Au creux de ton cou.

Chapitre 02.

Versailles 1789

Aoi n'avait pas bougé, regardant Uruha qui se releva, essuyant fébrilement le sang qui demeurait sur ses lèvres fines. D'un pas hésitant, il se rapprocha de son vis à vis toujours figé. Tout se bousculait dans la tête de l'interprète, mais pourtant son visage demeurait impassible. Le plus jeune avançait toujours, avec lenteur, cherchant à sonder le regard sombre de son ami.

- "Aoi je..."

Un bruit résonna dans le couloir censé être désert en cette heure les faisant sursauter tous les deux. Ni une ni deux, Aoi se saisit de la main du courtisan et sortit précipitamment de la cuisine en l'entraînant avec lui. Il marchait vite et toujours dans le plus grand silence, prenant des chemins, tournant a gauche puis a droite, s'enfonçant dans un dédale de couloirs sombres qu'Uruha ne connaissait pas, il n'était même pas sûr de s'être déjà aventuré dans cette partie-là du château.

Aoi le fit pénétrer dans une pièce qui se révéla être une chambre, sa chambre. Toujours sans un mot il se dirigea vers la grand armoire qui faisait face à son lit et en sortit des vêtements d'homme.

- "Change-toi, on va partir plus tôt c'est préférable, s'ils découvrent le corps tout le château va être sens dessus dessous.

- Aoi...

- Cela sera sûrement un peu grand pour toi mais habillé en homme tu passeras plus inaperçu.

- Aoi s'il te plaît...

- Attache-toi les cheveux aussi, cela risque de te gêner à cheval, tu sais monter à cheval ?"

- Aoi, regarde-moi s'il te plait !"

L'interpelé se tourna enfin vers Uruha qui avait les larmes aux yeux et semblait terrorisé. Aoi s'approcha de lui, le prenant doucement par les bras.

- "N'aie pas peur, je t'ai dit que tout se passerait bien, plus personne ne te fera jamais de mal Uruha.

- Tu... pourquoi tu fais ça ?

- J'ai juré de te protéger. Je tiens a toi Uruha. Je veux rester prés de toi."

Il joignit le geste à la parole, caressant sa joue avec douceur. Puis se pencha sur ses lèvres pâles pour l'embrasser mais Uruha recula légèrement la tête, parlant d'une voix tremblante.

- "Je suis un monstre. Et toi tu me protèges.

- Tu n'es pas un monstre.

- Bien sûr que si je... j'ai tué cette pauvre fille. Je... elle ne méritait pas ça.

- Chuuut, ça n'a pas d'importance.

- Pas d'importance ? Tu ne sais même pas ce que je suis. Ce que je dois faire pour vivre.

- Alors dis-le moi. Dis-moi ce que tu es. Dis-moi ce que tu dois faire pour vivre. Mais ça ne changera rien aux sentiments que j'ai à ton égard.

- Je dois tuer et boire le sang pour rester en vie. Les légendes et les mythes appellent ce que je suis... un vampire."

Aoi acquiesça, lui donnant un chaste baiser. Témoignant de toute l'affection qu'il avait pour lui.

- "Homme ou vampire cela ne change rien pour moi. Maintenant habille-toi, il nous faut partir."

Uruha sourit, laissant Aoi finir de réunir quelques vêtements, tandis que lui même ôtait son yukata pour revêtir la tenue que le plus vieux avait sorti à son intention. Il noua également ses cheveux, comme le lui avait suggéré Aoi.

- "Voila je suis prêt.

- Cela te va bien les vêtements d'homme.

- Hm, je ne me rappelle pas la dernière fois que j'en ai porté."

Aoi lui adressa un tendre sourire, puis lui prit la main. Il l'entraina en silence dans les couloirs, le conduisant à l'extérieur jusqu'aux écuries où il avait pris soin de cacher quelques provisions. Il sella deux chevaux, puis ils quittèrent le château dans le plus grand des silences.

Versailles était encore visible quand le soleil commença à montrer ses premiers rayons, éclairant les plaines d'or et de rouge, sous les yeux émerveillés d'Uruha qui savourait sa nouvelle liberté. Celui-ci fut heureux de voir un petit village non loin. Ils galopaient depuis des heures et la nuit n'avait pas été de tout repos. Aoi sembla lire dans ses pensées et se dirigea vers le village en question, proposant à Uruha de s'y arrêter pour se reposer un peu et reprendre des forces afin de repartir dans la nuit.

Ils prirent donc une chambre dans l'une des auberges. Ne prêtant pas attention aux regards des habitués appuyés au bar, qui devaient sans doute trouver étrange que deux hommes prennent une chambre ensemble. Mais un homme bien éméché pour une heure aussi matinale conclut la chose en disant que les étrangers comme eux avaient des coutumes bizarres. Et ni Uruha ni Aoi ne serait allé le contredire, désirant seulement se reposer et surtout ne pas attirer l'attention sur eux plus que nécessaire.

- "Tu n'es pas trop fatigué ?

- Hm... Non ça va.

- Tu... tu n'as pas... faim ? "

Uruha le rassura d'un doux sourire.

- "Non, rassure-toi je ne me nourris qu'en cas d'extrême urgence. Quand je suis à bout de force et que je ne peux plus faire autrement.

- Ho... très bien.

- Aoi, Tu n'as rien à craindre de moi. Je préférerais mourir plutôt que de te faire du mal."

Le plus âgé lui sourit et se pencha sur lui pour l'embrasser du bout des lèvres. Uruha lui sourit, retirant sa veste avant de s'assoir sur le lit. Aoi de son coté avait commencé par verrouiller la porte et tirer les rideaux avant de se mettre à son aise. Apres quoi il rejoignit Uruha sur le lit, l'invitant à s'y allonger avant de le prendre en douceur dans ses bras, le câlinant instinctivement.

- "Repose-toi, tu es pâle. Tu n'as pas l'air bien.

- c'est normal.

- Normal ? vis à vis de... ce que tu es c'est ça ?

- Oui, le soleil ne me tue pas mais cela me fatigue énormément. C'est comme si j'effectuais une journée intense de travail en l'espace d'une ou deux heures. Je suis épuisé.

- "Alors dors, tu n'as rien à craindre ici."

Ce fut un soupir qui lui répondit, alors qu'Uruha se serrait contre son torse, sombrant dans le sommeil. Aoi ne tardant pas à le rejoindre lui-même dans cet état de repos.

La journée avait filé à grande allure et depuis leur départ Versailles était en effervescence. Pas tant à cause de leur fuite elle-même, mais plutôt à cause du meurtre qui y avait été commis et qui en toute logique avait soulevé l'insécurité du roi et de son invité souverain. Seulement voila, Aoi et Uruha étaient les deux seuls membres de l'encadrement royal résidant au palais à avoir disparu sans laisser de traces ou presque, ce qui porta à croire qu'ils étaient complices de l'horrible crime.

Les consignes à leur égard avaient été claires, les gardes royaux devaient les ramener, morts ou vifs. Et compte tenu des circonstances et du fait qu'à l'évidence ils ne se laisseraient pas faire, il ne faisait aucun doute qu'ils seraient ramenés mort à Versailles.

Le soleil commençait à faire profil bas à l'extérieur. Le ciel se teintant de sa parure d'or et de sang. Les deux dormeurs étaient toujours étroitement enlacés, reprenant des forces de façon à pouvoir voyager toute la nuit. De cette façon Uruha ne serait pas trop affaiblit et ils seraient moins visibles. Malgré sa fatigue, Aoi ne dormait que d'un œil veillant sur le sommeil de l′autre homme auquel il tenait tant, lové contre son torse. Dans ce demi-sommeil il lui sembla entendre le parquet de la chambre grincer. Il bougea légèrement pensant avoir déliré à cause de son état semi-conscient, mais quand le plancher grinça à nouveau, il comprit que ce n'était pas du à son imagination. Il ouvrit les yeux et eut juste le temps de pousser Uruha hors du lit, y prenant sa place, avant que que l'épée du garde royal qui se tenait au dessus d'eux, ne s'abatte sur lui. Aoi ouvrit des yeux ronds, le temps sembla figé l'espace d'une seconde, quand le garde retira la lame qui passait au travers du corps de l'interprète celui-ci eut une plainte de douleur, sa vue se brouillant légèrement. D'un seul homme Uruha se précipita sur lui avant que la lame ne refasse son œuvre et se jeta au travers de la fenêtre, le gardant contre lui. Le fait d'être tombé de la hauteur d'un étage ne sembla pas affecter outre mesure le vampire qui commença à courir en soutenant l'autre homme comme il pouvait. Une fois aux écuries, il se hissa avec Aoi sur l'un des chevaux avant de partir au galop, tentant de semer au mieux les gardes royaux. La nuit était tombée à présent et Uruha s'enfonçait dans une forêt à quelques kilométres du village où ils s'étaient réfugiés. Quand tout lui sembla plus calme, il descendit de sa monture et aida Aoi à en faire autant. Ce dernier était à demi-conscient, ayant perdu beaucoup de sang il était à bout de force. Uruha le soutint jusqu'à un petit renfoncement dans la roche, il l'aida à s'allonger en le prenant dans ses bras.

- "Aoi... Aoi répond-moi.

- Je suis pas... encore mort... ne t'inquiète pas.

- Ne t'endors pas. Parle-moi, ça va aller.

- Hm... je te demande pardon Uruha.

- Pardon... pardon pourquoi ?"

Le vampire avait les larmes aux yeux, caressant les cheveux de son amant. Il regardait le pansement de fortune qu'il lui avait fait en chemin s'imprégner de son sang.

- "Pardon de t'avoir mis dans cette situation et de te laisser tomber...

- Ne dis pas de bêtise, tu ne vas pas m'abandonner. Tu ne vas pas mourir..."

Aoi lui sourit, portant la main à sa joue la caressant avec tendresse.

- "Je suis heureux de t'avoir rencontré.

- Ne dis pas ça... comme un adieu s'il te plaît."

Une larme dévala les joues pâles d'Uruha tandis que son regard d'ambre se fondait dans les prunelles sombres d'Aoi qui lui souriait. Il se pencha et vint timidement saisir ses lèvres avec une tendresse infinie, murmurant contre celle-ci.

- "C'est à moi de te demander pardon... je ne veux pas te perdre..."

Malgré le combat qu'il menait contre cette douleur lancinante qui lui traversait le corps de part en part, ses yeux se fermèrent et son souffle se fit plus rare.

Il avait chaud,terriblement chaud il lui semblait que son sang s'était transformé en de la lave incandescente. Il pouvait la sentir se déplacer au travers de ses veines enflammées. Son cœur tambourinait contre sa poitrine. Il avait l'impression que celle-ci allait se déchirer. Il était en train de mourir, il le savait, mais il n'avait pas imaginé que cela puisse lui être aussi douloureux. Il voyait cela comme un sommeil profond où ne subsistait que le bien-être et la paix. Mais là il en était très loin du bien-être intérieur et de la légèreté de se savoir abandonnant son corps.

Dans un mouvement d'ultime fuite, face à cette douleur il se redressa gémissant et râlant sa douleur.

- "Chuut ça fait mal je sais. Calme-toi je t'en prie, ça va aller..."

D'où venait cette voix, était-ce un ange qui était là pour le rassurer et le guider au travers des tourments de sa mort ? Et quand cette douleur atroce allait-elle cesser de transpercer son corps et son âme ? Était-ce là sa punition pour sa vie qui ne fut pas des plus pieuses mais il n'avait pas mérité de tels tourments.

La chaleur dans son corps semblait s'être dissipée, mais il ne se sentait pas pour autant apaisé. Comme si une force nouvelle l'habitait et l'épuisait ! Il ouvrit péniblement les yeux, une lumière éblouissante l'aveugla quelques instants puis elle s'estompa, jusqu'à ne plus être que de vagues reflets rouge orangé qui dansaient... dansaient ? Il tourna difficilement la tête vers cette source de lumière. C'était un petit feu, sa bouche était sèche et il ne se rappelait plus très bien ce qu'il s'était passé.

- "Tu es réveillé.

- Uruha..."

Sa voix le surprit lui-même, elle était enrouée, comme si elle n'avait pas servi depuis plusieurs jours. Uruha lui sourit pour le rassurer, s'asseyant à coté de lui.

- "Comment te sens-tu ?

- Étrange, je suis à bout de force et pourtant... j'ai l'impression de bouillir de l'intérieur.

- Oui, ça va passer ne t'inquiète pas. J'ai trouvé de l'eau, tu dois avoir la gorge sèche."

Aoi le remercia d'un sourire et se redressa lentement pour se désaltérer. Puis il eut un sursaut et souleva sa chemise pour regarder son ventre. Mais il n'y avait rien. A peine une légère trace blanchâtre due à la cicatrisation là où l'épée l'avait traversé.

- "Combien de temps je suis resté sans connaissance ?

- Deux jours à peu prés.

- Deux jours ? comment m'as-tu soigné ?"

Uruha baissa les yeux, pliant ses jambes contre son torse et les serrant entre ses bras.

- "Je ne t'ai pas soigné Aoi. Je... je te demande pardon. J'ai été égoïste. Je ne voulais pas te perdre. Alors je..."

Aoi porta la main à son cou autour duquel un pansement de fortune avait été fait.

- " Tu m'as...

- ...Tué.

- Mordu ? Uruha tu... je suis un..."

L'autre homme se contenta d'acquiescer, fuyant toujours son regard. Aoi se releva tant bien que mal, se mettant à genoux devant lui avant de le prendre dans ses bras.

- "Pourquoi as-tu l'air si tourmenté Uruha ? je te dois la vie.

- Tu ne comprends pas ? je... j'ai fait de toi ce que je déteste en moi, je...

- ...Uruha, grâce toi, je peux encore vivre. Je peux être prés de toi et tenir ma promesse de te protéger. Je t'interdis de t'en vouloir"

Il lui fit relever le visage et l'embrassa du bout des lèvres le reprenant dans ses bras et souriant en sentant Uruha lui rendre son étreinte.

- "On devrait partir Uruha. Ils doivent toujours nous chercher.

- Il fait jour et tu es trop faible pour voyager. Tu as besoin de te reposer. Et pour ce qui est des gardes, je... je les ai conduit sur une fausse piste. A l'heure qu'il est ils sont à des kilomètres d'ici.

- Tu es parfait."

Sans lui laisser le temps de répondre quoi que ce soit il vint l'embrasser avec envie le serrant contre lui en caressant son dos. Uruha sourit dans le baiser, y répondant puis repoussant tendrement son amant.

- "Tu dois te reposer."

Aoi sourit à son tour et s'allongea sur les jambes du plus jeune. Les mains fraiches d'Uruha venaient instinctivement caresser ses cheveux le laissant trouver le sommeil et reprendre ses forces. Dans la journée Uruha était parti explorer les bois qui entouraient leur cachette. Cela faisait quelques heures qu'il marchait à la recherche de baies, de racines ou de petits fruits pour Aoi qui n'avait pas encore l'habitude de ne plus s'alimenter de cette façon. Mais Uruha avait la désagréable sensation d'être observé, suivi... Tous ses sens étaient en éveil. Son odorat surdéveloppé, son ouïe fine et ses réflexes hors du commun. Il l'avait repéré. il ne bougeait plus et le laissait avancer vers lui, encore quelques pas. puis il se retourna avec une vitesse fulgurante et saisit l'autre homme à la gorge une expression démente peinte au visage. Mais il relâcha presque immédiatement sa pression sur la gorge blanche de l'autre homme, reprenant son doux visage.

- "Qui tu croyais que c'était ?

- Je... pardonne moi Aoi je...

- Ce n'est rien. Tu ne m'as pas répondu, qui croyais-tu que c'était ?

- Je ne sais pas. J'avais l'impression que quelqu'un me suivait.

- C'était sans doute moi.

- Hm... sans doute. "

Uruha adressa un doux sourire qui se voulait rassurant a son amant puis lui prit la main pour retourner à leur bivouac de fortune, mais cette sensation ne l'avait toujours pas quitté.

Quand la nuit fut complètement tombée, les deux fugitifs prirent la route vers le sud. Uruha ayant induits les gardes en erreur en les conduisant vers le nord quelques jours plus tôt. N'ayant plus qu'une seule monture, leur progression était plus lente que prévu mais cela n'avait pas d'importance. Le tout pour eux était d'avancer et de s'éloigner le plus possible de Versailles. Ni l'un ni l'autre ne savait exactement où ils se rendaient mais cela ne les empêchait pas d'avancer. Au lever du jour, Uruha dut convaincre l'autre vampire de s'arrêter dans une auberge de village pour se reposer et profiter de son obscurité. Ce qui ne fut pas tache facile, Aoi se sentant déborder d'énergie et souhaitant continuer. Mais les mises en garde de son amant et surtout ses yeux tendres eurent raison de lui. Ils prirent donc une chambre et s'y rendirent sans demander leur reste, verrouillant la porte derrière eux. Uruha se posta derrière la fenêtre, écartant le rideau pour regarder le monde s'éveiller et s'agiter à l'extérieur. D'un pas félin Aoi vint se mettre derrière lui, enlaçant sa taille.

- "Quelque chose d'intéressant dehors ?

- Je ne sais pas. J'ai toujours cette drôle de sensation.

- D'être suivi ?

- Oui...

- Sans doute parce que tu sais que nous sommes recherchés. Tu n'as pas d'inquiétude à avoir.

- Oui, tu as sans doute raison"

Retrouvant le sourire, Uruha se retourna pour à son tour enlacer la taille de l'autre et l'embrasser avec amour, murmurant contre ses lèvres

- "Tu n'es pas trop fatigué ?

- Non, je déborde d'énergie, de force..."

Et sans rien ajouter ils s'entraînèrent mutuellement vers le lit, calmant avec soin et conviction leur énergie trop débordante respective. Le tout dans une mêlée de gémissements, de baisers et de bruits de draps froissés.

Uruha était étroitement lové sur le torse de son amant, ce dernier profondément endormi, après plusieurs heures d'étreinte charnelle. Uruha n'était que dans un demi sommeil, bougeant légèrement de ci de la, se serrant un peu plus contre la peau froide d'Aoi. Quelque chose n'allait pas. Il ne se sentait pas bien, oppressé... observé. Il se réveilla en sursaut, réveillant Aoi également. Uruha resta figé ce qui ne fut pas le cas d'Aoi qui instinctivement s'était redressé dans le lit, poussant Uruha derrière lui dans un geste de protection.

- "Qui êtes-vous, que faites-vous ici"

L'intrus était grand et avait une carrure et un visage qui imposaient un certain respect, de plus il était très séduisant. Celui-ci eut un rictus, ses yeux perçant sondant les regards d'Aoi et Uruha, puis il scruta la petite chambre, faisant quelques pas sur le plancher grinçant.

- "Pittoresque. Tu ne trouves pas chaton ?

- Moui..."

Un autre homme sortit de la pénombre, sa silhouette était fine et gracile. Il aurait pu se faire passer à la perfection pour une femme des plus élégantes. Il était aussi beau que le premier, mais son visage, à l'image de son corps, était plus fin. Il rejoignit le premier homme à la peau pâle d'une démarche provocante qui aurait pu faire tourner la tête à un saint.

- "Qui êtes-vous ?

- Ce sont des vampires Aoi."

Ce dernier se retourna vers son amant qui n'avait pas lâché les nouveaux arrivants des yeux. Maintenant qu'il y regardait de plus prés, cela ne faisait aucun doute, ce teint si pâle, ce regard perçant et cette aura qu'il pouvait maintenant percevoir.

- "Perspicace. Je me nomme Daisuke mais Die suffira. Lui c'est Toshiya et nous sommes effectivement ce que vous dites, à votre image si je ne m'abuse ?

- Qu'est-ce que vous nous voulez ?"

Le plus fin, qui portait donc le nom de Toshiya, échangea un regard sournois avec Die qui enlaça sa taille en lui souriant.

- "Vous n'avez donc jamais entendu parler de nous ?

- Si... Vous faites partie d'un clan... un vieux clan de vampires.

- Tout juste, mon père a créé ce clan et l'a dirigé des siècles durant. Aujourd'hui j'en ai pris la tête et Toshiya... m'épaule dirons nous.

- C'est vous qui nous suiviez n'est-ce pas, dans la forêt, c'était vous ?

- oui c'est exact. Nous étions de passage dans la région quand nous vous avons sentis, nous avons donc décidé de vous suivre

- Pourquoi ?

- Et bien, vous disposez de bien plus de force que ce que vous pensez.

- "Et ? Qu'est-ce que vous attendez de nous au juste ?"

Et un large sourire s'étira sur le visage de Toshiya qui s'approcha des deux hommes toujours sur le lit.

- "Et bien, si vous en avez assez de fuir, vous pourriez peut-être nous suivre ?"

Il avait son visage à quelques centimètres de celui d'Aoi qui ne savait pas comment réagir. Il tourna les yeux vers Uruha, qui semblait en proie à la même incompréhension que lui.