Auteur : Drusilla
Rating : M
Paring : SR/HG
Résumé : Hermione victime de multiples attaques, doit d'installer dans les appartements de Severus. Entre les agressions et la cohabitation… difficile, ils vont devoir outrepasser leur haine et apprendre la vie à deux. HG/SR.
Chapitre 3 : Indifférence
Hermione passa en revue sa chambre. Poudlard avait bien fait les choses, tout ce qu'elle possédait avait été installé afin de rendre la pièce la plus vivante possible. Au pied de son lit avaient été déposées des cartes par dizaines et des friandises, une énorme peluche qui changeait en permanence de couleur et quelques fleurs. Visiblement son « accident » était connu dans tout Poudlard.
Elle s'assit confortablement sur son lit et lut les cartes. Certaines marques de sympathie lui montèrent les larmes aux yeux. Principalement des Gryffondors et des Serdaigles, quelques Poufsouffles, aucun Serpentards. Elle mit ses bonbons de côtés, se promettant de les partager avec ses amis. Quelques heures à peine loin d'eux et déjà elle était en manque.
Les fleurs trouvèrent tout naturellement leur place sur la commode, mais la peluche, cadeau de ce cher Harry ne semblait pas pouvoir aller ailleurs que sur son lit. Seulement il n'était pas suffisamment grand pour elles deux. Elle ne pouvait se résoudre à la réduire, sa taille et ses couleurs la rendaient exceptionnelle. Un instant elle chercha une solution puis finit par l'accrocher avec un sort à la cheminée, en attendant de trouver mieux.
Une fois finie la corvée de lecture de cartes, elle se décida à enfin travailler. Le professeur ne l'accueillait pas pour qu'elle se tourne les pouces. Elle repassa donc au salon, pris les copies et s'installa sur le canapé puisque le bureau semblait impraticable. Il y avait les Gryffondors-Serpentards première et troisième année et les Poufsouffles-Serdaigles troisième année. Soixante copies à corriger et vu la liste sur le bureau, le stock de pimentine de l'infirmerie à renouveler. Pas étonnant que le professeur soit débordé !
La correction des copies lui prit la matinée sans même qu'elle s'en aperçoive. Ce fut avec un certain étonnement qu'elle vit donc le maître de potion venir la chercher pour l'accompagner à la grande salle. Elle posa sa dernière copie en pestant contre l'ignorance des Gryffondors. Il n'ouvrit pas la bouche le long du chemin malgré les quelques tentatives de la jeune fille pour engager la conversation.
Ce fut avec un certain soulagement qu'ils arrivèrent à la grande salle. Avant d'entrer elle eut un moment de stress en sachant que celui qui voulait la tuer était là lui aussi. Rogue respecta son hésitation et attendit qu'elle pousse la porte de sa propre initiative. Quand elle le fit le silence tomba d'un coup dans l'immense pièce. Tout le monde la fixait, fixait Rogue, la fixait, bref son entrée accompagnée du professeur le plus haï de tout Poudlard ne passa pas inaperçu. C'est donc avec un certain soulagement qu'elle s'assit à la place qui lui avait été réservée.
- Mione, enfin ! On se demandait si la chauve-souris ne t'avait pas mangé.
- Ron pour la millième fois, ne l'appelle pas comme ça. C'est un professeur, et par là-même il a droit à autant de respect que le professeur McGonnagall.
- Mais qui respecte cette vieille chouette, grommela Dean.
La table fut secouée d'un fou rire et il n'en fallut pas plus pour que les élèves se remettent à manger puisque apparemment rien n'avait changé. Hermione abandonna l'éducation de ses camarades. Depuis la première année c'était la même fausse comédie tous les repas, comme une routine rassurante.
Ils vivaient ensemble, ils avaient leurs habitudes, connaissaient le mode de vie de chacun, avaient trouvé leurs repères. Au fil des ans ils s'étaient forgés une vie convenant à tout le monde, concédant parfois des broutilles. Hermione se demanda si un jour il en serait de même pour elle et Severus. Ils allaient devoir vivre ensemble un bout de temps. Bon sang, elle ne savait même pas s'il prenait sa douche le matin ou le soir !
- Tu crois que l'on pourra te rendre visite ?
- Je sais pas trop Harry, il est assez gentil de me protéger et de m'accueillir, je ne veux pas lui imposer ''une bande de Gryffondors sans cervelle''.
- Attend peut-être un peu de voir comment il agit. Ce matin il t'a dit quelque chose ?
- Rien de bien important, il m'a fait visiter puis il est partit assurer ses cours pendant que je corrigeais des copies.
- Il t'a fait visiter ?, s'étrangla Ron.
- Je vais vivre chez lui ! Tu croyais qu'il allait m'enfermer dans ma chambre ?
- C'est comment chez lui ?
- Alors ça, il n'est pas question que je vous en parle. Je ne pense pas que le professeur Rogue veuille voir sa vie privée étalée. Ne comptez pas sur moi pour vous donner le moindre renseignement.
Le reste du repas se déroula calmement, personne n'ennuya plus la jeune fille. Il était visible qu'elle était à bout de nerf. N'importe qui d'autre à sa place aurait déjà craqué et les élèves l'admiraient en silence. Elle remercia tout le monde pour les cadeaux puis après le dessert attendit sagement que le professeur finisse. Il discutait avec sa directrice de maison, ou plutôt se contentait de grommeler et de hocher la tête de temps à autre.
Elle était seule à table depuis cinq minutes quand enfin il termina et se dirigea vers elle. Le chemin du retour se fit comme à l'aller, dans le silence le plus total. Il fallait sûrement un peu de temps, demain ça irait mieux. Si bien sûr elle survivait d'ici là. Elle s'en voulu aussitôt de ses pensées. Les professeurs faisaient leur maximum, Rogue le premier, il n'y avait aucune raison qu'elle se fasse tuer par ce malade.
Pour se changer les idées elle demanda si elle pouvait utiliser le laboratoire afin de commencer la pimentine car cette potion demandait huit heures de travail non-stop. Cela éviterait ainsi au maître de potion d'y passer la nuit. Un grognement seul lui répondit, elle se permit de prendre ça pour un oui. Après tout, elle n'avait pas encore de travail, son après-midi était libre.
Le temps passa lentement. La jeune fille commença trois chaudrons, soit environ la quantité demandée par l'infirmière. Elle était en train de rajouter précieusement les pattes de scarabées quand le professeur revint. Elle lui expliqua que chaque chaudron avait un quart d'heure de décalage, il se contenta de hocher la tête et de l'informer qu'elle pouvait se reposer maintenant.
En gros il la chassait, cependant elle ne chercha pas à discuter. Il avait l'habitude de tout faire tout seul, elle pouvait comprendre qu'une fois disponible il veuille finir ses potions. Elle resta dans le salon, assise par terre près du feu, dévorant un des livres de la bibliothèque privée de Rogue. Un traité sur les conséquences dramatiques sur les potions de l'utilisation des sortilèges sur les plantes magiques.
Elle se doutait que vu l'avancement des potions, elle n'irait pas manger dans la grande salle. Elle ne put tout de même pas s'empêcher de sursauter lorsqu'un elfe de maison apparut avec un plateau. Elle le remercia et prit le partit d'attendre que son professeur vienne dîner avec elle. Comme il n'était toujours pas là une demi-heure après elle se décida à attaquer pour faire taire son estomac. A la fin du repas, elle ne l'avait pas vu. Ni même quand elle décida d'aller ce coucher, le cœur un peu lourd de cette solitude.
Les jours qui suivirent se ressemblèrent. Même le week-end il l'ignora. Il lui donnait son travail puis plus rien, elle aurait pu tout aussi bien ne pas être là. Même lorsqu'elle l'assistait sur des potions complexes, il ne lui adressait pas la parole. Cela devint insupportable pour la jeune fille. Elle était isolée dans les cachots, ne montant que pour certains repas. C'est comme ça qu'un soir, alors qu'elle mangeait encore toute seule dans le salon, la peine l'emporta et elle fondit en larme.
Alarmé par le bruit, Severus sortit pour trouver son élève sanglotant doucement, une grosse peluche serrée dans ses bras. Il la considéra un instant, partagé entre l'envie de la consoler et sa crainte de paraître stupide. Il s'apprêtait à faire demi-tour pour retourner dans son laboratoire quand il entendit un mouvement. En se retournant il put voir qu'Hermione s'était levée et lui faisait place, la fureur ayant remplacé la douleur sur ses traits.
- Cela en est assez professeur !, explosa-t-elle. J'en ai raz le bol de ce semblant de vie commune. Je suis là, que vous le vouliez ou non. J'existe, je suis une personne, je pense, je parle, je partage. Alors arrêtez de m'ignorer ! Vous croyez que c'est facile pour moi de vivre ici, sans voir personne, sans pouvoir discuter. J'en ai marre de cet isolement, c'est peut-être pire que ce qui m'attend si je retourne vivre avec les Gryffondors.
- Pour moi non plus ce n'est pas simple, Miss Granger, rétorqua-t-il.
- Mais mettez-y du votre ! Je ne vous suis pas inférieure, je suis sûre que nous pouvons discuter d'égal à égal, apprendre à vivre ensemble sans se gêner. Je n'ose rien faire, de peur de vous envahir. On ignore pour combien de temps encore on est coincé dans cette situation.
- Je sais cela. Je n'ai pas l'habitude de parler à quelqu'un, je ne connais que la solitude. Je suis parfaitement conscient que ce n'est pas facile à vivre pour vous. Seulement je ne me vois pas passer mes soirées à bavasser avec vous au coin du feu, j'ai besoin de temps pour m'habituer à cette situation.
- On aura tous les deux besoin de temps. Ca ne s'apprend pas d'un coup. Pour moi aussi c'est nouveau, je n'ai pas l'habitude de vivre seule avec une autre personne, je suis enfant unique et ici on est trop nombreux pour que ce soit un problème personnel. Tandis que là… Je ne sais même pas si vous prenez votre douche le matin ou le soir !
L'explosion s'arrêta aussi vite qu'elle était venue. Elle réalisa avec horreur qu'il s'agissait d'un professeur, qu'elle n'avait pas le droit de hurler ainsi. Baissant les yeux, elle s'excusa avant de se remettre à pleurer. Severus resta figé. Il savait qu'elle avait du caractère mais là, elle l'impressionnait. Il s'avança timidement vers la jeune fille et passa une main maladroite dans son dos.
Pendant un moment personne ne bougea. Tous les deux réfléchissaient attentivement à ce que l'absence de communication venait de provoquer. Ils étaient coincés ensemble pour un bout de temps, ils ne pouvaient pas laisser les tensions s'accumuler. La jeune fille avait le droit de s'installer, de prendre ses marques. Il envisageait enfin un terme à sa solitude.
- Je préfère me doucher le matin.
Elle leva les yeux, osant un maigre sourire. C'était un premier pas, il tentait finalement de communiquer. Elle sécha ses larmes se maudissant pour sa faiblesse. Il la raccompagna à sa chambre galamment puis la laissa se reposer car sa crise de larme l'avait épuisée. En s'endormant la jeune fille pensa que peut-être ils allaient enfin parvenir à une vie à deux.
Voilà, je ne pouvais pas laisser Severus devenir un compagnon charmant. Pas tout de suite du moins. Le prochain chapitre relatera les problèmes d'une vie commune. Bisous,
Drusilla
