« Britt', tu...as du chocolat sur à peu près l'ensemble du visage ! »

Elle se mit à rire et s'efforça de me nettoyer. Je rougis encore plus, non seulement son massage ne m'avait pas laissée indifférente mais en plus j'étais gênée de me retrouver dans une position aussi risible face à elle, ça n'était pas vraiment une bonne technique pour la séduire.. Je m'en voulais d'être si maladroite, et sale en plus de ça ! J'essayais de rire avec elle mais il ne sorti qu'une espèce de couinement de ma bouche. Santana, elle, semblait avoir repris de la contenance, et aucune trace du désir que j'avais entrevu quelques minutes auparavant ne demeuraient sur son visage. J'espérais que le mien ne laissait rien transparaître.

« Bon, on le finit ce film ou on se touche ? »

Je la regardais ébahie, ne sachant que répondre. Santana s'empressa d'ajouter :

« Non mais c'est une blague, enfin c'est une expression ! Je crois ? À moins que je ne l'ai inventée.. »

Je pensais qu'éventuellement la deuxième proposition m'aurait plus plu bien que j'aurais été vraiment déconcertée si elle me l'avait proposé comme ça.

« Tu as le don pour inventer des expressions qui veulent rien dire, San ! C'est comme ton « fatiguée à en perdre un œil ! » ça n'existe pas !

Quoi ? Tu ris ? Bien sûr que si ça existe ! On vérifie si tu veux ! J'en suis sûre ! On pari ?

- Ouais, je suis sûre de moi, on pari quoi ?

- Un resto ? Préviens ton banquier que ton compte sera vide d'ici quelques jours !

- Ok pour le resto ! »

Santana se précipita sur l'ordinateur et tapa impatiemment sur le clavier. Puis elle s'arrêta, la bouche ouverte, se recula, se rapprocha à nouveau de l'écran, s'en éloigna, fronça les sourcils, puis fini par donner un coup sur l'ordinateur.

« héé ! C'est mon ordi ! Ça n'est pas de sa faute si tu inventes des expressions !

- Non mais attends, je suis pas convaincue, après tout c'est qu'une machine, qu'est ce qu'elle peut savoir de la richesse du langage ? Et puis comment ça se fait qu'on lui fait confiance ? On se laisse diriger par des machines, Britt' ! Et après c'est la porte ouverte à tout, t'as pas vu matrix ? Voilà ce que ça va être si on croit cet ordinateur totalement limité !

- Oooh cette mauvaise foi ! En plus c'est pas l'ordinateur qui te dit ça, c'est des vrais gens qui postent sur internet ! Alors qui a gagné ?

- Ce que tu peux être naïve, Britt', me dit elle en hochant la tête, navrée

- Ne détourne pas le sujet ! Qui a gagné ?

- Hum... Oh regarde cette mouche qui vole incroyablement vite alors qu'elle a perdu une aile !

- Santana !

- Bon, ok, t'as gagné, mais je déplore que cette expression n'existe pas ! Franchement, elle est super claire ! Je vais la faire breveter ! Et je gagnerais plein de sous, et tu seras dégoûtée. Et je deviendrais célèbre grâce à ça ! Les gens me diront « Mais comment a t on pu vivre sans pouvoir exprimer cela? » et je leur répondrais parce que vous êtes tous trop bêtes pour créer des néologismes car vous êtes des incultes satisfaits de vous même et de votre médiocrité, et là ils se suicideront. Et ça sera la fin de l'humanité. »

Elle se mit à sourire d'une manière sadique. Je lui donnais un petit coup d'oreiller.

« Si on s'en tenait seulement au resto ?

- T'es vraiment, mais alors vraiment, pas fun. Mais ça passe pour cette fois parce que t'es éclopée.

- Trop aimable... Bon alors on le finit le film ou on...se touche ? »

Même si c'était une blague, ça me faisait tout de même très bizarre de m'entendre dire ça à San. Pourtant elle afficha un air ravi car j'avais adopté son expression et elle appuya sur play et se remit à côté de moi.

Je laissais mon regard se poser sur elle, et je regardais sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration et ne pus empêcher ma tête de se poser sur son épaule, elle ne se dégagea pas mais ne releva pas non plus. Elle semblait absorbée par le film, et moi j'étais adsorbée par elle. Je me sentais apaisée contre elle. Même si notre relation était seulement entrain de s'arranger, l'avoir un peu avec moi me rendait vraiment heureuse. Je laissais ma main glisser de mon ventre jusqu'à son bras qui était entre nous deux. Je ne bougeais pas mes doigts, je ne voulais pas la brusquer. Je profitais seulement d'elle. Je me moquais intérieurement de moi même, me demandant quel genre de personne se satisfaisait d'un contact si minime genre « mon dieu, je lui touche le bras ! ». Mes doigts se mirent à faire des petits ronds sur son bras, elle frissonna et je sentis qu'elle se tendait un peu. Je continuais mes caresses et ferma les yeux, pour pouvoir me concentrer uniquement sur les sensations, et profiter de ce moment qui me paraissait unique, alors qu'il était en réalité fort banal.. Je remplaçais mes doigts par ma main. Seulement la fatigue due à la douleur eut raison de moi et je finis par m'endormir.

« Britt' ? »

Santana glissa une main sous ma nuque et se dégagea de mon emprise. J'ouvrais les yeux et me redressais.

« Hmm moui ? Je suis réveillée, j'ai tout vu ! »

Santana me regarda tendrement.

« Bien sûr, je vais y aller moi ! Ça va aller pour ton dos ?

- Attends, tu ne restes pas dormir ? »

Elle eu l'air d'hésiter mais me répondit :

« Non. Non, je ne crois pas que ça soit une bonne idée..

- Pourquoi ?

- Je... Parce que... Parce que tu as mal et que je ne veux pas prendre trop de place dans le lit et t'empêcher de t'installer correctement ! »

Elle avait débité ça à une vitesse que je ne pensais pas humaine.

« Si ça n'est que ça … Ne t'inquiètes pas, tu ne me déranges jamais !

- Non mais si enfin je vais y aller ! »

Elle se pencha vers moi et posa délicatement ses lèvres sur mon front. Je fermais les yeux et saisi sa main. Elle s'éloigna, laissant tomber ma main.

« Je repasserais te voir si tu ne peux pas retourner en cours demain. Bonne nuit.

- Bonne nuit... »

Elle se retourna et me regarda longuement avant de fermer la porte derrière elle. Elle avait dit que si je ne venais pas demain elle viendrait me voir, ce qui veut dire qu'elle n'avait plus envie de passer une journée sans me voir ! Je souris à cette pensée. J'espérais que je ne me laissais pas emporter encore trop vite. Il fallait que je me protège, que je me blinde, avec Santana c'était toujours un peu un pas en avant et trois enfin plutôt trente pas en arrière..

Mon dos se remit en une nuit de sommeil, je pus donc retourner en cours et aller aux entraînements du glee club, les sélections étaient dans deux semaines, je ne pouvais pas me permettre de les manquer, mais je ne dansais qu'une fois sur deux pour ne pas trop tirer sur mon dos. J'aurais tout fait pour aller aux répétitions car Santana chantait à chaque fois, étant donné qu'elle avait le solo, et ça je ne l'aurais manqué pour rien au monde. Quand elle chantait, elle était comme la Santana d'avant avec moi, elle n'avait pas peur de laisser transparaître ses émotions, car elle pensait que cela n'enlevait rien à son statut de garce étant donné qu'on pouvait chanter des tas de choses, sans les ressentir mais que le plus dur était de faire semblant de les ressentir et c'est ce qu'elle disait à qui voulait l'entendre. Je me demandais comme Santana faisait pour intérioriser autant de sentiments, comment elle faisait pour ne jamais craquer ? Enfin tout cela pour dire que j'adorais venir aux répétitions car j'y voyais la Santana que j'aimais, et j'espérais que les autres arrivaient également à la voir.

En sortant des cours, je passais devant la salle de répétition et vis Santana entrain de rire avec Finn. Je m'étonnais de les voir ensemble, après la découverte de la dernière fois, je pensais que Santana l'aurait certainement traîné dans une ruelle sombre et tué mais contrairement à ce que certains pourrait penser, si Finn avait disparu, on n'y aurait pas vu que du feu, car Rachel aurait erré dans les couloirs en hurlant son malheur en salissant le sol de ses larmes coulant en continu ! À la réflexion c'était certainement pour cela que Santana n'avait pas abrégé les jours de Finn, car elle ne supportait pas Rachel et sa voix geignarde, donc il ne fallait pas laisser une possibilité qu'on l'entende plus que d'habitude. Je rentrais donc dans la salle, curieuse de découvrir pourquoi ils étaient là, presque comme des amis ! Finn me regarda d'un air gêné :

« Tiens, ça me rappelle quelque chose nous trois dans cette salle ! »

Santana soupira.

« Finn, écoute, il y a des moments où il faut vraiment que tu réfléchisses, je sais pas moi arrête deux secondes de penser à des hamburgers, déjà ça fera pas de mal à ton corps, parce qu'à mon avis, vu que t'es pas tout le temps entrain de manger, tu dois prendre des calories rien qu'en y pensant au vu de ton corps qui semble plus gros et mou de jours en jours et demande toi si vraiment il faut que tu parles, et je te promets qu'en deux secondes tu auras largement le temps de te répondre « NON », d'ailleurs, tu devrais tout le temps te demander si tes interventions sont utiles. Comme ça on aurait plus à attendre ta voix qui transpire les lipides.

- Bien, bien, je vais y aller. Salut Brittany. »

Il parti, déconfit, enfonçant un doigt dans son ventre pour vérifier la véracité des dires de Santana, et voyant son doigt s'enfoncer jusqu'à la deuxième phalange, il haussa les sourcils et se renfrogna un peu plus.

« Hé San, qu'est ce que tu faisais là ?

- Il avait promis de m'apprendre quelques trucs à la batterie mais j'avais oublié à quel point il était lourd, dans tout les sens du terme ! Aah dire que j'ai couché avec lui, j'ai des frissons d'horreur rien que d'y penser ! T'imagines Britt, être sur lui c'est un peu comme être sur un matelas à eau ! C'est pas stable, ça donne la nausée ! Oh et cette tête ! Mais comment c'est possible d'avoir toujours ce visage niais ? Ou au choix, quand il est triste ou fâché ou déçu, sa tête d'enfant qui boude. Non mais franchement, ce pauvre homme n'a que deux expressions dans son registre ?

- Si tu me montrerais ce qu'il t'a appris ?

- Tu veux ?

- Bien sûr que je veux ! Tout ce que tu fais est toujours génial ! »

Santana baissa les yeux en souriant. Je le pensais réellement mais je ne saurais dire si c'était vraiment objectif. Parce que tout ce qu'elle faisait, comme c'était elle qui le faisait, ça voulait dire que je pouvais la regarder, ce qui rendait l'activité géniale. Il faudrait que je la vois sortir des poubelles, et je verrais bien si ça rend l'expérience magnifique...

Santana s'assit derrière la batterie. Je reconnus tout de suite la chanson, c'était Song 2 de Blur. Je l'adorais et je n'avais cessé de le répéter à San quand je l'avais découverte. Encore une fois, je ne pus que remarquer que cette activité magnifiait San et inversement. Je voyais les muscles de ses bras tendus, et je trouvais ça réellement sexy. Je me mordais la lèvre. Une fois fini, elle releva la tête vers moi :

« Alors ?

- Génial, comme je l'avais prévu ! T'es forte pour une débutante !

- Mais non c'est vraiment facile ! Tu veux que je te l'apprenne, je sais que tu l'adores !

- Je veux bien essayer mais tu sais que malgré la danse je ne suis pas très coordonnée.. »

Je me mis à sa place et elle resta dans mon dos. Elle essaya de me montrer les différents gestes à effectuer, mais je ne comprenais absolument rien à ce qu'elle me disait. J'essayais l'enchaînement puis la regardait comme un enfant qui attends que sa mère lui dise « mais oui c'est bien », seulement Santana me dit :

« ça n'est pas tout à fait ça mais si tu veux on a qu'à dire que tu es entrain de composer de la musique contemporaine.. ça peut toujours passer vu que maintenant ça ressemble plus à des bruits superposés plus inaudibles les uns que les autres.

- Oh, je croyais que j'avais bien réussi...

- Attends, je vais t'aider. »

Elle me poussa un peu et s'assit juste derrière moi, elle saisit mes deux mains des siennes, et posa son pied à côté du mien. Ce qui faisait que presque tout mon corps était collé au sien. Mes mains se mirent à trembler légèrement et j'eus soudainement chaud.

« Tu fais le pied et moi je fais les mains ok ? »

J'obtempérais. Mais je m'en sortais encore moins bien que quand Santana m'aidait pas. Il y avait moins de coordinations mais aussi beaucoup moins de concentration alors... Santana se redressa et secoua son t-shirt.

« Ben voilà c'était parfait là ! Il fait un peu chaud non ? »

Je souris et me gardais de dire que cela m'avait également réchauffée.

« Non, ça va !

- Ah... ça doit être moi alors ! Je ne sais pas !

- On va toujours au resto ce soir ?

- Oui, oui je passerais te prendre à 20h ça te vas ?

- Parfait ! Et ne t'avise pas de fuir au dernier moment, tu as perdu, et c'est tout ! »

Elle me fit une mine boudeuse, je fondis intérieurement.

Il était 19h30, je tournais en rond dans ma maison, m'asseyant puis me relevant, faisant un tour dans la cuisine, remontant dans ma chambre, retournant en bas, sous le regard amusé de mes parents :

« Brittany, tu ne voudrais pas t'asseoir une bonne fois pour toute ?

- Oui, c'est vrai, on essaye de manger et te voir tourner comme ça, ça me rends malade !

- Hein quoi ? Je tourne pas, je réfléchis.

- Tu ne réfléchiras pas mieux si tu parcours un kilomètre dans la maison pendant ce temps ! Pourquoi t'es stressée ?

- Non, pas du tout, je ne suis pas stressée ! J'ai l'air stressée ? Parce que je ne le suis pas ! Pas du tout du tout. Nooon. »

Je poussais un soupir en abaissant ma main d'un air consternée. Mes deux parents se regardèrent et éclatèrent de rire. Je décidais d'aller me remaquiller, car j'avais lu quelque part, je ne cite jamais mes sources, qu'une femme reste au top de sa beauté que deux heures après s'être préparée, or si j'étais prête une demi heure avant, ça ne me laissais qu'une heure et demi de perfection avec Santana ! Mais pourquoi je stressais, après tout ça n'était pas un rendez vous, seulement un dîner que j'avais gagné grâce au pari, dîner qui n'aurait jamais eu lieu sinon car Santana n'était pas amoureuse de moi, elle me l'avait dit. Il fallait que je m'en convainque. Après plusieurs essais de maquillages et de nouvelles tenues, j'entendis sonner à la porte.

« Santana est là ! »

Parfait, je n'étais plus totalement prête, ce qui pouvait faire penser à Santana que je n'attendais rien de cette soirée et que je n'étais pas pressée de la retrouver car j'étais en retard. Et donc lui montrer que je venais en toute amitié. C'était sans compter sur la délicatesse de mon père :

« ça fait une demi heure qu'elle tourne en rond et qu'elle change de tenue ! Vous allez retrouver des garçons ?

- Euh...non... »

Santana paraissait gênée mais lorsqu'elle me vit, son visage se détendit et elle me gratifia d'un large sourire. Je m'arrêtais un instant, soufflée par sa beauté. Elle était magnifique.

« Tu es très jolie Britt', il fallait pas t'embêter comme ça pour moi !

- Merci, mais toi non plus dans ce cas »

Je lui fis un clin d'œil. Ça semblait mal parti pour la soirée en toute amitié de mon côté...

Santana me prit par le bras et nous partîmes en direction de son restaurant préféré, elle ne m'avait pas dit où on allait mais je me doutais qu'elle m'emmènerait dans le restaurant mexicain, car quitte à payer autant payer pour quelque chose qu'elle aimait par dessus tout ! Je ne m'étais effectivement pas trompée. Elle s'assit en face de moi et tripota nerveusement sa serviette.

« tu veux boire quelque chose ?

- Comme toi, tu sais que je ne suis pas une grande connaisseuse ! »

Je savais qu'elle serait contente de choisir. En règle générale, Santana aimait choisir pour tout, elle aimait dominer en réalité. Elle voulait diriger et contrôler chaque parties de ses relations, et de sa vie. On nous amena une bouteille de vin blanc. Elle me servit et nous buvions en silence.

« Alors t'aimes bien ?

- Oui ça va. Il est censé être bon ?

- Oui, au prix auquel il est vendu, il peut l'être !

- Mais il fallait pas prendre un vin cher alors que je ne fais pas la différence entre les bons et les mauvais San !

- Oui mais d'une part, moi je fais la différence, donc pour mon propre palais, j'allais pas en prendre un mauvais, et d'autre part, … j'ai envie de te faire plaisir.

- Merci, ça me touche ! »

Nous discutions de tout et de rien, et l'alcool faisant effet nous rigolions de plus en plus. Ses yeux brillaient et ses joues étaient rougies, je souris en la regardant, ne me souciant pas de cacher mon attirance à cet instant. Elle s'arrêta, tout sourire :

« Quoi ?

- Rien. T'es belle.. »

Elle se mit à rire et murmura un vague « n'importe quoi ». Le reste du dîner se passa bien, nous passions la plupart du temps à rire, ce qui me faisais pleurer si bien que c'était la troisième fois que je me mouchais dans ma serviette, pour le glamour on repassera... Je me sentais si bien avec elle, c'était évident que même si nous n'étions qu'amies, il y avait un lien entre nous, on était faites pour être ensemble, c'était évident. Nous étions parfaitement compatibles et complices. Les rires étaient entre coupés de longs regards, de mon point de vue, un peu trop intenses pour n'être qu'amical. Santana se leva pour aller payer, elle m'attendit, je me levais à mon tour, oscillant un peu, elle m'aida à remettre mon manteau. Je ne pus m'empêcher de penser qu'elle était galante. Elle s'approcha du bar pour payer :

« Imprime bien cette image dans ta tête Britt, parce que c'est la première et la dernière fois que je paye pour nous deux ! »

Je lui lança un regard, lui fis un sourire séducteur et lui souffla :

« Certainement pas. »

Elle leva un sourcil étonné par tant d'audace, mais me saisit le bras et m'entraîna dehors :

« Je crois que j'ai un peu trop bu... me dit elle

- Oh.. Tu veux rentrer ? »

Elle se tourna avec moi et me fit le sourire le plus ravissant que je n'avais jamais vu.

« Non. Je veux que tu m'emmènes danser. »

Mon cœur fit un bond à ses mots. Santana me laissait prendre le contrôle. Elle s'ouvrait enfin à moi. Et elle avait envie qu'on reste ensemble plus longtemps. Pour ma part, j'avais envie que cette soirée ne s'arrête jamais, peu importe les mots qu'on posait sur notre relation, à cet instant, je n'en avais absolument rien à faire, je pense que j'étais juste la personne la plus heureuse du monde. Parce que j'étais avec elle, qu'on riait, qu'on était que toutes les deux et que les autres n'existaient plus.

« Sans problème, San ! »

Nous marchions main dans la main et je sentais que Santana avait effectivement trop bu à la pression qu'elle exerçait sur ma main pour garder l'équilibre. Nous approchions de la boîte, je sentais les basses raisonner en moi. Une fois rentrée, elle me débarrassa de mon manteau, je trouvais ça une fois de plus adorable. Arrivées près de la piste de danse, Santana commença à danser, sous mon regard empli d'envie, mais aussi sous le regard d'à peu près tous les hommes présent. Elle s'attabla au bar, et je l'entourais de mes bras, me collant à son dos. Elle s'approcha de mon oreille pour me crier, bruit oblige :

« Qu'est ce que tu veux boire ?

- Je ne sais pas trop et toi ?

- Moi je prendrais bien des shots ?

- J'en ai jamais trop bu à part de la tequila à la fête de Sam... »

J'avais baissé la voix, je pensais que ça n'était certainement pas une très bonne idée d'évoquer ça maintenant. Heureusement San n'avait entendu que le début :

« Justement ! Je vais te les faire tous goûter et tu me diras lequel tu préfères ! »

C'est ainsi que s'enchaînèrent plusieurs verres au contenu indéterminé et d'une couleur peu naturelle. Mais à chaque fois, je n'étais pas convaincue.

« Celui là, tu vas l'aimer, c'est pour les filles. Moi j'aime pas trop mais je suis sûre qu'il te plaira ! »

Je souris à cette réflexion, comme si Santana était un homme ! Ou qu'elle reprenait sa position dominante..

« Non, désolée, je n'aime pas trop celui là non plus !

- Oh Brittany Pierce ! Tu fais chier, j'ai dépensé tout mon salaire pour essayer de te faire plaisir et toi tu fais ta difficile..

- Désolée mais mon estomac délicat ne supporte que le champagne en réalité ! »

Je fis mon sourire le plus innocent, Santana soupira :

« Très bien ! »

Elle héla le barman et pris deux coupes. J'en restais bouche bée. Est ce qu'elle essayait de me saouler ? Et de me séduire ? Une voix en moi me disait de faire attention, que Santana était ivre, qu'elle ne faisait ça que pour s'amuser, qu'elle n'avait plus vraiment conscience de ce qu'elle faisait ni de qui j'étais, et que ça soit moi ou quelqu'un d'autre ça ne changerait rien. Mais une autre partie de moi sautait de joie en pensant qu'elle s'intéressait enfin à moi et que si je n'avais pas été amoureuse d'elle, j'aurais été séduite de toute manière par toutes ses attentions vraiment trop chou pour que je puisse résister. Elle prit ma main et m'entraîna sur la piste, elle plongea son regard dans le mien et me souffla :

« maintenant montre moi ce que tu sais faire. »

Mon cœur battait la chamade. Je me collais contre elle et commençait à bouger doucement, mes bras autour d'elle, la maintenant contre moi entièrement, je sentais la chaleur et l'humidité de sa peau due à la température de la pièce. Je la serrais si fort contre moi, tout mon corps la voulait. J'inspirais son odeur, je dévorais des yeux sa peau, je prenais tout ce que je pouvais. Car au fond de moi je savais, ça ne serait que pour ce soir, demain elle serait sobre et à nouveau prétendument amie avec moi. Notre danse était des plus sensuelle, voir plus au vue des regards posés sur nous. Plusieurs hommes étaient venus nous déranger pour nous demander si on avait besoin de quelqu'un de plus, un sourire des plus pervers accroché sur le visage. À chaque fois c'était moi qui avait répondu par un simple :

« Non merci ça va, on s'en sort très bien. »

Mais au cinquième qui vint vers nous, je n'eus pas le temps de répondre que Santana posa violemment ses lèvres contre les miennes, sa langue venant directement rencontrer la mienne. Je pensais que mon cœur avait du s'arrêter à ce moment là. Je gardais les yeux ouvert, écarquillés, n'arrivant à me rendre compte de ce qu'il se passait. Elle m'embrassait. J'en avais rêvé, c'était là maintenant, et moi je ne parvenais pas à faire un mouvement. Elle m'embrassait. Il y eu une explosion de bonheur en moi et la voix en moi qui disait « fait attention » se fit écraser par celle qui disait « mon dieu, c'est trop bon, je vais mourir ». Alors lentement, je répondis à son baiser. Nos lèvres se dévoraient et nos langues ne cessaient de se chercher, je posais mes mains sur ses joues brûlantes et approfondissais encore le baiser. Je sentais que mon corps était entrain de se liquéfier, que j'étais entrain de me perdre en l'embrassant, de briser toutes mes défenses et je sentais une énorme vague d'amour, de tendresse et d'envie me submerger. Oh Santana si tu savais ce que tu provoques en moi... Le temps semblait être complètement arrêter, je vis le type partir déçu, et je continuais de l'embrasser, pendant quelques secondes ou minutes ? Je me sentais réellement transcendée par ses lèvres. Mais même ivre comment ne pouvait elle pas sentir ça ? Ça n'était pas un simple baiser d'amies pour se débarrasser d'un mec, non, c'était beaucoup plus. C'était un baiser avide, passionné, désireux. Elle s'éloigna de moi, le souffle court, mon cœur battait toujours aussi vite. Elle me regarda, séductrice. Je frissonnais et lui lança un regard aussi désespéré qu'amoureux. Car ça n'était que pour ce soir. Elle s'approcha de moi :

« T'es trop belle... T'es la seule fille qui me fait cet effet là... »

Un nouveau barrage céda en moi. Ça n'était que pour ce soir alors autant en profiter quitte à vraiment empatir demain. Mes lèvres vinrent s'écraser sur les siennes, qui semblait n'attendre que ça. Elle m'embrassa passionnément, accrochée à moi. C'était comme si nous essayions de fusionner, de n'être plus qu'une.. Et à chaque baiser, c'était pareil, le monde s'effaçait, il n'y avait plus qu'elle. Et cette musique sourde qui raisonnait dans mes oreilles. Comme un moment à côté du monde. Elle me faisait me sentir unique. Nous nous embrassions comme ça jusqu'à ce que la boîte ferme. Nous partîmes, sans parler. Je pris sa main, elle la serra, comme pour me signifier qu'elle était là. Une fois arrivée chez elle, elle s'allongea directement, encore habillée, je m'assis et la regardais.

« Ne me regarde pas comme ça...

- Comment ?

- Comme ça... Avec des yeux désespérés. Tu sais que je m'y perds. Mais que je ne peux pas te donner ce que tu veux...

- Pourquoi alors ? Pourquoi faire ça ?

- Parce que j'ai bu et que j'en avais envie... »

Je baissais les yeux, sentant les venir les larmes.

« Ne complique pas tout Britt'. »

Je l'attirais contre moi et l'embrassais chastement. Elle se tourna. Je m'endormis rapidement, car il était malgré tout assez tard.. ou tôt.

Je me réveillais avant elle et décidais de partir sans la réveiller. Je savais que ça n'avait été qu'une pause rêve dans ma vie, mais je n'avais pas envie d'affronter la réalité tout de suite. Je voulais encore me délecter de cette douce illusion. Je parti à pied chez moi, l'air frais me remettant les idées en place. Je me disais qu'il ne fallait pas que je m'emporte même si ça avait été... génial... Et que je laisserais Santana faire le premier pas si elle voulait en parler, ce dont je doutais. Repenser à hier me mettais du baume au cœur. Je savais que cette soirée resterait à tout jamais gravée en moi. Même si Santana m'avait dit qu'elle ne pouvait pas me donner ce que je voulais, elle ne pouvait ignorer ce qu'il se passait lorsque l'on s'embrassait, j'avais envers et contre tout l'espoir qu'elle s'en rende vraiment compte.

Effectivement, comme je l'avais prévu, je n'eus pas de nouvelles de Santana. J'étais de toute manière dans un tel état que pour l'instant, il fallait juste que je dorme et que je cuve. Il fallait absolument que je me remette bien de cette soirée car les sélections était la semaine prochaine.

La semaine qui suivit fut assez intense, entre les cours et les répétitions. Santana ne m'avait pas reparlée de cette fameuse soirée, mais elle cherchait souvent ma présence, s'asseyait à côte de moi dès qu'elle pouvait, et me prenais la main. Je le savais, j'étais complètement entrain de retomber sous son charme. Je devenais dépendante de chacun de ses mots, regards, touchés. Dès qu'elle ne me regardait pas, je me sentais vide, et dès qu'on était séparée elle me manquait. Je ne pensais qu'à elle constamment, et j'en rêvais quand j'avais un peu de répit et que j'arrivais à dormir. J'étais donc dans un état de tension constante, ce qui était très fatiguant nerveusement.

C'était le soir des sélections. Tout le monde était stressé, et se criait dessus sans raison. Moi, comme à mon habitude, je m'étais isolée et tournais en rond. Je savais que ma prestation allait compter, ce qui me mettais encore plus de pression même si j'étais contente d'être un peu mise en avant. Santana vint vers moi, elle même était extrêmement tendue :

« Allez ça va aller Britt, hein ? »

Elle me regarda d'un air inquiet.

« Bien sûr San, t'es la meilleure, tu le sais bien !

- Mais toi aussi tu vas y arriver ! C'est un petit exercice pour toi, ça ne montre pas la moitié de tes capacités ! Ooh j'ai tellement peur ! Je sens que je ne vais pas y arriver !

- Ne t'inquiètes pas ça va aller, tu n'as qu'à penser que tu chantes seule sous la douche ! Et puis si jamais on perd, ça n'est pas grave, on aura passé un bon moment, on se sera donné à fond et puis voilà. On fera mieux l'année prochaine.

- Non, je ne supporterais pas de perdre, parce que c'est moi qui chante tout ! Si l'on perds ça sera de ma faute et entièrement ma faute, je ne pourrais pas supporter un tel échec.

- Ne pense pas à ça, San. On ne va pas perdre. J'ai confiance en toi. Tu vas y arriver. Et moi je danserais sur ta voix, il n'y a pas plus agréable !

- Merci Britt' »

Elle me prit dans ses bras et nous nous enlaçâmes rapidement. Elle poussa un court soupir en serrant les poings.

Les dernières notes de la chanson de Quinn et Sam raisonnèrent dans la salle. La lumière se releva vers nous. Je crus que mon estomac n'allait pas tenir. Santana, qui était à ma droite me lança un regard inquiet, je lui donnais une petite tape sur les fesses en guise d'encouragements. Cela lui arracha un sourire crispé. Puis elle se retourna et commença à chanter. Nous nous mirent tous en mouvement et je rejoins Mike sur le devant de la scène. Je fis abstraction de tout ce qu'il y avait autour me concentrant uniquement sur la voix de Santana, et donnais tout ce que j'avais en moi. Santana semblait s'être détendue, dans son élément. Elle me fit un signe de m'approcher pour danser avec elle. Je souris. Même dans cette situation de stress intense, elle restait séductrice. À chaque passe difficile, j'entendais le public crier et cela m'emplissais de fierté et de bonheur et me poussait à faire encore mieux. Mike me fit passer au dessus de lui et je retombais parfaitement sur mes talons. Quand même, je tiens à le préciser, parce que c'est assez difficile, mine de rien !

Le public entier se leva en nous applaudissant. J'avais le souffle court et je ne pouvais retenir mon sourire. Santana me regardait, l'air comblée également. Nous attendions maintenant les résultats, elle m'avait rejoint et avait saisi ma main. Elle me glissa :

« Tu as été géniale, vraiment époustouflante ! »

« Et les premiers sont à égalité ! Les Warblers et les News Directions ! Ils iront donc tout deux aux Régionales ! »

Tout le monde se mit à sauter de joie. Et Santana me prit dans ses bras.

« C'est grâce à toi, tu étais tellement bonne !

- Non c'est grâce à toi ! Tu as été la meilleure ! »

Nous nous éloignâmes un peu, les bras toujours sur l'autre. Nos visages étaient assez proches et je sentais son souffle sur mes joues et je me mis à fixer ses lèvres avec insistance, puis me rendant compte de ce que je faisais, je regardais ses yeux, ses pupilles étaient dilatées à l'extrême, mais lorsque nos regard se croisèrent, elle se détourna en se raclant la gorge. J'avais tellement envie de l'embrasser là maintenant, pour celer cette victoire et rendre mon bonheur total... Au lieu de ça, elle se dirigea vers les vestiaires avec les autres et se changea. Je fis de même, et nous partîmes tous ensemble.

En sortant, je riais avec les autres et je ne vis pas les deux feux éblouissants qui se dirigeaient rapidement vers moi et je me retrouvais à terre le souffle coupé.