Chapitre 3 : La caresse d'un vampire.
Tout prêt à confondre le souffle silencieux du vampire et l'eau qui coulait en dehors de la cabine, Harry se réveilla, bercé par le bateau qui avançait sur la Manche. Ses yeux s'éveillèrent certes mais son corps resta dans son profond sommeil, refusant de lui obéir, quand bien même il l'eut voulu plus d'une fois. Draco se tenait là, assis en tailleur tout près de lui, le dos contre la voûte. Harry se permit de le détailler, le trouvant plus beau encore qu'avant. Pourtant il semblait si fatigué, cela n'avait rien d'étonnant. Harry s'en voulut un peu plus d'être aussi faible, malgré cela, il ne pouvait rien y changer.
- Tu es réveillé, mon amour ?
Harry rougit. Il sentit cette bouffée de chaleur incontrôlable qui montait en lui chaque fois que ce signe de complète affection lui était fait par Draco. Celui-ci sourit à sa réaction. Il le répèterait des millions de fois juste pour le voir rougir tout autant de fois.
- Oui… mais je n'arrive à me lever. Cela doit être un contrecoup de la fatigue accumulée… si je ne puis dire, la faiblesse…
- Non, tu n'es pas faible, mon homme. Crois-moi, j'en sais quelque chose et je ne vois aucune marque de faiblesse en toi…
Harry baissa les yeux, il sentait venir le moment où il devait tout lui dire, tout lui annoncer. Devrait-il lui mentir ? Juste pour attendre qu'il soit en sécurité avant. Se serrait le tromper mais pour son bien… comment le prendrait-il ? Bien mal sûrement, et à ce moment il le détesterait, il chercherait à le fuir. Et Harry mourra… Il mourra de chagrin… il crèvera de douleur… et il en serait fier… Lorsqu'il mourra, car bien sûr un jour il mourra, et maintenant il en venait à compter ses jours, il en sera fier. Malgré cela, malgré sa détermination, Harry avait la peur au ventre, car aucun homme aussi fou qu'il soit, quand il sait qu'il mourra, n'a jamais peur. Oui il a peur, même si cela est à la dernière seconde, à son dernier soupir, il finit par avoir peur !
- Harry ?
Le brun remarqua soudainement qu'il avait fermé les yeux et qu'une deuxième fois, les larmes avaient glissés contre ses joues. Le blond se pencha sur lui et les effaça d'un mouvement de pouce. Il prit ensuite son visage avec ses deux mains et planta ses yeux dans les siens.
- Que se passe-t-il ? Tu as mal ?
Le brun se mordit la lèvre… Il devrait tout lui dire… Il devrait.
- Non, j'ai peur…
- De quoi as-tu peur ? Nous sommes en sécurité ici…
- J'ai peur que tu me détestes…
Le blond écarquilla les yeux sans comprendre. Puis il eut un doux sourire, appuyé par le gai plissement de ses yeux. Il caressa longuement le visage du brun, replaçant ses mèches brunes sur le côté, ainsi il pouvait voir correctement ses yeux car il les trouvait d'une splendeur à couper le souffle. Ils brillaient tels des émeraudes d'un vert éclatant. Ils étaient vraiment beaux !
- J'aurais du mal à te détester… Quand bien même tu voudrais ma mort, je te laisserais me tuer pourvu que tu emportes avec toi mon cœur…
- Je ne voudrais jamais te tuer ! S'écria le brun alors que ses larmes doublaient inexplicablement. Oh grand… jamais… jamais…
- Shht, calmes-toi… Je sais que tu ne veux pas me tuer. Ne t'inquiète pas je te crois… Mais tout comme toi tu ne voudras jamais me tuer, moi je ne voudrais jamais te quitter…
- Tu dis ça car tu ne sais rien…
Draco se releva lentement et cessa ses caresses. Harry ferma à nouveau les yeux, le visage défait, les larmes effacées mais au seuil de ses paupières. Le moment été venu de tout lui dire… de tout lui raconter, du commencement à la fin. Il fallait qu'il sache que la mort le faucherait, il ne fallait qu'il s'attache à lui, même si c'était trop tard pour cela… Cela ne fit que plus de mal au brun, car lui savait. Il avait mal car Draco le détesterait lorsqu'il mourrait et non parce qu'il allait mourir… Peut-être même le haïrait-il bien avant…
- Et quand tu sauras tu me détesteras…
- Pourquoi ? Maintenant nous sommes en sécurité, te voilà en bonne voie de guérison, tu peux tout me dire. Dis-moi ce que je ne sais pas et ce que je n'aimerais pas.
Harry ouvrit les yeux et la bouche. Il affronta son regard mais ses mots restèrent bloqués… Il se battait avec lui-même. Il y avait les pour et les contre et les neutres… Le pour disait oui, le contre disait non… Quel était celui qui serait le plus juste, le oui sûrement… Mais il opta pour le non.
- Il y a deux ans tu as perdu ton père n'est-ce pas ?
Draco hocha la tête, surpris, qu'il puisse connaître cette information.
- Sais-tu de quelle manière il est mort ?
- Non, on ne me l'a jamais dit mais je pense bien qu'il ait été tué bien évidemment. Un vampire ne meurt pas de vieillesse, il ne meurt pas seul non plus…
- C'est vrai… ce sont les sorciers qui l'ont tué…
- Pourquoi ?
- Ecoute-moi bien, car ton histoire est loin d'être facile à raconter, loin d'être comprise et encore moins d'être apprécié…
- Je t'écoute, mais laisse moi seul juge de tes propos.
Harry hocha la tête.
- C'est normal…
Soudain, il inspira profondément, comme un vieux sage qui a beaucoup à raconter. Draco retourna contre la voûte, sachant que le jeune brun aurait du mal à parler s'il avait peur de sa réaction. La distance l'aiderait. Il se permit tout de même de reprendre ses caresses dans ses cheveux bruns, et cela réconforta son amant plus qu'il ne le pensait.
- Il y a deux ans, lorsque ton père est mort… Moi je suis né.
Draco eut la sagesse de ne pas interférer malgré sa stupeur, il devait le laisser finir, il poserait les questions à la fin, lorsque tout sera dit. Harry le comprit, il aurait pu le remercier mais il n'en fit rien… Juste il continua son histoire.
- Ce n'est bien sûr pas de ma véritable naissance dont je parle mais plutôt d'une renaissance. Je ne savais pourquoi, c'était en pleine nuit que cela s'est passé. Ma vision des choses s'est brouillée, mon esprit s'est ouvert… je ne le contrôlais plus. A ce moment-là, je vivais dans un petit appartement à Poudlard, l'orphelinat dans lequel j'avais grandi et dans lequel j'avais décidé de travailler. Sans que je ne puisse rien faire, je suis sorti de chez moi et j'ai marché… J'ai marché longtemps, mes pieds nus saignaient des branches et ronces qui jonchaient le sol de ta forêt. J'ai marché jusqu'à ton château, mais me suis stoppé bien avant, à la lisière, dirais-je. Car à ce moment là, j'ai repris le contrôle mais mon esprit continuait à rester ouvert. J'ai vu… tellement de chose… il y avait des murmures dans ma tête, des histoires tordues, j'apprenais des vies qui n'étaient pas les miennes, je devenais toi et tous les autres. Je suis horriblement désolé… J'ai pris peur et j'ai fui… comme un lâche.
- Tu as eu peur de moi ? Osa le blond, si tristement que cela lui sortit du bout des lèvres.
- Non… j'ai eu peur de moi ! De ce que j'étais…
- Et qui es-tu ?
- Un sorcier pur. Je suis un sorcier pur et ma renaissance me l'a appris plutôt brutalement… C'est pourquoi, j'ai fui… La prophétie dit que le sorcier pur doit rejoindre le Dernier des Vampires sans qu'il ne puisse dire quoi que se soit. C'est pourquoi tu me détesteras, parce que moi, j'ai réussi à m'en détacher et je ne t'ai pas rejoint. J'ai pris peur et j'ai fui.
- Je ne comprends pas, murmura le blond. Le dernier des vampires ? Je ne le suis pas, je connais bien d'autres qui sont nés après moi.
- Et pourtant tu l'es… Draco, sais-tu qui est ta mère ?
Le blond hocha négativement la tête, tout doucement, comme s'il savait que la suite ne lui plairait pas.
- C'est parce qu'elle est morte en te donnant la vie.
- Co-comment le sais-tu ? Si c'est le cas, tu ne devrais pas être né à ce moment là !
- Je te l'ai dit… lorsque ton père est mort, je suis devenu un sorcier pur, et j'ai vu ta vie…
- Explique-moi, je t'en prie, je ne comprends rien.
- Il y a une prophétie. Elle parle du Dernier des Vampires, un vampire qui aurait la faculté d'avoir toutes les vies vampires dans son corps. C'est-à-dire que si jamais celui-ci venait à disparaître, tous les vampires disparaîtront avec lui. C'est pourquoi, au lieu de s'en prendre à tous les vampires, les sorciers ont recherché ardemment et secrètement le Dernier des Vampires.
- Pourquoi ne sais-je rien ?
- Car tu es le seul qui ne doit pas savoir, le Conseil des Vampires veille toujours personnellement à cela. Tout comme tu ne devais savoir que ta mère était sorcière, et que ton sang est hybride.
- Alors pourquoi me le révèles-tu, maintenant.
- Parce que… Parce qu'aujourd'hui, il est trop dangereux que tu ne sois pas au courant. Il faut que tu vives à tout prix. Je dois t'amener en lieu sûr. Tu as dit qu'il y avait une part de toi qui t'obligeait à m'aimer n'est-ce pas ? C'est normal, car je suis ton protecteur. Je… j'ai failli à ma tâche il y a bien longtemps, j'ai pris la fuite… Heureusement à ce moment là, les sorciers ne savaient qui était le Dernier des Vampires.
- Pourquoi as-tu fui ?
Harry hésita longuement avant de murmurer, d'une voix craintive :
- Parce que je suis tombé amoureux… Après avoir découvert le véritable sens de mon existence, je t'ai suivi. Sans que tu le saches, j'ai appris plus sur toi que mon esprit en savait. Et je suis tombé amoureux… Je suis… vraiment stupide.
- Est-ce… si mal que ça ?
- Ne me déteste pas… mais oui. A la seconde même où je t'ai vu…
- Il en est de même pour moi, est-ce le lien de la prophétie ?
- Je ne saurais te répondre… Mais pour moi même sans la prophétie je serais devenu fou de toi.
- Alors pourquoi penses-tu que c'est mal ?
- Car tu es le Dernier des Vampires… tu ne vieilliras jamais, tu ne devras pas mourir alors que moi… je deviendrais blanc et fanerais un jour ou l'autre. Et un jour, je devrais te quitter et tu souffriras par ma faute. Tu me détesteras alors de t'avoir abandonné.
Draco ne dit rien. C'était impossible qu'il le déteste mais il est vrai qu'il aurait du mal à le supporter. Il préférerait mourir que de continuer à vivre sans l'amour qu'il venait de découvrir. Il comprit avec horreur maintenant pourquoi Harry avait fui et pourquoi il voyait son amour comme un mal. Il ne devait pas mourir. Pas même pour le premier et dernier amour de sa vie.
- Il n'y a… pas d'alternative, n'est-ce pas ?
- Non… Je vais te protéger à la place de ton père… et puis un autre sorcier pur se réveillera lorsque je mourrais et il te protégera à son tour.
- Je ne veux pas d'un autre. Je ne veux que toi… Je n'ai besoin que de toi.
- Pourtant je vais mourir et tu resteras seul… Tu me détesteras…
Draco ouvrit la bouche et soudain il remarqua les larmes du brun qui revenait encore.
- Pourquoi ai-je l'impression que tu ne me dis pas tout ?
- Je suis désolé… J'ai tellement peur pour toi et tous les vampires. Bien avant de devenir sorcier pur, j'étais fasciné par vous, j'aimais pratiquement tout étudier et vous encore plus. Je suis honoré d'avoir été choisi pour protecteur. J'en suis fier et heureux. Plus encore lorsque tu me dis que tu m'aimes… Moi je t'aime depuis deux ans… Je suis désolé d'avoir pris la fuite. Je ne l'ai réalisé que quelques mois après la mort de ton père. Mais par la suite j'ai été capturé. Les sorciers avaient découvert et m'ont demandé de les conduire jusqu'à toi. Je ne leur ai rien dit… jamais… malgré cela, je ne sais comment ils ont réussi à te trouver, je me suis alors enfui et suis venu chez toi directement. Maintenant, tu sais tout…
- A quel moment dois-je te détester ? Bien que je n'aie encore tout assimilé, je ne vois pas ce qui fait de toi un grand fautif…
- Tu me haïras quand je disparaîtrais…
- Mais ce n'est pas pour tout de suite ! J'aurais le temps avant cela de t'aimer… des années et des années.
- Oui, chuchota le brun soudain lointain. Oui c'est vrai.
- De plus, peut-être trouverais-je un moyen de te garder au près de moi.
- Peut-être… avec le temps… Mais l'important c'est que tu vives.
- Détrompe-toi… plus maintenant. Parce que tout comme toi je suis tombé amoureux.
- Oui, je sais… et c'est mal…
Draco se pencha sur lui et souffla sur ses lèvres.
- En es-tu sûr ?
- Absolument…
Le brun releva la tête, seule partie de son corps qu'il pouvait bouger et l'embrassa doucement.
- Mais je veux que tu m'aimes, jusqu'à ce que tu ne le puisses plus…
- C'est d'une éternité que tu me parles.
Il l'embrassa à nouveau.
- Alors jusqu'à ce que je ne puisse plus.
- Là, c'est à toi de voir.
Cette fois-ci, c'est Draco qui l'embrassa ne lui laissant pas le temps de répondre. Car en vrai, il commençait à s'éprendre de la même peur qu'avait ressentie Harry le jour où il avait fui. La même… Il n'avait pensé une seconde que le brun pourrait un jour le quitter à tout jamais. Même quand, la veille, il l'avait pris, il avait accepté ses sentiments, il n'y avait pensé… maintenant la réalité venait le plaquer contre le mur. Non seulement il y avait cette menace des sorciers, bien que moindre puisque avec lui et Harry réunis, ils auront du mal à les approcher, mais il y avait aussi celle de la vieillesse. Harry avait raison. Un jour il partira et lui mourrait de chagrin… Le détesterait-il ? Maintenant il se posait la question. Peut-être que oui, un petit peu… car il devrait continuer à vivre alors que lui ne serait plus. Et avec les années, il verrait son absence comme un abandon, il finirait fou… Draco n'avait pas pensé à cela. Car Harry était humain…
- Et si je te faisais vampire ? Lui dit-il soudainement en cessant de l'embrasser. Tu vivrais ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que je suis un sorcier pur… Et dans la très ancienne magie, les vampires sont vus comme des êtres impurs. Tu me salirais et je mourrais.
- Et en t'embrassant de la sorte, et en te serrant dans mes bras ainsi, et hier ? Ne t'ai-je point sali ?
- Cela ne prend pas en compte ce que je fais de mon corps mais ce que je fais de mon être.
- Une chose de plus que j'apprends, moi qui pensait tout savoir. D'ailleurs… pourquoi étais-je le seul qui ne devait pas savoir ?
- Parce que tu aurais pu te trahir. Seule une poignée de vampire c'est cela. Et bien sûr, moi. Si les sorciers avaient su qui tu étais…
- Alors tout le monde a pensé que je serais assez stupide pour ne pas garder un secret.
Harry vira au blanc.
- N-non…
Comment lui expliquer sans se trahir ? Oui car Harry avait menti et s'il voulait continuer, il ne pouvait lui répondre. Il répondit alors qu'il ne savait rien. Mais bien au contraire, Draco n'était pas stupide. Cependant, il garda le silence. « Il y a des choses qui devrait me faire bien plus mal que ça, c'est pourquoi il ne veut pas me le dire » pensa-t-il. Mais il garda sagement le silence. « Il me le dira en temps et en heure, peut-être lui en voudrais-je, mais au moins je m'y attendrais. » Draco le regarda fermer ses yeux, comme s'il retenait encore des larmes. Il reposa alors sa tête contre les oreillers et lui donna un baiser sur le front.
- Dors, mon ange… nous avons tout le temps qu'il faut…
Le bateau avançait tranquillement sur l'eau. Deux jours avaient passé et Harry avait lentement mais sûrement repris des forces. Il pouvait maintenant se lever et marcher. Le blond était au petit soin avec lui, faisant attention à ses moindres faits et gestes comme un père fait attention à son enfant. Il n'avait pas perdu son engouement quant aux questions qui restaient sans réponses mais il savait pertinemment qu'il saurait tout en temps voulu… Il avait confiance. C'était une confiance aveugle, il le savait aussi, mais au fond de lui il y avait ce ressentiment étrange qu'il ne pouvait pas faire autrement et en même temps il n'essayait pas de lutter.
Quand la troisième nuit fut bien entamée, le bateau accosta sur les rives de la France. Harry et Draco y descendirent pratiquement immédiatement, le brun revêtu un sweater à capuche noire qu'il enfila rapidement. Il regarda le long manteau du blond et fit une moue mi inquiète, mi embêtée. Le blond lui sourit et lui dit.
- Ne t'inquiètes pas, nous marcherons vite et l'auberge n'est pas très loin.
Le brun acquiesça et ils avancèrent dans la nuit. Les rues sombres et froides furent vite remplacées par celles illuminées et pleines de vie. Harry regarda un peu partout autour de lui, les gens riaient et jouaient. Il ne les comprenait pas tous, beaucoup parlaient en français. Il y en avait de toutes sortes qui se mêlaient les uns aux autres. Des sorciers, des moldus, des créatures magiques multicolores. La nuit était toujours pareille au jour et Harry avait vraiment l'impression de ne pas avoir quitté Londres, mis à part le petit défaut de langue.
- Viens, c'est par là.
Draco le prit par la taille et le fit tourner dans une rue adjacente. Là, les boules de lumière illuminée vastement l'allée où une grande auberge surplombé tout le reste. Harry lut rapidement l'écriteau : Le vampire club, et comprit pourquoi Draco connaissait si bien l'endroit. A part la baie vitrée ouverte faisant office de porte d'entrée, il n'y avait aucune autre fenêtre sur tout le long de l'auberge. Draco pénétra le premier et Harry finit par laisser tomber sa capuche. Il admira légèrement la beauté de l'endroit. On aurait dit une auberge pour moldu tant la luminosité des lampes était grande. Il y avait un grand bar à leur droite et des tables et des chaises vides à leur gauche. Harry tira légèrement sur la manche du blond qui se pencha pratiquement en même temps vers lui.
- Cela ne ressemble vraiment pas à un repaire de vampire.
Draco rit.
- Attends qu'il cherche à t'attaquer et tu verras ! Bien qu'ils ne le feront pas.
- Pourquoi ?
- Parce que tu portes mon empreinte.
- Ton… ?
- On en parle tout à l'heure, prenons d'abord une chambre.
Draco avait repéré un jeune homme d'une trentaine d'années et lui fit signe. Celui s'approcha avec un grand sourire. Il était plutôt petit et pas mal à regarder. Il avait une chevelure brune torsadée qui retombait sur ses épaules et des yeux bleus. Sans vraiment le vouloir, Harry se mit à le jalouser. Surtout sa façon de sourire aussi facilement au blond. Celui-ci d'ailleurs répondait mais avec un peu plus de réticence ce qui égaya légèrement Harry.
- Bonjour, Mr Malfoy ! Cela faisait longtemps ! Comment allez-vous ?
- Ça va bien, merci Artie. Euh… Je te présente… mon petit ami !
L'autre homme perdit immédiatement son sourire en posant ses yeux sur le brun. Celui-ci rougit brutalement à son surnom. Artie retrouva son sourire en lui tendant la main.
- Eh bien, je n'aurais jamais cru que quelqu'un au monde puisse ravir le cœur de notre célibataire endurci ! Surtout…
Il renifla soudainement le brun en souriant un peu plus.
- … un humain !
Harry eut alors un sourire. Il sut maintenant que l'aubergiste était un vampire.
- Enfin bon… une chambre avec un lit ? Je suis désolé mais il n'y a pas de chambre humaine…
- Oh c'est bon, je m'en contenterais !
Le blond sourit au brun et ils suivirent le petit vampire qui les guida vers le bar.
- Bien que nous n'ayons pas de chambres, des tonnes de vampires ramènent toujours des humains ici alors nous avons investi en nourriture et boissons, alors le petit déjeuner est servi à partir de midi et un déjeuner à huit heures.
Harry fronça les sourcils.
- Pourquoi aussi tard ?
- C'est une auberge vampire ici. Les humains ne sont pas là pour dormir la nuit !
- C'est vrai, murmura Harry.
- Vous restez combien de temps ?
Draco se tourna vers le brun et l'interrogea du regard. Celui-ci soupira. Il ouvrit alors sa main et fronça les sourcils. Soudain une grande flamme apparue. La même que la première mais bleu marine, tirant vers le noir, cette fois. L'autre vampire le regarda, ébloui par cette prouesse mais se ressaisit vite.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc !
Harry ferma rapidement le poing, faisant disparaître la boule de lumière. Il regarda ensuite les deux autres qui le toisaient avec incompréhension et soupira à nouveau.
- Nous partirons dans deux jours… où plutôt deux nuits.
- T'es sûr que tu ne veux pas prendre plus de temps ?
- Non. Après… ils…
Il cessa de parler devant le regard suspicieux de l'aubergiste puis se leva sur la pointe des pieds pour murmurer à l'oreille de son homme.
- Ils finiront par nous retrouver !
Le blond hocha la tête et se tourna vers le vampire qui souriait bêtement.
- Je ne voudrais pas vous contrarier, mais je suis un vampire ! S'exclama-t-il avec un clin d'œil.
Harry rougit à nouveau. Il ne l'avait pas oublié, mais sur le coup n'y avait pas fait attention… Le vampire avait sûrement entendu ce qu'il avait dit. Alors Draco se pencha vers lui et murmura :
- Nous aimerions… un maximum de confidentialité, si tu vois ce que je veux dire.
- Aucun problème ! Fit l'aubergiste. Mais je vous préviens si on détruit mon auberge par votre faute, c'est vous qui payez les dégâts !
- Pas de problème, esquissa un sourire le blond.
Il prit ensuite la clef que lui remit Artie et attrapa Harry par la main.
- Ne restez pas enfermés, leur conseilla le vampire. A cette heure-ci, tous sont dehors ! Allez visiter la ville !
- D'accord ! Murmura le brun alors que son amant le conduisit à l'étage supérieur. Attends, Draco.
Mais le blond ne l'écouta pas, il l'entraîna un peu plus vite vers l'étage d'au dessus encore.
- Draco… Qu'est-ce qui…
Arrivé au deuxième étage, le blond le fit rentrer dans la troisième chambre qui portait le numéro vingt-cinq. Il ferma brutalement la porte et poussa Harry dessus. Là, il attrapa ses lèvres des siennes, oubliant toute douceur, et s'enquit de glisser sa langue dans sa bouche. Du sang coula de ses lèvres, lacérées par ses canines. Harry gémit de plaisir et de douleur en même temps. Cependant le premier dominait le second.
Il attrapa donc la tête du blond de ses deux mains et appuya un peu plus. Draco retira avec rage son sweater et le léger linge qu'il portait en dessous, puis se déshabilla lui-même. Une fois torse nu, il descendit ses lèvres contre son cou, son épaule et s'attaqua à son téton durci. Il l'aspira et le malmena tellement que Harry se sentit durcir pratiquement d'un coup. Son érection était tellement oppressante que Draco la sentit de suite, augmentant un peu plus sa vitesse.
Il fit descendre sur ses chevilles le pantalon de son amant et lâcha son téton pour descendre encore. Partout où il passait, il laissait un petit sentier de sang sur le corps doré. Harry ouvrit lentement la bouche et ferma les yeux lorsque Draco prit en bouche son membre rougit. Il serra dans ses mains la chevelure blonde et gémit bruyamment à cette brusque montée de chaleur. C'est comme-ci en l'espace de quelques secondes le blond l'avait emmené dans un autre monde où il n'y avait personne d'autre que eux deux… pas de ministère, pas de menace, pas de mort… Draco suça avec délice, passant sa langue par de petits coups brusques sur le gland gonflé à bloc.
- Dra… Draco, je… je…
Harry sentit son membre retombé dans le vide alors que Draco massa ses fesses. Il gémit de frustration face à ce retournement lui qui était à deux doigts de jouir mais le blond ne lui laissa pas le temps de dire quoi que se soit. Il retira le reste de ses vêtements ainsi que ses chaussures et le prit dans ses bras reprenant sa bouche. Tout en le guidant vers le lit moelleux, il le pénétra d'un doigt et Harry cria légèrement dans sa bouche. Il ne s'attendait pas à ça mais le blond se mit à le glisser lentement le faisant gémir de plaisir. Cette fois-ci, ce fut Harry qui le mordit dans le cou pour se retenir de trembler, et ce fut lui qui le griffa le dos quand il le pénétra d'un deuxième doigt.
- Tu aimes ça ! Chuchota le blond. Tu en veux plus ?
Harry hocha vivement la tête.
- Je te veux ! Je t'en prie, prends moi tout de suite !
- Demande le moi plus… méchamment !
Draco le fit tomber dans le lit et lui fit écarter les jambes brutalement. Le blond scruta cette posture qu'il trouva magnifique. Sa verge était toute prête à l'explosion, son corps était brûlant, doré rouge, la sueur sur son visage, le sang sur son torse, tout le saillait à merveille. De son point de vue, il le voyait comme un énorme gâteau au chocolat, délice à volonté, plaisir exceptionnel. Harry vit son regard rouge lubrique et ses canines ressortirent. Il sut que son état allait empirer s'il disait quoi que se soit mais malheureusement il ne put que céder à la tentation et se releva légèrement pour lui murmurer sensuellement :
- Je veux que tu me prennes avec ta queue !
Le blond sourit sadiquement et se coucha sur lui. Ses yeux devinrent totalement rouges. Il pénétra à nouveau de ses doigts le brun qui émit un soufflement de frustration.
- Draco !
- Si tu veux plus, il faudra m'en donner plus !
- Draco !
- Oui ?
- Prends-moi, merde…
- Pardon ?
- Je veux que tu me défonces l'arrière ! Baise-moi !
Harry rougit à ses propres mots mais obtint ce qu'il voulut, le vampire retira sa braguette et sortit son engin voluptueux. Il le pénétra d'un coup et Harry vint s'accrocher à son cou face à la grosse montée de plaisir. Sans le vouloir, il éjacula presque immédiatement. Malheureusement le vampire continua ses vas et viens. D'abord doucement puis plus vite, de plus en plus vite. Harry retrouva rapidement une érection nouvelle.
Draco accentua la brutalité de ses coups, Harry hurla de plaisir tant il en était plein. Le vampire ne sortit que des gémissements rauques, souffles de taureau en rut. Son propre plaisir était à son comble, il éjacula enfin, Harry vint peu de temps après. Deux fois en l'espace de quelques minutes seulement l'avaient épuisé. Il s'écroula contre le corps froid du blond qui se mit à lui caresser le dos avec douceur.
Son état vampirique finit par se calmer puis disparaître. Ses pensées maintenant totalement saines, il émit un petit « désolé ». Le brun se releva, usant de ses dernières forces. Il sourit.
- Pourquoi ? Tu n'as rien fait de mal…
- Je me suis énervé pour rien et je t'ai o…
- Non, non… j'ai beaucoup aimé ! Sauf que je suis totalement épuisé maintenant !
Le blond le fit se coucher et s'allongea près de lui.
- Pourquoi t'es-tu énervé ?
- Je n'ai pas vraiment aimé la façon dont il t'a regardé !
Le brun rougit. Il avait été jaloux mais n'avait pas remarqué que Draco l'eut été beaucoup plus que lui. Il n'avait même pas remarqué que l'autre vampire avait eu une quelconque envie de lui. Lui, ne voyait que le blond. Il le prouva en se penchant et l'embrassant lentement.
- Je t'aime. Je n'aime que toi, personne d'autre, je n'aimerais plus jamais de ma vie.
- Comment peux-tu en être aussi certain ?
- Parce que… c'est écrit au fond de moi. La première fois que je t'ai vu… j'ai tout de suite su… que c'était toi ! Tu es… MON vampire !
Le brun sourit en caressant sa joue.
- Mon homme…
Draco le regarda puis finit par l'embrasser aussi. Il passa un petit coup de langue sur ses plaies qui se refermèrent de suite.
- Je t'aime aussi, Harry. Tu es MON humain… et tu portes maintenant mon empreinte qui est…
Là, il remarqua que le jeune homme s'était endormi. Il sourit avec douceur et tendresse puis caressa ses cheveux. « Je lui expliquerais demain » pensa-t-il. Il le recouvrit ensuite du drap et se leva. Il se rhabilla rapidement et se dirigea vers la sortie. Il se retourna et regarda son amant avec amour. Puis il sortit de la pièce. Draco descendit au bar où l'aubergiste astiquait avec soin son comptoir. Il arrêta tous mouvements et appuya ses coudes dessus.
- Ne me dîtes pas que votre humain s'est déjà endormi ? Ça fait combien de temps que vous êtes montés, une demi-heure tout au plus ? Pas très performant !
- Ne te mêle pas de ça ! Il est… faible par ma faute… Je suis un vampire…
- Et lui un humain ! Ce genre de couple ne va jamais très loin, vous devez pourtant le savoir, mon Roi !
- Tsss… Tais-toi donc. Parle-moi plutôt de la prophétie du roi !
- De quoi ?
- Du Dernier des Vampires. Et ne me dit pas que tu ne sais rien, toi qui sait tout.
- Si mais… comment pouvez-vous être…
Soudain il se tait.
- Ooh… je vois… Alors l'humain, c'est votre sorcier pur ! Mais attendez ! Je comprends maintenant pourquoi il est épuisé !
Le blond fronça les sourcils.
- Dis-moi tout !
L'aubergiste ouvrit la bouche mais se retint brusquement. Il évita le regard du Roi en se mordant les lèvres. Celui-ci se rapprocha et tapa du poing sur la table. Il pencha la tête pour le regarder dans les yeux.
- Dis-moi !
L'autre le fuit encore puis se remit droit.
- Si… votre humain ne vous a rien dit, je ne pense pas que je devrais vous en parler ! Faîtes lui confiance…
Le blond se releva lentement puis hocha la tête. Il allait partir lorsque l'aubergiste le retint en reprenant son asticotage.
- Cependant, s'il y a une chose qu'il faut que je vous dise c'est que… vous ne devriez pas vous attacher à votre sorcier pur. Il mourra. Ils meurent toujours…
