Auteur : Drusilla

Rating : M

Paring : SR/HG

Résumé : Hermione victime de multiples attaques, doit d'installer dans les appartements de Severus. Entre les agressions et la cohabitation… difficile, ils vont devoir outrepasser leur haine et apprendre la vie à deux. HG/SR.


Chapitre 6 : Haine

Le premier jour des vacances arriva avec plaisir pour tout le monde. Hermione s'éveilla tôt malgré son agression de la veille. Son impatience l'avait pratiquement empêchée de dormir toute la nuit. Entre autre. Ce qui l'avait surtout choquée était que pour la première fois depuis son arrivée en ce lieu, elle avait laissé ses mains lui donner du plaisir. Lorsque la jouissance l'avait emportée, le nom de Severus avait franchi ses lèvres.

Elle se demandait jusqu'où leur relation avait évolué. Ils ne protégeaient plus tant leur intimité, lui torse nu le soir, elle en sous-vêtements à la sortie de la douche. Ces gestes étaient venus naturellement, aucun des deux n'avaient voulu autre chose que vivre sans gêne contraignante. Pourtant le résultat était là. Quelque chose avait évolué, dans son regard à lui et dans ses gestes à elle, quelque chose qui aujourd'hui la poussait à sérieusement réfléchir.

Ses pensées furent interrompues un petit quart d'heure plus tard par son professeur. Il ne s'attendait pas à trouver la jeune fille déjà levée, il eut un sursaut. Puis un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle n'avait apparemment pas oublié sa promesse la veille de l'emmener à la bibliothèque aujourd'hui.

- Laissez moi le temps de me doucher et d'avaler quelque chose.

Elle hocha la tête, lui retournant son sourire. Quand il revint de la salle de bain, le petit déjeuner était déjà prêt, il n'eut qu'à s'assoire et grignoter, un oeil sur le journal, un autre sur le courrier que son élève dévorait. Il ne l'avait pas entendu faire de cauchemars cette nuit, chose très rare, et au vue de ses cernes, c'était surtout parce qu'elle n'avait pas du beaucoup dormir.

Quand il eut finit, elle se précipita vers la porte, son visage illuminé par le bonheur. Il ne pouvait pas imaginer comment il se sentirait à sa place après presque trois semaines enfermé dans des appartements. Le froid mordant au dehors les saisit. Ce qui choqua Severus en grelottant ne fut pas tant l'idée qu'il préférait qu'une certaine partie de son anatomie ne gèle pas mais l'envie que quelqu'un la réchauffe.

Hermione, inconsciente de ses pensées, courrait presque devant lui, si bien qu'il dut accélérer le pas pour se mettre à sa hauteur. Il jetait des coups d'œil suspicieux autour de lui, cherchant la moindre anomalie prévenant d'un danger. Moins paranoïaque, la jeune fille avait juste sorti sa baguette, plus préoccupée à l'idée qu'une journée ne serait pas assez pour lire tous les nouveaux livres que par la possibilité d'une attaque.

Aucun incident ne fut à déplorer, la porte de la bibliothèque se tint enfin devant eux. Hermione l'ouvrit, persuadée d'être seule. En fait, un Serdaigle de première année, dont elle se souvenait plus le nom mais dont le visage dévasté à l'annonce il y a deux mois de la mort de ses parents d'accueil l'avait marqué, était assis tranquillement dans un coin, un épais livre sur les enchantements devant lui. Il ne leva même pas la tête à leur entrée.

- Ca ira professeur ? Il est dangereux vous croyez ?

- Moquez-vous de moi Hermione, il pourrait bien vous attaquer.

- Un première année ? Je risque quoi ? De léviter ?

- Je connais un troll qui ne dirait pas la même chose.

Elle lui sourit en reconnaissant qu'effectivement, certains sorts basiques pouvaient causer plus de dégâts que ce pour quoi ils étaient conçus. Elle se dirigea vers la métamorphose, pris quelques livres, et s'installa à une des tables vides. Il prit place à ses côtés avec un traité de potion qu'elle lui fit promettre de lui prêter après. Ensuite le silence se fit, chacun plongés dans leurs lectures.

Au bout d'une heure et demi, Hermione referma son grimoire et se leva. Il lui jeta un regard, elle désigna de la tête la section métamorphose. Il hocha la tête et replongea dans son traité pendant que la jeune fille se dirigeait tranquillement vers le rayon voulu. Arrivé à destination, elle hésita un moment, cherchant un livre complémentaire de celui qu'elle venait de parcourir.

Un courant d'air dans le dos la fit frissonner. Elle regarda derrière elle, puis sur les côtés et repéra une fenêtre ouverte. Il fallait être idiot pour aérer en plein mois de décembre. Elle s'avança donc vers la fenêtre pour la fermer mais au bout de l'allée, un doute la saisie. C'était idiot bien sûr cependant elle avait un mauvais pressentiment.

- Severus ?

Son appel résonna étrangement dans le silence de la bibliothèque. Un raclement sur le parquet l'informa qu'il avait entendu. Etrange pourtant comme le bruit semblait venir d'à côté d'elle, étrange comme il ne s'arrêtait pas, étrange surtout comme il provenait de l'immense étagère remplie de livre. Etagère qui penchait soudain dangereusement vers elle. Ca faisait mal une étagère ? Où était Severus ? Stupéfix ! Sa voix. Puis le silence. Noir total.

Le professeur contempla le corps de Drago Malfoy. Comment diable avait-il pu entrer, il avait bien surveillé la porte. Il avait vu le jeune homme jaillir de la section « histoire » en courant et l'avait par réflexe stupéfixé. Il s'était traité de parano jusqu'à ce qu'un bruit sourd lui fasse lever les yeux. L'étagère communicante entre la métamorphose et l'histoire venait de s'écrouler.

Il ne fallut pas plus qu'une demi seconde à son cerveau pour se rappeler que la jeune fille se trouvait sous l'étagère. Dans un réflexe stupide il ferma les yeux, mais l'image du corps de son élève se brisant sous le poids des livres s'imprima dans ses rétines. Il bondit littéralement vers la section, cherchant une trace d'Hermione. Elle n'était pas visible, aussi redressa-t-il l'étagère d'un coup de baguette.

Il dut ensuite retirer tous les livres. Il eut la surprise d'être aidé dans sa tache par le première année qui faisait léviter les grimoires aussi. A deux, il leur fallut moins de deux minutes pour dégager le corps de la jeune fille. Il aurait voulu que le Serdaigle ne voie pas ça, ce visage ensanglanté, cette jambe avec son angle bizarre, l'os du bras qui sortait.

Il se tourna vers lui pour lui dire de ne pas regarder mais plus personne ne se tenait là. Où diable était passé le gamin ? Comme s'il n'avait que ça à faire ! Il s'agenouilla doucement près de la jeune fille, n'osant pas la toucher de peur de lui faire mal. Elle ne respirait pas vraiment, une sorte de sifflement provenait de sa poitrine.

Il n'avait pas pleuré depuis si longtemps qu'il ne sut pas quoi faire des larmes qui coulaient sur ses joues. Il voulait croire que c'était l'échec qui le rendait malade mais en vérité, son cœur s'était attaché peu à peu à cette jeune fille, si bien qu'aujourd'hui la peur de la voir mourir le rendait dingue.

Pourtant il était impuissant, il n'eut pas l'idée de prévenir quelqu'un, il resta là, à lui serrer la main, à lui chuchoter que tout allait bien se passer. Lorsqu'elle trembla, il ôta sa cape pour l'en couvrir. A l'arrivée de l'infirmière, prévenue par le Serdaigle, il ne bougea pas. Ni quand Dumbledore entra. Il se leva pour l'accompagner, leurs mains toujours liées.

Il fallut Minerva et Albus pour le sortir de l'infirmerie pendant que Pompom travaillait. Ses yeux se posèrent sur Drago qui lévitait derrière le directeur. Seule son envie de savoir le retint d'étrangler à main nu son ancien protégé. Pourquoi avoir tourné le dos aux forces du mal si c'était pour finir ainsi ? Il devait comprendre.

- Enervatum.

La voix du directeur le fit sursauter. Il ne quitta pourtant pas des yeux le Serpentard, le regardant s'éveiller, reprendre le contrôle de ses muscles. Entouré par trois professeurs, l'élève ne tenta même pas de s'enfuir. Ni de supplier. Il garda le regard fier lorsqu'il s'exprima.

- J'ai fait ce qui devait être fait. Aucun de vous ne le pouvait. J'espère qu'elle est morte sinon dans 10 ans vous le regretterez. Pourquoi aucun de vous ne veut comprendre ? Cette fille dans cette pièce. Elle. Pourquoi ne voulez-vous pas voir ? Est-ce si simple de garder les yeux fermer ? Un grand pouvoir engendre des responsabilités. Alors pourquoi ? Pourquoi l'avez vous laissée, année après année, cours après cours ? Hein professeur Dumbledore ? Et vous, professeur McGonagall, pourquoi l'avoir encouragé ? Professeur Rogue, vous l'avez protégée. Mais qui vous protégera vous quand elle se réveillera ?

Il se tue un instant, peut-être à la recherche de son souffle, de ses mots. Rogue voulu faire un pas, la main de Minerva l'en empêcha. Ils devaient savoir. Elle devait savoir, pour comprendre, et qui sait pour pouvoir un jour peut-être pardonner à son camarade. Mais pardonner quoi ?

- Elle. Juste elle. Une fille de moldue. Personne ne voulait regarder au-delà de la gentille Gryffondor. Moi j'ai vu. Je l'ai vu. Et j'ai refusé de fermer les yeux. Il fallait que quelqu'un le fasse. Ca ne pouvait pas recommencer. Trop de gens sont morts, trop de gens ont souffert. La guerre est finie à présent.

- Pas elle Drago. Il y a trop d'amour, pas assez de colère.

Les paroles de Dumbledore n'arrangèrent pas la confusion de ses collègues. Seuls ce vieux fou semblaient comprendre, et toute colère avait déserté son visage. Il semblait juste fatigué. Vieux et fatigué.

- Je ne peux pas prendre le risque professeur. Vous avez laissé venir Grindelwald, vous avez laissé émerger Voldemort. Il faut apprendre de nos erreurs. Elle est trop puissante. Aurez vous la force de la combattre quand le temps sera venu ? Sacrifierez vous d'autres pions ? Elle doit mourir maintenant, avant de devenir le prochain seigneur des ténèbres. Elle a déjà emmagasiné trop de pouvoir, trop de connaissances. Il faut la tuer.

Pour ça ? De la peur ? L'incompréhension ? Non, Severus, le refusait, il ne pouvait pas croire que ça recommence. Drago était un abruti. Hermione ne deviendrait jamais un seigneur des ténèbres, elle qui ne demandait qu'à assimiler le plus de connaissances, dans son coin, tranquillement, sans jamais déranger personne.

- Mais c'est vous qui la créerez. C'est à cause de gens comme vous que je suis devenu mangemort.

Espérant que son message avait été saisi, il fit demi-tour et entra dans l'infirmerie. Le silence ambiant le calma aussitôt. Par la porte du bureau de Pompom, il pouvait la voir discuter avec un professeur de St Mangouste. Il préféra ne pas la déranger, et se dirigea donc vers les paravents tirés.

Hermione avait les yeux grand ouverts. Elle fixa son regard dans le sien dès son entrée, cherchant quelque part une réponse. Et il l'avait, elle le voyait. Aussi ne l'interrompit-elle pas. Elle écouta tout, du début à la fin, le combat, ce que pensait Drago, la réponse de Dumbledore, le soutient de cet homme qu'elle avait appris à apprécier tellement durant ce dernier mois.

Quand le silence fut revenu, elle s'autorisa à fermer les yeux. Il était là, Drago n'était plus une menace, elle pouvait enfin dormir en paix. Sa main se tendit au hasard, il l'attrapa sachant que ça signifier rester là. Il savait que c'était sa place. Il devait veiller sur elle.

Trois jours et des dizaines de potions. C'est ce qu'il fallut pour souder les multiples fracture, pour guérir le traumatisme crânien, pour refermer le poumon perforé. Ce fut surtout le temps pour Hermione de reprendre pied avec cette vie dont on l'avait si brutalement coupée. Et en ce jour de Noël, Pompom décida qu'elle pouvait rentrer, afin d'assister au repas dans la grande salle ce midi.

Pauvre Créon ! Avec mes ongles cassés et pleins de terre et les bleus que tes gardes m'ont faits aux bras, avec ma peur qui me tord le ventre, moi je suis reine.

Elle sourit en entendant la voix de Severus. Il n'avait eu de cesse de lui lire des romans, de l'occuper avec des challenges, des questions. Elle était heureuse pour son collègue, au point de se demander si elle aurait le courage de mettre fin à ça. Elle qui ne croyait qu'en la science se surprit à prier pour que ces deux là ne se perdent plus maintenant qu'ils s'étaient trouvés.

La nouvelle provoqua des cris de joies chez la jeune fille. Elle sortit du lit aussi vite que possible au vu de son état, s'habilla – pas le moins du monde dérangée de se tenir en sous-vêtements devant Severus nota l'infirmière – et sur un "je récupérerai mes affaires plus tard" sortit courir dans le parc. Revoir la vie, même figée sous la neige, fut son plus beau cadeau de Noël.


Voilà, plus qu'un chapitre, puis ce sera fini (enfin j'en ai une autre de prévue lol). L'extrait en italique vient de Antigone de Jean Anouil.