Chapitre 8 : La cachette d'un vampire.
La calèche ne fit aucune escale avant d'arriver à destination, c'est-à-dire une petite grotte à l'abri de tout. Pendant le long chemin d'une durée indéterminé (ou du moins qu'il n'avait pas comptée), Draco nourrit Harry et leur enfant et Harry obligea le blond à lui voler un peu de son sang car voilà plus d'une semaine qu'il ne s'était pas nourri. Il en donna aussi un peu à son fils qui but goulûment le liquide rouge. L'enfant avait cessé de pleurer, bien au contraire, il affichait un air ravi et s'amusait avec les mains de son père humain. Harry, en vrai papa poule, riait à tous les petits progrès qu'il perpétrait en si peu de temps.
Au début cela avait beaucoup étonné le brun mais par la suite il comprit que le petit ne mettrait pas énormément de temps à devenir adulte. Une à deux semaines… Et Draco approuva. Quand le cocher vint ouvrir la porte du véhicule, Draco fut le premier à sortir. De nouveau, il toisa méchamment le gris, ayant une certaine animosité face à cet étrange aura qu'il dégageait. Il n'avait l'air de rien de ce qu'il connaissait, il n'était ni sorcier, ni moldu, ni vampire, ni loup-garou… De quelque espèce il devait être, tant qu'il ne savait pas, Draco eut bien peur de ne jamais pouvoir lui faire confiance. Peu importe que Rogue lui ait assuré être un homme fidèle.
Le cocher ne lui répondit cependant que par un doux sourire légèrement hautain, peut-être trop pour le vampire mais il n'eut le temps de dire quoi que se soit, Harry lui demanda de l'aider à sortir et il obéit sans plus tarder. Le brun était non seulement totalement remis de ses journées difficiles mais comblé jusqu'aux prochaines blessures. Il posa dans les bras de son amant le bébé qui ne l'était plus tant. Approximativement, on lui donnait un à deux ans. Et dans quelques minutes peut-être plus ! Le cocher ferma ensuite la porte et les deux hommes se mirent à détailler l'endroit.
C'était une grande grotte prolongée, comme celle que l'on trouve derrière les cascades. Au fond on pouvait voir une porte en bois vernie, sûrement protéger par des sorts, car au fil du temps, elle aurait dû se ternir, dans un endroit aussi humide et chaud en même temps. Harry s'avança, les paquets à la main, vers elle, Draco non loin le suivit. Le cocher détacha sobrement les rênes et les chevaux de leur atèle. Il les plaça dans un enclos un peu caché par les parois de pierre et leur donna de quoi se nourrir.
- Où sommes-nous ? Demanda Harry quand il revint.
- Dans un endroit très secret. Très peu on en connaissance et ceux qui savent l'appelle la Cage…
- Pourquoi un tel nom ? Fit Draco.
- Tout bonnement parce qu'il n'y a qu'une seule entrée… ou une seule sortie, ça dépend de là où vous vous positionnez. Venez…
Le cocher ouvrit la porte et montra l'intérieur. Celui-ci était totalement noir alors le brun fit apparaître quelques boules de lumière qui éclaira facilement le long couloir.
- Cette endroit est gigantesque, il y a pas mal de pièce et de couloir mais tous convergent vers une seule destination : le salon. Si vous êtes perdu, suivait le couloir le plus proche de vous, vous y arriverez.
Le cocher avançait d'un pas tranquille. Malheureusement Draco n'avait vraiment aucune confiance en lui, il l'apostropha :
- Comment sais-tu tout ça ? Toi qui n'es pas vampire.
Le cocher le toisa malicieusement alors qu'Harry lui jeta un discret regard déçu. Le jeune homme ici présent les emmenait dans un endroit sûr mais le Roi des Vampires n'en avait cure. Dans la voiture, il lui avait fait part de son embêtement face à cet inconnu et Harry n'avait réussi à le faire changer d'avis. Il tenta à nouveau.
- Draco, murmura-t-il. Peu importe qu'il ne soit pas vampire… Ce n'est pas la race qui compte.
- Vous vous trompez, monsieur… coupa le jeune gris sans se retourner. La race… Cela toujours était la plus grande source de conflits, et ce depuis la nuit des temps ! Pour la protéger, pour la détruire, pour l'enfanter… Nous nous battons toujours au nom d'une race et pourtant nous savons… qu'elle n'est qu'un prétexte pour faire la guerre… Si la race n'existait pas, nous ne nous battrions pas…
Harry fronça les sourcils. Bien qu'il ne voyait que son dos, le jeune sorcier avait très bien senti sa tristesse dans ses mots… Et Draco aussi, c'est pourquoi son dur regard s'adoucit.
- Tout du moins, continua-t-il sur un ton plus jovial. Si nous n'avions pas de race… nous n'aurions pas de rencontre…
Harry regarda de biais Draco avec un grand sourire et celui-ci le lui rendit…
- Est-ce que notre rencontre à nous, moi, petit inconnu qui veut faire ses preuves et vous, hommes de grande importance, était programmée, ça je ne sais pas… mais rien n'aurait été pareille si j'avais été de la même race que vous… Alors si… Mr Potter, tout est une histoire de race !
Harry écarquilla les yeux quand il entendit son nom, Severus lui aurait-il dit comment il se nommait ?
- Comment t'appelles-tu ?
- Mon nom est Cross…
- Et… ?
- Quand à mon espèce, le coupa-t-il encore. Elle n'est plus très importante…
Les deux autres ne comprirent pas. Le jeune homme, qui prônait l'importance des races il y a peu, se rétractait maintenant ? Pourquoi ?
- Eh bien, Cross, soupira Draco, tu soulèves bien des questions.
Cette fois-ci, le jeune gris se retourna et leur fit un premier vrai sourire.
- Peut-être qu'un jour j'aurais assez confiance en vous pour y répondre à toutes.
Harry pouffa contre sa paume et Draco écarquilla les yeux avant de rire aussi. Voilà que le Roi des Vampires venait de se faire berner ! Et par plus jeune que lui. Du moins, le pensait-il. Ils arrivèrent alors à ce que Cross appela le salon. Cela ne ressemblait à rien d'autre qu'une cavité immense et vide avec un tapis rouge au sol et un canapé. Draco eut même une grimace de dégoût face à si peu de luxe. Il se dit alors qu'il aurait dû penser à prendre quelques vêtements et armoire plutôt que d'arriver les mains vides. Harry sourit face à sa tête et Cross ne tarda pas à la voir non plus.
- Si vous trouvez ce salon assez… commun, sachez que les chambres sont nettement plus confortables ! Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux… mais cela sera bon, je pense pour seulement une semaine ou deux… Je vous laisse prendre le temps de trouver une chambre qui vous plaise, nous aurons qu'à nous dire à demain, si vous voulez bien… Vivre la nuit n'est pas vraiment un de mes passe-temps préféré… j'aimerais allez me coucher…
Et il laissa là les deux hommes incrédules qui le regardèrent disparaître par un de nombreux couloir sans porte.
- Très étrange… murmura Harry.
- Oui… Il me fait un peu penser à un fantôme… Non un fantôme ne dort pas, pas moins qu'il puisse toucher quoique se soit… Il m'intrigue tout de même.
Harry soupira.
- Allons dormir, mon amour. Je suis épuisé ! Et le soleil ne va pas tarder.
- Oui, tu as raison.
Le blond prit les devants en empoignant le brun à la recherche d'un lit confortable. Ils passèrent par un long couloir où plusieurs portes étaient présentes avec différents écriteaux carrés et poussiéreux. « Cuisine », « Salle de bain », « Chambre »… Ils comptèrent, juste dans ce couloir, sept chambres, deux cuisines, deux toilettes, trois salles de bains, quatre salles de repos, trois salles de jeu…
- C'est tout un peuple qui devait vivre ici, c'est incroyable !
Draco en fut tout à fait d'accord, ils pénétrèrent dans deux chambres adjacentes et Harry prit le lit qu'il rétrécit dans l'une et le mit dans l'autre. Ainsi il posa son bébé dessus et celui-ci ne protesta pas. Il lui caressa doucement les cheveux et le borda pendant que le vampire faisait le tour des environs. Il ouvrit les différentes armoires et remarqua que tous étaient comblés de vêtements pour femme.
- Si nous cherchons dans les différentes chambres nous finirons par trouver des vêtements à notre taille et aussi à celle de Gabriel. Le pauvre ne va pas rester ainsi toute sa vie !
Harry rit en replaçant le linge sur la tête du petit. Il lui mit ensuite le drap sur lui mais brusquement Gabriel le retira et commença à pleurer.
- Veut pas ! S'exclama-t-il.
Harry écarquilla les yeux puis un sourire naquit sur ses lèvres.
- Allons, mon enfant ! Tu dois dormir.
Le petit cria un non plaintif et Draco revint sur ses pas. Il sourit au brun qui était totalement heureux. Voilà que leur enfant savait dorénavant bredouiller des paroles cohérentes. Bien plus cohérent que son incessant vocabulaire incompréhensible fait de mots de premier cycle. Le blond se pencha et prit Gabriel dans ses bras. Celui-ci se blottit immédiatement contre lui, montra ses yeux rougit par la fatigue. A son tour, Draco sentit le sommeil l'engloutir. Dehors, le soleil venait de se réveiller.
- Si papa a dit qu'il fallait dormir, c'est pour ton bien, petit ange… Endors-toi…
Le petit brun se mit alors à ronronner des « papa » à peine audible et bientôt il s'endormit. Draco reposa l'enfant dans son lit et Harry reposa le drap sur lui. Il se tourna ensuite vers son amant et sourit avec tendresse.
- Papa… c'est si mignon…
- C'est sorti tout seul, mais rien n'est plus vrai…
- Tu fais un papa merveilleux toi aussi…
Draco sourit et prit l'homme dans ses bras. Harry se complaisait dans son étreinte, il s'écarta cependant légèrement, juste assez pour que ses lèvres touchent avec délice celle de son petit ami. Ils s'offrirent un temps de répit minime avant de s'attaquer à nouveau, avec toute la douceur qu'ils pouvaient se donner. Il n'y avait rien de plus tendre à ce moment que leur amour qu'il se donnait. Leurs langues se mélangèrent, les faisant vibrer, trembler d'amour et de désir. Le désir était bien là, présent dans chaque parcelle de peau qui se touchait mais surtout dans celles qui ne le pouvaient pas.
Harry s'arrêta cependant alors que déjà, sans même qu'il ne s'était aperçu, il ne portait plus de chemise. Il repoussa légèrement son amant qui le regarda, frustré… Ses pupilles étaient déjà légèrement dilatés. Quelques instants plus tard et le brun n'aurait plus eu aucun contrôle sur lui. Il n'aurait pu l'arrêter ni même songer à le faire.
- Que se passe-t-il mon amour ?
- Nous ne pouvons pas le faire ici… Pas devant Gabriel. Et s'il se réveillait ?
- Un vampire ne se réveille pas pendant le jour, chéri.
- Ce n'est qu'un demi-vampire… Et tout de même… Nous ne devrions pas…
- Même si j'en meurs d'envie et que tu y résistes fortement toi-même ? Fit le vampire, prédateur en retirant son t-shirt à son tour.
Harry se mordit sauvagement la lèvre en regardant (devrions nous dire bavant ? Sûrement oui) son torse si musclé, si parfait. Il hocha cependant la tête et se détourna (non sans un léger tremblement) du si beau tableau qu'était Draco. Celui-ci se plaignit mais suivit sagement le brun qui les conduisit jusqu'au lit.
- Harry dis-toi qu'une fois endormi, je ne me réveillerais pas !
- Alors endors-toi vite, gros bêta… Demain, nous mettrons Gabriel dans une chambre à part et j'assouvirais tous tes désirs…
- Et pourquoi n'est-ce pas nous qui nous déplacerions dans une autre chambre, là maintenant… tout de suite…
En disant cela il s'était étalé sur le corps du brun et l'avait embrassé dans le cou et les clavicules. Il remonta ensuite jusqu'à sa bouche qu'il se délecta pendant un moment. Mais soudainement il se redressa et étouffa un bâillement à s'en décrocher la mâchoire. Harry éclata de rire puis le contint de peur de réveiller son petit ange.
- Voilà pourquoi ! Tu serais trop lourd à porter si tu t'endormais pendant l'acte !
- Mon amour, tu es dur ! Autant mentalement que physiquement.
Harry rougit férocement puis sourit un peu plus avant d'esquisser un mouvement de hanche afin de le déstabiliser. Ne si attendant pas, le vampire glissa sur le côté et le brun en profita pour caler sa tête contre son bras. Draco sourit en plaçant de manière protectrice ses bras autour de lui. Confortablement installé ils s'embrassèrent une dernière fois, aussi tendrement qu'il le put.
- Bonne nuit mon ange.
- Bonne nuit mon démon !
Et enfin ils s'endormirent…
Quand Draco se réveilla la nuit suivante, il constata que son lit était vide tout comme celui de son fils. Il bailla lentement, attendant que les brumes du sommeil cessent. Enfin il se leva et ne prit même pas la peine de se rhabiller. Il suivit lentement (Il marchait normalement mais pour un vampire de sa vitesse nous pouvons dire qu'il marchait lentement !) l'odeur de son fils mélangée à celle de son petit ami. Il arriva devant une porte marquée « cuisine » et ouvrit sans même frapper. Comme il l'avait pressenti grâce à son étrange aura, Cross était aussi à l'intérieur. La cuisine était plutôt grande, très illuminées par divers chandelles placées ça et là dans la pièce.
Alors qu'Harry était au sol, assis en tailleur, avec Gabriel sur ses jambes, Cross lui était derrière le comptoir à préparer quelque chose à manger. A son arrivée tous les regards se tournèrent vers lui. Et Harry sourit de toutes ses dents. Draco remarqua immédiatement qu'il avait réussi à trouver des habits pour Gabriel bien qu'il en faudra en cherchait d'autre d'ici deux jours. Il était maintenant habillé d'un simple t-shirt à manche courte vert et d'un pantalon en lin beige. Ses pieds étaient restés nus.
- Bonsoir, Draco ! Regarde !
Il se pencha ensuite vers son fils et murmura.
- Tu vas dire bonjour à ton père ?
- Vi ! S'exclama l'enfant tout sourire.
Il se leva soudainement et se mit à marcher en tremblant légèrement puis courant un peu jusqu'au pied de son père. Celui-ci l'accueillit avec un sourire qui faisait trois fois le tour de son visage. Quand il fut tout près, il prit son enfant dans ses bras et celui-ci explosa de rire. Il le fit légèrement virevolter avant de l'embrasser avec force sur la joue.
- B'soir Père !
Draco sourit de tout son être.
- Bonsoir mon bébé… tu as bien dormi ?
- Vi !
Harry se leva et se rapprocha d'eux. Il embrassa chastement son amant et celui-ci lui sourit.
- Et toi ?
- Ça va ! Je n'ai pas à me plaindre, tu es toujours un bon sofa.
Le blond rit un peu, puis il leva la tête vers Cross.
- Bonsoir.
Le gris lui répondit en levant sa coupe d'eau. Gabriel lutta soudainement pour descendre des bras de son père qui le lâcha puis il courut vers Cross et lui sourit de toutes ses dents. Le cocher n'eut aucune réaction, son visage resta indéchiffrable… Il se tourna ensuite vers les deux parents qui attendaient et leur dit :
- Je crois qu'il a encore faim, vous devriez allez prendre une douche et vous habiller ! Je m'occupe de lui…
Draco allait s'interposer mais Harry posa une main sur son torse nu et acquiesça.
- Merci beaucoup Cross.
Il fit prestement sortir son amant et lui-même avant de refermer la porte. Cross tourna de nouveau le visage vers le petit brun qui attendait toujours.
- As-tu apprécié mon omelette ?
Le petit hocha frénétiquement la tête.
- J'en reveux ! S'il te plait !
Le gris le regarda encore pendant un moment. Jusqu'à ce que le mi-vampire mi-humain penche légèrement la tête sur le côté et cesse de sourire. Il ne comprenait pas vraiment le comportement de l'autre et lui demanda ce qui n'allait pas.
- Rien, répondit-il enfin, va t'asseoir… Je te sers ça !
Gabriel alla s'asseoir, tout content et attendit son assiette. Derrière les fourneaux, le cocher sortit soudainement un sachet de son veston. Il l'ouvrit doucement pour ne pas se faire voir puis l'approcha de la poêle sur laquelle il faisait cuire les œufs… Mais soudain il s'arrêta. Sa main trembla… Il resta ainsi pendant quelques secondes, des secondes qui lui parurent interminable. Puis il se retourna vers l'enfant qui le regardait faire avec un petit sourire. Ses yeux… étaient magnifiques…
Le jeune homme se tourna alors vers la poubelle et jeta l'assemble de la poudre contenu dans le sachet, puis le sachet en lui-même. Il finit de faire l'omelette puis la plaça dans une grande assiette jaune. Il prit un couteau et une fourchette qu'il lava. Enfin il revint près du petit brun qui déjà n'en pouvait plus d'attendre. Il se mit tout de même à couper son omelette avec une lenteur exécrable pour l'enfant. Placé juste derrière lui, le gris frissonna légèrement à la proximité de l'enfant. Il serra les dents férocement pour ne pas le montrer. Quand il eut fini, il eut droit à un grand merci de Gabriel qui se mit à manger comme s'il n'avait rien avalé depuis trois jours. Ce qui, il faut bien le signaler, était totalement faux.
Cross se redressa le couteau à la main et recula de quelques pas. Il fixa intensément le couteau dans sa main, le couteau qu'il serra jusqu'à s'en faire saigner la paume. Et encore une fois sa main trembla. Il ferma alors les yeux et se déplaça rapidement jusqu'à retourner près de l'évier. Il lâcha l'objet de mort dedans et prit les rebords dans ses mains. Derrière lui, le brun le regarda faire avec inquiétude. Il se leva doucement, sans faire de bruit et marcha tout autant jusqu'à lui.
- Qu'est-ce qu'il m'arrive, entendit-il de la bouche du cocher.
L'enfant posa sa main sur son dos et il le sentit sursauter brusquement. Le gris se retourna lentement vers lui et le toisa sans un bruit. Ils restèrent ainsi à se regarder dans le blanc des yeux sans que l'un ne face un seul geste. Enfin le cocher se redressa et son regard s'adoucit.
- Va manger…
- Nan.
Le petit se tourna alors et sous les yeux surpris du gris se retrouva près de la porte en moins d'une seconde. Il l'ouvrit et partit sans autre mot. Le cocher mit un temps infernal avant de se rendre compte qu'il avait laissé partir le petit alors qu'il avait dit à ses parents qu'il allait s'en occuper ! Il fallait qu'il le retrouve et au plus vite…
Un peu plus tôt, Harry et Draco étaient allés dans une des nombreuses salles de bains et avaient profité de son confort pour se détendre un maximum. La pièce, comme toutes les autres, possédait une baignoire surmontée d'un promontoire en bois d'une splendeur inégale. Les deux hommes s'étaient posés la question : Comment cet endroit avait-il pu se conserver de la sorte, face aux attaques de l'humidité et de la poussière ? Mais ils n'avaient pas tergiversé sur cela sachant que cet endroit au multiple secret était bien étrange. Le reste de la salle de bain se résumait à deux vasques en verre doré, dans un style de fleurs ouvertes, qui faisaient office de lavabos, posé sur un grand meuble en bois avec une dizaine de tiroir en panier d'osier, ainsi qu'un porte-serviette pareil au meuble.
Dès le début de leur bain relaxant, Harry avait dû essuyer pas mal de tentative de Draco qui le désirait plus que tout autre. Le blond comprit très bien que quelque chose n'allait pas et ne recommença plus (au bout de la cinquième tentative !) Cependant, il osa tout de même poser la question au brun. Celui-ci se mit à rougir avant de prendre un air si triste que Draco s'en voulut énormément de le forcer ainsi.
- J'ai peur… murmura enfin le brun.
- De quoi ?
- De retomber enceint. Nous ne savons pas si c'est possible parce que les sorciers purs mourraient toujours après la naissance. Je ne veux pas avoir à nouveau cette expérience.
Draco le comprit tout à fait et soupira. Il n'y avait pas du tout pensé… Lui non plus ne voulait pas revivre cela. C'était une chance d'avoir su extirper l'enfant à temps, ni trop tôt, ni trop tard… Il ne voulait plus prendre le risque de perdre son amour. Harry s'excusa en voyant l'air pensif du blond mais celui-ci l'embrassa avec tendresse sur la bouche puis sur le front.
- Ne t'inquiète pas… Nous en discuterons plus tard, rien ne presse…
Harry l'en remercia et ils purent retomber dans leurs caresses et leurs baisers. Après quelques instants les mains de Draco recommencèrent à se faire oppressantes et baladeuses. Le brun se retint de le refouler à nouveau, mordant sa lèvre entre le doute et le plaisir. Draco finit par sentir sa gêne et soudain sourit.
- Même si nous ne devons conclure, il y a d'autre chose que nous pouvons faire qui sont toutes à la fois… très satisfaisantes.
Il l'embrassa sur le coin du nez, et le brun rit légèrement, chassant de la sorte sa gêne. Il passa ses bras autour du cou du blond et l'embrassa doucement.
- Alors allons-y… Mais ne traînons pas trop, je n'aime pas laisser Gabriel aussi longtemps avec Cross alors qu'il n'a pas encore atteint l'âge adulte. Il pourrait lui faire du mal sans le vouloir vraiment…
- Parles-tu de Cross ou de Gabriel.
Harry rit et le frappa doucement l'arrière du crâne.
- Idiot…
Voilà bien dix minutes que Cross cherchait ardemment le petit homme. Il remercia le ciel que la douche de ses deux papas s'éternisait. Il avait au début couru un peu partout dans la Cage avant de ne faire que marcher. Il s'avait particulièrement que courir après un vampire ne servait strictement à rien. Si on voulait attraper un vampire, il fallait attendre que se soit lui qui vous repère. De plus, il avait bien compris, l'évolution espiègle de l'enfant. C'est comme si en une nuit seulement, l'enfant avait gagné tout un caractère.
Il savait tous des vampires, y compris la légende du Dernier des Vampires. Il savait qu'il ne lui faudrait pas deux semaines pour atteindre son âge adulte, mais vu la grande quantité d'information que le petit avait assimilé en l'espace de seulement trois jours de vie, le cocher comprit qu'il lui en faudra bien moins de temps. Et bizarrement cela lui mit un étrange sentiment dans le cœur. Un sentiment qu'il ne saurait expliquer. Ni même comprendre…
Brusquement un corps vint se blottir dans son dos et une douleur survint au niveau de son cou… Deux toutes petites crocs venaient de se planter dedans et Cross ne fit aucun geste, tout comme il n'eut aucune réaction quand il vit les cheveux blonds brun en bataille du petit caressait sa joue. Ou encore quand il vit à travers ceux-ci ses yeux vert émeraude. C'est bien après que l'homme sentit qu'il n'avait pas fait que planter ses canines mais aussi ses ongles, profondément dans sa chair, une main dans le torse, l'autre le bras. Quand le petit eut fini de sucer son sang. Il retira ses crocs, laissant couler un peu de sang et de bave sur le coin de sa bouche et sur le cou dénudé du cocher.
- Tu ne sembles pas surpris…
- Je ne le suis pas. Ai-je bon goût ?
- Avec quoi dois-je comparer ?
- C'est vrai…
- J'ai envie… de te tuer !
Ses yeux émeraude scintillèrent bizarrement, le cocher ne sourcilla pas une seule fois. Il gardait non seulement son calme mais aussi toute sa surprise. Le petit n'avait vraiment que trois jours ? Il soupira soudainement, surprenant le vampire, qui lui ne savait pas cacher ses sentiments.
- Si cela peut te faire plaisir, fais-le…
- Nan… Je vais avoir besoin de toi.
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai de plus en plus soif. Tu m'appartiendras… Juste à moi.
Cross eut une brusque montée de chaleur. Le petit garçon eut alors un sourire.
- Ton cœur s'accélère, peu m'importe ce que tu diras, ton corps est tout à fait d'accord avec moi, alors maintenant tu m'appartiens…
- Comme si il m'était dans l'envie d'obéir à un enfant capricieux… Qui plus est, ne demande pas la permission de pouvoir se servir.
- Je ne savais pas qu'il en fallait une !
- Ce sera ta leçon numéro un, petit héritier, s'éleva la voix de Draco juste derrière eux.
Cross se retourna et fit face au couple qui se tenait par la main. Harry avait vraiment l'air surpris de les trouver dans cette position. Puis il sourit, lâcha la main de Draco pour tendre ses bras vers Gabriel. Le petit détacha ses griffes de la peau du cocher pour rapidement venir s'abriter dans ses bras. Cross fronça les sourcils en voyant son vêtement déchiré. Gabriel cacha sa tête dans le torse du brun, se sentant à la fois à l'abri et au chaud.
- Ouf, murmura le brun. Tu as encore grandi ! Tu es plus lourd que tout à l'heure.
- Même pas vrai ! Bouda le petit vampire.
Harry et Draco se sourirent puis le blond posa les yeux sur le cocher, surtout sur le sang dans son cou et sur ses vêtements.
- Leçon numéro deux, mon ange ! Ne jamais laisser de traces ! Lorsque tu mords quelqu'un, prends le temps de tout faire disparaître. C'est très important, surtout si on ne veut pas que cette personne sache qu'elle a été mordue ! Quand elle dort, ou autre. Alors guérit Cross.
Harry posa son fils à terre qui s'avança doucement vers le cocher en le regardant comme s'il était un ennemi.
- Comment dois-je le soigner ?
- En le léchant, répondit son père humain. Ta salive a des vertus médicinales et est surtout là pour refermer les petites plaies.
Cross toisa le petit qui, du haut de son un mètre dix ne lui lançait qu'un regard froid et dur. Il lâcha enfin son regard qu'il avait remarqué être redevenu gris clair, et retira son t-shirt. Là on put voir les dix petites blessures en plus de celle de son cou. Gabriel, peu enclin à lui faire plaisir, et vraiment, vraiment têtu, murmura un peu dans sa barbe :
- Il est bien trop grand…
Cross s'empêcha de rétorquer que pour lui infliger les blessures il n'eut l'aide de personne pour monter. Juste il s'agenouilla devant le petit et pencha sa tête. Gabriel soupira et finit par poser ses mains sur ses épaules. Il lécha avidement le sang qui avait coulé et referma une à une toutes les blessures. Il eut alors un tout petit sourire. Il murmura alors si doucement que même Draco n'entendit pas.
- Ton cœur s'accélère encore… Mon père là bas doit l'entendre… Tu es à moi maintenant…
Cross se releva sans faire plus attention à lui. Il revêtit son t-shirt alors que le petit brun retourna dans les bras de son père vampire cette fois-ci. Draco lui sourit et l'embrassa doucement sur la tempe. Gabriel serrait fortement son corps, posant sa tête sur son épaule. Il ne lâchait pas pour autant du regard le cocher. Celui-ci soutenait son regard sans une once d'arrogance. Il était stoïque, un catatonique n'aurait fait mieux… Il finit par avancer vers eux puis les dépasser. Tout le long, Gabriel gardait les yeux rivés sur lui.
- Je le veux, chuchota-t-il soudainement.
Harry jeta un regard surpris vers le blond qui lui n'en savait pas plus. Ils dévisagèrent leur enfant qui n'avait ôté son regard du dos du gris, pas même quand celui-ci disparut…
- Dis-moi, Père ! S'agita-t-il soudainement. J'ai beaucoup de leçons à apprendre ?
Le Roi des Vampires rit légèrement.
- Oh oui ! Enormément, mais nous verrons plus tard, demain d'accord ?
- Hum ! Approuva le petit.
Il tendit ensuite ses bras et demanda à Harry de le prendre dans les siens, ce que le père fit immédiatement. Le petit renfonça sa tête dans son torse.
- Papa est si chaud… Murmura-t-il… Pourquoi était-il si chaud ?
- C'est une des nombreuses choses que tu devras apprendre mais cela attendra demain… Allons dans le salon…
Le reste de la nuit se passa sans nouvel accroc et le jour vint plus rapidement que d'habitude, du moins pour Harry. Car il savait qu'une fois au lit, il devrait discuter de quelque chose qu'il voyait gênant avec Draco. Ils couchèrent Gabriel dans la chambre adjacente à la leur et finirent enfin dans leur lit douillé. Harry se cala confortablement contre le torse dénudé du blond et se surpris plus fatigué que jamais. Draco voudrait sûrement discuter mais il n'en avait ni le cœur ni le courage.
C'est vrai… après tout cela, il pensait ne plus à avoir ressentir ce sentiment mais une peur immense se dessinait dans le creux de son estomac. Draco voudrait encore de lui s'il l'interdisait de le posséder ? Il avait peur que le blond décide d'aller voir ailleurs, fatigué de se voir refouler à chaque fois… Le brun le voulait, plus que quiconque, mais il y avait toujours… cette épée de Damoclès qui leur tournait autour de la tête… Du moins… surtout de la sienne. Harry ne voulait pas retomber enceint, il ne voulait pas revivre cela maintenant qu'il avait un fils, maintenant qu'il avait tout réussi… Maintenant qu'il pouvait vivre heureux avec sa famille.
Contre toute attente, Draco finit juste par s'endormir après quelques baisers fiévreux et quelques douces caresses. Harry sourit, malgré son regard voilé par la tristesse… Il savait qu'un jour, lui-même, il craquerait et finirait par hurler au blond de le prendre aussi fortement que possible. Deux fois ne suffisait pas, il l'aimait tant, il voulait lui appartenir entièrement… ne faire qu'un avec lui… Et donc pouvoir s'offrir telle une offrande sacrificielle… Il s'endormit à son tour, les pensées encombrées de cauchemars plus horribles les uns que les autres.
Dans l'autre chambre, Gabriel, lui, ne pouvait s'endormir. Malgré le soleil qui se levait, il y avait lui aussi quelque chose qui le contrariait. Il se leva brusquement et ouvrit la porte de sa chambre. Il sortit doucement, sans se rendre compte qu'il avait emporté avec lui la couverture et que celle-ci traînait derrière tel la cape d'un fantôme errant. Sans même faire attention, il suivit l'odeur du cocher, le cherchant vaguement, le trouvant facilement. Il pénétra dans la chambre sans même toquer avant.
Gabriel le trouva devant un grand miroir, se regardant sans broncher. Le cocher se retourna doucement, ayant vu par le miroir la porte s'ouvrir sans que personne ne pénètre sa chambre, il sut immédiatement qu'il s'agissait d'un vampire. Il ne fut pas du tout étonné quand il vit le visage détendu de l'enfant. Il eut même un sourire ironique.
- Tes pères vont être en colère s'ils savent que tu es ici.
- Mes pères m'aiment trop pour penser cela. Ils sont amoureux de moi comme toi tu l'es !
Cross pour une fois ne put réprimer un sursaut de surprise en entendant cela. Gabriel haussa juste les épaules et vint se coucher dans son lit, prenant juste avant le temps de refermer la porte. Il étala le drap sur lui et regarda le gris avec attente.
- Sais-tu comment je sais tout ça ? Mes pères eux-mêmes ne le savent pas… Je ne sais pas si je dois leur dire…
- Tu es bien mûr…
- Oui je sais, c'est ce qu'ils se disent tout le temps mais c'est grâce à eux si j'évolue si vite…
- Comment…
Le gris ne comprenait plus, il était pourtant certain que le vampire n'était pas assez grand pour comprendre tout cela. Maintenant, il en doutait.
- Dis-moi comment ?
- Je l'entends… J'entends tout ! Tout ce que mes pères ne veulent pas me dire et qu'ils me cachent. J'ai peur de les décevoir si je leur disais tout ce que je sais… comme que je savais comment faire pour te soigner… Il suffit qu'ils le pensent et je le sais…
- Tu lis dans les pensées des gens ?
- Pas tous semblerait-il… Parce que les tiennes, je n'arrive pas à les entendre. Pourquoi ?
- Je ne saurais te le dire…
- Pourquoi pense-t-il toujours que j'évolue ? Pourquoi m'appelle-t-il héritier ? Qui suis-je ?
- Je ne pense pas que se soit à moi de te le dire… Attends que tes pères t'apprennent… ou le pensent…
Le petit hocha la tête et la coucha contre les oreillers. Il sentait enfin les effets du soleil pesaient sur lui. Parce qu'il n'était qu'à moitié vampire, cela n'était pas aussi fort que n'importe quel autre mais il avait toujours cette envie de sommeil.
- Viens dormir avec moi… chuchota-t-il avant de fermer les yeux.
Il eut juste le temps de sentir le corps du gris contre le sien avant de s'endormir. Le cocher le regarda pendant un bon moment, sans bouger. Il finit enfin par caresser doucement ses cheveux et sa joue. Plus il grandissait, (son corps avait atteint les dix ans) plus il le trouvait magnifique. Ses cheveux, sa posture, sa peau… Jamais il n'avait vu tel beauté, même chez les vampires ! Il ressentait son corps froid comme une douce glace au parfum extrêmement délicieux. Il ressentait sa présence comme un comble dans son cœur. Un comble pour un trou qu'il n'avait jamais ressenti mais qui maintenant se faisait présent, tapant dans sa poitrine comme s'il voulait sortir, s'en allait. Et ça chaque fois qu'il le voyait ! Que lui arrivait-il ?
- Hâte-toi de dépendre de moi, murmura-t-il enfin… Parce que la réciprocité est déjà là…
