent jamais. Nous, centaures, n'avons pas à nous occuper des affaires des humains. Mais celui-ci est à toi, c'est à toi d'aider le Poulain de Poudlard. Va vite, petit Vulpes Zerda.
Il m'a reposé au sol avant de retourner vers son camarade. Je les ai regardés s'éloigner avec intérêt avant que ma sensation de malaise m'oppresse. Mon petit humain avait besoin d'aide je le sentais au plus profond de moi. Et c'était à moi de l'aider. C'était ma responsabilité car je l'avais adopté ! Alors j'ai fait demi-tour et j'ai couru ventre à terre vers le village. Là j'ai suivi mon instinct et mon flair avant de finalement retrouver la trace de mon petit humain. Et j'ai eu peur. A son odeur, la terreur et la souffrance se mêlaient pour tracer le chemin jusqu'à lui. Mon petit humain allait mal. Très mal. Et moi aussi j'avais mal de cette angoisse qui me torturait depuis maintenant un bon moment. J'avais failli à protéger mon petit humain car je n'avais pas réussi à démêler ce que je ressentais pour la première fois.
Quand je suis arrivé jusqu'à lui, l'odeur de son sang m'a sauté au museau. C'était terrible. Mon petit humain était blessé. Et l'humain qui était à ses côtés le frappait encore fortement. Autant avec ses pieds qu'en lançant des trucs magiques avec son bout de bois. J'ai couru vers lui, en grognant, les crocs sortis. Je sais que je lui ai mordu les pattes plusieurs fois mais très rapidement, il m'a donné un grand coup qui m'a envoyé contre un arbre. Une vive douleur m'a fait glapir. J'ai eu du mal à me relever mais j'ai dû forcer sur ma motivation car déjà le mauvais humain s'approchait de moi. Si je voulais aider mon petit homme, alors je devais aller chercher quelqu'un pour m'aider car je n'étais pas assez fort. Alors avec le sentiment terrible de l'abandonner, de le trahir et aussi le fait qu'il allait souffrir à cause de mon absence, j'ai fait demi-tour pour trouver quelqu'un.
Je n'ai finalement pas eu à aller loin. Heureusement car la douleur me gênait dans ma course. Une présence s'approchait de moi mais pas dans le bon sens. J'ai jailli du fourré avant d'attraper le bas de la fourrure de l'humain. C'était le jeune frère de la grande fratrie d'humains aux poils couleur de feu. C'était un ami de mon petit humain. Pas un aussi proche que ceux qui dormaient avec lui, mais c'en était un quand même.
- Titan, c'est bon, je vais y aller, je vais aller aider Ioann, mais va chercher de l'aide. Je ne sais pas qui lui fait du mal, ils sont peut-être nombreux et tout seul, je ne pourrais rien faire. Va chercher de l'aide.
Je me suis assis et je l'ai regardé en penchant la tête pour mieux me concentrer sur ses paroles. Il soupira avant de s'accroupir devant moi.
- Putain, j'ai besoin que tu m'aides là. Il parait que t'es intelligent alors montre-le et bouge-toi. Va chercher à l'aide.
« Chercher à l'aide » je savais ce que ça voulait dire. J'ai jappé pour lui dire que j'avais compris et je suis parti vers le village en boitant. Je devais faire vite. Il y avait plein de jeunes humains mais aucun de semblait faire attention à moi. Sauf un. L'humain qui allait faire parti de la famille. J'ai entendu mon petit humain, son frère aux poils clairs, l'humain qui parle aux plantes et lui en parler une fois. Alors j'ai couru vers lui pour lui mordre les pattes.
- Hey ! Titan, calme, tu me fais mal là ! Tu ... merde, Titan, qu'est-ce qu'il se passe ? C'est Ioann ? Dis-moi ! Montre-moi ! Vas-y.
Il m'a compris ! Il m'a compris ! Aussi vite que j'ai pu, j'ai couru vers l'endroit où mon petit humain était attaqué. Quand je suis arrivé, l'humain aux poils couleur de feu était en train de le protéger mais avait un peu de mal, alors je me suis approché en grognant pour bien montrer au méchant humain qu'il allait en découdre avec moi. Il m'avait peut-être mis hors service une fois, mais cette fois, je ne vais pas me laisser avoir aussi facilement !
- Il n'est pas mort lui ? Qu'à cela ne tienne, je vais te régler ton compte maintenant.
- Je te déconseille de t'en prendre à lui.
Un truc magique est sorti du morceau de bois du nouveau humain de la famille. Le mauvais humain a été déstabilisé de cette intervention. Il a perdu son bout de bois mais a gardé son air menaçant et son aura mauvaise. Ils se sont mis à parler. Sèchement pas comme entre amis. J'ai reconnu le mot qui revenait souvent dans les conversations avec mon petit humain et de son frère aux poils clairs. « Cousin ». Je ne sais pas trop ce que cela signifie mais ça doit correspondre au statut dans la famille de celui qui allait en faire parti. Le temps que je réfléchisse à cela, d'autres humains s'approchèrent bruyamment alors que le mauvais humain disparaissait d'un coup. Je suis toujours impressionné de voir comment les humains sont capables de disparaître. Comme ça, sans courir.
Je me suis donc approché rapidement de mon petit humain. Il était très blessé et inconscient. J'ai gémi en lui poussant un peu le museau de ma truffe mais cela ne l'a pas fait réagir. Très rapidement, le nouveau cousin de mon petit humain l'a attrapé dans ses bras alors que l'humain aux poils couleur de feu lui ouvrait la route. Je leur ai emboité le pas même si j'avais de plus en plus de mal à avancer. On est passé entre les autres humains qui s'écartaient pour nous laisser passer. L'humaine à l'aura de chat était là aussi et c'était une bonne chose car elle aidait à évacuer les humains trop curieux.
La suite des évènements se passèrent un peu dans le brouillard pour moi. Le jeune humain aux poils couleur de feu m'a aidé en me portant quand j'ai failli me faire renverser par d'autres humains affolés. Puis on est arrivé dans l'endroit de l'humaine qui soigne. Elle s'est occupée prestement de mon petit humain lorsque son papa arrivait. C'est lui qui m'a soigné et qui a fait partir un peu ma douleur. Puis il m'a fait boire quelque chose qui ne sentait pas bon, mais comme il me disait que c'était pour guérir, je me suis forcé. Et je me suis endormi.
Les jours qui ont suivi, je n'ai pas eu le droit de faire grand chose. Mais je ne le voulais pas non plus. Tant que je ne bougeais pas, je ne souffrais pas, alors que le moindre mouvement me faisait peine. Oh je ne disais rien et je faisais comme si j'allais bien. Mon petit humain n'avait pas besoin de s'inquiéter pour moi. Il était vraiment très blessé. Il a beaucoup dormi et quand il était réveillé, le frère de son papa ou son papa, ou l'humaine qui soigne était là. Il n'était jamais seul. Déjà parce que j'étais toujours avec lui. Son frère aux poils clairs, son nouveau cousin et l'humain qui parle aux plantes étaient souvent avec lui également.
Une fois, alors qu'il parlait avec le frère de son papa, j'ai senti une grande tristesse et un grand désarroi émaner de mon petit humain. Il s'est d'ailleurs mis à pleurer juste un peu de temps avant que son papa n'arrive. Ils ont parlé, se sont réconfortés et quand le frère de son papa m'a déposé sur la couche, j'ai vite posé mon museau sur son bras pour lui montrer que moi aussi j'étais là pour lui. Que je serais toujours là pour lui car c'était mon petit humain à moi et que mon devoir de le protéger, de le réconforter et de le soutenir.
Et il a repris le dessus. Au début il a eu un peu de mal à marcher car une de ses pattes était faible. Mais le demi-humain lui a donné un grand morceau de bois pour l'aider à marcher tout seul et mon petit humain en a été très ému. Il pouvait passer de la joie à la tristesse en peu de temps. Pourtant il se remettait. Doucement mais sûrement. Je le sentais. Moi je m'occupais de lui comme je le pouvais. Je le suivais partout, je l'attendais à la fin de ses obligations d'humain, et je dormais toujours avec lui. Avant je partais chasser, je tenais compagnie à son papa ou j'explorais avec mes amies. Maintenant ma vie c'était mon petit humain. J'avais failli le perdre car j'avais failli à le protéger. Je l'avais adopté et je n'avais pas veillé correctement sur lui. Plus jamais je ne ferais cette erreur.
Et pourtant, je n'ai pu agir comme je voulais. Un jour, alors qu'il était à ses obligations, une violente douleur m'a fait glapir de souffrance. C'était horrible et j'ai cru qu'on me coupait le dos en deux. Le frère du papa de mon petit humain m'a attrapé doucement et m'a rapidement amené à l'humaine qui soigne. Le demi-humain est aussi venu ainsi que le papa de mon petit humain. J'ai très vite perdu le fil des évènements car je me suis endormi. Quand j'ai fini par me réveiller. J'avais presque plus mal, mais quelque chose était serré tout autour de moi. J'ai bien essayé de m'en débarrasser, mais mon petit humain m'a dit que c'était pour que je guérisse mieux et qu'il ne fallait pas l'enlever. Alors je n'y ai plus touché. Mais c'était désagréable. Ça collait et tirait mes poils, je ne pouvais plus faire ma toilette comme je le voulais et surtout ça m'empêchait de faire beaucoup de choses. Le jour où on me l'a enlevé, j'ai pavané devant les amis de mon petit humain pour recevoir plein de caresses et c'est ce que j'ai eu. Je les aime beaucoup ces humains là, un regard tendre et hop, c'est gratouilles à volonté pour moi.
Ce qui fut un peu moins amusant, c'est qu'à peu près ce moment là, l'autre animal de mon petit humain est mort. J'ai senti l'odeur de sa mort quand mon petit humain est venu lui rendre visite. De même que j'ai senti de la tristesse émaner de lui et de son papa. Personnellement, il vivait dans l'eau mouillé donc je n'ai pas été très touché. Mais j'ai tout de même été là pour mon petit humain. Il n'a pas le droit d'être triste. Pas lui.
Mais malgré tous ces évènements, je n'avais pas à me plaindre. Hed et Chat' venaient me tenir compagnie quand mon petit humain était à ses obligations et me rassuraient sur leurs sentiments vis-à-vis de moi. Oui je passais bien moins de temps avec elles, mais mon petit humain avait besoin de moi. Elles m'ont fait comprendre qu'elles en feraient tout autant si c'était leurs humains qui avaient souffert.
Hed a été sollicitée une fois pour aider mon petit humain et son frère aux poils clairs. Ils ont fait une blague aux deux humains frères aux poils couleur de feu. Eux, ce sont des marrants aussi. Chatonne aime bien l'un des deux et l'aide souvent autant qu'elle peut. Mais sur ce coup, elle n'a rien fait à part regarder en même temps que moi. Hed n'avait qu'un petit rôle mais il était stratégique. Elle devait faire tomber le chargement qu'on lui avait fourni au dessus des deux humains frères. Une fois cela fait, elle est repartie se poser plus loin pour regarder son œuvre. Les deux humains sont alors devenus des humaines ! Ils sont drôlement doués mon petit humain et son frère aux poils clairs !
Ça a fait rire pas mal les autres hommes, petits et grands jusqu'au lendemain. Mais là encore, l'ambiance a changé du tout au tout. Mon petit humain est devenu très tendu et stressé d'un coup. Je n'ai pas compris mais je savais que ce n'était pas une bonne chose. Et le fait que son frère aux poils clairs était lui aussi sur les nerfs me confirmait que quelque chose se tramait et que ce n'était vraiment pas une bonne chose. J'ai compris un jour plus tard quand j'ai vu l'humaine qui avait fait du mal aux jeunes humains revenir. Et j'ai pris une décision très importante ce jour là : celle de toujours être auprès de mon petit humain et de ne pas laisser cette humaine s'approcher de lui, jamais.
Et je lui ai montré à cette saleté d'humaine que je n'étais pas un gentil fennec. Je lui ai grogné dessus, je lui ai montré les crocs et j'ai hérissé mon poil. Je sais que je ne suis pas grand mais il ne faut pas me chercher non plus. Papa et maman n'avaient pas totalement tort sur les humains. Même si j'ai découvert qu'il y avait des humains géniaux, comme mon petit humain et toute sa famille, j'avais enfin compris ce qu'ils me disaient. Certains humains étaient dangereux. Très dangereux. Et elle, elle en faisait partie. Alors j'ai suivi mon petit humain comme son ombre. Quand il allait à ses obligations d'humain, je l'accompagnais et j'étais là quand il avait fini.
Entre temps j'allais surveiller cette humaine méchante. Une fois j'ai même réussi à fait pipi sur le sac qu'elle avait posé par terre pendant qu'elle était plus loin. Elle a failli m'attraper en revenant avant que j'ai fini mais Peeves est arrivé discrètement pour faire tomber plein de livres un peu plus loin. Alors l'humaine méchante est partie ramasser en râlant alors que Peeves revenait vers moi en me faisant un clin d'œil. J'ai prestement fini mon affaire et je suis reparti en courant car l'obligation de mon petit humain allait bientôt se finir. Je n'allais pas non plus avec lui dans l'endroit où il y avait de l'eau domestiquée mais le reste du temps, j'étais là.
L'humaine qui lui voulait du mal a essayé plusieurs fois de s'en prendre à lui mais plein de choses bizarres se passaient et l'empêchaient de s'approcher. Je sais que parfois j'entendais les pierres grincer et que certaines n'avaient pas toujours la même place. Mais au final je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé avec l'humaine mauvaise avant qu'elle ne reparte de nouveau. Vu que je ne quittais plus mon petit humain, ce n'était pas facile de fureter pour en savoir plus. J'ai entendu des rumeurs dire qu'elle avait été attaquée en allant dans la forêt mais je ne comprends pas trop ce qui pourrait l'avoir attaquée. Moi j'y allais souvent et je n'ai jamais rien vu d'inquiétant. Les demi-hommes demi-animaux étaient un peu effrayants, mais je les ai trouvés relativement gentils avec moi quand je les ai rencontrés. Bon, il y a bien aussi des animaux un peu étranges, mais bon, ici l'étrangeté n'est pas si étrange que cela. Donc je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé.
Mais malgré son départ, j'ai préféré rester sur mes gardes et surveiller mon petit humain. Parce que même si des fois il ne le montre pas toujours, je sais que quelque chose le chagrine et l'empêche d'être totalement heureux. Et puis je crois qu'il aime beaucoup quand je suis avec lui, lui aussi. En plusieurs lunes, j'ai appris beaucoup de choses. J'ai grandi. Intérieurement car côté physique, je suis et je resterais toujours plus petit que Hedwige ou Chatonne. Mais voilà, j'ai quitté mon désert en ne connaissant rien de la vie en dehors du cocon où ma maman et mon papa m'avaient élevé. A ce moment là, je savais que le monde était plus grand que ce que je voyais de mon terrier mais je n'avais aucune idée de ce qu'il y avait ailleurs. On m'avait toujours dit de faire attention aux humains car ils étaient mauvais et j'y ai cru au début. Mais j'ai appris qu'il y avait aussi de bons humains. Je me suis fait plein d'amis et plein de races bien différentes et c'est génial.
Mais plus que tout, j'ai appris à être responsable. C'est ce que l'on devient quand on adopte un humain. Avant j'étais insouciant et inconscient. Maintenant je suis toujours un grand joueur mais je ne pense plus uniquement à moi. J'ai appris ce que souffrance, douleur mais aussi amour et complicité signifiaient. Et j'en suis ressorti riche. Tout est arrivé brutalement une nuit où j'ai failli mourir noyé et je dois tout à mon petit humain. Il s'appelle Ioann et pour lui je ferais tout car c'est mon rôle de compagnon de le faire. C'est mon instinct qui me le dicte et c'est avec sérieux que je le suis. Mais là ce soir, alors qu'il venait de rejoindre ses amis pour s'amuser et rire avec insouciance, moi je l'ai quitté discrètement. Il n'aura pas besoin de moi pour l'instant. Il est bien entouré et son frère aux poils clairs n'est pas très loin de lui. Ce soir, j'ai autre chose à faire. Non pas une partie de chasse avec mes meilleures amies. Pas un nouvel endroit à fouiner. Non. Rien de tout cela.
Ce soir je vais voir le papa de mon petit humain. Il n'est pas venu manger et le vieil homme avec les longs poils blancs sur le museau avait l'air inquiet. Aussi j'ai décidé d'aller voir s'il allait bien. Maintenant je vais vous laisser là, parce que je viens de bondir sur sa couche et que mon instinct ne me trompe pas. Il ne va pas bien et il a besoin de moi. Il parait fort comme ça, mais il est très fragile. Surtout si on touche à son petit. Et ce soir, je suis certain qu'il s'est passé quelque chose de grave et que mon petit humain avait un rapport avec ça. Alors je vais lui tenir compagnie, lui faire des câlins et lui montrer qu'il n'est pas seul. Comme ça il ira mieux et pourra nous protéger tous les deux, mon petit humain et moi.
Alors je me couche contre lui, la truffe près de son museau que je lèche de temps en temps. Et quand il s'endormira, je veillerais sur son sommeil. Pas parce que je suis un animal et lui un homme. Mais parce que je suis Titan, le petit fennec sorti de son désert et débarqué dans un pays inconnu et qui s'assure du bien-être de cette famille qui m'a sauvé et que j'ai adoptée.
Voilà pourquoi je ne pouvais poster ce bonus avant le chapitre de mercredi dernier, car il parlait du moment où Titan réconforte Severus, après que Severus ait pété les plombs quand il a appris les raisons d'Ombrage pour s'en prendre à Ioann. Alors qu'avez-vous pensé de cette deuxième partie ?
