Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.
Genre : Policier/ Tranche de vie.
Lectrice 01 : Arlia Eien.
Acteurs : Duo, Quatre, Hilde, Catherine, Trowa, Heero, Relena
Note d'auteur : Début d'écriture mars 2009
Chapitre 5
Dire qu'il était si serein hier d'avoir revu ses compagnons d'armes et l'altercation qu'il a eu la veille avec Hilde le met très mal à l'aise. Il a essayé d'occulter les sentiments de sa partenaire en affaire. Néanmoins ceux-ci lui reviennent en pleine figure au moment où il s'y attendait le moins. Il sait bien qu'il se ment à lui-même en disant qu'il n'y a que de l'amitié entre eux.
Cependant, il doit bien admettre que c'est faux. C'est bien un sentiment de jalousie qui vient de l'animer en entendant le prénom « Sylvano ».
Maxwell secoue la tête pour ne plus y penser. Autant faire rapidement ses ablutions, sans oublier de mettre la cruche d'eau chaude pour que son amie puisse se laver. Depuis la nouvelle disposition des pièces, c'est dans le salon que Hilde se lave le matin.
-« Hilde, ton eau est prête. » Dit-il en guise de bonjour.
La jeune femme arrive dans la cuisine vingt minutes plus tard. Maxwell a sorti le reste des viennoiseries mangées la veille chez Relena que cette dernière lui avait emballées dans un sachet.
-« C'est un festin ! » Lâche-t-elle, un sourire sur les lèvres.
-« Oui, Lena ne voulait pas jeter. » Admet Duo en prenant un petit pain au chocolat qu'il a passé au four.
C'est un petit truc qu'il a appris avec le temps, pour avoir l'impression de manger des baguettes ou des viennoiseries fraîches, il les humidifie légèrement et les passe cinq minutes au four.
-« Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? » Demande Hilde en prenant un croissant.
-« On va trier ce que tu as ramené, cet après-midi le magasin sera ouvert. »
µµµ
Duo constate que la nouvelle disposition du magasin a un autre avantage, c'est qu'il ne doit pas courir partout pour réassortir les étagères.
Au bout d'une heure, les deux jeunes gens ont déjà bien avancé. Maxwell repère un coffre sous le tas de vêtements qu'il commence à trier.
Hilde a amené une manne pour mettre les habits qu'il faudra laver. Elle revient déjà avec une caisse remplie de cintres ainsi que la machine à étiqueter autant faire les choses en une fois.
-« Qu'est-ce que c'est ? »
-« Une valise avec portique. Je me disais que ce serait pratique pour toi pour prendre quelques vêtements, comme les manteaux en fourrures qu'on a trouvés. Ils se vendront mieux ailleurs. Dans les tiroirs tu pourrais mettre de la layette par exemple. » Explique Hilde en l'ouvrant.
-« Oui ce serait pratique, plus que les caisses. » Sourit Maxwell.
Il est vraiment heureux que son amie ait décidé de travailler avec lui. Elle a toujours des idées bien plus pratiques que les siennes.
µµµ
Le temps s'est écoulé rapidement. Duo charge sa camionnette pour se rendre à la brocante de Pâques. Il est un peu impatient.
Depuis que la nouvelle est tombée, il espère avoir simplement affaire à un sosie et non une machine de guerre créée pour briser la paix qui s'instaure petit à petit.
Cependant, il est aussi persuadé qu'un sosie n'aurait pas été aussi ressemblant et ça il en a discuté avec Hilde.
-« Tu ne m'as pas dit que Heero ne savait pas d'où il provenait ? » Dit-elle alors qu'il vient reprendre une caisse.
-« Si ! » S'étonne-t-il.
-« Et si ce n'était pas un sosie mais son vrai jumeau. Tu aurais seulement retrouvé sa famille. » Propose-t-elle en souriant.
Maxwell écarquille les yeux et puis sourit.
-« Cette solution me plait bien. »
-« Mais ça peut ne pas être ça. » Dit la jeune femme.
Elle ne veut pas que son ami se fasse des illusions et tombe de trop haut.
-« Je sais Hildie. » Rassure le jeune homme.
µµµ
Comme la dernière fois, Maxwell est parti la veille pour avoir une bonne place. Il est presque au même emplacement.
Dès sept heures du matin, il a monté son étalage. Le livre pour le sosie qu'il avait amené à Sank, se trouve sur la place du passager.
À sept heures trente, tout est fin prêt, la valise ouverte pour qu'on puisse voir les vêtements à l'intérieur, les boites de livres, de CDs et DVDs en place également.
Il ne manque plus que les clients. Les premiers arrivent vers huit heures. Son rayon peluches attire beaucoup les enfants, ses prix n'étant pas élevés, trois crédits la pièce, les parents cèdent souvent.
Vers dix heures trente, Maxwell le voit arriver, un corsaire noir, une chemise verte à manches courtes. Duo doit bien admettre qu'il marche comme Heero, la même coiffure et les yeux d'un bleu unique, même sa façon de sourire est pareille.
-« Bonjour, vous vous souvenez de moi ? » Demande l'homme en arrivant à sa hauteur.
-« Oui, j'ai quelque chose pour vous. » Répond Duo en se rendant vers sa camionnette.
Il ouvre la portière et prend le livre qu'il lui tend.
-« Oh dommage, j'ai déjà ce volume. » Soupire l'homme.
-« Dommage aussi pour moi parce que je n'ai pas le volume 1. »
L'homme retourne le livre afin de regarder la quatrième de couverture et Maxwell le voit sourire.
-« Oh mais non, c'est la première édition. Moi, j'ai la troisième. La première, il y a eu une erreur chez l'imprimeur, il a fait un logo foncé et non noir, du coup on voit le cadre noir autour du muffin. Il vaut cinq fois plus que les autres. »
Duo écarquille les yeux.
-« Quand il y a une erreur ça vaut plus ? » S'estomaque le brocanteur.
-« Oui, c'est le même chose avec les timbres. »
-« J'ai jeté dernièrement un livre où à la moitié, il y avait cinq pages dont seul la moitié était imprimée sur la largeur. » Rétorque Duo en avalant difficilement sa salive.
-« Vous avez jeté une fortune qui pouvait atteindre les deux milles crédits. » Réplique sèchement l'homme.
-« Comment savez-vous tout ça ? Si je peux me permettre. » Rectifie rapidement Duo.
-« Je suis passionné par la littérature. J'en ai fait mon métier. J'enseigne les langues anciennes ainsi que l'instruction par la lecture. Je fais lire des livres et on discute de ce qui transperce, les messages qui peuvent y passer. J'ai aussi une licence en histoire de l'art. » Admet le jeune homme.
-« Je regarderai à deux fois avant de jeter. »
-« Parfois il vaut mieux. »
Depuis un moment, il y a un homme qui regarde les vêtements dans la malle, il finit par les interrompre.
-« Pardon, combien vendez vous la valise, je ne vois pas le prix ? »
-« Elle n'est pas à vendre. » Répond poliment Maxwell.
-« Je vous en propose cent cinquante crédits, elle me serait très utile. » Affirme l'acheteur.
Le sosie d'Heero lui met la main sur l'avant-bras pour attirer son attention et lui dit tout bas.
-« Si je peux me permettre, s'il vous en propose autant, c'est qu'elle vaut dix fois plus. »
-« Vous êtes sûr ? » S'informe Duo.
-« Par habitude des brocantes oui, vous êtes nouveau dans le métier, vous. »
Ça fait bizarre à Duo d'entendre la voix de l'homme le railler comme son ami le fait de temps en temps avec le sourire narquois qui apparaît à la fin de la tirade, comme le fait Heero.
-« Elle n'est pas à vendre, j'en ai besoin également pour transporter les vêtements que je vends. » Refuse poliment Maxwell.
-« Je vous en donne trois cents crédits. » Insiste l'homme.
Maxwell ouvre des grands yeux devant la somme, il reporte rapidement son regard vers le sosie d'Heero, celui-ci secoue la tête légèrement.
-« Non, je ne vends pas désolé. » Répond fermement Duo.
L'homme jette un regard noir au sosie, ce dernier le soutient sans aucun problème.
-« J'espère ne pas avoir fait une bêtise, je l'ai eue en vidant un appartement pour tout ce qu'il y avait dedans, je n'ai déboursé que deux cents cinquante crédits. » Dit Duo en regardant l'homme s'éloigner.
-« Vous permettez ? » Demande l'homme en se dirigeant vers la malle.
-« Faites ! » Rétorque-t-il en lui montrant la malle.
Il va pendant ce temps servir un client. Après avoir cherché le nom, l'homme sort un ordinateur de poche. Il tape plusieurs caractéristiques comme le nombre de tiroirs, le nombre de verrous, l'état de conservation.
-« Voilà, le prix de votre malle au moins cher. » Dit-il en tournant l'écran vers Duo.
Ce dernier manque de tomber à la renverse en voyant le montant.
-« Vous êtes sûr ? » Finit-il par demander.
-« Et certain, c'est un site spécial antiquités. Vous avez un bout de papier, je vais vous noter l'adresse, je crois qu'il vous sera utile. » Lâche l'homme avec ce sourire si particulier qu'à Heero quand il se moque de lui.
-« J'en suis même certain. » Affirme Maxwell en passant sa main sur la valise. « Trois milles cinq cents crédits, je vais faire attention à ne pas faire de coup dedans. Mon nom c'est Duo Maxwell. » Lâche-t-il en tendant la main.
Ce dernier est persuadé de ne pas avoir à faire à quelqu'un de mauvais, cherchant à ébranler la paix. De plus en plus, il a l'impression de se trouver face au jumeau de son ami.
-« Hikaru Midori. » Répond-il en serrant la main présentée.
Maxwell va chercher un papier pour avoir l'adresse du site.
-« Je vous offre le livre. » Dit le natté en revenant. « Vous venez de me faire gagner une fortune. »
-« Non, je ne suis pas d'accord. On a dit cinq fois plus que les autres. Je ne peux pas accepter un tel cadeau. » Rétorque Hikaru.
-« Alors, payez le au prix normal. » Propose le brocanteur.
-« Cinq fois plus que le premier, je suis d'accord. » Dit Midori en sortant un billet de cinquante crédits.
-« Si j'ai un doute pour un livre, je peux vous contacter ? » Questionne Maxwell.
-« Bien sûr ! »
L'homme ouvre à nouveau son portefeuille et sort une carte de visite.
Maxwell la prend en souriant, ce geste est la dernière preuve qui lui manquait. Sur la carte il y a un nom, une adresse, un numéro de téléphone ainsi qu'une adresse mail. Si tout ça est faux, la personne se moque de lui. Néanmoins, si c'est le contraire et il penche plus pour cette solution, Duo a même le début d'éléments nécessaires pour commencer une enquête afin d'en savoir plus sur Hikaru et peut-être même plus sur les origines d'Heero.
µµµ
Maxwell vend bien, un autre brocanteur lui demande pour racheter sa valise, celui-ci monte jusqu'à cinq cents crédits. Cependant, Duo ne cède pas, il va la mettre en vente sur le net à mille crédits en montant de base, il est sûr d'en tirer bien plus ainsi.
Début d'après-midi, il range tout dans sa camionnette avant de parcourir l'étendue de la brocante à la recherche d'objets qu'il pourra modifier ou réparer.
µµµ
Fin d'après-midi, Duo pousse la porte de chez lui. Il tombe en arrêt devant ceux qui l'attendent.
-« Et qui surveille Relena ? » Interroge Maxwell en croisant les bras sur son torse.
-« Elle sait qu'elle ne doit pas quitter la propriété avant notre retour. » Affirme Heero.
-« On ne voulait pas que tu doives répéter quatre fois ce que tu as vu. » Précise Winner sentant une tension chez son ami.
-« J'aurai pu envoyer un mail groupé. » Insiste Maxwell.
-« Duo comprend leur inquiétude. » Vient en renfort Hilde.
-« Peut-être mais ça me donne l'impression d'être surveillé, je n'aime pas ça ! » Rétorque-t-il toujours aussi froidement.
-« Raconte ! Tu nous fais perdre notre temps. » Lâche Heero.
Ce qui surprend tout le monde.
-« Laisse-lui le temps de rentrer au moins. » S'indigne Hilde qui amène un encas au voyageur.
-« Tu étais en mission ? » S'informe Duo en portant son bol de soupe à ses lèvres.
Il est debout dans le hall, mais ça ne le gêne pas pour boire.
-« Oui, normalement, je devrais remplacer mon collègue dans trois heures. » Avoue Yuy pour masquer sa nervosité.
-« J'ai son nom, son adresse, sa profession et pour moi, il n'est pas une menace pour la paix. Peut-être bien ton jumeau. » Expose Duo calmement.
-« Arrête de dire des bêtises. Je n'ai pas de famille. » Répond le métis.
-« Tu ne connais pas ta famille, nuance. Rien ne dit que par le monde je n'ai pas un frère, une sœur, que ma mère ou mon père n'est pas vivant. C'est pareil pour toi Heero. » Rappelle Maxwell de la voix qu'il utilise depuis qu'il a commencé son rapport.
-« Ce serait merveilleux. » Lâche Winner en prenant les mains du Heero. « Tu retrouverais tes racines comme Trowa. »
Hilde vient mettre sa main sur l'avant-bras du Duo. Elle sait que c'est une des choses qui rapprochent Heero et son ami, aucun des deux ne connaissent leurs origines.
-« Je reste septique. Vois que le but c'est de vous approcher et puis de m'éliminer pour prendre la place. » Propose Heero.
-« J'ai discuté durant une demi-heure avec lui. Je n'ai rien trouvé de mauvais en lui. Mais je vais compléter mes recherches sur le net. » Dit Maxwell.
-« Tu n'es pas certain, alors ! » Lâche Yuy sur la défensive.
-« On n'est jamais certain des gens. Mais je suis disposé à lui faire confiance. Je te scanne sa carte de visite que tu puisses faire des recherches. » Propose Duo.
-« Rapidement ! » Dit Heero en se levant de la chaise de la cuisine.
-« Oui Ro', tu l'auras avant demain, dès que les autres partent je le fais. » Rassure-t-il.
Heero parti, Duo se tourne vers Quatre.
-« Et comment va Catherine ? »
-« Duo, je vais y aller aussi, tu m'enverras le scan ? » Demande le Chinois.
-« Oui, Wu' en même temps que Ro'. »
-« Elle ne va pas vraiment mieux. Elle se fatigue très vite. J'en suis même a me demander si je ne devrais pas la faire avorter avant la douzième semaine, dans dix jours. Mais vu son attachement, je ne crois pas que Catherine acceptera. Elle veut le porter jusqu'à ce qu'il soit viable après elle veut bien un accouchement prématuré. » Explique Winner en soupirant souvent.
-« Il faut la comprendre. » Tente Maxwell avant de se faire couper la parole par le futur papa.
-« Je la comprends Duo ! Tu crois que c'est facile pour moi, c'est mon enfant aussi. »
Trowa passe son bras autour des épaules de son beau-frère en guise de protection, alors seulement il reprend.
-« Je ne veux pas perdre ma femme, un enfant on pourra en refaire, même éprouvette. »
Duo se lève de sa chaise où il avait fini par s'asseoir. Il tend le bol de soupe vide à Hilde et vient se mettre accroupi devant son ami.
-« Elle a du tempérament, ne te tracasse pas trop. Catherine t'aime. Elle ne fera pas un mauvais choix. »
-« Je l'espère Duo, je l'espère. Je ne crois pas pouvoir aimer un enfant qui aurait tué sa mère. » Lâche Quatre des larmes coulent le long de ses joues.
Trowa regarde Maxwell et soupire.
-« Ton père t'aimait et ne t'en voulait pas, j'en suis certain. » Assure Barton. « Il savait que ta mère avait pris le risque en connaissance de cause. Tes sœurs te l'ont dit. Il ne t'a jamais tenu pour responsable. »
-« Tu veux que je t'envoie aussi le scan ? » Demande Duo pour essayer de changer les idées de son ami.
-« Non, donne-moi les conclusions de tes recherches. Je fais confiance à ton jugement. » Dit Quatre en relevant la tête.
µµµ
Quatre et Trowa repartent rapidement. L'homme d'affaire n'aime pas laisser trop longtemps sa femme seule. Elle a tendance à toujours vouloir en faire de trop.
Duo allume son ordinateur et scanne directement la carte de visite qu'il envoie à Heero et Wufei, comme il est devant son ordinateur, il en profite pour lancer une recherche sur le net dans le moteur de recherche de son navigateur, juste pour voir.
Il tombe sur un site d'anciens élèves sur le satellite X0007 à la périphérie de L3.
-« Tu ne crois plus du tout à un sosie pour briser la paix ? » Demande Hilde en s'asseyant à côté de son ami.
-« Non, il n'a rien d'un militaire, son attitude est beaucoup plus joviale. Ça en est même marrant. Il a dû avoir une enfance plus heureuse, lui. »
-« Qu'est-ce que tu vas faire ? » Questionne-t-elle.
-« Garder le contact, il m'a donné sa carte quand je lui ai demandé si je pouvais faire appel à lui pour des expertises. Tu sais la valise pratique pour exposer les vêtements ? Sans lui, je la laissais partir pour une bouchée de pain. »
-« Oh combien on t'en proposait ? »
-« Cent cinquante crédits. »
-« C'est ce que tu appelles une bouchée de pain ! » S'exclame-t-elle.
-« On n'en a proposé jusqu'à cinq cents crédits pendant la matinée. » Sourit Maxwell.
-« Qu'est-ce qu'elle vaut ? » S'énerve la jeune femme.
-« Trois milles cinq cents crédits, il m'a montré un site pour connaître la valeur de certaines choses. » Explique-t-il frénétiquement.
-« Il te plait bien en tout cas. » Réalise Hilde.
-« Je le trouve aussi droit qu'Heero. Ils ont beaucoup de points communs dans le caractère, rien de méchant au fond. Ils sont droits dans leurs idées, prêts à défendre la veuve et l'orphelin. »
-« À croire que tu es resté un mois avec lui. » Plaisante-t-elle.
-« C'est vrai, tu as raison je me laisse peut-être avoir par la ressemblance. Mais tu ne demandes pas à un inconnu de ne pas vendre pour cent cinquante crédits pour le plaisir. »
-« Et si Heero a raison pour être dans vos petits papiers. »
-« Je lui demanderai d'évaluer des trucs, on verra bien s'il répond présent. »
-« Peut-être juste pour t'approcher. »
Maxwell croise ses bras sur son torse.
-« Depuis quand joues-tu à l'avocat du diable ? Tu me soutiens devant nos amis mais après tu tournes casaque. » Gronde-t-il.
-« Je ne veux pas que tu souffres si Heero ne se trompe pas et que tu t'investisses de trop. » Avoue en rougissant Hilde de materner son ami de cette manière.
Il a pourtant prouvé moult fois qu'il se relève de tous les coups du sort.
-« Je resterai sur mes gardes mais ce type m'intrigue. Si tu le voyais, tu me comprendrais. »
µµµ
Dès le lendemain, Maxwell regarde dans la pile de livres qu'il n'a pas encore su trier qui proviennent de la même maison que le livre vendu à Hikaru. Il cherche s'il n'y a pas d'autres bouquins pouvant avoir plus de valeur marchande de manière à demander au jeune homme une évaluation.
S'il veut en savoir plus, il doit avoir des contacts réguliers avec lui. Plus il aura des contacts, plus il pourra vérifier que le jeune homme ne se recoupe pas dans ses dires, ce sera une preuve de sa bonne foi.
C'est donc un peu nerveusement que Duo ouvre un mail. Il le commence en le remerciant de ne pas lui avoir permis de vendre sa valise et lui dire qu'il vient de la mettre en vente sur un site de vente de particulier à particulier.
Au soir, Duo a déjà une réponse.
Ce n'est rien, j'avais reconnu la marque.
Ma mère en a une pareille, j'en connaissais plus ou moins la valeur.
Tu me diras à quel prix elle est partie ?
Ça aurait été un tableau, je n'aurai pas su t'aiguiller, même si j'apprécie l'art, je n'y connais rien.
Hikaru.
En relisant le mail, une chose frappe l'esprit de Duo, il y a bien une différence entre Heero et lui. Hikaru est beaucoup plus ouvert, mais il n'a pas eu la même vie non plus. Par courrier, il ne peut pas les confondre.
Cependant, il ne veut pas paraître trop entreprenant en posant des questions sur sa famille. Il a parlé au présent, sa mère est sûrement vivante.
Il clique sur répondre.
J'ai fait un tri dans les livres en ma possession.
J'aurai sûrement besoin d'une expertise pour certains que je ne trouve pas sur ton site.
Duo.
Juste après l'envoie du mail, Maxwell met en vente plusieurs objets, avant qu'il ne coupe son ordinateur. Il voit dans les mails arrivés qu'il y a dedans la réponse d'Hikaru.
Ce sera avec plaisir, une photo, un scan peut m'aider à évaluer l'objet.
Si tu as d'autres livres de cette petite maison d'édition pense d'abord à moi.
Hikaru.
Maxwell ne peut s'empêcher de sourire, Hilde a bien raison. Il désire se mettre dans ses petits papiers. Sa gentillesse n'est peut-être pas entièrement désintéressée néanmoins, c'est pour une toute autre raison. Il sera en première ligne pour obtenir sa collection complète de livres.
Il lui répondra demain, il ne veut pas avoir l'air trop envahissant et puis autant lui envoyer en même temps un livre qui lui pose problème. Il parait tellement vieux qu'il n'a rien trouvé à son sujet. Il a bien trouvé des renseignements sur l'auteur, Jules Verne, seulement toutes les photos qu'il a trouvées ne lui montre pas sa version à lui. En plus on aurait dit des illustrations à l'encre jaunie, il est un peu craquelé, avant d'avoir rencontré Hikaru, il l'aurait jeté presque sans hésiter.
µµµ
D'échange de mails en échange de mails, Maxwell avance dans son tri. Hikaru a été horrifié que le brocanteur puisse jeter une des premières versions illustrées de vingt milles lieux sous les mers.
Un mail très autoritaire lui est arrivé et là oui, il aurait pu confondre Heero et Hikaru tellement ce dernier était déterminé à protéger ses précieux livres.
Ne jette rien avant de me montrer ou de m'en parler
Juste après, il y a eu un autre mail.
Je n'aurai pas dû mais tu as peut-être de l'or en main comme pour ta malle.
Maxwell lui renvoie directement un mail.
Je ne l'avais pas mal pris.
Le pire c'est que je me rends compte que j'ai peut-être fait disparaître des trésors, comme si j'avais jeté le tableau de la Joconde.
µµµ
Il y a maintenant quinze jours que Duo correspond quotidiennement avec Hikaru quand Heero lui sonne.
-« Est-ce que tu as fait une recherche sur mon sosie ? »
-« J'ai fait une recherche sur le net. J'ai trouvé l'endroit où il a fait ses études. Comme il me l'a dit, il est bien détenteur d'une licence de langues anciennes. »
-« C'est ce que j'ai trouvé également. Il n'a pas de casier judiciaire. Je suis en train de faire des recherches sur sa famille. Sa mère est célibataire. Par contre, elle est de type européen. » Précise Yuy.
-« Heero, dimanche prochain tu es à Sank ? » Interroge-t-il.
-« Oui ! »
-« Ok, samedi, il y a une brocante près de chez vous. Je viendrai regarder tout ça parce que bon Midori et son prénom ça ne fait pas très européen. » Rappelle-t-il.
-« D'accord, on mettra nos recherches en commun et surtout ça me fera plaisir de te voir. Tu as des nouvelles des autres ? »
-« Quatre s'inquiète de plus en plus pour Catherine. Elle a refusé l'avortement, du coup, il y a un peu de tension dans son couple. Quatre m'a dit qu'elle l'avait menacé de le quitter si une pensée encore aussi horrible l'effleurait. Elle l'a traité d'assassin et monstre sanguinaire avant de s'excuser. » Raconte Maxwell.
-« Ça a dû lui faire mal, lui qui se reproche toujours la mort de son père et de sa sœur ainsi que des victimes faites sous système Zero. » Soupire le métis.
-« Il avait une toute petite voix en me le racontant. »
-« Je dois accompagner un haut gradé sur L4, j'essayerai d'aller le voir. »
-« Ça lui fera plaisir, à dimanche. »
-« Oui, si j'ai le temps, je viendrai t'aider à la brocante, j'ai envie de te voir travailler. »
-« Tu seras le bienvenu. »
µµµ
Depuis sept heures du matin, Maxwell a monté son étal. Il est arrivé la veille et refusé l'offre de Relena de venir dormir au palais. Il ne voulait pas rater une bonne place en arrivant le jour même.
Vers dix heures, Heero arrive, une jeune femme brune l'accompagne, elle porte des lunettes de soleil et un large chapeau, une jupe créole avec un bustier bleu pâle comme les rubans du chapeau. Arrivés au stand, s'il n'avait pas repéré, Wufei qui attend plus loin, Duo se serait posé des questions sur l'identité de la compagne de son ami.
Il ne les envie pas des masses, de devoir passer leur vie à se cacher pour pouvoir bénéficier d'un peu de temps ensemble. C'est sous des déguisements que Relena accompagne son amant à des spectacles, parfois elle troque les lunettes de soleil pour des verres de contact coloré.
La princesse lâche le bras de son compagnon et commence à regarder l'étalage après avoir souri à Duo.
-« Salut, tu vends bien ? » Demande le métis.
-« Moins bien qu'ailleurs. Mon style de marchandises est moins recherché aussi. » Avoue-t-il.
-« Tu ne reviendras pas à la prochaine brocante dans le secteur alors. » Rétorque un peu déçu Yuy
Ça lui aurait permis de voir son ami un jour de plus.
-« Sincèrement, je ne crois pas à moins que je n'aie de la marchandise différente. Mais je vide surtout des maisons sur L2. Je n'aurais jamais des pièces en cristal ou d'autres choses plus classes. » Soupire Duo.
Il va perdre son cul à être venu ici, encore une chance qu'Heero est chez lui.
-« Je vois que les gens viennent surtout pour se promener. » Admet ce dernier après avoir parcouru les environs du regard.
-« Je ne veux pas te priver de ton amie. On se retrouve après midi et demain de toute façon. » Rappelle le vendeur.
-« Je suis rentré ce matin, c'est pour ça et puis elle avait aussi envie de voir ton travail, ton étal. On ne peut pas dire que je t'aurais vu dans cette profession. » Sourit Yuy.
Un homme s'arrête et regarde les DVD. Au bout de cinq minutes, il demande.
-« Vous n'avez pas d'autres DVD ? »
-« Pas ici, chez moi bien. Vous cherchez quelque chose de particulier ? » Interroge-t-il en venant se mettre à sa hauteur.
-« Je cherche une adaptation du livre d'Anne Franck et tout ce qui touche à cette jeune fille. » Répond-t-il.
-« Je ne crois pas mais je regarderai ce que j'ai chez moi. Voici ma carte, envoyez-moi un mail la semaine prochaine. » Reprend Maxwell. « Je regarderai aussi dans mes livres parce que ça me dit quelque chose. »
-« Ça je les ai tous, mais tous les vingt ans, on rejoue le livre et je n'ai pas les premières adaptations. » Explique l'homme.
-« Je regarde et envoyez-moi un mail. »
L'homme parti, Duo reprend sa discussion là où il l'a laissée.
-« Tu m'aurais dit que je ferais ça il y a cinq ans, je t'aurais ri au nez. »
-« Pourquoi ne pas lui avoir demandé son adresse mail, ça aurait été plus simple ? »
-« Les gens se méfient, ils ont peur de la donner. Ici, je fais le premier pas, si on me recontacte les gens sont en confiance. » Rétorque le commerçant.
Relena vient vers eux avec un tableau où est peint un rhinocéros. Elle le tend au natté avec les quinze crédits préparés, c'est le montant inscrit sur le tableau.
-« Tu n'es pas obligée. » S'indigne Duo croyant qu'elle achète pour lui faire plaisir.
La jeune femme regarde son homme, lui sourit et celui-ci explique. C'est vrai qu'à l'extérieur, elle parle rarement qu'on ne reconnaisse pas sa voix.
-« Elle collectionne tout ce qui a attrait au rhinocéros. »
-« Je n'en ai jamais vu quand je viens chez vous. » S'étonne Maxwell.
-« Il y a beaucoup de pièces et les figurines se trouvent surtout là où elle ne doit pas trop les épousseter. » Répond Yuy.
-« Même les peluches ? » Demande Duo.
Relena acquiesce de la tête.
-« Je te l'amènerai la prochaine fois. Ce sera cadeau. » Lâche le brocanteur en mettant son index devant ses lèvres.
Voyant le visage de la princesse s'éclairer, il regrette qu'elle porte des lunettes de soleil qui lui masque ses yeux bleus. Ils doivent étinceler, comme quoi même des personnes qui ont tout peuvent être heureuses avec presque rien.
Duo a fini d'emballer le tableau, il a mis une corde autour pour pouvoir le transporter plus facilement. Heero embrasse sa compagne et elle part rejoindre Wufei plus loin qui la suit discrètement, que sa présence n'attire pas les paparazzis.
-« Je peux passer derrière ton comptoir ? » Interroge Yuy un petit sourire aux lèvres.
-« Oui viens t'asseoir sur le marchepied mais tu n'étais pas obligé de rester. » Précise-t-il.
-« Je la vois plus souvent que toi. » Admet Heero en s'installant.
Il prend le livre déposé sur le siège passager et regarde la quatrième de couverture. Il écarquille les yeux et lâche.
-« Tu lis ce genre de chose ? »
-« C'est les livres de la maison d'édition que recherche Hikaru. J'ai voulu savoir, c'est tellement bien écrit et captivant que les couples ne me choquent pas. Là, en plus, il traite d'un guerrier et d'un mentaliste, j'apprends des choses. » Répond Duo, ses yeux allant de son ami à son stade.
-« Tu as beaucoup de contacts avec lui ? » Demande Heero quand Duo revient après avoir servi un client.
-« Tous les jours. » Voyant le regard triste du métis, il ajoute. « Sois pas jaloux, quand tu m'envoies un mail, j'y réponds. C'est toi qui mets plus de temps à répondre aux miens. »
-« Je sais. Tu crois possible qu'il soit mon jumeau ? » Demande Yuy plein d'espoir.
-« De plus en plus souvent. Je crois que c'est la seule solution. » Admet Maxwell.
-« J'en ai presque envie. Je saurais d'où je viens. » Réalise le métis. « Excuse-moi. »
-« De quoi ? Ro', ça serait magnifique, même si je t'ai jalousé au début. Je me dis que c'est possible que je retrouve aussi mes racines. » Sourit-il.
-« Je te le souhaite. »
Un client vient les interrompre. Voir bouger Duo dans un univers autre que la guerre plait beaucoup à Heero. Il n'y a pas à dire Maxwell resplendit.
Au moment de ranger, il va encore plus vite que d'habitude, ils le font à deux.
-« On rentre ? » Interroge Yuy quand tout est rangé dans la camionnette.
-« Non, il me reste une étape à faire. Voir si je peux acheter certaines choses ou ramasser des objets abandonnés revendables. »
-« Je te suis ? »
-« Si ça ne te gêne pas de trifouiller dans des trucs qui ne sont pas toujours très propres. » Sourit Maxwell.
-« Je vais te regarder plus que participer. » Rétorque Heero en emboîtant le pas de son ami.
À Suivre…
