Santana m'attira contre elle et me serra si fort que j'en eus le souffle coupé, mais je ne dis rien, je l'entourais de mes bras en retour, passant ma main dans son dos. Nous restâmes longtemps à nous accrocher l'une à l'autre, mais j'avais envie de la contempler un peu, elle me fascinait tant, elle était d'une beauté si violente, elle ne pouvait laisser indifférente, tout en elle était attirant et magnifique, tout en elle était si aimable comme si chaque partie de son corps était destinée à sublimer les autres parties. Ses cheveux faisaient ressortir sa peau cuivrée qui elle même faisait ressortir des yeux bruns, si intense qu'un seul de ses regards me faisait me liquéfier sur place. Elle représentait pour moi une sorte de perfection. La première fois que je l'avais vue, j'étais restée abasourdie, dès qu'elle était apparue, les autres avaient perdu de leurs charmes, étaient devenus fades. Les autres s'étaient effacés pour qu'elle seule ressorte. Ça n'était pas encore de l'attirance, c'était seulement de l'admiration. Et j'avais été tellement étonnée quand elle m'avait parlé, parce que en tant que « cheerleaders hyper sexy, on doit forcement traîner ensemble », j'étais si intimidée, je me sentais ridicule à côté d'elle, comme si je n'avais pas le droit d'exister. Les premiers temps où nous avons été ensemble, je n'osais pas parler, je me contentais de la suivre, ce qui lui convenait, j'avais trop peur de faire une de mes remarques déplacées qui me valaient toujours quelques moqueries, et je ne voulais pas que Santana remarque que j'étais « bête », je voulais être digne d'elle, digne d'être son amie. Et puis un jour, c'était sorti tout seul. Je ne me rappelle plus exactement ce que j'avais dit mais je me rappelle très bien avoir penser que c'était la fin de notre amitié. Pourtant, elle m'avait juste fait un grand sourire et s'était contenté de me dire « Mais tu parles ? ». Au fur et à mesure du temps, je me suis détendue quand j'étais avec elle, et je ne retenais plus mes mots, et à chaque fois elle riait en me disant que j'étais sa « petite dose d'optimisme dans ce monde si cruel » et elle enserrait mon petit doigt par le sien. C'était la seule personne qui considérait que mon extravagance était un avantage, la seule qui s'émerveillait de ma naïveté. Je ne me sentais plus bête quand j'étais avec elle, ni bizarre, je me sentais juste moi. Plus j'appris à la connaître, plus je remarquais qu'il n'y avait pas que moi qui était différente avec les autres. Elle était tendre et attentive alors qu'avec les autres elle était toujours nonchalante, parfois un peu garce et toujours terriblement séductrice. Mais ensemble, nous n'étions plus sous notre masque , et ça faisait tellement de bien. Et c'est comme ça que nous étions devenues inséparables car notre présence mutuelle nous était bénéfique. Car la voir avait fini par devenir un besoin essentiel à ma vie.
Et comme à cet instant, j'avais envie de la regarder, je m'éloignais un peu d'elle, brisant notre étreinte à regrets. Ses yeux étaient encore humides et une larme coulait le long de sa joue, je l'effaçais de mon pouce et remplaçait celui ci par mes lèvres. Je plongeais mes yeux dans les siens, elle me repoussa, l'air visiblement gênée :
« Ne me regarde pas, je dois être affreuse !
- Affreusement jolie, oui.. » dis je en souriant.
Elle avait l'air si fragile. Elle était encore plus belle.
« J'ai envie de te sentir contre moi.. »
Elle posa sa main sur mon épaule, et me fit m'allonger complètement sur son lit, elle se mit au dessus de moi et colla son corps contre le mien. Je tressaillis. Son visage était à quelque centimètres du mien et nous nous regardions, attendant que l'autre fasse le premier pas. Est ce que nous aurions toujours autant de mal à se décider à s'embrasser ? Je me disais que cette remarque n'était pas très appropriée et cela me fit rire intérieurement, ce qui me détendit un peu. Mais elle rapprocha encore un peu son visage, ce qui me retendis immédiatement. Je fermais les yeux, et sentis ses lèvres frôler les miennes, puis se retirer, et revenir. N'y tenant plus, je rompis la distance qui nous séparait et l'embrassait fiévreusement, elle poussa un soupir. Ah, ses soupirs...Ils avaient toujours raison de moi. J'attrapais sa lèvre et la mordit tendrement. Elle soupira de nouveau. Ah, ses mordillements, ils avaient toujours raison d'elle ! J'entrouvris ma bouche laissant passer sa langue, et je soupirais à mon tour. Mes mains dans son dos la pressait contre moi et suivaient les mouvements qu'elle commençait à faire entre mes cuisses. Je remontais une de mes mains dans ses cheveux et les saisit avec force, collant encore plus ses lèvres aux les miennes, si cela était tout fois possible. Je me sentais dans un état de semi ivresse, où l'on a plus vraiment conscience de ce que l'on fait, ni de ce que l'on nous fait, mais on sait juste que c'est terriblement agréable et qu'on ne veut pas que ça s'arrête. Pourtant quelque chose m'empêcha de continuer.
« Attends, San.. Attends.
Elle releva la tête, décoiffée, les joues rougies, la bouche entrouverte et son regard empli de désir. Wow.
- Je t'avais dis que si j'étais avec Artie, et c'est le cas, je ne voudrais pas le tromper et lui faire du mal. Et.. Je préférais lui parler avant de continuer ce qu'on...
- Tu en es sûre ? Dit-elle, relevant mon t-shirt et m'embrassant le ventre, tout en continuant de me fixer de manière assez intense..
- Ou...oui.. Parce que je veux qu'on le fasse dans de bonnes conditions, qu'il n'y ait rien de mal à ça et que ça ne fasse de tort à personne. Parce que nous deux, c'est bien et c'est juste et j'ai envie que tout soit si parfait..
- Me résisterais tu Brittany Pierce ?
- Non, mais plus on attends meilleur c'est non ? Dis je avec un clin d'œil. Tu comprends pourquoi je veux ça ?
- Oui, et pour ma plus grande frustration, oui je comprends. »
Elle se laissa tomber à côté de moi en soupirant longuement
« Bon. Je vais prendre une douche, il n'y a plus que ça à faire ! »
Elle m'embrassa, et se releva, j'en profitais pour lui prodiguer une petite claque sur les fesses
« tu m'aides pas là, t'en as conscience ? »
Je souris et m'enveloppa dans sa couette. Pour moi aussi c'était frustrant mais je pensais que ma décision était la meilleure chose à faire. C'est vrai, qui commencerait une relation sur des bases de tromperies..? D'ailleurs, était ce une relation ? Est ce qu'on était ensemble ? Il était peut être encore trop tôt pour en parler. Je savais que Santana aurait plus de mal que moi avec le fait de sortir avec une fille. Plus de mal à le montrer mais aussi à l'accepter d'elle même. À l'inverse d'elle, j'étais plutôt à l'aise avec ça, je me définissais déjà comme « bicurieuse ». En fait, la question n'était pas vraiment de savoir si j'aimais les hommes ou les femmes, j'aimais une personne et non un sexe. Peu importe l'enveloppe corporelle de cette personne, j'aurais aimé Santana si elle avait été un homme, bien que son corps de femme lui sied à merveille. En tout cas, je savais que ça serait beaucoup plus dur pour elle. Je commençais à sombrer dans le sommeil quand Santana me rejoignit, je me blottis dans ses bras, posant ma tête contre sa poitrine, elle m'embrassa sur le front :
« Dors bien ma prude adorée
Je grogna et fit semblant de bouder. Elle m'embrassa alors je ne pus m'empêcher de la pardonner..
- Toi aussi San. Je suis si heureuse d'être avec toi là maintenant.
- Moi aussi Britt.. »
Je me laissais bercée par le battement régulier de son cœur, qui je le savais maintenant battait un peu pour moi.. (bien que n'étant pas complètement niaise non plus, je savais également que si il battait c'était juste parce que c'était un muscle et pour qu'elle soit en vie, pas pour me faire comprendre « tiens Brittany, regarde elle t'aime ») et je m'endormis sur cette réflexion, oh combien intéressante et constructive.
Je me réveillais un peu avant elle, juste le temps pour pourvoir la regarder encore et encore. Je ne me laissais pas de détailler chaque traits, chaque détails de son visage qui la rendait si sublime et unique. Je me demandais parfois si ça ne virait pas à l'obsession ! Je l'embrassais tendrement. Quelle douce sensation que de se réveiller auprès de celle qu'on aime. Elle ouvrit les yeux et son visage était comme illuminé. Après un câlin-bonjour, je sautais du lit en chantant « je suis heureuuuuse, je vais pas passer la tondeuse» (chanson de ma composition, après My Cup, je me suis découvert des talents d'écriture !). Nous nous préparâmes, et partirent sur le chemin du lycée, je décidais de ne pas aborder tout de suite le sujet de notre relation mais je parlerais quand même à Artie.
Je sortais de cours et me rendais à mon casier, quand Artie m'interpella :
« hey bab'
- Salut..Artie
- ça te dirais de venir chez moi ce soir ? On pourrait regarder un film et … Tu pourrais dormir avec moi..
Voyant ma mine déconfite, il s'empressa d'ajouter
- Enfin non je comprends, j'ai été trop direct, je suis vraiment con des fois, c'est pas vrai, mais qu'est ce qui m'a pris ? Désolé, si tu n'es pas prête..
- Non ce n'est pas ça Artie, mais justement il faut que je te parle de ça, enfin de nous deux.
- Quoi ? Dis moi ?
- Je ne sais pas, tu ne trouves pas que ça ne fonctionne pas très bien ?
- Non.
- Qu'il manque un peu d'alchimie ? Ce petit truc en plus ?
- Euh... Ok. Non, je ne trouve pas. Je ne comprends pas c'est toi qui est venue vers moi et là..
- Je suis désolée Artie, je me suis trompée. J'ai confondu mes sentiments, je devais être perdue, je suppose
- Ne me prends pas pour un débile. Tu n'étais pas perdue, tu étais très sure. Qu'est ce qu'il s'est passé ?
- Je... Je ne peux pas t'en dire plus. Il faut que j'y réfléchisse et je te le dirais.
- Mais alors qu'est ce qu'on fait ?
- On ne peut pas continuer, je suis désolée. Ça serait mal envers toi.
- Ah donc il a bien quelque chose que tu ne me dis pas ?
- Oui enfin non.. S'il te plaît Artie. Restons amis.
- C'est trop facile. »
Il se retourna et parti. Je me sentais désolée pour lui mais que pouvais je lui dire ? Excuse moi je me suis mise avec toi parce que je voulais rendre quelqu'un d'autre jaloux ? Je ne t'ai jamais aimé car j'aime quelqu'un d'autre ? Et c'est une fille ? Ah et oui c'est Santana ? Non. C'était mieux ainsi. D'ailleurs, ça m'importais assez peu qu'on reste amis. J'ai du prendre un peu du caractère de Santana pour utiliser ce pauvre Artie sans remords ! Mais rien ne pouvait gâcher mon bonheur aujourd'hui, je me sentais si bien.
Kurt m'attrapa par le bras alors que je sortais de cours, il avait encore son sourire niais fixé sur le visage :
« Alors qu'est ce que tu me dis en premier ? Pourquoi Santana a l'air sur un nuage ou pourquoi Artie fait une tête d'enterrement ?
- Vas y, lance des paris, dis je en riant
- Je dirais qu'Artie s'est fait jeté parce que Santana a découvert les plaisirs saphiques ?
- Ah tu n'y es pas tout à fait. J'ai quitté Artie oui, mais je n'ai pas couché avec Santana mais...Il y a eu de l'évolution.
- Vous êtes ensemble ? »
Le visage de Kurt affichait le ravissement de la concierge entrain de faire le plein de potins.
« Je ne sais pas vraiment en fait..
- Comment ça ? Comment tu ne peux pas savoir ? Qu'est ce qu'il s'est passé ?
- On s'est embrassé, elle m'a dit qu'elle m'aimait mais je ne sais pas on a pas discuté de ce qu'il adviendrait de nous et je ne l'ai pas revue depuis ce matin..
- Bon c'est déjà un bon progrès ! J'ai tellement hâte ! Vous seriez le couple le plus glamour du lycée ! Vous pourriez être Reine & Reine de Mc Kinley!
- Oui, enfin on en est pas à là..
- Tu es heureuse ?
- Oui, ça fait tellement de bien pour une fois !
- Hé regarde qui est là »
Il désigna Santana d'un signe de tête.
- On se voit au Glee club ! »
Je lui fis un grand sourire et la rejoignis. Alors que nous nous dirigions vers la salle de répétition, je pris sa main et entrelaçais nos doigts, mais elle me lança un regard de reproche et retira sa main. Je l'entraînais alors dans la salle, vide.
« Mais Santana ? On se prenait toujours la main avant ?
- Oui mais là, c'est différent... Depuis ce matin, j'ai l'impression que tout le monde me regarde bizarrement !
- Je ne vois pas comment ça pourrait se savoir. D'ailleurs qu'est ce qui doit se savoir ? On est ensemble ? »
Elle ne répondit pas mais me lança un regard séducteur.
- En tout cas là, on est seules. »
Elle ne me laissa pas le temps de répondre, sa bouche s'emparait de la mienne, je laissais mes questions en suspend profitant d'elle et de sa proximité inattendue. Ça ne faisait pas une journée et ses lèvres me manquaient déjà. Lorsque l'on s'embrassait, je me sentais à ma place et je suis sûre que c'était également la sienne. Ses baisers étaient à la fois doux et fougueux, plein de promesses. Je me serrais contre son corps, toujours agréablement chaud.
« Mais qu'est ce que vous faites ? »
Finn se tenait dans l'embrasure de la porte. Je pensais que sa mâchoire inférieure aurait pu toucher le sol tellement elle pendait lamentablement. Santana me repoussa violemment.
« Rien...Rien ! »
