Auteur : Drusilla
Rating : M
Paring : SR/HG
Résumé : Hermione victime de multiples attaques, doit d'installer dans les appartements de Severus. Entre les agressions et la cohabitation… difficile, ils vont devoir outrepasser leur haine et apprendre la vie à deux. HG/SR.
Chapitre 2 : Changements
Hermione était sortie le lendemain, libérée par l'infirmière après l'avoir menacé de s'enfuir pour aller en cours. Le professeur Lupin était venu la chercher et depuis une semaine, il l'accompagnait partout passant la prendre le matin devant sa salle commune et l'y raccompagnant le soir.
Il n'y avait que pendant les entre cours que, par manque de temps, c'était Harry, Ron et tous les Gryffondors qui assuraient sa protection. Personne n'est assez dingue pour s'attaquer à des septièmes années ayant participé à la bataille finale, baguette à la main. Dès qu'Hermione leur avait parlé de ses agressions ils s'étaient proposés pour sa défense.
Aucune nouvelle attaque n'eut lieu, et le mois de novembre se termina, traînant en longueur. Il n'était pas question de baisser la garde de la jeune fille car c'était probablement ce qu'attendait le sus-nommé par les rouges et or « L'enfoiré », plus poliment nommé « L'agresseur » par les professeurs (mais aucun d'eux ne repris jamais un Gryffondor).
Et comme rien ne dure jamais bien longtemps le premier décembre, alors que tout le monde finissait les cours en ce mardi glacial et se précipitait dans les escaliers du hall, Hermione sentit vaguement une petite douleur dans les cuisses. Un court instant, très court, elle songea qu'une crampe la saisissait. Mais elle dut très vite réaliser que ce n'était pas une simple contracture.
Le temps ne ralentit pas, bien au contraire, il sembla accélérer. Elle n'était pas assez rapide, elle commença à basculer dans les escaliers, ses jambes définitivement hors d'usage. Elle voulut se rattraper, pensa stupidement qu'elle devait mettre ses poignets en avant pour amortir sa chute, et ensuite elle tomba. Le premier coup fut terrible, elle entendit clairement son épaule craquer sur la pierre. Elle compta rapidement le nombre de marche avant le palier.
Le coup suivant fut étrangement moins douloureux. Comme si quelque chose amortissait les angles saillant des marches. Elle osa ouvrir un œil – c'était décidément un réflexe stupide de fermer les yeux – et constata avec horreur la présence de Remus sous elle. La main fermement agrippée à son bras, signe qu'il avait du tenter de la retenir, le loup-garou semblait inconscient et du sang s'écoulait de sa tempe.
Finalement le palier arriva enfin, elle craignait que le professeur soit mort. Leur dernier mouvement les plaça de telle sorte qu'elle prit Remus de plein fouet sur la poitrine. Le temps qu'elle retrouve sa respiration, on soulevait délicatement l'homme. Ensuite elle reconnut les bras de Harry, constata que Ron et Seamus s'étaient mis à deux pour porter le professeur Lupin, puis le trou noir.
Son réveil, fut des moins agréable. Elle sentit une douleur hors du commun lui vriller les tempes. Après avoir abandonné la recherche de l'origine de sa gueule de bois, elle tenta de porter une main à son front. Seulement un long hurlement lui échappa, son épaule aussi lui faisait un mal de chien. En fait en y réfléchissant c'était tout son corps qui la faisait souffrir.
Bien, une des choses qu'elle savait faire le mieux était d'analyser une situation sans perdre son calme. Ce n'était pas une gueule de bois. La dernière chose dont elle se souvenait était une douleur dans les jambes alors qu'elle allait prendre les escaliers. Les escaliers… Oui, c'était ça. Elle était tombée, elle se souvenait que Remus avait tenté de la rattraper. Allait-il bien ?
- Remus ?, appela-t-elle.
L'effort la fit grimacer, elle ne rêvait que d'une chose, se rendormir, fuir la douleur. Mais elle avait besoin de savoir, était-il mort ? Elle ne pouvait pas oublier le sang. Tout ça était sa faute, elle aurait du faire plus attention. Elle se doutait bien que L'enfoiré (elle était une Gryffondor) allait recommencer. Et cette fois, il avait bien faillit la blesser sérieusement.
- Remus ?
- Il va bien, il est endormi. Vous devriez en faire autant Miss Granger.
- Comment va-t-il professeur Rogue ?
- Une simple commotion cérébrale, il va s'en sortir. Rendormez-vous, le professeur Dumbledore passera plus tard.
Il ne lui en fallut pas plus, elle savait que le maître de potion à ses côtés elle ne risquait plus rien. Elle s'autorisa à repartir dans le sommeil, se demandant vaguement ce qui allait se passer. A présent, il ne s'agissait plus d'une simple agression sur un élève, un professeur avait été attaqué. Pauvre Remus, lui qui avait accepté avec joie de la surveiller.
Son second réveil fut moins douloureux, le mal de tête avait parfaitement disparu, sûrement grâce aux bons soins de Mme Pomfresh. Elle ouvrit les yeux immédiatement. Sa mémoire ne lui faisait plus défaut, elle avait encore été attaquée. Merlin, quand pourrait-elle enfin avoir la paix ? Elle était nerveusement épuisée, il fallait que tout ça s'arrête. Allait-elle passer sa vie à regarder par dessus son épaule ? Allait-elle devoir se résoudre à se cacher, à fuir ?
Ses yeux se portèrent immédiatement sur les professeurs Rogue et Dumbledore qui discutaient dans un coin, en tentant de ne pas faire de bruit. Elle se souvenait que le Serpentard était resté cette nuit, veillant probablement sur elle. Oh, elle ne se faisait pas d'illusion, c'était sûrement sur ordre du directeur. Cependant, elle s'était sentit plus rassurée par sa présence. Elle remua un peu, et les professeurs se tournèrent vers elle.
- Ravi de vous voir réveillée Miss Granger, s'exclama Albus.
- Merci professeur. Comment va le professeur Lupin ?
- Je vous l'ai dit cette nuit, il va s'en sortir, il dort encore.
- Je suis désolée. Par ma faute il a été blessé.
- Ce n'est pas votre faute, intervint le directeur, mais celle de votre agresseur. Cependant il est maintenant clair que son intention n'est plus de vous faire peur. Il veut réellement votre mort.
- Que vais-je faire ? Si même les professeurs ne peuvent l'arrêter, qu'est-ce que j'ai comme choix ? Je refuse de me cacher, ce serait lui donner raison.
- En effet, j'ai donc discuté avec Severus. Vous vous en doutez, rien ne pourra vous arriver sous sa protection, c'est pourquoi il a accepté de vous inviter chez lui, dans ses appartements.
Elle regarda avec surprise son professeur. Il n'avait pas l'air très ravi, Albus n'avait pas du lui donner le choix, elle faisait confiance en ce vieux fou sénile pour ça. Vivre avec Rogue ? Partager ses réveils et ses soirées ? Elle ne savait pas si elle pouvait supporter ça. Mais le directeur avait raison, il ne s'agissait plus d'une mauvaise blague, on voulait la tuer. Et seul la bâtard des cachots pouvait la protéger.
- Mais entre les cours ? Mes camarades seront en danger, en voulant me protéger ils risquent d'être blessé comme Remus, enfin je veux dire, le professeur Lupin.
- Et bien, Severus a eu une excellente idée. Ayant entendu votre désir de vous spécialiser dans la recherche en potion, il serait d'accord pour vous prendre comme assistante. Il a beaucoup de travail et une aide serait la bienvenue.
- J'en serais ravie. Mais et mes ASPIC ? Je dois aller en cours.
- Nous savons tous les deux que vous n'en avez pas besoin. Les professeurs vous feront parvenir les cours et les devoirs. Acceptez-vous ?
- Etes vous sûr que ma présence ne vous gênera pas Professeur Rogue ?
Un simple grognement lui répondit. Entre le dégoût et la peur, elle n'hésita pas longtemps. En donnant son accord au directeur, elle se demanda qu'elle allait être la tête de Harry et Ron en apprenant où elle allait vivre. Puis Pompom chassa tout le monde pour qu'elle puisse se reposer encore un peu, son épaule n'étant pas tout à fait guérie. Un dernier sourire encourageant et elle vit disparaître Dumbledore tandis que Rogue s'installait tranquillement dans un fauteuil.
Le lendemain, la même comédie recommença. Finalement Mme Pomfresh céda à ses menaces de s'enfuir pour aller faire son travail d'assistante, sous un petit sourire du professeur Rogue. Elle remercia et s'excusa auprès du professeur Lupin qui, lui, en avait pour plus longtemps puis suivit le Serpentard vers sa destinée. A chaque pas, elle rêvait de faire demi-tour pour rentrer en courant à la tour des Gryffondor.
Finalement, ils arrivèrent devant les appartements du maître de potion. Elle apprit que la porte réagissait à la signature magique, il inscrit la sienne dans ceux autorisés à entrer. Elle fut ravie de ce privilège. Après tout, il aurait pu la faire attendre chaque fois qu'il soit là pour ouvrir. Elle entra derrière l'homme, anxieuse de ce qu'elle allait pouvoir trouver.
Le salon semblait tout à fait vivable. Dans des tons riches de bleus, comme la chambre qu'elle pouvait apercevoir par la porte entrebâillée à sa droite, il invitait au repos et à la réflexion. Dans un coin elle vit le bureau, croulant sous les copies, les livres, les journaux de potions. Il lui montra la salle de bain en marbre vert et son laboratoire. Puis il ouvrit la dernière porte.
- Albus a demandé à Poudlard de rajouter une chambre. Comme il n'y a jamais eu de porte ici, je suppose que c'est là.
Il la fit entrer avant de l'inviter à prendre ses marques pendant qu'il assurait ses cours de la journée. En partant, il désigna les paquets de copies sur le bureau pour le cas où elle s'ennuierait. Une fois seule, elle constata avec amusement qu'il ne lui avait interdit l'accès à aucune pièce. Visiblement il faisait l'effort de la laisser pénétrer dans sa vie privée, à elle de ne pas dépasser de limites.
Quand on y réfléchissait, ça pouvait peut-être marcher.
Voilà, elle vit enfin chez Severus. Le début des emmerdes dans le prochain chapitre, gros bisous,
Drusilla.
