Auteur : Drusilla
Rating : M
Paring : SR/HG
Résumé : Hermione victime de multiples attaques, doit d'installer dans les appartements de Severus. Entre les agressions et la cohabitation… difficile, ils vont devoir outrepasser leur haine et apprendre la vie à deux. HG/SR.
Chapitre 6 : Amour
Severus tournait en rond. Cela ne faisait pas dix minutes qu'il était redescendu et déjà sa solitude lui pesait. Il avait tant l'habitude de la voir, de l'entendre. Il aurait presque voulu revenir en arrière si ça n'avait pas été si égoïste. Il avait beau chercher, il ne voyait pas comment il pouvait reprendre l'habitude de vivre seul.
Tourner en rond n'était certes pas la solution à cet enfer. Il fallait tout recommencer, aller dans son labo, travailler sur des potions jusqu'à pas d'heure sans personne pour lui rappeler le temps, lire des grimoires en gardant pour lui les réflexions tirées. Et surtout effacer les traces de toute présence féminine dans l'appartement.
Les coups sur la porte le firent sursauter. Dumbledore venait sûrement voir comment il allait. Son protégé l'avait trahi et son cœur était en morceau à cause du départ d'une fille qu'il haïssait un mois auparavant. Merveilleux. Note à lui-même : étrangler Dumbledore s'il osait lui demander de parler de ce qu'il ressentait.
Son cœur fit un bond douloureux quand la porte lui révéla de longs cheveux bruns et des yeux noisettes. Bien sûr, elle venait récupérer ces affaires. Sans un mot il s'effaça. Normalement elle aurait du courir reprendre ses affaires pour s'enfuir le plus vite possible. Aucun scénario imaginé par Severus ne le préparait à ça.
Hermione resta au milieu de salon. Un peu gênée, un peu rougissante, elle était adorable. Il hésita lui aussi, devait-il la laisser seule ? L'aider ? Il allait parler quand elle commença.
- Je n'ai pas très envie d'aller manger dans la grande salle, j'ai pensé aller à La Fée Bleue, le petit restaurant qui vient de s'ouvrir à Pré-au-Lard. Je sais que vous non plus ne comptiez pas venir au repas, alors je me suis dit que vous voudriez peut-être venir avec moi.
- Pourquoi faîtes vous cela Miss Granger ?
- Parce que personne ne devrait passer Noël seul professeur. De plus je tenais à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi.
- Est-ce de la gratitude ?
- Non professeur. De l'amitié.
Elle le regardait avec cette impatience devançant les discussions passionnantes qu'ils avaient à table. De toute évidence, elle non plus ne voulait pas perdre son double, le seul à vraiment la comprendre. De l'amitié ? Si c'était tout ce qu'il pouvait avoir, alors il s'en contenterait.
D'un geste, il appela à lui une robe et lui ouvrit galamment la porte. Le sourire qu'il reçut en réponse fut un précieux cadeau. Il soupira silencieusement en réalisant qu'il devenait pire qu'un adolescent amoureux. Comment par Merlin était-ce arrivé ? Il secoua la tête pour chasser ses préoccupations sous l'œil curieux de la jeune fille, habitée des mêmes doutes.
Le chemin se fit dans un silence confortable, chacun réfléchissant au meilleur moyen de changer ce dîner en ami en quelque chose de plus romantique. En route Severus acheta une rose qu'il offrit à la jeune fille, profita qu'elle ait le dos tourné pour échanger quelque galion contre un collier en or blanc représentant un phénix et sourit en la voyant sortir elle aussi avec un paquet.
Le restaurant était magnifique, très calme, très intime, ils se mirent dans un coin tout près de la fenêtre qui donnait sur le jardin composé à la japonaise. Il n'eurent pas à choisir le menu, le repas de Noël était unique. Ils profitèrent donc de l'attente pour s'échanger leurs cadeaux.
- Professeur, c'est magnifique.
Il rit doucement, lui aussi émerveillé par la gourmette en argent où son nom en lettres majestueuses semblait presque bouger seul. Il l'aida à mettre son collier, elle en fit de même avec son bracelet.
- Alors que pensez-vous de votre liberté Hermione ?
- J'ai du mal à y croire. Le désespoir est une habitude qui se prend vite professeur.
- Je vous en pris Hermione, appelez-moi Severus. Enfin, en dehors des cours.
Elle rougit un peu, ravie de cette marque d'amitié. Lui avait pris cette habitude au cours de leur vie commune, elle n'avait jamais osé. Pourtant lorsqu'elle repris la parole, l'usage de ce prénom lui parut parfaitement naturel. La conversation reprit plus légèrement, entre-coupée par l'arrivée des plats.
Peut-être était-ce l'absence de contrainte, peut-être étai-ce le cadre ? Toute chose est-il qu'ils en virent à parler d'eux, de leur vie privée, de ce qu'ils pensaient de ce mois de vie commune.
- Ce fut une expérience… intéressante, lâcha la jeune fille dans un petit rire.
- Vraiment ? Et qu'en avez-vous retiré ?
- De fermer la porte à double tour pendant ma douche Severus.
Il rit à son tour, cette habitude qui avait doucement fini par prendre n'allait servir à rien à présent. Dans quelques heures il serait à nouveau seul, n'aurait personne sur qui veiller. Mais il sut soudain qu'il ne pourrait pas le supporter. Alors au milieu du dessert, il attrapa la main de la jeune fille sur la table et la serra doucement.
- Vous serez toujours la bienvenue dans mes appartements. Si un jour la collectivité vous pèse, si vous vous sentez seule ou même si vous éprouvez le désir de parler un peu, ou juste de rester en silence dans le canapé, de jouer aux échecs ou de venir me piquer ma douche, vous trouverez la porte grande ouverte.
Elle resta immobile, les yeux sur leurs mains entrelacées. Elle aurait du comprendre, lui aussi allait perdre le confort d'une présence, lui aussi allait regretter leurs discussions. Etait-il vraiment trop tard ?
- J'ai pas envie de partir Severus, murmura-t-elle d'une voix fragile.
Il resserra leurs mains. Etait-elle angoissé de subir le regard des autres, les remarques de ceux qui penseraient comme Drago ? Où était donc passé la fière Miss-je-sais-tout ? Et le bâtard des cachots ? Depuis quand exactement avaient-ils laissé tomber leurs masques ?
- Moi aussi je me le demande Severus.
Il redressa la tête. Il n'était pas sûr d'avoir envi de redevenir ce que Voldemort avait fait de lui, cet être amère, désillusionné. Il ne voulait plus servir à rien. Et cette jeune fille devant lui avait encore besoin d'aide.
- Reste.
Ce fut la première fois qu'il la tutoya. Il savait qu'à présent tout dépendait de sa décision. Elle pouvait lui dire qu'elle n'avait pas le choix et ils resteraient de bons amis ou rester avec lui et devenir beaucoup plus.
- Poudlard a sûrement fait disparaître ma chambre pour la remettre dans le couloir des préfets-en-chef.
- Je sais.
- Rentrons, j'ai envie de prendre l'air.
Il paya rapidement, rejoignant Hermione dehors. Elle lui sourit et glissa sa main gelée dans la sienne. Elle eut un geste démontrant sa peur du rejet mais il la détendit en se mettant en marche. Le même silence qu'à l'allée s'installa, les mêmes questions. Comment ? Ils se haïssaient.
Plus ils approchaient de Poudlard plus il se demandait ce qui allait se passer. Il était son professeur, un homme plus âgé. Il n'était pas assez stupide pour penser qu'elle n'y avait pas réfléchi, Dumbledore les couvriraient, mais serait-ce assez ? Merlin qu'il détestait ces questions qui tournaient dans sa tête.
Un craquement sinistre le fit sursauter. Hermione hurla et se précipita dans les bras de son professeur, les yeux fermés, absolument terrorisée. Il observa avec attention les alentours puis remarqua un arbre qui venait de s'effondrer sous le poids de la neige.
La jeune fille aussi le remarqua dès qu'elle fut un peu calmer, mais ce qu'elle sentit surtout fut la réaction de Severus à son contact. Elle leva doucement le visage vers lui. Il la fixait. Il ne rougissait pas, il avait passé l'âge de l'adolescence, il se contentait d'attendre.
Ce fut elle qui franchi la barrière. Elle se mit sur la pointe des pieds et posa délicatement ses lèvres sur les siennes. C'était doux, c'était plein d'espoirs et il lui répondit avec la même tendresse. Une part de lui, l'homme voulait plus, l'autre savait parfaitement que la gryffondor n'avait jamais connu ça avant.
Finalement il mit fin au baiser, sous le regard légèrement interrogateur d'Hermione. Il y répondit en la soulevant, provoquant un petit rire. Avec une énergie renouvelée, il la porta en courant presque jusqu'au château, tant pour la chaleur que pour l'intimité. Tout le long du trajet la jeune fille partit à la découverte de son cou, si bien qu'il crut ne pas pouvoir atteindre ses appartements.
La porte claqua, et étrangement ce fut elle qui l'entraîna vers sa chambre. Sur le chemin ils perdirent leur robe, à l'entrée de la pièce ils n'avaient plus de haut, au pied du lit, seuls leurs sous-vêtements les couvraient. Elle dut estimer que le trajet avait suffit comme préliminaire parce que ces mains glacées se glissèrent dans son boxer.
Il lui fut reconnaissant de commencer par les fesses, le temps que ses doigts se réchauffent. Le soutient-gorge tomba au sol. Sa bouche partit aussitôt en exploration. Déconcentrée ses mains remontèrent pour lui griffer légèrement le bas du dos. Comprenant qu'elle le laisserait guider –elle apprenait vite mais avait besoin qu'on lui montre glissa-t-elle à l'oreille – il prit tout en charge. Confiante elle se laissa basculer sur le lit, souleva les jambes pour l'aider à enlever sa culotte et attendit.
Severus commença par parcourir tout le corps avec les doigts, suivis de près par sa langue. Les frissons de la jeune fille le dirigeaient caresse par caresse à son sexe déjà mouillé. Quand il y introduit un doigt en remuant, les frissons se changèrent en gémissements, quand sa langue vint titiller le clitoris elle poussa un petit cri. Peu à peu il lui montrait ce qu'une femme pouvait ressentir de plus beau.
Elle finit par ne plus tenir, partagée entre toutes ses sensations qu'elle croyait pourtant connaître et qui à présent la rendait complètement folle. Severus étouffa le cri de sa jouissance avec sa bouche. En la voyant ainsi étalée, sans pudeur aucune, il faillit jouir dans son boxer. Seul l'envie de la pénétrer, de la faire sien, le retint.
Il attendit quand même qu'elle reprenne conscience du monde autour d'elle. Ce qui fut assez rapide, ses mains glissant de nouveau dans le boxer, cherchant cette fois à l'enlever. Il la laissa faire.
- Maintenant on est à égalité.
Sa voix était rauque, à moitié d'avoir crié, à moitié du désir qu'il lui inspirait. Elle regarda le sexe fièrement dressé en face d'elle. Il y avait une différence entre les lectures et la pratique, mais dès son premier coup de langue, il réalisa qu'elle apprenait très vite en effet. Tout ne fut très vite que sensations, il se sentait partir mais ne voulait pas encore.
Il la releva donc doucement en la rallongeant sur le lit. Elle trembla un peu, inquiète et impatiente à la fois. Il la rassura à voix basse, glissant à son oreille les mots rassurants qu'elle avait besoin d'entendre. Pendant qu'elle se détendait, il se plaça à l'entrée de son vagin. Le regard d'Hermione indiquait clairement qu'elle savait la douleur qui allait suivre.
Il essaya tout de même d'aller doucement sans pour autant s'arrêter. A souffrir autant que ce ne soit qu'une fois. Elle gémit, se contracta et tenta de remuer pour chercher une position plus confortable. Il la laissa faire, sa bouche parcourant son visage et son cou. Très vite ses caresses la relaxèrent et il put remuer. Les mouvements lascifs la firent gémir à nouveau, et pas de douleur cette fois.
Hermione restant la même jeune fille au caractère certain, elle prit les devants pour le faire accélérer. Ses hanches se soulevèrent pour le rencontrer, le mouvement devint plus désordonné. La chambre se remplissait de l'odeur de sueur qui parcourait leur corps et des cris qu'ils laissaient tous deux échapper. Elle seule fut témoin de leur orgasme.
Quand le cerveau de Severus fut à nouveau conscient, il réalisa qu'il écrasait la jeune fille et que celle-ci loin de s'en plaindre le serrait contre son corps. Il ne tenta pas de se dégager, remuant jusqu'à ce que les couvertures les recouvrent. Elle le regarda en souriant, confiante.
- Je veux pas partir Severus, répéta-t-elle.
- Reste.
Elle reposa alors sa tête sur son torse. En s'endormant elle entendit clairement son amant murmurer que maintenant il n'allait plus avoir à s'embêter à fermer la porte de la salle de bain.
C'était ça maintenant, la vie à deux.
Voilà, c'est fini, j'espère que vous n'êtes pas trop triste. J'ai déjà la prochaine à l'esprit, j'ai juste légèrement égaré le plan, je la retrouve et vous l'aurez pour les vacances de février. Toujours une HG/SS.
Bisous
Drusilla.
