J'avais remis ma robe du plus vite que je pouvais et avait tenté de la rattraper mais je n'avais pu voir que ses cheveux disparaître par la porte d'entrée. J'étais ensuite revenue dans la chambre, choquée par ce qu'il venait de se produire. Sam me regardait d'un air interrogatif :

« Brittany, pourquoi tu te mets dans cet état ? Je ne suis pas avec Santana, où est le problème ?

- Il n'y en a pas, je t'assure..

- Je vois bien que si, tu l'as quasiment poursuivie nue, et tu tournes en rond dans la chambre depuis que tu es revenue ! Elle ne va pas t'en vouloir, elle couche avec plusieurs personnes en même temps, elle ne peut pas être contre le partage !

- Je ne peux pas t'expliquer, mais j'ai des raisons de m'inquiéter.

Je partis sur ces mots, le laissant seul, dans l'incompréhension. Je me sentais tellement mal, je me demandais comment il était possible qu'à chaque fois que la situation me paraissait le pire, il fallait toujours que l'on me prouve le contraire, il fallait que je parle à Santana, il fallait que je m'explique, il fallait que je me sauve, je ne pourrais pas supporter de la perdre, ni qu'elle m'en veuille. La situation était gérable quand c'était elle qui me faisait de la peine et uniquement elle mais je ne pourrais pas me pardonner si je lui en faisais, je culpabiliserais toujours et je me dirais que si nous n'avons pas été ensemble, ça serait de ma faute, à cause de cette nuit là. Que pouvais je faire ? Je trouvais Kurt et l'entraînais un peu à l'écart :

« J'ai vu Satana partir. Qu'est ce qu'elle a vu ?

- Tout. Est ce qu'elle t'as parlé ?

- Non, elle m'a juste demandé où tu étais et j'ai essayé de te joindre mais..

- Il faut que je lui parle. Maintenant. »

Je m'éloignais et composais son numéro... Je la suppliais intérieurement de répondre.

« Oui ?

- Santana où es tu ? Il faut que je te parle ! »

Ma voix tremblait trahissant ma peur de la perdre complètement et je ne pouvais l'imaginer. J'entendis un sanglot. Cela me déchira le cœur.

« Je... »

- Dis moi où tu es San...

- Je ne peux pas te voir là, je suis occupée. »

Sa voix été cassée, et sa peine était perceptible, je ne pouvais pas la laisser comme ça.

« Je suis entrain de partir, et il faut que je te vois.. Tu n'es pas bien, je l'entends, laisse moi venir, je t'en prie... »

Je sortais dans la rue, je marchais vite sans savoir où j'allais, quand j'aperçus la voiture de Santana garée non loin de là.

« Non ne viens pas... Laisse moi Britt, je ne veux pas parler maintenant...»

J'arriverais à la hauteur de sa voiture, je vis Santana, recroquevillée contre elle même, elle raccrocha. Je toquais à la vitre. Elle leva la tête vers moi, son visage était entièrement maculés de larmes et son maquillage avait coulé le long de ses joues.

« Ouvre moi... S'il te plaît... »

Elle hésita puis me laissa entrer. Je me sentais impuissante face à la situation que j'avais moi même crée, les mots ne sortait pas de ma bouche et dans un élan de désespoir, je la pris dans mes bras et la serrait contre moi, espérant apaiser sa douleur, et la mienne en même temps. Elle me rendit mon étreinte, s'accrochant à ma robe, elle enfouit sa tête dans mon cou, je sentais ses larmes humidifier mes cheveux et les miennes s'y joignirent. Elle resserra ses bras. Ce contact me rassurais, comme si elle prenait ma peine et que j'enlevais la sienne. Le désespoir que j'avais perçu était comblé par ses bras, comme si il avait été un manque, et que Santana réparait ce manque. Elle était la réponse à toutes les émotions négatives que je ressentais. Ses bras, sa peau, son odeur, sa chaleur annulaient ces sensations pour les transformer en douceur et en paix. Les bras de Santana étaient mon refuge.

« Pourquoi ?, murmura Santana, Pourquoi tu me fais ça ?

- Je suis désolée... Je ne vais pas te sortir l'excuse de l'alcool, j'étais ivre mais j'avais besoin d'espoir, j'avais besoin qu'on me serre, qu'on me désire, qu'on me rattrape. J'avais besoin d'oublier... Que tu me manques, à chaque seconde, et que ce manque est comme des pics qui s'enfoncent dans les tréfonds de mon être et que ça en devient insupportable. J'oscille entre un vide total et une douleur incommensurable. Et je suis fatiguée d'avoir si mal. Si mal de t'aimer, si fort que j'en perdrais mes mots, que j'en perdrais mon âme. Je suis fatiguée de me coucher avec ton visage ancré dans mes yeux et de me réveiller en pensant à ton sourire. Car à chaque fois, c'est comme une nouvelle entaille dans ma peau sur laquelle on jetterait de l'acide. J'ai si mal de t'aimer. Si mal que ça me ronge, que ça me détruit d'être loin de toi. Comment est il humainement possible de vivre dans de telles conditions, avec cet amour qui dépasse l'entendement, la raison et tout ce que l'on pourra en dire ? Comment a t il été permis de ressentir cela ? Et de ne pas pouvoir gérer ses émotions qui me submergent et m'emportent. Comment l'humain a t il pu avoir la capacité de ressentir cela et ne pas avoir les compétences pour y survivre ? Ce que je ressens pour toi me transcende, c'est ce que toute personne cherche au long de sa vie. C'est ce qui fait que la vie paraît morose à tout ces gens qui ne connaissent pas ça, qui ne sont pas élevé par cette force, qui fait que chaque pas, chaque respiration, chaque battement de ton cœur ne fait que te rapprocher de cette personne qui est celle pour qui tu existes, cette moitié qui manque et qui t'es vitale. Et tout le reste n'est qu'une substitution, pour tout ces gens à demi-existant. Est ce que tu comprends ? Est ce que tu comprends que quand je t'embrasse, le monde s'arrête réellement ? Le temps s'arrête suspendu à tes lèvres, car à ce moment là, je suis au dessus de la vie, au dessus du monde, il n'y a plus que toi et moi et rien ne pourrait briser cela. Tes lèvres m'apportent la plénitude et lorsque tu m'embrasses, je pourrais mourir. Et c'est toi cette personne pour qui j'existe, et c'est pourquoi il m'est impossible de contenir ce que je ressens, impossible de l'oublier. Mais est ce que tu comprends, Santana, à quel point ça fait mal de ne pas exister pour toi ? À quel point il est dur d'accepter que je ne suis pas celle pour toi et que tout ma vie je la passerais à regretter, de ne pas avoir été celle qui te convenait ? »

Je m'arrêtais, essoufflée comme si je venais de courir un marathon. Cela m'avait épuisé de lui révéler tout ça et de me mettre autant à nu. Mais cela avait eu pour effet de m'épurer, je me sentais plus légère, et j'avais dit la vérité, toute la vérité et il me semblait que c'était l'important, qu'elle avait besoin de savoir qu'elle n'était pas seulement une amourette de lycée. Je n'osais la regarder, appréhendant sa réponse. Je l'avais pourtant fixée dans les yeux tout le long de mon monologue mais dès que ma voix s'était tue, j'avais brisé le contact, comme si mes paroles m'aidait à supporter son regard. Je ne voulais pas qu'elle pense que j'avais honte de ce que je disais, ça n'était pas le cas, mais je n'avais plus la force d'affronter ses yeux, que je craignais indifférents.

« Je... Je ne sais pas quoi dire... »

Je la regardais, son corps était pris de tremblements incontrôlables, elle semblait bouleversée.

« San, ça ne va pas ?

- Je ne sais pas quoi te dire, car je ne saurais trouver les mots pour te répondre. Personne ne m'avait dit quelque chose de tel avant toi. Et tes mots sont si vrais, si justes que je ne peux pas les ignorer. Et je ne peux pas ignorer l'effet qu'ils me font. Ils raisonnent en moi car je le sais. C'est ce que je ressens également au fond de moi et ce que je veux renier. Mais tu dis les choses d'une manière si évidente.. Tu m'ouvres les yeux une fois de plus..

- Est ce que tu vas encore partir ? »

J'étais inquiète, mais Santana pris ma main doucement et la serra avec tendresse.

- Non... Et ce dont j'ai le plus envie là maintenant, c'est d'arrêter le temps sur tes lèvres. Tu me le permets, Brittany ?

- Je t'en supplie... »

Sa main effleura ma joue tandis qu'elle rapprochait son visage du mien, mes yeux se fermèrent, et mon cœur s'accéléra. Ses lèvres touchèrent les miennes doucement avec prudence, mais je répondis immédiatement, capturant sa lèvre inférieure, elle soupira pendant que mon corps s'embrasait. J'entrouvrais ma bouche permettant au baiser de devenir plus profond, plus fusionnel. Sa main glissa derrière ma nuque et je passais la mienne dans ses cheveux, elle prit mon autre main avec force et je sentis son désir me traverser. Elle m'embrassait d'une manière où transparaissait toute son envie, et je parvenais avec peine à dissimuler la mienne, soupirant à chacun des assauts de sa langue. Nous basculâmes à l'arrière de la voiture, elle reprit sa position dominante sur moi, me surplombant de son splendide corps brûlant, qui ondulait contre le mien et sa main remontait doucement le long de ma cuisse. Chaque centimètres parcourut augmentait mon excitation .Tout mon corps était devenu réceptif et chacune de ses caresses m'arrachais un gémissement, que je ne prenais plus la peine de cacher. La bouche de Santana était près de mon oreille et j'entendais ses soupirs infiniment sensuels. Sa main était arrivée en haut de ma cuisse et elle passa un doigt sous l'élastique de mon boxer, sur cette ligne si sensible, je gémissais de frustration et d'impatience. Sa main glissa enfin sous le tissu...


Je me réveillais en sursaut et je souriais de bonheur. Ma main droite était sur une bassine pleine d'un liquide... indéterminé. J'étais toujours dans le lit de Sam. Kurt dormait sur une chaise à côté du lit. Qu'est ce que je faisais là ? Tout cela n'était qu'un rêve ? Non non, je ne voulais pas y croire, non ça devait être vrai !

« Brittany, tu es réveillée ? Comment tu te sens ?

- Kurt, dis moi que j'ai rattrapé Santana hier..

- Tu ne te rappelles de rien ?

- Quoi ? Dis moi, est ce que je l'ai rattrapée ? Dis moi que c'était vrai... »

Je ne pouvais empêcher les larmes de couler une fois de plus, et mes yeux étaient irrités par ce flot incessant.

« Je suis désolé mais tu l'as seulement regardée partir et tu as ensuite vidée une demie bouteille de Vodka avant de t'affaler sur le sol dans un semi coma.. Et ensuite... »

Il jeta un regard à la bassine. Je compris que je n'avais rien fait d'héroïque hier, je ne l'avais pas suivie, je ne lui avais pas dit toutes ses choses. J'étais seulement restée là à vomir mon erreur. Je me sentais pathétique. Pourtant toutes les paroles que j'avais prononcées étaient vraies, je n'avais jamais posé des mots si exacts sur ce que je ressentais, j'aurais du me rendre compte dans mon semi coma, que c'était simplement mon inconscient qui m'envoyait un message, que ça n'était pas la réalité. J'aurais tellement aimé lui dire ça..

« Kurt... Pourquoi tout doit toujours être si difficile ?

- Je ne sais pas, sûrement pour donner du goût au bonheur ?

- Si tu le dis... »

Je rentrais chez moi et passait la journée à dormir, je ne me sentais vraiment pas très bien, mon ventre se tordait dans tous les sens... C'est dans ces moments là qu'on se dit « Plus jamais je ne boirais, plus jamais ! » en buvant des litres d'eau pétillante mais je n'avais pas le cœur à me faire cette blague. Le lendemain, je passais ma journée à chercher une chanson pour le Glee club, M. Shue nous avait demandé de trouver une chanson qui représentait quelque chose d'important pour nous ou qui parlait de quelque chose qui nous touchait. Mais je ne trouvais pas. Ça n'était pas vraiment grave car je n'étais pas l'une des chanteuses les plus talentueuses du club, on n'attendait rien de ma prestation, d'ailleurs on n'attendait pas ma prestation. Non, ce qui me distinguais des autres c'était la danse, seule chose qui pouvait encore me remettre d'aplomb. Je décidais donc de sortir et d'aller dans le parc du quartier, l'air était frais et le ciel était clair. Je me mis à courir puis fit un saut et tourna sur moi même, je mis à danser désespérément, essayant de retrouver le sentiment d'exister, le vent me foutait les joues et me portait dans ma chorégraphie improvisée. Je dansais ainsi pendant des minutes, des heures peut être, qu'importe ? La danse me vidait l'esprit, quand je dansais je ne ressentais plus que par le corps. J'en avais besoin.

Lorsque je rentrais, je décidais d'appeler Santana, il fallait que je sache ce qui c'était passé après qu'elle soit partie, si elle était fâchée, si elle était peinée, si elle ne voulait plus me voir..

« Britt ?

- Salut San..

- Que me vaut cet appel ?

- Je... C'est à propos d'hier..

- Qu'est ce que tu veux savoir ? » Sa voix était froide.

« Kurt m'a dit que tu me cherchais avant que... »

Je ne savais plus vraiment comment finir ma phrase. Je voulais savoir ce qu'elle avait voulu me dire avant sans aborder le sujet Sam. Je repris donc :

« Pourquoi tu me cherchais ?

- Désolée, je ne me rappelle plus.

- Ah... D'accord...

- Et sinon tu comptes coucher avec Puck aussi ? Me dit elle agressivement.

- Pardon ?

- Ben tu couches avec Sam, qui est d'abord mon plan cul, il me semble non ?

- Attends... C'est pour ça ?

- C'est pour ça que quoi ?

- Que tu es partie fâchée sans rien dire ? Parce que tu étais jalouse pour Lui ? »

Il y eut un silence. Santana soupira.

« Oui. Voilà. Pourquoi d'autre hein ?

- Je ne sais pas … Tu m'as dit que ça n'était pas rien ce qu'il s'était passé entre nous...

- Désolée je ne m'en rappelle pas non plus, t'étais pas la seule à avoir bu. Et surtout en ayant reçu ce prétendu message, tu t'es empressée d'aller coucher avec Sam, c'est une réaction tout à fait normale dis moi ? »

Sa voix se mit à trembler de colère, je sentais qu'elle se retenait de crier, si seulement elle me disait la vérité, je sentais que ça n'était pas pour Sam qu'elle était en colère.

« Et alors ? Tu m'as bien dit qu'on ne vivait pas dans le même monde non ? Alors ça te fais quoi quand je vis dans le tien ? Tu ne préférais pas vivre dans le mien plutôt ? Il fait moins mal non ? Tu n'as aucun droit sur Sam, il fait ce qu'il veut.

- Oui mais toi tu es censée être ma meilleure amie donc tu ne dois pas coucher avec mes plans culs !

- Oh je t'en prie San... Et le reste de ma phrase, tu n'y réponds pas ?

- Britt.. Je suis fatiguée de me battre avec toi.. On se voit demain. »

Un bip désagréable marqua la fin de notre conversation. Elle avait raccrochée sans même que j'ai eu le temps de m'excuser..

Le lendemain, lorsque j'arrivais dans la salle de répétition, je prévenais M. Shue que je n'avais malheureusement pas eu le temps de trouver une chanson, trop prise par mes entraînements de cheerleaders. Il inclina la tête en signe de compréhension. Je m'installais à côté de Kurt qui me sourit tendrement. Rachel entama une chanson qu'elle disait représenter parfaitement ce qu'elle ressentait, pour une personne que nous connaissons tous très bien ajouta t elle en lançant un regard dégoulinant de niaiserie à Finn. Tout le monde fut enthousiasmé par sa prestation, comme d'habitude. M. Shue se tourna vers Santana :

« Santana, tu as quelque chose à nous proposer ?

- Oui, mais je tiens à préciser que c'est seulement une chanson que j'apprécie, elle n'a pas de lien avec quelque chose que j'aurais vécu ou que je vis actuellement.

- Bien, vas y on t'écoute. »

Santana se plaça devant nous, et le piano commença. Lorsqu'elle commença à chanter, sa voix, teintée de peine emplie toute la pièce.

Come on dance around
Shine upon the ground
From me to you

Don't you know i'm strong ?
I could win the world
For you, for you

Son timbre faisait vibrer tout mon corps, et lorsqu'elle me regarda en murmurant « for you », je ne pus m'empêcher d'avoir un frisson.

Don't you ever cry
I would stop breathin'
For you, for you

Don't worry life is easy
Don't worry life is easy

Have you ever fly
Let me teach you how
I'll do, I'll do

Drive upon the mountains
Dive into the moon
I'll do, I'll do

Malgré ce qu'elle avait dit avant de chanter, j'avais pourtant l'impression que c'était bien quelque chose qu'elle vivait mais j'en fus certaine lorsqu'elle prononça :

Be my unicorn
I'll chase all the dragons
for you for you
I'll build you a castle silver gold
It's your favorite color I'have been told

Don't worry life is easy
Don't worry life is easy

Elle se tue et le piano baissa lentement, nous laissant encore quelques instants dans l'ambiance de douce mélancolie que Santana avait imprégnée dans la pièce. J'avais la gorge nouée par l'émotion, par sa voix mais aussi par ce que cela signifiait. Rachel se moucha bruyamment ce qui brisa la tension dans la pièce. M. Shue se racla la gorge :

« Et bien, bravo... C'était très beau et magnifiquement interprété. C'est dommage que ça ne soit pas ce que tu ressentes vraiment.

- Oui, un véritable gâchis ! »

Elle répondit avec un sourire forcé et me regarda longuement. J'étais désarçonnée par son comportement, ne m'avais t elle pas dit qu'elle ne voulait pas de moi, qu'elle ne m'aimait pas et qu'elle était jalouse pour Sam ? Et maintenant cette chanson, et ce regard.

Je sortis de la salle en me promettant que je me battrais pour l'avoir et pour qu'elle n'ait plus peur. Je voulais être sa licorne et qu'elle n'ait plus peur de dire que c'était ce qu'elle ressentait. Je voulais qu'elle me montre qu'elle était forte, et qu'elle ne mente plus sur ses sentiments. Qu'elle ne me repousse plus... Car je ne pourrais plus le supporter.


La chanson est Little love d'Aaron :)