Chapitre 10 : L'évolution d'un vampire. (1ère partie)


Toujours dehors, Draco et Gabriel avait atteint un village situé à une trentaine de kilomètres de la Cage. Le père avait porté le fils pour écourter le voyage, ils n'avaient donc pas parlé depuis lors. Mais une fois arrivé, Gabriel n'avait cessé de poser des questions, à commencer par : « Qu'est-ce que c'est que ça ? » En montrant une jeune femme portant une longue robe à froufrous et nœuds papillons. Elle avait des longs cheveux blonds et des roses dans les cheveux. Son maquillage était présent mais pas énorme, il n'y avait rien à redire, c'était une belle femme, très jolie, elle semblait de noble famille. Mais si chaque homme qui traversait cette rue tournait la tête vers elle, elle resta indifférente devant le père et le fils. Juste Draco se pencha vers son fils et murmura :

- C'est une femme.

Cette simple information ne devrait pas vraiment aider, en temps normal, mais Gabriel n'avait pas besoin de plus car déjà il apprenait tout le reste dans la tête de ceux qui regardait la belle jeune fille passer. Et soudain il mit ses deux mains sur ses oreilles et ferma les yeux.

- Beurk, ce n'est pas beau, une femme ! Dis leur d'arrêter de penser ! Les humains sont horribles !

Et puis soudain il arrêta tout et releva la tête. Devant eux, une autre femme venait de passer. Brune, mince, élancée, venant elle aussi d'une digne famille, elle avait ses charmes aussi… et dans ses bras un petit bébé qu'elle berçait doucement. Gabriel sourit et Draco ne chercha même pas à savoir ce qu'il entendait. Une femme amoureuse de son bébé était très belle à voir et Gabriel revenait sur ce qu'il avait dit. Il eut d'autre personne, d'autre histoire. Le petit vampire était ouvert à toutes sortes de leçons différentes. Il apprenait tout de A à Z, les vices et qualités des Hommes en premier lieu, quelque soit sa race. Parfois cela l'ébranlait, à d'autre il souriait. Alors qu'il sortait du magasin, Draco s'agenouilla face à son fils et lui dit :

- Maintenant, il faut que tu t'exerces à fermer ton esprit. C'est toi qui le contrôles et non le contraire. Fait le pendant que nous sortons d'ici.

Et il obéit, mais ce fut un véritable défi. Malgré les nombreuses fois où il n'entendit plus rien à part le véritable murmure qui sortait de la bouche des gens, il n'arriva pas à le contrôler réellement. Seulement à les faire taire pendant quelques secondes. Cependant pour Draco c'était un bon progrès, il ne le força pas à faire plus. C'est Gabriel lui-même qui décida de continuer pendant qu'ils marchaient vers la Cage. Il s'exerça sur son père à son insu en tentant de ne plus entendre ses pensées. Celui-ci ne semblait pas du tout gêner que son fils les entende, il n'avait rien à lui cacher. Il évitait simplement de trop penser à Harry (et c'est cela qui était le plus dur). Les dires de Gabriel l'avaient beaucoup troublé. Il fallait qu'il se renseigne à la source, c'est-à-dire directement chez Harry. Il voulait immédiatement le voir, le prendre dans ses bras et le rassurer. Car c'est exactement ce qu'Harry avait besoin : du réconfort.

Gabriel regarda son père et cessa tout test. Il baissa les yeux à terre et réfléchit pendant un long moment. Il avait vu et entendu tant de chose qu'il était maintenant un peu perdu. Pour une fois, il voulut savoir par son père, et non ses pensées, alors il lui demanda :

- Dis-moi Père, comment sais-tu que tu es amoureux de Papa ?

Draco baissa la tête vers lui et sourit.

- Ça, c'est une bonne question ! Comment est-ce que je le sais ? C'est bien simple tu vois… Quand je le sens, j'ai envie d'aller vers lui. Quand je vais vers lui, j'ai envie de le regarder. Quand je le regarde, j'ai envie de le prendre dans mes bras. Quand je le prends dans mes bras, j'ai envie de le protéger. Et quand je le protège, je me sens bien… Même plus que bien. Alors je sais que je l'aime ! Et tu vois, c'est pareil pour toi !

Il lui pinça légèrement la joue et Gabriel rit.

- Je sais que je l'aime, ça, j'en suis sûr ! Mais surtout ne me demande jamais « pourquoi ? » !

- Pourquoi ? fit Gabriel très intrigué.

- Parce que c'est une question piège. Pourquoi tu aimes ? Pour rien et pour tout…

- Je ne comprends pas… murmura son fils en fronçant les sourcils.

- Quand tu aimes quelqu'un pour son apparence, ce n'est pas de l'amour, c'est de l'attirance. Quand tu aimes quelqu'un pour son intelligence et son courage, ce n'est pas de l'amour, c'est de l'admiration. Cependant quand tu aimes quelqu'un et que tu te demandes « pourquoi ? » Là, c'est de l'amour ! Et pourtant, quand tu aimes, il y a toujours une part d'admiration et d'attirance… Alors voilà, pour rien et pour tout !

- Père…

- Oui mon fils ?

- Je comprends encore moins.

Draco rit en posant sa main libre sur sa tête.

- Tu comprendras quand tu tomberas amoureux. Tu verras, petit héritier, qu'habituellement on ne sait rien d'autre que ce que l'on sait vraiment : on l'aime.

Encore plus perdu, Gabriel en resta là. Il se demanda s'il tomberait un jour amoureux. On voyant ses parents, il espéra que cela arriverait vite. Il espéra que cela serait aussi fort que ses deux pères. Il espéra… Soudain sous ses yeux se fut le visage de Cross qui passa, alors il les écarquilla.

- Dis Père.

- Oui, mon ange ?

- Aimer, c'est aussi vouloir être toujours avec la personne qu'on a choisi n'est-ce pas ?

- Oui… Toujours. La séparation est toujours… très dure. Ou sinon, c'est que tu n'étais pas vraiment amoureux !

- Hum !

La suite de la route se fit silencieuse. Gabriel tenta à nouveau de faire taire les pensées de son père et ce n'est qu'arrivant à la Cage qu'il y arriva. Dans sa tête, tout se passa comme un déclic qu'il pouvait actionner à son souhait. Petit hic, quand il arriva proche de son père humain, il entendait parfaitement ses pensées. Il les fit rapidement taire et se félicita silencieusement d'y être parvenu. Enfin dans l'espace temps, ce fut le silence interstellaire et il en fut heureux. Il put tranquillement aller se jeter dans les bras de son père qui l'accueillit d'un long baiser sur la joue.

- Alors, cette sortie ?

- Enrichissante… Fit le blond avec un long regard vers Harry.

Le brun le comprit immédiatement. C'était un regard qui disait « Toi et moi nous allons devoir parler ». Il se surprit à lui sourire. Il avait décidé de ne plus rien lui cacher, il fallait absolument qu'ils discutent ! Mais avant tout, Cross devait lui parler. Harry se tourna vers son fils, qu'il posa à terre et caressa la joue.

- J'ai appris à fermer mon esprit ! Je n'entends plus rien !

Harry sourit, heureux, alors que Draco fut surpris. Lui, ne savait que son fils avait continué ses entraînements. Il ne dit rien mais eut un demi-sourire. Il n'était pas son fils pour rien ! Cross entra dans la pièce et Gabriel se retourna immédiatement vers lui. Il se contint cependant d'aller le prendre dans ses bras malgré l'envie qui lui prit.

- Donnez-moi tout ça, je vais m'en charger ! Dit-il en tendant les bras vers les sacs que tenait Draco.

Alors que Gabriel allait se désigner pour aller l'aider, Harry s'exclama :

- Chéri, tu devrais lui donner un coup de main, s'il te plait.

Sans se poser de questions le blond lui donna deux sacs et garda le reste. Les deux hommes se dirigèrent vers la cuisine qu'il utilisait depuis le début et Harry s'installa dans le seul canapé de la pièce.

- Viens là, mon fils, j'aimerais vérifier quelque chose.

Gabriel sautilla sur place jusqu'à son père et lui sourit.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu sais que je ne suis pas un vampire !

- Non, tu es un sorcier ! Et un très grand sorcier, c'est pourquoi tu as été choisi par le sort pour devenir le sorcier pur de Père !

- C'est exactement ça. Tu dois donc savoir que tu es mi-sorcier, mi-vampire !

- Je suis aussi un sorcier ! S'exclama Gabriel, enjoué. Alors je peux faire des tours de magie !? Tu m'en apprends Papa, tu m'en apprends, dis ?

- Oui ! Faisons facile… Un sort de lévitation ? Wegardium Leviosa. D'habitude, on utilise une baguette magique, je t'emmènerais voir un ami à moi, fabricant de…

Mais soudain, c'est tout le canapé qui se mit à voler, et lui avec ! Harry écarquilla les yeux et les baissa pour voir son fils lui sourire énormément. Le brun le lui rendit et leva un doigt vers lui. Immédiatement après, Gabriel se retrouvait à la même hauteur que lui. Cependant, perturbé, le sort du petit lâcha et le canapé s'effondra, Harry atterrit lourdement dessus. Il fit descendre son fils et rit.

- Tu es vraiment très doué ! Tu le seras plus que Draco et moi, sûrement !

- Alors comme ça, je pourrais vous protéger tout les deux !

Le visage d'Harry s'assombrit.

- Nous protéger ? Mais de quoi ?

- Du ministère et aussi des autres vampires !

Harry baissa les yeux parterre et réfléchit calmement. Son fils avait sûrement dû le lire dans son esprit, mais voilà, il aurait voulu le préserver de tout cela bien qu'il en soit en plein cœur. Il se dit alors que se sera une chose de moins à lui apprendre à moins qu'il n'ait déjà tout acquis. Persuadé d'être le centre de ses pensées sans même les lire, Gabriel monta sur le canapé puis sur son père et le prit dans ses bras. Le brun entoura automatiquement son fils de ses bras et le serra fort. Le petit ressentit sa chaleur comme une double protection. Diable qu'il aimait cette sensation que lui offrait son père ! Il ne laisserait personne le lui enlever.

- Je t'aime, Papa ! Et je vais te protéger parce que je veux que tu restes avec moi tout le temps !

- Ok, murmura Harry en caressant ses cheveux. Mais saches que moi aussi j'aurais l'œil sur toi. Et même les deux !

Le petit rit et se releva. Juste à ce moment, Draco revint d'un pas légèrement rapide. Il jeta un regard sombre à Harry qui lui fit un petit sourire d'excuse.

- Nous devrions aller nous préparer, le jour ne va pas tarder.

- Oui… Murmura Cross en pénétrant la pièce.

Le pauvre avait l'air penaud, comme s'il s'était pris une énorme claque après avoir fait une faute irréparable ! Et quelle faute ! Il était tombé amoureux du fils d'un vampire peu commode, qu'il devait, qui plus est, tuer ! Gabriel en le voyant regretta énormément de ne pouvoir lire en lui. Il aurait voulu savoir ce qu'il avait. Il descendit du canapé et s'approcha de lui. Cross le regarda furtivement, il n'osa faire un geste vers lui puisqu'il sentait le lourd regard de son père. Harry, quant à lui, sourit face au comique de la situation. Il se leva à son tour et prit son amant par la taille.

- Tu as raison, chéri !

- Est-ce que je peux dormir avec Cross aujourd'hui encore ?

Les yeux de Draco virèrent orange. Il grogna légèrement provocant quelques angoisse chez Cross. Puis, il soupira et hocha la tête. Harry fit de même avec un grand sourire. Le gris sourit enfin et prit la main de Gabriel. Alors qu'il passait devant les deux pères, Gabriel leur dit « bonne nuit » d'un baiser sur la joue et Cross d'un hochement de tête. Cependant Draco le retint légèrement et lui dit

- Fais attention ! Je t'ai à l'œil.

Cross déglutit méchamment et hocha la tête avant de poursuivre son chemin. Quand ils ne furent plus là, Harry sourit.

- Il a l'air beaucoup moins sûr de lui ! Avant tu ne l'intimidais pas pour un sou, et le voilà qu'il baisse les yeux devant toi. Gabriel est en train de le changer complètement. As-tu écouté son histoire jusqu'au bout ?

- Oui, je l'ai fait, murmura Draco en commençant à marcher.

Tranquillement ils se rendirent dans leur chambre et Harry put se reposer sur son blond, caressant son bras comme un amoureux en manque.

- Le crois-tu ?

Draco hésita longtemps mais il finit par répondre oui. Harry sourit.

- Tu vas donc le laisser faire ?

- Pour l'instant oui… Je verrais ce qu'il en adviendra.

Alors qu'il atteignait leur chambre attitrée, Harry s'adossa à elle sans l'ouvrir et le regarda droit dans les yeux.

- Tu sais qu'il va bientôt atteindre sa taille adulte ! D'ici, deux nuits… peut-être moins, peut-être plus. Et qu'il va… commencer à éprouver certaines choses.

En disant cela il l'embrassa et l'obligea à se rapprocher le plus de lui. Il colla ses reins en feu contre ceux de Draco et frotta langoureusement.

- Il aura envie de l'embrasser, comme cela… chuchota-t-il contre son oreille. Il aura envie de le toucher… comme cela…

Il glissa ses mains sous son veston et caressa lentement son ventre aux abdominaux si bien dessiné… Il passa sa joue sur celle de Draco, l'embrassant sur la nuque et croquant doucement son lobe d'oreille. Ses petits coups de langue et cette chaleur si intense commencèrent lentement à envoûter Draco dont le regard n'était plus. Il se laissa faire sans bouger un seul centimètre alors qu'Harry prenait sa main dans la sienne.

- Il aura envie qu'il le touche… comme cela.

Il pressa la main de son amant contre ses fesses avant de les manipuler jusqu'à son sexe. Même au dessus des deux tissus, Draco put sentir la chaleur de sa verge. Il se mordit la lèvre, ne quittant pas une seule seconde son visage et ses yeux verts magnifiques. Il descendit enfin sa tête vers ses lèvres et passa une langue taquine dessus.

- Que puis-je y faire ? Après tout… nous ne sommes que des hommes…

Il pressa avec amusement son érection dans sa main, soutirant un effroyable gémissement d'Harry qui ne s'y attendait pas du tout. Il plaqua ses deux mains sur sa bouche. Mais Draco continua sa torture en la malaxant très lentement.

- Je veux juste… que mon fils soit le plus heureux du monde.

- Alors tu n'as rien à craindre, soupira le brun en le reprenant dans ses bras. Je suis certain qu'il est bien tombé… Tout comme moi… Je t'aime, mon amour !

Draco sourit légèrement. Quelque chose avait changé en Harry, il le sentait. Sûrement que la peur dont Gabriel lui avait parlée s'était envolée. Il le trouvait beaucoup plus libre… Beaucoup plus sûr de lui… Lâchant son érection il souleva le brun et de l'autre main ouvrit la porte de leur chambre. Rapidement, la porte fut refermée et Harry fut sur le lit avec un Draco dont les crocs commençaient à pousser et les griffes ressortir. Le brun se retourna soudainement et offrit aux yeux du blond une position plus qu'aguichante. Il murmura enfin :

- Je veux que tu me dévores…

S'en fut fini de la raison du blond. Il glissa un doigt sous le t-shirt du brun et le retira lentement tout en le lécha au niveau de la courbe de ses reins puis remontant jusqu'au milieu de ses omoplates. Harry, le nez dans les oreillers, se laissa faire avec plaisir. Il sentait déjà les mains baladeuses se préciser vers son érection… Il retira son pantalon vite fait puis son boxer, laissant pendre la verge du brun dans le vide. Il lui écarta les jambes et goûta l'entrée de son intimité. Harry respirait lourdement, le plaisir ne cessait de monter, de plus en plus. Il s'agrippait aux draps comme un noyé le ferait à sa bouée. Les sensations que lui procuraient les mains, la langue, les lèvres du blond étaient tout bonnement un délice.

Quand le blond finit par remonter pour mordre le brun, se fit comme une décharge de plus. Il haleta tant il se retenait d'éjaculer. Pris d'une pulsion, il finit par se retourner et l'embrasser sauvagement, se démenant avec Draco et lui-même, il finit par reprendre le dessus. A califourchon sur lui, il le dévora de ses yeux à demi fermés.

- L'équilibre n'est pas respecté, murmura-t-il en redescendant sa tête vers lui pour le ravir un nouveau baiser.

Il retira très lentement son veston tout en frottant leurs deux érections dures et frissonnantes. Enfin, tout en mordillant ses tétons durcis, il lui retira son pantalon puis son boxer dégageant la prisonnière. Il descendit sur son corps jusqu'à l'atteindre et la prendre dans sa bouche. Le blond posa ses deux mains sur sa tête et suivit de ses gestes le balancement du brun. Il accentua chaque coup de râles graves prouvant qu'il appréciait son traitement. Bien entendu, il finit par délivrer sa semence dans sa bouche et le brun l'avala d'un coup de langue provocateur. Le blond se redressa et le regarda avec un sourire coquin. Il le fit remonter jusqu'à lui et l'embrassa langoureusement avant de le redéposer sur le lit.

- J'ai envie d'essayer quelque chose… Je peux ?

- Mon corps et mon cœur t'appartiennent, mon amour… Fais ce qu'il te plaira !

Draco sourit et l'embrassa encore. Il confina son visage dans son cou et le mordit, d'abord doucement laissant un beau suçon, puis sortant ses crocs il les planta juste en dessous, goûtant goulûment son sang. Il descendit ensuite ses mains jusqu'à son érection qu'il comprima un moment avant relever les jambes pour entourer la taille du brun avec. C'est avec beaucoup de surprise qu'Harry se vit pénétrer l'intimité du blond profondément. L'homme poussa un léger cri de bien aisance. Le brun qui fut pratiquement avalé par l'étroit endroit reposa sa tête sur le lit et se cambra de délice.

Le blond lui, commença pratiquement immédiatement à monter et descendre sur son sexe. La douleur qu'il avait ressentie lors de la pénétration n'avait pas même duré quelques secondes malgré le fait qu'il n'avait pas été préparé ! Le reste ne fut que du plaisir il se coucha sur Harry, le regarda que du seul œil qu'il arrivait à laisser ouvert. Et tout en se remettant à faire des vas et viens, il frottait son torse contre celui du brun. Et chaque fois qu'il le pouvait leurs lèvres se retrouver pour un baiser torride. Harry accentuait chaque coup de butoir d'un soupire rapide. Il attrapa les fesses de son amant pour le pénétrer encore plus loin.

Alors qu'un coup fut plus puissant qu'un autre le blond fit un brusque sursaut. C'était comme s'il s'était pris un coup de jus. Il poussa un cri rauque. Face à son visage Harry découvrit immédiatement quelque chose ; son amant était vierge de ce côté-là. Sachant cela, il décida de faire de sa première fois un rêve, de l'emmener au septième ciel. Il poussa son amant pour le relever et puis le renversant, il reprit le dessus en mettant ses jambes sur ses épaules. Le vampire n'ayant pas du tout l'habitude d'être en dessous plaça une main devant son visage alors qu'il avait du mal à contrôler ses tremblements et ses soupirs surtout quand le brun recommença ses vas et viens plus puissants maintenant qu'il était dans cette position.

- Harry…

Le blond se cambra et se mordit les lèvres.

- Harry, mon Dieu…

Son amant appuya bien plus fort lors du dernier coup alors qu'il éjaculait en lui. Draco ne tarda pas à le suivre et le brun retomba sur lui. Tous les deux tremblants comme des feuilles, ils prirent un temps pour s'en remettre. Le blond finit par rouvrir les yeux doucement et tomba sur le visage de son amant. Il leva sa main et passa son pouce sur sa joue, effaça quelques gouttes qui perlaient dessus. Cela réveilla le brun pas vraiment endormi qui releva la tête et lui sourit.

- Dis-moi… c'était ta première fois ?

- Oui… C'était super !

- Mais… pourquoi ?

- Je crois bien, murmura-t-il. Que je suis lâche.

- Quoi ?

- J'ai passé… Une semaine affreuse avant la naissance du petit… Je ne veux pas recommencer ! Je préfère que tu me prennes plutôt que te voir retomber enceint. Je suis certain que nous ne risquons rien ainsi. De plus… c'était génial ! Merci…

- Non, chuchota le brun en se rapprocha du blond. Merci à toi !

Ils se sourirent, front contre front alors que la lourdeur du soleil qui se levait et la fatigue les emportait dans les bras de Morphée…


Un peu plus loin dans la Cage, un peu plus tôt aussi, alors que les deux amants étaient encore dans le salon, Cross et Gabriel marchaient tranquillement vers leur chambre. Le silence entre l'homme et l'enfant était pesant. Consciemment, Gabriel cherchait à tout prix à faire craquer le cocher. Il ne le regardait pas, ne le touchait pas, ne respirait même pas ! Il voulait savoir ce dont lui et son père avaient parlé et qu'il n'avait pensé à lire dans l'esprit de son père. Maintenant qu'il était avec Cross, impossible de savoir par légilimencie… Il se mordit la lèvre, lui poser la question directement n'était faisable. Cela révèlerait trop de chose. Des choses que son cerveau surdéveloppé avait déjà entièrement calculées.

Cependant, le cocher ne semblait pas vouloir céder à cette petite pression. Il regardait droit devant lui, le visage fermé et la mâchoire crispé. C'est à peine s'il cillait… Gabriel finit par s'agacer et fut le premier à parler. Il chercha rapidement une excuse, juste pour éteindre le silence et sa menace…

- Père a dit que le soleil aller bientôt se lever… Mais lui il ne s'est pas ce que c'est…

- Sans doute, puisqu'il est né vampire… Toi non plus, d'ailleurs…

- Si… Je l'ai vu dans les yeux de Papa…

- Ah…

- J'aurais aimé le voir de mes propres yeux…

Cross se laissa à le regarder, en lui jetant un regard furtif que l'enfant intercepta.

- Si ce n'est que cela, moi je peux te le faire voir… Il te suffit d'aller dehors…

- Ne mourrais-je point ?

- Non, car tu n'es qu'un demi vampire. C'est ta magie qui protégera ton corps des effets dévastateurs du soleil sur ta peau.

- Comment sais-tu cela ?

- Je sais… beaucoup de choses…

Cross s'arrêta brusquement et fit demi-tour.

- Viens, murmura-t-il.

Gabriel le suivit, laissant là, la porte de la chambre qu'il venait juste de regagner. Ils firent tout le chemin inverse, dépassant le salon et gagnant la porte de la Cage. Cross l'ouvrit lentement et le fit sortir. Dehors, la grotte était encore sombre et il ne vit pas grand-chose. Cependant, habitué à cet endroit, ils se déplacèrent jusqu'à la sortie de la grotte. Au dehors, ils purent voir que la nuit était sur le point de se finir, déjà le bleu noir du ciel s'éclaircissait. Gabriel eut un frisson. Et si Cross se trompait ? N'y avait-il vraiment aucune chance pour que les rayons du soleil le tuent ? Il décida d'avoir entièrement confiance en lui et le suivit jusqu'à ce que Cross les emmène en haut de la forêt.

Il y avait une falaise qui surplombait les arbres. Gabriel écarquilla les yeux à cette vue car depuis qu'il était né, il n'avait rien vu d'aussi beau. Les arbres si serrés donnaient l'impression d'un parterre d'herbe fraîche. On avait vraiment l'envie de pouvoir courir dessus. Loin là-bas, l'horizon se berçait de douce couleur chaude. Cross s'assit au bord de la falaise et tendit la main vers Gabriel. Celui-ci la prit et l'adulte le fit s'asseoir à ses côtés. Le brun ne détachait pas son regard du ciel. Il voulait pouvoir observer chaque parcelle du réveil du soleil. Il sentait sa pesanteur sur son corps mais résistait énormément.

- Ne le regarde pas trop, le soleil brûlerait tes yeux…

- Mais c'est si beau…

Pour la première fois, Gabriel vit de ses propres yeux les véritables couleurs des arbres et des roches. Il vit les nuages et surtout le soleil… Il s'en délecta pendant un bon moment. Cross ne le dérangeait pas. Il attendait patiemment que le brun se lasse de contempler le jour tel que très rarement il le verra. Enfin, quand une demi-heure passa, l'enfant se tourna vers lui et le regarda. Cross l'interrogea du visage et Gabriel hésita.

- Tu as chaud ?

- Pas vraiment, le vent est fort, surtout par ces temps… Mais le soleil me réchauffera dans peu de temps, je sens déjà sa chaleur qui commence à grimper.

- Moi, je ne sens rien… Je ne sens jamais rien ! A part quand Papa me prend dans ses bras. Je n'ai ni chaud ni froid… même le soleil ne me réchauffe pas…

- Cela doit être normal…

Ils se turent pendant quelques temps. Cross replia ses jambes contre lui et regarda la cime des arbres.

- Nous sommes juste au dessus de la Cage. Quand j'étais jeune, très jeune… je venais souvent ici. J'aimais être seul… J'aimais… cette vue. Je disparaissais des heures juste pour venir ici, et ma mère, quand je rentrais, me demandait toujours où j'étais. Mais jamais je ne lui répondais, car c'était mon secret, le seul que j'avais… C'était mon endroit… et je n'aimais guère voir les autres venir ici…

- Pourquoi me l'avoir montré, alors ? Murmura Gabriel.

Le plus grand regarda le plus petit et sourit.

- Parce qu'il fallait absolument que tu vois ça ! Du moins, il fallait que je te le montre ! Après, j'ai bien peur qu'on ne puisse plus revenir… ici. Et puis je suis beaucoup moins jeune maintenant. Je n'attache plus d'importance à cet endroit.

- Quel âge as-tu, Cross ?

- Oh… Je suis très, très vieux…

- Comment cela se fait, tu n'es pas vampire, si ?

- Non. Je ne le suis pas, non…

- Dis-moi tout, tu l'as dit à mes pères, pas vrai ?

- Oui, c'est pourquoi… le Roi était un peu énervé… Mais je ne pense pas vraiment être en pouvoir de t'en parler maintenant… il te faudra être patient.

- Tu veux que je sois plus grand, n'est-ce pas ? Mais tu sais que mon esprit…

- Je sais, ne t'inquiètes pas, je le sais… malheureusement notre différence d'âge ne sera plus un problème que lorsque tu seras plus grand.

- Quand est-ce que je serais que c'est le bon moment ? Que je suis assez grand.

- Quand tu regarderas tes pères et moi sans lever les yeux ! Sourit le gris.

Cross regarda longuement son visage blanc crème qui, à la lumière, semblait beaucoup plus beau. Il voyait parfaitement qu'il se forçait à garder les yeux ouverts. Il devait lutter contre le sommeil. Et c'était vrai, Gabriel sentait son corps s'engourdir, sa bouche était pâteuse comme s'il avait bu du mauvais sang. Il avait les doigts et les jambes paralysés. Il finit par poser sa tête sur l'épaule de l'adulte et murmura :

- Je suis épuisé… Je pensais que le soleil n'avait pas d'effet sur moi !

- Non, le soleil ne peut te tuer mais il peut tout de même t'endormir, c'est ainsi.

- On doit… rentrer… se força-t-il alors que ses yeux se fermaient.

- Endors-toi et ne t'occupe de rien, je nous ramènerais…

- Tu ne m'as pas dit quel âge tu as…

La tête de Gabriel glissa et il s'affala sur Cross. Il n'avait plus aucune force, même pas celle de se tenir assis. Le gris en profita pour toucher avec délice ces cheveux et caresser sa joue si froide et blanche.

- Je ne sais pas combien exactement… Entre quatre cent et cinq cent ans… Cela fait beaucoup non ?

- Non… c'est… bon…

- Pardon ?

Mais Gabriel ne répondit pas, il cessa de lutter et s'endormit brutalement. Cross sourit et continua ses caresses. Alors que la matinée était bien entamée, il finit par prendre Gabriel dans ses bras et redescendre. Heureusement celui-ci n'était pas bien lourd. Il vit cependant quelques changements opérés juste devant ses yeux. Ses cheveux bruns poussaient un peu plus, sa lourdeur s'amplifiait, il perdait peu à peu tout trait infantile… Cross en fut éblouit. Il retourna dans la Cage, portant toujours le vampire, et arriva rapidement dans sa chambre où il l'installa. Quand il le regarda à nouveau loin de lui, il lui donna quinze ans d'âge, jeune adolescent mûr en quête de savoir. Le changement était spectaculaire.

Le vdA pensa à la tête que feraient, le soir même, ses pères quand ils le verraient. Enfin, il se coucha sur le lit, les doigts croisés, le regard posé sur le mur. Il écouta longuement la chanson que fredonnait son esprit, une chanson qu'il avait apprise par une âme volée. Une chanson qui parlait d'amour…


Draco émergea de son sommeil brusquement. Ses yeux s'ouvrirent aux moments où les derniers rayons du soleil furent effacés. Ils passèrent d'un rouge sanglants au gris normal doucement alors que sa pupille rétrécissait jusqu'à redevenir humaine. Il sentit presque immédiatement le corps collé contre son flanc et sourit en apercevant Harry. Il se releva légèrement pour caresser de ses doigts fins et doux son visage. Comment se faisait-il qu'il fût si bas ? Harry grogna légèrement et plongea un peu plus sa tête entre sa hanche et le matelas. Malheureusement, sa forte respiration caressa la peau du blond qui eut beaucoup de mal à se contrôler. Il fut à un cheveu de violer son amant alors que celui-ci dormait encore.

Il décida de le laisser dormir un peu plus et s'extirpa du lit avec douceur. Une fois debout, il s'étira, faisant rouler sa belle musculature puis s'habilla. Il sortit de la pièce en jetant un dernier coup d'œil vers le grand lit où le brun, tel un prince magnifique dormait sur le ventre, sublimé par les draps de soie rouge. C'est comme ça qu'il le vit en démarrant sa démarche à travers la Cage. Un prince de haute beauté. Il en arriva bientôt, après mainte flatterie et comparaison, qu'Harry était normalement roi. Ou du moins, seulement s'il l'épousait. Et la suite vint comme une réponse à des questions inexistantes. Il se demanda si Harry accepterait de l'épouser ? Juste à ce moment, il entra dans le salon où Gabriel et Cross, il les avait senti, étaient assis l'un à côté de l'autre.

- Père ! S'exclama Gabriel avec une voix bien différente de la veille.

Draco sourit brusquement. Il remarqua (franchement, comment peut-on passer à côté ?) le changement du brun blond.

- Bonsoir, mon ange, fit-il en l'embrassant. Bonsoir, Cross.

- Bonsoir. Bien dormi ?

- Comme un loir ! Et vous ?

- Cross m'a fait voir le soleil !

- Oh ! Fut-il surpris. Et comment est-ce ?

- Très beau ! Et regarde ! Cross m'apprend l'écriture et la lecture. J'y arrive facilement parce que Papa a trop lu de livre. J'en ai la tête pleine !

Draco rit et s'assit sur le canapé, il regarda brièvement le tout avant d'hocher la tête et de la tourner vers Cross.

- Il semblerait que tu sois plus utile que prévu ! Merci.

Le gris lui offrit un grand sourire. Il voyait là bien plus qu'un simple merci. C'était une acceptation, un « oui » indirecte sur beaucoup de chose. Sur le fait que se soit lui qui prenne soin du petit, sur le fait qu'il pourrait rester au près de lui aussi longtemps que Gabriel le supporterait… sur le fait qu'il avait une chance de lui demander plus tard un simple et unique baiser… Comment se faisait-il qu'il ait changé d'avis ? Devait-il remercier Harry pour cela ? Sûrement. Il fut très heureux d'avoir la permission des deux parents de pouvoir garder Gabriel et maintenant, la grande hâte qu'il avait dans son cœur ne fit que s'accélérer. Il attendait patiemment que Gabriel est atteint l'âge adulte pour lui dire qu'il l'aimer, au-delà même… qu'il l'adorait !

Draco se leva brusquement et regarda l'une des nombreuses ouvertures qui menaient aux couloirs. Il fronça les sourcils et s'y rapprocha.

- Quelqu'un a-t-il pénétré l'endroit ce jour-ci ?

Cross se leva à son tour.

- Non ! Personne n'est entré. Du moins… personne qui porterait une âme, je le saurais sinon.

- Tu ressens les âmes ?

- Oui, toutes !

Cependant, l'affirmation du cocher n'apaisa pas le blond qui renifla bruyamment le couloir qu'il guettait.

- C'est obligé, quelqu'un est venu ! Gabriel, comment ne l'as-tu pas senti ? Viens.

Le petit, penaud, se leva et haussa les épaules. Il rejoignit son père et celui-ci le plaça devant lui.

- Ferme les yeux. Détends-toi et hume l'air.

Gabriel obéit et respira doucement. Il sentait bien l'odeur de ses pères, celle de Cross mais aucune autre. Il se concentra un peu plus et enfin une odeur vint. Celle-ci sentait le tilleul et l'air frais. La personne qui la portait venait d'un endroit entouré de forêt et où l'eau était en abondance. Sûrement près d'un port, une ville ou un village près de la mer ou d'une rivière. Dans son dos, Draco, qui avait remarqué le changement de visage du garçon, murmura :

- Maintenant, retrace son parcourt… Trouve-le…

Gabriel se mit presque immédiatement à marcher, il renifla longtemps avant de finir par arriver devant une porte. Draco sourit, oui l'odeur venait de là. Sans plus attendre, il félicita son fils et ouvrit la porte. A l'intérieur, il y avait bien un homme à la plus grande surprise de Cross qui les avait suivis. L'homme était grand, des cheveux d'un brun noir, il avait la peau de couleur bois et de grands yeux bleus. Mais ce qui surpris le plus les trois hommes, c'était les différents rond qu'il avait au niveau des joues, des yeux et de ses épaules dénudés. Il se leva immédiatement quand la porte s'ouvrit et s'inclina bien bas. Tout dans sa manière de faire était surprenant. Ses gestes étaient lents et précis, sa tête pendait dans le vide comme si elle n'était retenue…

- Mais… c'est impossible ! S'exclama Cross. Tu ne portes aucune âme !

L'homme se releva et sourit.

- Tout comme je ne porte aucun nom. Excusez-moi de cette entrée en scène ratée mais lorsque j'ai pénétré l'endroit, j'ai tant cherché que je me suis perdu. J'ai donc attendu qu'un de vous finissiez par passer dans le coin me trouver…

- Qui es-tu ? Fit le blond, suspect.

- Ne vous inquiétez pas, je suis un ami de la Dame…

- De qui ? Interrogea Gabriel qui avait tenté de lire en lui sans y parvenir.

- La Dame. Vous la cherchez n'est-ce pas ?

- Nous ne cherchons personne ! fit Cross.

- Bien sûr que oui ! L'un de vous veut la voir ! C'est pourquoi elle m'a envoyé. C'est obligé ! Elle ne se trompe jamais.

Draco et Cross se regardèrent immédiatement.

- C'est toi qui… ?

- Non, dit le cocher. Je ne sais pas du tout qui est cette dame !

- Il n'y a personne d'autre avec vous !? Je dois livrer le message à celui qui veut voir la Dame !

Draco hésita longuement. Harry ne lui avait jamais parlé d'une quelconque dame ! Sa curiosité fut piquée à vif et il demanda sans même répondre à la question :

- Qui est-elle, cette dame ?

- Elle vit loin d'ici, en Italie précisément et elle m'a envoyé parler à celui qui veut voir la Dame.

Pourquoi les trois hommes avaient-ils l'impression d'entendre une succession de réponses semblables les unes des autres ? Comme s'il avait été programmé pour répondre ainsi et pas autrement…

- Qui êtes-vous ? Redemanda enfin Cross.

- C'est son pantin. S'exclama la voix d'Harry derrière eux.