Chapitre 13 : La rencontre d'un vampire.


Harry atterrit lourdement dans la forêt. Il n'avait pas du tout pensé aux poids des hommes qu'il transportait. Il tomba parterre dans les bras du blond qui riait légèrement en le recevant.

- Je déteste quand tu fais ça ! Fit-il en l'embrassant sommairement. J'ai toujours l'impression de ne pas arriver vivant !

Harry le regarda et sourit.

- Ça va ? Es-tu en un seul morceau ?

- Oui, bien sûr !

- Gabriel, Cross ?

Rien ne lui répondit. Harry releva la tête, très inquiet, et vit Gabriel dos à lui et Cross, allongé sur ses genoux.

- Gabriel, répéta Draco en se relevant.

Harry se bougea rapidement et sortit de sur Draco pour se placer devant son fils. Sa vue l'attrista au plus au point. C'était la première fois qu'il le voyait ainsi. Son visage était totalement blanc et avait perdu toute humanité, ses yeux portaient la couleur de celle de son père humain et surtout, deux longues traînées de sang coulaient sur ses joues, totalement symétriques par rapport à son nez. Harry passa sa main sur sa joue et murmura :

- Ça va aller…

Il regarda le corps de Cross. Gabriel commençait petit à petit à réagir mais pas en bien.

- Il avait dit… qu'il ne pouvait pas mourir… Pourquoi est-il si froid ?

- Gabriel… Laisse-le…

- Non ! Hurla le jeune homme en serrant le corps du gris dans ses bras.

Draco l'attrapa brusquement par les bras et le releva, le faisant lâcher. Le blond brun se débattait tant bien que mal mais en vain, son père restait le plus fort et tint bon. Gabriel finit par se stopper alors que ses larmes redoublaient de vigueur. Il s'effondra dans les bras de Draco alors que celui-ci massait sa tête calmement. Harry ouvrit discrètement les yeux du gris et sourit. Il releva la tête vers Draco qui sourit à son tour. Gabriel, pris dans le torse du Roi, ne vit rien de cet échange. Draco continua de l'apaiser en frottant son dos.

- Tu vois, lui dit-il tendrement. Je te l'avais dit. Quand on aime, la séparation est toujours la plus dure étape. Heureusement, la tienne ne durera pas. Allez ressaisis-toi mon enfant.

Gabriel se releva lentement. Dans sa détresse il avait oublié le plus important. Cross portait plus d'une âme en lui. Il se tourna vers Harry, ses larmes se séchant d'elles-mêmes, les sillons commençant à disparaître.

- Il va revenir, n'est-ce pas ?

- Oui ! Je ne saurais dire quand mais ce n'est pas sa mort qui te troublera aujourd'hui…

- Pourtant, dit le blond brun en affichant un air plus triste encore alors que ses yeux rencontraient le corps froid du gris. Elle me trouble tout de même.

Harry hocha la tête. Il réfléchit un instant puis se mit à creuser magiquement un trou dans la terre meuble puis y plongea le corps du gris. Il le dévêtit et garda les vêtements puis le brûla de douces flammes bleues. L'odeur qui en ressortait surpris les deux autres hommes. Cela n'avait rien avoir avec du bois, des feuilles ou encore du charbon mais il s'agit d'une douce odeur sucrée, comme de la vanille qui aurait trop caramélisée. Gabriel ne put regarder plus, préférant détourner le regard en plongeant sa tête dans le cou du Roi des vampires. Bien qu'il se répète que ce n'était pas son véritable amour mais juste son enveloppe corporelle, il n'arrivait à s'enlever la glaciale image de son visage mort. Quand le corps fut totalement brûlé, Harry recouvrit les cendres de la terre qu'il avait laissée sur le côté.

- J'ai gardé ses habits car je ne sais comment il réapparaîtra. Tiens Gabriel, prends-les.

Gabriel lâcha enfin son père et prit ses vêtements. Il les serra étroitement contre lui comme s'il s'agissait de son bien le plus précieux. Ce qui à priori devait l'être, seul restant de son amour.

- Peut-on l'attendre ? S'enquit-il auprès de ses pères.

- Je ne sais pas s'il nous retrouvera ici car il ne sait sûrement pas où j'ai transplané ! Le mieux est d'aller à Rome, s'il est judicieux il nous retrouvera là-bas.

- Mais Rome est tellement grand !

- Gabriel nous ne pouvons rester ici ! Tant que je ne sais pas comment le ministère fait pour nous retrouver si facilement, il faut rester en mouvement !

- Mais…

- Gabriel, fit Draco, écoute ton père. Nous ne pouvons rester ici et je suis tout aussi certain que Cross nous retrouvera à Rome. D'ailleurs où sommes nous ? Demanda-t-il à l'adresse d'Harry.

Celui-ci se retourna vers lui et lui répondit :

- Plus très loin, mais ne perdons aucun temps !

Il tendit sa main vers Draco qui la prit puis vers Gabriel. Lui se tourna vers le tas de terre fraîchement retourné, le regard si triste que tous et toutes qui le verraient pleureraient…

- Gabriel… murmura Draco en se rapprochant de lui. Fais-nous confiance, mon fils… Tu le reverras bien assez tôt… Je te le promets !

Le Dernier des Vampires se tourna vers son père et finit par hocher la tête. Il prit ensuite sa main et murmura un « à très vite » qui fut engloutit par le vent du transplanage.


Loin de tout ça, Cross se réveillait en sursaut. Il cligna plusieurs fois ses yeux. Ceux-ci sous ses paupières étaient totalement vides ! Petit à petit, l'œil apparut dans une douleur incommensurable. Il se frotta durement les yeux et grogna méchamment contre lui-même. Il savait pertinemment où il était. Quand ses yeux arrêtèrent de le brûler, il les ouvrit à nouveau et là, resta stupéfait. Il regarda à droite et à gauche sans comprendre. Il était dans une grande salle totalement blanche recouverte de cercueil les uns complètement différents des autres. Mais ça, c'était la routine, il connaissait très bien cet endroit pour y avoir était trois fois. Quatre maintenant…

Ce qui l'avait tant surpris, c'était le nombre élevé de cercueil. Il devait y avoir plus d'une cinq centaine. A sa droite, une trentaine de cercueil plus loin, un bruit survint, le sortant de sa torpeur. C'était un toussotement plaintif. Un autre homme se leva, s'asseyant dans son cercueil. Il attendit à son tour un moment pour ouvrir ses yeux et remarquer Cross. Il lui fit un sourire. L'homme était plutôt vieux, possédant une barbe de trente jours et des cheveux mi longs qui lui tombaient sur les épaules. Il fronça les sourcils et se pencha sur son cercueil, s'appuyant des deux bras dessus.

- Et dis donc, gars, je t'ai jamais vu toi ! Que t'est-il arrivé, jeunot ?

- Tuer par des sorciers, répondit furtivement Cross.

- Ah ! Moi je me suis fait prendre à tricher au jeu ! Très mauvais au Texas ! Ils sont tous plus ou moins susceptible ! Mais… tu fais pas parti de la troupe, gars, je me trompe ?

Cross hocha négativement la tête.

- T'es un vagabond ?

Hochement positif de la part du jeune homme cette fois-ci.

- Cela faisait longtemps que je ne suis pas mort… Comment se fait-il qu'il y ait autant de vdA ? Nous ne sommes plus en voie de disparition ?

- Houlà, gars ! Mais tu sors d'une grotte, petit ?

- Eh bien… un peu…

L'homme se leva et enjamba son cercueil. Bizarrement, il se mit à flotter à quelques centimètres du sol et avança sans à avoir à écarter les jambes. Il vint jusqu'à Cross et s'assit sur le cercueil d'à côté, examinant l'homme.

- Ouais, jeunot, j'aime beaucoup ta tête ! Elle me reviendra à coup sûr !

- Peux-tu… Peux-tu m'en dire un peu plus sur ce qui s'est passé après le génocide de notre peuple par le ministère ?

- Quoi ? Oh ben, rien de surnaturel ! Nous avons dû recréer la Cage autre part mais un de nous nous a fait part d'une idée de génie. C'était un jeunot un peu comme toi, un bon gars !

- C'est-à-dire ?

- Bah, qu'il avait une belle tête ! Bien faîte !

- Non, je veux dire… Qu'elle était cette idée ?

- Je me rappelle très bien qu'il a proposé de refaire notre Cage de telle sorte que nous puissions nous déplacer tout le temps, être toujours en mouvement, sur le qui-vive !

- Vous êtes devenu une caravane ?

- Oui, gars ! Pour que personne ne se doute de quoique se soit, nous avons fait quelque chose que nous aurions dû faire il y a bien longtemps, vivre en nomade entouré de moldu ! Là, personne ne pouvait nous retrouver, surtout les sorciers. Grâce à cette façon de vivre, en étant toujours sur les routes et souvent dans le désert, nous avons pu recommencer à vivre tout en ayant tout de même un sentiment de fuite. On a demandé aux couples et autres de faire des enfants le plus qu'il pouvait. Nous trouvions la nourriture sur place, nous nous lavions dans des lacs et des points d'eau. Notre vie actuelle est maintenant bien plus plaisante que l'ancienne. Nous avons tout perdu, surtout beaucoup de bon gars lors du carnage de la Cage cependant… Disons que nous renaissons…

Soudain il eut un flash lumineux et un cercueil descendit de nulle part, tout petit et doré. L'homme rit largement.

- Tiens, Kati a enfin eut son bébé, j'en suis sûr ! Avec une bonne femme pareille, c'est sûr ce jeunot sera un bon gars !

Cross sourit un peu.

- Le ministère a-t-il repris ses recherches ?

Le barbu écarquilla les yeux.

- Repris ? Mais il n'avait jamais arrêté ! Depuis la perte de la Cage et de notre fuite, quinze autres vdA ont été débusqués et tués ces six dernières années ! Deux d'entre eux sont encore en vie et nous les cachons dans les caravanes, nous recherchons des âmes pour eux car maintenant que le ministère connaît leur visage, il les traquera sans relâche !

- Mais… ils n'ont jamais cessé ?

- Pas à ma connaissance !

Cross apprit la nouvelle durement. Ce fut un véritable coup de poing qu'il se reçut sur la tête. Alors il avait fait cela pour rien ? Tous ses gens qu'il avait tués… Pour rien… Le ministère lui avait menti. Il se rendit compte à quel point il avait été bête. L'homme se gratta la barbe et sourit :

- Dis donc ! Toi t'as la tête du gars qui a fait une grosse bêtise ! Même si j'aime bien ta tête celle-là ne me plait guère. Racontes-moi !

Et Cross lui dit tout. Le barbu écouta comment un sage et pour la première fois fit son âge. Il hochait la tête par moment comprenant tout à fait son geste.

- Si j'avais eu ton courage et ta force, s'exclama-t-il à la fin de son récit. Je crois bien que j'aurais fait la même chose ! Mais pauvre de toi. Cela n'aura pas servi, les sorciers t'ont abusé ! Tu peux leur tourner le dos maintenant ! Nous sommes très bien protéger. Dorénavant ne fait plus confiance au ministère !

- Oui ! Ça c'est déjà fait…

- C'est bien jeunot ! Eh, si tu veux passer tu pourras peut-être nous trouver.

- Je ne pense pas vouloir vous trouver car je n'amènerais trop de danger avec moi pour vous.

- Comme tu veux mon gars ! Bon il faut que j'y aille moi où la baronne va crier !

Cross rit légèrement.

- Au plaisir, mon petit !

- Au revoir et merci !

L'âme se releva à nouveau et retourna près du cercueil. Il prit une petite cage, fit un signe de la main vers Cross et partit en flottant gaiement et sifflotant. Cross regarda à l'intérieur de son cercueil et trouva sa cage. Celle-ci était aussi blanche que lui et de petites boules lumineuses flottaient à l'intérieur. Des bruits en ressortaient, c'était des cris humains, des voix d'hommes particulièrement. Cross ne semblait pas du tout atterré, il les ignora comme s'il n'entendait rien. Il se leva à son tour et suivit l'homme. Il passa une porte totalement inexistante et se retrouva devant la calèche et les chevaux qui n'avaient pas bougé. Cross réfléchit un moment avant de faire disparaître les sangles des naseaux des chevaux. Puis, il flotta lentement vers l'endroit où les sorciers les avaient encerclés. Maintenant l'endroit été vide et il n'y avait que la fumée du feu éteint que le vent soulevait qui bougeait…

Où est-ce que Harry les avait emmenés ? A Rome sûrement, c'est là où il voulait aller. Cross soupira en pensant à Gabriel. Comme il voulait le revoir et le reprendre dans ses bras ! Cross s'éleva alors dans les cieux et de plus en plus rapidement se dirigea vers Rome.


Harry, Draco et Gabriel atterrirent devant l'une des nombreuses entrées de Rome.

- J'aurais pu nous faire apparaître directement à l'endroit que nous devons rejoindre mais je me suis dit que si Cross nous cherche, il attendra à l'entrée. Peut-être pouvons-nous faire le tour avant d'y aller ?

Gabriel acquiesça de la tête.

- S'il te plait, oui ! S'empressa-t-il, l'œil intensément brillant d'espoir.

Harry sourit et ils firent le tour de la grande ville. Cependant le jour ne tarda guère et ils durent stopper leur recherche. Gabriel eut beaucoup de mal à se dire qu'il devrait dormir un jour sans Cross. Depuis les tous premiers jours de sa vie non loin étaient-ils, il n'avait dormi sans lui. Les trois rentrèrent dans la ville au même moment qu'au dessus d'eux, Cross passait, jetant des coups d'œil de partout. Il se dépêchait car lui aussi avait compris qu'il ne tarderait pas à faire jour et que les hommes chercheraient à se cacher. Il se demanda s'il n'avait pas même déjà rejoint une auberge où une maison.

Il scruta longuement la ville et jura qu'elle soit aussi grande. Enfin il repéra trois hommes, un blond, un brun et un blond brun et n'hésita pas une seule seconde ! Il sut immédiatement qu'il s'agissait de ses trois compagnons de route. Alors il se glissa devant Gabriel et le regarda longuement. Son visage le fit beaucoup souffrir, il avait l'air si triste. En même temps, il se dit qu'il ne pouvait qu'en être plus heureux. Gabriel l'aimait à tel point qu'il souffrait de ne pas le voir. Pire, de le savoir à demi-mort. Cross toucha l'épaule du brun blond alors que celui-ci pénétrait une grande maison. Bien sûr, il ne pouvait ni le voir ni le sentir. Cross attendit que les trois hommes soient à l'intérieur pour se manifester.

Il relâcha l'épaule de son amant et passa à travers les murs pour atterrir dons une petite chambre. Il se concentra pendant un bref moment et soudain un faisceau blanc de la forme d'un long trait apparut devant lui. Cross tira sur le faisceau qui se dilata en ouverture sur l'espace temps et le monde réel. Cross passa dans l'ouverture que formait le faisceau comme s'il traversait une fenêtre imaginaire. Sa petite cage qu'il tenait à la main disparut immédiatement et il fut drapé d'une grande toge capuchonnée qui retomba sur ses yeux d'un gris intense. Ainsi, il ressemblait à un grand mage blanc, ne lui manquait qu'un long bâton blanc. Il portait des bottes blanches et sa peau était aussi laiteuse que son vêtement au premier abord. Par la suite elle reprit lentement ses couleurs. Pour Cross, il ne ressentit qu'un fort pincement à l'âme alors que celle-ci et ces volées reprenaient ses places. A peine apparut-il que la porte s'ouvrit brusquement et Gabriel se tenait là dans l'encadrement la bouche grande ouverte devant tant de beauté.

- Cross !? Mais comment… Tu nous as retrouvés !?

- Bien sûr, mon amour ! fit le gris en s'approchant de lui et l'entourant de ses bras. Là où tu iras, je te retrouverais toujours !

- Tu es magnifique ainsi !

- C'est l'habit du vdA, mais tu comprendras qu'on ne le qu'on ne le porte pas. A moins de se dessiner carrément une cible sur le dos.

- J'ai tes anciens habits.

- Bien !

Cross regarda par-dessus l'épaule de Gabriel et fit un clin d'œil aux deux pères qui lui répondirent d'un sourire.

- Tu m'as tellement manqué ! Soupira le fils. J'ai paniqué…

- Non… Il ne fallait pas… Tu n'as rien à craindre. Je serais toujours là !

- Bon, les deux tourtereaux, ce n'est pas ça mais il faudrait trouver des chambres et condamner les fenêtres ! Peut-être pourrions-nous discuter de ta semi mort après ?

- Oui !

Ils partirent à la recherche de deux chambres côte à côte puis les condamnèrent. Pour que Cross et Harry voient, ce dernier fit illuminer la pièce avec des dizaines de chandelles un peu partout.

- Où nous trouvons nous, Harry ? On a le droit d'être ici ?

- Oui, ne vous inquiétez pas… Cette maison appartient à Angel.

- Angel ?

- La Dame si tu préfères. Notre rendez-vous se passera ici, dès qu'elle arriva.

- Alors Cross, demanda Draco. Si tu nous racontais un peu ?

- Et bien… il n'y a pas grand-chose à dire. Je suis mort suite à un sort des sorciers du Ministère, cela vous l'aurez compris, et je me suis retrouvé dans le Cimetière.

- Un cimetière ? Mais où ça ?

- Ce n'est pas un cimetière comme vous le voyez. Il s'agit d'un autre monde dans les cieux qui est personnalisé par une immensité blanche où trônent nos cercueils.

- Vous… vous vous réveillez dans un cercueil ?

- Oui. C'est assez ironique, toi le vampire qui dort dans un cercueil, tu tomberas en poussière à ta mort, alors que moi qui ne dors jamais me réveille dans un cercueil à ma mort ! Une fois là-haut contre toute attente, j'ai croisé un autre vdA. Un homme qui avait une drôle de façon de parler mais qui semblait, comme tout vdA, très social.

- Surtout avec ces semblables ! Fit Harry.

- C'est sans doute vrai ! Il m'a expliqué la situation actuelle des vdA, des choses à laquelle je ne m'y attendais pas du tout. En synthèse, je pourrais dire qu'il m'a fait comprendre que je faisais fausse route du début à la fin en aidant les sorciers car ceux-ci n'ont jamais cessé de terroriser et pourchasser mon peuple. Il m'a aussi appris que nous n'étions plus en voie de disparition et je pus le confirmer en voyant tous les cercueils présents. Il y en avait beaucoup là haut, plus que jamais je n'aurais pu l'imaginer ! Par la suite, j'ai pris mes âmes et suis sorti de notre monde pour revenir ici. J'ai décidé de revenir là où nous avons laissé la calèche et les chevaux. Avec un peu de pouvoir je les ai libérés puis je me suis rappelé que nous avions parlé de Rome et me suis immédiatement rendu à cette ville gigantesque. Je vous ai ensuite cherché rapidement et je vous ai facilement retrouvé.

- Tu es venu comment à Rome ?

- Eh, bien en volant ! Dans ma stase d'âme, je peux me déplacer à une vitesse supérieure à celle de Draco, mais aussi ouvrir différentes portes sur le monde pour me permettre d'aller d'un endroit à un autre sans voler. Cependant là, ce n'était pas très loin alors j'y suis allez en volant.

- Tu as parlé de pouvoir… Quels sont-ils ?

- Oh, c'est celui de la pensée. Il suffit que j'y pense pour qu'il se passe ce que je veux. C'est ainsi que j'ai pu libérer les chevaux sans avoir à redevenir humain. Lorsque je vous ai retrouvé, une fois dans la maison, je me suis rematérialisé, enfermant ma cage en moi.

- Ta… cage ?

- Celle qui contient toutes mes âmes. Qu'est-ce qu'elles sont bruyantes quand elles sont dehors !

Tous trois restèrent bouche bée sans comprendre. Gabriel serra un peu plus son amant qui l'avait tant manqué et l'embrassa brièvement sur la tempe. Draco serra un peu plus la main d'Harry qui hocha la tête. Le soleil se levait et le blond commençait à ressentir ses effets. Ils se levèrent et Harry dit :

- Nous continuerons cette conversation plus tard. Allons-nous coucher !

Gabriel et Cross hochèrent la tête et sortirent de la chambre, souhaitant un bon jour aux parents. Draco et Harry s'offrirent quelques caresses avant de tomber dans les bras de Morphée. Le fils et le gendre, eux, discutèrent un bon moment Gabriel décrivait sa tristesse de l'avoir cru perdu et Cross souriait de cet amour. Ils se rassurèrent, s'embrassèrent et continuèrent ce qu'il n'avait pu continuer dans la Cage.


Le lendemain, Harry se réveilla de bonne heure, il devait être six heures du soir. Il avait dormi peu mais cela lui suffisait. Il soupira et s'étira à côté du blond. Il lui vola même un baiser avant de se lever et de s'habiller. Alors qu'il ouvrait la porte de sa chambre, il sourit brusquement, un sourire qui faisait trois fois le tour de son visage, un sourire d'enfant… Il se précipita dans le grand et chic salon. Là, il découvrit une jeune femme. Elle possédait de longs cheveux noirs et lisses, des yeux d'un brun auburn et de jolies fossettes rosées qui faisaient tout son charme. Elle était le stéréotype de la jeune femme célibataire et d'une grande beauté. Elle se tenait droite, une fiche qu'elle lisait de sa main, une tasse de thé dans l'autre.

- Je n'ai pas osé te réveiller. Scanda-t-elle sans lever les yeux.

- Tu aurais pu… Fit Harry en s'asseyant devant-elle.

La femme posa sa feuille sur un cahier où d'autres trônaient et leva enfin les yeux vers lui. Il ne put retenir un plus grand sourire à son égard. Si bien qu'elle sourit à son tour.

- Tu es plus beau qu'avant ! Combien de temps cela nous fait ?

- Pratiquement cinq ans !

- Tu sais que je me suis toujours demandé si je devais te tuer ! Jusqu'à maintenant encore !

- Oui, tu n'as cessé de le répéter. Mais tu ne l'as pas fait parce que tu m'aimes trop pour ça…

La femme évasa l'affirmation en éventant de la main.

- Que tu dis ! Mais bon, le mal est fait maintenant ! Je sais ce que tu recherches cependant je dois te mettre en garde.

Harry perdit tout sourire. La Dame était très stricte, elle ne parlait jamais pour ne rien dire et évitait tout amusement… Lorsqu'elle commençait comme cela, c'est qu'il fallait s'attendre au pire.

- Dis-moi, demanda tout de même le brun.

- Si tu vas là-bas, tu mourras.

Harry soupira et se frotta les joues.

- Moi qui y allais pour vivre !

- Choisis une autre destination !

- Il n'y aura aucune autre alternative, Angel.

Ladite Angel hocha négativement la tête.

- Regarde ! Fit-elle en lui montrant une feuille

Dessus une écriture cunéiforme illisible pour quiconque d'autre que la Dame y était écrite. Elle faisait toute la feuille. Angel, montra un point situé vers le bas de la feuille et murmura :

- Voilà où tu es, discutant avec moi.

Puis plus loin, à dix ou onze lignes plus bas.

- Et là est ta fin. Cependant si tu changes d'avis…

Harry se courba et enfouit son visage dans ses mains.

- Mais… tu ne renonceras pas… Je le sais déjà, et toi tu le sais que je le sais… je le sais déjà mais il fallait tout de même que je te prévienne.

- L'important pour moi et que Gabriel, Draco et Cross arrivent là-bas sain et sauf et qu'ils vivent… Et sur Terre, cela ne pourrait jamais être le cas, ils ne sauront jamais tranquille.

- Affronte le ministère !

- Tu sais aussi bien que moi que ce n'est pas possible ! Pas tant qu'ils…

Harry se tut immédiatement puis murmura soudainement :

- Ne leur dit rien pour moi !

Puis il se leva brusquement. Quelques secondes après, Gabriel et Cross arrivèrent sur leur petit nuage. Ils embrassèrent Harry qui se fit un plaisir de leur présenter la Dame. Après les salutations Harry s'étonna :

- Que faites-vous debout aussi tôt ?

- Ils n'ont pas dormi du jour, répondit Angel en sirotant bruyamment son thé.

Gabriel et Cross rougirent alors qu'Harry les réprimanda sur la sécurité du sommeil d'un vampire. Quand ils s'essayèrent, Angéléna dit :

- Je suis venue pour te dire que nous ne pourrons partir que la nuit qui suit. J'ai une petite chose à faire avant. Prenez le temps de discuter, Harry tu as une histoire à raconter. Nous partirons demain vers minuit. Oh… Harry, ne fait plus de magie dorénavant.

- Pardon ? Mais pourquoi ?

- Tu as un microbe sorcier en forme de sort parasite implanté dans ton génome magique. Ta magie est telle qu'elle le combat à la perfection et résiste à ses effets… Cependant, il arrive parfois qu'il reprenne le dessus lors de court sort puissant ou d'un transplanage. Cela ne dur guère plus de quelques secondes mais juste assez pour que les sorciers te repèrent. A l'instant, ils savent que tu es à Rome mais pas exactement où… Ne sortez pas, restez à l'abri dans ma maison.

Harry écarquilla les yeux. C'était donc comme cela qu'ils arrivaient à les retrouver ! Il se mordit la lèvre, jusqu'à lors il voulait assurer une sécurité optimale pour Draco, Gabriel et Cross mais il n'aurait jamais imaginé que se soit lui qui les menait au cœur du danger. Il soupira, dérangé.

- Que puis-je faire pour le retirer ?

- Il te suffit de mourir.

Harry fronça les sourcils. Gabriel et Cross se regardèrent furtivement, surpris. Comment pouvait-elle annoncer des choses aussi dures sans une once de tonalité émotive dans la gorge. Mais ce n'est pas l'indifférence pure de la jeune femme qui les troubla autant, mais son incroyable regard furtif, comme si elle savait déjà ce qu'il allait se passer, et que cela l'ennuyait mortellement. Harry la défia des yeux et soudain se releva légèrement et fit les cents pas dans la pièce. Il s'approcha du feu qui brûlait dans la cheminé de briques… Il réfléchit un moment puis se retourna et demanda :

- Ne suis-je point déjà mort ? A la naissance de Gabriel… Mon cœur s'est arrêté !

- Pas vraiment, non. Ton cœur s'est bien arrêté mais pas assez longtemps pour que ta magie t'abandonne. Heureusement d'ailleurs, car un sorcier sans magie cesse de vivre.

La brune se leva à son tour et prit une à une, toutes ses feuilles dans une main.

- Soyez prêt à partir à mon retour.

Ses yeux croisèrent surtout ceux d'Harry. Il baissa les yeux, trouvant ce regard inquisiteur insupportable. Bien sûr il voulait tout dire et sa phrase à double sens aussi. « Soyez prêt à partir. » Soit prêt à quitter ce monde Harry, soit prêt à mourir pour une cause qui ne te semble pas seulement juste mais totalement primordiale… Soit prêt à aimer comme personne ne le ferait. C'est exactement ce qu'elle aurait voulu lui dire… Soit prêt à être celui qui plait et qui donne… qui donne sans compter, sans prendre le temps de se poser des questions. Angel baissa les yeux puis se tourna.

- Ah, Gabriel… fit-elle avant de quitter la pièce. Cesses donc d'essayer de pénétrer mon esprit. Tu n'y arriveras pas.

Le demi-vampire rougit tout en soupirant. Quand elle disparut, les deux se tournèrent vers le père.

- Comment savait-elle tout cela ?

Harry sourit. Il regarda une dernière fois l'encadrement que la jolie femme venait de passer.

- La première rencontre est toujours surprenante. Mais le mieux pour vous parler d'elle, ou du moins ce que je connais d'elle, est de reprendre l'histoire que je n'ai pu commencer hier. Mais attendons Draco pour cela.

- Très bien.

L'attente fut courte. Le blond se réveilla quelques instant après et les rejoint rapidement. Harry fit bonne figure mais avait du mal à le regarder dans les yeux. Gabriel se mordit la lèvre. Il tenta de pénétrer dans sa tête pour savoir ce qu'il se passait mais se heurta à un mur fait de brique. Image fixe que le brun passait dans sa tête en boucle pour contrer les puissants pouvoirs de son fils. Il ne fallait qu'aucun des trois autres ne sache. Apprendre sa mort n'était pas vraiment drôle mais cela n'était pas la première fois et cela ne sera sûrement pas la dernière cependant, il ne voulait pas accabler son homme et ses enfants (car oui, il considérait Cross comme son fils bien qu'il soie beaucoup plus jeune que lui.) Et puis il s'en était merveilleusement bien sorti jusque là peut-être qu'une fois de plus un miracle se produira. Draco le sauvera-t-il une fois de plus ? Il espérait…

- Vous m'attendiez ? demanda Draco avec un sourire.

- Oui ! Nous avons rencontré la Dame. Cependant elle ne peut nous emmener que la nuit prochaine. Nous t'attendions pour que Papa commence son récit ! Bien que moi, je sais déjà tout !

Cross sourit et le tapa.

- Tricheur !

Draco s'assit en face d'eux et Harry vint le rejoindre.

- Moi aussi, lui murmura-t-il. J'ai envie de te connaître mieux.

Il l'embrassa doucement.

- Racontes-nous tout !

Harry sourit et baissa les yeux.

- Il faut que je remonte à bien loin. Vous voulez que je vous raconte toute ma vie… Eh bien… comme tout être humain, je suis né il y a vingt et un ans mais il y a vingt ans, je suis devenu orphelin… Je n'ai jamais su ni pourquoi ni comment… personne ne m'a jamais dit comment mes parents sont morts. J'ai grandi et vécu pratiquement toute ma vie dans un orphelinat. Et celle-ci a été légèrement… mouvementée. Je n'étais pas vraiment apprécié car j'étais, je dois bien l'avouer, le chouchou des professeurs. Je vais passer les détails les plus anodins et rentrer dans le vif du sujet. L'arrivée d'Angel dans ma vie.

»Elle m'est apparue dans ma chambre de Poudlard, (car j'avais ma propre chambre, c'est cela d'être le chouchou !) la première chose que je vis d'elle était ses yeux brun brillants. Elle était la perfection même, une beauté à couper le souffle… Et pourtant je n'en suis jamais tombé amoureux. Je savais déjà que j'étais étrange, je ne m'intéressais pas aux filles et mêmes les plus jolies qui me demandaient n'obtenaient rien de moi. C'est bien plus tard que je compris mon orientation… sexuelle. Bref, elle m'apparut aussi belle que la nuit, aussi froide que le vent. J'avais sept ans à cette époque. Son visage m'assassina du regard comment si j'étais une erreur de la nature. Et jamais je ne me le suis autant senti à ce moment… J'avais vraiment l'impression de n'être rien… Et ses yeux… Elle me haïssait sans même m'avoir connu. Et pourtant petit à petit alors qu'elle m'examinait de haut en bas, ses traits s'adoucirent et elle murmura :

« Tu es spécial et dangereux à la fois. Dois-je te tuer ou te laisser vivre ? ».

»Ses mots, sa voix cassante et blessante, tout en elle me faisait froid dans le dos… J'avais envie de pleurer rien qu'en la voyant, bien sûr j'étais jeune… Elle s'est penchée sur moi et m'a touché la joue. J'ai eu chaud et froid en même temps.

« Tu m'es bien étrange… Tu intrigues tellement de personne que moi-même, je me laisse envoûter. »

« Qui êtes vous ? » Osai-je dire.

« Personne, je reviendrais… »

»Et elle partit me laissant perplexe. Dix jours plus tard, elle revint et de même me questionna sur tout. Elle me demanda si j'aimais lire, si j'aimais les vampires… Toutes ses questions se rapportaient aux vampires… Elle partit et revint plusieurs fois. Elle me parla aussi, c'est dans ses douces nuits avec elle que j'appris toutes sortes de choses comme l'existence de l'Au-delà… Elle me demanda alors, me pressa pour savoir si je ne voulais pas y aller. C'était tel que j'eus vraiment l'impression qu'elle voulait m'écarter d'un funeste destin. Un soir (car elle ne venait que la nuit) elle me dit :

« Je sais que je le regretterais, je devrais te tuer mais je ne peux pas… Tant pis pour moi. »

»Je ne compris jamais à ses mots pourtant elle me les répéta souvent, tellement que je finis par lui demandait pourquoi me le disait-elle autant. Alors elle me répondit de son même ton totalement indifférent et froid :

« Un jour tu me trahiras, tu pactiseras avec mon pire ennemi et tu lui offriras l'éternité et ce jour se rapproche. Dorénavant je ne reviendrai plus… mais nous nous reverrons… J'aurais tellement voulu t'emmener avec moi, mais tu n'as pas voulu, soit… »

»C'était il y a cinq ans. Pour une fois, elle resta avec moi jusqu'à ce que je m'endorme… Et le lendemain, elle était partie. Comme elle me l'avait dit elle ne revint plus. J'ai longtemps rêvé la revoir pour comprendre ce qu'elle m'avait dit mais jamais ce ne fut le cas. J'en fus extrêmement déçu. Lorsque j'eus dix-huit ans, je suis resté à l'orphelinat, auprès du professeur Dumbledore et Black qui étaient ma seule et unique famille. Je suis moi-même devenu instituteur pour les nouveaux enfants qui arrivaient. Peu après, je suis devenu sorcier pur, comme cela, du jour au lendemain… sans crier gare… Et je suis aussi devenu la proie de centaines de sorcier. Mais cela n'est pas grave car désormais, j'ai ma propre famille et je suis l'homme le plus heureux du monde…

Harry souffla lentement. Il avait parlé vite et sans s'arrêter et maintenant, il reprenait son souffle. Cross demanda soudainement :

- Comment les sorciers ont su que tu étais le sorcier pur ?

- Je ne sais pas… Cela s'est passé très vite. Je me suis réveillé envoûté par un sort gigantesque qui m'engloutit et me força à me rendre chez Draco. Je réussi à m'en défaire et finit par m'enfuir, retournant à Poudlard. Et quelques temps après on vint m'arrêter pour m'emmener dans une pièce à l'écart des autres. Je ne savais même pas pourquoi l'on m'avait arrêté mais je ne mis guère longtemps à l'apprendre. Les humains détestent les non humains… C'est pourquoi, Angel me haïssait… c'est pourquoi le Ministère veut vous détruire…

- Que s'est-il passé après quand tu étais là-bas ? Je suis déjà allé, ce n'est pas très… merveilleux comme endroit. Le froid, l'humidité, la faim… Les détraqueurs…

- En effet… Et cela est pire quand le Ministère n'a pas ce qu'il veut. Sourit tristement Harry.

Voyant que la conversation été en train de faire souffrir son père, Gabriel se releva légèrement et dit d'un ton plus dégagé.

- Tu as vingt et un ans alors papa… Et toi père ?

- Au moins vingt fois de plus que ton père ! Mais ce n'est pas la question… Tout comme Cross et toi. L'amour ne tient compte de rien d'autre qu'un cœur qui bat un peu trop vite.

- Tu as les mots pour dire les choses, murmura Harry tout contre son oreille.

Il posa sa tête contre son épaule, un peu plus heureux, et sourit. Gabriel pouffa et Cross fronça les sourcils.

- Et bien moi, je n'ai pas compris !