Chapitre 11 : L'évolution d'un vampire. (2nde partie)
Tous (certain plus que d'autre) se retournèrent vers lui. Il avançait d'un pas serein et souriant, habillé d'un chandail mauve et d'un simple pantalon. S'étant réveillé seul, Harry avait cherché un moment ses trois compagnons, commençant par la cuisine. Puis à nouveau, il avait suivi l'aura de Gabriel pour le retrouver et les avait facilement rattrapés. Arrivé près d'eux, il fit :
- Bonsoir tout le monde.
Embrassant brièvement son amant, il se pencha vers son fils et sourit.
- Tu as encore grandi, c'est fabuleux. L'évolution est spectaculaire !
Gabriel sourit de toutes ses dents et hocha la tête. Enfin, Harry se tourna vers le pantin et s'avança légèrement.
- C'est moi que vous cherchez !
- Non… C'est vous qui la cherchez… rétorqua immédiatement le pantin.
Draco posa sa main sur l'épaule d'Harry et murmura :
- Que voulais-tu dire par… « Pantin » ?
- Rien de plus que ce que j'ai dit. Ce que nous avons devant nous est une création de la Dame. Elle l'a crée avec un but précis et quand celui-ci sera accompli, il s'autodétruira… Il n'est ni humain, ni vivant aussi surprenant soit-il. C'est pourquoi il n'a aucun esprit, ajouta-t-il en regardant son fils, ni même d'âme…
Il lança un clin d'œil à Cross qui lui répondit d'un sourire.
- Et qui est cette dame ?
- Une femme d'une grande importance… pour les humains. J'ai besoin d'elle. Malheureusement il est trop tôt. Je ne peux pas la voir maintenant.
- La Dame le sait, enchaîna le pantin. Je suis venu vous avertir qu'elle attendra le temps qu'il faudra. Elle sera là où vous savez. Elle n'a pu se déplacer elle-même car certaines obligations l'y empêchaient mais elle compte sur vous pour la rejoindre.
- Très bien, nous viendrons.
Le pantin hocha la tête et soudain s'effondra. Il finit par se désagréger et partir en grain de sable. Les trois hommes derrière Harry s'avancèrent brusquement. Ils étaient totalement bouche bée et bien sûr aimeraient tous autant les uns que les autres savoir qui était la Dame et tout ce qu'Harry savait. Celui-ci se retourna vers eux et sourit. Il se pencha ensuite vers Gabriel et le prit dans ses bras. Le blond brun fut surpris mais répondit rapidement. Il enchaîna rapidement, comme s'il n'y avait eu aucune interruption :
- J'ai vu le soleil ! S'exclama-t-il.
Le brun se releva et sourit un peu plus.
- C'est vrai ? Est-ce Cross qui te l'a montré ?
Le jeune homme hocha la tête alors qu'Harry se retournait vers lui.
- Merci d'avoir montré cela à mon fils.
- Il a fait plus que ça, se joignit Draco à la conversation. Il semblerait qu'il donne aussi des cours derrière notre dos. Des cours de lecture et d'écriture !
Le cocher rougit légèrement au regard inquisiteur d'Harry et celui amusé des deux autres. Consciemment Draco et Harry détournaient la conversation. Harry car il ne voulait pas penser à cela pour l'instant et Draco parce qu'il avait confiance en Harry et attendrait le moment voulu pour lui demander plus d'explication, faut-il pour cela qu'il patiente vraiment longtemps. Sûrement pas puisque le temps, à partir de maintenant leur serait compté.
- Malheureusement, fit Cross, il y a certaines choses que je ne peux lui apprendre comme par exemple la magie et toutes les caractéristiques vampiriques.
- Peu importe, nous prendrons le temps qu'il faudra. Il en va de soi que mon fils ne sortira pas d'ici tant qu'il ne sera pas totalement formé à l'extérieur.
- Oui mais… se plaignit ledit héritier, la Dame…
- La Dame attendra ! Elle m'a toujours attendu, chuchota-t-il plus doucement.
C'était comme s'il venait de retomber dans des souvenirs profonds qui ne semblaient pas mauvais mais pas plus plaisants. Draco ne dit rien une fois de plus bien que toute son âme lui criait de prendre Harry dans ses bras et de lui poser dix milles questions, jusqu'à être rassasié. Mais l'âge mûr le fit taire. Il se contenta de le regarder et d'attendre. Il se demanda si c'était la meilleure preuve d'amour mais malheureusement ou heureusement c'était la seule qu'il avait. Conscient d'être observé, Harry pensa écarter son fils pour pouvoir parler à son amant.
- Finis d'apprendre les mots, mon ange et après nous travaillerons la magie, d'accord ? Cross, veux-tu bien ?
Le gris hocha la tête et prit Gabriel par l'épaule. Il le guida et l'emmena vers le salon. De tout le moment, Gabriel ne fit que retourner la tête, quitte à se briser la nuque, pour regarder ses deux parents qui lui souriaient. Une fois hors de portée, Draco prit son amant par la main.
- Alors, m'expliqueras-tu ?
- Il n'y a pas grand-chose à comprendre. Viens.
L'entraînant dans la salle, il referma la porte sur eux et s'assit sur le seul bureau de la pièce. Son amant en fit de même, le dévisageant avec amour et impatience. Harry en rit légèrement.
- Tu ne ressembleras jamais plus à un enfant que maintenant ! Cesses donc où je vais bredouiller !
Draco rit.
- Allez, ne me fais pas languir et dis moi !
- Oui, oui. Bon, celle qu'on appelle la Dame se nomme en vrai Angel, ou Angéléna. C'est la toute première femme qui naquit sur Terre.
Draco écarquilla les yeux.
- Comme cela se fait-il ?
- Eh bien… comment expliquer ? Comme vous vous avez le dernier des Vampires, nous nous avons la première et le premier des Humains. Si jamais les deux mourraient, ce serait la fin de l'Humanité.
- Mais… c'est une successeuse de la première des Humaines ?
- Non, c'est la seule, l'unique Dame. Elle porte divers surnom mais le principal est son nom de naissance, celui que tous connaissent Eve…
- Adam et Eve auraient donc réellement existé ?
- Oui, et plus encore puisqu'ils sont vos parfaits contraires, à toi et Gabriel !
Le pauvre blond en resta sidéré. Il n'aurait jamais cru à cela et pourtant Diable sait qu'il aurait dû.
- Mais… pourquoi… pourquoi veux-tu la voir, et surtout comment la connais-tu ?
- Je la connais de l'orphelinat où j'ai vécu, elle m'est apparue comme un ange ou un démon et m'a regardé longuement… Elle m'a dit, et je m'en rappelle encore tant ses mots m'avaient choqué. « Tu es spécial et dangereux à la fois. Dois-je te tuer ou te laisser vivre ? » A l'époque j'avais sept ans, et ces mots me firent énormément de mal, surtout que je n'ai pas eu une enfance facile. Mais, grâce au ciel, elle décida de me laisser vivre, en échange de quoi elle me surveillait constamment. Je la voyais plusieurs fois par an, elle passait, je ne sais pourquoi, restait avec moi juste une journée puis repartait. Elle me parlait beaucoup, de tout et de rien. Elle me fixait et notait des choses dans son carnet. Son regard était si tendre quand il se posait sur moi que je finis par adorer ces journées et à attendre les suivantes.
Draco avait littéralement bu ses paroles. Il regardait le sol en se disant qu'il en savait si peu de choses sur son amant. Il se jura d'en savoir plus, beaucoup plus. Il voulait connaître sa vie en détail. Chaque chose qu'il a faite, chaque combat qu'il a accompli. Il apprendrait tout.
- Maintenant je vais te dire pourquoi je la cherche. C'est elle qui possède le secret de l'Au-delà.
- Qu'est-ce ?
- C'est un endroit. Où le temps s'arrête et ne compte plus. Où une année se passe en un jour et un jour passe en un an. Là, plus rien ne compte, ton corps reste le même malgré les feuilles qui tombent dehors. Elle nous guidera vers l'unique portail et qu'on nous le franchirons nous n'aurons alors plus aucun soucis à nous faire ! Nous saurons juste tous les quatre avec pleins d'autres personnes qui ont gagné le droit à l'absolution… à jamais ensemble. Ce n'est pas un bon itinéraire ?
- Tu veux dire que… le temps ne s'écoulera plus sur toi ?
- Sur aucun de nous…
Un sourire éclatait les fossettes blanches de Draco. Il se leva brusquement et prit son homme dans ses bras.
- Allons-y alors ! Et maintenant !
- Non… Je veux d'abord que Gabriel atteigne sa taille adulte.
- Il ne pourra pas le faire là-bas ?
- Non, car le corps, une fois à l'intérieur ne change plus jamais. A part s'il ressort ! L'être peut être changé, mais pas le corps. Attendons encore quelques jours avant de s'en aller.
- Crois-tu que la Dame nous attendra ?
- Oui, je n'ai aucun doute là-dessus. De toute manière, elle sait tout sur tout. Si ce n'est nous, c'est elle qui nous retrouvera ! Ne t'inquiète pas !
- M'inquiéter ? Je suis plus excité que jamais. Je ne savais qu'un tel endroit existé. C'est tout bonnement fabuleux. Si tu ne peux mourir, je suis assuré de vivre à tes côtés milles vies, peut-être plus encore !
- Sans doute, sourit Harry, heureux de le voir dans un tel entrain. Mais n'oublions tout de même pas qu'on peut nous intercepter durant notre périple. Ce serait bien triste.
- Faisons de notre mieux.
Harry l'embrassa longuement. Draco ne croyait pas si bien dire surtout que le ministère savait désormais où ils étaient puisque Cross les avait facilement retrouvé. D'ailleurs pensa-t-il, c'était plutôt très suspect. Comment avait-il réussi ? Déjà à l'auberge, maintenant jusqu'ici. Il devrait sûrement lui poser la question. Pour être sûr que le ministère ne connaissait aucun moyen pour les repérer. Draco le prit par la main et l'entraîna jusqu'au salon. Harry sourit en voyant les deux autres hommes du groupe côte à côte. Sur la petite table, c'était le bazar complet. Il y avait des feuilles de partout, des crayons, des livres et d'autres choses encore qu'Harry ne prit le temps d'identifier. Il vint jusqu'à eux et s'enquit d'invoquer un fauteuil pour s'asseoir devant.
- Alors mon ange ? Travailles-tu correctement ?
- Bien sûr.
- Gabriel sait maintenant parfaitement lire et écrire. D'ailleurs il aime ça. Je n'ai jamais vu pareil prodige.
- Il n'est rien de tel, s'exclama Draco. C'est juste mon fils.
- Ah ! Vantard, rit Harry.
Il fit appelle à un autre fauteuil et Draco s'assit à ses côtés lui prenant la main. Cross les regarda, l'envie dans l'œil. Que donnerait-il pour pouvoir faire de même avec Gabriel. Tout sûrement. Mais malheureusement, il ne pouvait qu'attendre. Ce qui le réjouissait était que cette attente serait de courte durée et non des années. Il profitait de chaque instant avec cet enfant qui ne le serait bientôt plus et appréhendait le moment où il se réveillerait enfin adulte. Toutes les nuits, le vdA les passait à le regarder grandir trop lentement à ses yeux. Trop vite à ceux des pères qui ne le voyaient grandir. Ils se dirent qu'ils rattraperaient le temps perdu une fois qu'il serait sur les terres de l'au-delà.
Les quatre hommes restèrent ici le temps que Gabriel est bien tout mémorisé et appris. Ce ne fut pas long mais bien convivial. Il eut des éclats de rire, des taquineries entre Draco et Cross mais rien d'acerbes. Le blond avait complètement accepté le fait que le gris soit amoureux de son fils. Celui-ci se glissa sans trop se faire voir dans l'esprit de son père et ainsi appris la vérité sur Cross. Il resta quelques secondes septique. Ingurgitant la nouvelle facilement. Pour lui l'important été qu'il se soit confié à son père. Il rougit par la suite en apprenant ses intentions. Au fond, il le s'en doutait bien, tout comme il savait que lui aussi été attiré par le gris. Il se sentait aussi bien dans ses bras que dans ceux de son père cependant il s'agissait d'un tout autre bonheur. C'était comme si quelque chose en lui était comblé… quelque chose qu'il pourrait identifier mais que plus tard.
La soirée se passa rapidement autour de cette table. Après que les trois hommes eurent mangés, Harry montra d'autre tour de magie à son fils. Il lui apprit des sorts plus ou moins compliqués, allant du sort de maison à celui de combat. Gabriel était un vrai livre, il empreignait toutes les informations sans jamais les laissaient glisser. Cross et Draco assistèrent à cet entraînement avec de grands yeux. Harry canalisait son pouvoir avec une grande prudence car il n'y était pas encore habitué. Lors de son ascension, au rang de Sorcier Pur, il fut doté de capacité hors du commun mais après que le ministère les lui ôta sans vergogne et maintenant il réapprenait, tout comme Gabriel, à les réutiliser. Parfois cela ne fonctionnait pas et il explosait un objet au lieu de juste le pousser. Il avait alors un de ses sourires d'excuse qui donnait envie à Draco de l'embrasser.
Ils remirent l'instruction vampirique au lendemain pensant que le jeune homme avait assez travaillé. Avant que le soleil ne se lève, Gabriel demanda à le voir encore et Harry accepta. Il décida de l'emmener lui-même et ils sortirent de la Cage laissant Draco et Cross ensemble. Alors que l'un se mit à ranger lentement l'autre prit congé et retourna dans sa chambre attendre patiemment que son amant le rejoigne. Celui-ci se laissait guider jusqu'en haut de la falaise par un Gabriel tout excité. Une fois là-haut, ils s'assirent, Gabriel entre les jambes de son père et attendirent sagement que le soleil se lève. Pendant ce doux moment qui n'était ponctué que par des notes des arbres que le vent semblait produire, Gabriel sentit avant de voir le soleil se levait. Ses yeux ne clignèrent même pas, de peur qu'il ne loupe un rayon.
Harry sourit en regardant de haut son fils. Il l'embrassa sur le front et attendit que le petit grand s'endorme paisiblement. Cela ne darda guère, ayant bien trop travaillé son corps et sa magie. Il tomba dans son lourd sommeil, la tête contre le torse de son père, le cœur en bandoulière. Il se sentait bien là. Il se sentait en sécurité, protégé par les bras forts de son père. Rien n'aurait pu le toucher. Même dans ses rêves, il se sentait fort. Le jeune père souriait face à tant d'innocence. Il finit par observer à nouveau le soleil en se disant qu'il donnerait tout pour ne plus jamais le revoir. Maintenant qu'il avait un homme et un enfant vampire, il voulait vivre la nuit avec les mêmes conditions.
Le brun prit son fils dans ses bras ajoutant un peu de magie car il était de plus en plus lourd et transplana. Il arriva pile poil devant la Cage et la pénétra. Il arriva dans le salon où Cross attendait patiemment. Quand il le vit, il se leva et vint à sa rencontre. Tendant les bras pour prendre l'enfant, il fit :
- Donne-le-moi, je vais le coucher.
- Et toi, ne dors-tu pas ?
- Non… Je ne dors jamais.
Harry écarquilla les yeux puis lui remit l'enfant dans ses bras.
- Prends soin de lui, alors !
- Ne t'inquiète pas, il est entre de bonnes mains.
- Je ne m'en fais pas ! Sourit le père. J'ai confiance.
Cross recula légèrement et acquiesça.
- Merci.
- Non, merci à toi, sourit-il.
- Cela ne te gène pas ?
- Tu plaisantes ? Il m'a fallu tant d'années pour trouver l'amour fou, et à Draco beaucoup plus… et toi encore plus ! Je ne regrette vraiment pas que mon fils soit déjà entre de bonnes mains !
- Même si tu ne peux le voir grandir ?
Harry fit la moue, hésitant.
- Je pense que plus tard, j'aurais tout le temps qu'il me faut pour le partager avec lui. Et pour moi il restera toujours mon bébé. Malgré qu'il ne l'ait été que deux nuits seulement…
- Je comprends, acquiesça Cross. Allons coucher le bébé alors ! Bonne nuit Harry !
- Bonne nuit, Cross.
Les deux hommes se séparèrent, Cross emportant Gabriel jusqu'à leur chambre pour le coucher. Harry rejoignant un Draco déjà endormi. Il s'insinua dans son lit après s'être déshabillé et se lova contre la froideur du corps du blond. A cette sensation celui-ci bredouilla quelques paroles incompréhensibles et entoura le corps brûlant d'Harry de ses bras musclés.
- Bonne nuit mon ange, murmura le brun avant de s'endormir.
Le lendemain, l'entraînement repris son cours. Ce fut Draco qui entraîna tout le monde en dehors de la Cage et alors que Gabriel (âgé maintenant de six nuits mais possédant un corps d'un enfant de quatorze ans) et son père couraient de plus en plus rapidement dans la forêt, Harry et Cross, assis sur un gros rocher, riaient et commentaient joyeusement (quand ils pouvaient les voir). Draco décida d'ennuyer un peu son fils et lui proposa un jeu.
- Attrape-moi si tu le peux.
- Aucun problème !
Mais voilà, à peine furent-ils partis que Draco arriva juste derrière les deux spectateurs. Harry éclata de rire quand il lui fit un clin d'œil. Il lui vola un baiser avant de s'en aller, provoquant d'autres rires. Quelques secondes plus tard, Gabriel arriva et vit le visage angélique de son père et sut que l'autre était passé par là. Il fit la moue et se retourna brusquement juste derrière lui. Draco se tenait, les bras croisés.
- Tu es trop lent, mon fils. Même pour un demi-vampire ! Augmente ta vitesse.
- Je demande un deuxième essai, le défia Gabriel.
Draco sourit de toutes ses dents. Là, il se voyait parfaitement en lui. Il hocha la tête et partit à travers la forêt, Gabriel à ses trousses. Les deux autres attendirent patiemment. Quelques minutes plus tard, Draco revint juste devant eux. Il souriait encore.
- Il est coriace ton fils ! S'exclama-t-il.
- J'aurais pu aller bien plus vite si tu avais continué ! Dit celui-ci en arrivant.
- Et me dépasser ? Sûrement pas !
Il prit son fils dans ses bras alors que ce dernier éclatait de rire. Harry se leva et s'étira. A force de rester assis dans le froid, son corps s'était engourdi. Il se dit que bientôt les nuits seraient totalement glacées. Il aurait dû mal à sortir avec les trois autres. Même Cross ne ressentait pas le froid. Il était le seul avec ce handicap et cela l'affecta grandement. Heureusement pour lui Gabriel avait fermé son esprit. Il pensa alors à aller prendre une veste chaude dans les armoires de la Cage. Il se tourna vers ses deux amours et dit :
- Je vais rentrer, j'ai froid. On se voit plus tard !
Harry se retourna, les bras autour de lui-même et partit lentement jusqu'à la Cage. Juste avant qu'il ne s'éloigne trop, Draco murmura dans l'oreille de Gabriel.
- Tu pourrais…
- Il est encore triste… Il a froid et ça l'ennuie car il est seul… Du moins, il se sent seul ! Tu devrais peut-être l'accompagner. Je peux continuer avec Cross cela ne me dérange pas.
- Je suppose que tu as raison mais il ne l'acceptera pas.
- Ah bon ? Mais pourquoi donc !?
- Voilà ce qu'il te faudra apprendre… Tu peux lire ses pensées mais les analyser, tu as encore du mal. Il ne nous a rien dit, c'est donc qu'il ne veut pas nous inquiéter ni même nous déranger. Malheureusement pour lui, son fils est légiliment et son amant un poil trop curieux. Cross ?
- Oui ?
- Prends soin de lui, s'il te plait.
Et il partit rapidement. Cross se leva et s'étonna.
- C'est la deuxième fois que l'on me dit ça ! Je crois bien que j'ai l'accord de tes deux parents pour…
Il se tut brusquement, conscient de ce qu'il allait dire. Gabriel se tourna vers lui, relevant la tête, et lui lança un regard interrogatif mais Cross ne dit rien de plus. Il regardait l'endroit où les deux amants avaient disparu se mordant sagement la lèvre. Gabriel plissa les yeux et hésita longuement. Devait-il lui dire qu'il était au courant pour son amour pour lui ? « Sûrement » lui disait son cœur. « Non » scandait sa raison. Devait-il attendre qu'il est atteint sa taille adulte ? Parce que si Cross ne voulait rien lui dire c'était bien pour cela non ? Où alors attendait-il juste un geste de sa part ? Gabriel fut confus. Il y avait des questions sans réponses qui s'accumulaient dans son esprit. Son père avait raison. Bien qu'il ait le savoir, il était bien trop jeune et ne possédait encore la sagesse. Celle-ci s'apprenait au cours des années et non de quelques nuits. S'il avait été à la place de son père, il n'aurait pas eu le tact de parler à son père humain, peut-être même lui aurait-il fait plus de mal ? Il se rendit compte pour la première fois depuis peu que grandir aussi vite ne l'aidait pas vraiment. Ce trop plein de savoir qu'il accumulait pouvait, parfois, lui porter préjudice. Cependant il ne fut pas plus pressé d'apprendre à être sage. C'est ainsi qu'il se voyait, enfant, peu importe que son corps et son esprit ne soit pas d'accord.
- Tu devrais reprendre tes exercices, lui coupa Cross dans ses pensées. Si tu sais courir, apprends à sauter et si tu sais sauter je t'apprendrais à avoir mal.
- On se battra ?
- Que si tu le veux.
- J'adorerais !
- Alors pourquoi pas…
Gabriel se tourna une dernière fois vers l'endroit où il avait vu ses pères disparaître espérant que tout irait bien pour eux. Puis il suivit Cross qui l'emmena un peu plus loin continuait son entraînement. Plus haut, beaucoup plus haut, Harry arrivait juste à la Cage quand Draco se manifesta. Il avait attendu pour ne pas qu'Harry ne s'arrête et face demi-tour à cause de lui. Il arriva juste derrière lui et l'entoura de ses bras. Harry poussa un gémissement de stupeur et le blond eut la chance qu'il ait reconnu sans odeur sinon il n'aurait dès lors plus eut de bras. Harry se dégagea, se retourna et frappa doucement son torse de son poing. Draco était mort de rire.
- Tu m'as fait peur ! Vilain petit vampire !
- Petit vampire ? Sourit Draco en le poussant à l'intérieur de la Cage.
Draco l'embrassa soudainement et le prit par la taille.
- Quelle insulte !
Il reprit ses lèvres avec appréhension passant ses mains sur son corps (« si bien sculpté » pensa-t-il soit dit en passant) Harry le repoussa légèrement.
- Tes mains sont gelées, amour ! Je t'ai dit que j'avais froid !
Harry l'obligea à le lâcher et s'enquit de parcourir le couloir qui menait au salon. Draco suivit pas à pas.
- Moi aussi, j'ai froid.
Harry se retourna en souriant.
- Ah oui, et depuis quand un vampire a-t-il froid ?
- Depuis que tu viens de quitter mes bras ! J'ai froid de te savoir si loin de moi !
Harry rit légèrement.
- Idiot.
- Ah mais je ne mens pas !
Alors qu'ils arrivaient dans leurs chambres de substitution, Draco le prit à nouveau par derrière. Entourant de ses bras autour de sa taille il lui murmura tout contre son oreille.
- Là, tu vois… J'ai moins froid.
Harry s'appuya contre lui et ferma les yeux. Son odeur, sa présence, son torse… Oui c'est vrai, contre lui n'avait pas froid. Il se sentait bien, il se sentait vrai… Harry se retourna sans sortir de ses bras et plaça les siens autour du cou du blond : Là, il le regarda droit dans les yeux avant de sourire.
- C'est Gabriel que te l'a dit n'est-ce pas ?!
- Dit ? Mais de quoi tu parles ? Je ne vois vraiment pas !? Feint-il.
- Draco… soupira le brun.
Celui-ci se pencha et posa son front contre le sien…
- Dis-moi ?
Face à ce regard idyllique, le brun ne résista pas, il baissa les yeux et murmura, nerveux :
- Ma vie est un conte merveilleux… mais si j'accole l'adjectif « humain » à ses côtés, je n'y vois que tristesse. J'aimerais tellement avoir ce don d'immortalité, ne plus avoir froid mais pourtant réagir lorsque tu me touches…
- Harry…
- Je sais, tu dois me trouver stupide…
- Non, Harry, je t'aime ! Peu importe serais-tu vampire, humain, loup-garou (malgré notre mésentente) ou même un gnome vert.
- Un gnome vert ? Rit le brun.
- Crois-moi… Ton humanité ne peut rien gâcher !
- Mais ma mort si !
- Là, je ne dis pas… mais peut-être mourrais-je avant toi, personne ne peut le dire. Cependant que tu ais faim et froid ne changerons pas les choses ! Je ne me lasserais jamais de toi.
- Même si tu dois te retenir en me faisant l'amour !?
- Même ! Rit à son tour Draco. D'ailleurs murmura-t-il prédateur. Tu sais, là il n'y a personne et…
Il l'embrassa gentiment.
- …on pourrait bien…
Il embrassa longuement.
- …commencer quelque chose de génial.
Il l'embrassa langoureusement.
- Seulement, si tu promets de bien me réchauffer, chuchota le brun totalement rassuré.
Les nuits qui suivirent se passèrent rapidement. Gabriel grandit au fur et à mesure. Son corps atteint celui d'un homme de vingt-cinq ans. La transformation fut radicale. Il perdit toutes ses bouilles enfantines. Maintenant il dépassait son père humain qui à sa vue n'en revint pas. Il ressemblait trait pour trait au jeune homme du miroir du Rised. Harry en le voyant le soir de la dernière nuit applaudit comme un dingue, très heureux. Draco et Cross sourirent, ce dernier ayant vu le premier les dernières transformations du jeune homme avec jubilation. Il portait maintenant des cheveux brun mi-longs qui lui tombaient sur les épaules, toujours coupés par ces mèches blondes. Son corps ressemblait en tout point à celui de Draco, c'est-à-dire des épaules larges, un corps musclé, de grandes jambes.
Sa voix aussi ne portait plus aucunes marques d'enfant. C'est à peine si on le reconnaissait. Personne n'aurait juré qu'il y a quelque nuit ce si beau jeune homme tenait entre les bras de ses pères. Même ceux-ci avaient beaucoup de mal à s'en remettre. Cependant rien n'était plus charmant que son sourire quand il était gêné ! Surtout quand Harry l'embêtait. Dans son évolution vampirique, Draco lui apprit à charmer. Cela déplut énormément Cross qui se mordait le fond de la joue chaque fois qu'il les voyait partir au village pour tester ses pouvoirs. Mais cependant il ne disait rien et laissait faire, attendant sagement.
Bientôt vint la fin du séjour dans la Cage. Il devait partir d'ici peu. Sept nuits avaient passés depuis l'arrivée du pantin et Harry décida qu'il était temps. La veille il dit à tous de se tenir fin prêt car le lendemain viendrait la nuit de rencontrer la Dame. Ils étaient tous installés sur le canapé quand Harry le leur dit. Gabriel apprit la nouvelle avec un sursaut d'excitation. Il sourit, heureux, il avait vraiment dans l'envie de voyager et de quitter les limites de la Cage et ses alentours, voir ce qu'il se passait ailleurs… Il voulait rencontrer d'autres personnes et voir le monde de ses propres yeux. Les pensées seules de ses pères ne lui suffisaient plus.
Draco lui, fut tout à fait d'accord, estimant que Gabriel avait suffisamment grandi et Cross lui s'abstint de tout commentaire, se disant que c'était peut-être la dernière fois qu'il pourrait dormir avec Gabriel. Il lui fallait absolument qu'il lui parle. Il fallait qu'il lui dise maintenant qu'il pouvait se le permettre. Quand Harry et Draco prirent congé, Gabriel se leva et lui sourit.
- On va se coucher ?
- Oui… Répondit-il. Demain nous partons… Cependant… j'aimerais… J'aimerais que nous parlions… de quelque chose qui me tient à cœur.
- Bien sûr, qu'elle est-ce ?
- Attends, allons dans notre chambre. Nous parlerons une fois à l'aise.
Le silence reprit l'ensemble de la Cage le temps que les deux hommes rejoignirent leur chambre. Inconsciemment, le cœur de Cross se mit à battre sauvagement dans sa poitrine. Il tremblait de plus en plus fort. Gabriel le sentit immédiatement, son épaule frôla celle du gris et il prit sa main dans la sienne. A cette sensation le gris se tourna vers le brun blond et écarquilla les yeux… Gabriel serra un peu plus sa main et lui sourit. Cross eut un air gêné et soupira, se massant la nuque.
- Tu… n'as pas passé l'âge de me tenir la main?
- Techniquement j'ai le droit jusqu'à douze ans. Or je n'ai que treize nuit !
Soudain, il s'arrêta devant leur chambre et poussa Cross contre la porte. Ce ne fut qu'à ce moment que celui-ci remarqua que Gabriel le dépasser de plusieurs centimètres.
- Quand as-tu autant grandi ? Demanda-t-il la gorge sèche alors que Gabriel s'approchait de lui, sa main toujours dans la sienne.
- Je ne sais pas… Peut-être que je n'ai pas vraiment fini d'évoluer en fin de compte !
Enfin il se colla totalement à lui. Leurs torses se caressant, leurs nez se touchant, ils se dévoraient des yeux comme s'ils ne faisaient qu'un.
- Qu'est-ce que tu fais ? Chuchota le gris tandis que ses lèvres en bougeant caressaient les siennes et que son cœur repartait d'une plus belle embardée.
- Tu le sais, non ? Ose me dire que ce n'est pas de cela que tu voulais que l'on discute ? C'est cela n'est-ce pas ?
Cross ne dit rien, laissant son cœur parler pour lui. Gabriel se penchant un peu plus et l'embrassa très lentement, laissant juste ses lèvres s'apposer sur celles de Cross, les caressant avec douceur. Il s'écarta encore.
- Dis le moi…
Mais le gris ne pouvait rien faire. Il avait tellement de chose à dire, il avait tellement attendu ce moment. Mais là, il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait rien faire. Il regardait juste celui qui faisait battre si fort son cœur, la bouche entrouverte et les mains tremblantes. Gabriel tenta à nouveau, il l'embrassa de la même manière appuyant un peu plus sur sa lèvre inférieure. Puis il recula et répéta :
- Dis-moi…
Enfin, ses dents se desserrèrent et il murmura le plus rapidement possible, comme s'il voulait se débarrasser d'un secret bien trop lourd à porter, et cela n'en était que plus vrai.
- Je t'aime Gabriel… Je t'aime depuis la première fois que je t'ai vu. Tu m'as envoûté et j'ai longtemps tremblé de ne pouvoir rien faire… rien dire…
- Mais là tu peux faire et dire. Maintenant je suis prêt. Et mon corps et enfin accordé avec mon esprit. Si tes sentiments n'ont pas changés…
- Impossible, cet amour, qui n'est parti de rien, continue de grandir en moi plus vite que tu ne le penses et il ne changera jamais plus. C'est comme si tu étais gravé dans mon cœur à jamais.
- Alors pourquoi tu trembles autant ?
- Parce que… Je trouve cela tellement irréel. Je me dis que je n'ai peut-être pas attendu pour rien…
Cross leva sa main encore et caressa sa joue.
- C'est trop irréel.
Alors Gabriel avança brusquement la tête et l'embrassa sauvagement. Cross entoura ses épaules, pressant l'arrière de sa tête contre son visage pour qu'il l'embrasse plus fortement encore. Gabriel lâcha enfin sa main et entoura sa taille. Le baiser perdura encore, l'un ne voulait absolument pas lâcher l'autre et ils augmentèrent en sensation et en excitation. Cross qui avait tant attendu ce moment ne pensait à plus rien d'autre que la sensation de ses lèvres sur les siennes. Et bientôt cette langue taquine qui vient jouer avec ses sens. Comment se faisait-il que cet enfant qui pour la première fois procurait ce genre de plaisir arrivait à un tel niveau. C'était magnifique. Gabriel lui ne voyait qu'une chose. Il avait enfin ce qu'il avait tout aussi désiré… Mais maintenant qu'il l'avait, cela ne lui suffisait plus. Il en voulait plus… beaucoup plus... ! Il recula lentement la tête, faisant gémir de frustration le jeune homme pendu à son cou.
- Est-ce toujours aussi irréel ? M'embrasserais-tu encore si je te le demandais ? Irions-nous plus loin si tu me laissais faire ?
Cross caressa à nouveau son visage, clignant le moins possible ses yeux de peur qu'il ne perde un instant de son expression. Il avança lentement la tête et lui offrit le même baiser que les deux premiers, chaste et lent… Un plaisir qui se doit d'être continuait.
- Oui, murmura-t-il. Mais rien n'est plus beau et réel que ton visage…
