Auteur : Drusilla
Rating : M
Paring : SR/HG
Résumé : Hermione victime de multiples attaques, doit d'installer dans les appartements de Severus. Entre les agressions et la cohabitation… difficile, ils vont devoir outrepasser leur haine et apprendre la vie à deux. HG/SR.
Chapitre 4 : Cohabitation
La crise d'Hermione avait permit une mise au point nécessaire. Il se passa encore quelques jours d'hésitations tatillonnes, de discussions incertaines, de tentatives de repli. Puis l'aisance arriva enfin, ils ne se réfugiaient plus dans leurs coins, travaillaient ensembles dans le salon et laissaient les portes ouvertes.
Si bien que Hermione parvint à se sentir comme chez elles entre ces murs, n'hésitant plus à utiliser la bibliothèque ou la cuisine, à interrompre son professeur pour qu'il vienne manger lorsqu'il oubliait le temps sur une potion. Ce n'était pas pour autant la parfaite vie commune, ils étaient conscients que des incidents éclateraient bientôt.
Le premier vint d'Hermione. Un matin en se levant, elle était si fatiguée qu'elle se dirigea droit vers la salle de bain dans l'espoir qu'une douche puisse la réveiller. Elle ouvrit la porte, surprise par la chaleur qui régnait dans la pièce. Un coup d'œil au miroir suffit à lui faire comprendre qu'il y aurait du boulot pour cacher ses cernes.
Au moment où elle se demandait ce qui pouvait bien la déranger, cet étrange sentiment qu'elle ne devait surtout pas être là, elle vit avec un effarement qui se changea en horreur puis en gène son professeur sortir de la douche. Nu. Devant elle. Nu. Complètement nu. Son cerveau en profita pour se déconnecter pour de bon.
Il garda heureusement son calme, prit la serviette posée sur le bord de la baignoire et l'attacha autour de ses hanches. La jeune fille était encore plantée, la bouche légèrement ouverte, si bien qu'avec ses cernes et ses cheveux en bataille, elle aurait pu faire peur.
Severus attendit patiemment qu'elle reprenne ses esprits, vu son état il était clair que la jeune fille n'était pas encore bien réveillée, et il avait connu mieux pour sortir du sommeil. Finalement elle sembla réaliser ce qui venait de se passer et pour couronner l'image assez inquiétante qu'elle offrait, elle se mit à rougir.
- Oh Merlin ! Pardonnez-moi professeur, j'avais complètement oublié que le matin vous preniez la salle de bain avant moi.
- Je croyais que vous vous douchiez le soir. Sinon j'aurais fermé la porte d'un sortilège.
- C'est ma faute. J'ai veillé tard hier et j'ai voulu prendre une douche pour me réveiller. Je suis désolée, je suis tellement désolée.
- Ce n'est rien, j'aurais aussi du fermer. Des incidents comme celui-là auront malheureusement lieu les premiers temps. Maintenant, si ça vous ennui pas, je voudrais finir de me préparer avant d'être en retard. Vous désirez la salle de bain ?
- Non, merci, je crois que je suis réveillée.
Elle fut surprise d'entendre son professeur rire, mais il était vrai que l'ironie était son domaine aussi. En retournant s'habiller dans sa chambre, elle réalisa alors qu'elle avait vu son professeur nu. Et que Severus était incroyablement bien foutu. Gloups…
Il frappa à sa porte, lui indiquant qu'il était l'heure d'aller déjeuner dans la grande salle. Après un dernier regard dans son miroir, elle sortit en gardant les yeux baissés. Il lui fallut tout le trajet pour la convaincre qu'il ne lui en voulait pas, et qu'elle ne devait pas laisser la honte ou la gêne se remettre entre eux.
La journée se passa tranquillement, l'incident fut oublié si bien que quand il revint le soir tout semblait rentré dans l'ordre. Elle travaillait à son devoir de métamorphose, lui n'avait rien à faire pour une fois aussi décida-t-il de se détendre jusqu'au dîner. Il passa donc à sa chambre, mit de la musique et s'affala sur son lit avec un bon livre.
Hermione leva la tête avec étonnement en entendant une mélodie sortir de la chambre de son professeur, mais retourna bien vite à son travail. Du moins comme elle put, elle aimait la musique malgré tout cela l'empêchait de travailler. Bien sûr, vivant seul, il ne pouvait pas savoir que ça la dérangeait. Elle n'osait pas aller le voir – il avait fermé la porte signe qu'il avait besoin d'intimité – cependant elle devait rendre ce devoir pour demain.
Finalement, légèrement tremblante elle se leva et frappa à sa porte. Elle se demanda s'il avait entendu, mais il vint ouvrir. Il ne semblait pas en colère, elle espéra ne pas se mettre à bégayer.
- Pourriez vous baisser la musique s'il vous plait. Je dois vraiment finir ce devoir, j'en ai plus pour très longtemps.
- Bien sûr Miss Granger. Je suis désolé, je ne m'étais pas rendu compte qu'elle était si forte. Vous avez eu raison de venir.
Il voulait la mettre en confiance, mais aussi lui montrer que seule la communication règlerait leurs problèmes de vie commune. Ayant fini son livre, il lui proposa alors son aide qu'elle accepta avec joie. Ainsi ils purent aller dîner dans la grande salle. Le long du chemin ils discutèrent de sortilège, la jeune fille voulant quelques astuces pour améliorer la puissance de ses sorts.
Ils entrèrent donc insouciants dans la grande salle prenant quand même garde à reprendre leurs masques petite fille sage et bâtard fini. Seulement ils n'eurent pas le temps de faire un pas qu'un sortilège fusa de quelque part vers la droite (la table des Serpentard) pour frapper la Gryffondor. Ce ne fut que grâce aux réflexes de Severus qu'il atteignit son visage plutôt que son cœur. L'entaille fut tout de même très profonde.
Comme un bel ensemble la septième année Gryffondor se leva et les sorts se mirent à jaillir en direction des Serpentards, laissant au maître de potion le temps d'emmener son élève hors de la grande salle. Les Serpentards répliquèrent, tous les Gryffondors se défendirent, les Pouffsouffles et le Serdaigles furent touchés, répondirent à leur tour, et en quelques minutes, sous les yeux ébahis des professeurs la grande salle ressembla au champ sur lequel Voldemort avait été défait.
- ARRETEZ !
La voix du directeur ramena instantanément le calme. Il constata amèrement que quelques première année, trop jeunes pour se défendre avaient été touchés, que la table des Serdaigles était recouvert d'un bouclier doré et que Gryffondor avait renversé la leur pour se protéger derrière. Il hésita un instant à punir tout le monde –mais c'était là bien impossible – et envoya finalement les blessés à l'infirmerie.
Après un discourt moralisateur, il quitta la salle, laissant les élèves ranger sans magie sous la surveillance de Filius et Minerva. Il frissonna en repensant aux sorts de brûlure, d'étranglement, d'aveuglement et autres horreurs qui avait traversé la salle. Il devenait urgent de mettre fin aux agissements de « L'enfoiré » (il était un ex Gryffondor) avant qu'il ne tue la jeune fille. Il s'en était fallu de peu. Malgré sa volonté d'être absolument impartial, il devait bien reconnaître que le sort était parti de la table des verts et argents.
Dans l'infirmerie c'était la panique. Pompom était débordée passant d'un élève à l'autre, manquant de lits, de potions, de temps. Il constata avec étonnement que les Gryffondors de septième année étaient là aussi, aidant l'infirmière au mieux de leurs capacités. Pour économiser les potions, ils se servaient de la manière moldue pour désinfecter les plus petites blessures. Il balaya la pièce du regard. Hermione était dans un coin, le visage ensanglanté, Severus s'activant autour d'elle.
Il fut stupéfait de voir que le maître de potion parlait à la jeune fille, l'encourageant à rester éveillée, mais surtout la rassurant, prenant le temps de lui expliquer ce qu'il allait faire, quels sorts il utilisait, quelles potions. Au passage, il énonçait les ingrédients. Au moins ça avait le mérite de la maintenir attentive. Le directeur attendit que Severus ait arrêté l'hémorragie pour s'approcher. A présent la jeune fille n'avait plus de sang sur le visage et on pouvait voir une cicatrice partir du menton et remonter jusqu'au front.
- Miss Granger, comment allez-vous ?
- Bien monsieur le directeur. Juste un peu choquée, je ne pensais pas qu'il attaquerait dans une salle pleine de professeurs.
- Il est en train de perdre le contrôle. Il sait qu'il ne peut plus vous avoir, et ses actes vont devenir de plus en plus désespérés jusqu'à ce qu'il commette une erreur.
- En espérant que ce ne soit pas trop tard. Qu'est-ce que je vais pouvoir faire ?
- Je sais que c'est dur pour vous, mais vous ne pouvez plus revenir dans la grande salle. Croyez moi je suis conscient que c'est le seul moment où vous voyez vos amis. Je suis désolé d'en arriver là, j'aurais voulu avoir une autre solution que de vous enfermer dans les cachots.
- Je comprends. Et puis, je tiens plus à la vie qu'à ma liberté. Mais je devrais peut-être songer à emménager ici, vu la fréquence de mes visites.
- Sous-entendriez-vous que Pompom soit de meilleure compagnie que moi ?
C'était la première fois que Severus ouvrait la bouche depuis l'arrivé du directeur et ce dernier faillit défaillir en le voyant sourire. Le rire cristallin de la jeune fille fut trop pour lui. Et en même temps, la dernière pièce du puzzle venait de se mettre en place. Ces deux là, se rapprochait, lentement mais sûrement. Hermione avait réussi à percer la carapace de Severus, sans doute parce qu'ils étaient identiques, les même passions, les même goûts, les même besoins, les même attentes. L'ange des ténèbres et son homologue de lumière.
Il préféra les laisser, Hermione était en train de supplier son professeur de la ramener aux cachots ou au moins de lui donner un peu de travail. Il repensa à l'élève qu'il avait vu devenir maître de potion, toujours en train de chercher un nouveau challenge, quelque chose qui lui occuperait l'esprit. Assurément, si quelqu'un pouvait comprendre l'autre, c'était bien eux. Sinon pourquoi aurait-il fait apparaître un livre de sortilèges ?
Hermione entra « chez elle » deux jours après. La cicatrice était heureusement partie, et même si son visage la faisait parfois souffrir, l'attaque n'était plus qu'un mauvais souvenir. Un soir, alors qu'elle observait son reflet dans la glace, cherchant une trace du sortilège, Severus entra, les mains et la robe tachées par une substance verdâtre. Dès qu'il l'aperçut, il s'excusa, il aurait du frapper, mais ce produit le brûlait. Elle l'aida à le soigner, oubliant qu'elle était en sous-vêtements, parant au plus urgent.
Lorsque enfin le professeur fut débarrassé de cette chose qui se révéla être une potion aillant mal tournée, ils réalisèrent leur position. Il avait une main posée sur sa cuisse pour qu'elle puisse mieux le soigner, elle était à moitié nue. Deux enfants auraient rougi, balbutiés et seraient partis en courant. Ils n'étaient plus des enfants depuis longtemps. Hermione se contenta d'un chacun son tour, avant de disparaître dans sa chambre sans voir le sourire du maître de potion.
Les jours suivants furent plus calmes, la semaine put se finir, mis à part les habituels incidents entre maisons que Severus relatait à Hermione tous les soirs, un peu pour la faire rire, un peu pour la sortir de son isolement. Il lui amenait d'ailleurs ses devoirs et des lettres de ses amis, des friandises ou même des cadeaux après le week-end à prés-au-lard où elle n'avait pu se rendre. Quelques incidents furent encore à déplorer mais plus ils y en avaient, plus ils parvenaient à les prendre avec le sourire, acceptant la présence de l'autre dans leur quotidien.
Le quinze décembre, à une semaine des vacances, Severus fut réveillé au milieu de la nuit par un gémissement. Il se redressa sur son lit et regarda avec stupéfaction le réveil qui indiquait 2h15. Il se demanda si la jeune fille avait besoin d'aide, il hésitait à la déranger, les gémissements pouvaient aussi être naturels. Puis il conclut que si tel était le cas, elle aurait placé un sortilège de silence, et que donc elle avait besoin d'aide. Etait-elle attaquée à nouveau ?
Il sortit de sa chambre en enfilant une robe de chambre et ouvrit la porte de celle d'Hermione à la volée, sans prendre la peine de frapper. Ses yeux parcoururent d'abord la chambre, cherchant prudemment un agresseur potentiel puis ils se posèrent sur la jeune femme. Elle se débattait dans ses draps, son visage tordue par la douleur et la peur. Cauchemar. Pas étonnant avec tout ce qu'elle vivait. Un nouveau gémissement le poussa à bouger. Il s'avança vers elle en l'appelant, espérant qu'elle se réveille sans l'attaquer.
Il n'avait pas fait trois pas qu'elle se dressa d'un bond dans son lit, hurlant violemment. S'il n'avait pas été déjà lucide, il aurait sûrement eu une attaque en entendant ce cri. Il regarda avec étonnement Hermione se lever et se réfugier dans un coin. Elle devait être à moitié consciente et encore bien effrayée, aussi préféra-t-il ne pas bouger. Il valait mieux attendre qu'elle se réveille complètement. Là il risquait de causer plus de dégâts qu'autre chose.
Finalement, elle posa ses yeux sur lui. Ses sourcils se froncèrent, cherchant sans doute ce qu'il faisait dans sa chambre au beau milieu de la nuit. Elle fut encore plus étonnée de le voir retirer sa robe de chambre et la lui tendre en regardant ailleurs. Il lui fallut un moment pour se rappeler qu'elle dormait avec un simple tee-shirt. Elle accepta avec gratitude le vêtement puis vint s'assoire sur son lit. D'un geste de main elle lui indiqua d'en faire autant et ils se retrouvèrent assis sur son lit, à distance raisonnable l'un de l'autre.
- Je suis désolée de vous avoir réveillé professeur.
- Vous faîtes souvent des cauchemars ?
- Assez ces derniers temps, surtout depuis l'attaque de la bibliothèque, j'ai vraiment cru que j'allais mourir dans ce couloir.
- Si vous le désirez, je peux vous donner un peu de potion pour dormir sans rêves.
- Vous savez comme moi que ce n'est pas une solution. L'esprit à besoin de rêver et ces cauchemars ne font qu'extérioriser mon angoisse de me faire tuer. Je dois les garder. Mais si vous m'y autorisez, je placerai des sortilèges de silence à long terme sur la chambre.
- Hors de question. De vous à moi, vous avez beau être puissante, ce genre de sortilège est très fatigant. De plus je dois pouvoir vous entendre en permanence. Ca ne me dérange pas d'être réveillé. Moi aussi à une époque j'ai fait des cauchemars et je sais combien c'est soulageant d'avoir quelqu'un avec soi.
- D'accord. Je vais vous laisser finir votre nuit, encore pardon pour le dérangement.
- Dormez bien Miss Granger.
- Vous aussi professeur.
Il se leva et avant de partir posa sa main sur son épaule. Le message était évident, elle était peut-être éloignée de ses camarades, privée de contacts humains, enfermée dans ce cachot mais elle n'était pas seule. Et ça faisait un bien fou. Elle se glissa dans ses draps, et s'endormi avant même d'entendre la porte de la chambre de son professeur se refermer. La dernière chose dont elle fut consciente fut d'être confortablement emmitouflée dans la robe de chambre de ce dernier.
Et voilà, les petits problèmes de la vie quotidienne. J'espère que ça vous a plus, au prochain chapitre, les habitudes commencent.
Bisous,
Drusilla
